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Colères

Un matin sur inter, des info ordinaires : un témoignage sur une prison, parmi d’autres : surpeuplée, une cellule pour trois, 9 m2, la promiscuité, l’entassement, l’inconfort, la saleté, les cafards, l’humidité, l’horreur, des gardiens réduits au rôle de porte-clés et, comme ailleurs, 20% de détenus relevant de soins psychiatriques et pas de psychiatres en vue. Suit, pour flatter notre orgueil, le classement mondial des universités. La France, comme d’habitude, se traîne en queue de peloton, avec les pays pauvres, sans ambition, sans avenir.

Faut-il que l’âme d’un pays soit atteinte pour qu’il en arrive à ce degré d’abaissement ? La saignée de 14-18 serait le traumatisme fondateur. Le pays ne s’en serait jamais remis. Il faut se rappeler que lorsque la France est entrée en guerre en 1939, notre armée opposait 450 appareils de chasse moderne aux 10.000 de la Luftwaffe (in « Le deuxième conflit mondial », T.II, Deuxième partie : Science et technique de guerre, C. Rougeron, Ed. G.P. Paris, 1947). Notre DCA était inexistante. La supériorité numérique en chars des allemands était de 100% et les nôtres, moins biens armés, au rayon d’action inférieur étaient condamnés d’avance. Même connaissant l’état des forces, les projets de Hitler, nous avions été incapables de réagir.

Rien n’a changé. Nous subissons outragés certes, mécontents des autres plus que de nous-mêmes, eux qui acceptent des réformes, qui prennent le train en marche, s’y accrochent, le poussent et ont des bataillons de savants, de chercheurs, d’étudiants aux premières lignes de la guerre économique mondiale.

Les deux informations sont deux symptômes parmi d’autres de cette maladie qui frappe la France. Elle associe des manifestations psychiques et physiques :

1/ Une aboulie - cette incapacité d’action – et une boulimie - cette envie de consommer sans produire-. Le couple est mortifère.

2/ La paranoïa qui obscurcit le jugement avec la conviction d’être victime d’un complot.

Le refus de prendre en compte la réalité relève de la psychiatrie lourde.

Traiter avec humanité, respect, efficacité plutôt qu’avec indifférence, mépris, incurie les étudiants qui sont le futur, l’espoir et ceux qui purgent une peine pour que, libérés ils retrouvent une place dans la société et ne la combattent plus de l’intérieur est, chez nous, une impossibilité.

Ce qui est dénoncé aujourd’hui l’était déjà hier. Dans les années 80 le scandale des prisons surpeuplées existait déjà. Depuis l’abolition de la peine de mort, il y avait eu une explosion de la population carcérale. La conséquence avait été immédiate. On s’y suicidait à un rythme soutenu. Personne ne s’en émouvait. L’orgueil du Garde des Sceaux était que la France avait rejoint le giron des pays civilisés en abolissant la peine de mort. Un matin, sur Europe 1, Monsieur Badinter était venu se féliciter de sa grande œuvre et se lamenter – un peu – de crédits insuffisants. Il n’avait pas relevé que dans le même temps l’argent coulait à flots pour les chantiers du président. En colère, j’écrivais une réflexion sur le sujet et le Monde la publiait dans sa page « Débats » le 14 mai 1985 (p. 2) :

« Des cellules ou des palais ?

La France veut éblouir, mais condamne les détenus au désespoir

L’INCAPACITÉ du pouvoir d’imaginer et de réaliser une politique pénitentiaire efficace et humaine est donc une fatalité française. La rage des condamnés et des prévenus se nourrit du sentiment d’être plus maltraités que le délit dont ils se savent coupables ou accusés ne le justifierait. Ils accumulent un crédit sur la société que les plus rancuniers ne cesseront ensuite de lui faire payer. Le simple instinct de conservation devrait inciter ceux dont la liberté se moque des enfermés à ne pas laisser fructifier ce capital de haine.

Si le Garde des Sceaux se vante avec raison d’avoir obtenu l’abolition de la peine de mort et de beaucoup travailler à la modernisation de l’ordre judiciaire, il n’a pas le mauvais goût de relever que la prison n’a jamais été autant homicide et avec si peu de raison, puisque ce ne sont plus les coupables mais seulement les plus fragiles qu’elle tue. Les cinquante et encore plus chaque année qui s’y pendent, s’y égorgent, s’y empoisonnent, s’y défenestrent parce qu’ils ne supportent pas le supplice de l’entassement ou la honte d’une accusation qui mettra des mois ou des années pour s’instruire jugent une société et ses maîtres autant qu’une guillotine.

Le ministre se justifie en invoquant la modicité d’un budget qui le rend incapable de recruter des juges et de construire quinze mille cellules. La plainte serait recevable et l’excuse acceptable si le même État dans le même temps ne trouvait l’argent destiné à « griffer son siècle » sans aucune difficulté : les palais, musées, opéra, pyramide, regroupés dans ce que le Nouvel Observateur appelle les « pyramides du président » coûteront 15 milliards en francs 1984. Cette gloire scellée, pense-t-on, dans le béton, serait peut-être plus assurée auprès des Français et des pays que l’on veut éblouir si le procédé ne copiait celui de Louis XIV construisant Versailles sur une France exténuée.

Ce plagiat grotesque, dont le monde entier ricane et qui, accessoirement, condamne prisonniers et prévenus à la promiscuité et au désespoir, renvoie à l’un de ces moments de vérité où la nature profonde d’un homme, d’un État, d’un pays se concrétise. Notre histoire est pleine de ces choix malheureux. Les mimiques, les protestations, les inaugurations acquièrent une dimension à la mesure de leur valeur. Le constat, aujourd’hui comme hier, est amer. »

 

Le temps passe. D’autres éminences arrivent aux honneurs. D’autres réformateurs prennent le pouvoir. On recycle les anciennes gloires. Monsieur Chalandon, ce bon à tout devient Garde des Sceaux de Jacques Chirac de mars 1986 à mai 1988. Constructeur inspiré – rappelez-vous les Chalandonnettes, cette solution miraculeuse au mal-logement du temps où il était ministre du logement (4 ans de 1968 à 1972) – il décide à grands coups de cymbales et à l’émoi de la gauche piquée au gras de son incurie, de rénover le parc carcéral, de bâtir des prisons new look aussi vite qu’Accor ouvre des Formule 1 et de rendre aux monuments historiques tous les châteaux d’if continentaux. Ce plan-là para au plus pressé mais s’enlisa dans les difficultés budgétaires et, comme à l’habitude les réformateurs suivants s’attaquèrent d’abord aux réformes de leurs prédécesseurs. Leur peu d’énergie, de conviction, de temps et d’argent s’y épuisa.

En 1994, rien n’a changé, nouvelle colère. L’Olympe est toujours la résidence présidentielle. Le Monde nous redonne l’hospitalité le 4 décembre 1994 :

« Faisons un rêve.

Imaginons un chef d’État qui aurait décidé de laisser dans l’Histoire le souvenir non seulement d’un grand bâtisseur, ami de la musique, de la peinture, de l’architecture, de la littérature, mais aussi celui d’un président soucieux de mettre au service des déshérités les ressources de l’État, dans les mêmes proportions.

Il aurait trouvé, sans difficulté, un autre organisateur aussi génial dans le bien que celui qu’il avait chargé de créer le beau. Cette excellence ayant reçu la même délégation du pouvoir élyséen aurait forcé les défenses du ministre des finances, trouvé les architectes, les terrains, les maîtres d’œuvre pour construire les maisons qui manquent aux sans-abri, des cellules qui ne soient pas attentatoires à la dignité des emprisonnés.

La vanité exclut-elle à ce point la pitié ? »

 

L’état de la France est mieux représenté par celui de ses maisons d’arrêt moyenâgeuses ou surencombrées que par la Galerie des Glaces redorée. Le cuir de nos élus, de nos gouvernants est de la qualité de celui du rhinocéros : épais, imperméable, indifférent. Ils ne s’énervent pas et pourquoi le feraient-ils puisque le consensus est parfait. Aucun critique de cinéma n’a relevé que Spielberg profitait de son films « Arrête-moi si tu peux » (2003) pour montrer en quelques plans une prison française telle que la voit la scène médiatique mondiale : une annexe de la Bastille avant sa prise, un dépotoir, un cul de basse fosse servi par de sinistres gardes-chiourmes. Une promo pareille aurait mérité d’être relevée, analysée et quelques efforts faits pour ne plus la mériter. On préféra l’ignorer, applaudir le talent de Di Caprio et le policier yankee pourtant acharné à sa perte, venu le sortir de sa sinistre geôle toussant, crachant, grelottant. Le message est pourtant passé. Il n’y a que ceux qui auraient dû le recevoir qui ont fermé leurs yeux et leurs oreilles. Un état de coma dépassé, je vous dis.

L’état de nos universités, leur relégation dans le bas du tableau, leur absence de prestige, de résultat, une fréquentation étrangère maintenue parce que l’on accepte la gratuité des inscriptions, l’absence de sélection, la non connaissance de la langue et que certaines facultés trouvent là un moyen commode de maintenir un effectif d’étudiants qui justifie celui des enseignants mériterait les mêmes développements. Les causes sont identiques. Réformes itératives, à la sauvette, superficielles, sans moyens, changement d’étiquettes, volonté affichée de libérer une population d’enseignants et d’étudiants qui ne veut surtout pas d’une liberté qui signifierait le contraire des raisons qui l’on fait choisir d’être là où ils sont : la sécurité, la routine, des semestres réduits à des trimestres, des chercheurs qui n’ont rien à prouver, les emplois à vie, la cooptation comme méthode de recrutement, des commissions de conformistes chargées de piloter l’originalité, le subversif, le nouveau, autant d’inconnus qui leur font horreur.

Une université sans moyens, sans courage, sans imagination qui s’accommode du médiocre, préfère son éclatement qui affaiblit en dispersant, à l’union qui fait la force mais supprime des féodalités qui font tant de seigneurs.

Voilà ce que l’on peut entendre, au-delà des mots, sur son poste, entre deux pubs, si on a encore l’envie ou la force de se mettre en colère.

 


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16 réactions à cet article    


  • morice morice 24 mai 2008 12:00

    Et pendant ce temps, Rachida fait dans l’autosatisfaction, fait des bourdes dans ses chiffres (cf le Canard de la semaine), et a été exclu du cercle des intimes Sarkoziens, contineu à piquer des colères mémorables avec ses collaborteurs, quand elle ne se fait pas les ongles au conseil de mairie de Paris... Bref, elle continue à s’en fiche comme de l’an quarante. Et viendra toujours visiter les taudis applelés prisons en Dior. Les remplir, c’est plus facile que de s’en occuper...


    • Lisa SION 2 Lisa SION 24 mai 2008 13:13

      puisque ce ne sont plus les coupables mais seulement les plus fragiles qu’elle tue....avez vous écrit.

      N’est ce pas là l’article premier de la loi de la jungle ?

      Pour distinguer le faible du coriace, établissez une cellule toute en longueur avec le gogue devant la porte à l’entrée. Sept mètres, douze détenus. celui qui entre est installé, à l’initiative du dernier qui est sous la fenètre, au milieu. S’il sympathise avec le coriace, il s’en rapprochera, s’il est faible, il finira près du chiotte.


      • tvargentine.com lerma 24 mai 2008 19:06

        C’est avec un tel discours de compassion pour les voyous que la gauche s’est plantée

        Il n’y a pas à avoir de compassion pour des criminels mais uniquement pour les victimes

        Bien souvent les prisons sont pleines de multi-multi recidivistes et ils n’ont que ce qu’ils méritent

        Comment pouvez vous écrire "La France veut éblouir, mais condamne les détenus au désespoir"

        Pauvre tache


        • spartacus1 spartacus1 24 mai 2008 19:52

          Lerma, de nouveau vous êtes primaire !

          J’imagine que vous êtes honnête, mais j’imagine que vous êtes automobiliste. Je continue à imaginer qu’il vous arrive, comme tout un chacun, d’être distrait. Alors, 2 secondes d’inattention, au volant, devant un passage pour piétons et hop, une maman et son enfant fauchés, deux morts et vous êtes en prison pour quelques temps, mettons au moins une semaine. Si de surcroit, vous veniez de boire un pot et que votre taux d’alcoolémie est de 0,6, (deux, trois verres de vin), ce n’est plus en semaines qu’il faut compter mais en mois. Et vous voila à trois dans 9 m carrés, avec des conditions d’hygiène que l’on peut imaginer.

          Vous voyez Lerma, nul besoin d’être un voyou patenté pour se retrouver en prison, cela peut arriver à chacun d’entre nous.

          Doit-on vous rappeler que la France est régulièrement clouée au pilori par les instances européenne pour ses conditions de détention, conditions indignes d’un pays civilisé et assimilées à un traitement dégradant et à de la torture par ces mêmes instances. Il est vrai que les gouverments qui se succède (de gauche comme de droite) occultent régulièrement ces condamnations.


        • Barbathoustra Barbathoustra 24 mai 2008 20:10

          Parlez pas de torture malheureux, vous allez nous l’exiter. Silvia Marzorati, alias Lerma n’est autre qu’une petite graine de fasciste en provenance d’argentine ayant trouvé asile en France ... Sa parano anti-rouges ne lui vient pas d’ailleurs.


        • geko 24 mai 2008 23:25

          Lerma primaire, c’est un pléonasme.


        • Forest Ent Forest Ent 24 mai 2008 20:17

          Combien de fois avant les élections présidentielles avons-nous attiré ici l’attention sur la nécessité de la cohérence entre politiques pénales et carcérales ? Combien de fois avons-nous dit que cela ne servait à rien de voter de nouvelles lois pénales tous les six jours si ce n’était pas suivi d’effet ? Combien de fois avons-nous signalé l’extraordinaire démagogie de Sarkozy concernant la sécurité depuis 2002 ? Combien de fois avons-nous signalé à M Bilger (qui se fait plus rare) qu’il se berçait de graves illusions ?

          Je me souviens qu’un sarkozyste a objecté ici : "j’ai confiance dans le futur président pour résoudre le problème et construire les prisons nécessaires". Une déception de plus ? Après les mensonges sur le TCE2, sur les OGM, ... ce n’est plus la peine de compter.

          C’est amusant : la droite se pavane en général sur la sécurité et l’économie, alors qu’elle y a de manière disons endémique les résultats les plus nuls qui s’y puissent imaginer.


          • Gilles Gilles 25 mai 2008 09:27

            Forest

            "C’est amusant : la droite se pavane en général sur la sécurité et l’économie, alors qu’elle y a de manière disons endémique les résultats les plus nuls qui s’y puissent imaginer."

            Amusant en effet..mais démoralisant aussi L’important est ce que croit le peuple. Il suffit d’anoner en boucle que l’on est le meilleur et hop ça marche.

            Les clichés "la droite est meilleure en économie que la gauche" ou "la droite baisse les impôts et la gauche les augmente" sont encore vivaces chez la grande majorité des français....en dépit des chiffres que l’on peut se procurer en deux clics de souris

            Ensuite, pour ce qui est de la sécurité n’est ce pas connu que la "gauche est laxiste aveuglée par son humanisme" , que "gauche est du coté des assasins" ? Et dans ce cas pour qui voter alors ?


          • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 24 mai 2008 21:38

            Vous dites :

            "La supériorité numérique en chars des allemands était de 100% et les nôtres, moins biens armés, au rayon d’action inférieur étaient condamnés d’avance. Même connaissant l’état des forces, les projets de Hitler, nous avions été incapables de réagir."

            C’est inexact. Le SOMUA S35 était considéré comme le meilleur char du moment. Ce qu’en dit Wikipedia n’est pas une ânerie :

            Malgré un mythe répandu, les panzers de la Wehrmacht n’ont rien d’invincibles en eux-mêmes, bien au contraire. La France dispose des SOMUA S35 et les B1/B1 bis qui sont parmi les plus puissants chars d’Europe. Leur blindage résiste à tous les canons antichars allemands de l’époque, ainsi qu’aux canons des Panzer II, III et Panzers IV et leur armement surpasse celui de la majorité des panzers. S’il est vrai que la majorité des chars en service sont des blindés légers, c’est également le cas dans les divisions blindées allemandes, où le char le plus puissant, le Panzer IV, seul capable de rivaliser avec les chars Somua S-35 et B1 bis français, ne représente qu’environ 10 % des blindés en service.

            Hitler n’a pas employé ses divisions de panzer contre des divisions de chars Somua ou B1, nous n’avions pas de divisions blindées, mais contre les fantassins. D’où leur succès. La seule contre-offensive de chars que nous ayons menée, dirigée par De Gaulle, a été victorieuse... mais a dû s’arrêter faute de soutien.

            Cela n’enlève rien à vous propos, bien au contraire. Le corporatisme français est le vrai ennemi de notre développement.

             


            • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 24 mai 2008 21:49

              Edit : Nous avions 7 divisions blindées. (Mais pas le mode d’emploi).


            • lutinbreton 24 mai 2008 21:46

              Et qui construit ses soit-disant récidivistes, si ce n’est notre propre société, qui ne peut donner les moyens de susbsistance à tous ces concitoyens ?

              Et pendant ce temps là, nos cols blancs s’échangent des millions frauduleusement, sans être inquiétés.

              Allez faire un tour en prison, cher Monsieur, rencontrez des sortants de prison, et vous comprendrez très vite qu’un jour, cela pourra être vous.


              • lutinbreton 24 mai 2008 21:48

                EN REPONSE A LERMA (ces soit-disant récidivistes, pardon pour la faute)


              • WOMBAT 25 mai 2008 07:58

                Préambule : il y a à peu près une dizaine d’années j’ai eu l’occasion de visiter la prison de Perpignan, laquelle venait d’être démantelée au profit d’un nouveau centre de détention flambant neuf. Il était alors question de réhabiliter le bâtiment, ancien couvent du XVIII siècle, pour créer un pole d’artisanat. J’ignore ce qu’il en est du projet à l’heure actuelle.

                Tout était resté en place tel quel, y compris le mobilier et les affiches (dessins ou coupures de magazines) au murs et ce que j’y ai vu défie l’imagination ; en plein vingtième siècle, époque d’ordinateurs, de confort électronique, de satellites et au début d’Internet, le temps s’était arrêté à l’inquisition. Comme exemple de cellule Imaginez une crypte en pierre de taille, sortie d’une gravure de Piranese, noire, suintante, avec, pour seul éclairage naturel et apport d’air frais, un vasistas d’un mètre carré protégé par deux rangées de forts barreaux en sus d’un grillage, l’ensemble réduisant de moitié la surface utile du dispositif. A l’intérieur (20mètres carrés à tout casser), quatre châlits doubles en ferraille rouillée, dont les matelas, luisants de crasse, partaient en lambeaux. En guise de toilettes (sans chasse d’eau) on avait creusé un trou à même le sol et UNE ampoule nue de 40 Watts résumait l’éclairage artificiel. J’ai senti un malaise me monter à la gorge ; ce que je contemplais en vrai me renvoyait aux pires images d’Auschwitz. La cour de promenade, encaissée au fond d’une sorte de puits pierreux, avait la taille d’un F3 et le ciel vide comme unique point de vue. Tout le reste était à l’avenant. Je me suis pincé : c’était donc celà la Patrie des Lumières, de la Justice, du respect des Droits de l’Homme ? Et de quel droit se scandalisait-on en pointant du doigt les geôles turques (Midnight express) ou soviétiques ? Je n’ai rien à ajouter sinon que j’ai vu ceci il y a dix ans, pour tout dire, hier.


                • Gilles Gilles 25 mai 2008 09:20

                  "Depuis l’abolition de la peine de mort, il y avait eu une explosion de la population carcérale"

                  Aucun rapport ! Le nombre de comdamnés à mort étant trés faible. D’ailleurs quelle est la proportion actuelle de meutriers qui auraient pu être guillotiné avant 81 dans les prisons françaises ? Surement marginal.

                  Les amricains exécutent comme jamais et eurs prisons sont encore plus remplies


                  • fonzibrain fonzibrain 27 mai 2008 00:58

                    Le quotidien américain Washington Post constate, dans un reportage paru dans son édition du mardi 29 avril, la surreprésentation des prisonniers mulsumans dans le système carcéral français, en particulier par rapport à ses voisins européens. Prenant comme exemple la maison d’arrêt de Sédequin, à Lille, et se basant sur des chiffres compilés par des responsables de la communauté musulmane, des sociologues et des chercheurs, l’article estime que "60 % à 70 %" des détenus en France sont musulmans alors qu’ils représentent "à peine 12 % de la population totale du pays". "Sur un continent où la présence des immigrés et de leurs enfants dans les systèmes carcéraux est généralement disproportionnée, les données françaises sont les plus flagrantes", note l’article.

                    En Grande-Bretagne, 11 % des prisonniers seraient musulmans, pour 3 % de la population. Une étude de l’ONG Open Society du milliardaire américain George Soros souligne de son côté qu’aux Pays-Bas, 20 % des détenus sont musulmans alors qu’ils représentent 5,5 % de la population, et, en Belgique, au moins 16 % de la population carcérale pour 2 % de la population totale.

                    Les chiffres avancés ne sont pas officiels, explique le Washington Post, car l’Etat français ne demande pas à ses citoyens de communiquer leur origine ou leur religion. En revanche, le quotidien affirme qu’il s’agit d’"estimations généralement acceptées" par les démographes et les sociologues.


                    "PAS DE CORRÉLATION ENTRE ISLAM ET CRIMINALITÉ"

                    "Beaucoup d’immigrés arrivent en France dans une situation financière difficile, ce qui rend la délinquance plus fréquente. Le plus important est de souligner qu’il n’y a pas de corrélation entre islam et criminalité", précise Jeanne Sautière, qui s’occupe de l’intégration et des groupes religieux dans le système carcéral français, citée par le Washington Post.

                    Moussa Khedimellah, un sociologue spécialisé dans les questions d’intégration urbaine, voit dans ce pourcentage une conséquence directe "de l’échec de l’intégration des minorités en France". Pour expliquer l’écart qui existe avec d’autre pays européens, le journal souligne la responsabilité des politiques publiques françaises, qui ont "isolé les musulmans dans des banlieues où le chômage est important, les écoles moins bonnes et les logements de qualité médiocre". "Ces dernières années, le gouvernement français ne s’est intéressé à la population carcérale musulmane que d’un point de vue politique", ajoute l’article, en particulier pour empêcher la propagation de l’islamisme dans les prisons.


                    Si les prisonniers et travailleurs sociaux interrogés font état d’avancées, des différences de traitement entre prisonniers de religion différente persistent et contribuent à tendre l’atmosphère dans les prisons françaises. "Dans le système pénitentiaire français, il y a seulement 100 imams de disponibles pour les 200 prisons du pays, alors qu’on compte 480 curés, 250 pasteurs et 50 rabbins", assure le quotidien. Symbolique, le cas des repas est mis en avant par le quotidien : si les responsables des prisons acceptent que les détenus refusent le porc, ils n’autorisent pas d’intégrer des produits halal (viande préparée selon le rite musulman) dans les menus des cantines.








                    Le Monde.fr

                    hé bé en fait c’est les francais qui se rapproche le plus de la structure carceral américaine,ca en dit long sur le racisme ambiant de la population francaise


                    • Dancharr 27 mai 2008 17:10

                       

                      à Fonzibrain :
                      Les précisions que vous apportez sur l’importance de la population carcérale d’origine maghrébine sont bienvenues et éclairent de façon objective ma réflexion subjective. Vous avez raison en pointant la similitude avec la situation aux USA et le sort fait aux noirs. Cela ne doit rien au hasard. Il s’agit, dans les deux cas, de populations jeunes, dont l’éducation a été ratée car ils viennent de milieux défavorisés, de ghettos ou de banlieues abandonnées, pourries : même délabrement, mêmes endroits sinistres, même développement d’une économie liée à la drogue, hier chez nous surtout la marijuana venue du Maroc, et maintenant, de plus en plus des drogues dures. D’où répression, d’où violence, d’où représailles, guerre et la police qui intervient, arrête et la prison en dernier ressort. Des délinquants y entrent, il en sort des fauves. Il y aurait tellement à dire…
                      Je trouve aussi que l’état de nos prisons juge l’état de notre justice qui reflète d’état de notre société dont le moteur est le mépris de l’autre : de ce qu’il est, de ce qu’il pense, de ce qu’il vit. Le racisme peut y prospérer mais je crois le mal plus profond, plus général et il transcende la couleur, la religion.
                      Tout est lié : les juges, les avocats ne se sont pourtant jamais mis en grève pour exiger que la prison cesse d’être dans l’état où elle est. Ils s’inquiètent peu d’y envoyer des condamnés et d’y avoir des clients. Ceux qui connaissent le mieux l’état des lieux s’en accommodent dans leur majorité. Toutes les bonnes âmes font la même chose. Tous ceux qui dénoncent, fustigent, protestent, pétitionnent, défilent pour condamner l’insupportable chez le voisin : les églises, les ONG, les Kouchner, les BHL et ses épigones, nos médias de gauche, de droite si altruistes, si anti-tout. Et, à nos portes, l’insupportable est là et l’inertie, l’aboulie, la cécité, le refus de voir, de décider. Aveugles, sourds et muets. Et ce n’est pas une colère qui fera changer l’état des choses...

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