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Accueil du site > Actualités > Société > Contes à dormir debout pour parents étrangers

Contes à dormir debout pour parents étrangers

En Allemagne, dans bien des cas les couples mixtes doivent affronter une politique familiale destructrice et corrompue par des intérêts privés, lorsqu'ils décident de se séparer.

La tête malicieuse de notre fils joue à cache cache au détour d’un couloir et en riant essaie d’apercevoir la salle en haut des quelques marches, où un grand nombre de petits enfants vont et viennent derrière la porte vitrée. Petit sprint sur ses jambes encore arquées et dodues, le voilà qui va jusqu’à coller son nez contre la vitre, pendant que nous discutons avec une des éducatrices lors de l’inscription. A même pas deux ans, c’est rigolo de voir tant d’enfants réunis dans ce lieu. Ils sont 30 à l’étage, près de 140 dans le grand bâtiment.

Nous sommes dans une garderie du Jugendamt, une institution allemande bien spécifique, qui s’occupe de l’enfance et s’est fait connaître dans les médias allemands et internationaux pour avoir interprété d’une manière plutôt nationaliste la protection de l’enfance. L’intérêt supérieur de l’enfant se confond alors de façon aberrante avec l’intérêt supérieur d’une nation dont la natalité chute au point de ne plus permettre le renouvellement des générations. Les premières cibles sont les enfants binationaux de couples mixtes, qu’il faut à tout prix garder en Allemagne et germaniser par le biais de crêches et écoles maternelles subventionnées par l’Etat ou dépendant du JA, souvent les deux en uns pour économiser des moyens et accueillir le plus d’enfants possibles. Ce n’est pas bien sûr un but avoué, c’est la conclusion des associations de parents, comme le CEED (Conseil Européen des Enfants du Divorce), qui se bat depuis 10 ans contre des situations discriminatoires tout aussi aberrantes.

Pour le petit bout joyeux et curieux, c’est le désenchantement et même deux mois de larmes pour essayer de s’habituer à son grand groupe de tous les âges, 0 à 6 ans mais aucun du sien. Et quand ils mangent, c’est tout l’étage qui se retrouve et des enfants qui s’installent où ils veulent, chaque jour ailleurs, et quand ils jouent dehors, c’est carrément l’usine, plusieurs étages se bousculent dans la cour. Les quelques éducatrices débordées et payées au lance pierre, certaines seulement à quart temps, changent beaucoup (Petite parenthèse : le miracle du faible taux de chômage allemand, c’est aussi la magie des mini jobs à 400€ et des fausses mesures d’aide à la recherche, qui efface une très grande partie de la population des statistiques). Mais bien sûr d’après les éducatrices, s’il pleure c’est parce qu’il est instable. Pourtant il y a beaucoup de facteurs, qui ont contribué à réduire à néant la curiosité rigolarde du début.

L’éducatrice, qui est sa personne de référence, pour lui permettre de construire des repères, passe son temps à courir dans les couloirs, si jamais elle est là. Si je me plains du manque de jouets pour les tout petits par rapport aux autres garderies, on me dit, que c’est normal, c’est étatique et pas privé. Drôle de hasard, il y a 80% d’enfants d’origine étrangère dans les effectifs. Pourtant je peux constater, puisque je ne parle que français avec l’enfant, que ce n’est pas là, qu’il apprend à parler, à bientôt 3 ans, à part pour 2 / 3 expressions toutes faites, entre le brouhaha des plus grands, une radio qui grésille et des éducatrices, qui évidemment ne peuvent pas tenir de longue conversation avec les enfants. Bref l’endroit n’est vraiment pas adapté aux besoins des tout petits.

J’ai droit à des remontrances devant l’enfant si je l’amène « trop tard » même si d’autres parents arrivent en même temps. Lorsque je décide de le garder à la maison en raison d’un début de bronchite, je reçois des appels téléphoniques de contrôle. La voix de la Directrice est suspicieuse. Quoi, j’empêche l’enfant d’aller à l’école maternelle ! officiellement je suis une mère étouffante, qui voudrait qu’il reste un Bébé, officieusement je suis considérée comme une mère indigne par les Allemands, parce que je me sépare d'un allemand et que je souhaite quitter le pays avec mon enfant. Le procès verbal d’une audition de justice le dit clairement, si je persiste à vouloir quitter le territoire avec l’enfant le droit de garde sera attribué d’office au Père allemand. Et bien sûr pas d’entente possible avec le Papa allemand chaperonné et conseillé, ni de solution, qui respecterait mon autorité parentale et qui prendrait en considération l’absence de perspectives professionnelles.

Les enfants binationaux sont repérés lors des procédures de séparation et de la guerre des rose qui a lieu entre le parent étranger et le parent allemand. Le Jugendamt reçoit une copie de toutes les procédures juridiques en cours. D’où notre place « inespérée » (il y a parfois des listes d’attentes de 400 à 700 enfants) dans cette garderie. Mais notre fils ne s’est, en plus, jamais vraiment adapté, car il n’a pas le même rythme que les autres, puisque je ne travaille pas par manque de perspectives (dossiers retournés par les nombreuses agences intérims auxquelles j’ai écrit). 

Ma lettre de démission, envoyée quelques mois après le début de l’expérience est restée ignorée par le personnel de la garderie et le père allemand continue d’amener l’enfant le matin, alors même que nous avons l’autorité parentale à 50% et que l’enfant vit avec moi. Pourtant personne ne trouve cela abusif. Soit disant je peux le changer de garderie mais il faut, que je trouve une place ailleurs et c’est bien sûr très difficile. Heureusement ma demande à l’école maternelle franco-allemande aboutit. Mais bien sûr, il y a toute une série de nouveaux prétextes et conditions à remplir avant, car malgré la place, je n’ai pas le droit de le changer ! Quand j’essaye de l’amener à l’école maternelle franco-allemande la première semaine de la rentrée, le père allemand contacte le Jugendamt, qui me dit juste qu’il faut trouver un accord. 

Les médiateurs, qui s’occupent de ce genre de conflits appartiennent à la Diaconie ou à Caritas, mais sont sélectionnés et subventionnés par cette institution toute puissante, par conséquent, ils ne trouvent pas cela choquant et nous conseille eux aussi de ne pas nous disputer à ce sujet pour ne pas perturber l’enfant. Il n’y a donc pas d’autres solutions, que de le laisser à cette garderie ? Alors que de toute façon le climat, qui entoure le parent étranger, pas soutenu et même ouvertement critiqué, peut provoquer chez l’enfant un syndrome de Stockholm plus ou moins prononcé, son besoin de sécurité fait qu’il se tourne automatiquement vers le parent le plus fort. Et s’il exprime des marques d’affections plus importantes pour le parent allemand à la suite de toutes ces pressions et qu’il y a des conflits de loyauté avec le parent étranger, ce sera interprété comme le résultat d’une mauvaise relation ou pire de mauvais soins (heureusement nous n’en sommes pas là, comme je ne travaille pas, il ne reste pas longtemps à la garderie, mais ce n’est pas une solution).

Tout ça n’est la plupart du temps que le début de l’enfer, regroupés au sein du CEED (Conseil européen des enfants du divorce) des parents étrangers ont vu leur(s) enfant(s) enlevés par le parent allemand soutenu par cette institution, qui décide de tout dans le domaine de l’enfance et dicte même ses décisions au Juge, et ne l’ont plus jamais revu. 

Ou bien ces enfants de famille attentionnées, simplement déstabilisées par un divorce, peuvent être placés dans des foyers. Des experts reconnaissent qu’un business avec de nombreux intermédiaires s’est développé autour de la fabrication de rapports d’expertise complaisants et peu scientifiques et autour des maisons d’accueils ou familles d’accueils, où l’enfant, arraché à sa famille aimante, développe des comportements autodestructeurs. Même s’il le réclame, on ne le laisse plus voir ses parents, par la suite il ne réclame plus parfois. Les chiffres sont flagrants, malgré la baisse de natalité, les placements dans des foyers ou familles d’accueil augmentent en continue.

Dans ces conditions ces enfants auront moins de chances de s’en sortir que d’autres, il formeront au mieux une main d’œuvre à bon marché puisqu’on peut en Allemagne travailler toute la journée pour 4,50€ de l’heure, le salaire minimum n’existant pas.

C’est toute une génération sacrifiée, puisque cela dure depuis plus de 10 ans !

 

Références et sources

Site You Tube du CEED (Conseil européen des enfants du divorce)http://www.youtube.com/user/CEEDeurope

Sur CBN.com du mercredi 28 avril 2010 par Dale Hurd : « Child Welfare Agency echoes Nazi Germany »

http://www.cbn.com/cbnnews/world/2010/March/Child-Welfare-Agency-Echoes-Nazi-Germany/

CBN.com du 16 octobre 2011 par Dale Hurd : “Above the law ? German agency destroying families” http://www.cbn.com/cbnnews/world/2011/September/Above-the-Law-German-Agency-Destroying-Families/

Sueddeutsche Zeitung du lundi 5 mai 2008 en page 6 : „Wenn die Jugendämter zu mächtig werden“ http://michialex.mi.funpic.de/Jugendaemter.pdf

L’Association Erwin et Astrid http://erwinetastrid.fr a été créée par une Maman, qui ne peut pas voir ses enfants en Allemagne, à un âge, où pourtant ce lien est capital pour les enfants. Pourquoi détruire ce lien et faire souffrir des enfants ?

Questions écrites posés par les Députés au gouvernement concernant les séparations de couples mixtes franco-allemands.

http://erwinetastrid.wordpress.com/2011/07/29/questions-au-gouvernement/

Reportage du 25/10/2008 de la télévision belge dans le magazine Indices :

1ère partie : http://www.dailymotion.com/video/x76lsl_indices1_news#rel-page-1

2° partie : http://www.dailymotion.com/video/x76ly2_indices2_news?start=5#from=embediframe

http://www.lefigaro.fr/france/20060904.FIG000000090_l_ecole_a_deux_ans_attaquee_par_de_prestigieux_detracteurs.html « L'école à deux ans attaquée par de prestigieux détracteurs » article du 4 septembre 2006

Livre de Catherine Laylle : « 2 enfants derrière un mur » paru en mars 1998 chez Fixot


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11 réactions à cet article    


  • Raymond SAMUEL paconform 7 novembre 2011 16:06

    Bonjour,
    C’est l’occasion de dire que la venue d’un enfant est un évènement irréversible. L’une de mes filles a eu elle aussi un conjoint étrangerr. Le résultat est quatre enfants au psychisme fragile (dépression, insomnie etc...). Leur santé physique est atteinte aussi.
    Il faudrait que les jeunes soient convaincus de la nécessité de se prémunir contre les situations à risque.
     Les risques se situent beaucoup moins au plan matériel (les enfants souffrent beaucoup moins - et sans que leur potentiel ne soit atteint- du manque d’argent, que des anomalies, carences, violences AFFECTIVES).


    • Raymond SAMUEL paconform 7 novembre 2011 16:09

      Ne jamais manquer non plus de dire que la collectivité précoce nuit au bon développement des jeunes enfants. C’est une maltraitance caractérisée.


      • non666 non666 7 novembre 2011 19:52

        Il existe une association « SOS Enlevement d’enfant par l’Allemagne ».
        Le systeme mit en place par les allemands est en effet une negation pure et simple du droit du parent etranger.
        Ils utilisent souvent une theorie aberrante d’un pedopsychiatre allemand , Lempe qui, constatant que les enfants de parents divorcé encore en conflit sont plus desequilibrés que les enfants de parents solo a trouvé la solution « ideale » :
         il suffit de supprimer un des deux parents !

        Dans les divorces inter-allemand, c’est presque toujours le père qui est sacrifié et les principe de protection de la mère font que les revenus du couple sont divisés par deux , en excluant la pension pour les enfants et que le parent qui garde l’enfant touche cette somme...
        Dans les divorces avec parents etrangers, c’est evidemment toujours l’allemand qui gagne... Les principes de la convention des droits de l’enfants sont systematiquement bafoués a sens unique et l’enlevement beneficie toujours d’une exeption pour les allemands.
        Alors que la Justice française renvoit les enfants « enlevés » par les parents français, la justice allemande attribue toujours le principe de protection de l’enfant pour empecher un deuxieme traumatisme...
        Il se servent de leur bundesgesetz (familienrecht) et des références a Lempe a chaque fois...

        Il existe quand meme quelques exceptions :
        La Justice allemande ne se bat pas pour garder « allemand » un enfant dans 3 cas :
        1) Enfant de couleur
        2) Enfant avec un des parents juifs (il parait qu’il evite d’etre montrer du doigt avec cette communauté, on ne sait pas pourquoi...)
        3) Personnalité médiatique qui pourrait causer du tord à la réputation de l’Allemagne

        A l’epoque du service national, pres de 10000 enfants par an étaient ainsi privés de leurs parents français avec la complicité des gouvernements de droite comme de gauche, de France.

        http://www.senat.fr/questions/base/2002/qSEQ020700075.html
        http://www.sos-papa.net/mag/3.pdf




        • Nikita 8 novembre 2011 10:48

          Bonjour « par non666 »
          J’ai apprécié votre message très véridique. Excellente analyse qui confirme mon expérience en la matière.
          Bien à vous
          Nikita2


        • Defrance Defrance 8 novembre 2011 16:41

           Vous avez raison, même une femme battue , coma constaté , abandonnée par son mari qui ne cache même pas son adultère perd le divorce, et tout ce qui va avec si elle est Française et qu’elle a un revenu superieur a son mari ! 


        • Nikita 8 novembre 2011 10:38

          Chère Mille Feuille,
          votre article m’a beaucoup touchée. Il est écrit avec beaucoup d’intelligence, de sensibilité mais aussi de lucidité. Moi j’ai mis plus de 15 ans à découvrir « la réalité allemande ». La situation des francaises vivant en RFA et mariées à des allemands est souvent abjecte.
          Je connais cet enfer là par coeur... depuis la naissance de ma seconde fille, parce qu’avant mon mari jouait les grands francophiles...
           Toutes mes amies francaises sont divorcées ou séparées et toutes - sans aucune exception - ont été traitées comme vous. La facade est superbe : « L’intérêt de l’enfant » leur a t-on dit, mais de fait, cette société allemande est d’un machisme extrême, d’une misogynie exarcerbée, d’une religiosité étriquée surtout dans le sud du pays et ultra conservatrice voire intégriste : d’une facon générale, tout ce qui n’est pas allemand est nul et non avenu.
          Bref, c’est une société où la femme n’existe pas en tant qu’individu, n’a de fait aucun droit et aucun recours. Dans le sud de l’allemagne où je vis, mariée depuis presque 30 ans, mère de deux filles, on concoit la femme à la maison ou au maximum on lui laisse un peu de leste avec un mini job à 400 € par mois.
          La francaise est souvent rejetée d’emblée parce qu’elle est souvent diplomée, qu’elle veut travailler et - crime absolu - elle s’affirme, elle a un avis et le dit. Ici, on préfère les femmes carpettes, qui font des gateaux le week-end, le ménage toute la semaine et qui s’occupent de Monsieur et de ses enfants à lui... parce que la femme n’y est vraiment pas pour grand chose, à peine si on tolère qu’elle soit présente lors de l’accouchement !!!
          Je vis un enfer avec mon mari pervers narcissique (pathologie pratiquement inconnue ici) mais je suis restée pour protéger mes filles. Bien entendu, elle ne parlent pas le francais, cela déplaisait à mon mari que ses filles puissent être bilingues, mais enfin mon combat ne fut pas vain, puisque le souhait de leur père de les voir en apprentissage (ca suffit bien pour des filles) n’a pas abouti. Mes filles font toutes les deux des études universitaires. C’est ma revanche... mais je le paie très cher.
          J’aimerais cependant terminer par une note plus positive. Cherchez vous peut être un avocat humaninement engagé. Si vous le pouvez encore, renoncer au divorce qui va vous anéantir - vous et votre fils - et envisagez plutot une « séparation ». L’une de mes amies a réussi ce tour de force, elle habite dan s la même ville que son mari et leur fils vit à 50% chez son père et à 50 % chez sa mère. Plus il grandit, et plus il se détache de son père...
          Il y a donc une victoire possible mais seulement sur le long terme.
          Bon courage à vous.


          • Defrance Defrance 8 novembre 2011 16:28

            Mon épouse Française marie au consulat Français en Allemagne donc droit Français ,a vécu l’enfer pour son divorce qu’elle refusait . 

            Régulièrement battue, emmenée par la police à hôpital dans le coma, pendant plusieurs semaines 

             Son mari l’a quitté et a déménagé avec sa maitresse ( adultère en droit Français, totalement ignoré par les juges allemands)

              Les enfants de 12 et 13 ans ont été convoqués au tribunal pour savoir avec qui ils voulaient aller .

              Ils ont jurés de ne plus vouloir revoir leur mère qui a tout perdu car elle était la plus solvable.

              A 18 ans ils ont appelées au secours et demandé a revenir immédiatement avec leur mère et là elle a apprit qu’elles avaient été menacée d’être séparées de leur copines si elles restaient avec leur mère ! ( les copines comptent plus que les parents a 12 ans) . 

             Le Jugement du tribunal se termine par cette phrase, en Allemand :

              Si elle était battue , c’est parce qu’elle le méritait ! !! 

              

              

                 


            • Defrance Defrance 8 novembre 2011 16:32

               @ Mille feuille , 

                  Si vous voulez divorcer, fuyez et demandez le divorce devant un tribunal FRANCAIS, en Allemagne, même mariée au Consulat sous droit Français, vous n’avez AUCUNE CHANCE 


              • Nikita 9 novembre 2011 08:14

                Bonjour Defrance,
                ATTENTION aux conseils que vous donnez ! Si l’on fuit en France pour demander le divorce, le parent allemand peut porter plainte pour « enlèvement d’enfant », ce qui est catastrophique évidemment. Je comprends parfaitement votre réaction très émotionnelle. J’ai moi aussi une amie francaise, divorcée d’un policier allemand également entraineur de karaté, qui la battait devant les enfants. Elle alertait la police, qui arrivait dans l’appartement, et là les policiers - collègues de son mari - prenaient un pot avec ce dernier, refusant d’enregister la plainte. Ma copine en larmes me téléphonait également et je la rejoignais scéance tenante. J’ai assisté à ce scénario au moins 4 fois. Le lendemain nous allions chez le médecin traitant pour faire constater les coups et hématomes dans le dos, etc. et ensuite nous allions au commissariat avec le document médical pour porter plainte. J’ai fait plusieurs fois une déposition indiquant que les collègues en question avaient refusé d’enregister la plainte... et bien même en allant au commissariat, on n’a rien pu obtenir et toutes les plaintes ont été « perdues » !!! Lors du divorce, le juge -une femme en plus- a déclaré que si « elle était battue, c’est qu’elle le méritait ». Je peux donc confirmer
                ce que dit Defrance est loin d’être abérrant !!!
                Je trouve qu’il y a ici deux pistes de réflexion :
                1. comment peut-on aider Mille Feuille moralement et juridiquement ?
                2. comme l’indique « non666 » dans son point 3) le coté médiatique est trés important ;
                les allemands sont très soucieux de la réputation de leur pays. Comment prévenir les francais et les francaises de cette réalité occultée ??? 
                Je pense que nous sommes nombreux et nombreuses a avoir eu ce type d’expérience en allemagne. La moindre des choses est de témoigner ici pour rompre l’omerta.
                Merci de suivre ce dossier.


              • mariegalimardgeiss 14 novembre 2011 22:19

                Bonsoir,


                Merci à l’auteur pour ce témoignage, je l’ai reconnue à son histoire smiley ... et merci d’avoir mis le lien vers notre blog par la même occasion. Je me présente : maman française d’Erwin et d’Astrid, je me bats depuis leur « disparition légale » en Allemagne, il y a 14 mois. Tant pour les revoir que pour aider les autres parents dans la même situation (ou presque) que moi.

                J’aimerais confirmer ce que j’ai lu ici, tant dans l’histoire relatée que dans les commentaires, mais quelques précisions et corrections me semblent également utiles.

                Tout d’abord, le motif de la discrimination systématique du parent non-allemand :
                si la mentalité allemande se contente d’un seul parent pour élever un enfant, c’est en grande partie parce qu’un parent seul est plus facile à contrôler que deux parents, même séparés. Le but de l’état allemand est de contrôler l’éducation de tout enfant résidant sur le sol allemand, car il le considère comme sa propriété. Cela explique pourquoi, par exemple, l’école par correspondance est interdite et sévèrement punie (pas de contrôle sur l’enfant par l’école). Ou pourquoi les visites médicales obligatoires sont si nombreuses (j’ai eu une fois une semaine de retard sur le planning et j’ai reçu un courrier du ministère de la santé me rappelant à l’ordre, avec menaces d’intervenir « pour le bien de l’enfant (Kindeswohl) » si je ne m’exécutais pas...). Cela explique aussi pourquoi la loi protège les femmes non-mariées, en refusant l’autorité parentale au père, même allemand, plus facile à évincer en cas de séparation (beaucoup plus fréquentes que chez les couples mariés.)

                Donc, l’état voulant contrôler l’enfant qu’il considère comme sa propriété, ne va pas le confier à un parent étranger, qui représente à ses yeux un risque d’enlèvement vers son pays d’origine. Non que vivre avec sa maman française en France ou son papa polonais en Pologne soit mauvais pour un enfant en soi, mais que d’après la loi allemande, un enfant ne doit pas sortir du territoire allemand. Car hors d’Allemagne, point de contrôle... Autrement dit, quand on vous parle en Allemagne du bien de l’enfant (Kindeswohl), il ne s’agit pas du tout de l’intérêt supérieur de l’enfant tel que nous le connaissons en Europe, mais bien de l’intérêt de tout enfant allemand en Allemagne : être allemand, en Allemagne. Cela permet de comprendre bien des décisions de justice incompréhensibles autrement...

                Le conseil de Nikita peut servir uniquement pour les parents qui ne sont pas séparés, ou qui n’ont JAMAIS donné aucun signe de vouloir rentrer en France. A partir du moment où un parent non-allemand parle de quitter l’Allemagne avec ses enfants, il est fiché au Jugendamt, et RIEN ne peut éviter qu’on lui retire tôt ou tard la garde des ses enfants, sauf le soutien des autorités françaises. C’est le cas de MilleFeuille, et c’est pourquoi nous travaillons à lui obtenir ce soutien du consulat. Mais il faudrait faire beaucoup plus de bruit dans les médias pour être sûrs d’y parvenir... c’est pourquoi nous organisons régulièrement des stands d’information que nous relayons dans la presse locale.

                Ensuite, j’aimerais préciser que les deux associations citées n’existent pas réellement :
                - SOS enlèvement international d’enfants a disparu depuis des années, même son site n’est plus accessible sur internet.
                - le CEED, quoique jamais dissolu, n’est en tout et pour tout qu’un seul homme (les autres membres fondateurs se sont retirés petit à petit), qui prétend tout diriger dans les affaires qui se présentent à lui, parce qu’il connaît les méthodes familiales allemandes. Il profite du travail et des largesses des parents victimes qui l’entourent, puis les dénigre lorsqu’ils tentent de s’organiser ensemble, craignant sans doute la concurrence (au lieu de profiter de ces « renforts »), et au bout du compte, reste seul avec les derniers arrivés dans son cercle très restreint sans cesse renouvelé. En 10 ans, s’il a pu conseiller quelques parents non-séparés pour quitter l’Allemagne avant qu’il ne soit trop tard, il reste très vague sur le nombre d’enfants qu’il a pu réunir définitivement avec son parent non-allemand, sans léser le parent allemand. Je n’ai, pour ma part, jamais pu lui faire citer un seul cas... Car s’il dénonce très bien certains problèmes, il n’y apporte pas de réelle solution, puisqu’il refuse de travailler avec les autres, tant les parent victimes que ceux qui les soutiennent (médias, parlementaires, associations, etc.). Alors je conseille aux parents victimes d’être très prudents, ils risqueraient de voir leur affaire empirer pour devenir sensationnelle et choquante, prouvant les dires du CEED, mais perdant toute chance de garder ou de revoir leurs enfants...

                Enfin, j’aimerais lancer un appel à tous les parents non-allemands victimes du système familial allemand, incluant les juges, les avocats, le Jugendamt, la police, les écoles, les médecins, les associations dites caritatives (sous contrôle de l’état : Caritas, Diakonie, AWO, etc.) : l’association Erwin et Astrid (en cours de transformation afin de défendre TOUS les cas similaires à celui de mes deux enfants, retirés à leur mère sans autre motif que ma nationalité française) recense tous les « cas » afin de démontrer publiquement ces méthodes inacceptables au sein de l’Europe, et d’obtenir enfin le soutien du gouvernement français pour sauver les enfants pour qui il n’est pas trop tard (et leur famille !).

                Merci d’envoyer votre témoignage à asso.erwinetastrid@gmail.com, même si votre histoire est ancienne, elle peut aider d’autres parents à revoir leurs enfants. Tout témoignage est utile, même anonyme ! Vous aiderez ainsi MilleFeuille à rentrer librement en France avec son petit garçon, de nombreuses autres mamans dans sa situation, celles qui ont déjà perdu tout contact avec leurs enfants, et bien sûr aussi les très nombreux papas qui se battent pour maintenir un contact avec leurs enfants en Allemagne, pour les mêmes motifs...

                • MilleFeuille MilleFeuille 17 novembre 2011 01:03

                  Merci beaucoup pour toutes ces réactions, explications et même soutiens, qui me font plaisirs et qui confirment, donnent à voir l’étendue du problème et permettent de ne pas se laisser prendre entièrement au dépourvu. Malgré tout c’est apparemment difficile voire impossible à résoudre devant les Tribunaux.

                  Merci aussi à Marie Galimard Geiss et son association, qui ont permis un contact avec un Député et le Consulat. Il est effectivement important de signaler toutes les situations abusives pour que les politiques, qui se doivent d’être prudents aient toutes les raisons possible d’agir rapidement.

                  C’est malgré tout un peu dommage, que les associations ne s’entendent pas, car la question est tellement complexe, les moyens inégaux, la communication rodée côté système familial allemand, que réunir les efforts est nécessaire, mais c’est vrai que dénigrer les autres est contre-productif.
                  Le CEED avait mis en ligne une somme impressionnante d’informations et de vidéos sur le site et sur la page you tube. La page avait été supprimée un temps en raison d’une plainte d’une chaîne de télévision italienne, qui ne voulait pas que son reportage y figure, mais le stock se reconstitue apparemment peu à peu.
                  Ceci dit, je n’ai pas l’impression non plus, que la fuite soit la solution, elle demande aussi d’énormes moyens et tous les cas le montre, ce n’est pas tenable sur la durée.

                  J’ai mis du temps à répondre, car j’étais prise par d’autres démarches dont une requête devant la juridiction familiale pour obtenir l’accord du Père de l’enfant pour une entrée à l’école maternelle franco-allemande, mais tout s’est soldé par un échec, qui montre encore une fois le parti pris des juridictions et aussi le problème des expertises mensongères, qui a servi de motif à la décision. L’expertise se base entièrement sur les déclarations calomnieuses et rancunnières de mon ex-mari, qu’elle reprend et traduit dans les termes appropriés sans tenir compte à aucun moment de mes explications ou éléments apportés dont des témoignages, par conséquent elle est forcément biaisée. D’autant plus qu’il est très facile de vérifier que certains passages sont faux, mais de la même manière que personne ne trouve abusif, que mon ex-mari décide du mode de garde sans mon accord, alors que je me fais très vite remettre à ma place si j’avance simplement des arguments montrant que c’est dans l’intérêt de l’enfant de changer, de la même façon personne ne trouve anormal de m’ignorer ou d’essayer de me faire taire en me menaçant d’un transfert du droit de garde.

                  Bien sûr je ne pense pas que mon ex-mari soit seul capable de tout cela et je vois bien qu’il est encouragé dans sa façon de faire, puisqu’il est félicité quoiqu’il dise et a toujours raison sans qu’on ne prenne la peine de le questionner plus que ça.
                  Cela rentre visiblement dans le contexte de tout ce qui a été décrit ici.

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