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Accueil du site > Actualités > Société > Chuis un pauv’ paysan !

Chuis un pauv’ paysan !

Je viens d’entendre dans la Machine à causer cette nouvelle honteuse : un paysan sur trois gagne moins de 350 euros par mois.

Chiffres de la MSA (mutuelle sociale agricole), l’organisme qui gère les prestations sociales et les retraites de la profession. Cet organisme a ms en place une permanence de prévention du suicide chez les agriculteurs. Au 1er semestre, cette permanence - Agri’écoutes - a reçu 1 700 appels, soit une moyenne de 285 appels par mois contre une centaine par mois sur la même période, un an plus tôt… Pas de compassion chez les bobos pour le plouc, on la garde pour les « migrants » ou les bombardés d’Alep. Pourquoi pas… Moi, je préfère m’intéresser au sort de mon pote Denis. Il est mort. La fourche à la main, sur son tas de fumier…

Tè, je vais vous le raconter feue mon pote Denis. Et oui, il est mort. Arrêt cardiaque ? AVC foudroyant ? Ou autre chose ? Comme son père… On reste discret, on a sa pudeur au village. Et il est devenu triste le village. Plus de merdes de vaches sur la route, de ces belles casquettes s’étalant comme des plats d’épinards odorants… Et pour cause : les vaches ne traversent plus la rue principale pour gagner leur étable…

On n’entend plus les cris puissants, impératifs de l’un des derniers « cow-boy » du pays. Fatal, puisqu’il est mort. Mort et enterré. À soixante ans… À la veille de « prendre sa retraite ».

Comme tout le monde, Denis voulait pouvoir vivre de son travail. Avec ses trente montbéliardes, il se levait à cinq heures du mat et à dix heures du soir, il levait encore la merde de ses vaches. À la pelle, à l’ancienne. Et ça sept jours sur sept, 365 jours par an !

Denis me disait que l’essentiel du prix qu’on lui donnait pour le lait de ses vaches partait en remboursement et en paiement d’engrais et de "traitements" pour ses prairies. Il m’avouait qu’il ne lui restait qu’autour de 500 euros par mois pour faire vivre sa famille. Et encore Denis travaillait sur une propriété familiale, donc sans foncier à rembourser, seul avec sa femme et sa fille qui allait « aux écoles ». Les vacances ? Jamais… Les sorties ? Jamais… Le restau ? Jamais… Les fringues ? Une salopette et des bottes, plus un costume du dimanche – celui de son mariage sûrement ! – qu’il mettait pour les enterrements ou pour aller « au docteur ». Celui qu’on a mis à sa dépouille pour son dernier voyage…

Moins de 500 euros par mois. Et c’était il y a trois ans. Maintenant on en est à 350 euros par mois. Les paysans, maintenant ils le sont réellement pauvres. Qui les a menés là ?

Les agricolos, poussés par leurs organismes professionnels – chambres d’agricultures, FNSEA, Crédit agricole – ont perdu leur âme. Ils ont saccagé leurs champs avec le cercle vicelard engrais pesticides. Ils ont fragilisé leurs bêtes avec le cercle vicelard insémination, vaccins, antibios et autres saloperies. Tout le pognon qu’ils gagnent – plus celui qu’ils touchent en subventions multiples ! – va dans la poche des multinationales agrochimiques et des labos. Loin de s’entraider, ils se jalousent, à savoir qui aura le plus gros tracteur. Au lieu de s’organiser en GAEC et de mettre en commun des moyens de production chers et ne servant que peu souvent, ils s’encroument à mort, pour le plus grand profit du Crédit agricole…

Pour s’en sortir, il faudrait qu’ils organisent eux-mêmes leur filière. Qu’ils mettent en place leurs propres centrales de vente de lait, leurs propres unités de transformation au lieu de laisser ça aux industriels qui les plument sans vergogne. Pour cela, il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA qui a toujours été à la solde de l’industrie agroalimentaire et qui défend avant tout les gros céréaliers et betteraviers… et qui les pousse à voter pour la droite la plus archaïque, la plus cupide, la plus avide. Les dernières manifestations ont donné la mesure du désarroi d’une profession qui ne mérite plus le beau nom de paysan.

Les gouvernements qui se succèdent s’efforcent d’adoucir cet assassinat social. Hypocrisie. On donne quelques poignées de figues aux ploucs, mais on subventionne les gros céréaliers et on favorise sournoisement les fermes à « mille vaches ». Et le nombre d’agriculteurs aux abois grimpe plus vite que le prix du lait ou de la viande ! Selon la MSA, le nombre d’accès au service de prévention du suicide des agriculteurs a triplé en un an.

Il est difficile d’avouer qu’on est en échec Déprimant de se demander à quoi l’on sert dans une société qui ne veut plus de vous. Mais on a sa fierté, sa dignité. Alors on va chercher la corde, au fond de l’étable…

Les agriculteurs de France sont dans une situation catastrophique. Leur nombre ne cesse de diminuer car ils n’arrivent pas à faire face à leurs dettes et que les lobbys agroalimentaires leur payent leur production une bouchée de pain.

Un tiers des agriculteurs à leur compte gagne moins de 354 euros par mois. À titre de comparaison, c’est 200 euros de moins que ce que touche une personne seule et sans ressource au titre du RSA (qui a été revalorisé au 1er septembre 2016 à 535,17 euros par mois).

« Ouais mais vous avez le lait, vous avez les volailles, vous avez la viande quand vous tuez un veau ou un cochon, vous avez les légumes. - Oui mais, et le sel ? » disait Fernand Reynaud dans « Ch’huis un pov’paysan ».

C’était il y a cinquante ans. Maintenant les paysans le sont vraiment, pauvres…

 

Photo X - Droits réservés


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85 réactions à cet article    


  • Patrick Samba Patrick Samba 12 octobre 16:37

    " il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA (...)Il est difficile d’avouer qu’on est en échec Déprimant de se demander à quoi l’on sert dans une société qui ne veut plus de vous."

    Ouais, enfin, je n’ai jamais entendu dire que la Confédération paysanne n’ouvrait sa porte qu’à des paysans triés sur le volet...


    • Croa Croa 12 octobre 18:09

      À Patrick Samba,
      Oui, ce serait intéressant de savoir pourquoi ils ne sont pas plutôt à la confédération.
      *
      Ils sont cons où c’est dangereux d’aller à la confédération ?


    • Samson Samson 13 octobre 00:32

      @Croa
      D’après ce que j’ai compris, le système est verrouillé : si tu veux tes crédits ou tes agréments, seule la FNSEA sera à même d’obtenir les passes-droits à la traversée d’un labyrinthe administratif , réglementaire et technocratique sinon absolument kafkaïen. smiley


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 octobre 09:00

      @Samson


      Pour le comprendre, il suffit de se renseigner sur les liens entre la FNSEA, le Crédit Agricole et le ministère de l’agriculture, état dans l’état qui assume la tutelle d’organismes qui devraient dépendre d’autres ministères (comme les lycées agricoles, ONF...). C’est un exemple intéressant de ce qu’on appelle ailleurs (Turquie, Etats-Unis) l’état profond : les gouvernements peuvent changer de dirigeants, de partis, de politiques, ces structures-là sont toujours tenues par de notables inamovibles discret. Et ce qui est vrai à Paris est encore plus marqué dans les régions rurales.

    • Fergus Fergus 13 octobre 09:48

      Bonjour à tous

      Jeussey de Sourcesûre a raison : tout est lié, et c’est pourquoi la FNSEA règne en maître un peu partout en France alors que c’est elle qui est à l’origine des difficultés de la plupart de ses adhérents. Elle également qui, dans l’Europe naissante des années 50, a imposé le modèle productiviste destructeur de sols, elle qui a ouvert la voie aux kapos d’élevages industriels concentrationnaires indignes. 


    • petit gibus 13 octobre 11:49
      @Croa

      Quant on est propio d’un petit lopin de terre...
      on a naturellement une âme de capitaliste pour voter à droite smiley

    • prismsoul prismsoul 12 octobre 17:12

      … et pendant ce temps, à la ferme du Bec Helloin, une étude montre que la permaculture permet de payer un paysan… au SMIC. Ptêt qu’il va falloir changer de modèle (et de modèle de consommation aussi)…


      • Fergus Fergus 13 octobre 09:52

        Bonjour, prismsoul

        Les seuls petits paysans qui gagnent bien leur vie sont ceux qui ont tourné le dos aux aberrations productivistes de la FNSEA pour se tourner vers le bio et les cultures ou élevages alternatifs et respectueux de l’environnement. Ceux-là produisent de la qualité et écoulent leurs productions en circuits courts, de plus en plus dans des espaces dédiés cogérés ;


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 octobre 10:51

        @Fergus

        Oui, mais aussi ceux qui ont compris qu’un produit élaboré, transformé, dégageait une meilleure rentabilité que le produit « sec ».
        Les manchons de canard confits ou les jus de rhubarbe fermentés et pétillants permettent de faire vivre un domaine qui ne tirerait pas grand chose des canettes PAC ou des rhubarbes en vrac.

      • Le421 Le421 13 octobre 19:17

        @Jeussey de Sourcesûre
        Qui plus est, la transformation diversifie l’activité et peut même la rendre plus intéressante et surtout plus valorisante...


      • howahkan howahkan 12 octobre 17:27

        Mode avocat du diable...

        qu’attendre d’autre que cela ? rien de moins mais peut être encore pire..ma femme fut paysanne 15 ans à son compte et 10 ans avec ses parents dans la creuse..région d’élevage.......elle a arrêté avant le pire.....

        comme moi, voila pourquoi entre autre on est ensemble, naturellement pour des raisons que l’on voit, elle sait d’une manière non réfléchie mais disons « intuitive » bien que ce soit plus profond que cela, que collaborer et partager équitablement est la seule issue..l’a toujours été et a forcément été nos débuts, quand il y avait encore des humains sur la terre...car sinon nous aurions disparu de suite quasiment..mais la fausse historie fait des ravages terribles...dans nos cerveaux d’abord puis dans le monde pratique réel..

        là on est dans le seigneur des anneaux et les humains sont les Orcs de SAUron et de SArUman..

        sauf exceptions bien sur et il y en a...pas encore assez mais ça va venir..

        qu’attendre d’autres de la dite compétition qui cache un processus d’élimination mis en place par le voleur qui dirige depuis 3000 ans.. ? mettre en compétition deux ou plein d’idées pour faire ceci ou cela, essayer et voir ce qui marche ou pas est une chose et est le seul champs d’application de ce programme....qui consiste à éliminer des idées pratiques au profit de certaines, et encore je ne dirais même pas éliminer mais mettre de coté.....il n’a jamais été question d’étendre cela aux rapports humains....mais voila nous avons pris la mauvaise route...the wrong turn...

        la compétition entre humains donc élimine,détruit,jette etc donc tue...................d’une manière ou d’une autre voir pour le présent les paysans qui se suicident sur toute la planète, les morts sous des bombes démocratiques , de faim etc

        et pourtant tout le monde veut continuer.....

        sauf rares exceptions....

        notre choix de vie élimine ,crée la guerre, la violence, le conflit etc....et le quidam est bien embêté pour dire quoique ce soit car au nom de quel principe vais je bien pouvoir critiquer ce qui se passe alors que moi aussi je veux plus et rentrer dans cette compétition pour gagner plus que ce gros con de voisin...

        le maître nous fait jouer à son jeu, on y joue car « je vais gagner et m’en foutre plein les fouilles »...et là bingo...je perds , tu perds ils perdent....

        le 1% ne va pas s’arrêter et nous on fait quoi on continue à dire a nos enfants va y soit le meilleur écrase les tous...

        pauvres fous............ smiley


        • leypanou 12 octobre 20:08

          @howahkan
          Salut.

          Je pense que si chacun essaie de mettre un peu du sien en cassant la dynamique de ce monde qui veut nous rendre tous esclaves, il finira par changer pour le bien de tout le monde sauf des 1%.

          Mais convaincre les autres est une autre paire de manche.


        • howahkan howahkan 12 octobre 21:02

          @leypanou

          salut cela passe par chacun oui tout à fait....la sommes des éveils seule peut provoquer un changement RADICAL , éveils de chacun donc selon le nombre d’une masse de gens suffisamment importante pour provoquer un basculement qui par effet secondaire change le monde extérieur..

          c’est le même et unique mouvement qui part de l’intérieur du cerveau pour aller vers l’extérieur..comme aujourd’hui..le merdier humain prends sa source dans nos cerveaux qui pour moi je le sais par expérience ne marche plus bien du tout...certaines capacités sont bloqués par la pensée..qui devient le dictateur du cerveau comme de la planète..le tout sans rien y comprendre et en souffrance etc

          cela dit là on est toujours dans la survie....la vie c’est d’abord survivre certes mais avec autre chose x inconnu..or la pensée n"a pas accès à l’inconnu elle n’ analyse que la mémoire...sa mémoire

          convaincre ? je ne sais pas...on est dans un tel piège à rat....j’essaye de donner des pistes par rapport à mon, vécu,mais je ne peux rien faire pour personne...c’est à chacun d’y aller ou pas..or a ce niveau on compte sur les autres...par contre là u on doit être réunis on y va seul...

          c’est alors la guerre, le désastre...etc l’histoire de notre passé est en très grande parti fausse....le sens tu ??

          salutations..


        • petit gibus 13 octobre 11:58
          @howahkan

          A part piquouzer le cerveau de tous les nouveaux
          d’un vaccin contre l’imbécilité
          j’vois pas trop hélas comment
          « provoquer un changement RADICAL » smiley

        • howahkan howahkan 13 octobre 13:30

          @petit gibus

           tu as raison je pense..là est une difficulté , entre autre difficultés....,je développerais bien mais le sujet est long, perturbant, car il ramène aussi vers soi même comme centre réel de mes problèmes ce qui ne veut pas dire bien sur que ce monde dément ne va pas lui aussi en rajouter des couches.. il faut faire attention dans ces voyages en soi même..mais j’essayerais de le faire une autre fois..

          en gros c’est de commencer avec soi même tout en voyant le monde tel qu’il est et non pas tel que je veux qu’il soit...comme avec moi même aussi,genre je ne vais pas bien OK c’est mon fait et je ne lutte pas,donc je ne fuis pas..c’est dans des moments comme cela que des « choses » impossibles, imprévues, non maîtrisables etc se produisent, nos autres capacités se réveillent..d’elle même et elles marchent toute seule....,...ce qui j’en convient dit comme cela ne signifie rien ou trop peu..

          je m’y essayerais un jours dans un autre article qui serait un condensé des 7 autres avec encore des plus à rajouter..car là on rentre dans des sujets qui n’arrêtent pas d’ouvrir des portes sans arrêt..

          un tel article fera encore plus fou que les autres smiley..

          je te salue...


        • petit gibus 13 octobre 14:29
          @howahkan

          Y a chez ce cher Desproges
          une phrase qui m’a toujours énormément questionnée :

          « pourquoi vouloir changer le monde,
          le monde ne t’a rien demandé »

          Faut il la prendre au 1er
          ou au 3ème degré ?

          Peux tu m’aider ?

        • howahkan howahkan 13 octobre 18:25

          @petit gibus

          re...

          ....je la prends d emble au premier degre car pour moi je l ai vu comme une evidence....l a t il dit en conscience ou pour faire un jeu de mot, je ne sais pas bien sur...

          on a tout inverse...on met du collectif en avant la ou le personnel doit passer en premier, dans la decouverte de soi et de la vie..

          on met du personnel en premier la ou le collectif prime c est a dire dans la survie ce qui donne guerre, vol, tricheries, violences insecurite etc

          et puis cerise sur le gateau, l humain , certains, enfin presque tous sauf exceptions aujourd’hui dont les leaders actuels et passe depuis disons 3000 ans pensent : modelons le monde pour le rendre conforme a nos desirs....sans rien savoir du desir lui meme, d eux meme , de la profondeur de la vie etc

          3 immenses betises aux conséquences dramatiques que l on peut voir partout sur la planète...et en nous meme...

          c est un desastre criminel globalement et un quasi non sens pour le reste....le sens ne se cherche pas il est la lorsque je me comprends....

          ceci doit etre inverse pour retouver la nature des choses..l humain ne decide de rien sauf de la bouffe...l univers est le guide..

          je dis cela par rapport a du vecu ....des experiences qui toutes vont dans le sens de remettre les choses en place en soi donc sur la planete.....tel que le defini + haut

          apres il y a une masse critique ..pour que le changment personnel affecte l ensemble

           et la nous sommes sous la « supervision’ de..... ??? et bien de quoi, je ne sais pas..mais c est la lorsque je fait ce qui est juste et approprie en moi meme....cela doit être decouvert par chacun , la souffrance vecue est une des portes si on sait que faire ou ne pas faire avec plutot
          c est la porte que je connais.....c est pas vendeur du tout smiley

          aide toi et le ciel t aidera, pas le ciel des religions bien sur..mais »quelque chose" aide alors...des que l on compte dessus il n y a plus d aide..notre pensee humaine n a pas acces a cela....nos autres capacites oui.....

          etc


        • Le421 Le421 13 octobre 19:21

          @howahkan
          C’est un peu l’histoire du type qui joue au loto et reste persuadé que demain, il sera riche.
          Oui.
          Demain.
          Et chaque jour c’est la même chose.
          Demain...

          Et pi un jour, t’es mort !!
          Sans avoir vécu.
          Que d’espoir et de tickets à gratter...


        • howahkan howahkan 14 octobre 08:21

          @Le421

          salut....oui c’est une façon qui est juste je trouve , de présenter ce que l’on fait mentalement donc pratiquement aussi...

          demain on rase gratis..
          lorsqu ceci commence à être perçu....cela peut générer un début vers un autre chemin...un peu comme un bout de ficelle trouvé sur la route et qui si on tire dessus vous amène ailleurs sur une tangente....la ficelle n’a pas de fin..sauf la fin physique bien sur..


        • Rmanal 12 octobre 17:37

          « Pas de compassion chez les bobos pour le plouc » : déjà ca commence mal de reprendre les mêmes références que votre Dieu, le Sarko premier, celui qui justement (entre autre, soyons clair et franc) a mis l’agriculture Française à terre, lui qui n’achète pas d’oeuf dans un panier en osier, il les mange avec du caviar aux Fouquet’s.
          Mais surtout après avoir dit tout cela c’est quoi vos solutions ? Car les regroupements d’agriculteur ca existe déjà, les coopérative ca existe déjà, les SCI agricole ca existe déjà, les syndicats autres que la FNSEA ca existe déjà, les banques alternatives au CA ca existe déjà, etc


          • Croa Croa 12 octobre 18:20

            À Rmanal,
            Ça a commencé bien avant Sarko. En fait il s’agit d’un choix de l’Union Eutotalitaire d’organiser la mise en concurrence des paysans entre eux.

            C’est aussi l’UE qui a imposé la liberté des prix (prix agricoles compris) et comme l’état n’impose plus ses règles d’autres s’en chargent ! La déréglementation des prix ce sont plusieurs réformes des années 1980, mises en œuvre par le PS donc.


          • VICTOR VICTOR 12 octobre 18:35

            @Rmanal
            «  ca commence mal de reprendre les mêmes références que votre Dieu, le Sarko premier »
            Ben dit donc, Sarko mon die ?
            T§, voilà c que j’en dis sur un de mes autres blogs :
            http://lantifadas.midiblogs.com/archive/2016/10/11/primaires-a-la-primaire-votez-sarko-858797.html


          • Fergus Fergus 13 octobre 09:57

            Bonjour, Croa

            « C’est aussi l’UE qui a imposé la liberté des prix »

            N’inversons pas les responsabilités : la politique agricole de l’UE a été bâtie sur le modèle initié par la FNSEA dans les années 50 et 60. Un syndicat qui a ensuite voulu des quotas et les a eus. Un syndicat qui a depuis voulu la liberté des prix et l’a obtenue.

            Hors de l’UE, la FNSEA aurait appliqué exactement le même type de politique !


          • Croa Croa 13 octobre 11:55

            À Fergus,
            C’est pas faux, enfin pas complètement.... La FNSEA et l’UE marchent ensembles en fait car l’intérêt des gros paysans ce sont des marchés ouverts, prêts à sacrifier le maraîchage et les petites productions de fraises parce que faire venir les fraises d’Espagne c’est mieux, du moment qu’on vend des pommes golden aux anglais. (Je simplifie mais c’est un peu ça.)


          • Fergus Fergus 13 octobre 12:46

            @ Croa

            « La FNSEA et l’UE marchent ensemble »

            Très bon résumé.


          • fatallah 13 octobre 13:35

            @VICTOR

            Vous trouverez sur ce lien une petite image rigolote ... quitte à encore se faire baiser par une élection et un président, il réclame des préliminaires et pas des primaires.


          • Croa Croa 13 octobre 13:56

            Àfatallah et à Victor,

            C’est mieux ici (sinon on cherche.)


          • Croa Croa 12 octobre 18:23

            Comme par hasard en Suisse, seul pays européen indépendant, les paysans sont heureux.
            *
            Bizarre non ?


            • rocla+ rocla+ 12 octobre 19:31

              @Croa


              Beurk la Suisse c ’est caca . 

              Il parait il y a plein de banques et tout ça . 

              Beurk la Suisse . 

              Ah oui  c’ est peuple qui  décide , beurk beurk beurk ....

            • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 octobre 11:56

              @rocla+

              C’est pas le peuple qui décide en Suisse !
              La preuve ?
              Les électeurs mâles (les seuls à l’époque) du canton d’Appenzell avaient décidé que leurs femmes n’auraient pas le droit de vote.
              C’est le tribunal fédéral qui a imposé le droit de vote des femmes en 1990, et depuis, les femmes en question n’ont même pas voté pour interdire aux hommes de voter parce que ça serait anticonstitutionnel.

              C’est ça la démocratie ?

            • rocla+ rocla+ 13 octobre 14:03

              @Jeussey de Sourcesûre


              La politique en Suisse est celle d’un État fédéral comportant trois niveaux politiques : la Confédération, les cantons et les communes1Les 26 États fédérés cèdent une partie de leur souveraineté à l’État fédéral. État démocratique, il se caractérise par une démocratie semi-directe, l’importance des droits civiquespolitiques et fondamentauxainsi que la neutralité en politique extérieure. La politique interne respecte la séparation des pouvoirs. Elle répond à la nécessité de recherche de consensus liée aux diversités régionales et linguistiques, par une représentation équilibrée au sein des institutions2.

              Dans un pays où cohabitent de multiples communautés linguistiques et religieuses, le système politique est l’un des rares dénominateurs culturels communs de la Suissekriesi 1. Il s’agit même d’un des fondements de l’identité nationale.3 Ce système est stable, les institutions politiques suisses datant pour l’essentiel de 1848 (à l’exception du référendum populaire et de l’initiative).


            • rocla+ rocla+ 13 octobre 14:07

              La Suisse s’est formée au cours du temps à partir de réseaux d’alliances, de pactes, qui avaient d’abord un but de défense commune et de sécurité intérieure. Ces accords englobèrent de plus en plus de cantons suisses et de plus en plus de domaines au cours du temps. Selon le principe de l’« un pour tous, tous pour un » qui est la devise traditionnelle suisse (sans statut officiel), les cantons commencèrent à traiter ensemble leurs accords avec de grandes nations européennes (par exemple avec la France en 1444, sur le maintien de relations amicales, ou avec le Saint-Siège au début du xvie siècle). Cependant, les différents cantons présents étaient totalement souverains et il n’existait pas d’organe supra-étatiquedhs 1. L’adoption d’un système fédéral en 1848 (le pays ayant été une confédération puis, après son invasion militaire et le temps d’une tentative imposée par la France, une république unitaire fondée sur le modèle jacobin) marqua la naissance de la Suisse moderne.

              Le Conseil fédéral, pouvoir exécutif, était alors formé exclusivement (et ce jusqu’en 1892) de membres issus du courant radical, qui apportèrent non seulement des changements profonds mais aussi la base de la politique suisse actuelle. Leurs idées reposaient sur deux piliers qui au premier abord semblent contradictoires : un système politique libéral, favorisant les libertés aussi bien individuelles qu’économiques, et un système de solidarité visant l’intégration de tous les citoyens, issus de tous les courants politiques et sociaux, au sein de la communauté. Ces deux principes constituent toujours une base importante de la Suisse et un facteur de stabilité et de cohésion intérieure



            • rocla+ rocla+ 13 octobre 14:09

              La démocratie directe permet au peuple d’exercer directement son pouvoir politique, par opposition à la démocratie représentative11. La démocratie suisse les combine toutes deux, sous une forme dite « semi-directe » : les citoyens élisent leurs représentants aux différents conseils (communes, cantons et Confédération), mais peuvent se prononcer également sur l’approbation de textes législatifs ou constitutionnels décidés par ces conseils (par le biais du référendum), ou proposer des modifications constitutionnelles ou légales par le biais de l’initiative populaire. Ces consultations populaires sont organisées en général quatre fois par an au niveau fédéral, toujours pendant le week-end . 


              Combien de référendum en France depuis cinquante ans ?


            • L'enfoiré L’enfoiré 12 octobre 18:46

              Si vous connaissez la fable de La Fontaine « Le Rat des villes et le Rat des champs » vous comprendrez la suite de l’histoire.

              Aujourd’hui, il faut se spécialiser dans l’agriculture, apporter des produits finis et se sécuriser en vendant ses produits du producteur au consommateur.
              Les coopératives ne sont pas les meilleures sources de revenus.
              S’il ny avait pas les aides à l’agriculture (PAC), peut-être serait-ce encore pire.

              • foufouille foufouille 12 octobre 18:49

                sauf que tout ce qui est possible est mis dans les charges, donc le revenu est bien plus élevé sans edf, chauffage, gas-oil, loyer, fringues.
                le RSA donné est celui d’un sdf uniquement, comme d’habitude.
                et 350€ est sans le RSA partiel.
                ajoutons que les tracteurs sont laissés tourner pour rien, lumière allumés inutilement, etc.
                 


                • Samson Samson 12 octobre 19:21

                  « Pas de compassion chez les bobos pour le plouc, on la garde pour les « migrants » ou les bombardés d’Alep. »
                  L’une n’empêche pas l’autre, mais - Dieu m’en préserve ! - on peut bien me qualifier de réac ou de naïf, mais en aucun cas de « bobo ».
                  Je garde de mon enfance le très impressionnant souvenir de la grande colère paysanne du 23 mars 1971 contre le plan Sicco Mansholt : 100000 manifestants en colère ont littéralement saccagé les rues de Bruxelles (1 mort, 140 blessés, ...) le 23 mars 1971. C’est alors que j’ai pleinement assimilé le sens du terme « Jacquerie » : hé oui, mon père aussi avait été paysan !

                  On connaît la suite : de plus de 15 millions en 1960, les paysans n’étaient plus dans l’Europe des 6 que 9 millions en 1970, 6 millions en 1980, 3 millions en 2000, ..., les campagnes €uropéennes ont été vidées, les paysans étranglés par les crédits, leurs terres accaparées par les industriels du lobby agro-alimentaire - pour qui roulent tant la FNSEA que l’€urope - et, en même temps qu’on assassine la paysannerie, ce sont 7000 ans de techniques, de savoir-faire et de traditions paysannes qu’on a rayés et éradiqués de nos mémoires en moins d’une génération. Même les graines de variétés soigneusement sélectionnées et améliorées depuis les débuts de l’agriculture ont été soustraites au patrimoine commun par leur brevetage,
                  Pour parfaire l’anéantissement, certains ignares revendiquent maintenant - au nom d’une laicité fort mal comprise - la « rationalisation » du calendrier et l’abolition de toute référence aux Saints, Pâques, ..., repères pourtant traditionnellement indispensables à tout qui se soucie encore de ces cycles végétaux ou pastoraux qui depuis les débuts du néolithique rythment agriculture et élevage. Oseriez-vous, sous mes latitudes, semer vos salades avant le Saints de Glace ???

                  Les dernières lignes de résistance, c’est d’acheter local, chez le fermier ou la coopérative du coin tant qu’ils y sont encore, et, pour que la terre nourrisse encore nos enfants, bio.


                  • Samson Samson 12 octobre 19:25

                    @Samson
                    Ps : Attention, il y a bio et bio !


                  • Samson Samson 13 octobre 00:51

                    @Samson
                    « mon père aussi avait été paysan ... »
                    Et s’est recyclé dans le service public, comme fonctionnaire ! Ce qui, après avoir assisté à l’assassinat de la Terre, de ses valeurs et de ses traditions, lui a permis d’assister en direct au démantèlement et à la destruction du bien et du service publics, toujours en cours !
                    On vit décidément une époque formidable ! smiley


                  • foufouille foufouille 12 octobre 19:52

                    http://www.msa.fr/lfr/web/msa/presse/crises-agricoles
                    Pour les exploitants, 30 % des agriculteurs (soit 131 450 exploitants) au réel déclarent des revenus professionnels inférieurs à 4 248 euros pour l’année 2015, soit 354 euros de revenus mensuels.
                    http://www.mathieua.fr/blog/wp-content/uploads/2015/07/rapport-Francois-Andre.pdf
                    page 17, ce sont les nombres d’agriculteurs au réel ou pas.
                    on peut diviser par deux ce chiffre. moins de 15% des agriculteurs.

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