Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Comment se loger quand on entre dans la vie active ?

Comment se loger quand on entre dans la vie active ?

Quand un jeune majeur a trouvé du travail, le problème se pose pour lui de trouver un logement. Les offres sont nombreuses, mais les agences de location demandent des garanties que beaucoup de jeunes n’ont malheureusement pas. 

En région parisienne, il est assez rare de trouver un appartement de 40 m2 pour un loyer inférieur à 600 euros par mois, charges comprises. Les agences demandent les trois derniers bulletins de salaire. Si le salarié n’a pas un CDI et si son salaire net ne dépasse pas trois fois le loyer de l’appartement, il n’a aucune chance d’en devenir locataire. Or peu de jeunes entrent aujourd’hui dans la vie active avec plus de 1 800 euros net par mois, et avec un CDI, même quand ils ont un bac+3. Les agences de location font une exception quand la famille s’engage par écrit à payer le loyer en cas de défaillance. Dans ce cas, elles vont jusqu’à accepter un salaire net de deux fois seulement le montant du loyer. On peut aussi demander une garantie LOCA-PASS à un collecteur de fonds d’aide au logement tel que l’association Astria ou l’association Procilia, mais seulement si le bailleur est un organisme HLM. Il est difficile d’obtenir un logement HLM, parce que leurs gestionnaires sont assaillis de demandes et que le parc n’a pas tendance à augmenter. La situation n’est pas meilleure qu’en région parisienne dans les grandes métropoles régionales : Lyon, Toulouse, etc.
 
Ainsi, beaucoup de jeunes n’arrivent pas à se loger pendant les premières années de leur vie professionnelle. Certains sont hébergés par la famille ou des amis ; d’autres arrivent à trouver une place dans un foyer de jeunes travailleurs. C’est ce mode d’hébergement que nous allons présenter ici.
 
Le réseau national des foyers de jeunes travailleurs
 
Les premiers foyers de jeunes travailleurs sont apparus à partir de 1945. Ils ont formé des associations régionales, qui sont elles-mêmes membres de l’Union Nationale pour l’Habitat des Jeunes. Ce réseau, réparti sur 250 villes, rassemble environ 40 000 places et accueille chaque année près de 100 000 jeunes. Les FJT sont réglementés par le Code de l’Action Sociale et des Familles, ainsi que par le Code de la Construction et de l’Habitation.
 
Les principales ressources d’un FJT sont les subventions du Conseil Général, de la Ville, de la Direction Départementale des Administrations Sanitaires et Sociales (DDAS) et de divers autres organismes.
 
L’Union Régionale Ile de France  a été fondée en 1976. C’est évidemment la plus importante des associations régionales de FJT. Elle compte 72 foyers qui rassemblent 9 000 places et accueillent chaque année 14 000 jeunes. Les trois-quarts des places sont proposés en logements individuels. Certains foyers ont des appartements disséminés dans plusieurs immeubles d’un même quartier, d’autres ont tous leurs appartements groupés dans le même immeuble.
 
La vie dans un foyer
 
Le nombre de jeunes qui vivent dans un FJT est très variable, une centaine en moyenne. Nous prendrons l’exemple d’un FJT des Yvelines où 130 jeunes, 60 filles et 70 garçons, ont résidé l’année dernière. La moitié d’entre eux avaient un contrat précaire (CDD, CAE ou intérim) et gagnaient moins de 1 000 € par mois. Pour être admis dans ce foyer, il faut justifier d’un revenu mensuel d’au moins 650 €. La plupart des jeunes y sont restés plus d’un an, le temps de stabiliser leur situation professionnelle et de faire les démarches pour accéder à un logement autonome. Ils ont été aidés en cela par le personnel du foyer, au nombre de neuf personnes, dont quatre animateurs et animatrices.
 
La redevance d’un jeune de ce foyer était de l’ordre de 400 € par mois en 2009, variant légèrement suivant le type de l’appartement. Cette redevance est révisable chaque année. Elle comprend le loyer, les charges, des prestations collectives et un accompagnement social individualisé.
 
Les prestations collectives comportent des soirées d’information sur l’accès aux soins, l’accès au logement, les pratiques alimentaires, la déclaration de revenus, etc. Elles ont lieu dans une grande salle commune où chacun peut avoir accès à Internet grâce à une batterie d’ordinateurs. Elles comportent aussi des soirées festives et des sorties culturelles. Le foyer ne sert pas de repas ; tous les appartements ont un coin cuisine.
 
L’accompagnement social individualisé comporte l’explication des démarches administratives, de l’aide pour la constitution des dossiers, des conseils pour la recherche d’un emploi, et parfois même l’accompagnement d’un animateur à la mairie, à la préfecture, etc.
 
En 2009, ce foyer a reçu 200 candidatures dont 30 % ont été acceptées. Les candidatures sont examinées en commission. Le nombre de candidatures est en baisse, sans doute en raison de la crise économique. Beaucoup de demandes sont écartées d’office, le jeune ayant une situation trop précaire ou des ressources insuffisantes.
 
L’avenir des FJT
 
Les restrictions imposées aux collectivités locales font que les subventions accordées aux FJT, indispensables pour leur avenir, ont tendance à diminuer. Or les redevances payées par les jeunes couvrent à peine la moitié des dépenses de fonctionnement. De plus, les locaux sont souvent vétustes et doivent être remis aux normes. Des programmes de réhabilitation sont en cours dans un grand nombre de FJT de la région parisienne. L’Union Régionale Ile de France annonce que le tiers de ses FJT est menacé de fermeture.
 
Nous avons vu que les services d’un FJT ne se limitent pas à un simple hébergement, car l’insertion est une autre partie essentielle de leur mission. L’insertion permet à chaque jeune de s’inscrire dans un parcours résidentiel cohérent en lui donnant accès à des dispositifs adaptés à sa situation. Le manque de logements sociaux fait que la durée du séjour a tendance à s’allonger. Il ne faudrait pas pour autant que les FJT soient considérés comme une solution provisoire à la crise du logement. 

Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (16 votes)




Réagissez à l'article

16 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 24 juin 2010 11:57

    le reve de hirsch et du bruxman
    le pauvre vit dans une piece
    par contre, ils ont le droit de faire la fete. pas bien !


    • Leila Leila 24 juin 2010 23:20

      Je remercie ceux et celles qui ont lu cet article, et j’espère qu’il pourra leur être utile. Les personnes inscrites à AgoraVox s’intéressent davantage au foot qu’aux jeunes travailleurs sans ressources, d’où le manque de réactions, mais c’est vraiment sans importance.


      • foufouille foufouille 25 juin 2010 09:54

        tu as oublier le PASS-GRL comme caution
        assurance deductible des impots


      • yvesduc 25 juin 2010 21:10
        Leila, merci pour cet article très intéressant. Les prix de l’immobilier sont délirants en ce moment, ce qui n’arrange rien. Le Tunnel de Friggit est complètement perforé. Que les choses reviennent à la normale et ce sera déjà pas mal, pour les jeunes locataires comme pour les primo-acquérants.

        Pour ce qui est des réactions, il me semble que votre article est paru en début d’après-midi, au lieu de 11 h, de sorte qu’il a raté le rush de midi. En compensation il a dû être retiré plus tard. Ça m’est arrivé récemment. smiley

      • gimo 24 juin 2010 23:38

        l’auteur 


         bon article
        même le foyer c’est   cher 400€ pour une chambre

        c’est à peu près 50% de leur salaire
        mais c’est mieux que rien  il faut être jeune pour accepter ce mode de logement !!!enfin !!

        l’egoîsme est la règle dans cette société de petits voleurs sans conscience
        qui se veut des gens respectableen réalité des pourris  et le mot est faible
        merci pour cet article

        • foufouille foufouille 25 juin 2010 09:51

          @ gimo
          le loyer est pour paris
          on trouve moins cher ailleurs, mais cher quand meme pour ce que c’est et les subventions verses


        • zadig 25 juin 2010 06:47


          L’auteur,

          Merci, enfin un article positif traitant d’un problème réel.
          C’est l’une des conséquences du toujours plus.
          Je connais des propriétaires et bien pour eux le discours :
          « Je m’aligne sur le marché »

          Cordiales salutations.


          • foufouille foufouille 25 juin 2010 09:53

            @ james
            pas que les politiques
            les bailleurs preferent laisser pourrir leur logement plutot que de le louer moins cher


          • foufouille foufouille 25 juin 2010 13:30

            « les bailleurs devraient recevoir des »incitations« à faire ce qu’il faut.. »
            ils en ont deja
            ils payent une taxe d’habitation pour rien
            refuse le PASS-GRL
            et laisse pourrir leur bien
            en cas de location 0 reparation


          • M.Junior M.Junior 25 juin 2010 09:16

            Il existe aussi la location solidaire.
            Pour ceux qui commence leur vie professionnelle avec un contrat précaire type intérim, le FASTT met à disposition quelques conseils


            • Leila Leila 25 juin 2010 10:27

              M.Junior

              Merci pour les liens

            • gimo 25 juin 2010 12:24

              @ Leila 

               hors sujet mais tout est lier dans ce bas monde

              JE VOUS APPRECIE et notamment contre les expen  ....tionnistes 
              cordialement

            • gimo 25 juin 2010 12:32

              pardon     !!!!  ( tout est lié)


              • VivreDifferent VivreDifferent 25 juin 2010 21:09

                Une chose qui n’apparaît pas dans votre article, c’est les délais. Hors, pour moi, c’est crucial ! Je travaille par mission, et dois trouver un logement très rapidement, pour éviter de payer l’hôtel trop longtemps (qui coûte très cher, même les Formule 1 ou équivalent). Le HLM, il faut souvent compter des années, et les organismes divers et variés, même réactifs, il faut traiter les dossiers, d’où un délai éliminatoire pour moi. Il reste le locatif privé, je n’ai pas d’autre choix.
                600 euros par mois, c’est ce que je trouve pour un studio en région parisienne. Le dernier que j’ai eu, en banlieue, était malheureusement infesté de punaises de lit.
                Comme je gagne presque 2000 euros par mois (je suis ingénieur, 4 ans d’expérience), en CDI depuis 2 ans, j’arrive à louer un studio sans caution d’un tiers (mais on me l’a quand même demandée, et pour certains proprios c’est éliminatoire direct !)

                Sinon, il y a la colocation, à condition de ne pas envisager d’avoir une vie de couple et d’être facile à vivre, ça peut être très sympa, beaucoup moins de garanties à apporter et beaucoup moins cher. Et ça permet d’avoir une surface de vie décente, d’avoir plusieurs pièces, même si elles sont partagées. Si on arrive dans une nouvelle ville, une nouvelle région ou un nouveau pays, ça permet d’être moins isolé aussi.

                Mais la vraie solution, elle est bien sûr politique : construire des logements, faciliter l’expulsion de locataires indésirables ou mauvais payeurs, en contrepartie de quoi, l’Etat doit assumer enfin son rôle de fournir un logement pour tous (les propriétaires n’ont pas à pallier les déficiences de l’Etat), réviser le système d’aides au logement pour qu’il ne serve pas essentiellement à faire grimper les prix au lieu d’aider réellement les gens à se loger, ...


                • Leila Leila 26 juin 2010 12:33

                  VivreDifferent

                  Mais la vraie solution, elle est bien sûr politique : construire des logements...

                  Comme vous avez raison ! Dans cet article je me suis contentée de dire quelques petites choses que des amis m’ont fait connaître. Pour trouver un logement rapidement, on est obligé de chercher du côté des agences immobilières, et c’est la galère. C’est à cause du manque de logements que les prix sont si chers en région parisienne. 

                • MarionMC 8 septembre 15:36

                  Bonjour,

                  Si vous souhaitez trouver un logement bon marché de manière ponctuelle au sein de résidences mais également chez l’habitant, vous avez également le site MorningCroissant qui propose différents types de logements et fournit un contrat de location, une facture ainsi qu’une assurance !

                  Pas de garants et pas de frais d’agence.

                  https://www.morningcroissant.fr/

                  Bon courage dans vos recherches !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès