Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > De l’utilité des travaux publics

De l’utilité des travaux publics

Des travaux partout dans les villes. Ces innombrables travaux publics, financés par les deniers des contribuables, sont-ils toujours nécessaires ? Qui prend les décisions ? Comment sont attribués les marchés ?

Et ils refont l'avenue. On ne sait même pas exactement pourquoi.
Et ils refont le trottoir. Pour que les piétons se sentent plus à l'aise sûrement...
Et ils refont le rond-point. Pour une question d'esthétique a priori...
Et ils font fleurir les pistes cyclables. Bah oui le vélo c'est écolo donc tendance.
Et ils refont la place. Pour qu'elle soit plus jolie qu'avant.
Et ils ajoutent un énième ralentisseur. Cela donne une bonne image en sécurité...
Et ils construisent un nouveau parking. Parce que les gens n'ont pas encore pris l'habitude de covoiturer sûrement.

Mais est-ce que tout cela sert vraiment à quelque chose ? Je veux dire, à part pour l'équipe municipale en place à tenter de se faire réélire ?
Est-ce que ça sert d'avoir une plus jolie place ? Est-ce que ça influence vraiment le bien-être des habitants ? Est-ce que cette variation de bien-être doit coûter autant d'argent et être ainsi placée dans la liste des priorités ?

A la limite, qu'ils mettent un trottoir là où il n'y en a pas, si ça correspond à un réel besoin au niveau du passage des piétons, je dis pourquoi pas. Mais refaire un trottoir existant pour qu'il fasse 20cm de plus et qu'il ait l'air plus moderne, cela me laisse sceptique...
Qu'ils aménagent une partie de route parce que la chaussée est pleine de trous ou totalement difforme, là encore ça peut se justifier. Mais refaire une avenue entière de quelques kilomètres, pour un coût forcément astronomique, et alors que la chaussée était raisonnable, quelque chose doit m'échapper...

Parce qu'au delà des nuisances engendrées, souvent longues et pénibles, ces travaux publics sont quand même financés par les recettes publiques. Est-ce vraiment ce que veulent les riverains ? En théorie ils sont représentés au conseil municipal. Mais ces décisions relèvent-elles vraiment du conseil municipal ? Et si oui les membres de ce dernier s'ennuient-ils à ce point pour décider de faire tant de travaux qui ne servent pas à grand chose ? Ont-ils quelque chose à y gagner ? Et ce faisant se font-ils vraiment l'écho des préoccupations de leurs concitoyens ?
A-t-on vraiment rien trouvé de mieux pour dépenser l'argent public que de refaire et embellir les routes, places et autres trottoirs ? Avec ces sommes astronomiques, n'y a-t-il rien de plus constructif à réaliser ?

Au moins cela a le mérite de générer de l'emploi, ou tout du moins du travail et donc d'éviter des suppressions d'emplois en quelque sorte. Mais à mon humble avis, placer cet élément en priorité c'est prendre le problème à l'envers. Parce qu'à ce compte, autant dépenser l'argent public de manière totalement extravagante en créant des emplois totalement inutiles et embaucher à tout va des gens qui ne serviront strictement à rien, ça leur fera un emploi...

Mais de réelles questions de fond surviennent quant à l'attribution de ces nombreux et juteux marchés publics, et sur le rôle de ceux qui les décident.

Annexe

La question spécifique des rond-points a été évoqué dans cet article de 2006.

Quelques extraits :

La construction du giratoire seul coûte en moyenne de 600 000 à 800 000 euros. Il faut y ajouter le coût facultatif de la « décoration ».
(...)
Nous avons tous observé des constructions de giratoires dans des carrefours qui ne connaissaient pourtant aucun problème d’encombrement. C’est que les industriels du BTP ont trouvé un nouvel argument pour imposer des giratoires aux collectivités. Un sésame imparable : la sécurité routière.
(...)
La France s’est couverte de dizaines de milliers de giratoires, et il s’en construit encore tous les jours à un rythme soutenu. Alors que chacun sait que des problèmes de sécurité routière sur certaines routes mettent des années à être résolus par les collectivités, la construction de giratoires, elle, semble ne jamais poser le moindre problème, même lorsqu’elle n’est aucunement justifiée. Pourquoi ? Mystère...

Une sélection d'extraits des réactions des lecteurs :

Il n’y a qu’en France - ou presque (en Europe) - qu’on laisse faire ces "marchés publics". Si les citoyens se responsabilisaient un peu plus en demandant des comptes et surtout en s’y intéressant (il s’agit quand même de leurs impôts directs et indirects, TVA par exemple sur n’importe quel produit acheté) , les affaires seraient bien mieux gérées et les impôts ... moindres !

En Suisse, un simple citoyen (grâce à une pétition d’initiative locale, pétition immédiatement entendue) peut bloquer tout un chantier s’il le juge incohérent ou trop cher.

---

Tous les menus aménagements BTP sont une mine de profits corrupteurs-corrompus où s’engouffrent par petits filets discrets plus difficiles à sommer et contrôler, des milliards d’argent public, asséchant d’autant les secteurs prioritaires et obérant ainsi l’avenir.
(..)
On supprime, on remet des bordures, des panneaux, des loupiottes, des chaussées, des feux, inutiles, incongrus, arbitraires, des bancs contondant, des statues diformes, pour justifier de la conservation d’un budget de dépenses annuel, qui empêche les grands projets d’un côté, favorise l’incohérence et la disparité de l’autre (états successifs ubuesques d’une voie traversant plusieurs communes)
(...)
Le monstre s’auto-entretient, plus personne ne veut l’arrêter, surtout pas les parasites qui en croquent, le contribuable microbe continuant de payer les yeux fermés...

---

Sous ces aménagements extrêmement dispendieux, sous prétexte de sécurité et de fluidité du traffic, se cacheraient les primes de fin année pour des fonctionnaires territoriaux chargés de leur implantation.

Il paraitrait qu'à chaque fois qu un rond-point de ce type est aménagé (entre 120 000 euros pour le plus petit à 800 000 euros pour les plus grands), 2% de sa valeur part en prime partagée entre les instigateurs, ce qui arrondit très sérieusement les fins de mois de certains !!! Voici pourquoi les aménagements urbains fleurissent tant !!!

---

Je ne crois pas du tout à l’histoire du lobby du BTP même s’il est certain qu’ils poussent à la roue.

C’est plutôt le lobby des petites vieilles et des élus démagogues qui est en cause. La circulation en France est devenue impossible à cause de tous les ralentisseurs placés sur la voie publique. Lorsqu’il y a une réunion publique dans une municipalité, les gens actifs qui ont un boulot et qui circulent n’y vont jamais. Les mères de famille non plus. On y trouve 80% de femmes ayant passé la cinquantaine, qui recherchent dans le milieu associatif un frein à leur inéluctable dégénérescence. C’est le type même de la bien-pensante qui s’inscrit dans n’importe quel "collectif" qui passe par là. Elles ne sont absolument pas représentatives de la population mais ce sont elles que rencontrent les élus. Chacune y va de son petit point de vue égoïste - plus de bus, un feu rouge ici, un dos d’âne par là, une piste cyclable pour les jeunes etc. Elles savent mieux que les autres ce qu’il leur faut.

Le deuxième problème est la régionalisation qui a recréé un système féodal. Le patron du Conseil Général a le pouvoir de lever l’impôt et d’acheter ses sujets. Il a l’impression que s’il ne passe pas son temps à changer le paysage urbain, ses sujets penseront qu’il ne fait rien et ne voteront plus pour lui. De là découle une dérive haussière des impôts. On sombre dans le népotisme et le clientélisme, toutes orientations politiques confondues. C’est le système administratif de la régionalisation qui le veut. A l’heure de l’informatique il faut supprimer les conseils régionaux et généraux ou ne leur laisser qu’un simple rôle consultatif.


Moyenne des avis sur cet article :  4.27/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • JL JL1 7 octobre 2011 11:17

    Au modeste écrivaillon : ne voyez vous pas la contradiction contenue dans votre propos ?

    Croyez-vous que vous seul détenez la vérité et que les autres sont des imbéciles qui approuvent ce que vous désapprouvez ?

    Faites vous partie de ceux qui bouffent du fonctionnaire à longueur de journée au café du commerce ?

    L’actualité nous donne aujourd’hui, encore un exemple des ravages de ce que cette manie - le mot est faible - de taper sur les fonctionnaires occasionne : un contrôleur SNCF (oui, je sais, ce n’est pas un fonctionnaire, mais c’est tout comme) a falli perdre la vie à cause d’un passager qui n’aime pas les contrôleurs. Qu’en dites-vous ?


    • Aldous Aldous 7 octobre 2011 11:22

      L’agenda21 est un vaste programme international imposé du haut à tous les citoyens du monde visant à entrainer partout de part le monde des travaux publics de grande ampleur, trams, gares etc. visant à enfanter le monde « durable » de demain.

      On sait l’opposition que cest agenda21 a soulevé chez les habitants de Stutgart

      http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/agenda-21-le-nouvel-ordre-mondial-93816

      En réalité cette déferlante de grands travaux est la principale cause de la faillite de la Grèce : Les installation Olympiques, le pont Rion-Antirion, les autoroutes titansques suivant l’antique voie Egnatia romaine, tous surdimentionnés par rapport aux besoins (et aux moyens) des Grecs ont été de véritable armes aux mains des tueurs économiques.

      http://www.egnatia.gr/page/default.asp?la=2

      Bref, c’est une méthode préparant un coup d’état global par la ruine des états-nations...


      • chapoutier 7 octobre 2011 11:43

        Mais refaire un trottoir existant pour qu’il fasse 20cm de plus, pour permettre le passage d’une poussette ou d’un fauteuil roulant.
        refaire une avenue entière de quelques kilomètres vous avez un exemple précis ?
        La construction du giratoire seul coûte en moyenne de 600 000 à 800 000 euros. divisez par quatre, cela sera plus vraisemblable.
        concernant les giratoires, il s’agit de la meilleure solution pour fluidifier la circulation et c’est la moins génératrice d’accidents en carrefour.
        un projet de voirie met entre un et deux ans avant de voir le jour , les communes ne le font que quand elles sont contraintes de le faire ( sauf bien sur des communes très riches genre Neuilly-sur-Seine etc)

        Sous ces aménagements extrêmement dispendieux, sous prétexte de sécurité et de fluidité du traffic, se cacheraient les primes de fin année pour des fonctionnaires territoriaux chargés de leur implantation.
        si vous en connaissez un seul, n’hésitez pas, témoignez, écrivez au proc ! .

        Il paraitrait qu’à chaque fois qu un rond-point de ce type est aménagé (entre 120 000 euros pour le plus petit à 800 000 euros pour les plus grands), 2% de sa valeur part en prime partagée entre les instigateurs, ce qui arrondit très sérieusement les fins de mois de certains !!! Voici pourquoi les aménagements urbains fleurissent tant !!!
        idem si vous en connaissez un seul, n’hésitez pas, témoignez, écrivez au proc ! .

        ce que vous écrivez est tout simplement ordurier et mensonger.
        vous vous débrouillez pour n’accusez personne de reconnaissable , vos accusations sont toutes mensongères et detestables mais vous etes un filou qui de prémunit contre une plainte en diffamation !
         


        • Nonpareil 7 octobre 2011 12:56

          Concernant le coût d’un rond-point, entre 100 000 et 1 million d’euros, mais ça peut monter encore plus haut, cet article détaille la question :
          http://www.femina.fr/Psychologie/Travail/Combien-coute-un-rond-point

          Les mêmes fourchettes se retrouvent ici :
          http://www.01men.com/editorial/339570/magazine-auto/
          http://www.linternaute.com/savoir/grands-chantiers/06/actualites/rond-point-100-ans.shtml


        • gotjy gotjy 7 octobre 2011 17:27

          Ancien conseiller municipal,je me posais des questions sur la multitude de giratoires construits, pendant « certaines périodes » et quand j’évoquais les fameux 2%,un blanc bizarre suivait ??????????.


        • Nonpareil 7 octobre 2011 12:08

          Je dois clarifier quelques points !

          Ce qui est présent en annexe sont des extraits de l’article agoravox (en lien) sur les rond-points et surtout des réactions de lecteurs. C’est bien précisé, donc forcément il ne s’agit pas de faits.

          Je ne crois pas détenir la vérité, je cherche juste à poser des questions, dont pour la plupart je n’ai pas les réponses, mais espère que des lecteurs pourront aider à les apporter.
          Je ne prône aucunement l’anarchie, simplement l’interrogation. Est-ce coupable de s’interroger ?

          (cela me fait penser aux débats qui refleurissent sur le 11 septembre ! Dès que quelqu’un pose une question il est quasi accusé de terrorisme ! Hallucinant !)

          Pour répondre à chapoutier :
          pour permettre le passage d’une poussette ou d’un fauteuil roulant  : pourquoi pas mais là encore il faut réfléchir et pas le faire automatiquement : n’y a-t-il pas déjà un trottoir en face de la bonne largeur ? (s’il y a un passage piéton à proximité il « suffit » alors de traverser)

          divisez par quatre, cela sera plus vraisemblable  : je n’ai fait que reprendre les chiffres, cités à au moins 2 reprises par les lecteurs, dont l’auteur de l’article qui a dû se renseigner un minimum. S’ils sont vraiment faux à ce point j’aurais dû me renseigner en vérifiant, certes. Mais le sont-ils vraiment ?

          vous avez un exemple précis ? Et comment, la grande avenue juste à côté de chez moi ici à Villeurbanne.

          un projet de voirie met entre un et deux ans avant de voir le jour , les communes ne le font que quand elles sont contraintes de le faire  : c’est une plaisanterie ? Pour le délai d’accord (et encore, ça dépend des projets) mais n’avez-vous donc jamais remarqué de projet de voirie débouchant sur un résultat n’ayant ni queue ni tête ?

          si vous en connaissez un seul, n’hésitez pas, témoignez, écrivez au proc ! Euh, je ne crois pas qu’on va arranger les choses en poussant à la dénonciation ! Il suffit d’écouter les arguments de ceux qui instiguent les projets, s’ils sont complètement à côté de la plaque c’est soit qu’ils sont débiles (je n’y crois qu’à moitié) soit il y a autre chose. Mais encore une fois j’ai repris des réactions de lecteurs, qui peuvent effectivement être totalement fausses. Cependant cet élément-là a aussi été repris à 3 reprises.

          Enfin ce n’est pas non plus un hasard si cet article est posté en Tribune libre.


          • chapoutier 7 octobre 2011 13:27

            je pense savoir de quoi on parle puisque mon rôle à la DDE consistait à aider les communes à définir un projet routier ou d’aménagement , discuter de son opportunité et de sa faisabilité et surtout prévoir une fourchette de coût. seulement ensuite définir les termes du marché public ( l’appel d’offres) et les détails techniques ;
            une fois l’entreprise choisie sur la base du « moins chere » , il me revenait de surveiller les travaux ( le bon déroulement et surtout la bonne mise en oeuvre) et pour couronner le tout, l’entreprise n’était payée que si j’estimais que les travaux étaient conforme en terme de qualité et de quantité, au marché . et le tout dans la transparence et sous le controle du trésor public et encore d’avantage sous le contrôle pointilleux à l’excès des riverains.

            une fois dans ma carriere je suis tombé sur un adjoint au maire d’une commune qui ma demandé d’accepter quelque chose d’illégal !
            la réaction a été immédiate, rapport administratif à ma hiérarchie décrivant l’illégalité et consigné dans mon dossier administratif.

            c’était ainsi que les membres de notre corps des contrôleurs des travaux publics de l’état agissaient. et c’est pourquoi les gouvernements de droite ont mis fin à nos missions afin de laisser libre cours à la concurrence dans le domaine de la maitrise d’oeuvre.


          • Nonpareil 7 octobre 2011 13:35

            Voici un éclairage très intéressant !


          • Kalki Kalki 7 octobre 2011 12:41

            Au mais il fa aussi des robots pour les travaux publics, vous avez pas besoin d’ouvrier et chef de chantier et de superchef ...

            ON VIRE ! :)

            Donc là : on se regarde entre 6 yeux et on se dit bon , le fric va ou ... on analyse la feuille de compte : bah mince il y en avait pas tant que ça de matériaux et de salaire , déjà avant ... alors maintenant qu’il n’y a plus de salaire ...


            • zelectron zelectron 7 octobre 2011 13:28

              De l’inutilité de certains travaux publics ... ? ... il faut bien participer aux bonnes œuvres des élus ?


              • non667 7 octobre 2011 14:43

                et les communes qui plutot que de se désendetter font des oreilles de mikey +.....etc ...pour emm... le monde ?


                • jymb 7 octobre 2011 20:00

                  Bravo pour votre article
                  Les communes atteintes de folie ne pensent qu’à étendre de manière démesurée leur emprise en repoussant les entrées/sorties d’agglomération en rase campagne, multiplier les ronds points agrémentées de sculptures ou décorations folles, puis gondoler les rues en ralentisseurs-montagnes russes fracasse-voitures ( tant pis pour les patients allongés dans les ambulances, les transports d’objets fragiles ou les organes de sécurité des voitures) quand ce n’est pas des chicanes homicides...
                  Et en prime un endettement accéléré..au point qu’il faur re-créer cette fameuse banque des collectivités pour continuer à les pousser dans ces délires, rançonner les automobilistes souhaitant se garer..
                  Et effectivement les actifs, artisans, laborieux ( pouah !) ne sont jamais considérés ou interrogés quand à leurs priorités. Une ville doit évoluer vers la verte esplanade pour oisifs et retraités avant de dégringoler dans la faillite

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès