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Accueil du site > Actualités > Société > Comment perdre son employabilité en 10 leçons

Comment perdre son employabilité en 10 leçons

Nos concitoyens vivent depuis un an une profonde crise professionnelle et sociale. Beaucoup sont interpelés sur leur avenir au travail. Face à ces interrogations légitimes et (parfois) douloureuses, certains réflex ou aprioris, hérités de la défunte civilisation industrielle, sont à proscrire.

  1. Ne pas être adaptable : Le monde change, les anciennes valeurs ou dogmes peuvent se périmer. Dans la société industrielle les positions étaient fortement clivées : les ouvriers et employés peu investis dans le travail luttaient pour des augmentations généralisées de salaire, les travailleurs très qualifiés (cadres, ingénieurs) étaient mobiles, adaptables, investis dans le travail et leur entreprise. Aujourd’hui sans adaptation rapide, sans flexibilité, sans imagination et coopération au travail, celui-ci peut disparaître ou s’envoler pour de lointaines (et plus accueillantes) contrées.
  2. Ne pas être mobile (géographiquement, intellectuellement, professionnellement) : Autrefois la fidélité et stabilité professionnelles était nécessaires et récompensées comme telles par les entreprises (qui cherchaient à conserver leurs travailleurs qualifiés). Aujourd’hui (et encore plus demain) une trop grande stabilité professionnelle pourra faire perdre son employabilité. L’immobilisme dans un environnement rapide où tout change est porteur de risques de déclassement professionnel.
  3. Croire que la réussite passée à un concours ou à un examen préservera toujours l’avenir Notre pays voue un véritable culte aux diplômes, supposés sésames pour toute une vie professionnelle, mais que prouve un diplôme obtenu à 20 ans quand on en a 40 ? Le parcours professionnel devient plus important que le parcours initial et il faudra l’enrichir sans cesse de nouvelles expériences, de nouveaux postes, de nouveaux défis.
  4. Ne pas envisager d’autre statut que celui de salarié. Le salariat n’a pas toujours existé en France, il s’est principalement développé au XX ème siècle (et représentait alors un progrès social). Aujourd’hui le salariat régresse car beaucoup d’entreprises n’ont plus la visibilité nécessaire sur le long terme pour employer durant 40 ans aux mêmes métiers les mêmes personnes. Le statut de travailleur indépendant (ou d’auto-entrepreneur) peut être la solution, provisoire pour certains, définitive pour d’autres, afin de travailler, de se professionnaliser et de percevoir des revenus autres que ceux (précaires) d’aides ou d’allocations.
  5. Ne pas développer ses compétences linguistiques : Pour évoluer dans la société de la connaissance et de l’information il faut être curieux, ouvert aux autres et aux cultures étrangères. La pratique courante d’une (ou deux) langue(s) étrangère(s) devient une nécessité pour être mobile dans une Europe ouverte et entreprenante. La pratique de la langue maternelle doit quant à elle être irréprochable que ce soit à l’écrit comme à l’oral.
  6. Négliger les nouvelles technologies . Les nouvelles technologies constituent notre nouvelle langue commune, un alphabet commun à la terre entière et il est également disqualifiant de ne pas se servir régulièrement d’Internet que de ne pas lire ou écrire au XX ème siècle.
  7. Ne pas se former régulièrement. Depuis 2004 chaque salarié est doté d’un capital formation de 20 heures annuelles. 20 h tous les ans c’est encore trop peu (Jean Boissonnat estimait en 1995 que nous devrions passer 10 % de notre temps travaillé à nous former, le stock de connaissances nouvelles double tous les 7 ans).
     Le nouvel analphabète n’est pas seulement celui qui ne sait pas lire ou écrire mais celui qui ne sait pas apprendre, désapprendre, réapprendre.
    Les travailleurs non qualifiés doivent s’emparer au plus vite de leur droit à la formation (y compris hors temps de travail) et entrer dans cette démarche continue et humaniste de développements personnels (une formation tout au long de leur vie)
  8. Ne pas être en veille professionnel, négliger l’entretien de son réseau. L’ancien modèle du travailleur salarié impliquait une installation confiante dans le statut de travailleur protégé derrière le CDI. Mais ce statut (autrefois) protecteur a empêché nombre de personnes de prendre conscience que souvent leur entreprise ou le travail changeaient. Les signaux (parfois forts, parfois faibles) doivent être perçus, interprétés et chacun doit (re)construire son parcours professionnel, y compris en cherchant un travail alors qu’il est encore en poste.
  9. Ecouter d’une oreille complaisante ceux qui « vendent » des discours nostalgiques ou incantatoires en proposant un (bien improbable) retour en arrière. Les 30 glorieuses ne se reproduiront plus de sitôt (heureusement pourrait on écrire puisqu’elles coïncidèrent avec la reconstruction de l’après guerre seconde guerre mondiale). Aujourd’hui plus d’un milliard d’ouvriers chinois et indiens produisent presque tous les biens dont a besoin la planète, plus de 800 000 ingénieurs de haut niveau sortent des écoles chinoises tous les ans. Certaines activités ne reviendront sans doute plus jamais sous nous cieux et il faudra parfois changer de métier, de secteur, de région pour conserver son employabilité.
  10. Etre  passéiste : aucune époque n’est parfaite ou sans défaut et malgré la dureté des temps de nombreuses personnes pourront développer à l’avenir leur capacités professionnelles et sociales. L’époque est ouverte à tous, il faut être capable de saisir les opportunités qui se présentent et les transformer en challenge personnel et professionnel.

En guise de conclusion

Nos concitoyens (tout comme le reste de la planète) vivent de profonds bouleversements sociaux et économiques. Nous devons prendre conscience que notre employabilité est désormais une quête jamais finie, que sans volonté, persévérance, résilience et forte capacité à rebondir, nous aurons les plus grandes difficultés à construire un avenir professionnel et social dans la société des savoirs et des réseaux du XXI ème siècle.

 

Didier Cozin

Auteur des ouvrages « histoire de DIF » et Reflex DIF » -
Ingénieur de formation professionnelle.

 


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71 réactions à cet article    


  • Annie 16 novembre 2009 10:33

    D’accord avec ce commentaire. En outre, l’article ne porte que sur le parcours professionnel des cadres. Je me demande comment cette démonstration aurait été accueillie par les mineurs quand on a fermé les mines de charbon. Flexibilité, adaptabilité et mobilité, voici les trois mamelles de l’entreprise d’aujourd’hui, qui remplace l’expérience et la loyauté. Et on se demande pourquoi les chômeurs aujourd’hui sont dans les tranches d’âge les plus âgées. Cela explique quand même pourquoi la plupart des entreprises ne cessent de réinventer la roue.


    • Traroth Traroth 16 novembre 2009 16:04

      La flexibilité, c’est être d’accord pour travailler pour un salaire qui ne suffit pas pour vivre. Le reste, c’est du baratin.


    • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 16 novembre 2009 10:42

      Excellente imposture de la part d’un organisme de formation qui est venu vendre « son expertise » dans la reconversion des salariés ou chômeurs sans aborder une seconde l’état du marché du travail !

      Chacun sait, que tous les arguments avancés ne sont que des « fausses barbes » puisque même en étant : compétent dans le domaine des NTIC, adaptable et mobile, les entreprises auront toujours une objection sur l’âge, le sexe, l’origine, ... (plusieurs de amis et mo même en savons quelque chose)

      Combien de gens à BAC ++ sont actuellement en recherche ? Faudra t-il un jour être nobélisable pour travailler.

      Quant au DIF :

      Le fameux DIF dont l’auteur semble être un spécialiste est utilisé quasi exclusivement par les grandes entreprises. Dans les TPE ou PME, où chaque salarié est « indispensable » dans ses tâches, il est impossible d’utiliser son DIF et beaucoup de salariés que j’ai rencontré ne savent même pas que ce système existe ou ont fait une croix sur son utilisation.

      La formation n’est pas la panacée pour se sortir de la crise économique, mais reste un bon moyen pour le gouvernement d’expliquer le peu d’offres d’emplois disponibles.


      • histrion histrion 16 novembre 2009 12:37

        Le DIF est utilisé par certaines entreprises pour faire de l’intercontrat déguisé ...

        En effet il y a un but commercial derrière cet article .....


      • foufouille foufouille 16 novembre 2009 10:47

        1 - etre un sale handicape

        1 - etre trop vieux

        1 - refuser de travailler gratuitement

        1 - ne pas etre bien nee


        • K K 16 novembre 2009 11:30

          vos raisons sont sans doute plus réelles que celles de l’auteur.


        • perlseb 16 novembre 2009 18:55

          Tout a fait foufouille.

          Je rajouterai

          1 - Ne pas être fils du président de la République.

          Dans cette société, pour l’employabilité, seul compte le réseau relationnel. Pour les pauvres naïfs qui croient au travail et au mérité et bien allez-y, travaillez ! Et enrichissez la vermine indéboulonnable qui vous dirige mais qui, bien évidemment, ne s’abaisse pas à travailler.


        • Inquiet 16 novembre 2009 10:54

          Ah si, quelqu’un à oser écrire ça !!!

          C’est ce qu’on appelle la « décomplexion » il me semble non ?

          Monsieur Cozin aurait oublié la crise et la nécessaire prise en compte du changement de paradigme.

          En quoi devrions-nous nous adapter à nos bourreaux qui ne font que se servir de nous que comme des variables d’ajustement.

          Lorsque les actionnaires souhaitent une progression du résultat par un taux sur 2 chiffres, peu importe qu’on soit mobile et flexible, il faudra au pdg virer une masse salariale significative pour atteindre les objectifs .... cette année du moins, car on n’investit pas (évidemment l’investissement est un coût) pour les années qui suivent.
          Les solutions pour avoir un emploi sont de 3 natures :
          - revoir à la baisse sa rémunération
          - travailler au delà des possibilités physiques et/ou psychologiques jusqu’au burn-out
          - habiter en Chine, ou en Inde ou tout pays dans lequel on délocalise la main d’oeuvre

          Il est tellement plus facile de pointer l’inefficacité des travailleurs plutôt que celle des dirigeants, et pourtant ce n’est pas les exemples récents qui manquent smiley


          • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 10:57

            Bonjour,

            Beaucoup de bêtises dans ces commentaires...

            Vous ne vous formez pas que pour la « firme », vous vous formez d’abord pour vous même...

            S’il est vrai que jusqu’ici ce sont surtout les « cadres » qui ont surtout bénéficié de formations (plus que les autres en tout cas), ce n’est plus le cas aujourd’hui, 6 ans après la loi qui a institué le DIF.

            Une très grande proportion des salariés (ceux en CDI à temps plein depuis 2004) vont, dans un mois, disposer de 120 heures de formation gratuite...(et c’est très cher une formation)

            Seulement, il faut le demander...Une des particularités du DIF est d’ailleurs qu’il relève toujours de l’initiative du salarié.

            Et c’est bien le problème...Vous disposez d’un droit et vous ne voulez pas l’utiliser...Si vous ne demandez rien, vous n’obtiendrez rien. L’expérience montre que c’est toujours en cas de licenciement que l’on se préoccupe du DIF mais c’est alors trop tard pour en bénéficier sans perte (la portabilité n’y change rien).

            Les bancs de l’école, cela a été à ce point un cauchemar ?


            • Gemini Gemini 16 novembre 2009 15:02

              Il me semble que vous oubliez un tout petit détail : bien que le DIF soit en effet à l’initiative du salarié, la demande du salarié doit être acceptée par l’employeur.

              Au final, le DIF, c’est donc du flan. Je n’ai jamais pu en profiter et j’ai tout perdu en changeant d’employeur. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir soumis des idées et fait des demandes.

              Où je travaillais, le seul moyen d’utiliser sont DIF était d’attendre une initiative de l’employeur et concernaient seulement des formations dispensées en interne et par des interne. Le patron nous demandait alors, après la formation, de signer un papier comme quoi on acceptait que ça soit pris sur notre DIF.

              C’est ça la différence entre la théorie et la pratique. En théorie, c’est à l’initiative du salarié, mais dans la pratique, ça n’est pas ça. C’est un peu comme le volontariat pour le travail le Dimanche …


            • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 15:21

              A Gemini...

              Non, ce n’est pas tout-à-fait vrai...si vous regardez le code du travail, vous verrez que le refus de l’employeur ne peut porter que sur le choix de l’action de formation et sur rien d’autre...


            • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 15:24

              A gemini...

              Et vous vous êtes mal défendu...Ce cas de figure est en effet très courant mais, il n’empêche que vous vous êtes mal défendu.


            • Traroth Traroth 16 novembre 2009 16:07

              @NOVATEM : Bref, vous n’avez rien à répondre à Gemini. « Vous vous êtes mal défendu », ce n’est pas un argument. Qu’est-ce que vous en savez ? Le fait est que l’employeur a un droit de véto, et qu’on ne peut strictement rien faire s’il l’emploie. Avez-vous un argument qui permette de contredire ceci ?


            • Yohan Yohan 16 novembre 2009 17:13

              Cette instance à foutre la trouille aux salariés et aux entreprises et les culpabiliser est suspecte.
              De plus, un refus de l’employeur ne l’expose à pas grand chose, sinon à reverser les heures DIF non utilisées à pole Emploi en cas de licenciement. En revanche, si le salarié démissionne, il perd des droits au DIF, qui pourraient être transférables, parait-il, sauf que, personne ne souhaite se retrouver plombé d’un sac d’heures de DIF à l’heure de l’entretien d’embauche.
              Pour finir, l’employeur a bien d’autres moyens de décourager un employé à prendre son DIF, notamment en l’acceptant sur les bases minimum de calcul légaux, soit en moyenne 320€ par formation, assez dissuasif donc pour trouver une formation de qualité à ce prix là sans piocher dans sa réserve.


            • Yohan Yohan 16 novembre 2009 17:14

              oups : insistance


            • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 17:50

              Je vous invite sur ce point à lire mon article paru il y a quelques temps ; vous y trouverez ma réponse...

              http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/formation-professionnelle-et-61910

              En matière de formation, et contrairement à ce que vous pensez, les employeurs ont du souci à se faire...Cela a d’ailleurs déjà commencé...


            • sleeping-zombie 16 novembre 2009 11:25

              @NOVATEM
              Les bancs de l’école, cela a été à ce point un cauchemar ?
              Ben ouais.

              Le problème principal du DIF réside plutôt dans sa concurrence avec les congés. 5 semaines par an, c’est pas lourd. On est pas les plus malheureux a ce niveau-là, mais ca reste pas très lourd. Alors quand on a enfin la possibilité de voir ses gosses dans la journée, de rendre visite à ses parents, ou tout simplement de se poser une petite semaine et de se dire « cette semaine, je ne fais RIEN », c’est difficile de prendre sur soi et de rempiler le levé à 6-7h du mat par aller à une formation.

              Ensuite, a propos des différents points de l’article :
              1, 3, 9, 10. être « adaptable », ne pas être « passéiste » etc... ouais. Et concrètement, ça veut dire quoi ? 4 points sur 10 ne parlent que de vagues notions, je m’étonne de l’absence du point 11 : ne pas être aware.

              2. être mobile : donc pour rester « employable », faut vivre sans attaches ? Célibataire et locataire a vie ?

              4. chercher un autre statu : tu crées un barbarisme « employabilité », pour après tenir le propos « ne cherchez pas que du salariat ». Contradictoire non ? Tu connais beaucoup d’employés non salariés ?

              5, 6, 7 et 8 : Je me répète, mais concrètement, tu dis qu’en plus de passer 35h par semaine (souvent plus) au boulot, il faut passer toujours plus de temps à se former, pour « si jamais on perd son job ». Question bête : si c’est pas pour avoir confiance en l’avenir, pouvoir construire sa vie sur quelque chose qu’on croie stable, et ne plus avoir peur de crever de faim un jour, a quoi ça sert d’avoir un emploi ? Si c’est pour vivre dans l’angoisse ou être sans arrêt sur la brêche, autant être chômeur... Au moins tu peux voir tes gosses grandir plutôt que de passer ton temps /en formation / sur internet / au téléphone avec tes collègues / a apprendre une langue étrangère / etc..


              • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 12:06

                Bonjour,

                Il n’y a pas de concurrence avec les congés...

                c’est vrai que le principe est que la formation a lieu hors temps de travail (mais ce n’est qu’un principe)

                Mais en réalité cette disposition légale est neutralisée ensuite car il peut y être dérogé par accord entre le salarié et son employeur (et d’ailleurs, nombre d’organismes de formation proposent leur stages en semaine).

                Si la formation a lieu pendant le temps de travail (hypothèse prévue), la rémunération est maintenue et si la formation a lieu hors temps de travail, le salarié touche une sorte de prime (une allocation)...

                Bref, non seulement vous bénéficiez d’une formation tous frais payés (y compris les frais de transport et d’hébergement le cas échéant) mais en plus on vous paye pour vous former !

                Et vous faites la fine bouche !! c’est à pleurer !


              • sleeping-zombie 16 novembre 2009 15:40

                « peut y être dérogé par accord entre le salarié et son employeur »

                Ah ouais ? ca doit donner ça :

                « 
                -Salut patron ! Tu me payes une formation sur mon temps de travail ?
                -Bien sûr, on fait trop de bénèf et de toute façon tu sers a rien chez nous, on verra pas la différence..
                -Merci patron !
                -Tiens, tant qu’on y est, tu veux pas une augmentation aussi ?
                 »

                On doit pas vivre sur la même planète.
                Mais c’est vrai que dans un tel monde, je ferais pas la fine bouche...

                C’était ça les 30 glorieuses ?


              • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 16:35

                Vous ne vous rendez absolument pas compte qu’en matière de formation il ne s’agit pas de faveur mais d’obligations légales pour un employeur (et qui sont loin d’être anodines et qui vont bien au-delà du DIF) ...Obligations qui commencent à être sanctionnées très durement par les tribunaux (surtout depuis un arrêt de la Cour de Cassation de 2007).

                Et le DIF n’échappe pas à la règle : le crédit d’heures correspond à une créance certaine (le droit porte sur un volume d’heures) même si l’employeur doit donner son accord sur le choix de l’action de formation (et uniquement sur ce choix). (le DIF c’est un droit « à » la formation assorti d’un droit de proposition).


              • M.Junior Junior M 16 novembre 2009 18:45

                Bruno

                Je trouve votre argumentaire pratique. Sur le DIF en question, avez vous mis une lettre de type de demande de DIF et des lettres types par motif de refus de l’employeur ?

                Ainsi, les détracteurs du DIF n’auront plus aucun argument. Il s’agir simplement pour le salarié de suivre une formation pour mieux réussir à mieux vivre. Même en pleine crise, les sociétés continuent de faire fonctionner la carte de la promotion interne. Il serait dommage de ne pas se servir du droit individuel à la formation.

                Il me semblait que l’actualité et cet article nous renvoyaient à cette question : Une société avec quels droits appliqués ?


              • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 19:15

                Effectivement, il y a sur le forum des indications sur la manière dont doit être formulée la demande : http://www.le-dif-en-questions.fr/forum/topic-122-0.html

                Il faut savoir que l’employeur dispose d’un mois pour répondre ; à défaut de réponse dans ce délai, le salarié est en présence d’une décision implicite d’acceptation.

                Si l’employeur répond formellement, il n’est pas obligé de motiver (sauf accord de branche en sens contraire).

                Mais ici attention...ne pas être obligé de motiver signifie simplement qu’il n’est pas obligé de faire connaître les motifs de sa décision. Mais ces motifs qui existent nécessairement, qu’ils soient avouables ou non, doivent demeurer légaux.

                Le refus de l’employeur ne peut pas relever d’une discrimination (c’est-à-dire relever de motifs particuliers énumérés dans le code du travail) ce qui implique un renversement de la charge de la preuve, ne pas relever de l’abus de droit (cela vise surtout l’intention de nuire) et de manière plus générale ne peut être étranger au seul choix de l’action de formation.

                Du point de vue de l’employeur, le mieux est souvent de ne pas motiver...Mais cette pratique a ses limites.

                On voit toutefois souvent des employeurs qui se sabordent quelquefois eux-mêmes en alléguant un motif illégal...L’absence (ou l’insuffisance) d’un budget est en principe un motif illégal...Et il faut le savoir...et je dirais même que le simple fait (facilement prouvable) de ne pas prévoir de budget suffisant pour le financement du DIF (financement qui incombe à titre principal à l’employeur) peut permettre de mettre en évidence le souci de ne pas jamais accorder de DIF...(surtout à l’approche du seuil des 120 heures)...


              • Panzerfaust 16 novembre 2009 11:54


                Je ne suis pas certain que le respect de ces 10 commandements soit suffisant pour garantir l employabilité d un individu. En revanche on peut être certain que négliger un ou plusieurs de ces points est une méthode imparable pour se retrouver le bec dans l eau. Le point 9 me parait très pertinent (en d autres termes : arrêter de rêver).

                On pourrait juste rajouter un super commandement qui court-circuite tous les autres : éviter de ne pas être fonctionnaire ou consort, car si vous l êtes, la plupart de ces commandements s appliquent peu ou pas du tout à votre situation.


                • Vilain petit canard Vilain petit canard 16 novembre 2009 12:10

                  Faudrait ajouter à votre guide de l’adaptabilité les 10 commandements du patron français, courageux comme une tanche, qui continue à refuser d’embaucher :

                  - ceux qui n’ont pas bac + 12, par ce qu’ils ne sont pas assez formés
                  - ceux qui ont bac + 12 , par ce qu’ils sont trop qualifiés
                  - ceux qui ont plus de 45 ans, parce qu’ils ne sont plus « adaptables »
                  - ceux qui ont moins de 35 ans, parce qu’ils manquent d’expérience
                  - les handicapés parce qu’ils sont handicapés,
                  - les blacks, parce que la clientèle ne s’y fera jamais,
                  .. et qui demande dix ans d’expérience dans un poste similaire pour un emploi de secrétaire.

                  C’est grâce à ces patrons courageux, qui râlent contre les charges dantesques qui musèlent l’économie française depuis le joug socialo-communiste, oui, c’est grâce à eux que la France est le record au monde (ou de l’OCDE, si vous voulez la jouer modeste) de chômage des jeunes, des vieux, et des handicapés.

                  Et toutes les formations possibles n’y feront rien, tant qu’on s’acharnera à expliquer aux chômeurs que s’ils sont dans cette situation, c’est de leur faute, parce qu’ ils ne se sont pas assez adaptés.


                  • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 12:23

                    Ne mélangez pas tout...


                  • Traroth Traroth 16 novembre 2009 16:15

                    Bon, écoutez, NOVATEM, soit vous présentez des arguments, soit vous laissez parler les adultes, ok ?


                  • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 16:51

                    C’est minable comme réponse...D’habitude, quand on commence à utiliser de tels expédients, c’est que l’on commence à manquer de munitions...


                  • Traroth Traroth 17 novembre 2009 01:30

                    Manquer de munitions ? Mais contre quoi ? Vous ne dites rien de précis !


                  • NOVATEM NOVATEM 17 novembre 2009 09:27

                    Il faut savoir lire...


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 17 novembre 2009 10:39

                    Novatem, je ne mélange rien, je ne fais que décrire le marché du travail en France. Vos bons conseils, je les ai entendus pendant des années, ce sont toujours les mêmes qu’on entend d’ailleurs, et ils sont toujours dirigés vers le chômeur  : adaptez-vous ! soyez employable ! Soit : c’est de la responsabilité du salarié de trouver un patron et de lui plaire, point.

                    Mais ça ne marche pas comme ça, la vie : un employeur n’embauche que les gens qu’ils a envie d’embaucher. Si il trouve que « les vieux c’est pas adaptable » (une autre scie bien connue), ils refusera les plus de 45 ans, si les handicapés, il a pas envie de s’emm... avec, il les refusera aussi, et c’est comme ça qu’on se retrouve avec ces taux d’embauches débiles dans ces catégories. Sans parler des jeunes, « sans expérience », forcément. On est en plein dans la risquophobie la plus noire.

                    Ce qui changerait, c’est un article haranguant les employeurs français à employer des handicapés, des vieux, et des jeunes, au nom d’une espèce de « devoir d’employer » « d’employeurabilité » ?), et en leur expliquant qu’ils y perdent si ils ne le font pas. Mais curieusement, on ne le fait jamais.


                  • histrion histrion 16 novembre 2009 12:24

                    Encore du discours

                    Le problème c’est qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde ....

                    On peut inventer tous les prétextes pour justifier que c’est aux salariés de ce conformer au marché.

                    Je suis chomeur depuis le début de l’année, j’ai trente ans de carrières, 15 ans de bureau d’études, 15 ans de management (direction technique, direction commerciale...).


                    Je fais parti de deux associations de cadre, j’entretiens mon réseau, je suis mobile, adaptable, (début comme simple dessinateur, capacité aujourd’hui à diriger un Business unit de 100 personnes...), économiquement ouvert à la discution ......


                    Mais à l’heure actuelle beaucoup de choses sont bloquées et toutes les recettes que vous décrivez ne sont que blabla ....







                    • NOVATEM NOVATEM 16 novembre 2009 14:48

                      L’article de Didier Cozin n’a rien d’extraordinaire (à part peut-être la mobilité géographique...) ...

                      La formation n’est peut-être la panacée...Qu’il y ait des abus ou des anomalies au niveau des recrutements ne fait aucun doute (et je ne suis pas le dernier à le dénoncer...).

                      Mais refuser de se former, c’est nécessairement réduire le champ des possibilités ou des opportunités...

                      On ne peut pas décemment s’offusquer d’une inégalité très réelle (ceux qui bénéficiaient d’une formation étaient déjà les plus formés) et une fois que l’on dispose d’un mécanisme correcteur cracher dans la soupe...

                      Vous avez des droits : utilisez les ! Comme je l’ai dit  : non seulement on vous offre une formation (souvent très coûteuse) mais en plus on vous paye pour cela...
                       


                    • hunter hunter 16 novembre 2009 19:21

                      Tout à fait Histrion, la vraie problématique est là :
                      1/ plus de boulots pour les « manuels » (attention aucune connotation péjorative, seulement un moyen linguistique de résumer ceux qui produisent par leur travail, des objets physiques) : ils reviennent trop chers, on fait tout fabriquer en chine ou en Inde.
                      2/ de moins en moins de taff pour ceux qui produisent des idées, des concepts qui aboutiront à des produits : exemple de l’informatique, on peut avoir du très bon boulot fait en Inde pour 10 ou 20 fois moins cher qu’ici.
                      qu’est-ce qu’il reste ? Les artisans, évidemment sont difficilement délocalisables ; quand on a besoin d’un plombier en urgence, s’il doit venir de Chine, ça va pas vraiment le faire...
                      Les profs ? Dans une de ces dernières « prédictions », Attali nous vante l’avantage des futures machines à enseigner (vous croyez qu’il fume des trucs Attali.... ?) donc nos copains de l’éduc’ nat’, non contents de voir leurs effectifs sabrés par le pouvoir en place, ont peut être du souci à se faire....

                      C’est pourquoi nos chers patrons prennent un malin plaisir à publier des annonces auxquelles personne ne peut répondre.
                      En caricaturant, ça donne ça :
                      1/ être diplomé au moins bac +5
                      2/ avoir 10 ans d’expérience.
                      3 / avoir moins de 25 piges. (après trop vieux, pas adaptable trop exigeant pour le salaire....)

                      quand on sait en moyenne que le bac s’obtient à 17 piges, on rentre pas dans l’exigence.
                      L’idéal c’est d’avoir le bac vers 8/9 ans !

                      Toutes les histoires ensuite de formation, d’adaptabilité, tout ça c’est de la foutaise, mais ça enrichit des gens comme l’auteur du papier ou le fameux Novatem !
                      C’est de la foutaise, du cosmétique, comme soigner un cancer avec des cendres de mulot......

                      Histrion l’a bien analysé :il n’y a pas de boulot, il y en aura de moins en moins !

                      Alors question, comment toutes ces grandes entreprises vont-elles écouler leurs saloperies mercantiles, quand plus personne n’aura de thunes pour les acheter ????

                      Parce que c’est pas le pauvre esclave chinois ou indien avec ses 120 euros de salaires mensuels qui va les acheter vos téléphones-qui-font-tout-avec-une-pomme-entamée-au-dos ?

                      Rappeler vous Shakespeare :« there is something rotten in the kingdom of Denmark »

                      Remplacez juste Denmark, par « système néolibéral prédateur. »

                      H/


                    • surfeur 16 novembre 2009 20:58

                      Tout faux...

                      Du boulot il y en a. Il y a même beaucoup de travail à faire.

                      C’est juste qu’on ne prétend pas offrir des rémunérations décentes pour le faire ; lorsque les yes men proposent l’esclavage comme réduction des coûts, personne ne s’offusque.


                    • CoolRaoul CoolRaoul 16 novembre 2009 12:42

                      Parmi les « réflexes a proscrire » vous avez oublié (quoi que certains peuvent être considérés comme corollaire des autres items) :

                      • être marié
                      • avoir des enfants jeunes (et s’en occuper)
                      • avoir une vie sociale (des amis avec lesquels les relations ne se limitent pas a l’email par exemple)
                      • maintenir des relations régulière avec les autres membres de sa famille
                      (ces trois précédents étant assez incompatibles avec la mobilité)
                      • avoir des problèmes de santé
                      • avoir plus de cinquante ans
                      • avoir un patronyme qui ne cadre pas suffisamment avec l’identité nationale
                      liste a compléter...

                      • M.Junior Junior M 16 novembre 2009 13:04

                        Comment perdre son employabilité ?

                        1 - Ne pas identifier le cœur d’emploi auquel on appartient
                        Coeur d’emploi ?

                        2 - Ne pas avoir de stratégie d’emploi
                        Auto-diagnostic Emploi ?

                        3 - Se positionner dans la semaine des métiers
                        Le planning de l’emploi durable ?

                        En attendant, le travail se meurt avec :
                        Sa mise à mort

                        L’intérim te tend les bras
                        Crok Intérim ou l’intérim décomplexé


                        • Nico Nico 16 novembre 2009 13:28

                          Prêcher pour la paroisse de l’ « employabilité » en culpabilisant le demandeur d’emploi sur ses compétences, sa vie, ses idéaux... C’est tellement facile...

                          L’auteur, à me sens gagnerait pas mal à ouvrir les yeux sur la répartitions des richesses, et à s’interroger sur son influence sur cette employabilité qu’il souhaite améliorer.Autrefois, en me protégeant de toutes idées passéistes, avant que les multi-nationales gouvernent les choix politiques, chacun avait sa place sur le marché de l’emploi et dans la société (et ceci n’a d’ailleurs jamais empêché de voire grandir nos richesses et conditions de vies ou défendu le passéisme... puisque nous en sommes le fruit) ... pourtant ces hommes n’étaient pas plus incompétents ou plus feignants que nos contemporains...Aussi leur lancer une anathême me semble plutôt être une maladresse stérile, voire un contre-sens pour le bonheur des peuples et surtout un faux ennemi du chômage. Certes la mondialisation force la compétivité...mais l’équilibre ne pourrait pas être envisagé autour d’un modéle plus humain plutot que celle de la courses aux armements ? ( metaphore / courses aux points de l’auteur)
                          Ceci n’empêchant pas une culture de certains points proposés par l’auteur mais impossible de considérer ces derniers comme la « conscience de notre employabilité »

                          Pour soigner un mal il faut le faire à la racine ... Un baume apaisant soulage, certes, mais ne guérit pas et au final permets aux maux de s’incruster plus profondément.


                          • Internaute Internaute 16 novembre 2009 13:43

                            J’ai rarement lu un tel tissu de conneries. Les 10 points sont vrais mais sont 10 petits détails minuscules dans l’immensité des raisons qui nous poussent dans la misère.

                            Il faudrait remplacer ces 10 points par un seul.

                            1 - Le plus sûr moyen d’être inemployable est de continuer à voter pour des députés mondialistes qui considèrent qu’on n’a pas besoin d’ingénieurs en France puisque les chinois et les indiens sont aussi bons ni d’ouvriers en France puisque les chinois et les indiens sont moins chers. Tant que la politique française et européenne sera gérée par des tordus de cette espèce, vous êtes INEMPLOYABLE, quelque soient par ailleurs vos efforts.

                            Je sais, je fais une digression, le sujet central de la politique française étant aujourd’hui de savoir si les parents ont le droit de donner une fessée à leur gamin ou s’il faut les punir avec la plus extrême sévérité.

                            Pauvre de nous.


                            • Vilain petit canard Vilain petit canard 17 novembre 2009 11:23

                              Vous avez raison, c’est à pleurer.

                              Je vous signale qu’il faut aussi débattre avec la plus extrême urgence de l’interdiction des terrasses chauffées pour fumeurs, qui niquent la couche d’ozone...

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