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Chômage des jeunes : le vrai problème, c’est la confiance

A l’heure ou le nombre de chômeurs va dépasser le seuil symbolique des 3 millions, les jeunes occupent une part significative des demandeurs d’emploi et deviennent une priorité pour l’action gouvernementale. Mais sont-ils encore assez considérés ? C’est le problème de fond soulevé par le collectif Barrez-vous.

On peut bel et bien parler de chômage de masse en France avec 3 millions de chômeurs, chiffre qui n’avait pas été atteint depuis treize ans. Si ce fléau touche tous les français, c’est le chômage des jeunes qui alarme davantage avec un taux de 22%, plus du double de la moyenne des actifs. Les jeunes sans diplôme sont les plus rudement touchés avec un taux de chômage à 45%.

La presse a beau jeu de s’en alarmer, et les politiques d’en faire une priorité. Ça fait des années que les jeunes sont largement déconsidérés sur le marché du travail, à commencer par le scandale que constitue le recours abusif aux stages, sous-payés ou pas payés du tout, souvent peu formateur, que les entreprises cumulent pour éviter d’avoir à créer un poste permanent beaucoup plus coûteux.

La création d’emplois d’avenir et de contrats de génération est très louable, mais il faudrait commencer par étendre l’obligation de gratification des stagiaires à l’ensemble de la fonction publique, renforcer les droits des stagiaires et lutter contre les stages abusifs remplaçant des emplois.

Autre problème, la durabilité et la nature des emplois qui sont obtenus par les jeunes. Quand 60% des diplômés parviennent à obtenir un emploi durable à la sortie de l’école, seuls 30% y parviennent sans diplôme. Et les emplois précaires - CDD, contrats aidés, intérim- ne sont pas connus pour leurs vertus valorisantes, et les responsabilités qu’ils permettent d’endosser.

Cette situation est symptomatique d’un état d’esprit général caractérisé par un manque de confiance des seniors à l’égard des juniors. Même dans la manière qu’a le gouvernement de traiter la question, les jeunes eux-mêmes, les premiers concernés, sont mis à l’écart. L’UNEF a par exemple déploré le peu de place faite aux organisations de jeunesse dans l’élaboration des dispositifs tels que les contrats d’avenir et les contrats de génération. De quoi décourager les plus optimistes.

Un contexte qui explique facilement le lancement d’appel tel que celui du collectif Barrez-vous, lucide quant à la réalité de la situation française, et qui a bien cerné le fond du problème.

« Comment qualifier autrement un système qui, depuis maintenant plus de trente ans, s’accommode du fait qu’un jeune sur quatre, quasiment, se trouve au chômage (dans bon nombre des quartiers évoqués plus avant, c’est même plutôt un sur deux) et dans lequel, de manière générale, on renâcle encore à confier des responsabilités d’encadrement à qui que ce soit de moins de 40 ans, voire de 50 ans ? » soulignent avec justesse le journaliste Mouloud Achour, le fondateur des Dîners de l’Atlantique Félix Marquardt et le rappeur Mokless.

Le collectif, loin d’inviter à une simple fuite, propose de partir pour mieux revenir, riche d’une expérience et d’une maturité à la fois culturelle et professionnelle, qui renforceront les jeunes et les rendront désireux et capables de changer la donne.

Pour traduire les paroles en actes, Barrez-vous a lancé un appel à projet afin de financer et d’accompagner logistiquement les projets innovants et originaux que les jeunes auront élaboré, ceci dans la perspective d’un rayonnement du projet à l’étranger.

Concrètement, il s’agit pour le collectif de donner des bourses aux projets retenus - pour l’instant 12 candidats ont envoyé le leur - qui pourront s’élever à des dizaines de milliers d’euros en fonction des besoins de chacun. Cerise sur le gâteau, un des participants sera convié au World Economic Forum de Davos.


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3 réactions à cet article    


  • tikhomir 27 septembre 2012 11:48

    C’est vrai, il y a un problème de confiance. Néanmoins, je pense que c’est un peu facile de taper sur le patronat. Les charges patronales élevées, la difficulté à se débarrasser d’un salarié incompétent, et bien d’autres facteurs font que les entreprises évitent de prendre des risques et prennent prioritairement des gens avec expérience, qui ont déjà fait leur preuves.

    Les « jeunes » (et encore, peut-on appeler « jeunes » des presque trentenaires ?) qui sont sur le marché, surtout les diplômés, on leur demande « et vos expériences ? »... Oui mais ils sortent de l’école et il faut bien commencer un jour. Donc ils sont obligés de faire des stages, en sachant qu’un stage ne sera jamais aussi valorisant qu’un « vrai emploi », puisqu’on le sait, en général, on évite de donner tout ce qui est le plus intéressant aux stagiaires. Le stage, ce n’est pas très valorisant. C’est le cercle vicieux.

    Quant aux non-diplômés, c’est une autre affaire, en France on a largement valorisé les diplômes au détriment de la compétence et on a créé des diplômes pour tout et n’importe quoi.

    Quelques secteurs échappent à ces problèmes comme la finance et l’informatique par exemple (parmi d’autres, heureusement, je cite ces deux-là parce que je les connais plus particulièrement) qui recrutent assez facilement et confient facilement des responsabilités aux gens.


    • Le péripate Le péripate 27 septembre 2012 12:35

      Dans une société où les salariés considèrent être propriétaires de leurs emplois et où ils multiplient lorsqu’ils le peuvent les obstacles à la concurrence, il est normal et logique que les nouveaux entrants soient parmi les premiers touchés.

      La protection des uns fait le chômage des autres.


      • Yvance77 28 septembre 2012 10:35

        Salut,

        Ah la la qu’il est beau le discours de nos petits crétins libéraux. Le vrai problème est qu’il faut diviser le temps de travail, six heures par infdividus au maximum.

        L’amélioration considérable de la machine fait que l’on a besoin de moins d’heures travaillées par individus. Pour le reste (travaux pénibles, ingrats on réduit les heures et on prend plus de monde)

        Ce qui n’a pas empêcher une multiplication des richesses inouïes. Les grandes fortunes depuis 40 ans n’ont jamais connu de crise et en ont toujours eu plus et plus. Le partage est à revoir, car il est scandaleux et criminels que ces fumiers de la finance et autres n’accaparent tout à leur unique profit.

        Les richesses produites dans un PIB et PNB sont aussi nôtres et affaires de tout un collectif !

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