Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > De la punition et de son efficacité

De la punition et de son efficacité

Comment parvenir à les toucher vraiment ?

Vidéo nécessaire

Secrets d'école ...

Voilà bien une des questions qui déchirent les professeurs, lors de leurs réunions ou discussions dans cette étrange salle où ils se retrouvent à l'abri des élèves. Excluons tout de suite les mesures habituelles qu'ils réclament à bout d'indignation contre celui ou celle qui leur pourrit la vie, la classe, leur nuit parfois, leur santé hélas ! Nombre de mes collègues, le nez dans le guidon et l'exaspération au bout des lèvres en viendraient vite à l'arsenal qui est de la responsabilité du chef d'établissement : exclusion temporaire ou conseil de disciple !

Il faut avouer que la tension est devenue si forte dans les établissements, que les transgressions, les marques d'irrespect, les insultes, les menaces sont devenues si fréquentes que beaucoup dans la profession sont à bout de nerf. Couper le membre qui semble porteur du germe est devenu la méthode opératoire qui recueille le plus de suffrages. Je ne peux les en blâmer même s'il y a dans cette manière une façon peu raisonnable de refiler le bébé et l'eau du bain à son voisin.

Le professeur n'a comme moyen de coercition que de bien maigres moyens compte tenu de l'armement de ceux qui sont parfois devéritables adversaires. Le mot dans le carnet est devenu la plupart du temps parfaitement inopérant. Des familles signent dans le meilleur des cas sans même lire (quand elles disposent de cette ressource) la bafouille vengeresse. Le coup de téléphone aux familles est rarement suivit d'une réponse, bien des parents sont injoignables ou ne décrochent plus quand le collège les appelle.

La punition classique, écrite, est une peine partagée. Le professeur doit trouver un travail adapté à un élève qui le fera sans aucune application. En prime, le pauvre maître devra consacrer du temps à une correction qui ne sera jamais lue. C'est à désespérer les dernières bonnes volontés tout en constituant un gaspillage de papier bien inutile.

La retenue est alors le recours par dépit pour beaucoup. L'enseignant pense que l'élève, bloqué une heure de plus dans ce lieu de douleur, vivra cette peine comme une manière de réfléchir à son comportement. Je ne dis pas que la chose ne serve pas auprès de rares bons élèves, soucieux de donner une bonne image d'eux. Mais j'en connais qui font concours d'heures de colle entre eux et se réjouissent d'obtenir cette forme de reconnaissance de la part de leurs souffre-douleur.

J'ai depuis fort longtemps abandonné cette punition qui ne sert qu'à accentuer l'animosité entre les deux parties sans jamais avoir le plus petit effet bénéfique. J'ai la conviction que la punition doit être rare et forte, surprenante et insidieuse. Je sais que les bonnes consciences seront outrées par la formule et plus encore par le procédé. Qu'ils viennent à ma place dans des classes où manifestement, toutes les autres méthodes ont échoué !

J'avertis qu'un comportement particulièrement désagréable, irrespectueux et pénible ( nous en sommes rendus à un degré de tolérance qui laisserait pantois nos vieux maîtres d'antan), entraînera une mesure de rétorsion au moment que je jugerai opportun. Évidement, le dialogue est toujours préférable à cette extrémité. Le doute plane, l'information n'est pas claire. Pourtant, le jour où le couperet tombe, c'est terrible.

Je vous ai relaté une sortie aux vendanges où le matin même, un garçon a découvert, stupéfait et indigné, qu'il ne faisait pas partie de l'aventure. Je peux aussi vous parler d'une sortie au cinéma où j'ai laissé en étude un charmant garçon qui avait véritablement pourri la sortie précédente avec des collègues qu'il écoute encore moins. Là encore, l'effet de surprise, le coup qu'il n'attendait pas lui tombe sur la tête et le met en rogne.

Ajouter l'inattendu à la frustration, marquer une limite en différant la punition, agir à froid avec une fermeté sans réplique car les limites ont depuis longtemps été dépassées, me semble de nature à obtenir le choc salutaire qui fera grandir celui à qui, ce jour-là, on fait très mal. On peut me dire que je sors du cadre réglementaire et je peux vous assurer que je m'en fiche totalement. Qu'on m'apporte la preuve que les grimaces que l'on peut bien leur faire ont une quelconque utilité et je veux bien réexaminer mes manières déplorables !

Je sais encore qu'au pays des bisounours, certains me diront qu'il suffit de dialoguer, d'expliquer, de tancer en faisant les gros yeux pour que l'enfant comprenne son intérêt. Ceux-là sont de merveilleux magiciens ou de fieffés menteurs et ne doivent certainement pas exercer avec les mêmes publics. Pour eux, je serai toujours un vieux con et je crois que j'en suis assez fier !

Sévèrement leur !


Moyenne des avis sur cet article :  4.33/5   (24 votes)




Réagissez à l'article

33 réactions à cet article    


  • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 12 novembre 2012 10:41

    La récompense est bien plus efficace, constructive et épanouissante que la punition.


    • frugeky 12 novembre 2012 11:06

      Certes oui, mais de là à récompenser un comportement déviant il y a tout de même une marge.


    • bluerage 12 novembre 2012 11:07

      et oui Gaetan, si tu étais prof tu pourrais récompenser tes élèves qui t’ont traité d’enc...

      et au bout d’une semaine tu serais chez les fous à te taper la tête contre les murs d’une chambre capitonnée, si tu ne connais rien au métier de prof, surtout en segpa, le mieux c’est de la boucler plutôt que de raconter des énormités


    • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 12 novembre 2012 11:17

      Je ne pensais pas aux profs, mais aux parents. Car ce sont eux les vrais responsables du comportement de leurs enfants.


    • lulupipistrelle 12 novembre 2012 12:27

      Si vous prônez la récompense, alors la punition va de soi. C’est la carotte ou le bâton.


    • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 12 novembre 2012 12:33

      Oui, carotte et bâton ... avec priorité pour la carotte tant que possible.


    • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 12:37

      Gaetan de Passage


      Je n’en doute pas une seule seconde mais parfois, il faut marquer une limite même si ce n’est pas agréable !

    • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 13:59

      frugeky


      Dans la marge, on ne récompenses pas, on anote ! 

    • tf1Goupie 12 novembre 2012 18:59

      Récompenser est beaucoup plus valorisant que sanctionner ... donc, naïvement, on s’invente plein de theories qui affirment que la récompense c’est plus efficace que la coercition.
      « passe ton bac » et tu auras une console de jeu mon fils....

      Je ne connais pas grand monde qui aime jouer le « père fouettard » ; on aimerait bien qu’il n’y en ait pas besoin.


    • Tristan Valmour 12 novembre 2012 12:06

      La punition est pour le cerveau une récompense en ce qu’elle vient sanctionner un comportement observable, c’est-à-dire qu’un comportement X produira de façon certaine une réponse (la récompense) Y.

      La certitude d’une récompense Y en raison d’un comportement X, et l’automatisation de celle-ci, entraînera selon la loi de l’habituation une diminution de l’effet de la récompense. On peut certes augmenter la fréquence ou la gravité de la récompense, mais cela entraînera de toutes les façons une habituation. Voilà pourquoi, comme l’a écrit Victor Hugo, même la peine de mort n’a pas d’effet dissuasif sur le long terme.

      Le cerveau humain est une machine biologique à détecter les patterns et à automatiser les réponses en vue d’anticiper une situation, afin d’économiser de l’énergie et des ressources cognitives, notamment pour pallier des situations nouvelles et permettre de s’y adapter, donc survivre en tant qu’individu et en tant qu’espèce. Cela peut donc conduire des cerveaux humains très attachés à la connaissance donc au contrôle de leur environnement à chercher une punition (donc une récompense) qui leur est promise en sanction d’un comportement.

      Chaque situation vécue est une expérience, il n’y a rien d’anodin. Si l’éducateur (l’enseignant, le parent) fait copier des lignes en récompense d’un comportement observable inadapté, l’élève ou l’enfant retirera comme expérience qu’écrire est une punition. Il y a fort à parier qu’en raison des lois sur la plasticité synaptique et corollairement sur le conditionnement instrumental, l’enfant puni par la copie de ligne en vienne à haïr l’écriture. Ce qui est vrai pour la copie de ligne est transposable à d’autres types de punition. Attention donc à la forme que prend la punition.

      La punition peut donc être attendue par l’enfant (elle va le rassurer) en ce qu’elle lui donne un contrôle sur son environnement (et même l’automutilation est un contrôle sur son corps), mais elle peut être également un signal qui indique à l’enfant qu’il n’est pas adapté à la situation qu’il vit. Ce signal déclenche alors une réaction de stress qui selon l’individu le conduira à fuir le danger (il se réfugie en lui-même, dans le mutisme, fait de la résistance passive, etc.) ou à affronter le danger (augmentation de l’agressivité par exemple). En cas de stress intense (et l’intensité du stress est une donnée individuelle), aucune parole ne peut avoir de vertus éducatives car les fonctions supérieures sont inhibées.

      De manière générale, aucune punition ne peut avoir de vertus éducatives avant que les enfants aient atteints le stade 4 du développement piagétien, parce qu’ils sont peu enclins à se projeter dans le futur, à établir des relations hypothético-déductives. Cela est d’ailleurs prouvé par le développement physiologique du cerveau, tout le forebrain qui est immature à cet âge.

      Une fois que les enfants ont atteint le stade 4 du développement piagétien, ils peuvent être sensibles aux effets pédagogiques de la punition à condition que soient réunis plusieurs paramètres. La punition doit être juste et proportionnelle à la faute commise. La punition doit être individualisée et cachée des autres, ce qui est d’ailleurs un frein à l’émulation. Une punition individualisée doit prendre en compte la position de l’individu face à la punition, donc sa réaction. La punition ne doit pas isoler l’individu, le couper de relations sociales autrement on assiste à une augmentation importante du CRF. La punition ne doit pas porter sur un apprentissage : ligne d’écriture, conjugaison, mathématiques, faire la vaisselle… La punition doit permettre à l’individu de devenir aux yeux d’autrui un autre soi-même, autrement dit elle ne doit pas être inscrite ad vitam aeternam au passif d’un individu : on remet les compteurs à zéro. La punition doit être accompagnée d’une réflexion sur les limites du comportement qui l’ont entraînées.

      La punition est donc un instrument à manier avec précaution pour qu’elle soit véritablement efficace, c’est-à-dire pour son rôle préventif. Dans certaines civilisations traditionnelles asiatiques, c’est le puni qui choisit sa punition. La personne qui punit doit également réfléchir sur lui-même, par ce que l’on peut s’habituer à punir et se laisser entraîner vers la névrose.


      • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 12:40

        Tristan


        Si vous avez suivi mon billet, je punis très rarement, bien moins que mes collègues qui usent de la retenue avec zèle.

        J’accodre même une dimension exceptionnelle à ce choix qui atteste d’une erreur collective.
        Je n’aime pas ça mais quitte à le faire, autant que celà soit spectaculaire et symbolique

      • tiloo87 tiloo87 12 novembre 2012 12:09

        « Qu’on m’apporte la preuve que les grimaces que l’on peut bien leur faire ont une quelconque utilité et je veux bien réexaminer mes manières déplorables ! »
        Je ne comprend pas cette phrase ...(de quelles grimaces parlez-vous ?)

        Vous n’avez pas précisé quel age avaient les enfants dont vous parlez , ou dans quel type de classe ou de matière vous enseignez ?


        • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 12:42

          tiloo87


          Pardon Comme ce n’est pas le premier billet sur ces classes j’ai omis de le préciser.

          Ce sont des élèves de 4° et 3° Segpa dans une structure mis à l’écart totalement de son collège d’attachement (cas sans doute rarissime mais qui fait de gros dégâts) Le collègeest neuf et à 1Km 300 de notre Segpa vieille et dégradée ...

        • lulupipistrelle 12 novembre 2012 12:33

          Il me semble qu’éduquer, c’est rendre le monde intelligible. Si vous faites une relation de cause à effet entre un comportement et la réaction qu’il déclenche OK... 


          Tel comportement est récompensé, tel autre puni. Peu importe que la punition soit différée, pareil pour une récompense « surprise »...Encore faut-il que tout soit expliqué au départ, et pas que ça tombe « du ciel » en fonction de l’humeur du moment.

          • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 12:44

            lulupipistrelle


            Merci pour ces conseils que j’avais appliqué à la lettre. 
            Ils étaient avertis, ce ne fut pas une décision d’humeur mais une promesse tenue !

          • lulupipistrelle 12 novembre 2012 14:53

            Je ne suis pas enseignante (même si j’ai tâté ce terrain), mais mère de famille...

             
            Et j’ai beaucoup souffert de l’inconstance d’un père... qui n’agissait qu’en fonction de ses humeurs, qui recourrait à la ceinture pour des faits insignifiants, et qui fermait les yeux sur de grosses bêtises...alors j’ai réfléchi... 

            Punir demande plus d’effort que l’on ne croit, de la constance, c’est plus facile de fermer les yeux, et puis d’invoquer toute sorte d’excuses : fatalité, tempérament, entourage, malchance...Punir à bon escient et de manière proportionnée.
            Tout le monde préfère distribuer des récompenses, mais encore ne faut-il pas les galvauder...

          • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 19:12

             lulupipistrelle


            La voie de la sagesse Merci ! 

          • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 13 novembre 2012 08:50

            Par lulupipistrelle > qui recourrait à la ceinture pour des faits insignifiants


            Et qu’est devenu cet enfant battu ?
            Il est déjà adulte ?
            Il n’est pas encore en prison ?
            En tout cas, avec ce traitement-là, vous avez créé, soit : un rebelle à toute autorité qui risque fort de devenir un associal, ou alors un looser qui s’auto-détruira.
            Bref, que du bonheur en perspective ... vous allez le payer cash.

          • Tristan Valmour 12 novembre 2012 13:29

            Cher Nabum

            Je vous ai parfaitement lu et compris, et je n’ai nullement sous-entendu que vous punissiez à tour de bras. J’étais simplement venu faire une courte, incomplète et imparfaite synthèse sur la punition vue par la psychologie. Et puis, en situation professionnelle – bien moins évidente que théoriser dans un laboratoire -, chacun fait comme il peut.

            Si cela peut vous aider, vous et vos collègues, j’ai participé à l’évaluation d’un programme de prévention contre la délinquance scolaire. C’est un programme plutôt efficace. En Allemagne, les problèmes scolaires sont bien plus importants qu’en France, et les profs cessent de travailler jeunes parce qu’ils sont totalement rincés. Le programme s’appelle « Gewaltrei lernen ».

            A Singapour, il existe un programme pour vivre ensemble (mixité culturelle et religieuse) et bien se comporter. En Turquie, les élèves commencent l’école par de la gymnastique, du chant et des jeux sociabilisant. Bref, il existe des solutions…sauf en France où chaque prof doit se débrouiller seul.


            • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 14:03

              Tristan Valmour


              J’ai d’ailleurs apprécié votre intervention longue et pertinente ... Merci

              J’utilise de manière empirique et forcément pirate le programme « Bienvenue au Pacifique » qui est exploité au Canada et dans certains écoles privées chez nous (c’est payant naturellement)

              Vous avez raison, en France rien n’est pris en compte dans la dimension de la gestion du groupe, des conflits, des modalités du bien vivre en classe. 

              Je pense sincèrement que notre hiérarchie s’en moque totalement

            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 novembre 2012 18:40

              @ Tristan Valmour

              Bravo pour votre très efficace synthèse sur la punition.
              J’ai peur que ce soit un peu subtil pour les convictions de l’auteur qui semblent bien arrêtées.
              Auriez-vous quelques liens et/ou références sur ces programmes étrangers qui m’intéressent grandement vu qu’en effet, tout cela semble inexistant en France, pour autant que je sache ?
              Merci d’avance

              @ l’auteur

              C’est peu de dire que je ne suis pas d’accord avec ce que v ous proposez.
              Même si votre approche semble mesurée et « rusée », pour le dire frontalement, si vous faisiez ce que vous faites à mon enfant, je vous mettrais au tribunal administratif.

              Ma position est que la première règle (si je puis dire) des sanctions, c’est qu’elles soient « légales », cad, non seulement annoncées, mais convenues à l’avance.

              Tout le reste, c’est le fait du prince, cette détestable habitude des enseignants qui se croient tout permis dans leur stratégie de « légitime défense » et ne font que cultiver le rapport de force.

              Hors la loi, point de salut si je puis dire smiley

              Connaissez-vous la socialisation démocratique ?


            • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 18:45

              Luc-Laurent Salvador


              À quoi sert vraiment de voulir expliquer vos lumières à un pauvre imbécile aux idées arrêtées ? Je doute que l’auteur soit capable d’accéder à vos lumières.Laissez-le dans ses erreurs et sa stupidité !

              Heureusement que la lumière demeure ...

            • Tristan Valmour 13 novembre 2012 11:54

              Salut mon ami Luc-Laurent

              Je savais que tu allais réagir, vu que tout cela est ton domaine. En plus, quand on évoque Piaget…

              Voici les programmes que je connais. Ceci dit, je ne les connais pas tous en détail d’autant que j’ai eu à m’y intéresser d’un point de vue cognitif, pas comportemental.

              Le programme allemand Gewaltfrei lernen (j’avais oublié le f) possède un site internet. Ce programme, financé par des dons privés ne coûte rien aux écoles. Des animateurs formés par le programme interviennent dans les établissements et font ce qu’ils appellent « les arts martiaux de la parole ». Ils apprennent à canaliser l’agressivité, à ne pas réagir face à la violence, etc. Les groupes sont assez nombreux, les exercices progressifs et codés. Bref, c’est vraiment sérieux et cela porte ses fruits.

              Singapour est un Etat multi-ethnique et multi-confessionnel qui connut pour ces raisons de gros problèmes de violence. Alor le MOE (Ministère de l’Education) a décidé d’intégrer un programme « vivre ensemble » obligatoire (et qui est noté) pour tous les élèves, afin qu’ils apprennent le respect, la tolérance, les règles. Ce programme est enseigné aussi bien dans les écoles privées que publiques, et dans plusieurs langues (on peut choisir sa langue d’enseignement : anglais, chinois, tamoul).

              En Turquie, comme je l’ai écrit, le programme de prévention des violences scolaires est également intégré dans le parcours scolaire. A la différence de Singapour, il n’est pas noté, et ne compte pas comme une matière. A la différence de l’Allemagne, ce programme ne nécessite pas l’intervention d’un animateur externe. En fait, c’est l’enseignant qui en début de matinée et d’après-midi réunit les élèves, qui s’adonnent alors au chant, à la danse et à des jeux où il faut toucher autrui. Tu connais les vertus apaisantes du toucher, qui permet de libérer les neurotransmetteurs. A noter que je ne sais pas si ce programme est appliqué dans toutes les écoles de Turquie. Je l’ai vu dans des écoles privées de haut niveau à Ankara et Istanbul (de mémoire, il y a plus de 100 écoles privées de ce groupe) qui fonctionnent en réseau.

              Aux US, c’est un peu comme en France : chaque prof doit se débrouiller, et il y a ici ou là des initiatives qui proviennent des établissements scolaires. Une différence quand même : il y a plus de réunions, un fonctionnement en réseau. Ceci dit, dans les établissements privés en France, ça fonctionne comme ça aussi.

              A part ça, je ne connais pas d’autres initiatives dans d’autres pays.


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 13 novembre 2012 17:50

              Cher Tristan,

              Grand merci pour ces précieux éléments d’information qui sont autant de pistes que je vais m’empresser de suivre.
              Le programme de Singapour m’intéresse particuilèrement car le contexte multiethnique présente des analogies avec la Réunion (où les cultures chinoise et tamoule sont présentes).
              Ceci dit ici la violence n’est pas inter-ethnique et tout le monde est plutôt gentil.
              Mais il n’en reste pas moins que l’éducation au respect serait un must quand on lit les faits divers.
              Bref, il y aurait un sacré chantier sous ce rapport !


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 13 novembre 2012 18:13

              @ Nabum,

              Désolé, je ne voulais pas vous vexer, juste vous titiller.

              Malheureusement, ne le prenez pas mal, mais il semble que vous preniez vite la mouche.

              Voyez votre réaction au long et instructif commentaire de Tristan Valmour : elle a été d’abord épidermique, défensive (puis ensuite juste cordiale).
              Pas d’effort de réflexion alors qu’il y avait matière.

              Pour mon commentaire, c’est pareil : juste une réaction épidermique.
              Bon, comme vous voulez, mais en général, quand on propose un point de vue, c’est aussi pour entendre les réactions qu’il suscite, dont les critiques.

              Ma critique est directe, frontale, maximale : vous cultivez l’arbitraire, le rapport de force et aussi subtile, modérée et raisonnable (je n’en doute pas) que puissse être votre approche, c’est anti-éducattif au possible.

              Vous êtes à l’opposé complet de ce qu’est un acte éducatif : il donne du contrôle alors que ce que vous recherchez c’est le maximum de frustration, le maximum de déstabilisation.

              Vous me direz que c’est mieux que bien des horreurs que l’on peut voir dans les établissements d’éducation, en France et de par le monde.

              Oui, c’est sûr. So what ?

              Une erreur reste une erreur, un mal reste un mal même dans le contexte du bien pire.

              Au vu de ce que j’ai pu lire de vous, vous êtes sûrement capable de faire mieux.

              Voilà, c’est un peu gonflé, mais bon, s’il fallait seulement passer la brosse à reluire, on avancerait guère.
              Le conflit sociocognitif, c’est pas que pour les élèves, les adultes aussi y gagneraient... smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 13 novembre 2012 18:52

              Luc-Laurent Salvador 


              Ne vous tracassez pas Un mot et je plonge sur un os pour le ronger avec délectation.
              Parfois j’en fais beaucoup dans un sens ou dans un autre.

              J’ai pris la mouche pour le plaisir de la colère. N’en soyez pas vexé.

            • joletaxi 12 novembre 2012 14:39

              La certitude d’une récompense Y en raison d’un comportement X, et l’automatisation de celle-ci, entraînera selon la loi de l’habituation une diminution de l’effet de la récompense. On peut certes augmenter la fréquence ou la gravité de la récompense, mais cela entraînera de toutes les façons une habituation. Voilà pourquoi, comme l’a écrit Victor Hugo, même la peine de mort n’a pas d’effet dissuasif sur le long terme.

              je sais pas, mais j’ai l’impression que ceux à qui on a appliqué la peine de mort ne se sont pas habitués, et mieux, ils n’ont pas récidivé ?

              Cela me rappelle le gamin d’un copain, qui revenant de vacances chez un oncle agriculteur, était tout fier de déclarer:j’ai été sage papa,j’ai pas mis le feu nulle part !
              Pourtant, il en avait pris des tripotées après avoir cramé la grange, le garage, le foin du voisin, etc...


              • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 15:33

                joletaxi


                J’avoue ne pas sisir le sens exact de votre argumentation si ce n’est sans doute de me dissuader de mettre le feu à la grange !

              • thierry3468 12 novembre 2012 15:17

                L’enfant ,l ’adolescent ,l’adulte ont besoin de limites .Transgresser ces limites mérite une sanction pour marquer cette transgression .Certes ,l’éducation permet d’expliquer la nécessité de respecter ce cadre mais parfois ,il est impérieux de sanctionner en cas d’échec de la pédagogie .La sanction a mauvaise presse car elle marque l’échec de la pédagogie ,de l’éducatif mais elle est incontournable au risque de sombrer dans l’anarchie .L’école ,lieu incontournable de la pédagogie ,a eu l’illusion de croire qu’elle pouvait tout résoudre en expliquant les choses et a dénigré la punition .Aujourd’hui,elle fait face à son cuisant échec ....Je me rappelle un de mes cours de psychologie qui insistait sur la nécessité de la frustration pour le développement....La punition est avant tout une frustration .


                • ecolittoral ecolittoral 12 novembre 2012 15:22

                  Apprendre ! Pour quoi faire ?

                  Apprendre des matières...pour avoir de bonnes notes.
                  Des mathématiques ! pour quoi faire. Pour avoir des notes.
                  L’histoire...Pardon ! Des dates et des noms. Très motivant à 10, 15 ans.
                  Au collège. Une leçon. « Monsieur, j’ai pas compris ! ».« Sur internet tu auras les explications. »

                  Il y a quarante ans, on avait pas le choix. Le maître « savait ». Aujourd’hui, il n’est plus le seul. Et les jeunes le savent bien ! Pourtant, ils sont encore condamnés à passer leur journée à écouter, assis, les uns à côté des autres. Toute la journée, du lundi au vendredi. Pour avoir des notes.

                  Une mauvaise note, une deuxième, une troisième....Un retard qui ne permet pas de « rattraper » parce que c’était au programme de l’année dernière. Et c’est fini !

                  De la punition et de son efficacité.
                  Ils sont punis du lundi au vendredi. Beaucoup tiennent le coup. D’autres ne supportent pas. Alors, on les range dans une autre case ou ils seront notés.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 12 novembre 2012 15:36

                    ecolittoral


                    Sous cet angle, la situation est désespéré ! Il ne faut plus avoir foi en l’hummain ...

                    On n’apprend pas pour quelque chose mais pour soi. Le maître n’est qu’un vecteur, un passeur de sens et de transferts.

                    La note, si vous saviez combien je m’en moque !
                    C’est la vie de la classe qui compte et non ce petit signe de boutiquier !

                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 novembre 2012 20:17

                    Le meilleur placement que j’ai eu à l’école c’était au fond de la classe ,près de la fenetre extérieure et du radiateur .
                    En anatomie des copines qui faisaient sport dans la cour ,j’étais preum !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès