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Accueil du site > Actualités > Société > De la notion de république et des déclarations des Droits de l’homme (...)

De la notion de république et des déclarations des Droits de l’homme contradictoires

La lecture de l’intéressant ouvrage de Jean-Paul Brighelli intitulé « Une école sous influence ou Tartuffe-roi » m’a mené à me demander ce qu’est la république en France en 2006, quelle est la res publica, chose commune, dont il est question. La réponse dépasse ce que j’aurais cru de prime abord.

Dans un chapitre, Brighelli oppose démocratie et république, oppose valeurs républicaines et valeurs démocratiques. Ce propos me semble tout à fait farfelu : notre république fut fondée en inspiration à la fois de l’oligarchique république romaine antique et de la démocratique Athènes antique, les humanités prises en opposition au passé médiéval, très largement et indûment diabolisé.

Notre république n’est pas apparue ex nihilo. On trouve de multiples résidus historiques dans ses fondements, par exemple le droit de grâce présidentiel (Constitution de 1958, article 17), pouvoir régalien s’il en est. Notre république n’est pas apparue comme une invention soudaine et pure, exempte d’inspirations contradictoires, ni comme un retour au passé antique. Certes, le nom république en dit long sur l’environnement symbolique de ses fondateurs ; on trouve ainsi sur nos monuments nationaux les faisceaux, attributs des licteurs accompagnant les magistrats romains (rappelons que le magistrat romain est un citoyen mandaté en politique et en religion), marquant le pouvoir coercitif de ces derniers. Mais on ne doit pas croire que les hommes ayant fait ou préparé, consciemment ou non, notre Révolution ont fait un choix délibéré pour un aller directement vers la Rome antique. Même si nous avions cru vivre une Renaissance en fermant l’ère médiévale, qui n’aurait été qu’une parenthèse, cette chose commune, cette res publica, développée pendant l’Ancien Régime (élaboration permise, ceci étant dit en passant, par l’ère médiévale qui a réalisé le passage du Royaume des Francs au Royaume de France puis à la France, comme autant d’étapes vers la création d’une unité nationale, parfois fragile), est le produit d’inspirations multiples, notamment l’inspiration du modèle démocratique athénien. Ainsi, lorsque les Droits de l’homme et du citoyen sont déclarés en 1789, on évoque en préambule « Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale ». Qu’est-ce donc que l’Assemblée nationale, sinon l’ekklesia de la démocratie selon un modèle représentatif (la démocratie directe est impossible dans un pays où il faut plusieurs jours pour se rendre d’une ville à l’autre, sans moyen de communication tout à fait fiable). L’Assemblée nationale ne constitue pourtant pas le Parlement à elle toute seule : s’y joint le Sénat, oui, comme dans Senatus populusque romanus (SPQR), c’est-à-dire une institution qui trouve sa source dans l’oligarchie romaine. Que ce soit par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ou par notre Constitution (l’actuelle étant celle de 1958, et de toute façon inclut dans le bloc constitutionnel la Déclaration de 1789), le fondement démocratique du pouvoir est martelé : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » (Déclaration, article 3), « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Constitution de 1958, article 2), « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum » (Constitution de 1958, article 3). Nous pourrions aussi évoquer le principe du jury populaire des Assises, parfois moqué ces temps-ci, principe qui marque, doit-on pourtant le rappeler, l’apparition de la démocratie dans le judiciaire.

Il faut se rendre à l’évidence : notre république, notre res publica, c’est à la fois bien moins et bien plus que celle des Romains. Jean-Pierre Chevènement m’irritait, lorsqu’il employait à toutes les sauces le terme république. J’étais souvent irrité lorsque j’entendais parler de « valeurs républicaines », ce qui, pour moi, trop au fait de la nature de la République romaine, paraissait insensé. Il avait pourtant vu juste.


Rome est évidemment la République par excellence. Enfin, c’est la res publica par excellence, car on comprend bien que le terme république est un terme français d’étymologie latine, pas un terme romain antique. Y avait-il des valeurs républicaines à Rome ? Je crois qu’il faut dire qu’il y avait surtout la conscience d’un bien commun, littéralement d’une res publica donc, mais qu’il ne faut pas y voir la définition d’une forme précise de gouvernement. En histoire romaine, en France, nous avons pris l’habitude de distinguer trois périodes : la période archaïque des rois, la période républicaine, le Principat. Nous avons fait le choix, quand nos connaissances sur le sujet étaient peut-être moindres (il y a quelques siècles), quand nos méthodes n’avaient pas encore vocation scientifique, de parler de république pour désigner la période qui satisfaisait le plus nos propres ambitions. Mais dans les sources, pour les Romains antiques, la res publica est une constante, c’est Rome, indépendamment des formes de régime qui la gouvernent. Lorsque nous avons décidé de parler de période républicaine pour désigner la période oligarchique, nous croyions que nous pouvions estimer que le Principat (régime de forme monarchique, période parfois dite impériale) usait du terme res publica comme d’une propagande, que c’était un terme galvaudé. Assurément, notre point de vue, à une époque où l’on contestait les monarchies un peu partout en Europe, n’était pas forcément très lucide, alors que ressentions le besoin de prouver que la monarchie était incompatible avec l’idée de res publica. On pourra certes trouver des sources antiques critiquant le Principat, en particulier à sa naissance, le donnant comme trahison de la res publica : que des Romains aient pu ressentir le principat comme une trahison de la chose commune ne signifie pas que ce fût la forme de gouvernement qui en soi était la trahison, mais son usage et ses dérives. Ainsi, Cicéron dans De re publica, aux prémices de ce que sera le Principat (Marius, puis Pompée, puis Sylla, des citoyens devenant tour à tour des citoyens plus puissants, en dignitas et auctoritas, que le reste des gens, familles, oligarques), met en garde ses concitoyens contre la tentation monarchique : il évoque les expériences monarchiques des débuts de Rome, « cette magnifique constitution établie par Romulus », il ne prétend aucunement que l’idée de res publica soit apparue avec la forme de gouvernement qu’il défend (l’oligarchie) et qu’il décrit comme « forme mixte » de gouvernement d’ « équilibre tempéré » ; il part du principe que la forme de gouvernement à laquelle il adhère est devenue nécessaire quand de mauvais rois ont corrompu la bonne constitution monarchique ancienne, bref, quand des monarques, contrairement à leurs prédécesseurs, ont cessé de tenir compte de la res publica.

Notre république est donc bien moins que celle des Romains : la nôtre ne concerne qu’un petit maillon de l’histoire de France, c’est précisément une certaine conception de la France. Mais de ce fait, c’est aussi bien plus : cette certaine conception de la France repose sur un certain nombre de valeurs énumérées précisément dans notre Constitution et dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, valeurs dont la démocratie fait largement partie. On peut donc à raison parler de valeurs républicaines en France. Et on a le droit de nier le républicanisme d’associations comme Ras-le-Front, par exemple, qui se décrivent comme opposées à « la mise en place d’une société [...] qui remet en cause les valeurs républicaines », alors qu’elles soutiennent des groupes révolutionnaires (intrinsèquement antirépublicains, donc) et prônent la désobéissance aux lois dotée de la légitimité républicaine (notamment celles portant sur l’immigration).

On ne saurait agréer Brighelli quand il oppose démocratie et république française, puisque la démocratie en fait partie. Mais ce n’est point dramatique, car je crois que le fond de sa pensée, ce qu’il cherche à dire, est cependant juste. Ce qu’il combat, si je comprends bien, c’est l’idée que les Droits de l’homme et du citoyen doivent dépasser leur portée de définition civique et doivent être appliqués à tous les maillons de l’activité humaine, en faisant fi des limites aux droits. Dans le cadre scolaire, cette idée, cette idéologie, c’est croire que l’enseignant est égal à l’élève. Son ouvrage illustre parfaitement bien, je crois, les conséquences de cette absurdité.

L’incarnation même de cet esprit néfaste qui corrompt la République se trouve, je crois, dans la Déclaration des droits de l’homme de 1948, de l’ONU, qui pervertit le bon sens de notre déclaration de 1789. Notre Déclaration stipule dans son article premier : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Nous reconnaissions la possibilité de distinctions sociales fondées sur l’utilité commune, permettant légitimement de considérer qu’un enseignant est supérieur à un élève pour tout ce qui concerne l’enseignement. La Déclaration de l’ONU dans son article premier déclare :« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » On trouve là une assertion discutable, l’idée que tous les êtres humains sont raisonnables (même les tueurs en série ? même les nourrissons ?) mais surtout s’est envolée la notion de distinction fondée sur l’utilité commune, et cela est préjudiciable. Autre exemple. Dans notre article 11 est stipulé : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. ». Dans la version de la Déclaration universelle, article 19, une fois de plus, tous les abus sont permis : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Le plus dramatique, c’est de se dire que la Déclaration la plus mesurée, celle qui envisage des limites, est celle qui fut écrite à une époque où la liberté d’expression n’était acquise nulle part. C’est un signe à ne pas ignorer, le fait que ceux qui ont fait preuve de la plus grande prudence sont aussi ceux qui pourtant ont été le plus affectés par les problèmes dont il est question, ceux pour qui ces problèmes étaient une réalité vécue (mise à l’index, publications en Hollande, justice arbitraire, hiérarchisation sociale des droits des individus, etc.), bien plus que n’importe quel diplomate de l’ONU ou n’importe quel chef d’État d’une démocratie en 1948.

Il y a, certes, dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, de bonnes intentions. Mais ce texte est à l’image du TCE : un fourre-tout très inégal. Pour une part, cette déclaration est redondante avec notre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (et avec les textes d’esprit équivalent des autres démocraties - car il en existe évidemment, notre Déclaration elle-même n’a pas été écrite sans source d’inspiration ni sans en inspirer d’équivalentes) dans la défense des droits essentiels (légalité des peines, égalité de droit, etc.) ; pour l’autre part, cette déclaration fait état d’intentions généreuses mais elle prétend faire du droit avec des sentences imprécises (or tout flou juridique est porte ouverte à l’arbitraire, puisqu’il reviendra au juge de l’éclaircir).

Par exemple, pour en venir aux questions éducatives chères à Brighelli, dans l’article 26 de cette Déclaration universelle, quel droit essentiel protège-t-on quand on déclare que « l’enseignement technique et professionnel doit être généralisé » ? En quoi un tel choix social (qui est positif, à mon avis) est-il de l’ordre d’un droit essentiel pour l’homme ? Pourquoi ne pas ajouter, à tant faire, un article stipulant le nombre de boulangeries par habitant qui doit être disponible ? Quand on déclare que l’éducation doit « favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux », n’impose-t-on pas d’idéologiser l’éducation de manière absolument contradictoire avec notre république ? Si notre éducation est laïque, c’est donc qu’elle ne prend pas parti en matière religieuse : ni contre, ni pour. Notre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 disait : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Pourquoi veut-on se coltiner un article demandant de faire du prosélytisme religieux ? En quoi est-ce un droit essentiel de faire subir aux enfants un prosélytisme religieux dans un pays où chacun peut pratiquer librement sa religion dans la sphère privée ?

On peut être d’accord ou pas avec les intentions généreuses de cette Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU, qui est dans l’ensemble à l’image de cet article 26. On peut être d’accord, disais-je, il est néanmoins flagrant que dans la plupart des cas, ce ne sont pas des droits qui sont exposés, mais des intentions, des programmes politiques. Or, lorsqu’un programme politique est défini dans un traité international et non pas au Parlement, la démocratie est bafouée (notamment parce qu’on ne peut revenir sur un traité international comme on peut le faire en amendant une loi). Par ailleurs, lorsqu’il s’agit bien de droits essentiels, tous les verrous, toutes les limites pour prévenir des abus sont supprimés.

Notre république comprend dans ses fondements un corpus de valeurs dont la contestation me semble être le ferment des conflits religieux et ethnicisés. Il est terrible de constater qu’un texte de l’ONU sert de support à cette contestation. Mais le discrédit mérité du texte de l’ONU ne doit pas se déporter sur notre brillante Déclaration, qu’il est toujours bon de relire, si parfois on se met à douter de sa clairvoyance.


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28 réactions à cet article    


  • miaou miaou 7 novembre 2006 11:12

    Pour clore ce comparatif des diverses versions des « Droits de l’Homme », il ne faut pas manquer de citer la « Déclaration des droits de l’Homme en Islam » adoptée le 5 août 1990 par l’Organisation de la conférence islamique, qui « omet » la liberté de choisir et de changer de religion.


    • Anthony Meilland Anthony Meilland 7 novembre 2006 11:29

      Article interessant bien qu’un peu difficile à suivre dans sa forme.

      Effectivement la DDHC est bien plus claire que la DUDH de l’ONU.

      Mais elle ne peuvent pas être réellement comparées de par leur nature. la DDHC est un texte constitutionnel (ou constitutionnalisant si on préfère) alors que la DUDH est un texte diplomatique. En matière de diplomatie on doit toujours être prudent et faire des concessions.

      C’est bien le problème aussi du TCE. Il devait être à la fois un texte constitutionnel et un traité diplomatique. Ce qui complique vraiment le travail.


      • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 13:56

        Le grand problème, c’est que du fait de notre article 55 de notre Constitution, qui n’a peut-être pas été rédigé de manière très lucide sur l’avenir, il s’avère qu’un tel texte international dispose d’une « autorité supérieure à celle des lois ».

        Le TCE n’aurait pas employé le mot constitution qu’il n’aurait en fait pas été complètement different en droit - même si ça aurait été tout à fait autre chose en symbole (on peut renier et contester un accord passé, on ne peut quitter une constitution sans déconstituer).


      • (---.---.158.72) 7 novembre 2006 17:34

        Non, puisque cette Déclaration universelle de 1948 n’est qu’une résolution, et pas un traité ou une convention.


      • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 17:46

        « un texte international » dans mon commentaire faisait référence au TCE. Le second paragraphe illustre le premier.

        Or le TCE était bien un traité.


      • (---.---.158.72) 7 novembre 2006 18:17

        Le TCE n’a pas été ratifié. Or l’article 55 de la Constitution est très clair :

        Article 55. - « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie. »

        « Régulièrement ratifiés » ; ce qui n’est pas le cas du TCE (échec du référendum du 29 mai 2005) et ne le sera sans doute jamais.


      • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 18:27

        Et ? Qu’est-ce que ça change ? Je veux : qu’est-ce que ça change dans notre discussion ?


      • Sam (---.---.197.45) 7 novembre 2006 11:42

        Des passages intéressants, mais un tiers en moins aurait rendu ce texte plus concis et précis.

        Ca tire à hue et à dia, un coup l’auteur de « la fabrique.. », un coup la Déclaration de l’ONU, un coup la présence du régime romain dans notre Res publica...

        Des redondances et c’est verbeux ! L’auteur s’écoute écrire, et nous ennuie inévitablement. smiley


        • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 14:01

          Je m’écoute écrire ? Est-ce à dire que je serais à l’affut du bruit des tapotis sur le clavier (sinon je vois mal ce que signifie s’écouter écrire).

          Je vois mal comment discuter la notion de République en France et des rapports des définitions parfois contradictoire des Droits de l’homme sans : 1) Aborder la notion de République, ce qui impose de parler du modèle romain mais aussi des spécificités du modèle Français 2) Voir le rapport entre République française modélée notamment par la Déclaration de 1789 avec la Déclaration de l’ONU.

          De fait, un texte amputé d’un tiers est plus concis. Je crois néanmoins que le sujet méritait qu’on rentre dans le détail, que le sujet méritait qu’on argumente de manière précise.


        • (---.---.158.72) 7 novembre 2006 17:36

          La Déclaration de l’ONU n’a pas de valeur juridique ...


        • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 17:46

          Quel rapport avec le commentaire précédent ?


        • (---.---.158.72) 7 novembre 2006 18:10

          L’article, comme le dernier commentaire, traitent la Déclaration de l’ONU et la Déclaration de 1789 comme si elles avaient la même valeur juridique en droit français, ce qui n’est pas le cas.


        • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 18:35

          Ah bon.

          Apparemment vous savez mieux que l’auteur, c’est à dire moi-même, ce qu’il voulait dire.

          Pouvez-vous argumentez ? Pouvez-vous dire en quoi il y aurait une équation de fait sur la nature légale des textes en questions ?

          Avez-vous lu que la déclaration de 1948 serait inclue dans le bloc de constitutionnalité ?

          Au cas où ce n’était pas clair, le sujet de l’article n’était pas la valeur légale de la déclaration de 1948, mais bel et bien son esprit et les contradictions avec la déclaration de 1789.


        • Sam (---.---.197.45) 7 novembre 2006 21:06

          wieinstlili

          Pour te répondre, je prends en exemple une de tes phrases :

          Même si nous avions cru vivre une Renaissance en fermant l’ère médiévale, qui n’aurait été qu’une parenthèse, cette chose commune, cette res publica, développée pendant l’Ancien Régime (élaboration permise, ceci étant dit en passant, par l’ère médiévale qui a réalisé le passage du Royaume des Francs au Royaume de France puis à la France, comme autant d’étapes vers la création d’une unité nationale, parfois fragile), est le produit d’inspirations multiples, notamment l’inspiration du modèle démocratique athénien.

          Près de 80 mots pour une phrase..

          Par ailleurs, pourquoi redonder avec « cette chose commune », ou être verbeux qu’en tu écrit « celà étant dit en passant », au lieu « en passant »..Tout simplement ?

          Quel intérêt, de plus, à mettre une parenthèse beaucoup plus précise que le reste de la phrase ?..Elle complique inutilement le propos, l’alourdit considérablement, telle qu’elle est placée.

          Le lecteur fatigue sur la forme et hésite sur le décryptage. Faut-il exercer sa compréhension sur l’incise détaillée ou sur l’explication, finalement simple, si on retire l’incise ?

          Tu aurais pu faire deux phrases liées par des connecteurs genre « à noter », ou « il faut préciser ».

          Mais, comme tu l’as écrit, ça fait plus langue classique et technicien de haute tenue. Modèle universitaire qui privilégie les phrases interminables au sens obscur. Une langue de communauté intellectuelle d’initiés qui t’a un peu piégé.

          « S’écouter écrire », tu n’as pas capté...Les phrases longues sentent leur « ampoulé ». Comme certaines déclamations anciennes. On est dans l’oral quelque part. Comme on est dans l’oral quand on écrit, parce qu’on parle les phrases dans sa tête en écrivant.

          Donc, il n’à pas loin de s’écouter parler à s’écouter écrire.

          A hue et à dia, enfin. Ton texte est plein d’idées intéressantes mais tu fais des allers-retours sur thèmes, idées, des incises qui font qu’on a du mal à saisir la continuité, le fil de l’argumentation de fond. C’est ce que je voulais dire.

          Moi je t’écris tout ça pour mon confort de lecteur. Beaucoup de textes intéressants sur AV, bcp à lire..

          Pas pour te donner des leçons, parce que moi comme les autres je me fais reprendre et je suis le premier à reprendre avec peine et applications mes textes. smiley


        • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 22:23

          J’avoue ne pas goûter à l’ère de l’audimat et de la publicité, où il faudrait que tout soit toujours très court, au prétexte que le consommateur est pressé. Je ne trouve pas que la longueur empêche de lire qui que ce soit qui le désire, si tant est que la ponctuation est présente. 80 mots, cela peut paraitre très long, bien sur, mais on ne peut pas compter le contenu d’une parenthèse comme si elle faisait partie de la phrase au sens strict.

          Ensuite, je reconnais que ce n’est pas un article abondamment travaillé. En lisant l’ouvrage cité, j’ai eu envie de creuser certaines questions et de faire partager mes lumières, mais le thème abordé est si vaste qu’il impose de multiples parenthèses. D’ailleurs, j’insiste, je pense que si vous faites abstractions de parenthèses, la phrase que vous citez est très lisible.

          Si j’avais lu, relu, et relu, et encore relu l’article, alors sans doute certaines tournures de phrases auraient été améliorées. On y aurait pas trouvé pas les quelques coquilles qui ont été retirée par un gentil rédacteur d’agoravox.

          Mais là, en l’occurrence, je ne pouvais pas dédier tant de temps à cet article.

          J’ajoute que je suis conscient qu’il est complexe parce qu’il se réfère à beaucoup d’éléments divers qu’il n’évoque que de manière allusive. Mais sinon, c’eut été un document de 20 pages qu’il aurait fallu écrire, ou bien c’eut été un document totalement gratuit, sans mise en perspective.

          Je reconnais toutefois que le plan n’est pas très visible. Le tort en vient au fait que j’ai commencé cet article pour mon blog en voulant parler de l’opposition Démocratie / République faite par Brighelli dans son livre. Cette question m’a fait dévier sur le thème des oppositions entre Déclarations (1789 / 1948) parce que je me suis rendu compte qu’en fait l’opposition que Brighelli fait entre Démocratie / République repose sur cet autre problème. Pour bien faire, il aurait fallu reprendre l’article à zéro, le plan à zéro. Mais j’en reviens à la question du temps consacré. Je crois que c’était soit l’ajout un peu brutal du second thème (ça se retrouve dans le titre), mal introduit dans l’introduction du texte car découvert après, soit pas d’article du tout. Je reconnais que ce n’est pas parfait.


        • Sam (---.---.197.45) 8 novembre 2006 11:08

          Je reconnais que ce n’est pas parfait.

          - Chef, y commence à balancer !

          - Travaille-le encore un peu au Bottin...


        • chantecler (---.---.146.112) 7 novembre 2006 11:55

          J.P Briguelli est un écrivain tout à fait intéressant:ses positions vont trés souvent à rebrousse-poil de la doxa dominante.Je ne veux pas dire que je suis d’accord en tout avec lui,mais par exemple « la fabrique des crétins » m’a beaucoup intéressé,ne serait-ce qu’en suscitant le débat. Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne cherche pas à plaire.Un danger:c’est que ses propos soient repris par des extrémistes,mais ont-ils besoin de lui ? Je salue aussi son cursus : issu de milieu modeste,ne sort pas qui veut de Normal Sup:cela nécessite quelques efforts....


          • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 7 novembre 2006 13:47

            Si des extremistes se mettent à reprendre les propos de gens intéressants, je ne pense pas qu’il faille s’en inquiéter mais s’en féliciter.


          • chantecler (---.---.146.112) 7 novembre 2006 17:31

            Exemple:en bidouillant du plutonium,on peut obtenir une fusion nucléaire.


          • erdal (---.---.242.88) 7 novembre 2006 12:37

            Il y a des paradoxes que vous oubliez :

            1/.Le système élitiste est en opposition avec la democratie (le pouvoir au peuple).

            2/. De plus le système de la société est pyramidale, les personnes de la base (dont je suis issue) n’ont pas la même vision de ceux qui sont en haut (les élites). Si vous me permettez une métaphore, c’est comme à la tour eiffel, on voit moins de chose en bas que si l’on est en haut.

            3/. Par ailleurs, Le système capitaliste repose sur un équilibre qui dévalorise la masse et valorise à outrance la rareté ( à partir du moment que du monde s’intéresse à cette rareté)

            Cordialement

            Erdal

            PS : Personnellement, je n’apprécis pas brighelli, il me parait cynique et se concentre sur des faits d’on tout le monde est d’accord sans chercher les causes et oubli d’apporter des solutions concrètes pour l’ensemble des citoyens.


            • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 13:52

              1) Je ne dis pas qu’en France la démocratie est parfaite. Je crois qu’il y a beaucoup à faire à ce sujet, notamment pour que l’on puisse se passer du concept que je trouve scandaleux « d’homme politique » - la politique doit être une activité de citoyen, pas un métier, certainement pas une carrière. On doit vivre dans le monde pour agir sur le monde, pas gérer la vie des autres depuis l’extérieur.

              2) Je ne trouve pas qu’une société qui connaît le suffrage universel puisse être décrite comme de pouvoir pyramidal.

              3) Le système capitaliste n’est pas un système parfait, mais pour le moment il est sans doute un des moins inacceptable que l’homme ait crée. Ne nous en contentons pas, mais ne soyons pas trop pressés nous plus de sauter dans les bras d’un autre système sans être sur de notre coup.

              Concernant Brighelli, je ne partage pas forcement toutes ses positions mais je ne le trouve pas cynique. Je crois au contraire qu’il a à coeur d’essayer de proposer quelque chose dans l’intérêt de tous, même si ce quelque chose à court terme heurte des intérêts individuels ou communautaires.


            • Hal Eurode (---.---.118.66) 7 novembre 2006 21:13

              La démocratie, c’est surtout une délégation et une limitation de pouvoir.

              C’est la définition négative qu’en donne Karl Popper, c’est à dire la limitation de pouvoir.

              C’est au moment des élections que le peuple intervient.

              Aucun système avec une interaction permanente ne peut aboutir à des processus de décision(Le savant et le politique - Max Weber).

              C’est à Cuba ou en Corée du Nord que le peuple à le pouvoir smiley !

              Hal


            • wieeinstlilimarleen 7 novembre 2006 22:02

              Je pense que l’exemple de la démocratie athénienne (antique) et de la Suisse aujourd’hui dément l’idée que la démocratie est se limite à une répresentation. La démocratie en large part directe est possible. Notons d’ailleurs que nous avons en France le réferendum. Le dernier en date donne des lumières quant au sens du désintérêt à son endroit de la part des élus. Mais s’il y avait une volonté, nous trouverions surement des moyens de régulièrement demander aux citoyens leur avis sur des questions importantes, à l’échelon national, régional et municipal. Les Suisses y arrivent ; sommes-nous inférieurs aux Suisses ?


            • erdal (---.---.242.88) 8 novembre 2006 00:44

              heu.....Hal machin chose....on m’a toujours dit de remuer 7 fois la langue avant d’ouvrir la bouche. Dans votre cas, vous devriez taper 7 fois sur les touches du clavier avant d’envoyer un commentaire.

              erdal


            • erdal (---.---.242.88) 7 novembre 2006 14:44

              Excusez moi si je vous ai froissé, ce n’était pas ma volonté.

              Je voulais simplement mettre en évidence certains points néfastes genérateur de frustrations. Je ne suis pas de ceux qui veulent une rupture avec le système mais une amélioration, car il y a beaucoup de lacune dans ce domaine. De plus, je ne suis pas communautariste, mais seulement quequ’un qui souhaite évolué dans le sens premier de la république laïque et respectueuse des valeurs que composent l’humanité. Le seul point qui nous différencie c’est l’égalité, je suis en total désaccord avec ce terme. Car si nous devrions avoir les mêmes droits et les mêmes devoir, il n’en reste pas moins que nous sommes différents. Mais dans cette différence, certains excelle dans des domaines que d’autres ne peuvent appréhender et vice et versa. A ce niveau, l’égalité est un non sens et la comparaison aussi. Un médecin n’est pas égale à un ingénieur ou un ouvrier, etc...

              erdal


              • (---.---.32.219) 7 novembre 2006 14:54

                Il s’agit en fait d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies. La Déclaration universelle de 1948 n’a pas la valeur juridique d’un traité international, pas de dimension contraignante et ne peut être invoquée devant un juge. Le Conseil d’État a jugé qu’elle était dépourvue de valeur normative (arrêt « Roujansky », 1984).


                • Forest Ent Forest Ent 7 novembre 2006 23:04

                  J’ai toujours trouvé amusant de comparer la déclaration universelle :

                  http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm

                  "Article 9 Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé. "

                  et la déclaration européenne :

                  http://www.justice.gouv.fr/textfond/europ.htm

                  "Article 5 -

                  1. Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales :

                  s’il est détenu régulièrement après condamnation par un tribunal compétent ;

                  s’il a fait l’objet d’une arrestation ou d’une détention régulières, pour insoumission à une ordonnance rendue, conformément à la loi, par un tribunal ou en vue de garantir l’exécution d’une obligation prescrite par la loi.

                  s’il a été arrêté et détenu en vue d’être conduit devant l’autorité judiciaire compétente, lorsqu’il y a des raisons plausibles de soupçonner qu’il a commis une infraction ou qu’il y a des motifs raisonnables de croire à la nécessité de l’empêcher de commettre une infraction ou de s’enfuir après l’accomplissement de celle-ci.

                  s’il s’agit de la détention régulière d’un mineur, décidée pour son éducation surveillée ou de sa détention régulière, afin de le traduire devant l’autorité compétente ;

                  s’il s’agit de la détention régulière d’une personne susceptible de propager une maladie contagieuse, d’un aliéné, d’un alcoolique, d’un toxicomane ou d’un vagabond ;

                  s’il s’agit de l’arrestation ou de la détention régulières d’une personne pour l’empêcher de pénétrer irrégulièrement dans le territoire, ou contre laquelle une procédure d’expulsion ou d’extradition est en cours."


                  • docdory docdory 9 novembre 2006 11:09

                    @ l’auteur

                    Excellent article . La comparaison entre les deux déclarations confirme l’aphorisme selon lequel « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » . En ce sens la déclaration française des droits de l’homme est un chef d’oeuvre quasiment indépassable , on se demande même quelle est l’utilité de la déclaration universelle , encore une fois le « mieux » est l’ennemi du bien , en particulier quand on compare les deux déclarations sur le chapître des religions .

                    Le grand reproche que l’on pouvait faire au défunt TCE était son obscurité , sa longueur qui avait inévitablement abouti à des incohérences , voire des contradictions internes , et ses pseudo -bonnes intentions sur les questions religieuses qui auraient fait disparaître la laïcité et auraient ouvert un boulevard aux islamofascistes .

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