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Accueil du site > Actualités > Société > Chronique ordinaire d’un chômeur du 21e siècle

Chronique ordinaire d’un chômeur du 21e siècle

Rapide résumé de la situation :

Au chômage suite à une rupture conventionnelle pour cause de déménagement 600 km plus loin.

Une nouvelle vie et un projet de création d’une entreprise d’électricité.

Décision remise en question face à la situation économique actuelle rendant toute velléité du genre franchement suicidaire et à la complexité administrative d’une telle tâche. Entre le statut d’auto-entrepreneur qui vous laisse vivre avec 3 clopinettes et celui d’artisan qui vous enfonce six pieds sous terre à coups de fiscalité, le choix fut vite réduit à néant.

Période au statut de créateur d’entreprise durant laquelle le Pôle Emploi s’est bizarrement fait porté pâle. Aucune nouvelle, pas de suivi, obtention péniblement d’une mini-formation, (maxi prix pour le contribuable), qui ne donna guère plus de renseignements que ceux acquis par une recherche personnelle, bref, une paix royale !

10 mois et un échec plus tard, il fallut se rendre à l’évidence que le retour au statut de simple demandeur d’emploi était inévitable.

Recherche très active par tous les moyens possibles. Les artisans n’embauchent pas, ils sont pris à la gorge. Les grosses entreprises qui passent des annonces ne répondent pas aux candidatures qu’elles reçoivent. Rien de nouveau sous le soleil....

Restent les sociétés d’intérim. Rien de transcendant là non plus mais.... Mais il y a malgré tout plus d’ouvertures de ce côté. Un nouveau problème se pose : Bruxelles a décidé qu’il était désormais obligatoire d’être détenteur d’une "habilitation" pour exercer divers métier dont celui d’électricien et ce, quel que soit votre degré de qualification et/ou votre temps d’expérience.

La situation est donc extrêmement claire : Pour bosser, il faut ce fichu papier.

Direction Pôle Emploi afin de régulariser ce point. Ils semblent les mieux placés pour fournir le chemin à suivre sur la manière d’accéder à ce billet pour le Nirvana !

Passons sur les difficultés à contacter un conseiller par téléphone ou par mail, ce qui s’avéra sans succès et déplacement directement à l’agence locale pour simplement obtenir une date d’entretien ; 1 heure de route A/R et donc d’essence, pour ce faire.

Entretien obtenu, re-belote la semaine suivante.

Et c’est là que ça se corse !

D’un statut qui n’embêtait aucun conseiller, ce dernier se contentant de vous ignorer, vous passez alors à celui d’un numéro supplémentaire dans la longue liste d’attente des "10% en plus en un an dans la région, alors vous savez, hein !...", dixit la conseillère.

Nouvelle conseillère, il ne s’agit pas d’entretenir le moindre rapport humain de suivi, ça serait sans doute trop dangereux....

Nouvelle conseillère, pas sympa du tout, du tout. C’est pas possible, ils les choisissent exprès !

Rapide exposé de la situation, explication limpide du problème rencontré, question sur la possibilité d’un accès à une formation délivrant cette habilitation.

- "Bon alors, vous changez de statut ! Vous n’êtes plus créateur d’entreprise. Vous êtes demandeur d’emploi !"

- "Oui, c’est cela. Je cherche, je veux travailler mais je suis bloqué parce que je n’ai pas l’habilitation me permettant d’être embauché, ne serait-ce que par une boite d’intérim. Donc, je viens pour que vous m’aidiez à résoudre ce problème."

- "Quand on cherche du boulot on accepte n’importe quoi !"

- "Qu’est-ce que vous voulez dire ? Que je devrais changer totalement de secteur ?"

- "Ben oui !"

- "Si je devais en arriver là, je le ferais, mais ce n’est pas mon but premier. Je souhaite travailler dans ce que je connais et je viens vous voir pour cette histoire d’habilitation et savoir également si vous avez des postes qui correspondraient à mon profil."

Coup d’oeil sur son écran

- "Non, il n’y a rien pour vous. Il vous faudra voir un psychologue à Lorient (120 km), pas de place actuellement plus près. Ça peut durer plusieurs jours, je ne sais pas exactement."

- "Pardon ????? Pourquoi faire ?"

- "Vous devez voir une personne spécifiquement désignée qui fera le point avec vous afin de savoir si vous êtes capable de faire ce travail. Ça fait quand même plus d’un an que vous n’avez pas travaillé."

- "Mais c’est mon métier depuis plus de 15 ans, je crois être capable..."

- "C’est cette personne qui en décidera. Vous devez en passer par là pour accéder à cette formation."

- "Je ne peux pas, comme ça,me déplacer à mes frais à Lorient ni y passer plusieurs jours ! N’est-il pas possible d’être sur liste d’attente pour avoir une place dès qu’il s’en libère une plus près ?"

- "Non, pas de liste d’attente. Vous devez nous contacter par téléphone pour savoir où ça en est."

- "Par téléphone je tombe sur un central d’appel qui ne pourra pas répondre à ma question tant que celle-ci ne vous aura pas été retransmise..."

- "Dans ce cas, envoyez un mail"

- "J’ai déjà tenté de vous contacter par mail. On me répond que je dois me rapprocher de mon conseiller par téléphone !"

- Et ben, dans ce cas là ! Déplacez-vous régulièrement à votre agence !"

- "Mais, Madame, je n’habite pas à côté, je ne peux pas me déplacer à tous bouts de champs ainsi !"

- "C’est à vous de relancer et de faire le nécessaire par tous les moyens. Vous n’êtes pas le seul demandeur, je ne peux pas m’occuper de vous et penser à vous selon vos exigences."

Retour à la maison complètement écoeuré. L’impression de n’être qu’un "salaud de pauvre" et se dire qu’on est dans une impasse.

Plusieurs jours pour s’en remettre, se révolter intérieurement, puis dans un instant de coup de gueule, appeler à nouveau, attendre le jour du rendez-vous, reprendre la voiture et rencontrer un autre conseiller pour y voir plus clair.

Autre conseiller, facile ce n’est jamais le même, entretien plus cordial mais réponse équivalente. Il faut voir un psychologue !

Une histoire de fou ! C’est le cas de le dire !

- "Pouvez-vous m’expliquer pourquoi je dois voir un psychologue ?"

- "C’est la procédure pour savoir si vous avez les capacités acquises dans votre domaine vous permettant d’accéder à cette formation.Je vous inscris pour cet entretien dans 15 jours."

- "Et pourquoi la conseillère que j’ai vu précédemment, n’a-t-elle pas pu me prendre un rendez-vous comme vous le faites aujourd’hui ?

- "Il semble que ce jour-là, il y avait un problème informatique qui ne permettait pas de le faire"

- "Elle ne m’a rien dit de ce genre..."

- "Ah ! Je ne sais pas..."

L’informatique a bon dos chez les ordures....

Arrive enfin le jour chez le psy ! C’est un peu : "Nicolas au Pôle Emploi" "Martine va chez le psy"....

Annexe du Pôle Emploi de Quimper. Attente à l’accueil qu’une personne vienne vous accompagner dans le bureau où se déroulera l’entrevue. Toutes les portes sont fermées à clefs, seul un badge peut les ouvrir d’où la nécessité d’un accompagnant.

L’entretien se déroule de manière hallucinante. Un condamné d’office, oubliée la présomption d’innocence, on vous fait la totale.

Après un rapide bonjour, attaque directe par l’étude serrée et minutieuse du CV :

- "Vous avez fait telles et telles études.... Une formation sur l’automatisme. Qu’est-ce que vous avez appris exactement durant cette formation ?"

- "Oui... Heu... Il s’agissait d’apprendre comment fonctionnaient les systèmes automatiques sur les machines"

- "Bien.Vous avez travaillé dans l’entreprise Bidule pendant 1 ans.... Pourquoi avez-vous arrêté ?"

- "Je n’ai pas arrêté Madame. J’ai continué dans la même société qui avait simplement fusionné avec une autre à l’époque."

- "Et pourquoi avez-vous arrêté ?

- "J’ai arrêté parce que l’entreprise a fermé."

- "Vous avez travaillé en intérim, vous faisiez de la détection-incendie. Pourquoi avez-vous arrêté ?"

- "Oui, intérim et détection-incendie. J’ai arrêté parce que j’ai trouvé du travail en CDI."

- "Vous étiez compagnon électricien dans cette société. C’est quoi compagnon ?"

- "Je ne sais pas Madame, c’était ainsi que ma qualification était notée sur mon bulletin de salaire."

- "Vous aviez des responsabilités dans cette entreprise ?"

- "Pas au départ...."

- "Alors vous n’aviez aucune responsabilité dans cette entreprise ?"

- "Si, mais plus tard."

- "Pourquoi n’aviez-vous pas de responsabilités ?"

- "Comme dans toute entreprise, pas durant les premiers mois, ensuite j’étais totalement autonome."

- "Et pourquoi avez-vous arrêté ?"

- "L’entreprise a fait faillite, Madame."

- "Et dans l’entreprise suivante, vous aviez des responsabilités."

- "Oui."

- "Pourquoi l’avez-vous quittée ?"

- "Je ne l’ai pas quitté, j’ai été transféré vers une entreprise annexe et associée"

- "Et pourquoi êtes-vous parti ?"

- "Parce que j’ai déménagé en Bretagne."

- "Pourquoi avez-vous déménagé ?

- "Pour l’amour du pays, Madame. Vous pouvez m’expliquer pourquoi je dois avoir cet entretien, s’il vous plaît ?"

- "C’est soit dû au fait que vous êtes inscrit depuis trop longtemps, soit parce que votre recherche d’emploi n’est pas assez active."

- "Certes, je ne pouvais pas chercher du travail alors que j’étais en création d’entreprise, ce qui était notre projet premier."

- "Ah ! Oui ! C’est qui nous ? Et pourquoi avez-vous abandonné cette idée ?"

- "Nous, c’est moi et ma femme. Nous n’avons pas abandonné le projet mais l’avons mis en attente. La situation économique comme les nouvelles lois et fiscalités sur les entrepreneurs ne nous permettent pas de prendre le risque de nous installer à notre compte pour l’instant."

- "Mais votre statut n’a pas été changé au niveau de Pôle Emploi !"

- "Mais si, ma conseillère l’a noté sur son ordinateur !"

- "Non. Pourquoi est-ce qu’elle ne l’a pas fait ?"

- "Je ne sais pas, c’est son truc, pas le mien."

- "La formation est à Brest"

- "Il n’y a rien de plus proche ? J’avais vu qu’il y en avait à Quimper."

- "Non, Pôle Emploi ne paye pas pour ce centre, il faut aller à Brest ! Alors on fait quoi ?"

- "Ben, inscrivez-moi, je n’ai pas d’autre choix".

- "Très bien, je vous inscris mais à la seule condition que vous fassiez une évaluation en milieu de travail".

- "Qu’est-ce que c’est ?"

- "Vous devez travailler dans une entreprise durant un temps donné de 10 jours afin que le responsable de la société évalue vos compétences et capacités professionnelles."

- "Mais, vous avez mon CV sous les yeux ! J’ai travaillé 15 ans dans ce métier, je ne crois pas avoir besoin de cela. Ce n’est pas un arrêt d’un an et demi qui m’enlève mes compétences en la matière !"

- "C’est la condition sine qua non. Vous savez, vous n’êtes pas le seul à être confronté à cette exigence !"

- "Peut-être, mais je n’en vois pas la nécessité."

- "C’est à prendre ou à laisser. Vous êtes inscrit pour le 26 novembre, vous devrez avoir effectué cette "EMT" avant."

A noter que cette évaluation de 10 jours est payée à raison de 2 euros/h à l’employeur qui lui, par contre, ne doit strictement rien à ce "salarié-stagiaire" (il semble que certains patrons indélicats en usent et en abusent allègrement). Vous bossez donc 10 jours gratuitement, en imaginant que vous puissiez trouver une entreprise acceptant de tenir ce rôle (c’est pas gagné...). Il faut compter 10 jours supplémentaires avant le début de ce stage pour permettre à Pôle Emploi de traiter le dossier.

Dans les conditions actuelles, il reste 26 jours avant le début de la formation à Brest et il ne sera pas possible de commencer en entreprise avant le 10 novembre au minimum. Le calendrier est plus que serré !

D’autre part, si l’entreprise qui vous évalue estime que vous n’êtes pas compétent, cela laisse le droit à Pôle-Emploi de vous radier de ses listes.

Enfin, comment l’entreprise peut-elle vous évaluer sur un travail pour lequel une habilitation est obligatoire, alors que vous ne l’avez pas ? C’est le chat qui se mord la queue.

Voilà, dans le détail, l’absurdité totale et obtuse d’un système qui broie celui qui veut travailler comme la moissonneuse écrase le plan de maïs mûri.

Dégueulasse !

 

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na ! http://www.dessinateur.biz/blog/

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218 réactions à cet article    


  • Gérard Luçon Gerard Lucon 30 octobre 2012 12:57

    dans ma vie professionnelle je me suis confronte 2 fois a ces sacs a merde de l’Anpe rebaptisee pole emploi,

    la 1ere fois le branleur dormait bien tranquillement, a Manosque, j’ai retrouve un travail en deux mois et sans lui ;

    la seconde fois dans le Loiret il s’agissait d’un de nos charmants enfants d’immigres, provenant du Benin, et son objectif etait de me mettre en liaison avec son cousin qui voulait faire de l’import-export .. no comment !

     

    S tu donnes un os a ronger a un chien, il va ronger son os !


    • aloha aloha 30 octobre 2012 13:04

      Bonjour Gérard,

      Leur incompétence est notoire depuis belle lurette. Disons qu’elle n’a pas été en s’améliorant depuis que c’est devenu Pôle Emploi. Et il est clair qu’on y arrive souvent plutôt mieux, sans eux.

      Mais lorsque tu es confronté à l’aberration d’une loi qui te bloque, tu te tournes vers le service public qui est censé t’apporter une aide.

      Or, ils en sont à foutre des bâtons dans les roues pour les gens qui se démènent pour trouver du taf.

      C’est complètement hallucinant et proprement scandaleux. Il y a des baffes qui se perdent !


    • Fergus Fergus 30 octobre 2012 18:52

      @ Gül.

      Les baffes se perdent d’autant plus qu’une partie du job de reclassement est concédé au privé avec des résultats encore pires. Le traitement du chômage est à la fois une priorité économique et une exigence humaine et sociale.La condescendance ou l’indifférence manifestées par les acteurs de Pôle-Emploi relèvent trop souvent du scandale.

      Bonne soirée.


    • bigglop bigglop 30 octobre 2012 20:16

      Bonsoir à tous,

      Excellent article à faire circuler.
      Une des explications des « radiations administratives » et des sorties pour « autres causes ».
      J’ai « expérimenté » la radiation d’office en raison de rééducation médicale (kiné 2 heures deux fois par semaine) au motif que je n’étais plus capable de rechercher un emploi.
      Après une LRAR, les menaçant d’une plainte pour « exercice illégal de la médecine », tout est rentré dans l’ordre.

      Au pays d’Ubu Roi


    • aloha aloha 30 octobre 2012 20:35

      Bonsoir Bigglop,

      Il y a certainement pléthore de personnes qui ont à se plaindre des vacheries commises par certains conseillers quelle qu’en soient les raisons.

      Vous êtes un témoin de plus. Merci ! smiley


    • Punkonfou Punkonfou 4 novembre 2012 15:37

      Pourquoi tjs leur taper sur la gueule, il se pourrait que l’incompétence dont vous avez fait l’objet soit lié au manque de possibilité de manoeuvre de ces employés du Pôle Emploi induit par des protocoles qui deviennent de plus en plus compliqués en vue de baisser le nombre des chômeurs artificiellement mais aussi le coût de ceux-ci à la collectivités. Donc cette situation peut provoquer chez eux un sentiment d’incapacité dû à la vision biaisé de leur métier qui n’est plus d’aider, une baisse de l’envie de l’exercer ou encore un renoncement totalement pour certain...Que pensez vous du cas de Fabienne Brutus voir la vidéo..


    • jako jako 30 octobre 2012 13:22

      Bonjour Bretonne ( Gühl ?) c’est bien le parcours que rencontrent mes enfants, du Kafka pur mâtiné de Schadockisme. Bon courage


      • aloha aloha 30 octobre 2012 13:28

        Bonjour Jako,

        Oui, Gül smiley

        Merci de vos encouragements, c’est effectivement kafkaïen, c’est le moins que l’on puisse dire.

        Il me semble que ce type de comportements doit cesser et que le seul moyen d’y arriver est d’en témoigner.


      • jako jako 30 octobre 2012 13:31

        Témoigner oui, c’est tellement dingue que seuls celles et ceux qui y sont confronté connaissent cette situation. Créer des groupes twitt pour cela ? je ne sais pas .


      • aloha aloha 30 octobre 2012 13:41

        @ Jako,

        Je diffuse ce témoignage au maximum, je n’utilise pas Twitter mais peut-être certains partageront-ils le lien vers ce papier, pourquoi pas ? smiley


      • bigglop bigglop 31 octobre 2012 18:18

        Bonsoir @Aloa,

        Une idée peut-être simpliste, pourquoi ne pas créer un blog pour tous les demandeurs d’emploi, inscrits ou non, pourraient témoigner des relations difficiles avec Pôle Emploi, autres organismes... ?
        Ils pourraient mettre en pièces jointes tous les éléments anonymisés de leur dossier.


      • aloha aloha 31 octobre 2012 19:08

        Bonsoir Bigglop,

        L’idée est excellente et elle existe déjà sous la forme d’un forum qui se nomme Actu-chômage. Sans doute d’autres blogs ou sites existent-ils aussi. Je sais qu’il y a des collectifs régionaux qui disposent de lieux sur le web.


      • Surya Surya 30 octobre 2012 13:37

        Un psychologue pour savoir si vous avez les compétences pour exercer votre métier !! C’est absolument n’importe quoi !! Et l’entretien que vous avez été obligé de passer est scandaleux, avec ces questions carrément indiscrètes « c’est qui, nous ? ». Quelle honte !!
        Comment est-ce que c’est possible qu’une administration mette à ce point des bâtons dans les roues à une personne qui ne demande qu’une seule chose : travailler, exercer son métier !
        Quand aux patrons indélicats qui profitent de la situation pour faire travailler gratuitement quelqu’un pendant dix jours, ça ne m’étonne vraiment pas.
        Alors je regarde sur internet pour voir ce que sont ces EMT, et là je vois : "Vous êtes encadré individuellement par un tuteur de l’entreprise qui vous évalue. A partir de la fiche d’évaluation, le conseiller validera et enrichira votre profil professionnel et vous proposera des offres d’emploi adaptées« 
        Comme si, avec votre expérience, vous aviez besoin d’un tuteur, et qu’on vous évalue !
        On vous proposera des offres d’emploi, et pourtant, ils disent ne rien avoir dans leur ordinateur. Mais c’est écrit noir sur blanc, qu’on vous proposera ces offres d’emploi, ça ressemble presque à un engagement...
        Sauf que juste en dessous, il est écrit : »Attention : certaines mesures ou prestations n’ont pas de caractère automatique. Leur attribution varie en fonction de certains critères et en fonction des situations locales.« 
        De quelles mesures ou prestations s’agit-il ? La »proposition d’offres d’emploi adaptées« entrent-elles dans le cadre de ces prestations »non automatiques" dont l’attribution varie...etc etc... ?
        Ce n’est pas la faute des conseillers (qui pourraient certes être un peu plus sympa), ni même de la psychologue, ils ne font qu’appliquer les directives, mais il n’y a rien qui m’écoeure plus que des administrations qui mettent des bâtons dans les roues des gens.


        • aloha aloha 30 octobre 2012 13:48

          Bonjour Surya,

          Bien sûr que c’est aberrant !

          Le pire dans cette histoire, c’est que cet espèce de « stage » nommé EMT n’a, logiquement, pas à être imposé par le conseiller PE mais plutôt demandé par le demandeur d’emploi d’après ce qui est renseigné sur les sites consacrés au sujet.

          D’autre part, cette EMT est exigée par ce fameux psy pour pouvoir accéder à la formation qui délivrera le sésame « habilitation ». On croit rêver, enfin cauchemarder !

          Quant aux conseillers dont vous dites que ce n’est pas de leur faute, certes, mais jusqu’à un certain point, n’est-ce pas ?
          Je ne crois pas qu’ils soient obligés d’ajouter à l’absurdité procédurière, le mépris, le dédain, la culpabilisation et que sais-je encore....

          Merci de votre réaction et bonne journée. smiley


        • foufouille foufouille 30 octobre 2012 13:59

          une EMT n’est pas obligatoire

          et bienvenue dans le monde reel
          va falloir surfer pour eviter les pieges de pole emploi qui est deborde, et soumis au rendement du chiffre

          prochaine etape : les « formations » du prive, bien pire


          • aloha aloha 30 octobre 2012 14:07

            Bonjour Foufouille,

            Nous savons bien que l’EMT n’est pas obligatoire.

            Le problème est que cette « psy » en a fait LA condition unique et incontournable pour accéder à cette formation qui doit délivrer l’habilitation.

            C’est donc un choix entre le refus et donc l’impossibilité de trouver du boulot et l’acceptation et la cohorte d’humiliations et de galères que cette exigence représente.

            Je ne parle même pas de la perte de temps à s’y consacrer.

            Quant aux centres de formation privés, il faut en avoir les moyens financiers ce qui n’est logiquement pas, le propre du chômeur.

            Un mur pour se cogner la tête dedans !


          • foufouille foufouille 30 octobre 2012 14:20

            faudrait lui mettre le texte de loi sous les yeux (je doutes que ca serve avec une collabo)
            surtout que ca sert pour un nouveau metier

            tu peut aussi te plaindre a qui de droit


          • aloha aloha 30 octobre 2012 14:24

            Je crois que tu as raison, ça ne servirait à rien à part, sans doute, la braquer un peu plus dans sa bêtise crasse !

            Et non, ce n’est pas un nouveau métier ! C’est bien ce qui est absurde ! 15 ans d’expérience quand même ! smiley

            Quant à se référer à qui de droit, c’est évidemment prévu.


          • aloha aloha 30 octobre 2012 14:29

            Bonjour Actias,

            Je ne serais pas aussi radicale que vous, si vous le permettez.

            J’y vois surtout une volonté de blocage que je ne comprends pas.

            Quel est le but recherché exactement ?

            Décourager les gens qui en veulent, s’offrir une possibilité de les radier, quoi ?

            Quant à BHL, ma foi.... A part des tartes à la crème je ne vois guère ce qu’il mérite de plus... smiley


          • Traroth Traroth 31 octobre 2012 10:28

            L’objectif du Pôle emploi, c’est de radier. Radier à tour de bras. Merci Sarko !


          • ZenZoe ZenZoe 30 octobre 2012 14:32

            Bonjour Aloha (bretonne ?)
            Pour avoir côtoyé de près les services mis en question, je sais qu’il est toujours possible d’obtenir ce qu’on veut. Il suffit de savoir exactement où on va et comment.
            Il est maintenant trop tard pour vous peut-être, mais pour la prochaine fois :
            - Ne laissez jamais un conseiller prendre l’initiative d’une quelconque action à entreprendre pour vous. Arrivez avec un projet bien étayé de plusieurs pages si possible sur papier (on ne le lira pas, c’est juste pour montrer que vous avez fait des recherches) avec une conclusion implacable : vous avez besoin d’une certification, vous devez suivre cette formation, elle coûte tant et voici les financement envisagés et demandés (CIF, CR, PE...). Occupez tout l’espace, le conseiller n’aura pas le temps de vous proposer quoi que ce soit.
            - Montrez beaucoup d’enthousiasme. Ne montrez jamais une quelconque incertitude. Impliquez subtilement qu’avec cette formation, vous allez dégager de son portefeuille (les conseillers sont promus au rendement).
            - Si vous tombez sur une réfractaire qui vous refuse ce que vous demandez, n’hésitez pas à écrire au directeur d’agence en recommandé, en expliquant courtoisement votre affaire.
            Il est très rare que, confronté à un chômeur décidé, PE ne cède pas.
            - Si vous tombez sur une têtue qui vous envoie où vous n’avez pas envie d’aller, faites mine d’accepter, et écrivez quelques jours après au directeur d’agence que vous regrettez beaucoup, mais que malheureusement, vous serez patraque ce jour-là (ou tout autre prétexte), manque de transport, pas d’argent...
            - Si vous n’arrivez pas à obtenir le financement de la formation souhaitée, n’hésitez pas à écrire directement à votre Conseiller Régional, à votre député (en mettant bien « en copie »), bref, à tous ceux qui sont là pour nous aider soi-disant) en demandant un financement.

            Quelques points à savoir. Le financement d’une formation est plus difficile à obtenir en fin d’année (moins de crédits pour les organismes financeurs).
            Restez toujours poli et attentive à ce qu’on vous dit (faites semblant).
            Gardez une trace écrite de tout.


            • aloha aloha 30 octobre 2012 14:52

              Bonjour ZenZoe,

              Merci de tous ces bons conseils.

              Nous avons effectivement prévu de contacter d’une part la député du Finistère ainsi que le Directeur du PE.

              La plupart des avis que vous émettez concernant la manière de se comporter ont été appliqués, malheureusement quand vous tombez sur quelqu’un de visiblement borné, ce n’est pas gagné d’office. Le problème n’est d’ailleurs pas un refus catégorique à fournir cette formation, c’est largement plus vicieux puisque ceci a été soumis à une condition sine qua non parfaitement inutile.

              Ceci étant, en attendant de remuer dans les brancards, il faut se conformer aux directives le temps étant compté. Cela fait partie des « preuves de bonne volonté ». smiley

              Si j’ai soumis ce témoignage c’est parce qu’il me semblait capital que ce genre de situation ne soit pas ignoré du grand public. Aussi pour que ceux qui y sont confrontés se sentent moins seuls et grâce à des interventions comme la vôtre trouvent des solutions pour se sortir de la mouise.

              Merci donc infiniment, de votre long post.

              Bonne journée.

              PS : Et oui, désormais bretonne ! (je sais Aloha, ça ne fait pas très celte ! smiley)


            • Gérard Luçon Gerard Lucon 30 octobre 2012 15:40

              en resume .. montrez que vous avez des c..illes en vous comportant comme un leche-cul ?

              Allons, ces gens de pole-emploi sont ineducables, soit engages a vie, soit en contrat precaire, les premiers n’en rament pas une et les autres executent les consignes pour prolonger leur miserable condition !


            • aloha aloha 30 octobre 2012 15:48

              Tu as raison dans ta conclusion.

              Il n’empêche qu’il faut savoir être retors pour se sortir de ce genre d’impasse et mettre sa fierté dans sa poche et son mouchoir par-dessus, le temps de rebondir.

              C’est infect mais c’est ainsi !


            • Bracam Bracam 30 octobre 2012 23:24

              Dire qu’il y en a qui s’indignent de ce que nombre de personnes dépouillées et broyées par le système se réfugient dans les drogues, l’assistance publique, la violence. Dire que les budgets sociaux coûtent des milliards et produisent des situations d’humiliation sans limite. Bienvenue dans le monde réel, dit Foufouille... On s’habitue peut-être, je ne sais pas. Pardon, j’aimerais vous dire mon admiration pour votre culture, votre intelligence et votre volonté. Et ma solidarité, pour ce qu’elle vaut. Bravo, courage à vous et aux démunis qui vaincront je l’espère, sipossible de manière pacifique et juste.


            • aloha aloha 30 octobre 2012 23:35

              Bonsoir Bracam,

              J’espère aussi que tous ceux qui sont concernés par des situations telles que celle-ci ou qui vivent de véritables injustices pourront trouver les solutions pour s’en sortir et vivre mieux.

              Merci de votre touchant commentaire. smiley


            • Fergus Fergus 30 octobre 2012 14:55

              Bonjour, Gül.

              A la lecture de cet article, non seulement utile mais indispensable, on ne peut qu’être révolté par la manière dont les pouvoirs publics, et ceux qui les représentent, traitent les demandeurs d’emploi et, d’une façon générale, tous ceux qui connaissent des difficultés pour mettre leurs compétences au service de notre société.

              Puisse cet article obtenir le plus large soutien possible afin d’interpeller les décideurs !

              Amicalement.


              • aloha aloha 30 octobre 2012 14:58

                Bonjour Fergus,

                Et merci de ton passage. J’ai, tu t’en doutes, les même souhaits que toi.

                Espérons que cela serve à tous ceux qui en ont besoin.

                Amitiés


              • Richard Schneider Richard Schneider 30 octobre 2012 17:06

                à Fergus,

                Entièrement de votre avis : « puisse cet article obtenir le plus large soutien afin d’interpeller les décideurs » !

                à Gül,

                Difficile de ne pas être écœuré à la lecture de votre article ...
                Amicalement,
                RS

              • aloha aloha 30 octobre 2012 17:46

                Merci Richard,

                Pas facile de tenir debout sans grandement s’énerver dans ce genre de cas.

                Je diffuse, je diffuse, je diffuse autant que je le peux !


              • velosolex velosolex 30 octobre 2012 15:23

                Conseils de « Pôle-moi » :

                Peut-être pourriez vous vous recycler comme écrivain
                Aucun besoin de stage pour vous, vous semblez là aussi avoir une solide expérience
                Vous avez un réel sens des dialogues et savez mettre en forme des situations absurdes.
                Mais je vous soupçonne de vous inspirez de la vie réelle, même si certains, jamais entamé dans leur confort, vous soupçonnerons d’avoir pas mal inventé.

                Je ne sais que vous dire.
                Vous souhaiter bon courage serait se foutre de votre gueule.
                Peut-être devriez vous aller sur la côte
                Mais pas le pôle emploi de Lorient, plutôt les plages d’Erdeven.
                Quand le ciel est bas, elles vous redynamise !


                • aloha aloha 30 octobre 2012 15:36

                  Cher « Pôle-moi », heu... « Pôle-vous », enfin bref, Velosolex smiley

                  Merci de votre gentil commentaire. Tous les voeux de courage sont bien agréables à recevoir pour celui qui est directement concerné par ce foutoir et qui n’est autre que mon époux.

                  Ce récit est point par point absolument véridique aussi insensé que cela puisse paraître.

                  Quant à la côte, je suis bien d’accord avec vous sur son pouvoir ressourçant, elle est à 300 mètres de chez moi au fin fond du Finistère. Vous voyez pourquoi, hem, ... Comment dire ? Lorient, ce n’est pas la porte à côté !

                  C’est vrai que les plages d’Erdeven sont très belles. Et toutes proches de la merveilleuse côte sauvage quiberonnaise...

                  Belle journée à vous où que vous soyez. smiley


                • Nums Nums 30 octobre 2012 15:30

                  Merci Aloha pour votre témoignage.


                  Votre histoire est « originale » mais ne me surprend guère. Ca ressemble à tout ce que j’ai pu entendre dans mon entourage à propos de cette institution et apparemment c’est de pire en pire.

                  Le but actuel de Pôle Emploi : faire baisser les chiffres du chômage à coup de radiations intempestives. Le retour à l’emploi ? Il en est incapable. De plus, la conjoncture est franchement mauvaise et ça va empirer.

                  Bon courage à vous pour la suite.

                  • aloha aloha 30 octobre 2012 15:39

                    Bonjour Nums,

                    Je crains malheureusement que vous n’ayez raison sur les buts cachés d’un tel comportement.

                    Des directives discrètes auraient-elles été données pour pousser un peu plus le chômeur vers la sortie ? Il y a de quoi se poser des questions.

                    Et, oui, ça ne risque pas d’aller en s’arrangeant. Pauvres de nous !

                    Merci de votre message et bonne journée.


                  • Gérard Luçon Gerard Lucon 30 octobre 2012 15:43

                    d’accord avec un « bemol », c’est pas le but actuel ... c’est simplement le but annuel


                  • Nums Nums 30 octobre 2012 15:44

                    « Des directives discrètes auraient-elles été données pour pousser un peu plus le chômeur vers la sortie ? »


                    Je pense qu’on peut largement le supposer et ça fait un bon moment que j’en suis convaincu. Les articles de Patdu49 laisseraient envisager un tel scénario.

                  • aloha aloha 30 octobre 2012 15:50

                    Ha ! Ha ! Excellent Gérard ! smiley

                    Exact, Nums, j’ai effectivement pensé aux articles de cet auteur lorsque nous avons été confrontés à ce cirque.


                  • Gabriel Gabriel 30 octobre 2012 15:55

                    Bonjour Aloha,

                    Témoignage édifiant ! Voilà comment un état s’appuyant sur des administrations sclérosées tue les initiatives et les espoirs. Nous savons depuis longtemps que le sigle ANPE veut dire Avec Nous Peu D’espoir mais tout de même. J’ose encore espérer qu’il y a des gens bien dans cette institution et qu’ils trouvent gratifiant d’aider leurs concitoyens mais peut-être suis-je un doux rêveur. Quoi qu’il en soit je vous souhaite bonne chance et bon courage pour la suite de votre carrière professionnelle. Très amicalement. Gabriel 


                    • aloha aloha 30 octobre 2012 15:59

                      Bonjour cher Gabriel,

                      Et oui, tout de même....

                      Disons qu’il y a en leur sein quelques individus « moins pires » que d’autres. Ca se résume à cela, et rêver fait souvent du bien. smiley

                      Nous verrons comment va réagir le haut de la hiérarchie. Je me ferais un plaisir de vous tenir informés.

                      Merci de votre passage.

                      Amitiés


                    • Ariane Walter Ariane Walter 30 octobre 2012 16:15

                      Bonjour Aloha,

                      Il y a un fond de sadisme dans l’espèce humaine ;
                      Est-ce lui qui se manifeste quand, voyant quelqu’un qui essaie de s’en sortir, ceux qui sonr sensés les aider, expriment le mépris afin de les humilier ?
                      Est-ce naturel ?
                      Ou est-ce lié à des cours qu’on leur donne avant de les lancer là-dedans ?
                      -votre but, c’est de les faire dégager.
                      Ou alors moins risqué. car ils pourraient le répéter. A la full metal jacket :
                      -Votre but c’est de discerner qui en veut vraiment . Alors il faut que vous leur en mettiez plein la tête ! Que vous leur posiez des questions ridicules , que vous disiez cent fois la même chose, que vous les mettiez minables, que vous les rendiez dingue !.
                      Qu’est-ce qu’on leur dit ?

                      Dit-on vraiment à ces employés : « il faut les faire gicler et s’ils se butent tant mieux. »

                      Ou met-on en face d’eux des matons ?
                      tu sais j’ai pensé à une chose : à ces SDF qui ne veulent pas aller dans des centres. parce que là, c’est pire que tout. ce sont des malheureux tout aussi malheureux qu’eux qui les battent, les volent et les violent.

                      Quand on confie la misère à d’autres misérables et qu’on leur laisse , comme seul échappatoire, celui de manifester leur supériorité.
                      Dans la cruauté.
                      car c’est jouissif.

                      J’ai été bouleversée par ton témoignage, tu le sais. Cela paraît plus un système qu’une exception.
                      je te donnerai un plan pour le diffuser.
                      On va faire le maximum.

                      Courage, ma belle Bretonne.

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