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Accueil du site > Actualités > Société > De la réforme psychiatrique

De la réforme psychiatrique

Quand le psychiatre devient juge...

Article 66 de la constitution française : Nul ne peut être arbitrairement détenu.

L’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi.

Article 9 de la déclaration universelle des droits de l’homme : Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Définition de arbitraire d’après le dictionnaire de l’Académie Française : Qui n’a pas de justification légale ni rationnelle ; qui dépend du caprice d’un homme, d’une autorité.

Préambule fait, que penser du système d’internement psychiatrique sous contrainte français eu égard à notre constitution, et à la déclaration Universelle des droits de l’Homme ratifiée en 1948 par la France ?

La loi du 27 juin 1990 sur l’internement psychiatrique a déjà ceci d’anticonstitutionnel qu’elle permet la détention d’une personne qui n’a commis absolument aucune infraction (en effet une personne, d’après cette loi, peut être internée sous contrainte sans passer devant aucune autorité judiciaire, sur demande d’un tiers ou du préfet lui-même, avec seulement l’aval de deux psychiatres comme condition préalable). 

La décision qui d’après l’article 66 de notre constitution devrait appartenir au seul juge, devient de fait celle d’un préfet et de deux psychiatres, ou celle d’un tiers et de deux psychiatres dans le cas de l’hospitalisation à la demande d’un tiers.

Après la loi actuellement en discussion pour réformer celle de juin 1990, l’arbitraire sera renforcé puisqu’il suffira à une « autorité » seule (un psychiatre) de décider de l’internement, le tiers n’étant plus nécessaire si le psychiatre « pense » que la personne concernée nécessite des « soins » psychiatriques forcés. Même s’il n’est pas établi que cette personne représente un quelconque danger pour elle-même ou pour les autres.

Quand on sait que les psychiatres eux-mêmes sont les premiers à déclarer que la psychiatrie n’est pas une science exacte, et qu’aucun diagnostic établi par la psychiatrie ne peut être autre chose qu’une hypothèse, on ne peut que s’inquiéter lourdement de ce pouvoir donné à une profession dont l’absence de résultats est flagrante.

Historiquement, le pouvoir arbitraire de la psychiatrie a toujours été un instrument politique totalitaire. Il suffit de se rappeler le programme T4 d’euthanasie sous l’Allemagne nazie, ou les hôpitaux de la psychiatrie soviétique ou étaient envoyés tous les opposants au régime, sous couvert de lutte contre la « pensée déviante », pour avoir un aperçu de ce que la psychiatrie représente en matière de destruction de la liberté individuelle dans notre société.

Lorsque l’on veut pouvoir enfermer quelqu’un sans avoir à prouver un quelconque méfait devant l’autorité judiciaire, il n’y a qu’une solution : s’attirer la sympathie et l’accord d’un psychiatre pour déterminer qu’une personne doit être internée. Le juge est dépassé, il est laissé au rebut, son avis ne compte plus (si ce n’est a posteriori, une fois que vous êtes déjà interné, s’il vous reste la force de demander un recours).

Notre système n’est pas nouveau. Ses antécédents récents datent du code Napoléon. L’actuel article 122-1 du code pénal sur la déresponsabilisation des personnes atteintes d’abolition du discernement (aliénés) correspond à l’article 64 du Code Napoléon. La loi du 27 juin 1990 sur l’hospitalisation sous contrainte correspond à la loi de 1838 sur l’internement des aliénés.

Déjà à l’époque le célèbre journaliste Albert Londres, qui fit fermer les bagnes de Cayenne, écrivait : « À quoi peut aboutir, administrativement, la grande misère des fous criminels ? » demandait-il, puis de répondre  : « À des vaudevilles. Ces vaudevilles ont deux auteurs. (...) L’un s’appelle : l’article 64 [du Code pénal de 1810, sur l’irresponsabilité pénale] ; l’autre : la loi de 38. Ils se valent. S’ils ne partagent pas équitablement les droits d’auteur, c’est que l’un vole l’autre. L’article 64 fait bénéficier d’un non-lieu ou fait acquitter le personnage principal de la pièce, lequel porte toujours le nom d’« aliéné criminel ». Aussitôt, la loi de 38 s’empare du monsieur. » Terminant son reportage, il affirme : « La loi de 38 n’a pas pour base l’idée de soigner et de guérir des hommes atteints d’une maladie mentale, mais la crainte que ces hommes inspirent à la société. C’est une loi de débarras. » De plus : « La loi de 1838, en déclarant le psychiatre infaillible et tout-puissant, permet les internements arbitraires et en facilite les tentatives. (...) Sous la loi de 1838, les deux tiers des internés ne sont pas de véritables aliénés. D’êtres inoffensifs, on fait des prisonniers à la peine illimitée. »

Depuis, la loi n’a finalement fait que devenir de plus en plus arbitraire. La loi de 1838 prévoyait que l’internement des « aliénés » ne pouvait se produire qu’après passage devant l’autorité judiciaire. La loi de 1990 détruit le garde-fou de l’autorité judicaire. Le seul « juge » devient le psychiatre. La réforme de 2010 détruit les derniers gardes fous : le deuxième avis d’un autre psychiatre, le contrôle du tiers n’existent plus. 

A la source tant historique que pénale du problème, se trouve la fameuse irresponsabilité pénale du « fou ». Parce qu’en refusant de juger le « fou » (ou celui arbitrairement déclaré comme tel), c’est finalement l’égalité pour tous devant la justice qui est bafouée. Le « fou » a le droit à la justice, comme tout autre citoyen. En lui déniant ce droit, on le jette dans les bras de l’arbitraire, là où la psychiatrie peut en faire ce qu’elle veut, sans même que la justice soit mise au courant.

Et lorsqu’on comprend que le « fou », c’était l’autre hier, que ce peut être votre enfant aujourd’hui, et que demain ce sera vous, selon le bon vouloir d’un psychiatre, on sait que si nous laissons notre constitution n’avoir plus force de loi, le totalitarisme gagnera notre pays, inexorable comme la peste de 1347.


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49 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 27 août 2010 11:02

    La source du problème est-elle vraiment « le fou ? »

    Puisque avec cette loi pratiquement n’importe qui peut faire interner
    n’importe qui pour pratiquement n’importe quoi au moyen d’une « appréciation »,
    la source du problème me semble plutôt du coté des promoteurs
    de cette loi, obsédés du contrôle et d’un concentrationnisme
    qui ne dit pas son nom.

    • plancherDesVaches 27 août 2010 16:09

      L’auteur est SCIENTOLOGUE.

      Au passage.


    • Roseau Roseau 27 août 2010 18:09

      Le fou n’est jamais le problème, c’est celui qui le rend fou qui pose problème. Bien souvent c’est le psychiatre lui-même qui est le fabricant... http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-la-psychiatrie-fabrique-des-77654


    • Krokodilo Krokodilo 27 août 2010 19:03

      On se demande bien pourquoi il le cacherait !


    • frugeky 27 août 2010 12:03

      Les deux certificats médicaux justifiant d’un internement à la demande d’un tiers ne sont pas forcémment le fait de psychiatres. Des médecins généralistes peuvent tout à fait remplir le rôle en certifiant que le patient refuse les soins et que son état nécessite une survaillance en milieux spécialisé.
      Une hospitalisation d’office, à la demande du préfet, doit faire référence à un trouble à l’ordre public.
      Dans les deux cas, le psychiatre confirme, ou non, dans les 24h la validité de l’hospitalisation.
      Même si c’est vrai que le psychiatre a de lourdes responsabilités dans l’enfermement de personnes dans le cadre de l’hospitalisation sous contrainte, il y a des règles qui doivent être suivies.


      • coudjouac 27 août 2010 12:52

        Sauf que la réforme à venir va supprimer la référence au trouble à l’ordre public. De plus, déjà aujourd’hui, une « procédure d’urgence » largement utilisée (presque majoritairement) permet de passer outre toutes les règles et d’enfermer l’individu sans le deuxième certificat. C’est une zone de « non-droit » que la psychiatrie exploite largement.


      • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 27 août 2010 14:42

        "Des médecins généralistes peuvent tout à fait remplir le rôle en certifiant que le patient refuse les soins et que son état nécessite une survaillance en milieux spécialisé."

        Je croyais, d’après la Charte du patient hospitalisé, que l’accord du malade était nécessaire pour tout traitement.


      • coudjouac 27 août 2010 15:23

        Le problème c’est que dans ce cas là, la charte n’est pas respectée.


      • Krokodilo Krokodilo 27 août 2010 19:25

        Il y a des exceptions évidentes : coma, fièvre à 41, circonstances où le législateur considère à juste titre que votre jugement est altéré et qu’il est impossible d’obtenir ce fameux consentement éclairé. Par contre, vous êtes libre de refuser l’hospitalisation lors d’un infarctus, ce me semble, tant que vous êtes conscient - ce qui obligerait le médecin urgentiste ou de garde à rester sur place pour vous prodiguer des soins, par déontologie, ou attendre une complication qui vous rendrait inconscient ! Les lois ont du mal à prévoir toutes les circonstances.


      • frugeky 28 août 2010 00:28

        @coudjouac
        c’est faux de dire que l’HDTU est majoritairement ultilisée. Elle est encore moins utilisée que l’HO. Il doit exister des statistiques au niveau national. Vous verrez, si vous en trouvez, que c’est l’HDT qui est majoritaire dans les hospitalisations sous contrainte.

        @senatus
        vous avez raison à propos de la charte du patient hospitalisé et de sa libre acceptation aux traitements. Comment faire ? Peut-être déposer un recours devant le conseil constitutionnel ou autre juridiction, je ne sais pas. Mais je sais que certaines personnes délirantes, bouffées par l’angoisse ou en état maniaque ont besoin de soins et qu’ils sont rarement d’accord sur ceux-ci.


      • gvh 27 août 2010 14:42

        La personne qui a rédigé cet « article » fait partie de l’église de scientologie. Cette secte, depuis sa fondation par quelqu’un qui voyait des soucoupes volantes, mène une guerre sans merci et sans aucune bonne foi contre la psychiatrie. A nouveau nous avons affaire au pâté d’alouette scientologue : une petite vérité de la taille d’une alouette et un cheval de mensonges et de mauvaise foi.

        Le problème de la liberté qui se pose avec acuité depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir ne dépend pas des psychiatres qui n’ont pas voulu cette remise en cause du système législatif actuel. Cette évolution comporte des aspects dangereux mais il faudrait en discuter sérieusement et de façon non partisane. Un scientologue qui recrute pour sa secte est la personne la moins bien placée pour cela.


        • coudjouac 27 août 2010 15:27

          T’as lu l’article ? Toi qui en est à ton 2ème commentaire depuis 2008 ? L’article n’est pas partisan, il soulève un réel problème constitutionnel.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 27 août 2010 15:38

          gvh,

          La scientologie n’a pas fait que voir des ovnis, elle a aussi soulevé ces questions :

          « Choyées par le dictateur allemand Bismarck, puis par Hitler et les nazis, la psychiatrie et la psychologie ont servi de bases philosophiques aux massacres généralisés de la Première et de la Seconde guerre mondiale. La psychiatrie utilise les electrochocs la psychochirurgie, qui constitue à mutiler le cerveau, et les médicaments psychotropes. Elle détruit les gens pour les rendre « dociles et calmes », en prétendant qu’il s’agit là de « traitements médicaux ». L’église condamne les traitements psychiatriques qui reviennent à faire de la boucherie sur des êtres humains et à détruire irrémédiablement leurs facultés mentales. Les scientologues essaient de construire un monde sans guerre, sans démence et sans criminalité. Le psychiatre cherche à créer un monde dans lequel l’homme serait réduit à l’état de robot végétatif et drogué, rendu ainsi plus facile à contrôler. Les scientologues ne pensent pas que les psychiatres devraient dire à leurs patients ce qui, à leur avis, ne va pas chez eux. Cette façon de procéder introduit des mensonges, ou des opinions qui ne sont pas vraies pour l’individu, violant ainsi son intégrité. Les scientologues sont convaincus que l’individu devrait découvrir lui-même la source de ses problèmes, car cela restaure son aptitude à améliorer sa vie et son environnement. La Scientologie et la psychiatrie seront toujours en désaccord. La Scientologie est une religion et considère l’homme comme un être spirituel, alors que les psychiatres le voient comme un animal. La psychiatrie s’oppose farouchement à toutes les religions parce qu’elle ne reconnaît pas, même vaguement, la nature spirituelle de l’homme. Les scientologues s’opposent énergiquement aux méthodes psychiatriques brutales et destructrices que sont l’internement forcé, l’administration forcée de médicaments à forte dose, les électrochocs, la lobotomie et autres opérations du cerveau. Selon le Credo de l’Eglise de Scientologie, le traitement des maladies d’origine mentale ne devrait pas être admis dans les domaines non religieux. En effet, les thérapies violentes de la psychiatrie engendrent des traumatismes spirituels. Au mieux, la psychiatrie refoule les problèmes de la vie ; au pire, elle cause de graves préjudices, des séquelles irréversibles dans la vie de quelqu’un, voire la mort. »

          En cela, son combat de base était noble avant d’être repris par un organe opportuniste.


        • Clojea CLOJEA 27 août 2010 16:00

          Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, s’est opposé depuis 1950 à la psychiatrie comportementaliste. Que l’on soit d’accord ou pas avec la scientologie, là n’est pas le sujet. La guerre que Hubbard à entrepris contre la psychiatrie est tout à fait louable et nécessaire. Quand on creuse ce qui se passe ou s’est passé dans les HPs, il y a de quoi alimenter les films d’horreurs les plus fous.
          Ne mélangez pas tout. Peu de gens combatte la psychiatrie, souvent par ignorance de cette pseudo science, ou par peur. Mais, cette pseudo science nauséabonde, à détruit trop de gens. Il est temps que cela s’arrête.


        • plancherDesVaches 27 août 2010 16:51

          Il faudra un jour que certains visitent des hopitaux psychiatriques et discutent ouvertement avec des psychiatres.

          Ainsi vous rendrez vous compte que les psychiatres sont médecins et font du mieux qu’ils peuvent avec le peu de moyens dont ils disposent. (s’il y avait de l’argent à gagner, ils auraient tous les moyens du monde...)

          Je vous rappelle aimablement que les traitements de certaines pathologies graves du cerveau humain ont largement évolué depuis quelques décennies.
          Qu’ils ne puissent pas guérir tout le monde, cela s’appelle la Médecine. Qui ne peut pas encore guérir tout le monde. Manque de bol...

          Mais que la Scientologie récupére un débat style identité française ou port de burka ne me surprend pas par la bassesse habituelle.
          Les coups tordus sont les meilleurs, parait-il...


        • Clojea CLOJEA 27 août 2010 18:12

          @ Plancherdesvaches : Pas de bol, cher monsieur, mais j’ai visité des HPs et j’ai enquêté sur les psychiatres. Pourquoi ? Parce qu’une personne de ma famille est tombé dans les mains de ces charlatans et elle en est morte. Pas content je suis. C’était il y a 30 ans en arrière et j’ai toujours pas avalé la pilule. Oh bien sur, d’un point de vue académique, quelques uns diront ils sont morts pour la science. Quelle connerie. Si encore les morts de la pyschiatrie avaient fait avancer les choses. Mais non. Que des paroles. Ces charlatans ne font toujours pas avancer les chose en matière de guérison mentale. Les techniques ont justes évoluées. Avant ils tuaient par les lobotomies, leucotomies, chocs à l’insuline. Aujourd’hui ils tuent avec les anti dépresseurs. Fantastique.
          Psychiatrie = escroquerie


        • Roseau Roseau 27 août 2010 18:13

          Moi, c’est qu’un psy continue de prétendre que la psychiatrie fait « du mieux qu’elle peut avec les moyens qu’elle a » qui ne m’étonne pas vu leur bassesse habituelle. Toujours à réclamer du pognon pour une pseudo science. Avec plus d’argent, il y aurait plus de morts, c’est tout...


        • Clojea CLOJEA 27 août 2010 15:28

          La Psychiatrie a tué beaucoup de gens par le passé. Electrochocs, chocs à l’insuline, lobotomies, leucotomies. Super palmarès. Statistique de guérison ? Néant.
          Interessant paradoxe. On a affaire à une pseudo science qui devrait guérir les gens de la souffrance mentale, mais qui en fait a tuée des gens et continue à le faire.
          La psychiatrie est a bannir
          Merci à l’auteur


          • Krokodilo Krokodilo 27 août 2010 19:07

            Si vous avez des lumières sur le :moyen de guérir les maladies mentales, faites-en part, c’est le prix Nobel de médecine assuré, et la gloire éternelle.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 27 août 2010 15:34

            Bonjour,

            « déresponsabilisation des personnes atteintes d’abolition du discernement » si nous savions exactement les forces en mouvement que nous conduisons sur la route, nous resterions sur le bas coté. L’ensemble des lois quotidiennes participent un peu plus chaque jour à nous déresponsabiliser. D’où le besoin imminent de cette loi dont vous parlez.

            André Prévot disait ceci : « celui qui écoute sa conscience ne tarde pas à entrer en conflit avec la société. » en effet, dès qu’on prend un peu de recul sur les évènements, on ne tarde pas à voir la folie sociale généralisée.

            Il disait aussi ceci : « la raison fait les sages et la folie les héros  » Notre actualité sur la tête de l’État lui donne grandement raison. Et quand on pense que c’est lui qui ordonne...


            • plancherDesVaches 27 août 2010 16:05

              Monsieur Eric Roux.

              Il serait étonnant que vous répondiez à ma question, mais... peut-être.

              Etes-vous psychologue.. ???


              • plancherDesVaches 27 août 2010 16:08

                Outch, je viens d’aller voir votre site.

                VOUS ETES DONC SCIENTOLOGUE !

                OK, je diffuse.


              • Krokodilo Krokodilo 27 août 2010 19:11

                Quand je pense qu’à cause de notre gouvernement et des députés ayant préparé les modifications législatives, on a perdu l’occasion de virer cette secte de France...


              • Clojea CLOJEA 27 août 2010 19:21

                @ Krokodilo : Seriez pas un tantinet réactionnaire ? En démocratie, et dans le pays qui se targue d’être le pays des droits de l’homme, pourquoi la Scientologie n’aurait elle pas le droit d’exister ? Serait elle anti constitutionnelle ? Non alors, elle a le droit d’être là et d’avoir pignon sur rue. Que vous soyez contre la Scientologie, c’est votre droit le plus absolu, mais ce n’est pas suffisant pour qu’elle soit rayée de la carte. Si on devait rayer d’un paysage tout ce qu’on n’aime pas, il n’y aurait plus grand chose....


              • Krokodilo Krokodilo 28 août 2010 13:10

                Dans le procès de Lyon, c’est la disparition de deux tomes du dossier (jamais élucidée...) à l’intérieur du palais de justice qui vous a sauvés d’une condamnation probable au vu des charges et témoignages, de même que récemment à Paris c’est la « malencontreuse » gaffe d’un député d ela commission des lois, (d’après lui il ne se serait pas aperçu des conséquences juiridiques des modifications), qui a empêché une interdiction totale - laquelle était possible et assez probable, toujours au vu du dossier. A la différence des religions, la Scientologie isole la victime du milieu d’origine et la ruine - à l’exception des stars, en quelque sorte utilisées comme vitrine publicitaire et recruteurs.
                Dernier exemple en date, les révélations sur la fille de Kubrick , dans 20 minutes


              • Eric Roux Eric Roux 28 août 2010 14:13

                Encore une fois tout faux Kroko. Aucun dossier disparu dans l’affaire de Lyon. Vous confondez avec une affaire débutée à Paris en 1989, dans laquelle l’affaire des dossiers disparus, si elle n’a pas été « élucidée » (comme beaucoup d’affaires ayant trait aux greffes) a tout de même conduit la justice à innocenter complètement les scientologues, alors que l’état a été condamné à verser une importante somme pour faute lourde à l’égard des scientologues. Scientologues qui dans cette affaire ont été totalement blanchis malgré 21 ans d’acharnement judiciaire (3 non lieux successifs, confirmés d’ailleurs cette année par la Cour de cassation, mettant fin à 21 ans de procédure abusive).


                Quant à la plus récente affaire dont vous parlez, vous avez encore tout faux, puisque le tribunal aurait pu, s’il l’avait voulu et nonobstant toute modification legislative, prononcer une interdiction (à ne pas confondre avec la dissolution), ce qu’il n’a pas fait, ce qui montre bien que la dissolution était plus qu’improbable et n’était qu’un coup de bluff médiatique orchestré par la Miviludes.

                Ceci dit, vous feriez mieux de vous en tenir à commenter l’article au lieu de tenter quelques attaques personnelles mal senties. Que pensez-vous de la réforme à venir ?

              • Krokodilo Krokodilo 29 août 2010 20:24

                Hors-sujet peut-être, mais je vous signale que je vous répondais : « pourquoi la Scientologie n’aurait elle pas le droit d’exister ? Serait elle anti constitutionnelle ? »
                A l’époque où le psychiatre Abgrall était un peu seul à lutter contre votre secte, les méthodes employées contre lui et contre ceux qui voulaient vous quitter , ou l’avaient fait, s’apparentaient plus aux coups tordus des services secrets qu’aux débats théologiques.

                Ce gouvernement étant une catastrophe, il est probable que sa réforme le soit également si on en juge par tout ce qui a été fait, et défait. Mais il est bon que les lecteurs soient informés qu’Agora vox sert de tribune à votre secte, au travers d’un combat contre la psychiatrie qui ne ^prétend pas à la perfection et reconnaît ses limites ; je n’ai jamais compris la raison de votre acharnement contre cette discipline médicale, peut-être parce que votre structure et votre argumentaire sont eux-mêmes délirants ?


              • Krokodilo Krokodilo 27 août 2010 19:16

                Apparemment, elle a déjà été bien dépouillée ! Même son île semble ne plus lui appartenir depuis que deux avocats malins la lui ont fait transformer en fondation, gérée par eux-mêmes... négociations discrètes et musclées en cours, paraît-il.


              • Louise Louise 27 août 2010 16:19

                Quand une personne est « internée », on crie au scandale...

                Quand un fou est relâché, on crie au scandale...


                • Spip Spip 27 août 2010 17:04

                  Article qui amalgame des situations différentes

                  - 1) Les personnes internées suite à des actes (dangereux pour eux-mêmes ou pour autrui) en Hospitalisation d’Office. C’est d’abord une décision d’ordre public, c’est vrai. S’il y a poursuites au pénal, l’abolition de la responsabilité sera circonscrite au moment des faits, pas avant ni après. D’autre part, la justice est parfaitement au courant puisque c’est elle qui prononce un non-lieu, dans un premier temps.

                  Ceci dit, il y a un vrai débat sur ce principe : si la personne bénéficie d’un non-lieu (à procès) elle est, du coup, privée de la possibilité d’être mise en face de son acte et de ses conséquences. Mais si certains pourraient y être accessibles (état psychotique transitoire, par exemple), d’autres non (psychose chronique installée depuis longtemps) Si la loi le décidait, qui ferait le tri ? Des juges ? Sur quelles compétences ? Des psychiatres ? Vu ce que l’auteur en pense...

                  Actuellement, les services pénitentiaires estiment à 25 % le pourcentage de détenus souffrant de troubles psychiques (préexistants ou acquis) et dépassant donc leurs compétences. Nous nous rapprochons de la situation américaine. On ne peut pas considérer ça comme satisfaisant, encore moins comme un progrès !

                  La psychiatrie n’est pas une science exacte parce qu’elle est une science humaine. Le sujet n’y est pas un objet standard. Quant aux diagnostics, c’est quand même autre chose qu’une « hypothèse », il faut être un peu sérieux.

                  - 2) Les personnes hospitalisées à la demande d’un tiers (HDT), le plus souvent la famille. Là aussi, le débat est ouvert depuis longtemps. Entre celui qui « dérange » le fonctionnement familial (possiblement « fou » lui aussi) et celui qui a besoin réellement de soins alors que son état ne lui permet pas d’y accéder, la palette est large. Là encore, qui fera le tri ? (voir plus haut).

                  L’auteur se place uniquement sur un plan moral et judiciaire. C’est son droit. J’aurais aimé qu’il prennent aussi plus en compte la souffrance psychique des intéressés et leur besoin de soins adaptés. Le lien qu’il met sur « la loi actuellement en discussion » envoie directement sur le site de la CCHD, qui n’est qu’un faux-nez de la Scientologie ! Alors, ignorance ou quoi d’autre ? Son article sur la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires me ferait pencher vers « quoi d’autre » ...


                  • Krokodilo Krokodilo 27 août 2010 19:14

                    Il « oublie » en outre que de nombreux patients psychiatriques sont satisfaits de leur traitement médicamenteux et le prennent volontairement, car ils sentent bien qu’ils sont mieux insérés dans leur famille et dans la société. Ce n’est certes pas une guérison, mais une stabilisation, de même que pour l’hypertension ou le diabète.


                  • voxagora voxagora 27 août 2010 19:30

                    Je reviens faire un tour sur le site, 

                    et effectivement j’ai appris, ce matin après avoir posté mon commentaire,
                    que l’auteur est scientologue.
                    J’avoue avoir un peu frissonné, et me suis demandé si j’aurai réagi
                    à l’article en l’ayant su avant. Je ne sais pas.

                    Mais on peut être réfractaire à la scientologie et d’accord avec l’article.

                    On peut aussi être psychiatre et d’accord avec l’article.


                    • Bobby Bobby 27 août 2010 21:04

                      Bonjour,

                      Je pense qu’une expérience ayant eu lieu il y a une soixantaine d’années, reste tout-à-fait probante sur les enjeux en présence (expériences de Laing-Cooper à Londres et de Bassaglia en Italie), consistant toutes deux à supprimer l’institution hospitalière fermée et à remettre les patients dans leur milieu sociétal. La résultats de ces deux expérience semblables ont été complètement opposés. La première à complètement échoué, la seconde marqué une réussite certaine !

                      On s’est évidemment posé la question de savoir à quoi était du cette différence.

                      La disparité des moyens mis en œuvre, et surtout le milieu social ambiant ont montré sans conteste possible que c’est l’acceptation par l’entourage des comportements plus où moins dérangeants qui est déterminant dans le processus.

                      L« auteur de cet article le souligne assez bien.

                      La zone de non-droit que constitue l’internement psychiatrique ne doit son existence qu’à la passivité de la société dans laquelle ceux-ci existent et à l’incompétence des charlatans à qui on confie des êtres humains...

                       »Vol au dessus d’un nid de coucous« devrait nous faire réfléchir sur ce que nous voulons vraiment : éliminer tous les »improductifs" ? Voilà qui a des relents d’une idéologie déjà vue en 40-45.

                      Notre espoir, serait peut-être de rétablir une permissivité qui nous permettrait d’accepter tout simplement les personnes les plus dérangeantes... notre société actuelle montrant des signes évidents de saturation dans bien des domaines.

                      Bien cordialement


                      • Spip Spip 27 août 2010 22:26

                        @ Bobby

                        Laing, Cooper, Esterton et l’anti-psychiatrie en général se sont plantés en décrétant UN responsable aux problèmes psy, à savoir, en gros, le fonctionnement de la société « contre » un sujet à priori sain.

                        Si Bassaglia a réussi c’est à partir d’une situation locale différente. Dans l’Italie de son époque les hôpitaux psy étaient gérés par le pouvoir municipal, fort (encore aujourd’hui) et confiés souvent à des institutions religieuses.

                        Son plus gros travail a été d’informer le public sur la maladie mentale, de trouver des alternatives à l’extérieur, des appuis politiques et syndicaux, etc. (Trieste était alors une municipalité communiste et lui aussi) et c’est comme ça que Gorizia a pu fermer. S’il avait travaillé dans une ville chrétienne-démocrate, ça ne se serait probablement pas fait.

                        Quand c’est devenu une loi nationale, certaines municipalités ont joué le jeu, d’autres pas... (j’ai eu l’occasion de rencontrer son successeur, il y a quelques années)

                        Pour ce qui est d’un certain niveau d’acceptation du « différent » par le public, un seul drame bien médiatisé (cf. Pau) peut foutre en l’air 20 ans d’efforts sur le sujet et ce n’est pas l’ambiance « tout sécuritaire » actuelle qui va favoriser les ouvertures...


                      • Bobby Bobby 28 août 2010 06:17

                        Très juste ! la précision est utile !

                        Notre contexte actuel va, il faut bien le dire dans le sens exactement contraire !

                        L’américanisation globale que nous subissons y serait-elle pour quelque-chose ?

                        bien cordialement


                      • ddt99 ddt99 27 août 2010 21:15

                        Pour en avoir fait les frais, je peux vous affirmer que vous vous trompez lourdement sur la procédure d’internement, ce que vous décrivez n’est que la théorie des règles imposées, mais en réalité une seule autorité décide, le Préfet ou le Maire, l’aval du premier médecin n’est qu’une simple formalité, qui s’apparente à un certificat de complaisance, et le deuxième n’allant pas à l’encontre de la décision prise par son confrère, et encore moins contre l’arrêté lui-même, même s’il est manifestement irrégulier, ce dernier l’avalise outrageusement, et cela, même si votre comportement est irréprochable, comme le fut le mien.

                        N’ayant rien à me reprocher, j’ai patiemment attendu que cette situation passe, en essayant calmement de convaincre tout le monde de l’erreur commise, mais personne n’écoute un désigné malade mental, vous l’êtes d’office du moment qu’un représentant de l’État le dit.

                        Le premier médecin rencontré a décrit mon comportement comme suit :

                        « Calme coopérant, propos cohérents »

                        Le deuxième médecin rencontré, qui était psychiatre, le décrit comme suit :

                        « Pondéré, propos cohérent »

                        Et tous les procès-verbaux de la police judiciaire attestent de mission terminée sans aucun incident.

                        Aucune dangerosité ni péril imminent n’a été établi ce jour-là.

                        Seule la parole du dénonciateur calomnieux (Maire UMP) et les écrits du Préfet ont fait foi et sa décision a fait loi, et elle s’est imposée à tous les médecins qui eurent à se prononcer.

                        Il n’est nul besoin d’un psychiatre pour autoriser l’internement psychiatrique, la plus part du temps, un simple généraliste fait l’affaire, bien qu’il s’en prévale sur le certificat d’hospitalisation d’office, celui qui m’a fait interner et qui était indexé à l’arrêté, n’était que généraliste, son code ADELI est catégorique sur le sujet, c’est une usurpation de qualité et de titre professionnel, de plus il ne m’a jamais rencontré faisant son certificat à distance en lieu et place du premier médecin rencontré, vu que cette ordonnance était non conforme dans la forme, absence de cachet du praticien et dans le fond, par ses écrits positifs de mon comportement, rappelé ci-dessus, ce document n’est ni plus ni moins qu’un certificat de complaisance, interdite par l’article 28 du code de déontologie médical et réprimé par l’article 441-7 du Code pénal, il fut fait uniquement pour les besoins de la cause et pour régulariser la procédure, c’est aussi un faux en écriture publique, fait pour un usage de faux, réprimé par les articles 441-1 et suivant du Code pénal, et malgré toutes ces illégalités, le tribunal administratif refuse l’annulation de l’arrêté, car s’il le faisait, cet internement devenu illégal ne serait rien d’autre qu’un enlèvement et une séquestration de personne avec usage de la force publique, et de fait tous les protagonistes se verraient renvoyés devant un tribunal pénal.

                        Il n’y a aucune limite à l’arbitraire, toutes les illégalités sont permises à ceux qui ont les rênes du pouvoir.

                        Mais le pire de tout, c’est que lorsque vous faites l’objet d’internement, qu’il soit justifié ou non, vous êtes inscrits dans des fichiers d’aliénés mentaux durant 25 ans, et encore pire que cela tous les membres de votre famille y sont inscrits.

                        Et ne vous croyez pas à l’abri, il ne suffit de pas grand-chose pour que les autorités s’intéressent à vous.

                        En ce qui me concerne, ce fut une incontestable dénonciation calomnieuse, le non-lieu ordonné en ma faveur est catégorique et malgré cela le tribunal administratif refuse l’annulation de cet ignoble arrêté.

                        Si vous voulez en savoir plus, suivez ce lien :

                        http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-france-selective-77726


                        • matthey 27 août 2010 21:25

                          Dur, dur d’être un homme libre quand l’ombre de la psychiatrie vous menace.


                          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 27 août 2010 21:50

                            Le suicide raté pose des problèmes bien différents suivant qu’il est le fait (1) d’un jeune ou d’un adulte en période de maturité, ou (2) d’une personne âgée, malade et isolée.

                            Pourtant, ce deuxième cas se voit parfois traité par une hospitalisation d’office (H.O.) en hôpital psychiatrique départemental, comme si l’individu concerné représentait un danger pour la société.

                            Une hypothèse plausible est qu’un tel individu, bien qu’à la charge de la société, représente une rente pour les médecins et les hôpitaux. D’où l’acharnement thérapeutique à les réanimer malgré leur volonté clairement exprimée par écrit.


                            • frugeky 27 août 2010 23:28

                              Pour ce que j’en voit régulièrement, une personne qui fait une tentative de suicide et qui accepte des soins ne sera pas hospitalisé sous contrainte. Un dépressif, par exemple, qui se rend compte de son état sera en cure libre.
                              Il m’est arrivé il y a peu de temps de rencontrer en service de réanimation une personne qui voulait rentrer directement chez lui après une intoxication médicamenteuse volontaire (IMV). Cette personne a été hospitalisée sous contrainte, par un tiers, donc en HDT (hospitalisation à la demande d’un tiers). Le tiers est le plus souvent un membre de la famille. Pas en HO.
                              Un suicidaire pourra, je pense, être hospitalisé en HO (hospitalisation d’office) si il a fait sa tentative par le gaz, risquant la vie d’autres personnes.


                            • frugeky 27 août 2010 23:32

                              Quant à votre hypothèse de rente, qui n’est pas forcement une hypothèse à écarter à notre époque où on demande à l’hôpital d’être « rentable », une hospitalisation à plein temps en cure libre coûte le même prix qu’une hospitalisation à plein temps sous contrainte.

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