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Accueil du site > Actualités > Société > Conseil et orientation en ligne : Comète ou Planète ?

Conseil et orientation en ligne : Comète ou Planète ?

Après l’enseignement à distance, devenu e-learning sur le web, voici venir l’orientation à distance, connue aussi sous les vocables d’orientation en ligne ou webcounselling.

Dans un contexte marqué par la réduction drastique des personnels de l‘orientation scolaire, la cyber-administration performante, rêvée par l‘Etat, va-t-elle pouvoir s’appliquer à l’orientation scolaire et professionnelle ?

Sur le terrain, c’est oui, mais en apparence seulement !

Ainsi, soucieuse de devancer les recommandations des tutelles, l’Université s’est lancée en premier avec ses CyberSCUIO (1), nouveaux services présentés comme devant favoriser l’orientation et la construction du projet professionnel et personnel des étudiants. En fait d’orientation active, il s’agit plutôt de l’intronisation des nouveaux Environnements Numériques de Travail (ENT) qui proposent à l’ensemble de la communauté universitaire une palette d’outils pratiques allant du bureau virtuel, en passant par la plate-forme de cours en ligne, jusqu’à la documentation électronique (Jurisconsulte, banques de stages en ligne, dictionnaires en ligne, etc.).

L’Onisep (2) vient compléter l’offre de services en direction des collèges et des lycées.

La région Île-de-France n’est pas en reste qui joue la carte des 12-25 ans avec son site grand public (3) (lesmetiers.net), qui connaît un grand engouement (100 000 visites par mois). L’avantage incontestable de ce dernier est de proposer un ensemble de services totalement gratuits et, ceci, sans enregistrement préalable.

L’outil web vient ici en complément des dispositifs d’information et d’orientation existants pour permettre aux jeunes d’appréhender le panorama des métiers de manière plus interactive et d’en affiner la représentation. Outre des vidéos et des témoignages concrets sur les métiers, ce site propose près de 400 fiches métier et service gratuit d’orientation en ligne animés par une équipe de Copsy.

Pour autant, force est de constater que la question de l’orientation en tant que telle est à peine effleurée.

L’offre privée se signale de son côté par de redoutables business développeurs comme L’Etudiant, Phosphore, Studyrama, Capcampus (4).

Leur cible : les étudiants. Leurs sites web et publications foisonnants, salons métier/formation, un tantinet racoleurs, sont devenus leur marque de fabrique. Les organismes de formation constituent leur première source de revenus.

Menacée un temps d’être réduite à jouer les utilités dans ce business scolaire, l’Onisep cherche à exister, ce qu’elle ne manque pas de faire en inaugurant ses chats prestigieux (5), où des invités viennent tour à tour évoquer en live les sujets brûlants du moment.

En marge de ces initiatives, des sites d’information associatifs (6) ou institutionnels (7) ont fleuri, qui permettent aux internautes d’accéder, tantôt à des sources d’information pratiques et opérationnelles, tantôt à des rubriques de conseil visant directement les jeunes et leurs parents (8).

Leur utilité : permettre aux usagers de se repérer dans les méandres du système d‘information et trouver des balises pour découvrir et se familiariser avec les métiers et les formations qui y mènent.

Mais d’orientation et de conseil en ligne à proprement parler, de réponses précises quant à l’élaboration de votre projet d’orientation, vous n’en trouverez point sur ces sites bien intentionnés.

En fait, pour ce genre de services en ligne, il faut se résoudre à passer à la caisse.

Et là, vous entrez dans une jungle touffue (9) où guide et boussole sont nécessaires pour y voir clair et trouver son Nord.

Cette jungle, c’est le nouveau business du conseil en ligne, (coaching d’orientation, bilan de compétences en ligne). Un marché qui stimule les appétits au point de séduire des majors du soutien scolaire comme Acadomia ou, encore, Legendre...

Tout le monde s’y met, le marché s’agite, mais la question qui vient sur toutes les lèvres est la suivante : ce marché est-il viable et est-il réellement rentable ?

Encouragés par des publicités très agressives et devant la difficulté à trouver un conseil à la hauteur de leurs attentes, certains parents n’hésitent pas à mettre la main à la poche.

De plus, le climat fortement anxiogène autour des questions d’orientation exacerberait chez les parents les attentes à caractère magique.


Du coup, un malaise s’installe devant le développement frénétique de ces nouveaux opérateurs. Pour certains Copsy (Education nationale), pas de doute, ces officines cherchent à tirer profit de la vulnérabilité et de la crédulité des parents. De plus, eu égard aux tarifs pratiqués (300 euros en moyenne), ils craignent de voir s’installer un système d’orientation à deux vitesses. Pour eux, la marchandisation de l’orientation est en marche et constituerait une grave menace pour l‘équité du système.

Pourtant, en épluchant les professions de foi de ces nouveaux venus sur la toile, on s’aperçoit qu’ils n’ont pas hésité à faire leur petit marché au sein même de l’institution scolaire. Pour les Copsy, ces petits ménages à la sauvette venant de leurs collègues sont mal venus dans le contexte actuel de leur profession (10).

Mais que proposent ces nouvelles officines ? Des batteries de tests pour l‘essentiel, assorties de quelques recommandations du professionnel (tout cela en ligne bien sûr).

Si certaines offres peuvent le cas échéant rendre un réel service, le prix acquitté est-il alors pleinement justifié ? Surtout qu‘en cherchant bien, il est possible de passer certains de ces tests gratuitement sur quelques sites concurrents (11) qui eux se rémunèrent en recettes publicitaires.

Pour l’heure, la cible préférée de ces nouveaux prestataires de services est avant tout les jeunes (scolaires, étudiants). En effet, si le domaine des bilans de compétences fait l’objet d’une réglementation rigoureuse marquant clairement les limites de l’utilisation de techniques d’investigation des personnes, le domaine du conseil en ligne est, quant à lui, loin d’être balisé.

Et alors que leurs services se banalisent au grand dam des professionnels de l’orientation attachés aux vertus du présentiel, on constate qu’ils reçoivent un soutien inattendu des pouvoirs publics. Il est vrai que le ministère ne cache plus son intention de laisser jouer la concurrence. Libérer, rationaliser devenant le nouveau leitmotiv.

En réalité, la vraie question qui se pose maintenant est de distinguer parmi les demandes du public, celles qui peuvent être automatisées (sans intervention humaine, via un site web) de celles qui requièrent la médiation d’un professionnel expérimenté.

Pour ce qui a trait à l’information sur les métiers, l’apport d’internet est incontestable. Pour les professionnels comme pour l’usager, le web permet d’accéder aisément à une multitude de sources actualisées et actualisables en temps réel. La médiation du professionnel peut parfois être souhaitable, mais non nécessaire, du moins pour une majorité d’usagers.

En revanche, s’agissant de prestations d’accompagnement en orientation professionnelle ou de bilan de compétences, il apparaît que le conseil en ligne n’offre pas toutes les garanties souhaitées.

De plus, l’usager qui paye pour ce type de services n‘est pas à l‘abri de déconvenues. Les chartes qualité étant pour l’heure absentes de ce nouveau paysage virtuel, il est difficile pour l’usager de se repérer dans l’offre de services et, envisager un quelconque recours pour prestation défectueuse ou non satisfaisante, n’en parlons pas !

Comme le souligne une internaute échaudée, on frôle parfois le Quiz de l’été sur ces sites, « J’ai essayé plusieurs tests d’orientation en ligne et ça donne vraiment n’importe quoi : je devrais devenir plombier, prêtre (je suis pourtant une femme) ou expert comptable ».

On le voit, rien n’est encore joué et il appartient aux professionnels d’affirmer et d’attester au quotidien et sur le terrain de la valeur et de la primauté du présentiel sur le distanciel (12).

La manne publique étant aujourd’hui ce qu’elle est, il est clair que la riposte réside autant dans l’addition des task forces (Copsy, enseignants, CPE) que dans le développement harmonieux des sources d’information via le net.

Un pari qui est aussi conditionné par la capacité des jeunes et des familles à prendre leur part et à devenir des acteurs éclairés du processus d’orientation, plutôt que des consommateurs passifs et grincheux.

http://sites.univ-lyon2.fr/cyberscuio (1)

www.lesmetiers.net (3)

www.iece.info/Test_orientation/Informations.htm (9)

www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=32102 (10)

www.mon-qi.com/test-qi/test-d-orientation-en-ligne-gratuit.php (11)

http://web-serv.univ-angers.fr/pagdiv.asp?ID=764&langue=1 (12)

toporientation

www.orientation-metiers.fr (8)www.orientation-formation.fr (7)www.metiers.info (6)www.onisep-reso.fr/chats/metiers_2015/index.htm (5)www.capcampus.comwww.studyrama.comwww.letudiant.fr (4)www.phosphore.comwww.onisep.fr (2)


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9 réactions à cet article    


  • é-cop-on 12 décembre 2007 15:19

    Un pari qui est aussi conditionné par la capacité des jeunes et des familles à prendre leur part et à devenir des acteurs éclairés du processus d’orientation, plutôt que des consommateurs passifs et grincheux... Yohan, ton nouvel article a le mérite de bien résumer la situation sur ce marché (en ligne) de l’orientation... l’Etat laisse à l’entreprise privée tout ce qui peut éventuellement rapporter...Je ne suis pas en général anti-économie de marché mais là nous touchons à des besoins vitaux des familles pour avoir des renseignements fiables et échappant à tout mercantilisme...Si nous laissons s’installer ce genre d’officines, c’est accepter que notre société n’ait plus aucune valeur humaniste qui ne soit pas marchandisée... Au secours smiley


    • Yohan Yohan 12 décembre 2007 15:49

      D’autant que le service marchandisé (en ligne) dont nous parlons n’est pas vraiment à la hauteur pour l’heure. Trop d’amateurisme, trop de tests et pas assez de contenus.

      J’en profite pour remettre de l’ordre dans le méli mélo de sites internet qui s’est produit lors de la validation de l’article :

      1/ http://sites.univ-lyon2.fr/cyberscuio

      2/ www.onisep.fr

      3/ www.lesmetiers.net

      4/ www.capcampus.com

      www.studyrama.com

      www.letudiant.fr

      www.phosphore.com

      5/www.onisep-reso.fr/chats/metiers_2015/index.htm

      6/ www.metiers.info

      7/ www.orientation-formation.fr

      8/ www.orientation-metiers.fr

      9/ www.iece.info/Test_orientation/Informations.htm

      www.toporientation.fr/

      10/ www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=32102

      11/ www.mon-qi.com/test-qi/test-d-orientation-en-ligne-gratuit.php

      12/ http://web-serv.univ-angers.fr/pagdiv.asp ?ID=764&langue=1


      • Julien 12 décembre 2007 17:29

        Bonjour,

        Je suis assez d’accord avec l’article sauf lorsqu’on dit qu’il n’existe pas de système d’orientation en ligne gratuits pour les étudiants.

        Il existe en effet deux sites d’orientation en ligne :

        http://www.dimension-bts.com Ce site propose aux étudiants d’être mis en relation avec des écoles qui préparent aux 145 BTS en France. Le service de mise en relation est géré par les écoles elles même qui définissent les niveaux et les filières des étudiants qu’elles peuvent intégrer. Ainsi, lorsqu’un étudiant s’inscrit, il ne se voit proposer que les choix qui peuvent l’amener à une formation qu’il peut suivre. L’étudiant effectue ses choix et est mis en relation avec les écoles qui correspondent. Cela concerne tous les établissements d’enseignement supérieur (privés sous contrat, privés hors contrat, consulaires) sauf les publics qui eux, de toute façon, continuent dans la même voie qu’avant...

        Il existe aussi le site http://www.dimension-commerce.com . Le fonctionnement est le même que pour http://www.dimension-bts.com sauf que cela concerne les écoles de commerce, les écoles qui proposent des formations comptables (DCG, DSCG, DEC), les DEES, les licences pro (dans le domaine du commerce), les masters et les troisièmes cycles.

        L’avenir est en marche et heureusement smiley


        • Yohan Yohan 13 décembre 2007 11:33

          Sur ce site il est écrit « Je sélectionne le ou les BTS qui m’intéressent, un rythme de formation (alternance ou cycle classique) puis le département dans lequel je souhaite étudier ». Ce n’est donc pas à proprement parler un site d’orientation en ligne, (car la personne est déjà bien avancée sur ses choix, et il lui reste à trouver son école), mais plutôt un site d’information, voire de « routage » à mon humble avis. smiley

          De plus, le système de mise en relation proposé de type, je cite : « J’indique mes coordonnées, mon adresse email, mon niveau d’études actuel ainsi que ma filière. Je reçois ensuite un email qui comporte un lien vers la deuxième partie du formulaire. Ma demande est alors transmise aux écoles qui correspondent à ma recherche. Je reçois ensuite, sous différentes formes (email, plaquettes, ...), toute l’information dont j’ai besoin pour choisir ma future école ! » n’est pas un modèle de transparence, même si l’effort est louable.

          Enfin, j’ai cru apercevoir sur ce site un logo carte visa pour des services d’appui aux étidiants. tout n’est pas gratuit donc...

          D’autres sites associatifs ou institutionnels donnent aussi des listes d’écoles de manière exhaustive.


        • Julien 13 décembre 2007 15:29

          Vous avez en partie raison.

          L’information est la pour aider les jeunes à décider de leur orientation.

          Le formulaire est la pour l’aiguiller vers les écoles qui correspondent à ses choix.

          Ce n’est pas du routage mais du « matching ».

          D’un côté l’école ouvre et référence des formations en indiquant les niveaux et filières des étudiants qui peuvent intégrer cette formation (formation par formation + région + département + type de formation : cycle classique ou alternance...).

          De l’autre l’étudiant s’inscrit (1ere étape) puis fait ses choix de formation (il ne visualise que les formations qu’il peut intégrer : cela lui permet de gagner du temps).

          Aucun système informatique ne peut réaliser un bilan de compétence car aucun d’entre eux ne peut prendre en compte la part d’« humain » dans les choix.

          Cela dit, si vous connaissez un système plus performant que celui de http://www.dimension-bts.com ou http://www.dimension-commerce.com (et bientôt http://www.dimension-ingenieur.com), n’hésitez pas à me les indiquer. Des dizaines de milliers de jeunes ont trouvé leur école sur ces sites depuis trois ans.

          En fait, le fonctionnement côté étudiant a beaucoup d’avantages.

          le premier c’est l’info à disposition : c’est gratuit et complet (le plus complet possible : « sous entendu » on fait de notre mieux smiley ). Ce n’est plus la peine d’acheter des guides, etc....

          le deuxième c’est la plate forme de mise en relation. C’est comme sur un salon sauf que l’étudiant va directement vers les écoles qu’il peut intégrer (c’est l’avantage du « matching ») et qu’il reçoit toutes les infos dont il a besoin pour choisir son établissement en 5 mn et sans se déplacer.

          Concernant la carte visa, elle est liée à un service de résultats d’examens d’une entreprise partenaire du site mais ce n’est pas un service à proprement dit du site. Tout est gratuit pour l’étudiant au niveau de son orientation.

          concernant les listes d’écoles qui sont proposées sur d’autres sites institutionnels, cela ne permet pas à l’étudiant :

          - de savoir si il a le niveau pour intégrer une école
          - d’être mis en relation avec les écoles qui l’intéressent
          - de récupérer toutes les infos dont il a besoin, de manière ciblée, en quelques minutes.

          Si ça vous intéresse, je peux vous montrer comment ça se passe du côté école car le système est très évolué mais que cette partie la n’apparaît pas aux étudiants (c’est réservé aux écoles). Vous pourriez voir alors l’intérêt et la qualité du « matching » qui est réalisé (car renseigné directement par les écoles).


        • Yohan Yohan 15 décembre 2007 02:32

          Bon, on voit que vous êtes un vrai commercial, vous ne lâchez rien. Dites, votre rubrique forum ? il y a quelque chose qui me gêne, mais je n’arrive pas à trouver quoi smiley


        • Julien 17 décembre 2007 14:24

          Ah bon ?...

          Le forum est la pour que les étudiants échangent entre eux de l’info ou que les anciens élèves renseignent ceux qui souhaitent s’orienter dans certaines filières.

          Vous avez eu un problème d’accès ?


        • morice morice 12 décembre 2007 22:41

          Merci Yohan pour ce volumineux dossier et félicitations.


          • morice morice 12 décembre 2007 22:41

            Merci Yohan pour ce volumineux dossier et félicitations.

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