Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Crise ou pas crise, les inégalités augmentent

Crise ou pas crise, les inégalités augmentent

Il y a quelque chose de profondément choquant aujourd’hui. En période de croissance, seuls les plus riches en profitent. Et en période de récession, les pauvres trinquent quand les plus riches continuent à s’enrichir, comme le montre l’augmentation de 25% de la fortune des 500 plus riches Français.

Champagne en haut de la pyramide
 
Il y a quelques semaines, le CAC40 passait le cap des 4 000 points, un niveau inconnu depuis près de deux ans. Le Dow Jones enchaîne les records, au-delà de 15 000 points. Quel contraste avec la crise actuelle, la persistance d’un fort taux de chômage et l’entrée en récession de la France début 2013, sachant que la zone euro devrait d’enregistrer son 7ème trimestre consécutif de baisse de son PIB ! Jamais l’écart n’a semblé aussi grand entre le haut et le bas de l’échelle.
 
Il y a quelques temps, un chiffre avait symbolisé cette explosion des inégalités : 93% de la croissance des revenus en 2010 était allée à 1% des individus aux Etats-Unis. Et, dans certains secteurs économiques, la conjoncture s’est retournée. C’est ainsi que les 3252 traders et hauts gradés de BNP Paribas ont enregistré une croissance de 17% de leur rémunération, de 284 à 332 mille euros par an en moyenne, avec un bonus en hausse de 14%. On reste songeur devant ces chiffres sachant que les banques européennes doivent leur survie aux 1000 milliards de crédits accordés par la BCE.
 
Comme je l’avais souligné il y a quelques jours, d’autres études confirment cette stupéfiante évolution. Aux Etats-Unis, le patrimoine des 7% les plus riches a progressé de 28% de 2009 à 2011, quand celui du reste de la population a diminué de 4% ! En France, l’INSEE a révélé qu’en 2010, les revenus des 5% plus riches ont progressé de 1,3% quand ceux des 30% les plus pauvres ont baissé de 1,3 à 1,6%. Bref, le mouvement de hausse des inégalités ne semble avoir aucune limite. Depuis, l’OCDE a apporté de nouvelles données confirmant cette évolution dans notre pays.
 
Une société injuste et instable
 
Cette explosion des inégalités pose un double problème, moral et économique. Moral, car, comme le disait Tocqueville : « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous  ». Il y avait des limites aux écarts de salaires entre les hommes qui ont volé en éclats depuis 30 ans. Comment de ne pas trouver indécent les écarts actuels ? La faute à la réduction de la progressivité de l’impôt (il y a 40 ans, le taux marginal d’imposition était de 70% aux Etats-Unis et en Grande Bretagne). Les tableaux d’Olivier Berruyer sur l’ampleur du phénomène aux Etats-Unis sont très parlants.
 
Ensuite, de manière plus froide, on peut argumenter que l’explosion des inégalités a un effet déstabilisateur sur l’économie tout entière. Ce n’est pas pour rien que les deux pics des cent dernières années ont été atteints en 1929 et en 2007. Galbraith explique bien dans son livre par quels mécanismes les inégalités provoquent des bulles (augmentation de l’épargne disponible, donc de la demande d’actifs, puis des prix), analyse reprise par Joseph Stiglitz depuis.
 
Mais surtout, il y a quelque chose de profondément indécent à voir le secteur de la finance profiter de la sorte de la hausse des marchés alors qu’il ne doit sa survie qu’au soutien de l’Etat, et que le reste de la population souffre. Pire, les politiques austéritaires ne cessent de réduire le périmètre de l’Etat-providence, comme le montrent les manifestations contre la privatisation de la santé en Espagne, appauvrissant plus encore les moins riches qui sont de moins en moins protégés.
 
Pour avancer, une société a besoin d’avancer de concert, de faire en sorte que tout le monde en profite équitablement. Depuis quelques décennies, ce n’est plus le cas. De deux choses l’une, soit cela sera corrigé à la manière d’un Lula, soit de manière plus radicale, à la Chavez.

Moyenne des avis sur cet article :  4.29/5   (28 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • Ronny Ronny 23 juillet 2013 12:00


    Pinsolle, vous n’avez rien compris...

    Selon de nombreux lecteurs de ce sirte, le capitalisme triomphant est la seule solution, celle qui a sauvé le monde de la misère, celle qui permet l’autorégulation et la réduction des inégalités.

    Vous etes un dangereux marxistes, mon vieux, faut vous soigner smiley !


    • Roche 23 juillet 2013 12:24

      j’ai lu un article indiquant que les US visent à présent le pétrole du golfe du mexique. La plateforme est en place après la cata de 2010. Encore des millions de dollars qui vont profiter aux lobby financiers, pharma etc ... on ne se refait pas ! Les ricains, contrairement à ce qu’on véhicule d’ailleurs, développent une hyperconscience et en ont franchement marre ! ici en France, Hollande vient de prouver ses limites en termes de changement ! en septembre, le réveil en France ?? qui sait !


      • Alpo47 Alpo47 23 juillet 2013 12:56

        Comment peut-on encore s’étonner ou se scandaliser de l’état et de l’évolution de nos sociétés ? Oui, tout ceci est scandaleux, immonde, criminel... et a toujours été. La noblesse est juste devenue bourgeoisie affairiste ou « dans les affaires », mais il y a toujours des maitres et des serviteurs.
        Nos sociétés ont été d’abord, sinon uniquement, construites pour servir les intérêts des 1% qui tirent les ficelles du pouvoir ? On le constate partout et tout le temps.

        Je pense que ceci parait maintenant évident à presque tout le monde. Soit dit en passant : Merci internet pour avoir facilité cette prise de conscience.

        Ces faits ne sont que la conséquence de ce système.


        • Claudec Claudec 23 juillet 2013 15:40
          Avec des hauts et des bas, la société continue de s’enrichir, comme elle le fait à vitesse accélérée depuis la révolution industrielle. Et en dépit de toutes les complaintes démagogiques, cet enrichissement profite à tous, proportionnellement à sa position dans l’échelle sociale, ce qui signifie évidemment que ceux qui se trouvent en bas, n’en perçoivent que des effets insignifiants. Quant à trinquer quand ça va mal, ayez l’honnêteté de considérer les fortunes qui sont englouties. Que leurs possesseurs n’aient pas droit à la compassion générale, c’est la règle du moment.
          Pour ce qui est de Tocqueville, sa citation n’est-elle pas quelque peu décalée, cet auteur étant excusable, contrairement à ce qu’il en est pour Stiglitz (et vous-même d’ailleurs) sur un point essentiel, la démographie. Nul n’en parle, alors que c’est le critère essentiel de nos déboires, allant s’amplifiant. Et puis une erreur grossière, ce n’est pas l’explosion des inégalités qui a un effet déstabilisateur sur l’économie, mais le contraire. A chaque fois que l’économie ralentit les écarts de richesse se réduisent, à chaque fois qu’elle redémarre ils se creusent, car (comme aurait pu le dire La Palisse) à davantage de riches et de richesse moins de pauvreté et de pauvres, et inversement.

          • yoananda 24 juillet 2013 03:25

            C’est faux, en période de croissance, tout le monde profite :
            1960 : 3 milliards d’habitants, 2 milliards souffrant de malnutrition (soit 66 %). 2000 : 6 milliards d’habitants, 800 millions souffrant de malnutrition (soit 13,3 %)

            En 100 ans nous avons connu (selon Peter Diamandis) :

            • Guerrier Masai : téléphone mobile a meilleure connexion que Reagan en 90, accès plus d’informations que Clinton il y a 15 ans.
            • Espérance de vie X2
            • Niveau de vie X3
            • Mortalité infantile /10
            • Prix nourriture /10
            • Prix électricité /20
            • Prix transport /100
            • Prix communication /1000
            • Alphabétisation 30 % → 80 %

            Par contre, en dehors de ça, sur le reste de l’article, je suis totalement d’accord. Je le précise car je pense qu’il est inutile de noircir le tableau pour se faire entendre / comprendre.


            • Claudec Claudec 25 juillet 2013 07:12
              Il est opportun de rappeler ces résultats du progrès, qui sont des faits ne devant pas davantage à un égalitarisme sommaire qu’à une compassion dévoyée, et tout à l’alliance du capital et du travail. Merci
              Le véritable problème est que le nombre de ceux qui en profitent – pour le plus grand nombre sans s’en rendre compte –, prolifèrent désormais plus vite que le progrès, au point d’en condamner les effets et de devenir ingouvernables (à commencer par eux-mêmes). 

            • spartacus spartacus 24 juillet 2013 09:51

              Ode à l’égalitarisme !


              En fait la pensée socialo communiste se résume à de la jalousie, une analyse économique basé sur la différence de revenus.
              Ils considèrent que l’économie est un gâteau que l’on partage en parts. Il faudrait leur expliquer que l’économie est un flux et que le gâteau n’a jamais la même valeur d’un jour sur l’autre. 

              Il ne leur viendrait jamais à l’idée que c’est mieux de faire progresser les pauvres que d’envier les riches....

              Mais il est vrai qu’avec une éducation nationale qui enferme la pensée dans les théories marxistes. 
              Ne forme qu’aux théories stupides Keynésiennes font de la France le dernier pays communiste de la terre. 

              • Claudec Claudec 25 juillet 2013 07:15

                D’autant plus que gâteau ou flux variable, plus ceux qui se les partagent sont nombreux, moins la part de chacun est importante.


              • Marc Chinal Marc Chinal 24 juillet 2013 10:45

                Bon, et concrètement, là, vous faites quoi pour « améliorer un système qui ne peut pas être amélioré » ?
                Vous faites des lois que de toutes manières, même l’état ne respecte pas ?
                Vous vous présentez aux élections en allant cherchez les spectateurs collés devant leur écran de télé ou d’ordi ?
                Pour augmenter son chiffre d’affaire, il faut prendre ce chiffre d’affaire à la concurrence ! Comment voulez-vous que ça ne crée pas du bordel, de la misère ?
                Quand est-ce que vous comprendrez qu’il faut réfléchir sérieusement à une civilisation de l’après monnaie ?


                • Claudec Claudec 25 juillet 2013 07:21

                  Doux rêveur.

                  L’échange économique, qui est le commerce après avoir été le troc, se ramène à une loi fondamentale que vous semblez ignorer : Pour le demandeur, il s’agit d’obtenir le maximum de ce qu’il veut contre le minimum de ce qu’il offre, et pour celui qui offre, de donner le minimum de ce qu’il possède contre le maximum de ce qu’il attend.

                • Christian Hivert Christian Hivert 31 juillet 2013 19:14

                  c’est tellement vrai depuis les années 80, que je vous propose de découvrir

                  aujourd’hui, publié aux éditions Hélène Jacob, un livre socialement engagé, “Reine” premier tome d’une série de sept titres (Les Chevaliers Ivres) qui couvriront toute la période allant des années 80 jusqu’à aujourd’hui, en France, les récits étant contés du point de vue de personnages réprouvés et/ou marginaux.

                  Livre classé au top cent des nouveautés littérature d’Amazon ( http://www.amazon.fr/gp/new-releases/books/301132/ref=zg_mg_tab_t_bsnr#2 )

                  Dans les années quatre vingt du siècle passé à Paris, avant son embellissement petit bourgeois et l’expulsion des dernières vagues de prolétaires pauvres, au milieu des punks et des autonomes squatteurs, les chevaliers de Reine sont ivres de révoltes, de gloire parfois, de désespoir souvent.

                  La vie leur échappe et ils en perdent un peu en courant. Reine et Arthur son amoureux aventureux prennent deux chemins différents mais parallèles. Leurs illusions, l’un en un monde meilleur et plus juste, la lutte jusqu’à la victoire, l’autre dans une liberté possible, jouir sans entraves, se jouent d’eux à chaque détour.

                  Et tous les chevaliers des trottoirs parisiens arpentés et des squats en lutte sont ivres, résolument ivres et en dérive. Les Gens Bons de Paris s’en prennent plein la tranche et n’en reviennent pas. Tous ces pauvres s’agitent et manifestent, non mais gare, ils veulent les mêmes droits que les Gens Bons n’auront plus.

                  Il va falloir encadrer sévèrement tout cela, il faut une association et un responsable aux ordres.

                  Christian Hivert

                  A télécharger et en impression à la demande !

                  http://www.amazon.fr/gp/product/B00DK8YSZC?ref=

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès