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Accueil du site > Actualités > Société > Damini, la réalité dépasse la fiction

Damini, la réalité dépasse la fiction

Le viol d'une nation. C'est ainsi que les Indiens l'ont ressenti. L'ampleur des manifestations dans tout le pays et notamment à Delhi le prouve.

Les Indiens ont été horrifiés par ce qu'avait enduré cette jeune étudiante de 23 ans. Horrifiés de constater une fois de plus les carences de leur justice et de leur police. On sait que l'Inde est confrontée à la corruption à grande échelle. Et c'est en cela que réside sa faiblesse.

Tout le monde sait que Delhi est un endroit dangereux pour les femmes. Une des ville les plus dangereuses pour les femmes dans le monde. Mais ce qui rend la situation révoltante c'est l'indifférence par laquelle est prise la sécurité des femmes indiennes, voire même leur mauvais traitement en cas de plainte puisque elles se voient immédiatement en situation de coupables et elles subissent les brimades et les humiliations qui aggravent leur situation au lieu de leur venir en aide et de poursuivre les coupables. Une façon de dissuader les femmes de porter plainte. Ce qui encourage le sentiment d'impunité chez certains hommes qui se croient tout permis contre les femmes. Celles-ci sont confrontées au harcèlement de toutes sortes et ce quotidiennement, dans les transports en commun, au travail... Et pourtant, la dénonciation de cet état de fait a eu lieu à plusieurs reprises.

 

L'histoire commence un 16 décembre lorsque une jeune étudiante en Kinésithérapie, après avoir passé la soirée au cinéma avec son copain prennent tous les deux le bus pour rentrer chez eux. Le bus de l'enfer pour cette jeune étudiante.

Ils achètent leurs billets et montent dans le bus quasi vide, quelques hommes. Et c'est un déchainement de violence contre les deux malheureux. Mais tout particulièrement contre la jeune fille qui a été prise de force vers le fond du bus pour subir un viol collectif de six hommes ivres, d'une bestialité inouïe. Pendant qu'ils se livraient à leur macabre besogne durant pas loin d'une heure, le bus circulait tranquillement dans la ville. La jeune fille a été agressée sauvagement, ils ont également utilisé une barre de fer pour satisfaire leurs pulsions meurtrières et sadiques, avant de jeter leur victime hors du véhicule.

Cette jeune fille, et bien que des soins lui ont été prodigués, a été transférée vers un hôpital à Saingapour ; la jeune fille de 23 ans est morte samedi 29 décembre, après de pénibles souffrances physiques et morales. En effet, comment aurait-elle pu survivre après avoir subi de graves blessures aux intestins.

 

Quand j'ai entendu cette affaire il y a deux semaines, j'ai tout de suite pensé au film Damini et je n'étais évidemment pas la seule. Un Bollywood kitsch comme j'en aime, beaucoup de musique, de la danse, beaucoup de couleurs et pas de surprise ni de suspense.

 

 

Mais ce film se distingue des autres Bollywood qui respectent un code bien précis. D'une part il fait la part belle à l'héroïne qui s'appelle Damini. D'autre part, elle défend la vérité et rien que la vérité ( le film est loin du cliché féministe, l'héroïne est même l'antithèse du féministe) même si cela devait lui coûter son mariage. Dans une société religieuse comme l'Inde, le mari est un Dieu pour la femme. On enseigne que la femme peut lui arriver de désobéir aux divinités mais jamais à son mari sauf à risquer leur malédiction et leur colère.

Damini se trouve donc seule face aux mensonges suite à au viol collectif d'une domestique dont elle a été le témoin impuissante. Le film raconte comment cette femme s'est mise elle-même en danger pour témoigner contre son beau-frère qui était impliqué dans le viol collectif de la domestique.

 

Comment devrait-elle faire face à une police corrompue, une justice lente voire quasi inexistente, des gens sans conscience, ou cédant aux intimidations (y compris son père) et se laissant acheter de faux témoignages ??. Dans cette affaire, elle perd petit à petit tout soutien, à commencer par son mari qui par solidarité familiale n'ose témoigner contre son frère (pourtant le couple est très solide). Ensuite vient le tour de sa famille qui lui reproche de briser son mariage et son statut social pour une domestique, déjà morte (suite aux blessures) et que rien ne la ramènera à la vie et elle fait pression sur Damini pour ne pas dévoiler ce qu'elle a vu. Enfin arrive le moment où elle est visée dans sa dignité d'être humain, elle est mise hors d'état de nuire dans un asile pour malades mentaux.

Elle voit ses forces l'abandonner peu à peu, impuissante face à tant de cruauté, d'insensibilité, d'absence de conscience, elle est même face au danger d'être éliminer purement et simplement, comme on élimine dans ce genre de situation un témoin gênant.

Un autre film Insaf ka tarasu, inspiré de lipstick,

 

donne le rôle principale à la belle actrice Zeenat Aman, qui se voit confrontée à la justice et le regard de la société qui lui reproche de porter le viol qu'elle a subi devabt le tribunal au bu et au su de tout le monde brisant le code de la descence. Elle devait se taire. En plus, sa vie jugée trop moderne, voire licencieuse fut un élément contre elle.

 

La plupart des film Bollywood fait écho de l'incapacité de la justice, de la police à protéger le plus faible.

Généralement, le rôle principale est dévolu à un homme ou deux, les femmes ont des rôles de séduction, de femmes amoureuses, ou parfois, des femmes violées, mais si elles ne sont pas tuées par leurs bourreaux, elles se donnent elles-même la mort pour se purifier (c'est bien pratique avec la réincarnation). La quasi majorité des films ne montre jamais la femme victime de viol allant réclamer justice au lieu de se pendre ou de se jeter dans l'eau. En fait le viol est perçu comme d'abord et avant toute chose une atteinte à l'honneur de la famille et de l'homme en général. L'atteinte à l'intégrité physique de la femme n'est perçue qu'à travers la souillure que subit la femme mariée et qui la rend impure pour son mari. Il ne faut pas perdre de vue que la femme indienne ne doit avoir qu'un seule homme dans sa vie, son mari, et dans l'idéal si elle lui survit, elle doit porter le deuil le restant de sa vie, faute d'avoir eu le courage de s'allonger à ses côtés sur le bûcher funéraire.

Les films Bollywood nous donnent toujours cette impression que le justice est inexistence, que la police arrive à la fin du film quand tout rentre dans l'ordre naturel des choses, les pauvres et les victimes pardonnent aux bourreaux et aux exploiteurs, ces derniers, pris dans les affres des remords de ce qu'ils ont pu commettre, reconnaissent leur torts, leurs fautes et leurs crimes, ils jurent qu'ils ne recommenceront plus jamais, et qu'ils seront dorénavant des gentils.

 

Certains film se distinguent de ce genre d'épilogue. Le réalisateur du film Sholay (le film culte pour les Indiens) a dû refaire la fin du film, censurée. Dans la version initiale, la victime se venge elle-même malgré son handicap,

 

 

alors que la version éduclorée, la police intervient à la fin pour arrêté le méchant Gabbar Singh .

Le coupable, le méchant dans le film a deux options devant lui : ou bien il est arrêté par la police, ou bien il trouve une fin tragique par le fait d'un accident mortel. Le héros ne doit pas montrer l'exemple de l'homme vengeur.

 

Le film Andhaa Kanoon (La loi est aveugle) fait ouvertement l'apologie de la vengeance et brise l'un des codes du cinéma bollywoodien. Il fait confronter la loi et la justice (représenter par la soeur du héros, inspectrice de police) qui piétine et n'arrive pas à éradiquer le mal, à obtenir des preuves, impuissantes contre les faux témoignages et la fabrication de fausses preuves. Quant au frère, il ne vit que pour se venger du meurtre de son père et le viol de sa grande soeur par des malfrats.

La solution : ce sont la vengeance et la légitime défense. Ne compter que sur ses propres moyens privés quand la collectivité faillit dans son rôle de protéger les plus faibles. Dans l'histoire il y a une autre histoire, celle d'un homme que la justice a bafoué. Lui aussi cherche à se venger du responsable de son emprisonnement, sa femme s'est retrouvée seule sans défense la proie aux attaques incessantes, elle s'est fait violée (et par désespoir, elle tue leur fille et se suicide)

 

 

 

 

Un autre film « Les Accusés  » qui parle de viol, l'actrice Jodie Foster joue le rôle de la victime

 

 

 

Le premier meurtre d'une tueuse en série, Aileen Wuornos, à la suite d'un viol, d'après le récit du film Monster

 

 

 

 

Quelques liens sur l'affaire

 

http://zeenews.india.com/news/delhi/delhi-gang-rape-victim-given-symbolic-name-damini_818486.html

http://inde.aujourdhuilemonde.com/inde-la-victime-dun-viol-collectif-est-morte

http://www.europe1.fr/International/Inde-la-victime-d-un-viol-collectif-est-morte-1361981/

http://www.lejdd.fr/International/Asie/Actualite/Inde-une-mort-qui-horrifie-tout-un-pays-583483

http://www.leparisien.fr/international/inde-l-etudiante-victime-d-un-viol-collectif-est-morte-28-12-2012-2440071.php

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20121230-inde-rend-hommage-etudiante-morte-apres-viol-collectif

 

sur Bollywood

 

http://bethlovesbollywood.blogspot.fr/

http://www.fantastikindia.fr/site/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bollywood

 

 

et on trouve toujours dans ce genre de circonstance celui qui va nous rappeler que malgré tout, le viol n'est qu'une réaction à l'attitude des femmes et notamment à leur façon de s'habiller

https://www.youtube.com/watch?v=f66KiClomQ4


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9 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 31 décembre 2012 15:09

    Pour arrêter les viols, il faut féminiser l’Inde. Et si on les intégrait à l’Union Européenne ?


  • Shawford Petite perle des Caraïbes 31 décembre 2012 15:17

    Et pourquoi pas la Chine ? Comme ça le compte est bon !


  • La mouche du coche La mouche du coche 1er janvier 2013 23:04

    Mais oui. Et aussi si on supprime tous les hommes, on arrête les viols. C’est SIMPLE. smiley


    • Aristoto Aristoto 1er janvier 2013 00:02

      Allons Frida tu sais bien que c al quaida derrière tous !! Le peuple est trop sot et consentent pour se révolté par soit même !!!

      Bonne année ( que je souhaite la dernière pour le régime assadien) !!!


    • OMAR 31 décembre 2012 17:43

      Omar 33

      Il est toujours intéressant de parler des films ayant trait à la maltraitance ou au viol des femmes..
      Et de saisir cette opportunité présentée par le drame de cette indienne et les manifestations qui en découlèrent..

      Mais voila, ce fléau est juste là, devant nos portes, ici même en France..

      Par exemple, en 2009, 654 000 femmes ont déclaré avoir subi des violences, physiques ou sexuelles...

      Sans compter celles, par milliers, qui ont, pour une raison ou une autre, de taire ces ignominies..
      http://www.liberation.fr/vous/01012304296-femmes-battues-les-victimes-invisibles

      Alors, si l’on parlait ?


      • La mouche du coche La mouche du coche 1er janvier 2013 23:02

        Une source de Libération smiley smiley smiley


      • amipb amipb 31 décembre 2012 21:41

        Merci Frida pour ce rappel du machisme et de la corruption très avancée dans les institutions indiennes.

        Pour qui va régulièrement dans ce pays, on peut sentir depuis 2 ou 3 ans comme un frémissement de changement, une montée en puissance des femmes et des contre-pouvoirs démocratiques. Espérons que l’année qui vient accélèrera ce cap.

        J’ose espérer que ce pays ainsi que son imposant voisin, la Chine, évoluent dans la bonne direction. Pour leur peuple et pour épargner des souffrances qui n’ont que trop duré.


        • Aristoto Aristoto 31 décembre 2012 23:57

          Nous devons par ce nouvel horizon qui se profile apprendre à dépasser notre basique et puéril sens de la valeur morale, sens totalement contre nature !!!

          Ce n’est pas de ta faute !! Ce n’est pas de ta faute !!!

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