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De la Décadence

« De la Décadence » est un article de type sociologique traitant de la décadence généralisée de nos sociétés.

Proposé par Hemera pour l’Observatoire du Chaos Ambiant
 
L’Humanité a connu diverses phases. Disons qu’il y a eu des phases ascendantes, d’apogées, comme l’apogée de la civilisation égyptienne, de l’empire romain, de la grandeur de la France, la période de la Renaissance et des grandes découvertes etc… Et des phases plus décadentes  : le règne de Néron à Rome, les épidémies de peste noire en Europe, la chute de l’empire byzantin, les massacres de la Saint Barthélémy, les guerres mondiales.

On ne peut plus nier que nous sommes incontestablement dans une phase décadente de notre civilisation. Et la décadence se retrouve sur de multiples plans : politique, social, artistique, environnemental… Une période où tout semble empirer et non pas s’améliorer.

Sur le plan politique –plan que je ne maitrise que trop peu par profond dégout et déception des politiques actuels- nous sommes en décadence. Les politiques actuels se sont fourvoyés en voulant à tout prix imposer un libéralisme qui entraine une lente dégradation des services publics, et une concurrence démentielle qui causera assurément la perte de notre économie. Le chômage se multiplie… De plus, avec leur modèle global de mondialisation et leur volonté à demi voilée de créer une économie totalement mondialisée, nous courrons droit dans le mur. Cela se voit avec la crise économique qu’ont connue les pays profondément engagés dans le processus de mondialisation. Cette crise, au lieu de ne toucher que le pays en question (à savoir les USA avec, entre autres, la faillite de la banque Lehmann brothers) s’est propagée au reste monde ! Si la France s’était tenue à l’écart de ce principe d’économie mondialisée, sans doute aurait-elle été moins touchée par cette crise, dont les conséquences se sont fait ressentir quasi instantanément sur la vie des Français. Cette décadence méprise l’Homme : le chômage ? Tant pis, on continue de privatiser, de délocaliser à outrance ! Il faut rester compétitif ! Les politiques actuels semblent bien plus passionnés et concernés par leurs montres et leurs vacances que par l’avenir de leurs pays et de ceux qui le constituent et souffrent un peu plus chaque jour.

Sur le plan social, nous poursuivons la décadence. Par social, j’entends au sens strict mais aussi psychologique et moral. La société actuelle n’avance plus et souffre comme elle n’a jamais souffert : entre chômage qui a atteint des taux inédits en France, précarité, misère, lente disparition des retraites… Nous perdons un à un tous nos acquis sociaux et même les 35 heures sont remises en cause ! On privatise au lieu de nationaliser et on entre donc dans une logique qui ne laisse pas de place à une cohésion sociale. La logique libérale s’est même infiltrée dans les mentalités qui s’individualisent progressivement : diviser pour mieux régner. Si chacun ne pense qu’à son petit soi, il n’y a plus de volonté de solidarité, et donc tout risque de révolte s’amenuise chaque jour… L’individualisme à outrance causera la perte du peuple. C’est de la décadence : elle est loin la cohésion nationale de 1789, elle est loin l’effervescence patriotique et la solidarité, qu’étrangement, nous ne connaissons qu’en temps de guerre. Mais nous avons une guerre contre la décadence à mener ! La France plonge peu à peu dans un chaos « ambiant » que ses habitants ne perçoivent même plus à force de s’y engouffrer avec joie et inanité. Il faut retrouver une cohésion sociale, une solidarité pour faire face à la lente dégradation que subissent les Nations du Monde aujourd’hui.
 
J’aimerais surtout parler de la décadence intellectuelle de nos sociétés. Elle est due à l’environnement des hommes en général : les médias, que ce soit télévision, radio, magazines, tout est bouffé par la publicité, tout est manipulé afin d’agir efficacement sur le téléspectateur, sur l’auditeur, sur le lecteur. Et les contenus se vident peu à peu. Il fut un temps où nous trouvions encore des émissions culturelles enrichissantes, notamment à la télévision (en ce qui concerne la radio, certaines stations résistent tant qu’elles peuvent à l’abrutissement généralisé des médias, le problème est que les auditeurs ne suivent pas). A l’heure actuelle, le Français moyen (au même titre que l’Américain moyen), se pose devant la télévision de façon complètement passive, pour se détendre d’une journée difficile, pour briser le rythme d’un train de vie oppressant. Cette passivité est un fléau : il se laisse malgré lui manipuler. Que ce soit par les spots publicitaires à outrance qui lui impose une logique consumériste frustrante –par manque de moyens financiers-, que ce soit par des programmes débilitants qui poussent à ne s’intéresser qu’à des détails voyeuristes, afin de ne pas voir l’essentiel. La télévision donne tout au téléspectateur, pourquoi chercherait-il : il a même à sa disposition les informations. Oui mais ces fameuses infos sont bien souvent elles aussi manipulées : il est facile de ne montrer que ce que l’on veut et de cacher le plus important. Nous, les Observateurs sommes justement là pour informer réellement, sans logique de manipulation et d’abrutissement des masses. Le problème est que la télévision créé un état de dépendance qui pousse à la décadence intellectuelle : les gens se laissent nourrir de données souvent erronées, orientées, creuses et ce, avec passivité. De ce fait, la masse sombre lentement dans une décadence intellectuelle : ne réfléchissant plus, ayant entière confiance en ce que disent les médias, ils se retrouvent être une masse obéissante, passive et donc, sans risque de rébellion, ni de révolution. Les masses sont donc manipulées, et opprimées : cette décadence intellectuelle pourrait faire partie d’un processus d’appauvrissement intellectuel nécessaire à un meilleur contrôle des populations.

Cette décadence intellectuelle s’accompagne d’une décadence culturelle et artistique. L’art touche-t-il à sa fin ? Trouve-t-on dans les problématiques de philosophie au lycée et au-delà. Une envie de crier « OUI ! » me prend. Le ferai-je ? Nous n’inventons plus rien, ou ce que nous inventons n’est qu’en réalité une pâle copie modernisée d’éléments d’un passé que tous regrettent amèrement. Il n’y a plus de mode, que des redécouvertes de modes passées recyclées. En architecture, je parlerai de décadence : plus aucune créativité, que des bâtiments identiques, sans saveurs et aseptisés, dont la qualité laisse à désirer. On ne créé plus, on n’évolue plus, ne pense-t-on donc plus ? Bernard Henri Levy Philosophe ? Bernard Werber écrivain ? Autant dire que le plastique c’est de l’or. Les gens ne lisent plus ou peu, n’écoutent plus les émissions culturelles à la radio, ne prennent plus plaisir à aller au théâtre, à l’opéra. Seule une minorité est encore touchée par la culture. Il suffit de regarder le niveau de langue et d’orthographe des nouvelles générations : déplorable. Cette décadence est grandement engendrée par l’essor d’internet, outil de virtualisation des vies. Et cette décadence pourrait être sauvée par le système scolaire à qui on ne laisse aucune chance. Abrutir les masses afin d’avoir une meilleure main mise dessus ? Cette décadence leur profiterait peut-être. Il serait peut-être temps de revaloriser la culture française, sa langue, son art. Réapprenons à réfléchir, à ressentir, à contempler, à mener des réflexions profondes : là nous avancerons vers un avenir plus sûr au lieu de nous engouffrer dans cette décadence purement chaotique qui ne pourra nous mener qu’à un mur d’inactions et à notre propre asservissement.
 
Hemera

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10 réactions à cet article    


  • abdelkader17 17 octobre 2009 13:23

    « Ce que l’on appelle la Renaissance fut en réalité, comme nous l’avons déjà dit en d’autres occasions, la mort de beaucoup de choses ; sous prétexte de revenir à la civilisation gréco-romaine, on n’en prit que ce qu’elle avait eu de plus extérieur, parce que cela seul avait pu s’exprimer clairement dans des textes écrits ; et cette restitution incomplète ne pouvait d’ailleurs avoir qu’un caractère fort artificiel, puisqu’il s’agissait de formes qui, depuis des siècles, avaient cessé de vivre leur vie véritable. Quant aux sciences traditionnelles du moyen âge, après avoir eu encore quelques dernières manifestations vers cette époque, elles disparurent aussi totalement que celles des civilisations lointaines qui furent jadis anéanties par quelque cataclysme ; et, cette fois, rien ne devait venir les remplacer. Il n’y eut plus désormais que la philosophie et la science « profanes », c’est à dire la négation de la véritable intellectualité, la limitation de la connaissance à l’ordre le plus inférieur, l’étude empirique et analytique de faits qui ne sont rattachés à aucun principe, la dispersion dans une multitude indéfinie de détails insignifiants, l’accumulation d’hypothèses sans fondement, qui se détruisent incessamment les unes les autres, et de vues fragmentaires qui ne peuvent conduire à rien, sauf à ces applications pratiques qui constituent la seule supériorité effective de la civilisation moderne ; supériorité peu enviable d’ailleurs, et qui, en se développant jusqu’à étouffer toute autre préoccupation, a donné à cette civilisation le caractère purement matériel qui en fait une véritable monstruosité. »

    « Il y a un mot qui fut mis en honneur à la Renaissance, et qui résumait par avance tout le programme de la civilisation moderne : ce mot est celui d’ « humanisme ». Il s’agissait en effet de tout réduire à des proportions purement humaines, de faire abstraction de tout principe d’ordre supérieur, et, pourrait-on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre ; les Grecs, dont on prétendait suivre l’exemple, n’avaient jamais été aussi loin en ce sens, même au temps de leur plus grande décadence intellectuelle, et du moins les préoccupations utilitaires n’étaient-elles jamais passées chez eux au premier plan, ainsi que cela devait bientôt se produire chez les modernes. L’ « humanisme », c’était déjà une première forme de ce qui est devenu le « laïcisme » contemporain ; et, en voulant tout ramener à la mesure de l’homme, pris pour une fin en lui-même, on a fini par descendre, d’étape en étape au niveau de ce qu’il y a en celui-ci de plus inférieur, et par ne plus guère chercher que la satisfaction des besoins inhérents au côté matériel de sa nature, recherche bien illusoire, du reste, car elle crée toujours plus de besoins artificiels qu’elle n’en peut satisfaire. »

    « Il est vrai que, quand certaines passions s’en mêlent, les mêmes choses peuvent, suivant les circonstances, se trouver appréciées de façons fort diverses, voire même toutes contraires : ainsi, quand la résistance à une invasion étrangère est le fait d’un peuple occidental, elle s’appelle « patriotisme » et est digne de tous les éloges, quand elle est le fait d’un peuple oriental, elle s’appelle « fanatisme » ou « xénophobie » et ne mérite plus que la haine ou le mépris. D’ailleurs, n’est ce pas au nom du « Droit », de la « Liberté », de la « Justice » et de la « Civilisation » que les Européens (occidentaux) prétendent imposer partout leur domination et interdire à tout les hommes de vivre et de penser autrement qu’eux mêmes ne vivent et ne pense ? On conviendra que le « moralisme » est vraiment une chose admirable, à moins qu’on ne préfère conclure tout simplement, comme nous-même, que, sauf exception d’autant plus honorables qu’elles sont plus rares, il n’y a plus guère en Occident que deux sortes de gens assez peu intéressantes l’une et l’autre : les naïfs qui se laissent prendre à ces grands mots et qui croient à leur « mission civilisatrice », inconscients qu’ils sont de la barbarie matérialiste dans laquelle ils sont plongés, et les habiles qui exploitent cet état d’esprit pour la satisfaction de leurs instincts de violence et de cupidité. »

    René Guenon « La crise du monde moderne »

    http://www.scribd.com/doc/16193636/Rene-Guenon-La-crise-du-monde-moderne


    • Emin Bernar Paşa Paşa 17 octobre 2009 14:03

      je ne pense pas que la renaissance et l’humanisme soient la cause de la décadence actuelle...
      la cause de nos problèmes c’est le libéralisme sans frein, les mass media, la disparition de la république, du sens répoublicain...
      lisez mon aricle publié lundi dernier sur agoravox à propos de Beaugrenelle, un nouveau centre commercial en cours de construction à Paris 15ème : on y voit ce que donn e la liberté donnée par la mairie socialiste à des promoteurs : le quartier n’y gagne rien en termes de vie sociale et d’équipements culturels ; le nouveau commerce nous envahit, dans une ambiance individualiste poste moderne (SPA, internet café, boutique pour chiens...).
      que peut on faire ? prier pour que Bayrou soit élu ...


    • Emin Bernar Paşa Paşa 17 octobre 2009 14:28


      je partage votre diagnostic...lisez mon aricle publié lundi dernier sur agoravox à propos de Beaugrenelle, un nouveau centre commercial en cours de construction à Paris 15ème : on y voit ce que donn e la liberté donnée par la mairie socialiste à des promoteurs : le quartier n’y gagne rien en termes de vie sociale et d’équipements culturels ; le nouveau commerce nous envahit, dans une ambiance individualiste poste moderne (SPA, internet café, boutique pour chiens

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-beaugrenelle-l-informe-d-une-62999


      • observatoire-du-chaos-ambiant 17 octobre 2009 14:36

        C’est vrai que nous devons cela uniquement au libéralisme, à la logique consumériste poussée à l’extrême et il faut que cela cesse !


        • truffe puante truffe puante 17 octobre 2009 16:06

          Cette décadence date de plus d’un siècle, on ne citera jamais assez Nietzsche. Rien n’a bougé, et à l’allure là, il faudra un millènaire si on veut s’extirper de cette gangrène. restons donc réalistes, vivons avec, et apprenons à nous y faufiler


          • Paul Cosquer 17 octobre 2009 16:43

            Quand les républiques obliquent,
            et que les monarchies chient,
            les empires empirent !

            Proverbe décadent. Extrait de « La décadence en cadence » de Voris.


            • jullien 17 octobre 2009 18:59

              De quelle décadence parle-t-on ?
              En ce qui concerne la France, l’Occident, l’Europe ou une autre entité à majuscules, attendons 100 ans avant d’en reparler sérieusement.
              Histoire de jouer les provocateurs, je demande à l’auteur qui nous explique que nous sommes en décadence parce que les services publics ont été privatisés s’il n’est pas en fait en train de projeter sur le monde un déclin beaucoup moins contestable : celui des idées de la gauche « vieille école » (la gauche antilibérale, pas la gauche « moderne »).


              • Emin Bernar Paşa Paşa 17 octobre 2009 22:28

                ah ! la gauche moderne...
                celle qui est une composante de l’UMP ?


              • observatoire-du-chaos-ambiant 17 octobre 2009 23:51

                pas mal comme remarque pasça
                l’auteur (car l’observatoire du chaos ambiant est un collectif et Hemera en fait parti mais n’est pas la tenante du compte AgoraVox) est comme l’OCA : apolitique. Nous proposons de simples constats mais ne nous engageons ni à gauche ni à droite, ce sont des divisions arbitraires dont nous ne voulons plus entendre parler.

                Au vu du déclin de la civilisation actuelle, excusez-moi Julien, si vous ne la voyez pas, ouvrez les yeux, il va falloir très rapidement repenser une société dégagée de ces clivages enfantins pour retrouver un vrai peuple uni !

                Il y a décadence. C’est une évidence. Et chaque conséquence a une cause. Nous en proposons une analyse, nous ne nous posons pas en messie ! ;)

                Merci cependant à tous pour vos remarques !


              • M.Junior Junior M 18 octobre 2009 17:56

                Internet pourra peut-être l’Europe de la décadence.

                Preuve en est

                Tu utilises ce média pour communiquer

                CQFD

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