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Accueil du site > Actualités > Société > Comment le capitalisme ronge le lien social

Comment le capitalisme ronge le lien social

 Depuis la chute du mûr de Berlin, le système capitaliste est particulièrement triomphant. Désormais, tous les domaines de la société s'organisent en fonction des préceptes de ce système. Ce nouveau capitalisme, que l'on pourrait qualifier de capitalisme total, engendre plusieurs phénomènes particulièrement destructeurs pour le lien social. Il s'agit ici d'analyser trois de ces mécanismes, particulièrement nuisibles pour la cohésion sociale.

 Le premier phénomène concerne l'apparition du chômage et de la précarité.

 Dans un système capitaliste, le marché du travail est régulé par la loi de l'offre et la demande. Comme l'inflation découle principalement des augmentations de salaire (si on fait abstraction des variations des prix des matières premières), ce système a besoin d'un moyen pour réguler l'inflation. En jouant sur la peur, le chômage permet de remplir cette fonction, en limitant les revendications salariale. S'il est élevé, les salaires n'augmentent plus et l'inflation est contenue. Inversement, en cas de plein emplois, l'inflation augmente, la peur passe du coté des employeurs qui peuvent à tout moment perdre leurs salariés, débauchés par une meilleure offre.

 La précarité, avec son cortège de travailleurs pauvres, permet aussi de limiter les revendications salariales. Elle a été massivement utilisée ces dernières décennies pour réduire le chômage, en particulier dans les pays anglo-saxon. Précarité et chômage sont les deux contre-partie d'une régulation du marché de travail par les lois du marché.

 Dans ce système, il revient à la banque centrale de réguler ce marché de la peur. En cas de tension inflationniste, la banque centrale augmente son principal taux directeur, ce qui va limiter l'activité des entreprises, donc augmenter le chômage et limiter les revendications salariales. Inversement, en cas de tensions déflationnistes, la banque centrale va baisser son taux directeur, ce qui va inciter les entreprises à investir, puis à embaucher et donc à accepter des augmentations de salaire. L'objectif de la banque centrale consiste à trouver le seuil minimum de chômage qui restreint l'inflation. Ce point d'équilibre s'appelle le NAIRU1. Il varie selon la fluidité du marché du travail et la précarité des salariés (environ entre 4 % et 9 % de chômage). L'objectif d'inflation se situe, en général, autour de 2 %, car une inflation nulle signifierait que certains secteurs se trouvent en déflation. Les acteurs économiques risqueraient alors de différer leurs achats, ce qui plongerait l'économie dans une spirale déflationniste.

 En plus du caractère violent de ce fonctionnement, on peut aussi constater son inefficacité. Ainsi, depuis le début de la crise, la banque centrale européenne est incapable de remplir son objectif d'inflation (environ 1,9 %). En effet, l’inflation est tout juste positive depuis plusieurs années avec des taux quasiment nuls. Pour être efficace, il faudrait que la banque centrale puisse agir plus directement sur les hausse des salaires, par exemple en proposant la mise en place d'un salaire minimum européen et en fixant ce taux par pays. De plus, ce système ne garantie même pas la quiétude des employeurs car, en fonction des secteurs, le chômage n'est pas uniformément réparti. Il est donc possible d'avoir un taux de chômage moyen à 10 % avec certains secteurs en forte pénurie de main d’œuvre.

 Les détracteurs de ce principe de régulation proposent souvent le retour à une inflation forte pour contre-balancer ce système. Mais ce palliatif est très imparfait, il ronge le capital financier sans discernement et n'est pas capable d'atteindre le capital immobilier. De plus il nécessite des ajustements monétaires périodiques qui déstabilisent les pays voisins (dumping fiscal lié aux dévaluations). C'est pourquoi, comme nous l'avons expliqué il y a déjà plus de dix ans, nous préconisons plutôt un système de salaires quasi fixe selon l'échelon (variation de moins de 10% entre un minimum et un maximum pour chaque échelon)2.

 Le marché du travail est donc un marché de la peur, où de nombreux citoyens sont soit privés de travail - tout en étant accusés de paresseux - soit incapables de vivre dignement de leurs revenus. Un tel système instaure la peur du déclassement chez les citoyens, ce qui réactive des instincts grégaires, particulièrement destructeurs du lien social.

 

 Le deuxième phénomène concerne la réduction des liens de solidarité.

 La cohésion sociale d'un groupe d'individus est garantie, en autre, par la création d'un cadre de solidarité. Ce cadre permet aux personnes possédant moins de capacité de bénéficier d'une protection économique. Dans le même temps, les personnes possédant les meilleures capacités profitent de plus de responsabilité, et donc de plus de pouvoir, mais concèdent le cadre de solidarité qui symbolise la prégnance de la cohésion sociale par rapport à l'égoïsme individuel. Or, dans le système capitaliste, ce cadre de solidarité est considéré comme un archaïsme qui freine les forces vives du pays car, pour cette doctrine, la position économique doit dépendre uniquement des capacités individuelles. Ainsi, la doxa libérale, en prônant toujours moins de protection et plus de libéralisation (suppression du SMIC, suppression du CDI, ...), ne crée pas que des travailleurs pauvres, elle rompt aussi la soumission des élites aux cadre de solidarité, tel qu'il est défini par le pacte social. Cette rupture conduit lentement, mais sûrement, vers une destruction du corps social et un retour à l'ordre naturel.

 

 Le troisième phénomène concerne la pauvreté du sens.

 En prônant comme symbole de réussite la richesse matérielle, le capitalisme pousse à l'accumulation irrationnelle de biens, dont le but n'est plus de mieux vivre, mais devient une fin en soi, qui donne sens à la vie. Dans cette logique, tous les actes sociaux se réduisent peu à peu en des actes utilitaires, homo-sapiens-sapiens disparaît pour laisser place à homo-œconomicus. Le capitalisme déshumanise ainsi les individus et crée, de facto, de nombreux perdants, frustrés ou soumis, pour quelques gagnants, souvent arrogants. Cet économisme radical participe aussi à la dislocation de la société.

 

 Les trois phénomènes présentés illustrent comment plus une société s'enfonce dans le capitalisme total, plus elle se désagrège, rongée par le chômage, le renoncement des élites au pacte social et par l'absence de sens fédérateur. Cette fragilisation du corps social rend le système extrêmement instable et vulnérable. Si la démocratie n'est pas capable de contrer ce délitement, les citoyens finissent par se tourner vers des idéologies qui leurs promettent d'autres perspectives, en sacrifiant beaucoup de liberté pour plus de cohésion sociale. Ils s'orientent alors généralement vers des régimes autoritaires, de type nationaliste ou théocratique. Il est donc urgent d'agir car le point de basculement se rapproche dangereusement dans de nombreux pays.

 

1Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment (Taux de chômage n'accélérant pas l'inflation)


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31 réactions à cet article    


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 janvier 19:45

    Arriver à faire tout un article sans dire que c’est la BCE qui gère l’inflation, encore un européiste dissimulé ? Les statuts de la BCE ont une seule mission : veiller à ce que l’inflation ne dépasse pas 2%, au delà, l’inflation grignote les intérêts versés aux financiers et aux banques.
    N.A.I.R.U, ou pourquoi le chômage ne baissera jamais.


    Il est urgent de faire quoi ?
    De sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN par l’article 50 ?
    L’auteur ne le dit pas, c’est ballot.

    La sortie de l’ euro est indispensable, l’euro a été mis en place pour empêcher les Gouvernements de dévaluer et de mener des politiques intérieures dans l’intérêt général .
    « Les ravages sociaux de l’euro, une stratégie délibérée ».

    • Aristide 10 janvier 20:23

      @Fifi Brind_acier


      Il me semble que l’auteur pose le problème à un autre niveau que celui de votre réponse.

      Il met en cause le capitalisme même. Ce que vous proposez n’est que le même système repeint à la mode de gourous autoproclamés qui croient avoir trouvé LA solution globale. Il s’agit pour l’auteur de la remise en cause du système capitaliste même, dans toutes ses déclinaisons.

      Maintenant l’auteur comme à chaque fois que l’on doit se taper des analyses géniales sur le capitalisme , se garde bien d’évoquer la moindre piste pour en sortir. On croirait une réunion du NPA ou l’on essaie de se convaincre qu’il suffit de mettre en évidence les défauts du système capitaliste et que cela suffira à rendre la lucidité à tous et à provoquer LA révolution.

      Allons, aucune alternative au système n’est vraiment proposé par personne. En tout état de cause, il faut bien admettre que pour le moment TINA tient toujours.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 janvier 21:50

      @Aristide
      Le capitalisme ne se combat pas à l’échelle d’un continent, encore moins à l’ échelle d’un Empire.
      Tous les acquis sociaux ont été obtenus dans le cadre national.


      Quand on vit dans une colonie, de tous temps, les peuples ont mis comme priorité l’indépendance et la souveraineté. Il faut avoir une peau de saucisson devant les yeux pour croire que l’ UE peut être autre chose qu’un vaste marché régit par le libre échange.

      L’ UPR n’invente rien, tous les Empires se sont effondrés !
      L’ UE s’effondrera aussi, la question est juste de savoir quand ? TINA est mal barré, plus aucun peuple ne fait confiance à cette Europe des banksters !
      Sauf vous évidemment.

    • Marcus Clams Marcus Clams 10 janvier 22:33

      @Fifi Brind_acier

      >>Arriver à faire tout un article sans dire que c’est la BCE qui gère l’inflation, encore un européiste dissimulé ?

      Le paragraphe « Dans ce système, il revient à la BCE... » explique ce point, il n’est peut être pas suffisamment clair. Le pb de NAIRU avait déjà été exposé en 2004 : http://mclams.free.fr/index.php?parent=index_articles.html&page_name=chomage.html

      >>Il est urgent de faire quoi ?

      Déjà de prendre conscience d’où viennent les problèmes, et ensuite réfléchir sur des alternatives. On essaye d’en proposer sur notre site : http://mclams.free.fr/index.php?page_name=propositions.html

      >>La sortie de l’ euro est indispensable
      Je ne suis pas sûr que le retour aux dévaluations réglera beaucoup de problème. Dévaluer c’est faire du dumping fiscal par rapport aux autres pays. Si on revient dans ce système, les autres pays feront pareils, du jour au lendemain les tomates espagnoles et le carrelage italien coûteront 20% de moins. Ce sont donc d’autres problèmes à résoudre, je pense qu’il y a encore d’autres solutions pour rétablir la balance commerciale. De plus le patrimoine immobilier n’est pas touché par la dévaluation. Mieux vaut apprendre à bien vivre avec une croissance quasi nulle.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 janvier 08:06

      @Marcus Clams
      Vous oubliez qu’un pays souverain fait ce qu’il veut pour protéger ses secteurs stratégiques. Il met les taxes aux frontières qu’il veut. Mais comme vous ne réfléchissez que dans le cadre européen, et dans celui de la mondialisation, cela vous échappe et vous n’avez comme seule solution que celle du MEDEF, se partager les miettes


      Avant Maastricht, il existait en France un contrôle des mouvements de capitaux. Il n’était pas interdit de sortir des capitaux pour investir ailleurs, c’était fortement régulé. Il fallait l’accord du Ministre des Finances et de la Direction du Trésor. La France avait donc un secteur industriel prospère, comme la Suisse peut en avoir actuellement, qui n’est ni dans l’ UE, ni dans l’euro.

      Ce sont les articles 32 et 63 des Traités qui ont supprimé le contrôle des mouvements de capitaux.
      D’où les délocalisations d’entreprises en masse et des investisseurs étrangers qui achètent et pillent les entreprises françaises. Avant Maastricht, Mittal n’aurait jamais pu acheter Arcelor et le dépecer.

      Ni le Qatar d’acheter le patrimoine français, ni les USA d’acheter les entreprises stratégiques d’armement français. Quand on ne réfléchit que dans le cadre européen, il n’y a aucune autre solution que la ruine du pays et le partage de la précarité.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 janvier 09:04

      @Jean-Pierre Llabrés
      Tu parles d’une arnaque ! A terme, la poignée de lentilles remplacera tous les services publics gratuits. Tout sera privatisé et donc payant ! Les mutuelles privées à la place de la Sécu, il faudra payer l’école, les transports etc.


      Le modèle social français redistribue 50% de la richesse produite, vous pouvez toujours rêver que cela atteigne ce montant ! Il faut lire ce que dit le MEDEF sur la fin des acquis sociaux pour comprendre.

    • Aristide 11 janvier 10:25

      @Fifi Brind_acier


      Encore une fois, vous vous recroquevillez sur des positions SANS aucune remise en cause du système capitaliste. Vous assénez sans cesse ces palabres sans fin sur la fin de l’UE, ... et pire vous jouez les mages sur des sujets que vous ne connaissez qu’à travers votre prisme déformant et les élucubrations de votre gourou.

      Vous ne cessez de condamner un système capitaliste alors que votre solution n’est qu’une variante assez faible de ce même système.

      Les services publics gratuits ? Pardon ? Vous en êtes encore à croire que la gratuité existe, la création spontané de richesses tant que l’on y est.

      Allons s’il y a des services publics c’est que l’impôt existe et il ne cesse de progresser, c’est un fait. Les faits démontrent l’inverse de votre discours, la protection sociale avance par le RSA et autres prestations de l’Etat, les hôpitaux, les écoles, la défense et la police, nos services publics n’ont jamais été aussi présents dans la vie de tous. 

      S’il y a des prestations sociales et des retraites versées c’est qu’il y a des cotisations et qu’elles ne font qu’augmenter, c’est un fait. Avec la création de nouveaux droits, la CMU, les complémentaires santé, les droits à la formation, etc ...

      La part de la richesse consacrée aux « dépenses sociales » est de plus en plus importante dans les prélèvements obligatoires. Qu’une partie des implications de l’Etat soit abandonnée n’est pas aussi catastrophique, par exemple pour les médias, les télécommunications, la fourniture d’énergie, .... la mise en concurrence a plutôt servi la baisse des prix.

      Maintenant votre discours ne passe pas, vous ne représentez rien et vos élucubrations deviennent assez lourdes tellement le discours est répété bêtement à la manière des allumés sectaires qui ne jurent que par les paroles de leur gourou.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 janvier 21:40

      @Aristide
      Vous devriez vous renseigner sur les directives de la Commission européenne pour en finir avec le modèle social français... Macron suit point par point ce que demande Bruxelles, et Juppé finira le boulot ?


      Oui, l’ UPR défend le modèle social français, cela semble vous déranger ?
      Vous soutenez le PS, combien d’adhérents ont quitté le Parti ?

    • julius 1ER 12 janvier 16:33
      Le capitalisme ne se combat pas à l’échelle d’un continent, encore moins à l’ échelle d’un Empire.
      Tous les acquis sociaux ont été obtenus dans le cadre national

      @Fifi Brind_acier

      pov FIFI un peu dépassée ces derniers temps .... ce genre de perles tu peux l’accrocher au fronton des mairies, c’est vrai qu’avec Assholineau tu ne vas pas progresser bcps dans la Dialectique !!!!!

      les acquis sociaux ont été acquis dans un cadre national mais la lutte étai mondiale !!!!

      le 1er Mai existe à peu près partout dans les pays capitalistes ...
      les congés payés idem 
      les semaines de 40 /45 H à peu près partout 
      etc... etc .... 

      tu devrais quitter Assholineau et te plonger dans la lutte des classes, ce serait profitable à tous car tu n’es point sotte !!!!!!!!!!!!

    • Aristide 12 janvier 16:49

      @Fifi Brind_acier


      Vous n’en avez pas assez de vous auto proclamer défenseur exclusif de toutes les valeurs, du modèle social au valeurs nationales. 

      Enfin, vos liens sur votre prose lourde et indigeste ne réponds en rein aux questions posées. Pire, une désinformation en mêlant vos élucubrations avec des extraits choisis de « textes » publiés par l’UE, textes qui ne sont pas des lois ni des décisions pour la plupart. Allons, vous saucissonnez, coupez, déformez ... toutes vos références pour essayer de montrer que votre gourou serait le SEUL à défendre la France et les Français. Un peu de distance vous permettrez de sortir de cet aveuglement qui devient pathologique.

      Quand aux chiffres quand je vois comment vous avez essayé très maladroitement de faire passer le score du FN pour une régression, vous devez avoir des problèmes de calcul. Pas que de calcul d’ailleurs. Comme vous êtes un peu juste, sachez que reconnaître le succès du FN au dernières élections n’est pas le signe d’une approbation de ses propositions. Je précise compte tenu de votre niveau de lecture de ce qui est écrit.

    • Marcus Clams Marcus Clams 12 janvier 23:09

      @Fifi Brind_acier
      Je ne pense pas que la sortie de l’UE soit une condition nécessaire et suffisante pour régler tous nos problèmes. Il me semble qu’avant il y a des chose à tenter avant d’en arriver là. Par exemple,il est possible de réduire les inégalités de patrimoine sans sortir de l’Euro et la sortie de l’Euro ne garantie pas la fin des inégalités de patrimoine. On peut aussi réorienter l’épargne sans sortir de l’UE ce qui pourrait revenir à une sorte de contrôle des capitaux par incitation fiscale et à une protection des entreprises.
      La sortie éventuelle de l’UE doit être un moyen et non pas une fin.


    • Jao Aliber 10 janvier 19:54

      Vous critiquez le capitalisme mais vous ne proposez pas de solution radicale, révolutionnaire.

      Par exemple, vous ne donnez pas l’explication à cette contradiction :
      « Il est donc possible d’avoir un taux de chômage moyen à 10 % avec certains secteurs en forte pénurie de main d’œuvre. »
      Le fait qu’il ait chômage et pénurie de main d’oeuvre est du travail spécialisé.La démonstration est donné, par Marx dans le livre 1 du Capital livre 1 p.165-166 ; voir aussi le chapitre « Production » de l’Anti-Duhring d’Engels où Engels parle vraiment de la question.
      C’est une question d’une très grande importance, une véritable révolution(si on supprime le travail spécialisé) qui transformera radicalement la société humaine après des milliers d’ années(depuis l’antiquité) sous l’emprise du travail spécialisé qui fait de l’homme une parcelle de lui-même.
      Supprimer le travail spécialisé, donc le chômage, suppose nationalisation et planification.
      Voilà votre article est maintenant dialectiquement complet : la nature a horreur du vide, ou en d’autre terme les pôles opposés d’un objet s’attirent toujours.



      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 janvier 21:52

        @Jao Aliber
        L’UE, l’euro et l’ OTAN sont des créations américaines dont TAFTA sera le gâteau sur la cerise.
        Marx a parlé du socialisme dans une colonie d’ Empire ? Vous pouvez me dire où ?
        Merci d’avance !


      • alinea alinea 10 janvier 20:00

        Le côté économique est certainement fondamental, au sens propre mais tel que décrit ici, il n’explique pas ce qui délite le lien social, car ce délitement, et que vous expliquez à juste titre par la peur du déclassement, est surtout provoqué par la haine du petit possédant à l’égard de celui qui n’a plus rien, qu’il mendie, soit sans domicile, et se déglingue, ou qu’il ait encore l’énergie de chercher les aides, et devienne assisté. Il y a donc haine du plus petit que soi, qu’il soit délinquant, donc menaçant, ou qu’on le trouve arrogant de pouvoir vivre de ses aides.
        Le petit possédant, fragilisé par peut-être le chômage demain, n’est pas dans la haine du possédant, de l’exploiteur, ou dans la lutte contre le pouvoir de celui-ci, mais bien dans l’aigreur jalouse ou haineuse de celui qui essaie de vivre quand même.
        La solidarité est demandée, précisément, à ce petit possédant ; qu’il soit ouvrier ou petit artisan, ou même, petit, tout petit patron.
        Ceci est extrêmement bien illustré par le racisme ambiant, mais pas seulement. Aucune conscience de classe ne peut subsister dans cette pyramide.
        "Si la démocratie n’est pas capable de contrer ce délitement, les citoyens finissent par se tourner vers des idéologies qui leurs promettent d’autres perspectives, en sacrifiant beaucoup de liberté pour plus de cohésion sociale." j’aurais plutôt dit : pour plus de sécurité chimérique !
        Ce capitalisme de consommation de l’inutile rend tout le monde frustré ; à avoir détruit toute culture populaire, toute idée même de bonheur hors elle.
        Néanmoins, philosophiquement parlant, personne n’est contraint d’être ce qu’on lui dit d’être, de penser ce qu’on lui dit de penser et de répondre au doigt et à l’oeil à ce qu’on attend de lui, au point qu’on sache pour qui il vote en fonction de son statut !
        Ce capitalisme est à jeter intégralement et sans regret, mais qui le veut ? L’exclu n’en a plus la force, le petit possédant, fixé ailleurs n’y pense pas, le possédant, sûrement pas ! reste une classe moyenne, enfin une infime partie de celle-ci, qui mettant dans le même sac, -ayant pour ennemi le capital-, les exclus, les déglingués, les immigrés et les petits possédants, et elle-même, se fait jeter de toutes parts !!


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 janvier 22:00

          @alinea
          Ce que vous décrivez ce sont les moyens utilisés par les puissants pour diviser.


          Le dénominateur commun pourrait être la défense du modèle social français, qui redistribue 50 % de la richesse produite, ce qui est bien trop du point de vue du MEDEF et de la Commission européenne !

          Ce qui définit la Gauche, à mon sens, devrait être avant tout, la protection des acquis et la défense du modèle social français issu du CNR. Il bénéficie à tout le monde et n’est pas un facteur de division.
           


        • alinea alinea 10 janvier 22:13

          @Fifi Brind_acier
          ce n’est pas suffisant ! Il faut changer de paradigme, qu’on ne parle plus du tout de la même chose.
          Le partage, plus ou moins équitable, est réalisable quand les vaches sont grasses ; quand les vaches deviennent maigres pour le peuple, celui-ci ne se demande guère pourquoi.
          Je suis partante pour des coopératives, vraiment dans tous les secteurs, sauf les très gros qui seraient nationaux.
          Pour le reste, que le gens fassent ce qu’ils veulent ; responsables de AàZ de leur vie, ils auraient moins envie de se foutre sur la gueule pour la gueule d’un dieu, de lorgner sur le lopin du voisin, d’ailleurs.. ; la terre ne serait plus qu’à celui qui la travaille.
          Bête comme je suis, je croyais que cette révolution-là était faite !! smiley


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 janvier 08:24

          @alinea
          Un autre modèle économique n’est pas possible en restant dans l’ UE, ce sont les lobbies des multinationales qui font la loi, l’avis des citoyens compte pour peanuts, et les frontières sont ouvertes !


          Une coopérative ne peut réussir que dans un produit de niche. Mais si elle est en concurrence sur des produits qui se fabriquent en Birmanie à 2,47 euros par jour, elle peut mettre la clef sous le paillasson ! Je suis toujours étonnée que des gens de Gauche ne comprennent pas qu’il faut des frontières, et des taxes aux frontières pour protéger les secteurs stratégiques comme l’agriculture ou l’industrie...

          La France avait un secteur textile de qualité très important dans le Nord, les Vosges, et ailleurs. Des milliers d’emplois étaient protégés par des taxes aux frontières contre les merdouilles chinoises. Puis un beau jour, un Commissaire européen est allé à l’ OMC, et a supprimé les taxes aux frontières sur le textile français, dans le dos des salariés français.

          Voilà comment cela se passe concrètement dans cette belle Europe mondialisée.
          Maintenant, on fait des lofts dans les usines ou des musée qu’on fait visiter aux touristes.

        • hervepasgrave ! hervepasgrave ! 11 janvier 11:17

          a@alinea
          Bonjour, je ne suis pas loin de penser comme toi,du moins sur ce commentaire.
          Car non, il n’y pas de solidarité venant des classes moyennes,ils voudraient être à l’égale de leurs maitres.Et pensent que la solidarité légale est un frein dans leur accession. D’un autre côté la solidarité gratuite excuse et nourrie ce principe,alors,oui c’est vraiment malsain.
           


        • julius 1ER 12 janvier 16:57
          Ce qui définit la Gauche, à mon sens, devrait être avant tout, la protection des acquis et la défense du modèle social français issu du CNR. Il bénéficie à tout le monde et n’est pas un facteur de division.

          @Fifi Brind_acier

          oui mais ce que tu décris là est un peu sclérosé, les acquis ne sont pas gravés dans le marbre et le modèle social dont tu parles est sacrément mis à mal ..... et pourquoi ?????

          parceque tout modèle pour subsister et continuer d’exister doit être amélioré et ce modèle dont tu parles en façade a toujours l’air d’être là sauf que derrière tout est détricoté et laminé !!!

          aussi il faut revoir le modèle pas pour l’euthanasier mais pour l’améliorer, et pour l’améliorer il faut casser la loi du marché, redonner du pouvoir à l’état, réduire celui des banques et des multinationales et surtout redonner du pouvoir aux citoyens ... 
          çà pourrait commencer en mettant en place un revenu universel pour en finir avec la soumission au Capital et puis en finir avec les paradis fiscaux et l’ évasion fiscale ....

           ces paradis fiscaux sont la mort des Nations et de l’économie orthodoxe et une prime et un encouragement à la violence sociale ..... si l’on veut que le 21 ie siècle aille vers le meilleur ce sont des conditions sinéquanones pour réussir !!!!

        • Spartacus Spartacus 10 janvier 22:41
          Vouloir expliquer ce que l’auteur ne comprend même pas devient un gloubiboulga....

          ---« l’inflation découle principalement des augmentations de salaire  » Sortir une telle ânerie économique.
          L’inflation est une conséquence de la valeur de la monnaie. 
          Vénézuela, Zimbabwe sont les pire pays d’inflation (modèles socialistes) par la production de billet pour payer les castes proche de l’état et les promesse de cadeaux sans compter.

          ---« la régulation du marché de travail par les lois du marché ». Encore une ânerie économique. Plus le marché du travail est dirigé par l’état, plus il y a du chômage. Regardez la France ou le code du travail ; ressemble à la bible et tous les évangiles. Le problème du marché du travail n’est pas un problème capitaliste, mais son contraire un marche qui n’est pas libre.

          ----« Le NARU varie selon la fluidité du marché du travail et la précarité des salariés » Le NARU est certes une imbécillité d’étatistes planificateurs, mais le NARU n’a rien à voir avec un quelconque niveau particulier de chômage ou avec le taux de croissance des salaires. C’est toujours le produit des augmentations de l’offre de monnaie.

          • foufouille foufouille 10 janvier 22:49

            @Spartacus
            c’est NAIRU PAS NARU


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 janvier 08:30

            @Spartacus
            Si vous lisiez les liens et les explications , cela vous éviterait de sortir de âneries ...

            NAIRU = NON ACCELERATING INFLATION RATE OF UNEMPLOYMENT.

            Ce qu’on peut traduire par « Taux de chômage nécessaire non accélérateur d’inflation »


          • Spartacus Spartacus 11 janvier 11:13

            @Fifi Brind_acier


            Sauf que le titre NAIRU de cet indice ne veut pas dire que c’est réellement ce que mesure cet indice.....
            Il y a toujours corrélation statistique entre les variations de l’indice des prix à la consommation et le taux de chômage. Il prétend que le taux de chômage modifie l’inflation. Sauf que c’est l’inverse, c’est l’inflation qui modifie le taux de chômage.

            L’inflation est toujours crée par lorsque la banque centrale augmente l’offre de monnaie....(planche a billets). 

            Exemple carricatural Venezuéla 600% d’inflation et chômage de masse et rien a acheter dans dans les magasins.

            Les banquiers centraux fonctionnent en Keynésiens par la croyance que c’est l’argent dans l’économie qui fait l’offre.
            Or c’est la production d’une offre qui réduit le chômage. Pas la distribution gratuite d’argent.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 janvier 21:46

            @Spartacus
            La FED et la BCE ne font que ça, de faire tourner la planche à billets !
            Sauf que l’argent file à la spéculation et pas dans l’économie réelle , c’est ballot !
            Et les emplois, nada, wallou, rien du tout !
            Aux USA, 5% de chômage officiel, mais 23% dans la réalité, ce n’est pas faute de cracher des billets !


          • Shawford Naoh 11 janvier 05:47

            J’avais pas fait attention. mais c’est bien le retour de l’infant prodige et prodigue du verbe (mais tellement pseudo-bodruchien smiley )

            Pace Salute, je te laisserai tapisser à foison l’agora de tes géniales embouchures si caustiques et si clairvoyantes, au delà du delà du bobo et du souchien ! Promis, juré, créché smiley


            • Robert GIL Robert GIL 11 janvier 10:23

              Les niveaux des salaires, que le capitaliste trouve toujours trop élevés ne sont pas la cause de la crise, mais c’est bien le système capitaliste qui est responsable de la crise. Quel que soit le niveau des salaires, les capitalistes auront toujours tendance à produire plus, quelle qu’en soit les conséquences pour l’homme ou la planète, le gaspillage des ressources naturelles, ce n’est pas leur affaire ! En période de croissance, le capital engrange un maximum de profits et demande plus de travailleurs, mais immédiatement après, la recherche incessante des gains de productivité conduit inévitablement à des plans de licenciement. Ensuite, il fait pression sur les salaires, et il culpabilise les travailleurs sans emploi.
              .
              Voir :
              CONTRADICTIONS DU CAPITALISME


              • izarn 11 janvier 12:35

                Vos visions sur l’économie libérales sont fausses.
                L’inflation vient des hausses de salaires ? On croirait entendre le MEDEF.
                En fait cela dépends le camp ou vous situez : Salarié ou capitaliste ?
                L’augmentation de salaire implique une inflation à la consommation pour la raison que le patron va répercuter ça sur les produits qu’il fabrique, pour garder ses marges, ou pire, pour éviter la faillite.
                Grosso modo, de fait il n’y pas d’inflation pour le consommateur !
                Par contre l’investisueur, ou le rentier, va voir son capital diminuer de valeur.
                L’inflation des prix, mais les salaires fixes, ce qui est le pire pour le salarié, le patron s’en réjouit !
                Ce truc, c’est fait pour garder au capital sa valeur. Sur le dos des salariés. ce qui est le seul role de la BCE. Le reste c’est de la foutaise. Du voeu pieu.
                Cela veut dire que malgrès la hausse des matières premières, que malgrès le travail efficace des salariés, ceci n’auront rien du tout de plus ! C’est la stratégie des gouvernements néolibéraux vis à vis des fonctionnaires et des retraités. Pourquoi étendre cette augmentation de pauvreté qui en découle aux salariés du privé ? Bravo !
                Vous trouvez ça social vous ? C’est équitable ?
                Vous dites, le chomage c’est le marché de la peur. En fait le chomage dénote une attaque contre les industriels d’un pays, qui n’arrivent plus à vendre, et donc à garder leurs salariés. On dirait que les patrons font exprés de fabriquer le chomage ! Non désolé...Je ne crois pas ça. Faut quand meme pas pousser le bouchon trop loin.
                Ensuite vous dites que l’inflation attaque le capital Hhahahahahahhh ! Oui bien sur ! Pardi !
                Mais ceci est faux car toujours pareil : Ca dépends ou vous placez votre capital : Dans le capital matériel, des entreprises de production de bien, ou alors en titrisation de dettes, de produits dérivés ?
                Haaaaa ! Oui, pardi ! Car le prix des actions vont monter avec l’inflation, bien entendu, mais le prix des obligations des titrisations de dettes, les produits dérivés vont devenir toxiques.
                Bon sang mais c’est bien sur !  smiley
                Vous parlez de solidarité pour nous faire avaler des solutions néolibérales qui n’interessent que les riches ?
                Ensuite il y a l’idée de l’inflation dévaluation qui serait néfaste pour nos voisins, dumping etc....Ben voila l’européiste qui pointe son nez ? Hein, vive l’euro, non ?
                En fait c’est ridicule, bien au contraire, cela permet une vraie concurrence honnete. Il est normal de dévaluer, si vous avez de l’inflation chez vous, ça tombe sous le sens. Faire l’inverse c’est une histoire de fou ! Une histoire de l’euro et de la BCE ! Parceque vous ne pouvez pas faire autrement car votre monnaie baisse naturellement. Résister aux marchés de fait est totalement crétin : L’Argentine avait coulé avec ça ! Ceux qui dévaluent (De Gaulle) sont des gens qui auparavant avaient refusé l’inflation naturelle. Ils se sont rendus compte de l’impossibilité de garder la valeur de leur monnaie, par exemple en la rachetant avec de l’or, pour plaire à ces enfoirés de rentiers. Ce qui est typique de tous les conservateurs, néolibéraux, ploutocrates payés par le Capital stupide.
                Bref augmentation de salaire>inflation>dévaluation : C’est quoi le problème puisqu’en plus nos produits deviennent compétitifs, ce qui préserve l’emploi et diminue le chomage ? Pourquoi voulez vous faire disparaitre la compétition ?
                De quel libéralisme parlez vous ?
                Il y a des gens qui continuent à dire : Mais non voyons, le capital financier n’y est pour rien !
                Mais si ! Le capital financier est désormais devenu complètement parasitaire, au point de tuer la bete. C’est une évidence totale. La symbiose avec le capital est bien une lubie de nos jours...  smiley


                • izarn 11 janvier 12:46

                  @izarn
                  Si vous suivez mon analyse pour pouvez constater que pour maintenir une monnaie de manière artificielle, et contre le marché, cela conduit aux énormes dettes d’Etat.(Puisque la vente d’or n’est plus la coutume) Qui seraient bien plus faibles en cas d’inflation et de baisse de l’euro face aux autres monnaie.
                  La BCE est en train de détruire l’industrie européenne, les états, et est la cause principale du chomage.


                • Marcus Clams Marcus Clams 12 janvier 23:32

                  >@izarn
                  >>les patrons font exprés de fabriquer le chomage ! Non désolé...Je ne crois pas ça
                  Pourtant, quand un patron à besoin d’embaucher qu’il ne trouve personne, et que certains de ses salariés passent chez le concurrent pour 10% de salaire en plus, il peut avoir des idées qui lui viennent à l’esprit.
                  >>Ensuite vous dites que l’inflation attaque le capital Hhahahahahahhh ! Oui bien sur ! Pardi !
                  J’avais rajouté « sans discernement » et c’était au sujet du capital financier. Il me semble en effet plus juste de prélever le capital de façon progressive plutôt que de façon proportionnel. Par ailleurs, l’inflation protège le patrimoine car le capital immobilier n’est pas touché. Je trouve que c’est un trop beau cadeau accordé aux ploutocrates.

                  >>Bref augmentation de salaire>inflation>dévaluation : C’est quoi le problème puisqu’en plus nos produits deviennent compétitifs, ce qui préserve l’emploi et diminue le chomage ?
                  Plus compétitif par rapport à l’extérieur, vous comptez donc sur les échanges extérieurs pour résoudre le chômage, donc pour piquer des emplois chez les autres en baissant les salaires via la dévaluation. Plutôt que de s’entretuer entre salarié de différents pays pendant que les gros se goinfrent, ne vaudrait-il mieux pas changer de système ?

                  >>Pourquoi voulez vous faire disparaitre la compétition ?
                  L’objectif est de faire disparaître les inégalités, le chômage et la précarité


                • petit gibus 11 janvier 17:37
                  Comprendre ce qu’ont racontés nos ancètres
                  Marx, Engels, Keynes, Smith...
                  c’est un peu me demander de piger la structure mentale
                  de mon cousin l’homme de Cromagnon smiley
                  Le NAIRU j’trouve ça assez pouète-pouètique
                  mais parmi nos économistes non- atterrés
                  s’en trouve-il un qui aurait inventé l’indicateur
                  qui me permettrait de prévoir « le point de basculement...
                  vers des régimes nationalistes ou théocratique » 
                  Tout mon simple mais grand respect, je lui enverrai smiley

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