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Accueil du site > Actualités > Société > Contrôles policiers « au faciès », une réalité française désormais (...)

Contrôles policiers « au faciès », une réalité française désormais mesurée

Si, d’une manière générale, les discriminations de toutes natures à l’endroit des différents types de populations sont incontestables dans la société française, on sait qu’elles sont particulièrement prégnantes dans le domaine de l’emploi, du logement, des loisirs, et de manière plus globale au niveau de l’accession aux droits fondamentaux [1]. De même, si l’expression « délit de faciès » a pu pénétrer le langage courant c’est bien évidemment qu’elle est le reflet d’une certaine réalité sociale. Dés lors, initiée en 2007 par l’organisation Open Justice Initiative [2], une enquête sur les discriminations opérées par les policiers français dans leur pratique quotidienne du contrôle d’identité a été menée sous la férule de deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Levy. Intitulé police et minorités visibles : les contrôles d’identités à Paris, ce travail unique tend à démontrer que les pratiques policières en matière de contrôle se centrent essentiellement sur l’apparence des individus et non sur leur comportement [3].

Au plan de la méthodologie [4] (mise au point par Lamberth consulting), rien n’indique qu’un biais éventuel soit venu perturber le recueil des données pratiquées sur le terrain par les deux chercheurs du CNRS qui ont notamment opéré la comparaison systématique entre la population contrôlée et la population globale présente sur les sites au moment de l’enquête (réalisée d’octobre 2007 à mai 2008). Précisons que le recueil quantitatif des données portant sur 525 contrôles de police a été complété par un questionnaire qualitatif concernant le vécu des personnes au moment du contrôle, sans toutefois oublier les antécédents éventuels.

L’apport essentiel de cette étude révèle que les forces de l’ordre pratiquent les contrôles d’identité en privilégiant avant tout l’apparence générale des personnes et non pas leur comportement. Ainsi, selon les sites d’observation, les résultats établissent clairement que les personnes perçues comme "Noires " ont entre 3,3 et 11,5 fois plus de chance de se faire contrôler par rapport à la population dite "Blanche", alors que les personnes perçues comme "Arabes" présentent elles un taux multiplicateur compris entre 1,8 et 14,8 (technique dite du odds-ratio). Par ailleurs, l’apparence vestimentaire représente un autre facteur essentiel pouvant surdéterminer un contrôle d’identité. Dès lors, si on est un jeune appartenant à une minorité dite visible, et que l’on porte des vêtements relevant des codes culturels de la jeunesse, on représente une cible de choix pour les forces de sécurité lorsqu’il s’agit d’opérer des contrôles d’identité, l’objectif étant bien évidemment de détecter une infraction éventuelle. On comprend ici le puissant préjugé qui prévaut dans les pratiques policières dans la mesure ou ces dernières privilégient l’apparence pour réaliser les contrôles d’identité. En effet, selon cette logique, dans les représentations policières, les jeunes issues des minorités visibles ont une propension beaucoup plus grande à commettre des illégalismes. Si nombre d’observateurs avaient déjà constaté ces dérives, cette étude à l’avantage indéniable non seulement de démontrer le phénomène mais encore de le mesurer de manière très probante. En outre, au plan qualitatif, ce travail a aussi mis en évidence un vécu tout à fait différent dans le rapport aux forces de l’ordre selon son origine apparente. À l’évidence, le contrôle d’identité est ressenti comme beaucoup plus agressif et injustifié lorsqu’on est un jeune issu des minorités visibles. Les deux chercheurs parlent même d’un vécu proche du harcèlement concernant les jeunes victimes de ce comportement discriminant, n’hésitant pas le rapprochement avec les émeutes de 2005 dont la cause fut directement liée à une tentative de contrôle d’identité qui avait mis en fuite les trois jeunes qui en étaient la cible. La suite, la France entière s’en souvient.

Sans conteste, ce travail confirme que les forces de l’ordre appliquent comme stratégie le contrôle d’identité au faciès, et cela en contradiction flagrante avec les lois de la république, le code de déontologie de la police nationale, ainsi que les normes européennes en vigueur. Mais, non content de faire dans l’illégal, puisque la loi définit les conditions qui prévalent à tout contrôle d’identité [5], le profilage racial s’avère être parfaitement contre productif, tant au niveau des résultats escomptés qu’au regard des conséquences directes qu’il peut induire sur certaines populations ainsi que sur les forces de l’ordre même. Le présent rapport étaye son propos en s’appuyant sur différentes études britanniques et américaines qui ont parfaitement démontré que des contacts publics-police délétères génèrent une plus grande inefficacité dans les objectifs à atteindre, notamment parce que les personnes contrôlées sont souvent innocentes de toute infraction, alors que nombre d’individus non contrôlés passent au travers des mailles de ce filet policier non pertinent [6]. Aussi, cette pratique du contrôle « au faciès » comporte un effet pervers des plus grave en générant une situation de tension permanente entre les forces de l’ordre et les citoyens qui sont les cibles récurrentes de cette technique. Force est de remarquer que le profilage racial peut-être la cause directe d’émeutes urbaines ou bien d’agressions systématiques envers les représentants des forces de l’ordre. Toutefois, et de manière plus générale, il faut aussi faire le constat évident que ces pratiques policières sont directement liées à la mise en place de politiques sécuritaires de plus en plus agressives sans pourtant aboutir à des résultats probants[7].

En outre, si cette praxis illégale souligne avec force les stéréotypes et les préjugés qui la sous tendent, il faut aussi remarquer qu’elle prospère sur un certain vide juridique qui octroi aux forces de l’ordre un pouvoir discrétionnaire insuffisamment encadré par les autorités judiciaires. Pourtant, confrontées à ces résultats, les autorités policières continuent de justifier cette attitude en arguant du fait que les jeunes, a fortiori issus des minorités visibles, sont surreprésentés dans les activités délinquancielles, alors même que certaines recherches démontrent qu’en se fondant sur ce stéréotype racial le taux de réussite s’en trouve altéré. Si le paradoxe est flagrant, il n’en demeure pas moins vérifié, notamment dans des pays comme l’Espagne et la Hongrie où les pratiques policières ont su évoluer en privilégiant dans leurs repérages les indices comportementaux et non plus l’apparence. Dès lors, non seulement le taux de réussite a été considérablement amélioré, alors que le nombre de contrôles effectués avait largement diminué.

Mais on ne change pas les mentalités au moyen de quelque étude scientifique, aussi rigoureuse soit-elle, car c’est en profondeur qu’il faut agir, notamment en mobilisant l’ensemble des forces vives disponibles pour modifier les représentations et les pratiques policières, et cela dans l’intérêt réciproque des parties en présence. L’enjeu est ici de toute première importance puisqu’il s’agit notamment de restaurer la confiance que certains citoyens peuvent accorder aux forces de sécurité car il en va de la paix sociale.

In fine, si les forces de l’ordre ne respectent pas la loi républicaine, il faut impérativement que nos tribunaux s’évertuent à leur en rappeler la substance en prononçant les condamnations adéquates, et c’est à ce seul prix que les choses pourront valablement évoluer.

 

[1] La HALDE

[2] Fondation présidée par George Soros.

[3] Étude disponible en français sur le site du CESDIP

[4] pages 55 à 63

[5] Pages 44 à 48

[6] Dans ce sens lire l’article de Chloé Leprince.

[7] Lire l’interview donnée par Laurent Mucchielli au sujet de la future loi dite LOPPSI .


Moyenne des avis sur cet article :  3.48/5   (79 votes)




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303 réactions à cet article    


  • Menouar ben Yahya 6 juillet 2009 09:45

    Seule alternative contre les discriminations au faciés, le port de la burqua et du niqab pour tous et toutes !


    • Menouar ben Yahya 6 juillet 2009 10:54

      Vu le nombre d’années que ces Français sont là, il s’agirait plus de stationnement de leur « 404 pigeot » que de chameau.


    • Reinette Reinette 6 juillet 2009 13:10

      Si, d’une manière générale, les discriminations de toutes natures à l’endroit des différents types de populations sont incontestables dans la société française, on sait qu’elles sont particulièrement prégnantes dans le domaine de l’emploi, du logement, des loisirs, et de manière plus globale au niveau de l’accession aux droits fondamentaux ... bla bla bla

      à l’auteur

      affirmation totalement gratuite : en ce qui concerne le logement, depuis 1999 je fais une demande de logement à loyer modéré - depuis 10 ans donc, je renouvelle ma demande et j’attends patiemment que le service concerné de la mairie étudie sérieusement ma demande...

      pour l’emploi, je vois plutôt une discrimination par l’âge, malgré les compétences et l’expérience des demandeurs d’emploi de plus de 40 ans !

      des loisirs ? pouvez-vous préciser, svp ?




    • appoline appoline 6 juillet 2009 19:07

      @ Miragne,

      Il va vous falloir consulter, visiblement ou invisiblement, votre pathologie entraîne des propos diffus et un manque de cohérence dans vos écrits. J’admets que le blanc colonisateur à l’égo développé s’est arrogé bien des privilèges et ce à tort mais n’oubliez pas que les vilains toubabs ont quand même laissé sur place bien des infrastructures, inexploitée par les autochtones qui maintenant fustige la colonisation du fait que le poil qu’ils ont dans la main les empêche de bosser.

      Alors appliquons la politique du chacun chez soi, d’un côté comme de l’autre, nous verrons bien qui claquera du bec le premier.


    • Lucien Denfer Lucien Denfer 7 juillet 2009 10:22

      Et rajoutons chacun garde ses ressources et là on verra qui claquera du bec le premier


    • appoline appoline 7 juillet 2009 21:51

      @ Lucien Denfer,

      Comme disait Coluche : nous, on a pas de pétrole mais on a des idées, on a même une raffinerie, le centre georges pompidou.

      Les meilleurs s’adapteront, il le faut. D’ici quelques temps, nous aurons largement la possibilité d’appliquer l’adaptation, résultante de la connerie humaine. Fini les blabla, il va falloir apprendre à se débrouiller.


    • Gabriel Gabriel 7 juillet 2009 23:02

      Salut Lucien,

      Très bien dit, sans pétrole l’occident n’est rien et n’aurait pas évolué !

      Si comme tu le sous attends certains pays d’orient gardaient ou aurait gardé leurs ressources, on ne serait sûrement pas ce que l’on est aujourd’hui en occident !

      Je me permet de te le redire, très bien dit Lucien ! 


    • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 6 juillet 2009 09:52

      Les pêcheurs, les ramasseurs de champignons ont leurs « bons coins »

      et pour les flics ceci explique peut être cela( voir le lien )


      http://www.google.com/search?hl=fr&lr=&ei=66tRSoaRJMa2jAfR4YCcCw&sa=X&oi=spell&resnum=0&ct=result&cd=1&q=prison+pourcentage+d%27%C3%A9trangers&spell=1


      @+ P@py




      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 6 juillet 2009 10:08

        A force d’être critiqués et vilipendés... arrivera le jour ou les flics adopteront ces attitudes... et là !!!!!

        http://d4.img.v4.skyrock.net/d41/ptit-coccinelle62/pics/2499774343_small_1.jpg



        @+ P@py




      • hans lefebvre hans lefebvre 6 juillet 2009 19:56

        Vous avez tout à fait la tête de l’emploi ! Vous ressemblez étrangement à un poisson qui gobe des champignons !


      • le-Joker le-joker 6 juillet 2009 21:11

        Et l’auteur ose parler de délit de faciès avec un commentaire de ce registre on n’a aucun doute, il sait de quoi il parle !


      • Menouar ben Yahya 6 juillet 2009 09:53

        Ceux qui sont le plus discriminés, c’est à dire les Français originaire d’Afrique, seront heureux d’apprendre que leur cas ne reléve pas de pathologies mentales que l’on voilé pudiquement sous des vocables tels que « victimisation » ; « discour victimaire » ; « ressenti »...


        • Traroth Traroth 6 juillet 2009 18:58

          Vous êtes un maghrébin « judéo-chrétien », quoi...


        • le-Joker le-joker 7 juillet 2009 07:39

          C’est un avis de rejet religieux systématique Traroth ton propos. Ça y ressemble furieusement en tout cas et ça permet de t’envoyer paitre gentiment quand tu nous colles l’étiquette honteuse d’Islamophobe. J’ajoute que c’est ton droit Traroth de rejeter systématiquement une religion.

          Nos humanistes vont pouvoir plancher sur la religiophobie à l’ONU et continuer à enc... les mouches.

          Faut se relire des fois Traroth avant de cliquer sur envoi smiley


        • Traroth Traroth 7 juillet 2009 11:17

          @Joker : Et toi, tu ferais bien d’essayer de comprendre le contexte avant de raconter n’importe quoi. Mcm raconte à longueur de page à quel point les « judéo-chrétien » (et là, je reprends simplement ses termes, comme l’indiquent clairement les guillemets) sont victimes des méchants arabo-musulmans, ici en France, et ensuite il vient nous raconter qu’il est maghrébin ? Tu racontes ça à un cheval de bois, il te fout une ruade !!!


        • Le péripate Le péripate 6 juillet 2009 09:53

          C’est bizarre : seulement 3% des contrôlés ont jugé avoir subi un traitement raciste ou insultant. Soit 97% qui ne se plaignent pas. Chiffre contenu dans cette étude, et qui bien sûr affaiblit considérablement la démonstration. Il est remarquable que ce fait soit passé sous silence ici.

          Une autre interprétation peut être donné de ce testing : la sur-représentation des individus habillés « jeunes » parmi les « minorités visibles » est le signe d’un défaut d’intégration de leur part, et les policiers, très justement, considèrent que le port de cette tenue vestimentaire est associé à une probabilité plus grande d’être porté par un délinquant.


          • hans lefebvre hans lefebvre 6 juillet 2009 10:31

            Il est vrai que mon propos aurait gagné en objectivité si j’avais apporté cette précision importante, et je vous remercie d’avoir remédié à cet oubli absolument non volontaire.
            Pour autant, comment est-il possible de nier le contrôle au faciès, pratique par ailleurs non pertinente d’un point de vue des objectifs policiers ?! Enfin, concernant la méthodologie employée, la rigueur scientifique semble incontestable.
            Pourquoi ne pas suivre les bonnes pratiques mise en place par les espagnols et les hongrois ?


          • Le péripate Le péripate 6 juillet 2009 10:40

            Involontaire, mais dommageable à une bonne compréhension. J’imagine que le souci des policiers est d’être efficace. En quoi consiste les bonnes pratiques espagnoles et hongroises ?


          • hans lefebvre hans lefebvre 6 juillet 2009 10:45

            A faire leur travail en privilégiant les comportements et non les apparences, ce qui est précisé dans ce billet, en plus ils obtiennent de meilleurs résultats !


          • Le péripate Le péripate 6 juillet 2009 10:58

            Ce n’est pas très clair. Préconisez vous que la police intervienne uniquement en cas de flagrant délit ? Une tenue vestimentaire n’est-elle pas au moins autant du « comportement » que de « l’apparence » ? Tout cela me paraît trop subtil.

            Les personnes contrôlées (dont l’immense majorité n’ont fait l’objet d’aucune poursuite) ont été questionnés hors de la vue des policiers : 97% ont déclaré ne pas avoir eu le sentiment d’être victime de racisme ou d’insulte. C’est le résultat le plus clair de cette étude.


          • Traroth Traroth 6 juillet 2009 12:11

            Le péripate nous fait l’apologie du contrôle au faciès. Comme je l’ai déjà dit : derrière chaque prétendu libéral se cache un conservateur qui n’assume pas...

            Le problème de fond, c’est qu’on contrôle les gens pour ce qu’ils sont et non ce qu’ils ont ou n’ont pas fait. Pour moi, les gens peuvent s’habiller en Schtroumpf, je m’en fous ! C’est ça, la liberté !


          • Le péripate Le péripate 6 juillet 2009 12:32

            Voyons voir. Apologie = louange ou éloge. Faciès = aspect du visage.

            Le vêtement n’est pas le faciès. Est-ce une louange que de relever les personnes concernées très majoritairement (97% quant même) ne se plaignent pas, alors même que on peut supposer que les enquêteurs auraient été enclins à susciter des réponses positives ?

            Donc une connerie de plus par un spécialiste.


          • Bois-Guisbert 6 juillet 2009 12:32

            Le problème de fond, c’est qu’on contrôle les gens pour ce qu’ils sont et non ce qu’ils ont ou n’ont pas fait.

            Quand je dis que les flics ne sont pas si cons que certains croient. Ils sont bien moins que certains civils, au vrai.

            Eux, les poulets, ils subodorent le calcul des probabilités et ce qu’ils peuvent en tirer, lui, Traroth, il n’a pas la moindre idée de ce que c’est...

            Il ne connaît pas non plus le dicton selon lequel on ne prête qu’aux riches...

            Voir : http://193.252.228.130/personnes1.asp?T=R


          • Traroth Traroth 6 juillet 2009 13:47

            Et je suppose que le fait qu’on les gens qui n’ont pas la bonne couleur de peau ou les bons vêtements (bel essai de louvoiement, Péripate, mais qu’est-ce que ça change, que ça soit les habits et/ou la couleur de peau ?), c’est supposé les aider à s’intégrer ? Parce que, après, bien entendu, vous allez nous servir que c’est de leur faute s’ils ne s’intègrent pas.

            Ce que je trouve croustillant, dans les propos comme ceux du Péripate ou de Bois-Guisbert, c’est qu’ils disent implcitement que les flics sont racistes et ont raison de l’être, mais à d’autres moments, les mêmes ne vont pas hésiter à nier ce racisme. C’est comme ça les arrangent. Enfin, ils le croient, parce que question crédibilité...


          • Loup 6 juillet 2009 14:25

            Selon mon étude personnelle, parmi les deux intervenants ci-dessus, l’un argumente, l’autre pas.
            L’un s’appuie sur une lacune de l’article (sur laquelle l’auteur s’est expliqué), l’autre fait des phrases généralistes, en tire des conclusions vaseuses et accuse de louvoiement (c’est un indice !).


          • Le péripate Le péripate 6 juillet 2009 14:32

            Puisque que vous savez écrire, Traroth, j’en déduis que vous savez lire. C’est donc que votre incompréhension git ailleurs : 97% des personnes contrôlées ont déclaré n’avoir pas été victime de racisme ou d’insulte. N’importe qui avec un cerveau en état correct de marche en déduirait que ça va plutôt bien. Mais pas vous ( ni d’autres, à votre décharge).
            Ou alors il faut argumenter pour dire que les contrôlés ont eu peur de dire qu’il étaient victimes de racisme : le questionnaire avait lieu hors de vue des policiers, c’est une position difficile à tenir donc. D’autant qu’une enquête (couteuse et financée par Georges Soros via la fondation) qui ne montre rien à publier n’est pas très intéressante, et donc un biais en faveur de la mise en évidence du racisme est à craindre.
            C’est d’ailleurs ce qui se passe : l’enquête est présentée sans ce chiffre, pourtant central !
            Que peut-on en conclure ? Effectivement les policiers cadrent leur interventions, et ils le font dans l’immense majorité des cas avec tact et respect de la loi. Qu’est-ce que vous voulez de mieux ? Ah, oui, bien sûr, la religion de l’opprimé....


          • Loup 6 juillet 2009 14:42

            Comme il a par ailleurs été rappelé, les études fondées sur l’ethnie, la race ou l’origine sont interdites en France.
            Il aurait été intéressant de comparer, délit par délit, les chiffres avancés par ce rapport et ceux de la représentativité criminelle ou délictuelle.
            Ce serait pourtant un bon moyen de vérifier si cette attitude de la police est pertinente ou non.
            Sauf erreur de ma part, un tel interdit n’existe pas aux Pays-Bas, où a été menée une étude similaire récemment.
            J’essaie de retrouver la source car le rapport avait pointé des choses particulèrement intéressantes (de mémoire, un C dans l’air d’il y a environ un mois et demi...)


          • Bois-Guisbert 6 juillet 2009 14:54

            Ce que je trouve croustillant, dans les propos comme ceux du Péripate ou de Bois-Guisbert, c’est qu’ils disent implcitement que les flics sont racistes et ont raison de l’être

            Ce que vous dites n’est pas très intelligent, Traroth. Il y a cent circonstances, dans la vie de tous les jours, où prendre tout simplement la réalité en compte revient à adopter une attitude implicitement raciste.

            On peut se gargariser avec des théories et des principes, il y a toujours un moment où la réalité cruelle vous rattrape et, en l’occurrence, l’une de ces réalités est que, statistiquement, certaines communautés sont plus criminogènes que d’autres, comme le montre, entre autres, le lien fourni par Snoopy86.

            Pour les raisons que j’ai dites, les policiers sont enclins à intervenir au faciès puisque les réalités de la déliquance font qu’ils ont une plus forte probabilité de tomber sur un malfaiteur en contrôlant les sujets appartenant à certaines communautés plutôt qu’en contrôlant des ressortissants d’autres communautés.

            On n’y peut rien, Traroth, c’est comme ça ! Les faits sont racistes ! Alors, bien sûr, on peut les estomper, les flouter, les occulter, les nier même, mais c’est une attitude de crétin doctrinaire. Maintenant, si vous appartenez à la stupide confrérie des crétins doctrinaires, je n’y vois pour ma part, aucun inconvénient.


          • Loup 6 juillet 2009 15:08

            Le lien vers l’émission.

            Si quelqu’un a envie de retrouver l’intervention de Xavier Raufer sur le sujet...


          • Massaliote 6 juillet 2009 16:31

            Un fait raciste relaté par le quotidien « La Provence » de samedi dernier:Vendredi dernier vers 23 H à MARSEILLE une GRENADE DEFENSIVE a été jetée sur le commissariat de la rue Félix Pyat. Brice Hortefeux s’en est ému. Silence merdiatique surtout dans les grandes chaines télé. Il faut dire que ces « méchants flics » ont fait bondir leur taux d’affaires élucidées de 65%. Ca ne fait pas l’affaire des « discriminés » du quartier. Le 22 mai, les policiers ont découvert des bordures de trottoir au 22ème étage d’un immeuble, destinées à remplacer en plus efficace les boules de pétanque et autres armes de jets dont sont victimes les gardiens de l’ordre. Interpellations suivies de représailles contre cet « abus d’autorité ». Attaque du même commissariat aux cocktails Molotov. Un des assaillants se brûle. Interpellations. Nouvelles représailles : attaque à la grenade. C’est un miracle s’il n’y a pas eu de morts. Des policiers sont rentrés dans l’édifice juste avant. Les CPF préparent la contre offensive, la météo du 14 juillet prévoit qu’il fera très chaud. Au prochain épisode, tir au bazooka ? M’enfin faut bien que les discriminés se défendent les pov’chéris. 


          • Traroth Traroth 6 juillet 2009 17:59

            Et pourtant, Bois-Guibert affirme encore et encore que le racisme est normal : "Il y a cent circonstances, dans la vie de tous les jours, où prendre tout simplement la réalité en compte revient à adopter une attitude implicitement raciste". Dans ces conditions, comment parler d’intégration. Puisqu’il faut mettre les points sur les i : IL N’EST PAS POSSIBLE DE S’INTÉGRER DANS UNE SOCIÉTÉ DONT ON SUBIT LE RACISME ! Le raisonnement est simple, il devrait même être à la portée de Bois-Guisbert ou du Péripate, qui n’en déplaise à Loup, ont essentiellement pour raisonnement l’insulte de leurs interlocuteur.


          • Traroth Traroth 6 juillet 2009 18:10

            Péripate : en quoi vos chiffres changent-ils quoi que ce soit ? Un contrôle d’identité se doit d’être justifié par une suspicion légitime, et la jurisprudence a depuis longtemps établi que la tenue vestimentaire ou l’appartenance ethnique ne constituait pas une suspicion légitime. Je vous conseille l’excellent ouvrage édité par le Syndicat de la Magistrature, « Que faire face à la police ? », qui vous aidera à protéger vos libertés... smiley

            Sinon, vous pouvez déjà jeter un oeil sur Wikipédia, dont l’article sur le contrôle d’identité en France est édifiant quant aux conditions prévues par le législateur.


          • Le péripate Le péripate 6 juillet 2009 18:25

            Oh, pour vous, naturellement, il n’ont aucun sens. Par ailleurs, n’usez pas du procédé rhétorique qui consiste à dire que ce sont mes chiffres. Ce sont les chiffres de l’enquête même.

            Par ailleurs, si un crime venait à être commis dans mon quartier par un gaucher, je ne manquerai pas d’user de votre argumentation pour protester vigoureusement contre une enquête qui m’incriminerait au motif à l’évidence discriminatoire que je suis gaucher. C’est, simplifié, la situation. Pour vous faire plaisir, il faudrait sans doute que les droitiers soient aussi interrogés. Ubuesque....
            De plus, je le répète, ceci est le revers de la médaille de la société collectiviste que vous appelez de vos voeux. Ne vous en prenez qu’à vous même.


          • hans lefebvre hans lefebvre 6 juillet 2009 18:35

            @ Le péripate !
            Il me semblait bien que votre assertion était quelque peu malhonnête. En effet, à la relecture du document (P.39), il est indiqué ceci exactement :
             En réponse à la question sur la manière dont ils avaient été traités pendant le con-
            trôle, seuls 3% des personnes interrogées ont jugé avoir subi un traitement raciste ou
            insultant de la part des fonctionnaires ; la grande majorité – 76% – a émis un jugement
            neutre sur le comportement des policiers au cours du contrôle ; 6% ont indiqué que la
            police avait agi de manière respectueuse et polie. Selon leurs propres termes : « Ils ont
            été gentils voire marrants » ; « Ils m’ont traité avec respect » ; « Ils étaient posés et polis ».
             Malgré le caractère généralement neutre ou positif des jugements sur le compor-
            tement de la police, ces contrôles ont suscité des sentiments très négatifs. Quelques
            personnes ont simplement déclaré que la police ne faisait que son travail et que le con-
            trôle ne les avait pas dérangées. Mais près de la moitié des personnes interrogées ont
            indiqué être agacées ou en colère du fait du contrôle. Les personnes qui ont indiqué être
            contrôlées plusieurs fois par mois faisaient en particulier état d’un mélange de résigna-
            tion et de colère. De nombreuses personnes interrogées ont indiqué avoir l’impression
            d’être visées en raison de leur apparence, un petit nombre d’entre elles remarquant
            explicitement que c’étaient les Noirs et les Arabes qui étaient toujours contrôlés. Un
            assez grand nombre ont confié aux enquêteurs des sentiments de rage ou de honte, et
            leur manque de confiance envers la police française. Le préjudice que les pratiques de
            contrôle de police causent à la relation que la police entretient avec les personnes objet
            de contrôle est manifeste."
            C’était juste pour plus d’exactitude ! Pour les autres données, j’invite tous les commentateurs avisés de lire l’étude dans sa totalité.



          • Traroth Traroth 6 juillet 2009 18:45

            « Pour vous faire plaisir, il faudrait sans doute que les droitiers soient aussi interrogés » : Bref, vous n’avez absolument rien compris, je suis désolé de vous le dire ! Le sujet de l’article est très exactement là : les contrôles de police ne sont pas motivés par une suspicion de délit, mais par un à priori. Ce qui veut bien dire que les gens qu’on contrôle ne sont suspects de RIEN !

            Donc votre raisonnement est totalement grotesque, à moins d’affirmer qu’il n’y a pas en France le moindre caucasien criminel. Je ne pense pas que vous soyez prêt à pousser le ridicule jusque là, si ?


          • Le péripate Le péripate 6 juillet 2009 19:09

            Tout à fait exact, Hans. Quant à dire que j’en ai fait une présentation malhonnête, pour quelqu’un qui a oublié cette partie de l’étude, c’est humm..... C’est cependant vrai que la soustraction que j’ai faite était un peu rapide, je veux bien le reconnaître. C’est donc 76% de personnes parfaitement satisfaites. Pas mal. Et 3% qui « estiment » avoir été victime de racisme. C’est très peu, eu égard aux conditions de l’étude.
            Il n’en reste pas moins que ceci est l’aspect qualitatif de l’étude, et si elle n’est pas mise en avant, c’est qu’elle n’est pas concluante.

            On ne peut pas vouloir en même temps un Etat Maman, et pas d’Etat Papa. Personnellement, je ne veux ni l’un, ni l’autre, et ne peux que vous faire remarquer que les grenouilles qui voulaient toujours un meilleur roi finirent avec un héron qui les gobait.


          • appoline appoline 6 juillet 2009 19:15

            @ Traroth,

            N’avez-vous pas remarqué que les flics et autres se font plus souvent emmerder par les porteurs de casquettes que les porteurs de melons ?


          • hans lefebvre hans lefebvre 6 juillet 2009 19:45

            Ecoutez donc les auteurs de l’étude qui étaient les invités de France Culture ce matin :
            http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/


          • hans lefebvre hans lefebvre 6 juillet 2009 20:00

            @loup, concernant raufer, permettez-moi de mettre en doute son objectivité ! Il voit des prédateurs partout, méfiez-vous donc !

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