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Accueil du site > Actualités > Société > Contrat d’avenir ou contrat sans avenir ?

Contrat d’avenir ou contrat sans avenir ?

Voici un an ou presque que le volet emploi du Plan de cohésion sociale de M. Borloo est entré en application, et en particulier les contrats aidés réservés aux personnes les plus en difficulté. Quel bilan peut-on en tirer ?

Petit retour en arrière. Au printemps 2005, l’Etat décide de supprimer les contrats aidés du secteur non marchand (Contrat emploi solidarité et Contrat emploi consolidé), jugés peu performants. Il les remplace illico par deux nouveaux contrats, par souci de simplification et d’efficacité. L’un d’entre eux, le Contrat d’avenir, est réservé aux titulaires des minima sociaux (RMI, ASS...). Ce contrat doit être, en partie, une réponse au constat fait par l’Etat et les conseils généraux. En effet, le nombre d’allocataires du RMI est en constante augmentation, et le dispositif RMI est jugé peu incitatif à la reprise d’un emploi pour ses bénéficiaires.

Le Contrat d’avenir est donc voulu comme un tremplin vers l’emploi durable. L’allocation est dorénavant versée à l’employeur pour constituer une partie de l’aide publique. Celui-ci doit en contre-partie proposer un emploi à temps partiel (26h hebdomadaires) pendant 6 à 24 mois, et doit aussi, en théorie, permettre au salarié un accompagnement individualisé et/ou une formation.

Un an après, l’objectif est loin d’être atteint. Dans beaucoup de départements, le nombre de ces contrats signés est très faible. La complexité de sa mise en oeuvre sur le terrain en a été la cause, au début, mais force est de constater que ce contrat n’enthousiasme pas les employeurs potentiels. D’une part parce que ce contrat, à leurs yeux, manque de souplesse : les 26 heures hebdomadaires coïncident rarement avec leurs besoins. D’autre part parce que le public visé par le contrat est globalement très éloigné de l’emploi, d’où une certaine réticence de la part des employeurs. Ceux-ci utilisent en conséquence massivement l’autre mesure phare du Plan de cohésion sociale, le Contrat d’accompagnement dans l’emploi, plus souple et accessible à un public plus large.

Le Contrat d’avenir est-il vraiment un tremplin vers l’emploi ?

Après cette première année de mise en oeuvre, on s’aperçoit que l’obligation d’accompagnement ou de formation est difficilement mise en oeuvre. En Eure et Loir, l’expérience montre que les salariés sont réticents et souhaitent se concentrer sur leur emploi, dans l’espoir d’une hypothétique embauche à l’issue. Les employeurs ne sont d’ailleurs guère ravis à l’idée de voir le salarié dont ils ne disposent qu’à temps partiel s’absenter pour se former, de plus à leurs frais. Il est donc clair que ce contrat ne sera pas une réponse au manque de qualification des personnes qui en bénéficient. Au mieux, à l’issue, les personnes auront pu suivre une formation de remise à niveau, préalable à un parcours de formation qualifiante.

Il semble pour le moment que cette mesure n’apporte pas la réponse escomptée. Les objectifs chiffrés ne sont pas remplis, et l’impact sur les salariés est insuffisant. L’absence d’engagement de la sphère publique dans l’accès à la formation, en complément de l’employeur, est préjudiciable


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1 réactions à cet article    


  • Forest (---.---.41.87) 21 décembre 2006 13:55

    Actuellement en contrat d’avenir je suis plus pauvre que lorsque j’étais au RMI. En fait je gagne la même chose qu’avant, mais maintenant j’ai des frais de garde et de cantine à payer pour mon fils que j’éleve seule. Il est vrai que je suis heureuse de travailler, mais est ce que c’est à moi de payer. Quand Mr Borloo dis que les aides sociales sont pour les fainéants, ça me fend le coeur. Je suis auxiliaire de bibliothèque de métier et bénévole dans la bibliothèque de mon village. Alors je ne suis ni faineante ni éloignée du monde du travail. Ces contrats sont fait pour faire de la main d’oeuvre à pas chère pour l’état, c vraiment dégueulasse, et c’est de l’esclavagisme, rien d’autre, alors il ne faut pas s’étonner que des gens cherchent à rester au RMI

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