Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Crise du logement : ce qu’on ne dit pas

Crise du logement : ce qu’on ne dit pas

La fondation Abbé Pierre a publié ce 1er février son rapport sur l’état du mal-logement en France*. L’association caritative y dénonce l’inaction des pouvoirs publics face à la crise du logement, et appelle à « réguler le fonctionnement des marchés du logement ».

Réglementations supplémentaires, subventions supplémentaires (au financement par les ménages et à la construction sociale), « droits » supplémentaires seraient la solution à ce réel problème : « l’intervention publique s’est toujours révélée indispensable (…) pour lutter contre les dysfonctionnements dans le domaine du logement. »

Pourtant, à l’analyse, cette position se révèle très discutable. Elle demande en effet toujours plus de réglementations plutôt que de considérer les effets pervers … des réglementations déjà en place. Elle part de l’a priori très à la mode, surtout depuis les inepties largement répandues sur les origines de la crise économique, que les marchés fonctionnent mal par définition. Il est vrai que les marchés ne fonctionnent pas de manière parfaite : il y a des ajustements, des erreurs et des corrections. Mais en moyenne cela ne marche pas si mal dans un cadre réglementaire intelligent. Cependant, lorsque, contrairement à toute logique, les marchés échouent durablement à coordonner les besoins des uns avec les capacités des autres, c’est qu’il y a une raison : on les empêche tout simplement de le faire par des réglementations inhibitrices.

Le marché du logement est un exemple symptomatique où des réglementations mal pensées perturbent les ajustements entre l’offre et la demande. La hausse du coût du logement est en effet fortement liée à l’activité réglementaire du foncier. Sur la décennie qui a précédé la crise, le prix du terrain constructible a été en gros multiplié par six. Alors que naturellement les terrains ne sont pas rares, c’est la politique foncière qui crée artificiellement la rareté et fait flamber les prix. Sous les recommandations de planificateurs urbanistes et les pressions de certains écologistes, l’offre de terrains constructibles a été restreinte : peut-on réellement blâmer le marché si son offre est rationnée politiquement ? L’économiste de l’urbanisme Vincent Bénard** estime par exemple avant la crise (sur l’année 2005) à un tiers cette hausse artificielle du prix directement imputable à la restriction, décidée par le politique, du foncier constructible.

En effet, les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) des communes sont censés planifier des années à l’avance la demande de logements de la commune, ce qui est une tâche évidemment impossible et qui gèle l’offre pendant des années, empêchant l’adaptation à la demande. Par ailleurs, alors que certaines petites communes pouvaient encore avoir une marge de manœuvre et exercer une espèce de concurrence, les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) au niveau de plusieurs communes ont encore accru le poids du carcan réglementaire et raréfié d’autant l’offre. Il serait plus rationnel et efficace de libérer le foncier, en protégeant uniquement les zones sensibles (et en indemnisant leurs propriétaires), et en faisant respecter des règles raisonnables de construction ailleurs.

Mais les bureaucraties publiques qui vivent de la production de cette activité réglementaire n’ont évidemment aucun intérêt à cette libération du foncier. Mais surtout, sans parler de la corruption dans certaines mairies, les maires doivent choyer un électorat souvent récalcitrant à l’arrivée de nouvelles populations : c’est la logique du snob zoning. Se pose alors ici un problème sérieux de démocratie.

Cette libération du foncier permettrait une baisse des prix et un accroissement naturel de l’offre qui se répercuterait en baisse des loyers dans le locatif, où d’autres réglementations vont à l’encontre de la facilité à se loger. Le législateur a voulu par exemple protéger une minorité de mauvais payeurs, et a institué l’impossibilité d’expulser de novembre à mars. Les associations telles que la fondation Abbé Pierre s’en félicitent, sans réaliser que cette impossibilité, si elle a protégé une minorité, a en réalité fragilisé une majorité de locataires modestes. On a en effet créé un coût potentiel pour les propriétaires qui doivent alors s’assurer contre les mauvais payeurs en demandant des garanties de plus en plus strictes aux candidats à la location, ce qui empêche une part non négligeable de gens modestes de pouvoir louer. Inutile de préciser les inégalités flagrantes qu’a généré cette législation.

Par ailleurs, encadrer l’évolution des loyers, après la signature du bail, avec des indices (construction, puis inflation) empêche effectivement les prix (loyers) de refléter correctement la rareté, c’est à dire la demande relative en locatif. Il y a évidemment des rattrapages de loyer entre deux locataires, mais autant dire, du fait de l’incertitude induite pour les propriétaires, que l’investissement est alors plus timide. Enfin, toutes les carottes fiscales (Robien, Scellier) ne font que distordre encore plus le marché en encourageant à investir … mais pas en fonction de la demande réelle, donc pas là où il le faut. Quitte à vouloir favoriser le logement des plus modestes, autant que la puissance publique fournisse des « chèques-logement » : leur effet distordant sur le marché sera minimum.

Effectivement, comme le souligne la fondation, « les politiques ne doivent (…) pas seulement s’attacher à apporter des réponses ponctuelles et limitées à divers dysfonctionnements, mais permettre de traiter les causes profondes de la crise du logement ». Mais les causes profondes ne sont sans doute pas celles envisagées par la fondation : elles sont bien plus à chercher du côté des obstacles que l’on met délibérément, avec le cœur sur la main, au fonctionnement du marché du logement. Il est temps que les associations caritatives comme les politiques prennent conscience des effets pervers des réglementations qu’ils ont soutenues par le passé et qui ont créé les problèmes d’aujourd’hui. Il faut remettre les choses à plat, simplifier les réglementations : libérer le marché immobilier pour qu’il fonctionne enfin de manière saine et puisse répondre aux besoins de logement.

Emmanuel Martin est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

* Disponible ici.

** On lira avec profit son ouvrage éclairant : Crise publique, remèdes privés, Romillat 2007.


Moyenne des avis sur cet article :  3.6/5   (43 votes)




Réagissez à l'article

86 réactions à cet article    


  • Céphale Céphale 2 février 2010 10:47

    Augustin Legrand a dénoncé hier sur BFMTV l’hypocrisie du Gouvernement. La veille de son renvoi, Christine Boutin disait encore à Legrand qu’elle était écoutée par Fillon et qu’elle avait les moyens nécessaires pour combattre la crise du logement. Le lendemain elle lui disait le contraire.

    Il s’est moqué aussi de la loi DALO en disant qu’en cas de procès cette loi pouvait seulement faire condamner l’Etat à se payer des amendes à lui-même.

    • abelard 3 février 2010 11:29

      Les terrains ne sont pas rares...

      C’est tout à fait exact. Je partage cette analyse totalement frappée au coin du bon sens.
      L’autre jour encore, me promenant dans le jardin du Luxembourg, j’enrageais intérieurement en voyant de mes propres yeux tous ces arbres et brins d’herbes, fils putatifs de l’assistanat et de lois liberticides, se prélassant indûment sans égards pour le Saint marché que dieu nous a offert.
      Les terrains ne sont pas rares en effet, surtout au centre de Paris.
      Mais pourquoi donc vouloir habiter Paris sous le seul prétexte qu’on y travaille ?
      Le père Matthieu, brave propriétaire foncier à St Blaise-du-buis, a mis en vente un lopin constructible sis dans sa belle commune. Aucun acquéreur !
      Le pauvre n’est pas seulement salaud, il ne fait aucun effort. Quand on sait que de St Blaise, il suffit, après 5km à vélo, d’attraper le bus qui vous mène à la gare, et de là rejoindre la ville en TER pour monter dans le TGV. Il suffit juste de penser à prendre un paquet de rustines pour que Paris ne soit qu’à 5 ou 6h ! Juste à temps pour prendre son service chez Ed l’épicier.
      Mais le pauvre n’est pas seulement salaud et paresseux, il oublie aussi ses rustines.

      Les USA nous donnent pourtant l’exemple à suivre. Là bas l’immobilier fonctionne selon les règles canoniques d’Hayek le miséricordieux, l’oint du seigneur. Les pauvres salauds (désolé pour le pléonasme) sont chassés de leurs maisons dés qu’ils ne peuvent plus payer. Ce n’est que justice et efficacité. D’autant que par le génie du marché saint bénit soit il , ces mêmes maisons sont souvent détruites afin de ne pas faire baisser les cours de l’immobilier.
      Tout protozoaire mal instruit qui verrait là comme une petite absurdité, n’est qu’un mythomane de l’intelligentsia de gauche.
      Heureusement, nous avons nous la bêtigentsia de droite.

      Sept ans d’études pour en arriver à cette puissance de raisonnement ! Il y aurait-il quelque chose de pourri au royaume de l’université ?


    • Emmanuel Martin 3 février 2010 11:55

      @ Abelard
      7 ans d’études permettent effectivement de ne pas raconter des âneries sur la crise aux USA. Allez, au hasard : http://www.unmondelibre.org/revue_Sowell_crise_15012010
      Evidemment que le terrain est naturellement rare à Paris, je ne remets pas cela en question. Et je ne propose pas de batir des gratte-ciel au milieu du jardin des plantes. Il n’y a pas que Paris intra muros en France... Evidemment il y a des lieux où la rareté est naturelle. Le problème c’est la où est artificielle et organisée, ce qui empêche justement de compenser pour là où elle est naturelle. L’« étoilement extra-urbain » que vous dénoncez implicitement est justement très largement imputable aux lois « anti-étalement » péri-urbain, qui font qu’on repousse les gens toujours plus loin.


    • Emmanuel Martin 3 février 2010 12:15

      @ Philippe Renève
      Je ne soutiens pas qu’il faut supprimer les réglementations ! Ce serait l’anarchie ! De supprimer les réglementations stupides.
      Je ne vois pas trop où est votre « démonstration »...


    • abelard 3 février 2010 12:29

      « Il y a des lieux où la rareté est naturelle et Paris intra muros en fait partie »

      Que St Ricardo me patafiole, que c’est beau !
      Et dire que je n’avais pas pensé à ça !
      Pour pénitence, je suis allé consulter les écritures sacrées et j’ai en effet trouvé ceci :
      « Et au troisième jour, après avoir créé l’eau tiède, le sucre en poudre et Emmanuel Martin, St Adam Smith, que loué soit son nom, leva la main et dit : puisque j’ai cinq minutes je vais encore naturellement créer Paris, avec ses immeubles, ses services publics, ses emplois et ses habitants. Rien que du naturel pur jus. Bon d’accord, les terrains constructibles y seront naturellement rares mais c’est parce que je ne peux pas penser à tout. Allez les mecs, je vous laisse, faut que j’aille marcher sur l’eau ! »

      Je vais de ce pas dire au père Matthieu, qu’il faut déclarer naturellement St Blaise-du-buis capitale de la France. Et voila un problème de naturellement réglé, suivant ?

      Comme disait mon ami Alphonse Allais « il faut construire les villes à la campagne ».
      Merci à la fine fleur de la crème de la bêtigentsia d’avoir redécouvert ce principe divin.

      Quant à vos idées sur la crise immobilière aux USA, nul besoin d’aller consulter les évangiles sur bêtigentsia-qui-pense-en-rond.com pour les connaître.
      C’est la faute à ces salauds d’assistés de pauvres, tout le monde le sait bien, amen.


    • Emmanuel Martin 3 février 2010 13:23

      @ P. Renève
      Ok, je ne démontre rien, vous démontrez tout, par définition vous avez donc raison.
      Amen.


    • Daniel Roux Daniel Roux 2 février 2010 11:15

      Pour compléter l’article, il existe de nombreux logements non loués détenus par des particuliers. Ils ne louent pas et surtout n’investissent pas, par peur du non paiement des loyers.

      L’assurance GRL 2 entrée en vigueur en décembre 2009 est en cours d’élaboration par les assureurs et devrait être opérationnelle d’ici quelques jours mais ne résout pas tout.

      Un risque important subsiste comme l’indique l’auteur de cet excellent article :

      http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/particuliers-loueurs-et-locataires-61728

      Le particulier peut toujours craindre une importante perte de revenus lorsque l’Etat, à travers un jugement pratiquement systématique, efface la dette locative d’un trait de plume en se lavant les mains des conséquences, parfois catastrophique, pour le particulier bailleur.

      La pauvreté n’est pas un délit et elle peut tomber sur n’importe qui. Ce n’est pas le locataire pauvre qui est en faute, c’est l’Etat et son impuissance organisée.

      C’est avec cynisme que le législateur met dans le même sac des méga entreprises qui mutualisent leurs risques, des organismes de crédit qui accordent des prêts sans garantie et le particulier bailleur micro propriétaire qui signe un contrat de longue durée et de bonne foi avec des locataires à revenus vérifiés mais non garantis du fait de la précarité et du chômage massif.

      Le particulier spolié et impuissant, est obligé de prendre en charge ses locataires défaillants. De plus l’annulation de la dette est prononcée sans qu’aucune mesure ne soit prise pour mettre fin à la location et donc à la reconstitution de la dette. Les malheureux privés d’emplois, n’ont plus accès au crédit et aux chéquiers, sont exemptés de leurs devoirs de locataire mais gardent tous leurs droits aux dépends du bailleur.

      Les procédures d’expulsion traumatisantes pour les 2 parties sont longues, onéreuses et compliquées. La justice semble avoir reçu pour mission de maintenir les locataires le plus longtemps possible et annule la procédure pour une vétille.

      On attend toujours la construction de centaines de milliers d’hôtel sociaux et la mise en place de structures sociales, qui recueilleraient et assisteraient la population pauvre. Cette population sacrifiée, en augmentation constante, par la politique de délocalisation des emplois menée par les gouvernements depuis 20 ans à travers l’EU.


      • Romain Desbois 2 février 2010 12:48

        Pour pousser les propriétaires à louer, le plus efficace serait de leur faire payer des impôts locaux pour ces logements inoccupés.

        Et oui en France un logement inoccupé n’ouvre pas droit à l’impôt local.


      • bo bo 2 février 2010 13:31

        bien sur que si : taxes foncières et locatives sont alors payés par le propriétaire.... qui de plus, comme ce n’est pas sa résidence principale n’a droit à aucun abattement....
        allez vérifier sur le site des impots


      • Romain Desbois 2 février 2010 23:46

        Quand un logement est inoccupé et qu’à côté des gens sont à la rue, la solidarité nationale se met en place et du coup tout le monde y perd, y compris les propriétaires qui se plaindront de payer plus d’impôts sociaux.

        Taxe habitation sur les logements vacants : voir

        He non la taxe d’habitation sur les logements vacants n’est pas systématiques


      • Emmanuel Martin 2 février 2010 23:47

        Il y a taxe foncière et taxe d’habitation. N’y a-t-il pas une confusion ici ?


      • Romain Desbois 3 février 2010 00:05

        NON NON ce n’est pas de la taxe foncière qu’il s’agit mais de la taxe d’habitation autrement appelée impôts locaux.

        Par contre je suis pour la suppression de l’impôt foncier qui n’a aucune justification.

        (C’est Bo qui va être content smiley )


      • Romain Desbois 3 février 2010 01:04

        @Pakway
        J’ai été cinq ans syndic bénévole.

        Je me suis endetté pour quinze ans pour éviter qu’une amie soit à la rue.

        Alors vos leçons de morale......


      • bonnes idees 2 février 2010 11:21

        Arretez de regarder à la loupe mes commentaire Agora. C’est très pénible. Beaucoup de mots me sonf refusés.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 2 février 2010 11:46

          Bonjour,

          " Pourtant, à l’analyse, cette position se révèle très discutable. Elle demande en effet toujours plus de réglementations plutôt que de considérer les effets pervers … des réglementations déjà en place. " Ceci se devait d’être dit. C’est l’effet pervers de l’émergence à la tête de nos institutions d’une profession maitresse : Avocat. Ils sont les mieux placés, puisqu’ils font désormais la loi, des parcours sinueux pour la contourner.

          Ces nombreuses règlementations et lois telles Robien ne deviennent lisibles que par les autorités et les professionnels de l’immobilier. C’est ainsi qu’ils se retrouvent, notaires, mairies, marchands de biens, et banques, propriétaires du centre de nos villes et villages et principaux acteurs dans l’émergence de cités pavillonnaires en carton.

          L’émission complément d’enquêtes relataient hier d’un certain Jacques Meyer, propriétaire de trois cent immeubles dans le centre ville d’Orléans lui dégageant un revenu annuel de quinze millions d’euros. Avec l’histoire du devenu célèbre squatt de la place des Vosges, l’on ne se cache plus que l’on en appelle à la loi et aux médias pour dénoncer ces squatteurs, et cela au profit de la défense des ces propriétaires responsables indirectement de cette crise du logement.

          L’Etat a artificiellement et légalement soutenu les entraves responsables de la raréfaction du marché, et profite, donc au meilleur moment de cette hausse, pour mettre en vente aux enchères son patrimoine immobilier parisien historique.


          • sisyphe sisyphe 2 février 2010 12:23

            Elle part de l’a priori très à la mode, surtout depuis les inepties largement répandues sur les origines de la crise économique, que les marchés fonctionnent mal par définition. Il est vrai que les marchés ne fonctionnent pas de manière parfaite : il y a des ajustements, des erreurs et des corrections. Mais en moyenne cela ne marche pas si mal dans un cadre réglementaire intelligent. Cependant, lorsque, contrairement à toute logique, les marchés échouent durablement à coordonner les besoins des uns avec les capacités des autres, c’est qu’il y a une raison : on les empêche tout simplement de le faire par des réglementations inhibitrices.

            Mais bien sûr !
            Laissons faire « le marché », multiplier les logements de luxe, au détriment des logements sociaux, laissons les propriétaires spéculer sur leurs logements, et, de cette manière, la part du logement dans le budget, qui est passée, en 40 ans, de 22 à 45%, atteindra bientôt les 75% ; restera juste aux pauvres pequenots de quoi ne pas mourir de faim, en allant s’approvisionner aux restos du coeur, ou à la soupe populaire.

            Il est quand même incroyable que les libéraux, hostiles à toute réglementation, qui sont à l’origine et directement responsables de l’état lamentable du logement pour des millions de français, viennent encore réclamer moins de réglementation !

            Il suffirait de faire respecter la loi SRU (20% seulement de logements sociaux, je rappelle), en pénalisant LOURDEMENT et réellement les communes qui ne l’appliquent pas, pour faire baisser automatiquement le prix des loyers, et permettre à chacun d’avoir un logement décent.

            Que le marché aille provoquer ses ravages ailleurs que sur les biens indispensables à la vie ; nourriture, logement, éducation, santé, travail ; secteurs qui doivent être absolument interdits à toute spéculation.

            Marché de merde !


            • Emmanuel Martin 2 février 2010 12:45

              Visiblement vous n’avez pas correctement lu l’article, ou vous refusez obstinément d’en comprendre le message. Les « libéraux » n’ont strictement rien à voir avec la crise du logement. Je pense qu’il faudrait vous désintoxiquer de certains mythes prêts-à-porter dispensés par l’intelligensia de gauche.
              Un marché est de « merde » comme vous dites, quand on l’empêche de fonctionner, avec des réglementations stupides. Et effectivement un marché dans le vide institutionnel et réglementaire ça ne marche pas. Un marché ne fonctionne correctement qu’avec des réglementations intelligentes, qui responsabilisent, qui permettent à l’offre d’effectivement servir la demande.
              S’il y a un créneau pour les logements sociaux, des entrepreneurs y verront une opportunité. Si tant est qu’on les laissent faire leur boulot. 
              Votre compréhension des mécanismes économiques à propos de la loi SRU est particulièrement erronée. Vous vous concentrez, comme les politiciens et autres bureaucrates, sur les effets qu’on voit sur les 20% de gens aidés. Vous ne vous posez pas une seule seconde la question des effets pervers ravageurs sur les 80% qui restent.
              Parce que votre raisonnement économique s’arrête là où cela vous arrange.
              C’est pratique.
              Surtout que j’imagine que comme les politiciens et les bureaucrates vous mettrez ensuite sur le dos des méchants spéculateurs et du vilain marché les conséquences néfastes de VOTRE politique, en refusant de penser que vous puissiez être le vrai responsable, même si quelqu’un comme moi vous en donne la preuve.
              Belle morale. 


            • sisyphe sisyphe 2 février 2010 14:44

              Baratin et enfumage !

              Partout où on laisse « le marché » sévir, on constate les dégâts irréparables qu’il commet, dans tous les domaines.

              Rigolo de critiquer la loi SRU, sous prétexte qu’elle ne servirait que 20% de gens « aidés » ; alors qu’actuellement, non appliquée, ça sert- surtout les spéculateurs ; sur les terrains et sur les logements, et ça laisse des millions de citoyens avec des problèmes de plus en plus aigus de logement, voire sans logement du tout.
              La construction d’un parc de logements sociaux à des prix réduits est LA SEULE SOLUTION pour faire diminuer l’ensemble des prix du secteur locatif, et des logements ; n’importe quel imbécile peut comprendre ça.

              Droit de préemption des municipalités sur les terrains, respect de la loi SRU, fortes amendes aux communes qui ne la respectent pas, taxation sur les logements vides, réquisition d’immeubles vacants depuis des décennies ; voilà les solutions pour loger convenablement les français.

              Sortir, je me répète, du champ de la spéculation ; donc, DU MARCHE, tous les biens nécessaires à la vie ; logements, nourriture, éducation, santé, transports, eau : que les spéculateurs aillent prendre des risques ou se faire des couilles en or sur les biens de luxe, les actifs pourris, et que si leurs « risques » s’avèrent catastrophiques, comme la crise en témoigne, qu’ils se démerdent avec leurs propres dégâts, sans être renfloués par les états ; qu’ils partent en faillite, ou qu’ils se flinguent, et bon débarras.


            • Romain Desbois 2 février 2010 12:45

              Alors que des villages entiers sont à l’abandon, l’on concentre les emplois et les logements dans des zones de plus en plus invivables du fait de cette même concentration.

              Le problème n’est pas le manque de construction ni le manque d’argent, la pauvreté est victime d’une une économie parasite.

              -les centaines d’organismes du 1% logement dont certains salariés touchent plus de 120 000 euros par an

              - LE million par jour que l’Etat dépense pour loger d’urgence dans des hôtels.

              - des systèmes comme le dispositif de Robien qui a financé jusqu’à 75% du bien immobilier sans aucune contre partie (à l’origine les loyers étaient plafonnés mais ces contraintes ont toutes sauté au fur et à mesure des correctifs)


              • l’arbre 2 février 2010 18:36

                vous avez raison Romain Des Bois, il faut en rajouter sur cette arnaque à petites gens ! !!!!!!beaucoup de salariés moyens ont sauté sur l’appat ( salaires honnorables avec garantie des ressources exemple : instits , petits profs , enfin beaucoup de fonctionnaires qui ont cru au travaillez bien ? plus ? : il en restera quelque chose , il leur reste des fin de mois imbouclables parce que les maisons à louer sont mal situées et trop chères , les traites tombent et ils n’ont pas le droit de l’occuper eux mêmes !. L’état trouve plus «  »équitable «  » d’entasser les familles avec enfants dans de sordides et couteuses chambre d’hotels , il faut niveau social garder !
                nous devons nous covaincre que ces enfants élevés dans la précarité se méleront aux autres mieux nantis ’’’n’en garderont ’il pas de complexes et de rancoeurs !C’est bon de le rappeller : les droits de l’enfant et de l’homme ne sonts pas encore abolis.


              • Emmanuel Martin 2 février 2010 14:23

                Merci. La réponse à une partie des questions que vous posez pour le logement privé cher, se trouve dans mon article.
                J’aurais pu traiter du découpage urbain/périurbain, mais l’article aurait été trop long. En gros : les gens veulent habiter près de leur emploi, généralement situé en urbain ou périurbain. Mais l’urbain et le périurbain sont devenus engoncés dans la restriction foncière organisée au nom de la « lutte contre l’étalement urbain » (souvent idéologique) . Fort bien. Les écologistes, la gauche caviar et la droite Chanel applaudissent : on préserve leur « communauté » (le « snob zoning »). Quel est l’effet pervers ? Les gens se déplacent au delà de la périphérie dans des villages (dortoirs) qui grossissent à une vitesse hallucinantes sans y être préparés, avec tous les problèmes de congestion qu’on sait. On a voulu lutter contre l’étalement NATUREL urbain et périurbain au nom d’objectifs essentiellement utopiques ou peu avouables, qu’a-t-on créé ? L’étoilement urbain.Et on va encore réglementer à la louche pour traiter cet effet pervers, ce qui générera encore des effets pervers. Et AUCUN homme politique ne dira que c’est la faute des réglementations mal pensées précédentes, soyez-en sûr.


              • Pascalou 2 février 2010 12:54

                Excellent article.

                On peut ajouter à cette liste non exhaustive des réglementations inhibitrices, les impôts sur revenus locatifs qui sont beaucoup plus élevés que tous les autres.

                Pire : ces impôts doivent être payés même dans le cas de non paiement des loyers ! Ubuesque !

                Si vous avez de l’argent à placer, tout sauf l’investissement locatif !


                • manusan 2 février 2010 13:42

                  La France est le seul pays où les lois protègent les squatteurs dont les pertes générées sont « assurée » par les locataires les plus honnêtes et qui ne peuvent, de ce fait, encore moins accéder à la propriété.

                  Et tout ça au nom de l’humanisme ? C’est pathétique.


                  • Voris 2 février 2010 13:55

                    Personnellement, je ne suis pas pour le tout libéral comme l’exige l’auteur. Le marché ne règle pas tout. Il tue plutôt. Mais je ne suis pas davantage pour l’Etat-Providence. Il faut lutter contre les aberrations comme les freins excessifs aux permis de construire, les logements en jachère, les salaires mirobolants des Proglio qui gèrent le 1% logement, les gaspillages de la politique du logement, le clientélisme d’une certaine gauche, etc. Mais...

                    Il y aura de plus en plus de mauvais payeurs puisque les loyers sont de plus en plus mirobolants et le pouvoir d’achat est détruit chaque jour. C’est facile à comprendre pour quelqu’un qui voit la situation des personnes et qui ne se contente pas de théories libérales.

                    C’est pourquoi, je conteste la vision ultra libérale de cet article.


                    • Emmanuel Martin 2 février 2010 14:14

                      Merci de votre message. Je ne propose pas une vision « ultralibérale ». Je ne suis pas contre la réglementation, mais contre la réglementation mal pensée, et pour tout dire stupide. Je voulais simplement montrer qu’en empêchant les gens de construire, qu’en empêchant les gens de contracter sur une base responsable, on crée artificiellement, politiquement la rareté et donc la hausse du coût du logement, et que c’est à cela qu’il faut s’attaquer en tout premier avant de rajouter des couches de réglementations tout aussi mal pensées et tout aussi créatrices d’effets pervers.


                    • Voris 2 février 2010 13:59

                      Je rappelle que l’une des propositions sur le nouveau site de l’UMP est de « supprimer le logement social ». On le voit, la droite décomplexée est loin d’etre moribonde malgré les mauvais sondages de Sarkozy. La relève est là qui trépigne et qui veut achever le travaiL.. « La France d’Encore-Après » quoi.


                      • Bélial Bélial 2 février 2010 14:11

                        Je viens de voir que cet article a été mis en avant, je me permets donc de vous conseiller celui de Voris resté en Tribune Libre, que je trouve beaucoup plus pertinent.
                        Bélial


                        • benalgue 2 février 2010 14:22

                          l’article est bon les commentaires sont judicieux....un régal....

                          il faudrait cesser de gerer l’immobilier dans le seul but du profit...et lui rendre sa vraie raison d’être.


                          • iciailleurs 2 février 2010 14:25

                            Favoriser l’accès à la propriété de la majorité, serait peut-être un début de solution, oui mais il faudrait réorienter la réglementation fiscale. Principe, vous pouvez payer un loyer, donc vous pouvez acheter.
                            Ah, oui c’est de l’utopie ! Et, ce n’est pas dans la norme.
                            Si, vous savez bien, cette norme qui trouve normal que le rpix du terrain soit plus élevé que la maison que l’on construit dessus. Cette norme qui trouve ’normal’ qu’un agriculteur ne puisse pas vivre de son travail, mais des subventions alors que le fruit de ce travail est parfois inabordable pour le consommateur. Vous savez cette norme, qui vous dit qu’il faut délocaliser les emplois pour votre bien.
                            Vous devriez vous souvenir que la paupérisation des populations ne favorise jamais la démocratie.
                            Alors, s’il vous plait inventez des solutions viables.


                            • Emmanuel Martin 2 février 2010 14:40

                              La norme que le prix du terrain soit plus cher que la maison ? Mais ce n’est pas une norme justement ! C’est un état de fait imposé par la politique foncière ! J’explique pourquoi le prix du terrain a été multiplié par 6 en moyenne dans ce beau pays. Pas à cause du « marché », pas à cause de la rareté naturelle de terres, non : à cause de rareté organisée délibérément par la politique foncière.


                            • finael finael 2 février 2010 14:26

                              A 100% d’accord aves Sisyphe.

                              « Le marché », ce nouveau dieu qu’il convient de vénérer. Cela ne m’étonne pas que l’auteur soit « docteur en économie » : il a bien appris sa leçon !

                              Il faut « libérer » le marché ... pour permettre aux puissants de faire ce qu’ils veulent, comme ils veulent.

                              Et on oublie que ces mêmes puissants demandent des « règles », celles qui les arrangent ! Celles qui permettent de garder près de 1 million de logements vides en train de pourrir, en attendant que « le marché » de l’immobilier permette de nouveau de réaliser de juteuses spéculations.

                              Ce qui relève du fantasme : La majorité des gens n’ont plus les moyens. Le « marché » a scié la branche sur lequel il était assis.


                              • Emmanuel Martin 2 février 2010 14:35

                                L’auteur a bien appris sa leçon effectivement, c’est pour cela qu’il tente de vous expliquer que ce n’est pas le vilain marché qui a « scié la branche », mais de mauvaises réglementations qui ont restreint le marché. La spéculation ne vient pas de nulle part : elle vient du fait que l’offre est politiquement restreinte.


                              • Voris 2 février 2010 14:47

                                Alors selon vous, les agents économiques ne seraient en rien complice de cette raréfaction des logements qui serait entièrement imputable aux politiques et aux bureaucrates (un peu populiste au passage cette stigmatisation facile). On est en droit d’attendre mieux comme réflexion de la part d’un docteur en économie que ce genre d’affirmation péremptoire, non ?


                              • Voris 2 février 2010 14:49

                                Par ailleurs, ce n’est pas seulement l’offre qui se restreint, c’est aussi la demande qui s’accroît. Comme le fait remarquer la fondation Abbé Pierre (et pas seulement elle).


                              • Emmanuel Martin 3 février 2010 12:13

                                @ Voris : il ne fait aucun doute qu’un certain lobbying doit se mettre ne place pour raréfier l’offre et tirer profit de l’augmentation des prix. J’y fais vaguement allusion dans le passage sur la démocratie. Il y a même une très belle réflexion à mener sur la question. En effet : en raréfiant l’offre, on donne un avantage considérable aux plus gros joueurs (promoteurs etc) sur les petits candidats à la propriété. La rareté impose en effet déjà de s’organiser pour récupérer l’info sur les ouvertures etc. Et la présence de coûts d’organisation joueen faveur des gros... bien organisés. Voilà effectivement un passionnant sujet de « Public Choice »


                              • Blé 2 février 2010 14:57

                                L’Abbé Pierre doit se retourner dans sa tombe.
                                Le mal logement pour le développement des enfants est catastrophique pour leur scolarité, leur goût de vivre peut en être gravement perturbé.

                                Vouloir que les gens s’endettent pour se loger comme des malins made in U S A l’ont préconisé n’est même plus possible en France, trop de chômeurs, trop de travailleurs précaires et à temps partiel, d’autre part l’augmentation des loyers ou du prix au mètre carré ne corresponde plus aux salaires.


                                • Emmanuel Martin 3 février 2010 12:06

                                  Effectivement le fort endettement est dû à la hausse des prix. J’ai tenté d’expliquer d’où elle venait essentiellement.


                                • Annie 2 février 2010 15:03

                                  L’offre n’est pas uniquement politiquement restreinte, mais comme le dit Voris la demande augmente, et la dévalorisation des retraites finira par aggraver la spéculation foncière par les foyers à moyens revenus. 
                                  Comment peut-on espérer que le marché, même bien encadré, puisse prendre en charge un problème social ?


                                  • Emmanuel Martin 3 février 2010 12:07

                                    Bien sûr que la demande augmente. La population augmente, et les ménages sont de plus en plus éclatés. La question est pourquoi l’offre ne peut pas suivre, justement ?


                                  • caramico 2 février 2010 15:43

                                    Il y a bien sûr des effets pervers à toute réglementation, mais ce n’est là qu’un aspect du problème.
                                    Je me souviens que dans les années 60, beaucoup de locataires ne cherchaient pas à acheter à tout prix, les loyers étant abordables.
                                    Aux alentours de Montpellier, malgré le respect de la loi SRU, avec tous les nouveaux arrivants, les prix sont très élevés (150 000 € et au delà pour 400m2 de terrain)
                                    Donc pas de solution miracle sans volonté forte du gouvernement de favoriser le logement social, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès