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Accueil du site > Actualités > Société > De la responsabilité politique des juges aux Affaires familiales

De la responsabilité politique des juges aux Affaires familiales

Un sondage CCFD/BVA/La Croix/Europe 1, publié le 12 octobre 2006 dans le quotidien La Croix, montre que la deuxième cause nationale qui paraisse devoir être soutenue en priorité par les Français est ... la défense du droit des enfants.

Bien que classée après la lutte contre l’exclusion et la pauvreté en France, la cause du droit des enfants réunit 47% des suffrages français. Gageons que nos prochains candidats aux présidentielles ne l’oublieront pas. Les responsables associatifs, dont nous sommes, se réjouissent d’une adhésion aussi massive. Pourtant, le principe de réalité, fait d’expérience de terrain et de réflexion sur les chiffres, nous laisse pantois.

Quand on sait qu’un tiers de la population adulte de notre pays est directement concernée par les problèmes de séparation ou de divorce, quand on connaît les lourdes conséquences de ces séparations sur la vie des enfants et la façon dont ces enfants sont traités par la Justice française, on se dit que l’on ne parle pas tous de la même chose, à l’évocation de la défense du droit des enfants. Y a-t-il un quiproquo ?

Il ne fait aucun doute que la médiatisation de l’affaire d’Outreau et les reportages télévisés sur la prostitution des enfants à l’étranger ont sensibilisé les Français aux droits des enfants. Les médias, et la télévision en particulier, attisent l’émotion pour capter l’intérêt du public qui s’engouffre dans cette brèche, tant et si bien que tout ce qui n’est pas fortement médiatisé est ignoré par la collectivité. Pourtant, chacune et chacun de nous connaît dans son entourage des histoires de divorce qui ont mal tourné, des enfants qui pleurent et des parents qui souffrent. On en parle entre amis, au travail ou en famille, mais d’une façon qui signifie que cela est exceptionnel, qu’en réalité, dans la plupart des cas, cela ne se passe comme cela, la Justice est là, et ce n’est pas parce qu’un magistrat a pris une décision aberrante qu’il faut généraliser. Bref, à titre individuel, on y croit, mais collectivement, non.

Il est certain que la souffrance des enfants du divorce, à quelques exceptions très dramatiques près, n’est pas médiatisable. Le temps doit faire son travail pour faire la preuve des dégâts occasionnés par la séparation, or seule l’immédiateté se vend bien. De là à approfondir la part que prend l’application des décisions de Justice dans la souffrance de nos enfants, il ne faut pas rêver !

Non, nous ne parlons pas de la même chose, quand nous évoquons le droit des enfants. Les Français pensent inceste, pédophilie et prostitution. On ne saurait les blâmer. Et pourtant, les droits des enfants du divorce sont eux aussi bafoués. Ces enfants sont très nombreux, la liste est malheureusement beaucoup plus longue que ce que croient la majorité de nos concitoyens, par conséquent elle échappe aussi à nos futurs candidats à l’Elysée.

Si demain les Français connaissaient la réelle responsabilité des juges aux Affaires familiales dans l’éviction du droit de nos enfants, leur responsabilité politique serait telle qu’ils ne pourraient plus prendre une décision sans en subir directement toutes les conséquences.


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1 réactions à cet article    


  • (---.---.75.144) 18 octobre 2006 13:43

    votre article a tout naturellement attiré mon attention pour les raisons que l’on imagine ;

    la dernière phrase a tout particulièrement fait écho et j’explique pourquoi :

    action du père de famille pour une demande en divorce où il demande la garde des deux plus jeunes enfants ( deux fillettes, à l’époque 5 et huit ans ) afin de ne pas payer de pension alimentaire.

    Dans les trois mois qui suivent révélations de la fille aînée agée de 22 ans en séjour à l’étranger, relative à des attouchements sur les fesses « prises en mains » et des baisers « adultes » à l’âge de 13 ans.

    Enquête sociale et de gendarmerie, le mari et père reconnaît les actes en les qualifiant de « démarche pédagogique » pour démontrer que mère et fille ne doivent pas s’embrasser sur la bouche ! (sic)...

    Lors d’une audience pour faire restreindre les droits d’hébergement du père, le rapport d’enquête sociale et celui de gendarmerie sur son bureau, le juge demande ironiquement à la mère « mais alors quoi madame, vous imaginez votre mari capable de » tripoter " ses filles ?

    je laisse les commentaires à la sagacité des internautes ...

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