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Accueil du site > Actualités > Société > CLASSE SOCIALE : Ce dont nous parlons quand nous en parlons

CLASSE SOCIALE : Ce dont nous parlons quand nous en parlons

 Dans le cours que je dispense sur les classes sociales en Amérique, je montre aux étudiants comment le capitalisme génère des inégalités de richesse, de statut et de pouvoir. Ce que je propose n’est pas une critique morale du capitalisme, mais plutôt une analyse empiriquement fondée de la façon dont il fonctionne, au niveau pratique immédiat, pour créer et maintenir un flux disproportionné de ressources vers la classe capitaliste. Que le capitalisme le fasse, comme Noam Chomsky pourrait le dire, est incontestable. Ou, comme un étudiant en double spécialité de sociologie et économie me l’a dit un jour : « Vous parlez de beaucoup de choses similaires à celles de mes professeurs d’économie, mais il est sûr que vous en parlez différemment. »

Une fois que mes étudiants comprennent comment le capitalisme fonctionne et la série de conséquences que cela entraîne, leur intuition morale leur dit ce qui ne va pas avec cette forme d’économie. Ils reconnaissent l’injustice d’un système fondé sur l’exploitation des travailleurs, un système qui permet l’accumulation sans limite de la richesse et donc dément les prétentions à assurer l’égalité des chances ; un système qui gaspille un immense potentiel humain ; un système qui mine la démocratie, en concentrant le pouvoir dans les mains d’un petit nombre. Je fais remarquer que l’analyse sociologique ne peut pas nous dire ce qui est juste et ce qui est faux, mais elle peut informer nos jugements moraux, en nous aidant à voir comment nos pratiques sociales affirment ou trahissent nos meilleures valeurs.

Le caractère ironique de nos délibérations est que, même lorsque nous nous livrons à une analyse critique du capitalisme – une analyse qui expose son inhumanité et donc au moins suggère le caractère désirable d’un changement – la réalité est que les étudiants ne sont pas dans un lycée pour apprendre comment renverser un système exploiteur et oppressif. En fait, ce qu’ils cherchent, pour la plupart d’entre eux, est une place confortable dans ce système. Ce n’est pas leur faute ; ils sont économiquement obligés de rechercher des diplômes et des compétences qui les aideront à éviter le pire que le capitalisme offre à d’autres moins fortunés. Dans d’autres conditions historiques, un enseignement supérieur servirait des buts différents.

Les professeurs ne sont pas moins pris au piège ; nous avons tout simplement trouvé notre place confortable dans le système, des années avant les étudiants qui cherchent encore les leurs. Il me semble que notre piège commun, combiné à l’insolubilité apparente du capitalisme, est ce qui influence en grande partie l’éloignement de l’économie politique au profit des matières culturelles – le changement qui a débouché sur le fait que de nombreux enseignants de gauche, la plupart dans les sciences sociales et les humanités, ont été vus davantage comme de simples champions du politiquement correct, plutôt que comme des intellectuels critiques sérieux, avec quelque chose d’utile à dire sur la manière dont la société capitaliste fonctionne et comment elle pourrait être transformée.

Au niveau des classes sociales, cette inflexion vers le culturel se reflète dans les efforts pour enseigner aux étudiants à apprécier la diversité, examiner leurs privilèges et à prendre en compte le racisme et le sexisme inconscients inscrits dans leurs conduites quotidiennes. Pour le dire clairement, je pense que ce sont de bonnes choses à faire : aucune inégalité destructive ne devrait recevoir un laisser-passer. Le problème est que, si utiles que ces stratégies puissent être pour rendre nos étudiants plus sensibles et conscients socialement, elles laissent le système scolaire ne pas s’en soucier. Du coup, il semble que l’inclusion et la diversité dans un cadre capitaliste sont les seuls objectifs raisonnables à poursuivre.

En mettant autant l’accent sur le culturel, nous finissons par encourager ce que Adolph Reed a appelé une politique identitaire d’inclusion proportionnelle. Nous amenons nos étudiants à croire que si des membres de groupes historiquement exclus sont autorisés à rejoindre, proportionnellement à leur nombre dans la société, les rangs des patrons, des administrateurs, des généraux et des capitalistes, tout ira bien. Ce genre de changement cosmétique est inoffensif pour ceux qui sont installés en sécurité dans le système et cela attire naturellement ceux qui tentent de trouver une place plus près du haut que du bas. Inclusion, oui. Mobilité ascendante, oui. Transformation ? Seulement après moi [en français dans le texte, NdT], peut-être.

Un collègue de conviction marxiste, maintenant à la retraite, a fait remarquer ce que nous voyons comme une omission révélatrice de la part de nombreux universitaires qui étudient l’inégalité. Il a observé que, tandis que tout le monde est d’accord que le racisme et le sexisme sont erronés et devraient être éradiqués, peu de gens développent le même argument sur les classes sociales. « Pourquoi est-ce impératif de s’opposer au racisme et au sexisme, a-t-il demandé, et non aux classes sociales ? » Entre nous, c’était largement une question rhétorique. Nous savions que la réponse avait à faire avec le privilège de classe des universitaires et la nécessité d’adhérer à une idéologie méritocratique pour justifier ce privilège. Remettre les classes sociales en question serait remettre en cause, non seulement un système d’inégalité mais notre propre mérite.

Alors que les spécialistes en sciences sociales n’ont certainement pas ignoré l’existence des classes, l’attention que nous leur avons portée prend généralement une de ces deux formes : utiliser les classes comme une variable pour prédire les attitudes ou les comportements des individus, ou étudier les vies des gens de certaines catégories de classe (par exemple les études ethnographiques sur les communautés de la classe ouvrière). De telles études peuvent être utiles pour montrer comment les gens expérimentent et sont affectés par leurs positions de classe. Ce qui manque généralement, cependant, est une analyse de comment le système de classe agit – comment il est utilisé par ceux qui contrôlent les moyens de production et l’administration – pour générer et maintenir les inégalités qui façonnent les vies de gens.

Une partie du problème est que certains termes du langage conceptuel, utiles pour décortiquer ces questions ont été stigmatisés. Ce langage existe, mais l’utiliser comporte un grand risque d’être écarté comme idéologue. Parler d’un fossé croissant entre la productivité et les salaires ces trente dernières années est acceptable. Parler de stagnation des salaires comme résultant en partie de la diminution du nombre des syndiqués, c’est très bien. Parler de toujours plus de richesse revenant aux plus riches du 1% est aujourd’hui dans des limites respectables. Mais parler d’un taux croissant d’expropriation, rendu possible par les victoires capitalistes dans la lutte des classes est une source de difficultés. Ou d’invisibilité.

Il ne s’agit pas seulement de la manière dont on parle des classes dans les milieux universitaires. La manière dont nous les étudions, en parlons et écrivons à ce sujet a des conséquences plus importantes. Se centrer uniquement sur la diversité, les privilèges, l’inclusion et la mobilité signifie apporter une faible contribution lorsqu’il s’agit de contester le pouvoir capitaliste, de faire avancer les intérêts de la classe ouvrière ou de transformer le capitalisme dans son ensemble. Cela signifie, en fait, accepter un siège moelleux aux premières loges.

Si nous espérons dire quelque chose d’utile sur la manière de dépasser le capitalisme, nous devons étudier le système lui-même – les règles du jeu, les tactiques juridiques et politiques, la manipulation idéologique, les mécanismes de l’exploitation, les stratégies coordonnées de domination – pas seulement ses conséquences sur les valeurs, les conduites personnelles et les perspectives de mobilité. Nous devons aussi prendre plus au sérieux les implications de l’intersectionnalité [la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination, NdT].

Aussi jargonnant que ce terme puisse paraître, l’« intersectionnalité » a deux significations utiles. Elle peut référer au fait que nous sommes tous pris dans des systèmes multiples d’inégalité, dès le début. Nos chances dans la vie et nos expériences quotidiennes ne sont pas seulement le résultat d’une position de classe mais aussi, simultanément, de notre race, notre genre, notre origine ethnique, notre orientation sexuelle et notre statut de handicapé. L’intersectionnalité peut aussi référer à la façon dont les systèmes peuvent créer et perpétuer l’inégalité – le capitalisme, le racisme et le sexisme se renforcent mutuellement les uns les autres. C’est ce dernier sens d’intersectionnalité, le sens structurel, qui a été perdu dans le tournant culturel.

L’échec à penser en termes de structures est évident dans le terme « classisme », qui est censé être parallèle à « racisme » et « sexisme ». Mais alors que nous comprenons le racisme et le sexisme comme de vastes systèmes de pratiques discriminatoires et de croyances les justifiant, le « classisme » se rapporte généralement à ce que nous appelons ordinairement élitisme ou snobisme. Un terme vraiment parallèle ne référerait pas à des attitudes, mais à des pratiques organisées d’exploitation économique et aux idéologies qui justifient ces pratiques. C’est cette compréhension de ce que la classe sociale implique, qui a été perdu. Prendre l’intersectionnalité au sérieux et reconnaître que la classe n’est pas simplement de l’élitisme, mais plutôt un système d’exploitation économique a, comme mon ancien collègue marxiste le suggérait, une implication puissante : les classes, tout autant que le racisme et le sexisme, devraient être abolies – même selon les normes morales du libéralisme.

La critique culturelle reste nécessaire. Les gens vivent dans une culture autant que dans une économie. Et si la vérité est le tout, alors tant la culture que l’organisation sociale doivent être analysées pour parvenir à un tableau d’ensemble de la manière dont une société fonctionne. Mais à ce moment de l’Histoire, il semble que nos propres frustrations et nos privilèges nous ont conduits – les universitaires qui supposent parler des classes, de l’inégalité, du changement – à affiner notre vision analytique de ce qui relève de l’attitude et du comportement. Ironiquement, en nous centrant sur ce qui semblait le plus accessible au changement, nous l’avons peut-être entravé.

Faire de la machinerie sociale du capitalisme la cible de l’analyse révèle le racisme et le sexisme comme des instruments de la classe capitaliste. Le racisme et le sexisme divisent et affaiblissent la classe ouvrière et permettent la surexploitation de sous-groupes de travailleurs. Et en rendant ces choses possibles, le racisme et le sexisme aident à l’accumulation de la richesse qui renforce le pouvoir capitaliste. Donc si nous sommes sérieux à propos de l’éradication du racisme et du sexisme et de l’abolition des privilèges, nous devons reconnaître que cela ne peut être réalisé dans un contexte capitaliste. Du coup, un libéralisme bien intentionné qui prend ses propres engagements moraux au sérieux, doit s’opposer au capitalisme ou s’effondrer sous le poids de son hypocrisie. Penser honnêtement en termes d’intersectionnalité, autrement dit, doit devenir une pensée radicale si elle ne veut pas se trahir elle-même, ainsi que ses bénéficiaires potentiels.

Source

Michael Schwalbe est professeur de sociologie à l’Université d’Etat de Caroline du Nord. Il peut être atteint à MLSchwalbe@nc.rr.com.


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63 réactions à cet article    


  • hervepasgrave hervepasgrave 11 janvier 17:29

    Bonjour,
    L’article est intéressant. Mais il manque l’essentiel que les analyste oublient, volontairement ou pas ?
    Parler de classe sociale comme tous ces gens le font n’est qu’une tromperie sur le sujet.Une facilité qui n’engage a rien et qui voudrait donner un sens cohérent !? J’entends que parler de classe sociale est difficile ? non il ne faudrait sans grand engagement et risque pour sa personne dire simplement le principal.Que l’on ne s’extrait pas de la classe ouvrière .Que l’on réussissent a gravir un échelon confortable serait plus juste.C’est créer sournoisement des sous classes. Cela règle le problème ,évite les conflits .La grande ,la majorité des gens ne sont qu’une même et unique classe.La seule différence c’est de pervertir les esprits en leur laissant croire qu’ils pourraient tout perdre.Dans la réalité ils ne changeraient pas de classe.Ils perdraient du confort de vie.C’est cette peur qui trompe tout ce beau petit monde. Alors parler de classe ? surtout que pour tous ces personnages qui s’autorisent a illustrer de leur hauteur la chose en mettent en scène le racisme et autres petites diversités ne renforce que le pouvoir sur la population pour croire a des classes,des catégories douces,arrangeantes et paisibles ! oui ! l’article est bien,le prof un peu moins bon car il manque sérieusement de lucidité,de courage peut-être ? Quand aux spécialistes ils sont bien trop content que leur maitres inventent et mettent en route de nouveaux processus d’éclatement de la classe unique ,qu’est la majorité des populations.Aujourd’hui guerres de religions .Demain que nous réservent-ils. Les sociologues/psy/économistes/philosophes...... ont encore de beaux jours avec un commerce florissant a vivre.Cestpasgrave


    • Claudec Claudec 11 janvier 17:50

      La frustration sociale, sur laquelle prospèrent si bien la pensée unique et tous ceux qui en vivent, n’est-elle pas d’abord le résultat d’un combat contre une réalité que la plupart des hommes s’obstinent à refuser ? Quand ils en ont conscience.


      Lire à ce sujet : version papier : https://www.amazon.fr/dp/1520128134

      ou Ebook (Kindle) : https://www.amazon.fr/dp/B01N4CZK60


      • Harry Stotte 11 janvier 20:29

        «  Il a observé que, tandis que tout le monde est d’accord que le racisme et le sexisme sont erronés et devraient être éradiqués... »



        Tout le monde, j’imagine que vous voulez dire dans votre monde à vous, parce que dans notre monde à nous, les réalistes, nous savons très bien que ce sont des sentiments, par définition « inéradicables », reposant sur des impressions, des observations, des expériences..


        « ...peu de gens développent le même argument sur les classes sociales. »


        Peut-être parce que, même dans votre monde à vous, beaucoup se rendent compte qu’il y a des personnalités à vocation dominantes, un petit nombre, et des personnalités condamnées à être dominées, le plus grand nombre, ce qui établit une hiérarchie. 


        Je n’ai pas étudié la question, mais je pense que c’est cette réalité qui explique l’échec de toutes les expériences anarchistes d’envergure menées à ce jour.

        • ZenZoe ZenZoe 12 janvier 10:04

          Pour moi, là où vous faites erreur est de mettre tous les torts sur le capitalisme.
          Le capitalisme est juste un système, comme le communisme. Il peut marcher, et il peut dérailler. Tout dépend comment on l’applique et les limites qu’on lui pose.
          Ce n’est pas un système qui est en cause, c’est la cupidité et la soif de pouvoir de certains. Il ne vous aura pas échappé que des margoulins sanguinaires et corrompus existent aussi chez les communistes. En ex URSS, il y avait les nantis spoliateurs du Parti d’un côté, et le peuple besogneux et spolié de l’autre.
          S’il y a lutte des classes, elle n’est pas entre capitalistes et communistes, mais bien entre riches et pauvres, quel que soit le système de fonctionnement choisi.
          La clé est dans la régulation, et les garde-fous. Le capitalisme a commencé à dérailler avec des gens comme Reagan, Thatcher, VGE et Delors en France, qui ont systématiquement fait voler en éclat tous les garde-fous. Le résultat est terrifiant.


          • CN46400 CN46400 12 janvier 15:14

            @ZenZoe

            « Le capitalisme a commencé à dérailler »

            Le capitalisme ne déraille pas, c’est un « bien » par rapport au féodalisme qu’il a supplanté, c’est un « mal » par rapport au socialisme qui le supplantera (Lénine, 1921, quand il plaidait pour le "capitalisme d’état en URSS). C’est un passage obligé de l’évolution des sociétés humaines, rien de plus, rien de moins.


          • Pere Plexe Pere Plexe 12 janvier 17:58

            @ZenZoe

            Assez en accord avec votre intervention je tique sur le :
            « Ce n’est pas un système qui est en cause, c’est la cupidité et la soif de pouvoir de certains »
            Le capitalisme n’est bien sur pas la cause de la cupidité mais il en fait tout de même son moteur,sa raison d’être.
            Ce n’est pas anodin.



          • Xenozoid Xenozoid 12 janvier 18:01

            @Pere Plexe


            oui le capitalisme en est l’essence,le dénie est autrement dévastant et largement plus répendu

          • Harry Stotte 12 janvier 10:27

            « Le capitalisme a commencé à dérailler avec des gens comme Reagan, Thatcher... » 



            Pour la même raison que le(s) communisme(s) ne fonctionne(nt) pas. Les uns et les autres partent du principe que l’homme est une créature raisonnable, rationnelle et raisonnante. 


            Et les uns et les autres se cassent la gueule, parce qu’ils se heurtent très vite à la vraie nature humaine, qui fonctionne à l’affectif et aux sentiments à 80 % !

            • Trelawney Trelawney 12 janvier 14:06

              @Harry Stotte
              la vraie nature humaine, qui fonctionne à l’affectif et aux sentiments à 80 % !

              La nature humaine ne fonctionne pas à l’affectif et aux sentiments, elle fonctionne à l’égo (ce que certain nomme plus simplement le « moi, ma gueule d’abord »). C’est dans la nature de l’humain de défendre son intéret personnel au dépend des autres. Et c’est pour cela que les classes sociales n’existent pas ou alors il y a autant de classes sociales que d’humains.


            • pemile pemile 12 janvier 14:31

              @Trelawney « C’est dans la nature de l’humain de défendre son intéret personnel au dépend des autres »

              Non, les neurosciences montrent au contraire que l"altruisme est une qualité inné chez l’humain.


            • Harry Stotte 12 janvier 15:47

              @Trelawney


              « La nature humaine ne fonctionne pas à l’affectif et aux sentiments, elle fonctionne à l’égo... »


              L’égo s’exprime tout de même en fonction de l’affectif et des sentiments de chacun.


              « ...(ce que certain nomme plus simplement le « moi, ma gueule d’abord »)... »


              Comme je viens de la campagne, je sais qu’il existe tout de même une solidarité naturelle « clanique » qui pousse à l’entraide et au coup de main en cas de coup dur. Il est possible que cela repose sur un fond, inconscient, d’égoïsme et/ou de superstition, mais enfin, cela produit des effets positifs et, dans l’instant, c’est ce qui compte.

            • Harry Stotte 12 janvier 15:47

              @pemile

              « Non, les neurosciences montrent au contraire que l »altruisme est une qualité inné chez l’humain.« 


              Votre affirmation ne vaut pas grand-chose sans précisions sur le profil des bénéficiaires de l’altruisme et sur l’étendue dudit altruisme. Quand un tremblement de terre frappe la région italienne d’où est originaire ma femme, on fait un geste à la mesure de nos moyens du moment, 


              Si ça se produit au Pakistan ou en Turquie, ce ne sont pas des »nôtres", la question de faire un don, ou non, ne se pose même pas.


            • Trelawney Trelawney 12 janvier 16:20

              @Harry Stotte
              Comme je viens de la campagne, je sais qu’il existe tout de même une solidarité naturelle « clanique » qui pousse à l’entraide et au coup de main en cas de coup dur. Il est possible que cela repose sur un fond, inconscient, d’égoïsme et/ou de superstition, mais enfin, cela produit des effets positifs et, dans l’instant, c’est ce qui compte.

              Ce n’est pas une évolution, c’est ce que l’on nomme la vie en société : le chef de clan qui prend les choses en main, dirige et organise, les autres qui suivent et qui apportent leur compétence, le sorcier du bout du village qu’on nourrit, qui ne fait rien, mais nous offre son soutien pour aborder la mort etc. Mais toute cette organisation fonctionne pour l’intéret particulier qui prime sur le collectif. Et dans ce système il n’y a pas de classe sociale comme le prétend GIL mais simplement une complémentarité d’individus

            • CN46400 CN46400 12 janvier 16:40

              @Trelawney

              A la campagne, comme partout, il y a encore des individus, des prolos, qui essaient de s’entraider pour tirer le meilleur parti de leur force de travail contre les voleurs qui les rackettent pour le compte de la bourgeoisie....


            • Harry Stotte 12 janvier 16:59

              @CN46400


              « ...pour tirer le meilleur parti de leur force de travail contre les voleurs qui les rackettent pour le compte de la bourgeoisie... »


              Ils sont quand même assez navrants, et débectants, et stupides, ces matérialistes qui ramènent tous les rapports humains à des questions de pognon.

            • Harry Stotte 12 janvier 17:51

              @CN46400

              « Ce n’est pas une évolution... »


              Je n’ai jamais prétendu cela. C’était la règle depuis l’aube de l’humanité, et c’est la ville qui a détruit les liens naturels, en mélangeant des gens dépouillés du sens de l’appartenance commune. 


              C’est ce que les communistes ont essayé de rétablir en misant sur une appartenance de classe « cérébrale », de l’ordre de la croyance, qui n’a jamais rien remplacé et qui a débouché sur une société que Tocqueville a prophétisé en... 1840 :


              Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.


              Tout y est, je ne vois rien d’essentiel à retrancher ou à ajouter.


            • Harry Stotte 12 janvier 18:08

              @Trelawney,



              C’est à vous, et non à CN (de Saint-Céré, j’imagine) que s’adresse le message ci-dessus

            • Daniel Roux Daniel Roux 12 janvier 11:11

              L’exploitation du plus faible n’est pas l’apanage du capitalisme. Elle a toujours existé, sous la forme de l’esclavage depuis l’antiquité jusqu’à nos jours ; Du servage, soit un semi-esclavage propre au monde féodal ; Du salariat, une forme particulièrement pernicieuse qui lient par contrat léonin un citoyen à un employeur.

              Le capitalisme n’est donc pas le problème.

              Le problème est à rechercher dans la nature humaine dont les angoisses existentielles et primordiales expliquent les comportements prédateurs des plus forts sur les plus faibles mais aussi sur l’environnement au sens large.

              Un « surmoi » tel que celui qui a permis l’émergence de la morale ou la naissance des nations, aurait pu ou peut-être, pourrait changer les rapports sociaux. C’est cela le sens noble de l’engagement et de l’action politique.


              • CN46400 CN46400 12 janvier 15:05

                La lutte contre l’existence de classes sociales est une utopie tant qu’on ne prend pas en compte la lutte des classes entre elles.
                  Pourquoi une « infime minorité », la bourgeoisie, peut vivre sans travailler alors qu’une « immense majorité », le prolétariat, est obligée de travailler pour vivre ? Pourquoi les idées dominantes sont celles qui prêchent, sans même le dire, le statu quo ? Pourquoi la misère se développe à un pôle, pendant que le capital se concentre à l’autre ?
                 Pourquoi la demande de suppression des classes n’est pas aussi évidente que l’antiracisme ou l’anti-sexisme ? Tout simplement parce que ni le racisme, ni le sexisme ne menacent, sauf exception, jamais l’hégémonie de la classe bourgeoise !


                • Petit Lait 12 janvier 16:12

                  @CN46400

                  « Pourquoi une « infime minorité », la bourgeoisie, peut vivre sans travailler alors qu’une « immense majorité », le prolétariat, est obligée de travailler pour vivre ? » : vous n’êtes pas un peu resté bloqué à la fin du XIXè, vous ? ’faut que vous m’expliquiez qui est aujourd’hui cette minorité qui ne travaille pas... sinon les retraités, qui sont en effet de part leur fonds de pension, les actionnaires des entreprises du CAC 40.... c’est ça la réalité d’aujourd’hui... Et vous constaterez au passage que la plupart des grandes fortunes actuelles ont créer et / ou développer leur entreprise et y travaillent ou y ont travaillé. 


                  Petit aparté question inégalité : La Suisse, ce méchant pays ultra libéral est bien mieux classé que la France et son fameux modèle sociale question inégalités... La Suisse n’est bien entendu ni un paradis ni un monde parfait, mais par contre, il serait temps de remettre en question certaines choses, notamment ces notions de « lutte des classes », qui bloquent plutôt que de permettre d’avancer !

                • Harry Stotte 12 janvier 16:51

                  @CN46400

                  "...ni le racisme, ni le sexisme ne menacent, sauf exception, jamais l’hégémonie de la classe bourgeoise !"


                  Tu en veux une d’exception, et qui explique pourquoi l’antiracisme est l’une des armes de destruction massive de l’hyperclasse capitaliste ?


                  Ce qu’il est convenu d’appeler le racisme est peut-être bien le dernier obstacle qui se dresse contre le dessein de l’hyperclasse capitaliste, pour l’Europe, qui est, en substance de  

                  — détruire l’unité interne des nations européennes pour en finir avec la notion de frontières en Europe. C’est-à-dire ouvrir totalement l’Europe à la mondialisation,


                  ...selon Peter Sutherland, de Goldman Sachs, du Bilderberg, de la Trilatérale, représentant spécial du Secrétaire-Général de l’ONU pour les migrations internationales, ancien directeur du GATT et de l’OMC, et ancien commissaire européen, entre beaucoup d’aitres.

                   


                • CN46400 CN46400 12 janvier 17:54

                  @Petit Lait

                  Mme Bétancourt, mr Tapie, Arnault etc... c’est quoi sinon une infime minorité ?...

                   Par contre les retraites des retraités sont, pour l’essentiel, le résultat de cotisations versées au temps où ils travaillaient...En clair du salaire différé !

                  Quand à la Suisse, elle paie bien avec ...l’argent des autres !


                • Harry Stotte 12 janvier 18:11

                  @CN46400

                  « Quand à la Suisse, elle paie bien avec ...l’argent des autres ! »


                  Forcément, puisque ses exportations sont de l’ordre de 41’000 $/hab, contre 9’000 pour la France...

                • Petit Lait 12 janvier 15:43

                  Le capitalisme, générateur d’inégalité de classes... mouais pourquoi pas. Mais en même temps, le capitalisme, du moins le libéralisme qui y est souvent associé, permet aussi de passer d’une classe à l’autre, ça s’appelle l’ascenseur social. Hors, que constate-t-on ? Plus les pays sont soit disant socialement développé (la France par exemple) ou du moins moins « libéraux », plus l’ascenseur est en panne... Bon, rendre tout le monde pauvre est bon moyen d’abolir les classes... c’est ce qui se passe en ce moment... 


                  • Armelle 12 janvier 15:48

                    Bonjour Mr Robert Gil

                    Vous n’en n’avez pas marre de vos âneries ?
                    D’autant qu’il n’y a rien de convaincant dans ce fatras de pensées qui n’engagent d’ailleurs que vous, et que d’avouer tenter faire adhérer vos élèves à ce « jus de cerveau » , est un comble !!!
                    Vous n’avez pas à faire de politique dans vos cours cher Monsieur, contentez-vous d’exposer des faits, d’autant que le capitalisme que vous vomissez au cours de chacune de vos interventions ici vous aura quand même apporté le joli confort douillet dont vous profitez chaque jour sans vergogne !!!
                    Nous allons finir par comprendre ce qui réellement se passe dans nos écoles et qui fait que l’éducation dans notre pays est devenue une véritable poubelle !!! un joli ramassis de gauchistes tout juste bons à faire de la propagande ! ceci explique cela !!!
                    Pas étonnant que l’autre bécassine de « Bel qui s’aime » veuille rendre l’école obligatoire à partir de 2 ans. Plus tôt on façonne l’individu, plus c’est facile, n’est ce pas ?
                    Car le problème dans votre tentative de démonstration est que vous vous trompez bougrement dès la départ, en qualifiant le capitalisme de coupable !!!
                    C’est comme l’argent que l’on confond bien trop souvent au diable, or ce n’est pas l’argent qui est mauvais, c’est la façon dont on l’utilise. Le coupable est donc l’humain ! C’est pareil pour le capitalisme qui forcément peu présenter des dérives à travers de mauvais esprits, ou comme le communisme qui a quand même fait 100 millions de morts
                    Décidément je suis inquiète pour nos élèves...

                    Mais quand bien même admettons que l’on vous entende, que proposez-vous cher professeur ?
                    Car c’est bien joli de critiquer, mais la moindre des choses quand on se livre à ce genre d’exercice, c’est d’au moins apporter des solutions !

                    Les vôtres, quelles sont elles ?


                    • rocla+ rocla+ 12 janvier 16:35

                      @Armelle


                      Ne vous inquiétez pas , ce ne sont des articles de Robert Gil , il sait à
                      peine écrire   le pauvre . 


                      Il est spécialiste du copié-collé . 

                       
                      C ’est un pauvre type  qui comprend rien de la vie . 

                    • Armelle 12 janvier 17:42

                      @rocla+
                      Oui j’avoue ça me fatigue, y en a marre de ces gauchistes qui cachent leur jalousie maladive derrière cette belle et naïve pensée de la répartition des richesses !!!
                      Regardez d’ailleurs les résultats après seulement deux ans et demi de socialisme (en 2015 donc) ; 497 morts de faim et de froid dans les rues en France !!! Et les restos du coeur ne sont même pas une initiative du public, c’est privé !!!!!! La connerie à de beaux jours devant elle...
                      ça se donne bonne conscience en vomissant à longueur de journée sur le capitalisme et le libéralisme pour faire bien !!! Tiens combien de SDF Mossieur Gil a invité à sa table l’année passée ???
                      ... Qu’une bande de beaux d’hypocrites !!!
                      Enfin tout ça Rocla ne me donnera pas la solution à mon problème de pain qui sent fort la levure !!! J’utilise de la levure fraîche en cube et même après cuisson, j’ai l’impression d’être dans une cuve à bière pendant la fermentation !!!
                      Vous auriez une solution cher maître ?


                    • rocla+ rocla+ 12 janvier 17:46

                      @Armelle


                      Oui ces Gil et compagnie  on aimerait voir leur tronche en réel , 
                      savoir à quoi ressemble un copié-colleur ...

                      Pour le pain il faudrait me dire par ex pour 1 kilo de farine vous 
                       mettez combien de levure ?


                      Maître 50  smiley

                    • Harry Stotte 12 janvier 18:04

                      @Armelle

                      « Vous auriez une solution cher maître ? »



                      Je ne veux surtout pas marcher sur les plates-bandes du professionnel, mais en ce qui me concerne, j’ai résolu le problème en faisant, préalablement, une poolish avec 10 grammes de levure pour 600 gr de farine, ai total.

                      P.S. - J’espère ne pas faire hurler, le maître-boulanger...

                    • rocla+ rocla+ 12 janvier 18:07

                      @Harry Sotte


                      Salut Harry , 

                      T’ inquiète , je ne détiens pas la vérité universelle . 

                      Il y a pas mal de façons de faire du pain . 

                      Le poolish en est une excellente . 

                    • Xenozoid Xenozoid 12 janvier 18:10

                      @Harry Stotte

                      on peux faire du levain aussi et ajoutter du sucre au levain

                    • Harry Stotte 12 janvier 18:13

                      @Xenozoid


                      Dans la poolish, on met du sucre.

                    • rocla+ rocla+ 12 janvier 18:16

                      @Harry Stotte


                      Si on a une une belle pouliche  l’ ambiance du pain sera plus moelleuse ... smiley

                    • Tall Tall 12 janvier 18:18

                      @rocla+

                       
                      pour un pain d’1,2 kg >
                      700g de farine, 210g d’eau, 210g de lait, 70g d’huile d’olive, 10g de sel, 16g de sucre et 1 g de levure sèche
                      pétrissage 15 min, levée 7h, cuisson 1h
                       
                      c’est la recette à bibi avec ceci   smiley

                    • Harry Stotte 12 janvier 18:20

                      @rocla+

                      « 
                      T’ inquiète , je ne détiens pas la vérité universelle. »


                      Chacun son métier quand même. D’ailleurs, pour être tout à fait franc, je ne fais plus de pain, celui que j’achète est forcément meilleur, plus croustillant plus aéré, mais, assez souvent, de la focaccia à l’huile d’olive, qui est une sorte de fougasse, mais avec du romarin et sans lard ni oignon.

                    • Orange Skyline 4230 Shawford 12 janvier 18:24

                      @Tall

                      Avec ton machin bourré d’IA, ça manque d’esclaves pour pétrir la pâte, ça peut pas convenir à Rizla+, ça ! smiley smiley smiley smiley


                    • Harry Stotte 12 janvier 18:27

                      @rocla+


                      « Si on a une une belle pouliche... »


                      Attention quand même aux incidents liés au pointage....

                    • rocla+ rocla+ 12 janvier 18:28

                      @Harry Stotte


                      Un vrai four   est différent d’une cuisinière .

                      C ’est vrai que certains boulangers sont plus efficaces que d’ autres en 
                      matière de qualité . 

                      Ce qu’ il faut retenir  c’ est que c’ est un merveilleux métier dans lequel on mélange quelques ingrédients en tenant compte des conditions de température d’ hygrométrie 
                      qualité de la farine  , d’ eau  et sourire de la vendeuse .

                      Bien à toi .

                    • Xenozoid Xenozoid 12 janvier 18:30

                      @rocla+


                      l’autre entrain de bourrer sa vieille,j’imagine le topo, la nana le bras dans le pétrain et le capitaine voyant sa cullote ne peut résisté ,ses propres levures se multiplient ,les synapses de son neurone ,mettent en avant sa vangardise

                      quelle brioche avec le beurre en extra.....

                    • Orange Skyline 4230 Shawford 12 janvier 18:31

                      @rocla+

                      Et le cul de la crémière Toscane ? Non mais !!!!! smiley smiley smiley smiley

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Robert GIL

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