Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Cybersurveillance et démocraties virtuelles

Cybersurveillance et démocraties virtuelles

La révélation par la presse de l'existence d'un programme de surveillance à grande échelle de millions de téléphones et comptes e-mail aux Etats-Unis, laisse un goût amer dans la bouche des démocrates de la planète. De quoi faire se retourner dans sa tombe Benjamin Franklin, ce père fondateur de la nation américaine qui écrivait "Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux".

Comment une grande démocratie comme les Etats-Unis a-t-elle pu en arriver à donner un blanc-seing donné au FBI et à la NSA pour espionner le citoyen lambda ? La dérive ne concerne pas seulement les Etats-Unis. L'Union européenne a fait part de son inquiétude, considérant que les écoutes ont vraisemblablement touché des citoyens de l'UE et ont sans doute été étendues à de l'espionnage économique.

Si la tendance à l'espionnage et au fichage n'est pas nouvelle outre atlantique, la loi antiterroriste de 2001, a donné une base légale à des pratiques moralement condamnables. Le Patriot Act, puisque c'est de lui qu'il s'agit constitue un vers dans le fruit, suffisamment puissant pour amener un président de la stature de Barack Obama à mettre ses pas dans ceux de George Bush.

Une phrase seulement résume sa pensée : "Vous ne pouvez pas avoir 100 % de sécurité, et aussi 100 % de respect de la vie privée, et zéro inconvénient. Nous avons des choix à faire en tant que société." Un choix politique qui va à l'encontre de la direction fixée par Benjamin Franklin.

"Et l'Europe ?" s'interroge le Monde dans l'un de ses éditoriaux. "Ce qui vient d'Amérique finit toujours, peu ou prou, par atterrir sur le Vieux Continent" nous met avertit le quotidien. Car si un enseignement est à tirer, où qu'on soit sur la planète, c'est que le numérique est un formidable outil mais peu compatible avec la protection de sa vie privée. Un cheval de Troie susceptible de grignoter de l'intérieur, tel un cancer les démocraties.

Il ne suffit pas d'en rester au stade du constat. Outre un renforcement substantiel du contrôle démocratique des services de renseignements et des mesures portant sur la sécurité nationale, il convient de donner rapidement, ici en Europe, un statut protecteur aux lanceurs d'alertes, ces individus courageux qui, seuls, se décident à affronter leur administration, leur entreprise ou un Etat pour alerter le leurs concitoyens.


Moyenne des avis sur cet article :  4.06/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • anomail 12 juin 2013 12:31

    Il faut apprendre aux citoyens à résister. Les outils de chiffrement existent, ils ne sont pas près compliqués à utiliser mais pour madame Michu ce n’est pas gagné.


    • bert bert 13 juin 2013 00:25

      ouaip l’histoire des chars soviétiques et du mode de commandement smiley


    • bert bert 13 juin 2013 00:53

      à la sauce jerémy rifkin


    • robin 12 juin 2013 21:50

      « La révélation par la presse de l’existence d’un programme de surveillance à grande échelle de millions de téléphones et comptes e-mail aux Etats-Unis, laisse un goût amer dans la bouche des démocrates de la planète »


      Ce qui laisse surtout un goût amer c’est le temps perdu à cause de tous les idiots utiles et collabos patentés qui traitaient de tous les noms d’oiseaux les conspirationistes qui osaient affirmer ce qui maintenant est une évidence.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès