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Accueil du site > Actualités > Société > Chômage, taux d’intérêt : deux records qui en disent long

Chômage, taux d’intérêt : deux records qui en disent long

La semaine dernière, deux records ont été battus. Le taux de chômage, après une nouvelle forte hausse en octobre, a atteint un nouveau sommet, avec plus de 3,7 millions de demandeurs d’emplois sans activité et plus de 5,4 sur une définition plus large. En même temps, les taux sont passés sous les 1%.

Le travail toujours plus rare, le capital toujours moins cher
 
Elle est décidemment très loin l’inversion de la courbe du chômage, qui devait arriver en 2013. En octobre 2014, la France compte 27 300 demandeurs d’emplois de catégorie A en plus, soit un total himalayesque de 3,7 millions de personnes, nouveau record. Pire encore, si on compte les catégories A, B et C, on atteint le triste chiffre de 5,46 millions de personnes ! Nos dirigeants laissent depuis des décennies des millions de Français sans emploi avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour eux et leur famille. Philippe Séguin avait bien raison de parler de « Munich social » mais le plus triste est qu’il n’y a pas eu de véritable réaction alors qu’il tenait ces propos il y a plus de 20 ans !
 
Et parallèlement, jamais les taux longs n’ont été aussi bas puisque l’Etat a emprunté à moins de 1% sur 10 ans, poussant les taux d’emprunt à un niveau historiquement bas, y compris pour les entreprises et les ménages, évitant sans doute un ajustement plus sévère des prix de l’immobilier, et permettant aux entreprises d’emprunter pour payer leurs dividendes ou racheter leurs actions dans ce monde fou du laisser-faire n’importe quoi. Soit dit en passant, le niveau des taux démontre la vacuité des alarmes lancées par les austéritaires. Si la situation de nos finances publiques était si dramatique, les marchés ne prêteraient sans doute pas à des taux aussi dérisoires à la France… CQFD
 
Le sens de ces records

Il est d’ailleurs paradoxal que les médias n’aient pas davantage fait le parallèle entre ces deux informations, qui ne sont peut-être pas si étrangères. Car quel meilleur symbole de la victoire actuelle du capital sur le travail que ce double record ! L’aggravation du chômage de masse continue à affaiblir les travailleurs, de plus en plus contraints à accepter un recul de leur traitement sous la menace des délocalisations dans des pays où les salaires sont dix fois plus bas. Au pire, ceux qui n’auront plus d’emploi pourront emprunter à un taux un peu plus bas, quand ils auront accès au crédit, ce qui n’est pas gagné.

Et parallèlement, l’effondrement des taux longs bénéficie paradoxalement aux détenteurs du capital car ce dernier vient à ceux qui en ont déjà, qui peuvent toujours plus emprunter, ce qui explique en partie la résistance des prix de l’immobilier parisien malgré la crise. Et cela permet aux multinationales toutes les pratiques détestables de ce capitalisme actionnarial et inhumain qui doit toujours générer plus de cash et qui n’hésite pas à s’endetter pour donner plus aux actionnaires, que ce soit sous la forme de dividendes ou de rachat d’action. Pourquoi croyez-vous que le Dow Jones approche 18 000 points ?
 
Ce faisant ces deux records illustrent les profonds déséquilibres de notre système économique qui tombe dans deux excès inverses forcément destructeurs. Mais si le capital a gagné la bataille actuel, l’Amérique du Sud démontre que ce genre de victoire est souvent temporaire

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7 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 12 décembre 2014 12:30

    9.500 millions de chômeurs en France...Arrêtez de falsifier les chiffres comme les gouvernements qui se suivent.. ?


    • c’est pas grave 12 décembre 2014 19:03

      9.500 millions , ça fait 9 milliards et demi 

      j’admets sans problème que l’UE fasse du mal , mais quand même


    • oncle archibald 12 décembre 2014 12:34

      Bien d’accord avec vous et …. I have a dream.


      Si les profits de la spéculation boursière étaient taxés fortement, par exemple avec une taxe à taux dégressif en fonction du temps pendant lequel les valeurs sont restées dans le patrimoine de celui qui les détient, autrement dit si on décidait d’en finir avec les spéculations à la hausse et à la baisse qui se règlent avec des ordinateurs donnant des ordres d’achat ou de vente à la nano seconde, le monde du travail retrouverait une bouffée d’oxygène.


      La capitalisation boursière c’est fait en principe pour aider à l’investissement des entreprises et en retirer un profit si l’entreprise réussit. Actuellement des investisseurs professionnels genre fonds de pension et autres compagnies d’assurances font du pognon avec du pognon sans même savoir si l’entreprise sur laquelle ils spéculent fabrique du beurre et des yaourts ou des paquebots de croisière. Peu importe que l’entreprise soit ou non prospère pourvu que le cours de l’action monte et descende. C’est complètement déconnecté de la réalité de la production industrielle et sans aucun égard évidemment pour les « producteurs » de leur propre richesse.


      J’imagine ce que changerait une telle réforme de la fiscalité sur les transactions boursières, surtout si elle était appliquée à la totalité des bourses de la planète. Au paradis sur terre on y serait déjà (merci Georges).


      • Daniel Roux Daniel Roux 12 décembre 2014 14:20

        L’unique but de la politique monétaire suicidaire menée par les banques centrales US, UE, Japonaise et GB, dont la FED est le patron autoritaire, est de maintenir les taux d’intérêts sur les dettes souveraine au plus près de zéro.

        La raison en est simple, le remboursement des vieilles dettes souveraines - 2000 milliards d’euros pour la France - et les intérêts annuels - 45 milliards d’euros pour la France - sont financés par de nouvelles dettes. C’est ce qui s’appelle de la cavalerie, procédé proscrit par la loi pour tous les autres sauf pour les états apparemment.

        Si les taux d’intérêts remontaient, disons de 2% à 4%, les intérêts annuels passeraient de 45 à 90 milliards d’euros pour la France. Si cela arrivait, la France n’aurait d’autre choix que de faire défaut, ce que tout le monde refuse pour l’instant d’envisager.

        La situation est pire pour 10 autres pays dont les US, la GB et surtout le Japon.

        Le chômage est dû en premier lieu aux gains de productivité lié à la révolution informatique, puis à la mondialisation qui permet les délocalisations massives dans les pays à bas coûts fiscaux, sociaux et écologiques.

        Là où taux d’intérêt et chômage se rejoignent est la consommation et les investissements des entreprises. Plus les ménages et les entreprises dépensent plus les entreprises fabriquent et donc embauchent. Le problème est que les français, comme les autres, veulent des produits offrant un bon rapport qualité prix ou un status social plus élevé.

        Pour l’automobile et les machines outils, les produits allemands sont préférés. Pour la grande masse des produits courants hors alimentation, ce sont les produits « chinois » qui sont vendus. Pour l’énergie, le pétrole, le charbon ou le gaz, tout provient de l’étranger.

        Hors industrie du luxe, aéronautique et agro alimentaire, les industries françaises n’offrent pas les produits que les ménages ou les entreprises veulent. Les patrons français préfèrent la chasse aux subventions et l’optimisation fiscale au développement de produits adaptés.


        • lsga lsga 12 décembre 2014 15:50

          Rappelons que le chômage est la simple conséquence du progrès technologique.

           
          Aujourd’hui, le taux d’inemploi est de 37,7% en France.
           
          Grâce à la robotique personnelle, il devrait dépasser les 50% d’ici la fin des années 20.

          • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 13 décembre 2014 10:11

            Philippe Seguin, le dernier grand homme politique français. Depuis c’est le néant dans tous les partis.


            • leatitia 15 décembre 2014 11:41

              Pensez à votre assurance chômage privée qui peut vous aider en cas de licenciement http://assurancefrance.fr/devis-pour-assurance/

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