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Comment se comporter en un lieu de mémoire

En direct de ma segpa

L'expérience est-elle reconductible ?

JPEG - 9.6 ko

Ce matin-là, après quelques semaines de préparation, j'accompagne un groupe de vingt adolescents de 15 ans au mémorial des enfants du Vel d'Hiv. Je souhaite accorder grande importance et solennité à cette sortie. Les élèves sont mis en garde sur l'importance d'un comportement exemplaire. Pourtant dans le lot, il y a quelques garçons ingérables dont un individu hurlant à l'issue de la projection d'extraits du film « La Rafle » : « Vive Mohamed Merah ! »

Pour éviter les mauvaises surprises, renforcer si c'est possible encore les précautions oratoires, je leur demande de lire le compte rendu de la visite de leurs camarades de l'an passé. Sera-ce suffisant pour ne pas connaître des dérapages ? Nous le verrons bien ... Je m'interdis pourtant d'éliminer quiconque pour cette sortie. Ai-je raison ? L'expérience des uns profitera-t-elle aux autres ?

Texte lu avant de partir ...

Sur le chemin et dans le bus, ils se réfugient tous sous les casques ou derrière leurs téléphones. Bien que ce soit en principe interdit lors d'une sortie scolaire, je fermai les yeux. Je ne voulais pas créer de problème, seul l'après importait pour toi. Curieusement, pas de bruit, pas de conversation. À la descente du bus, les musiques sont coupées sans qu'il soit besoin d'insister. Redoutent-ils cette confrontation à un passé peu glorieux, à une tragédie monstrueuse ?

Nous rentrons dans le mémorial. Un garçon siffle. Je lui demande de cesser, lui affirme que ce n'est pas le lieu. Il s'étonne, m'interroge avec un petit rire narquois : » On n'a pas le droit de siffler ici ? » comme si la question se posait en ces termes. Nous le retrouverons tout au long de ce récit, louvoyant entre écoute et ennuie, indifférence et curiosité sans jamais savoir où et comment se situer dans une histoire qui ne sera jamais la sienne …

Nous pénétrons dans cette cour. Au fond, la façade d'une cabane issue du camp d'internement de Beaune La Rolande, le portrait d'Aline, une enfant, victime innocence de la rafle et qui ne revint jamais de son si long voyage. Les visages se font immédiatement graves à l'exception de notre siffleur qui se chamaille avec un comparse. Ce n'est la l'endroit pour se donner des coups, j'observe silencieux, je crains la suite.

Les élèves se regroupent autour de l'animatrice. Elle sait les prendre par l'émotion. Bien vite, Aline semble faire partie du groupe, les filles surtout la regardent étrangement, comme si elle était des leurs. C'est un silence auquel ils ne m'avaient, depuis le début de l'année, jamais habitué. Malgré tout, les garçons ont tous les mains dans les poches, une manière de se donner de la contenance sans doute mais une façon d'être qui me choque et qu'il faudra reprendre par la suite.

Nous nous installons dans une pièce vidéo pour regarder un film et comprendre la montée inexorable du nazisme dans l'Europe de cette époque pas si lointaine. Hitler est sur l'écran en image fixe. Un garçon sourit en prononçant son nom. Serait-il devenu simplement personnage de fiction ? Pourtant, durant la projection, pas de bruit ni de remarques. Je suis rassuré.

Nous entrons dans les salles d'exposition. Trois filles prennent des notes, elles remplissent des feuilles, m'expliquent qu'elles souhaitent faire un exposé par la suite. Les autres sont attentifs. Tous se rassemblent autour de l'animatrice. Tous ? Non. D... est scotché sur les panneaux et une vidéo traitant du camp de Jargeau. Enfant du voyage, il se sent concerné plus particulièrement par cet aspect de la visite. Nous y reviendrons ultérieurement.

Mon siffleur continue à ne pas se comporter tout à fait comme les autres. Il interpelle en vain, à tour de rôle ses camarades, il baille, il s'étire. Il s'isole, il s'assied quand les autres regardent les photographies et écoutent les explications. Non pas qu'il n'écoute pas, mais il ne peut rester concentré, il lui faut des moments de répit.

Il pose même parfois des questions, un peu en décalage car il ne parvient pas à suivre la présentation. Il regarde la liste de ceux qui partirent pour une destination terrible. Des noms qui défilent, des dates et des lieux de naissance. Il s'étonne que ces noms pour la plupart soient étrangers. Il n'en revient pas quand s'affiche la ville d'Oran. Cette histoire serait-elle universelle ?

La visite se poursuit. L'écoute est profonde, les mains ont presque toutes quittées les poches masculines. Seul mon Rossignol reste à l'écart, il me dit : « Je suis fatigué ! » Je lui permet de sortir pour prendre l'air, il refuse. J'ai l'impression qu'il comprend des choses mais qu'il ne peut s'autoriser l'attention comme tous les autres. Une posture qu'il convient de garder ?

Nous entrons dans la salle des enfants. Plus de quatre mille noms, des photographies quand il a été possible d'en trouver. Des prénoms, des noms et des âges, jeunes, si jeunes pour mettre le mot fin en bas d'une fiche matricule. Quelques bougies, c'est un lieu de mémoire et de recueillement, des familles viennent parfois ici, elles n'ont nul autre lieu pour commémorer ceux qui ne sont jamais revenus.

Ils avaient de 2 à 15 ans, ils restèrent un mois dans les camps de Pithiviers et de Beaune avant que de prendre le train pour rejoindre le sort qu'avait connu leurs parents. Ils firent ce voyage sous la demande insistante de la France, la honte s'ajoute à l'effroi. Les élèves perçoivent ces instants. Ils sont recueillis. Seul mon siffleur s'assied en ce lieu et cette fois, je lui demande de sortir car cela ne se fait pas !

Il est surpris. Il ne comprend pas ma réaction. Il n'est pas hostile, nulle marque d'antisémitisme dans ses remarques. Son attitude n'est pas de mépris ou d'indifférence. Il est ainsi et n'a pas intégré les attentes du moment. La dignité, étrange notion qui ne s'acquiert ni dans les livres ni devant la télévision. Comment lui faire comprendre ? Comment le toucher suffisamment pour que cette sortie soit pour lui un premier pas en ce sens ?

Nous sortons pour nous rendre dans une salle de travail. C'est le second volet de cette visite. J'ai souhaité que les élèves se préoccupent aussi du sort fait aux gens du voyage : Tziganes, Roms et Gitans. Dans notre département, le camp de Jargeau les accueillit de 1940 à décembre 1946, bien après la fin du conflit.

Ils doivent restituer les différentes étapes des tourments subits par Honorine Théodore et sa famille, une famille du voyage qui fut trimbalée de camp en camp dans un pays qui les considéraient comme indésirables. Ils doivent restituer les documents dans l'ordre chronologique, faire le tri entre documents officiels et pièces privées, pièces d'identité, carnet de voyage. Le substrat des historiens en quelque sorte.

L'émotion une fois encore passe. Je vois un des grands pénibles de la classe qui discrètement suce son pouce. Une marque secrète et jamais avouée d'un trouble qui ressurgit, d'une aventure personnelle faite d'abandon qui croise la grande histoire. Ils sont concentrés, studieux même. Tous ou presque, mon merle moqueur feint d'avoir ouvert la pochette de documents. Il n'en peut plus.

Il est plus de midi, nous avons dépassé le temps imparti. Pourtant, nous passons encore dans la salle vidéo, les élèves veulent poursuive ce chemin de mémoire. Un dernier film, une autre histoire personnelle, douloureuse, émouvante, terrible. Ils restent et sortiront du mémorial avec trente minutes de débours et un collège qui n'est pas à côté. Qu'importe !

Pourtant, soudainement, ils nous rappellent malicieusement que le temps n'avait suspendu son vol qu'un bref instant. Trois jeunes filles ont profité des salutations pour s'éclipser, aller manger en ville alors qu'elles sont demi-pensionnaires. La fin de la trêve, retour aux affaires ordinaires, la campagne peut recommencer.

Témoignagement leur.

 Vidéo pour se rappeler :


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79 réactions à cet article    


  • Elgo 23 janvier 2013 12:18

    Se rappeler, se rappeler, toujours se rappeler… Ça fait 70 ans maintenant, il serait peut-être temps d’oublier. Pourquoi cultiver ainsi une mémoire qui humilie les français ? Quel est l’objectif de cette transmission de la culpabilité sur plusieurs générations ? Je trouve cela malsain et, au passage, suspicieusement rentable.

    « Ils firent ce voyage sous la demande insistante de la France »

    Ils firent ce voyage sous la demande insistante du régime de Vichy. La France était à Londres et dans les maquis.


    • cogno4 23 janvier 2013 15:23

      Non faut pas tout mélanger.

      Se rappeler, il faut., on avait jamais industrialisé la mort à ce point, avec des buts clairs d’exterminations, notamment celle des Slaves.

      Le soucis, c’est la récupération et l’utilisation de l’Histoire par certains aujourd’hui.
      Déjà, il semble que seuls les juifs ont été victime de tonton Adolf.
      Et pour achever de vous convaincre, essayez de critiquer Israël, juste une petite critique, insignifiante....

      Ce dont il faut se rappeler, c’est avant tout le régime Nazi, et non se focaliser non seulement sur la déportation, mais sur la déportation des juifs, la est l’erreur, et la source de « gavage » actuel qu’il est aisé de faire passer pour de l’antisémitisme.


    • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 15:27

      cogno4


      Sans avoir les mêmes intentions que vous, nous n’oublions pas d’aborder les trois camps d’internement du Loiret dont l’un fut dédié aux Tsiganes et aux indésirables.

      Sans volonté antisémite j’espère, avec la justesse d’une analyse onjective de ce qui se passa à cette époque.

    • cedricx cedricx 23 janvier 2013 15:45

      Pourquoi humilierait-elle les français ? L’Histoire est l’Histoire, souvent dans toute sa laideur, et nous n’en sommes pas responsable. Il est bon de se rappeler car l’histoire, on le sait, a la fâcheuse tendance à se répéter. Encore faut il que l’on ne choisisse pas certaines périodes au détriment d’autres. (Je ne crois pas qu’il faille organiser ces sorties obligatoires, un lieu de mémoire doit être visité par ceux qui en ressentent le besoin) 


    • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 12:30

      Elgo


      Il y a désormais des jeunes qui n’en veulent rien savoir ou qui ne peuvent se tenir dignement durant deux heures.
      Je sors du Cercil et je raconterai cette matinée qui me laisse épuisé et incrédule sur la stupidité de certains adolescents. heureusement que les autres ont eu un comportement exemplaire !
      à suivre demain

      • ZenZoe ZenZoe 23 janvier 2013 12:35

        Si je me mettais dans la peau de ces jeunes, franchement, cette visite me laisserait perplexe. D’un côté on leur explique toute la monstruosité (bien réelle) des actes datant de plus de 60 ans, de l’autre ils voient tous les jours à la télévision des horreurs commises maintenant et entendent les justifications foireuses des uns et des autres ! Que peuvent-ils bien en déduire ?

        Par ailleurs, peut-on imposer à d’autres de ressentir des émotions, du respect, de la solennité concernant un évènement quel qu’il soit ? Est-ce souhaitable dans un cadre éducatif ou tombe-t-on dans une manipulation plus ou moins ouverte ? Les enseignants sont là pour dire comment l’histoire s’est passée, le plus objectivement et le plus exactement possible, c’est tout. Ils ne peuvent imposer à leurs élèves la façon dont ceux-ci reçoivent cet enseignement et l’intègrent à leur évolution personnelle. Et l’enseignant n’a pas de commentaire à faire là-dessus. Enfin, c’est mon avis.


        • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 15:28

           ZenZoe


          L’acte éducatif conscite il me semble à mettre en perspective cette histoire avec des dérives actuelles. 

          C’est que que j’essaie de faire et ce n’est pas simple !

        • cogno4 24 janvier 2013 08:13

          D’un côté on leur explique toute la monstruosité (bien réelle) des actes datant de plus de 60 ans, de l’autre ils voient tous les jours à la télévision des horreurs commises maintenant et entendent les justifications foireuses des uns et des autres ! Que peuvent-ils bien en déduire ?

          Juste un truc, voir des images, c’est bien, voir les lieux ou des objets en vrai, c’est totalement autre chose, c’est la différence entre l’abstraction (l’image), et le concret (réel qu’on peut toucher), et le second marque bien plus que le premier.


        • L’Ankou 23 janvier 2013 12:51

          Sur la dignité et la façon dont elle s’inculque, je n’ai évidemment aps de solution, mais effectivement, si siffler est un droit qu’on ne perd pas dans les lieux de mémoire, ce qu’on peut y perdre, c’est l’estime. L’estime des autres, l’estime de l’enseignant ou de l’accompagnateur... L’estime de soi, aussi... Est-ce que vous mettez le contenu de ces mots dans ce que vous appelez « dignité » ?

          Ne sont-ce pas là des arguments audibles même par les perturbateurs dissipés ? N’ont-ils pas assez le sens gréagaire pour que l’estime des autres leur soit indifférent ? Je n’ai rien contre l’idée de se singulariser, mais tous les droits et toutes les libertés ont pour contrepartie qu’on est jugé à la façon dont on en use. Est-ce ce levier qui manque à certains ? Les autres ont-ils validés cette façon de se singulariser en y répondant par l’ostracisme, par la mise à l’écart, par une désapprobation lisible dans les postures ou les regards ?

          Quoi qu’il en soit, bon courage et merci de l’initiative autant que du compte rendu que vous en faites.


          • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 15:31

             L’Ankou


            Au bout d’une hjeure trente de comportement parfait, les insultes, les sifflements, les coups sont arrivés. Dans un tel lieu, c’est inacceptable même si ce n’est le fait que de 4 garçons sur 20 élèves qui pour les autres furent exemplaires.

            Que faire ?

            Pourquoi ont-ils si peu de dignité ?

          • lulupipistrelle 23 janvier 2013 13:01

            Siffler en compagnie est tout simplement mal élevé... 


            Votre huron, ne serait-il tout simplement pas initié au code de notre politesse ? peut-être une simple conversation pour lui expliquer qu’il y a un code à observer uniquement pour se simplifier la vie, et ne pas avoir à réfléchir en permanence à la contenance à prendre dans telle ou telle situation. 

            • lulupipistrelle 23 janvier 2013 13:32

              Oui je me relis, et je vois que je trouve tout simple... 


              Une question : ces sorties ont-elles un caractère obligatoire ? si non, vous pouvez vous comporter en père de famille : les briefer avant, les débriefer après...

              Pourquoi ne pas leur offrir la possibilité de suggérer des destinations de sortie ? en discuter tous ensembles et voir comment les plus motivés obtiennent l’assentiment de leur copains ? 

              J’avoue que je n’ai jamais été dans un lieu de mémoire, et donc que je n’y ai jamais traîné mes enfants. En revanche expos et musées...

            • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 15:31

               lulupipistrelle


              Est-ce à l’école de devoir rappeler celà ?

              Je suis navré, il y a des lacunes quelque part !

            • lulupipistrelle 23 janvier 2013 16:50

              Ah ça oui... mais bon les sorties ne sont-elles pas un peu l’occasion de quitter l’institution...et d’être vous-même ?

               

            • Jimmy 23 janvier 2013 13:14

              un article pour un gamin qui a sifflé

              @ l’auteur

              vous ne vous êtes pas demandé pourquoi cet adolescent a choisi de marquer sa désaprobation, vous vous contentez de juger

              vous êtes sensé enseigner des choses aux élèves, la visite d’un mémorial ne leur apporte aucune connaissance, cela permet juste à l’enseignant de se faire bien voir


              • oncle archibald 23 janvier 2013 14:17

                « la visite d’un mémorial ne leur apporte aucune connaissance »

                Whawwwh ! Il fallait oser .... 

                Et venant d’un adulte c’est encore plus intriguant qu’un ado siffleur mal dans sa peau qui a choisi de se singulariser en toutes circonstances et qui se rend compte que dans ces circonstances là ça ne marche pas comme d’habitude ... Finalement Jimmy vous avez peut être exactement la même démarche ....

              • cogno4 23 janvier 2013 15:16

                vous êtes sensé enseigner des choses aux élèves, la visite d’un mémorial ne leur apporte aucune connaissance

                La j’avoue, joli.
                T’aurais peut être du visiter plus de mémoriaux et autres musées... enfin je dis ça....


              • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 15:32

                Jimmy


                Je vous en prie dénoncer moi à l’inspection académique.
                Je suis un enseignant indigne !

              • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 15:33

                cogno4


                Les bras m’en tombent ...

              • Jimmy 23 janvier 2013 17:57

                et bien allez-y, éclairez ma lanterne, qu’ont donc appris ces jeunes de si important ?


              • oncle archibald 23 janvier 2013 18:03

                « Visiter un mémorial est hors propos... et n’apporte strictement rien dans le cadre de l’enseignement ... »

                L’école de la république n’est elle pas censée apporter aux enfants de quoi juger par eux même de la « valeur » de certains faits historiques ? Voir de la « propagande » dans une visite au mémorial de la rafle du vel d’hiv me laisse rêveur sur les « valeurs » qui comptent aux yeux de l’auteur de ce post ... et je n’aimerai pas habiter dans le même immeuble que lui à la prochaine guerre, des fois que ce soient les mecs un peu corpulents qui seraient recherchés par la police ... 

                C’est peut être simplement pour aider les enfants à prendre conscience que n’importe qui peut dénoncer n’importe qui et l’envoyer à la mort « en sifflotant », comme ça, juste par idéologie, ou par trouille, ou par vengeance, que cette visite avait un intérêt majeur .... 

              • oncle archibald 23 janvier 2013 18:05

                Jimmy ! C’est écrit dans le sous titre ! 

                L’expérience est-elle reconductible ? Au vu de certains posts la réponse n’est pas équivoque, c’est oui !

              • C'est Nabum C’est Nabum 24 janvier 2013 07:21

                Alain Colignon 


                Nous avons un désaccord de fond !


              • cogno4 24 janvier 2013 08:15

                et bien allez-y, éclairez ma lanterne, qu’ont donc appris ces jeunes de si important ?

                Comme il suffit de réfléchir un peu pour avoir la réponse, il semble que tu ne sois pas câblé pour comprendre.


              • Laurent C. 23 janvier 2013 15:37

                Nabum,

                Pas facile à appréhender cet aspect de l’histoire. 
                Déjà pour des adultes, à lire les commentaires, c’est un rappel difficile d’une histoire contemporaine. Difficile de regarder en face la barbarie humaine, les preuves implacables.

                Il ne s’agit pas d’un devoir de mémoire, c’est un terme un peu idiot, car c’est l’histoire. On ne peut pas s’appesantir ou occulter telle ou telle partie de l’histoire. On ne peut pas trier les évènements suivant ses envies.

                Pour vos élèves, le choc est peut être pire encore :
                Voir ces enfants (et ados), rejetés de la société dans laquelle ils vivaient, séparés de leurs parents, parqués à l’écart pour être finalement déportés.

                Vos élèves qui se sentent déjà rejetés de notre société, parqués dans votre segpa séparé du reste de l’établissement, dans un bâtiment délabré. Vos élèves ont dû le vivre un peu plus intimement et faire le rapprochement avec leur propre situation.

                • C'est Nabum C’est Nabum 23 janvier 2013 15:40

                  Laurent


                  À lire certains commentaires, on se dit que des faits similaires peuvent refaire surface.

                  C’est pour ça qu’il faut évoquer cette période en dépit des négationistes de tous poils. J’ai honte de lire certains messages. 

                • jako jako 23 janvier 2013 15:56

                  et bien vous savez quoi Nabum, vôtre témoignage m’a beaucoup ému, merci .


                  • C'est Nabum C’est Nabum 24 janvier 2013 07:22

                    jako


                    Il est heureux de toruver un peu d’humanité ici Merci !

                  • C'est Nabum C’est Nabum 24 janvier 2013 07:23

                    Alain Colignon


                    Il est urgent de signaler mon existence aux autorités académiques

                    Ne vous génez pas

                    IA du Loiret
                    Rue Eugène Vignat
                    45 000 Orléans


                  • MARMOR 23 janvier 2013 16:32

                    Vous raisonnez en adulte pour juger du comportement d’enfants qui pour la plupart ne savent pas de quoi on leur parle, ont une très vague idée de la 2ème guerre mondiale, de la shoah et du nazisme, et c’est bien comme ça ! Ils ont largement le temps de prendre conscience de la folie des hommes, laissons leur leur innocence. Vous etiez comment à leur âge ?


                    • Raymond SAMUEL paconform 23 janvier 2013 17:03

                      L’auteur,

                      Vous avez bien fait et bien rendu (avec discrétion) la visite.
                      Je pense que le siffleur n’était pas le seul à refuser la collaboration. La rafle du vel d’iv, pour eux, ne doit guère avoir plus d’actualité que le siège de Babylone.

                      Il y a « matière à penser ». Ce pourrait être un sujet de philo, pour lycéens, mais surtout pour adultes. Edifiant peut-être quant à ce que ce drame inspire réellement aux uns et aux autres.

                      Tous les ans nous faisons (les « pionniers du Vercors ») notre « devoir de mémoire » en fleurissant les stèles des fusillés (trois fusillés dans le pré voisin).
                      Deux drames similaires. Je pense que nous devons faire beaucoup plus qu’un devoir de mémoire, nous devons chercher à bien connaître la gènèse de ces événements et le pourquoi des comportements de la police française qui a tout simplement OBEI (pour être assermentés leur hiérarchie leur avait fait jurer devant un tribunal, d’obéir ,de servir). De même les soldats allemands ont obéi, persuadés qu’ils devaient tuer, brûler des ennemis hors la loi.
                      Oui, il y a matière à penser. A penser notamment à l’éducation classique qui apprend l’obéissance aux enfants, à nôtre culture hiérarchique et autoritaire, à l’apprentissage de l’antagonisme, aux carences affectives dues à la désintégration de la famille (annihilant empathie et autres émotions).
                      Pour agir contre la reproduction possible de ces drames, il faudrait qu’une majorité de personnes sachent où sont leurs causes premières. Comment développe-t-on ce besoin de domination qui dort au fond de chacun de nous jusqu’à accepter d’écraser l’autre, même lorsque cet autre est un inconnu à qui on n’a personnellement rien à reprocher ?


                      • C'est Nabum C’est Nabum 24 janvier 2013 08:27

                        paconform


                        Merci

                        J’avoue qu’à la lecture de certains commentaires je suis de plus en plus convaincu de la nécessité de cette visite

                        Il y a des ressemblances étranges avec une époque qu’on veut nous dire révolue !

                      • C'est Nabum C’est Nabum 24 janvier 2013 17:31

                        Alain Colignon


                        Si ce snetiment est injuste vis à vis de vous qui pour n’être pas d’accord cherché à défendre un point de vue respectacle, mon exaspération vient de quelques commentaires qui portent en eux les ferment de la haine, de l’antisémitisme souvent (et j’en ai des exemples au collège) et de la plus parfaite intolérance.

                        Que je me sois montré ainsi me chagrine surtout envers vous. relisez un peu tout ce flot de propos haineux et vous comprendrez ma glissade.

                        Veuillez accepter mes excuses

                      • cedricx cedricx 23 janvier 2013 17:50

                        Le génocide vendéen est lui par contre complètement occulté !


                        • C'est Nabum C’est Nabum 24 janvier 2013 17:17

                          cedricx


                          On compte sur vous pour dresser un mémorial qui s’impose également !

                        • Dolores 23 janvier 2013 18:02

                          Cette « Histoire » que vous voulez faire intégrer à vos élèves est ancienne de 68 ou 69 ans.
                          Pour eux, elle n’est pas proche, elle date du siècle dernier.
                          La mémoire c’est une chose qui se transmet aussi d’une façon familiale.Or les parents et les grands-parents de ces enfants n’ont pas connu cette époque.
                          Pourquoi devraient-ils se sentir concernés ?

                          Quand j« étais lycéenne, mon prof d’histoire nous avait montré des documentaires sur les camps.Nous avions tous pleuré.
                          Mais la guerre était proche de nous, à peine 16 ans après sa fin. Et nous avions tous eu des parents prisonniers ou tués dans nos familles.
                          Nos grands -parents avaient aussi connu 14-18 et son lot de morts.

                          Depuis un certain nombre d’année, la repentance étant rentrée dans les mœurs politiques ordinaires, les médias nous bombardent de documentaires sur la déportation des juifs et notre ignominie.
                          J’avoue que j’en suis devenue agacée, car il s’agit toujours et encore, 68 ans après, de placer au pinacle des morts les mêmes Juifs.
                          Personne ne semble se rappeler qu’il y a eu pendant cette guerre 60 000 000 morts et que les juifs n’en représentaient que le dixième.
                          Oui, l’horreur se trouve dans le fait que cette tuerie était dirigée contre un peuple et qu’elle a été »industrialisée« , mais on oublie volonters que les roms, les tsiganes étaient visés de la même façon, pourtant personne ne parle d’eux, ne visite leur lieux de mémoire.
                          Ils vivaient en marge de la société bien pensante de l’époque, comme aujourd’hui encore.
                          Ils n’ont donc aucun intérêt et ne feront pas pleurer dans les chaumières.

                          Pourquoi ne jamais parler de ces soldats qui se sont battus et sont morts pour que nous puissions vivre libres ? Ils ont leurs lieux de mémoire qui ne sont guère fréquentés plus d’une fois par an par les officiels et de moins en moins de rescapés.
                          Des victimes, il y en a eu, pour lesquelles on ne pleure plus depuis bien longtemps : les veuves, les orphelins.
                          La mémoire est devenue tellement sélective qu’on ne s’incline plus que devant une certaine catégorie de victimes.Vous contribuez à »formater« vos élèves dans la pensée que les seuls morts de 39-45 qui ont un intérêt dans le devoir de mémoire sont les juifs et que tous les autres ne sont que détails.
                          Vous êtes aussi, à votre manière, un négationniste.

                          Ne vous plaignez pas, ce »devoir de mémoire", c’est vous qui l’avez imposé autoritairement et vos élèves ne se sont pas si mal conduits. Prenez un peu de recul sur vos propres sentiments et motivations.
                          Pourquoi vouloir leur faire adopter un comportement stéréotypé alors qu’ils ne sont pas concernés par des événements anciens pour eux ?

                           


                          • Laurent C. 23 janvier 2013 19:56

                            Dolores,

                            Pourquoi devraient ils être concernés, parce que le monde dans lequel on vit aujourd’hui en découle en partie.
                            Il est vrai qu’il ne faut pas réduire le 2° guerre mondiale au seul génocide des juifs. Sur 60 millions de morts, la moitié sont russes (les russes prisonniers des allemands ont fini au goulag une fois « libérés »), aucun pays n’a été exemplaire ( nos gentils libérateurs ont eu quelques « débordements » d’homme en mal de femmes depuis longtemps).

                            Mais sans ce génocide, l’état d’Israël n’existerait probablement pas. Le monde d’aujourd’hui en serait très différent.


                          • C'est Nabum C’est Nabum 25 janvier 2013 17:45

                             Dolores


                            Madame, vous me faites très mal.

                            C’est la troisème année que je conduis des groupes réfléchir sur ce qui se passa dans le Loiret il y a si longtemps pour vous qu’il ne faut plus en parler. Chaque année, il y avait dans mes élèves un descendant des Tsiganes internés à Jargeau jusqu’en décembre 1945 (ça ne vous dit rien cette date !) Alors, non, je n’oublie pas ce peuple martyre lui aussi et votre remarque est particulièrement humiliante.

                            Chaque fois la viste a été préparé en rappelant ce point essentiel.

                            Merci de ne plus l’oublier.

                          • Dolores 26 janvier 2013 14:03

                            Je crois seulement que pour des ados d’aujourd’hui, la guerre de 39-45 paraît aussi éloignée que la bataille de Marignan ou celle de Bouvine.ou la retraite de Russie.

                            Si nous, adultes, on nous emmenait sur le lieu où celles-ci se sont déroulées aurions-nous l’attitude adéquate ou nous conduirions-nous comme des élèves indisciplinés.

                            Rien ne laisse supposer que cette visite ne les a pas touché sans qu’ils le montrent.


                          • non667 23 janvier 2013 18:39

                            nabum en bon laquais du N.O.M. judéo américano mondialo capitaliste joue sur l’émotionnel pour faire passer son bourrage de crane abusant de son pouvoir ! il brosse ses supérieurs dans le sens du poil veut finir inspecteur et ne plus avoir à supporter les élèves ?

                            réduire 39/45 à la shoa et la shoa en conséquence inéluctable du fascisme n’explique en rien l’origine du conflit et interdit même d’en parler (gayssot ) !

                            dans la mise en garde liminaire à la lecture de mein kampf il est écrit :

                            À la fin de « Mein Kampf », Hitler écrivait : Si l’on avait, au début et au cours de la guerre tenu une seule fois douze ou quinze mille de ces Hébreux corrupteurs du peuple sous les gaz empoisonnés que des centaines de milliers de nos meilleurs travailleurs allemands de toute origine et de toutes professions ont endurés sur le front,(14/18 ) le sacrifice de millions d’hommes n’eût pas été vain. Au contraire, si l’on s’était débarrassé à temps de ces quelque douze mille coquins, on aurait peut-être sauvé l’existence d’un million de bons et braves allemands pleins d’avenir.
                            +«  SI la juiverie internationale réussissait, en Europe ou ailleurs, à précipiter les peuples dans une guerre mondiale,(39/45 ) le résultat n’en serait point une bolchevisation de l’Europe et une victoire du judaïsme,mais l’extermination de la race juive en Europe. »

                             

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