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Accueil du site > Actualités > Société > Créativité dans l’éducation

Créativité dans l’éducation

On a bien du mal dans le système sclérosé qu’est le système éducatif, à revendiquer des espaces de liberté et de démocratie pour que s’expriment enfin la créativité ou les innovations souhaitées. Dans les rencontres européennes, on prône Edgar Morin et ses savoirs essentiels pour demain mais sur le terrain, les enseignants ont bien du mal à maintenir quelques savoirs essentiels d’hier.
 
Violences, manque de valeur et de respect de l’école sont là et les apprentissages on-line individualisés mais privatisés remplacent déjà pour beaucoup d’enfants, les apprentissages publics et collectifs. Chacun s’accorde pour développer de l’éducation à l’environnement, à la santé, à la citoyenneté, au développement durable, au climat, sans placer ces nouveaux besoins dans des tiroirs disciplinaires, Peu de neuf, on parle de transversalité, d’interdisciplinaire et d’éducation globale depuis longtemps mais concrètement sur le terrain, peu de temps et peu de moyens disponibles pour ce type de pédagogie, pour vivre des projets, pour actualiser les didactiques. La dynamique créative dans les écoles est pourtant moteur pour les enseignants motivés. Elle donne sens à leur métier et du sens aux apprentissages qu’ils mettent en place. On a vu apparaître des associations ayant constaté les lacunes de nos écoles et proposant des services privés (souvent payant) pour prendre en charge le sport à l’école, la musique à l’école, la nature à l’école, les sciences à l’école.... Comme si l’école, n’était plus capable d’assumer elle même ces apprentissages là...
 
Dans le même temps on réforme les formations initiales des enseignants en les chargeant de cours théoriques universitaires peu concrets, à 20000 lieues des besoins du terrain, et on constate la fuite de ces jeunes enseignants qui une fois dans la vie professionnelle et en situation réelle, s’adaptent mal aux difficultés des classes. L’école et la formation d’enseignants doit se transformer, il y a un urgent besoin d’évolution. L’avenir serait d’intégrer une dimension de créativité, de liberté et d’éthique dans les équipes pédagogiques qui doivent actualiser leurs pratiques et vulgariser un monde de plus en plus complexe et incertain. De nombreux acteurs de l’éducation globale ont le désir d’agir dans leur environnement local, dans divers contextes sociaux, même avec leurs petits moyens.
 
L’utopie d’un changement de monde, ils la portent dans leurs projets, leurs actes, leurs mots, leurs poésies, leurs interactions, leurs déceptions parfois. Ils restent persuadés du nord au sud et même au plus profond de l’Afrique rurale que leur motivation fera l’évolution de cette éducation nécessaire pour l’avenir. Ils ne rêvent pas, écrivent peu, ils agissent au quotidien… Les politiques devraient savoir qu’ils existent ces acteurs, qui éveillent les consciences de la jeunesse vers des questionnements, vers des comportements environnementaux, vers la compréhension des enjeux globaux ou les valeurs de coopération… Le temps est venu de les soutenir et de soutenir l’école publique accessible à tous (elle se meurt faute de moyens pas faute de motivation).

Marina Gruslin, enseignante
 

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19 réactions à cet article    


  • Krokodilo Krokodilo 8 décembre 2009 11:22

    Sympathique, mais peu pratique ; où sont les suggestions, les propositions concrètes ?


    • marina gruslin 8 décembre 2009 12:50

      à tester dans le quotidien, les partenariats bien compris et non marchandisés, l’accès aux ressources et outils serait un premier moyen de solidarité . par exemple , proposé sur nos sites quelques projets concrets « des idées vertes pour l’école » ( dossier téléghargeable car en pdf, sur www.formation-cerise.be). Reste à changer les horaires, un autre rythme d’horaire, des décloisonnements. quelques pays nordiques nous montrent que c’est possible de faire autrement et de donner plus de sens aux apprentissages. Nos politiques ne suivent pas cette évolution


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 décembre 2009 01:11

      @ Krokodilo :


       Voici pour le concret.


      Pierre JC Allard

    • marina gruslin 9 décembre 2009 11:49

      merci pour votre apport et le lien


    • Krokodilo Krokodilo 8 décembre 2009 13:56

      Effectivement, apprendre à apprendre est très bouffeur de temps. On ne peut faire réinventer la roue, la langue crée par des générations entières, les cosinus et le système solaire à chaque personne ! Pour un instit ou prof qui saura concilier des périodes de cours traditionnels, indispensables, et des phases de réflexion, ça va, mais si vous tombez sur un qui ne fait que de la découverte, vous serez bon pour enseigner vous-même à votre gosse les-dites bases...


    • Bridgetten 8 décembre 2009 13:57

      On ne peut pas enseigner la résolution des problèmes mathématiques sans les bases, et puis la résolution des problèmes fait acquérir la créativité car elle demande des aptitudes semblables, le même fonctionnement cognitif.


    • Bridgetten 8 décembre 2009 13:36

      Toute la question est de savoir si la créativité peut s’enseigner.

      Certains experts le pensent et même qu’elle ne serait que le fruit d’un travail ardu et que le génie n’existerait pas...

      Outre le fait que nos enfants doivent apprendre à s’adapter, à faire face aux nouvelles donnes du présent et aux menaces écologiques qui se profilent par l’innovation, D.W. Winnicott, psychiatre britannique, prétendait que le jeu créatif est essentiel au développement de l’enfant et qu’il est l’intermédiaire par lequel l’enfant peut s’exprimer et se libérer des angoisses qu’il éprouve face à la réalité extérieur.

      Article très important, on aimerait qu’il soit lu par qui de droit, devrais-je dire, par qui d’agir...


      • Krokodilo Krokodilo 8 décembre 2009 14:10

        Je dirais plutôt article intéressant.
        Je n’ai rien contre la visite d’une boulangerie, le ramassage des olives, des rencontres interclasses de foot ou de rugby, ou la visite d’un musée (pourquoi toujours d’art moderne auquel les enfants sont peu réceptifs ?), mais je peux assurer qu’aucun prof de mes gosses ne leur a parlé de l’accent tonique avant qu’un prof de langue étrangère ne le fasse en 5e, que les CM2 avaient à peine compris la distinction de base entre complément d’objet direct et indirect, et que personne ne leur avait montré que de nombreux mots se décomposent en radicaux et affixes (préfixes ou suffixes), alors que cet exercice peut être un jeu très amusant, rechercher les préfixes communs, les suffixes de métiers (plombIER, professEUR, actEUR, électricIEN, chauffagISTE, etc.).
        Au risque de passer pour un ringard, les bases restent les bases, et il faudrait tout faire pour que les élèves entrant en 6e les aient tous acquises.
        On met en place des dingueries comme la validation d’anglais pour les instits (PDE), ce qui n’est pas leur métier, on rallonge à bac + 5 sans autre raison que la démagogie, une fausse reconnaissance avec le même salaire, tout ça pour transférer la charge financière aux familles, tandis que le niveau des PDE en français n’est pas celui qu’il était du temps des Ecoles normales... sujet tabou.


      • marina gruslin 10 décembre 2009 07:44

        merci pour votre réaction. une de mes collègues, enseignante elle aussi en formation initiale d’enseignants, philosophe et psychiatre, béatrice Dessain a écrit un livre sur Winnicott, intitulé Winnicott : illusion ou vérité Des conditions de possibilité de l’avènement du sujet aux éditions de boeck, je vous le conseille. Je ne pensais pas que m’exprimer sur l’insertion de la créativité dans l’enseignement allait provoquer des réactions aussi vives.


      • eric 8 décembre 2009 15:13

        Madame, votre article est émouvant par sa bonne volonté et ses contradictions qui constituent en eux même un diagnostic de l’état de notre école.

        Dire que l’école se meurt faute de moyen est un paradoxe quand la dépense en monnaie réelle par élève à doublée depuis trente ans.

        Vous déclinez une ambition idéologique, changer le monde, en ambitions également idéologiques. Enseigner le climat, (il ne semble pas y avoir unanimité sur ce que l’on peut penser du climat aujourd’hui) Le développement durable ? Qu’est ce que c’est en pratique, y en a t il un, plusieurs ? enseigner la coopération ? Quand les enseignants ont le plus grand mal à coopérer entre eux on ne voit pas très bien de quelle expertise ils partirons pour apprendre aux autres à coopérer. Si vous êtes enseignante, vous devez avoir une idée de ce qu’est la réalité d’une « équipe pédagogique » dans un établissement public. C’est plus tôt la grande solitude de la salle de classe...
        La citoyenneté ? Mais la plus part des syndicats enseignants contestent une éventuelle participation des citoyens, des parents aux choix pédagogiques et d’une manière générale à la vie de l’école. Plus encore, ils contestent régulièrement les réformes décidée pour l’école par les élus du peuple.
        Le développement d’une offre privée est en soi une évidence de l’inadéquation de l’offre publique aux attentes des parents et enfants. Il est très possibles que ces attentes ne soient pas toujours entièrement justifiées. On voit des parents se ruiner en activité et cours parce qu’ils sont trop occupés par leur boulot pour s’occuper de leurs enfants et cherchent à « compenser ».
        Mais d’un autre côté, l’école de la république est financée par les citoyens pour répondre à leurs attentes, pas avant tout pour permettre l’épanouissement idéologique des enseignants. Je ne voit pas que les citoyens lui aient confié un mandat de « changer le monde ». L’école de la république appartient aux citoyens avant d’appartenir à ses employés, même si évidemment les besoins et désirs de ces derniers revêtent une importance majeure.

        Toute cette fantastique créativité que vous évoquez, si elle répond à un besoin, devrait rencontrer facilement une demande. Vous constatez vous même les côtés très sclérosés de notre système éducatif. Du reste, la plus part des grandes tentatives de renouvellement pédagogiques, sumerhill, montessorri etc. ; quoi qu’on en pense par ailleurs se sont en général développé hors système public.

        Paradoxalement, il est donc vraisemblable que c’est en créant des écoles privées que vous parviendriez le mieux à mettre en œuvre vos ambitions. Mais si votre « fétichisme » du service public est tel que vous préférez la sclérose dans un système clôt et immobile mais public, à la mise en œuvre de vos idées dans un autre cadre, il ne faut pas vous étonner que le système lui même soit sclérosé.

        Peut être appréhensez vous que les parents ne soient pas assez conscients pour faire les « bons choix » pour leurs enfants. Rassurez vous, avec 80% d’une classe d’âge au niveau bac depuis quelques années, l’essentiel des parents ont un bagage amplement suffisant pour se faire leur idée en assez bonne connaissance de cause.

        Pour finir, je crois que la sclérose vient d’un enfermement du corps enseignant avant toute chose. Il me semble que le remède serait de l’aider à s’ouvrir ? Accueillir les parents réellement et les associer à toutes les décisions concernant l’école, envoyer les enseignants faire des années « sabbatiques » en entreprise, trouver des moyens de les faire travailler en équipe (cours donné en commun ?)

        Je comprends aussi qu’il est plus facile d’incriminer le secteur privé et le manque de moyens, mais quand on à pour objectif de changer le monde, on ne devrait pas s’érréter à ce type de facilités...


        • marina gruslin 8 décembre 2009 19:08

          je ne pense pas être fétichiste du service public, simplement j’y travaille depuis plus de 20 ans et c’est en effet un choix idéologique (pour sa laïcité et son accès à tous). J’y ai constaté ses lacunes, ses limites et ses misères. Malgré ce constat j’y croise des équipes (eh oui elles existent) qui font du projet en plus du cursus de base,car on le sait qu’il faut aussi apprendre à lire et à compter. On peut construire les bases en donnant du sens à leur apprentissage. il ne faut pas voir les classes extérieures comme des promenades inutiles mais les promenades comme des moments d’apprendre hors murs, dont les jeunes se souviennent sans doute mieux que d’un exposé monotone et ennuyeux. On peut tous être des porteurs de changements, enseignants, parents, décideurs si on s’affranchit un peu de nos contraintes et si on s’ouvre en effet un peu plus au monde extérieur. Par contre le système social et marchand ( dont certaines structures scolaires et parascolaires font maintenant partie) ne me semble pas le meilleur exemple à suivre.


        • marina gruslin 8 décembre 2009 23:29

          ne pas confondre, instruction et éducation...Ah si les parents étaient tous « compétents » dans ce rôle d’éducation...avez-vous déjà mis les pieds dans la réalité sociale d’une classe ?étant belge je ne ressens pas cette injonction de seulement instruire (et pour le reste on s’en lave les mains ?), On exige la neutralité comme une belle utopie mais nous sommes des humains non des machines et dans ce sens il nous est impossible d’être neutres . Chez nous on a la mission d’enseigner, d’éduquer et d’accompagner les jeunes à devenir des adultes autonomes et aptes à rencontrer le monde social et environnemental autour de lui, l’école est dans la société en interaction avec elle et non dans une bulle....Former au travail dans une société où le taux de chômage est élevé et où la créativité est considérée comme du temps perdu est à l’opposé de ce que demandent les managers d’entreprises...Quel paradoxe !!


        • M.Junior Junior M 8 décembre 2009 21:08

          Des solutions pédagogiques innovantes ?
          J’accuse
          Une histoire d’éducation web2.0 gratuite


          • DIMEZELL 8 décembre 2009 22:49

            Fondamental de permettre à la créativité de s’exercer, de lui donner des exemples,des outils, du temps, tout le monde n’a pas un don ( et d’ailleurs on ne juge pas ici une performance ) mais tout le monde a droit au temps de la création et à son accompagnement. Tout ce qui manque depuis que l’on assiste à un grave retour en arrière des instructions officielles. On laisse croire que les arts ont encore une place dans les écoles primaires mais on liste une somme invraisemblable de savoirs (parfois contradictoires et incohérents ) qui empêchera de trouver le temps de sortir le matériel de dessin ! On retire deux heures par semaine et on oblige à une évaluation - bilan avant le milieu de l’année pour les CM2 qu’on tente de faire passer pour une évaluation diasgnostic.
            Permettre de créer c’est aussi donner la possibilité d’écrire ( et pas seulement de copier), d’écrire de toutes les façons, pour apprendre aussi bien la concordance des temps que la ’fabrication’ des phrases complexes, celles qui servent à exprimer sa pensée ( et non pas celles de l’exercice qui ne sert qu’à remplir le cahier pour faire plaisir à l’enseignant. ).
            Une écriture de la complexité pour savoir s’exprimer simplement avec facilité.
            Voilà effectivement des bases indispensables aussi bien pour former le futur citoyen que pour aider l’individu à s’épanouir dans ses activités professionnelles. On est loin de la seule instruction réductrice et appauvrissante, on est loin de la seule recherche des compléments dits d’objets directs dont les bénéfices en orthographe demeurent bien ciblés.
            Un projet nécessaire dans nos écoles publiques qui continuent, malgré tout, d’accueillir l’ensemble des élèves sans sélection ni exclusion. 


            • marina gruslin 9 décembre 2009 13:39

              merci de votre réaction


            • marina gruslin 8 décembre 2009 23:42

              ben non justement peu de parents le font, la télé et le net les remplace en heures d’occupation qui occupent leurs gamins... Il ne faut pas confondre fonctionnaire de l’EN, instructeur, selon vous et enseignants motivés capables de susciter des vocations et des potentiels parmi les enfants, Bien sûr qu’ils existent, je suis désolée pour vous et vos enfants que vous n’en ayez jamais rencontré. La créativité est pluridisciplinaire, c’est une compétence utile aussi en math, en écriture ou en ingéniérie...


            • marina gruslin 9 décembre 2009 13:38

              chacun ses expériences, visiblement les vôtres sont négatives, il ne faut cependant pas généraliser, ni donner d’injonction , une liberté pédagogique existe au sein des classes heureusement. Si c’était si facile, dans cette profession, il n’y aurait pas pénurie , avantage ou pas on cherche des profs de math, de sciences, de langues, après les avoir viré ils sont partis dans le privé,dans les entreprises ou dans la dépression ou le suicide...


            • Lucrezia 9 décembre 2009 10:37

              Désolé, mais l’école publique ne se meurt pas faute de moyens mais plutôt faute de motivation et à cause d’un système rendu complètement sclérosé par le corps professoral et ses syndicats qui de toute façon n’acceptent aucun changement ni sur les contenus des programmes, ni sur leur organisation sans descendre dans la rue et/ou faire grève !

              Si l’on tient compte du ratio budget/élève ou élèves/Professeur, le budget de l’éducation nationale a toujours été en constante augmentation depuis 50 ans ..Alors que veulent-ils ?

              Tant que la majorité des professeurs exercera systématiquement et quelque soit la réforme, une résistance à sa tentative d’application, toute réforme échouera ... !

              Les professeurs sont aussi responsables de l’échec du système de notre éducation ...

              Si les professeurs ne croient plus au système de l’éducation nationale, ni à ses ambitions, ni ses moyens ... Pourquoi ne pas laisser à d’autres, motivés, le soin de cette mission ??? Car quand on en arrive à manifester tous les ans et faire grève tous les ans ... peut-être faudrait-ils qu’ils se posent la question, si ils sont toujours fait pour être enseignant ? C’est à dire ouvert aux autres et disponibles à transmettre un goût d’apprendre et de connaissances ???


              • marina gruslin 9 décembre 2009 11:47

                merci de votre réaction sans doute sommes nous tous responsables et je conviens que le système est conservateur et peu dynamique aussi par ses fonctionnaires qui ne bougent pas beaucoup. Vous confirmer le besoin de créativité. Nous parlons plus haut d’enseignants motivés et ils sont nombreux à se démotivés de réaction comme la vôtre. Quand au droit de grève ? si il est à rediscuter comme un autre droit social, il l’est pour toutes les corporations professionnelles... Je suis belge et donc pas directement impliquée dans vos réformes franco françaises mais je sais que de nombreux postes ont été supprimés comme dans d’autres pays européens et que donc l’école n’est pas une priorité politique. Quand à l’utilisation du financement des écoles/élève, il y a sûrement beaucoup à débattre également. sur ce qui en est fait (écoles privées par exemple... qui paye et pour quelles avancées ?)

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