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Accueil du site > Actualités > Société > De Mai 68 à « La journée de la jupe »

De Mai 68 à « La journée de la jupe »

« O rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, n’ai-je donc tant vécu que pour cette sodomie ! »

Sans être laxiste ou démissionnaire et sans tomber dans une démarche alarmiste et vouloir revenir à un ordre ancien du temps du gaullisme historique, il faut bien admettre que le paysage culturel, sociologique et ethnique de la France urbaine et périurbaine a changé depuis quarante ans. De nombreux penseurs, Alain Finkielkraut en tête parle de déclin, de décadence et de pertes de valeurs. Sur ce forum, en particulier, les articles foisonnent sur le thème de l’éducation nationale et ses supposées (ou bien réelles) dérives. D’autres enfermés dans une pensée venue des syndicats d’enseignants refusent d’admettre la moindre contestation de leurs méthodes actuelles de travail et de se remettre en cause et comme tout bons fonctionnaires ils dénient toute part de responsabilité individuelle dans le fiasco actuel. Ils portent le blâme sur « la société inégalitaire », l’incurie des gouvernements successifs en la matière et considèrent les jeunes « inciviques » comme des victimes expiatoires d’une société injuste, pour ne pas dire raciste à leur égard. Il faut raison garder, l’état de l’Education Nationale en France présente certes des lacunes graves, un certain nombre d’élèves restent sur la touche, si ce n’est sur le carreau, en fin d’études, mais un grand nombre, même en banlieue difficile, arrive à s’en tirer et trouve du travail. Péniblement, c’est une évidence, mais ce phénomène touche aussi les fils de bourgeois blancs de nos jours.

Il y a eu de tous temps des débats et des discussions byzantines, des querelles de chapelles, sur l’Education nationale et les méthodes d’enseignement. L’histoire de l’éducation en France est ponctuée de mouvements revendicatifs étudiants, qui existaient déjà à l’Université à la fin du 19ième siècle. Restons donc dans la période la plus récente sans remonter à la guerre d’Algérie, aux bagarres entre extrêmes à la fac d’Assas et encore plus lointain, aux querelles et rixes avec les archers du roi autour de la Sorbonne du temps de François Villon. Les Soubresauts étudiants les plus récents datent de Mai 68, des grèves de 1986 et de la crise du CPE, qui se réclamait encore d’un substrat politique. Que l’on approuve ou non la démarche des jeunes de cette époque, il faut reconnaitre que ces protestations reposaient sur une réflexion élaborée et construite, même si on ne peut méconnaitre les manipulations de la jeunesse par des leaders politiques adultes, si ce n’est chenus, de tous bords.

 

Or, l’exemple historique de Mai 68 ne peut être indéfiniment remis au cœur de débat sur l’éducation avec ses chauds partisans y voyant le summum de la liberté individuelle d’un part et ses farouches détracteurs d’autre part, insistant sur le fait que le laxisme de l’époque, la chienlit, aurait dit de Gaulle serait à l’origine de tous les maux actuels.

La France de 68 était si ce n’est mono ethnique, du moins majoritairement d’origine européenne. Mai 68 fut au niveau des mœurs une révolution sans en avoir l’R, selon le mot des gauchistes, mais une révolution bourgeoise et blanche, récupérée en marche par des leaders syndicalistes dépassés par des prolétaires grévistes. Mais bien que teintée de rouge et de noir, le mouvement fut mené quasi exclusivement par des fils de bourgeois du côté étudiant et lycéen, et par des prolétaires de même origine ethnique du côté ouvrier. Des gens ayant tous ou presque les références culturelles, linguistiques et historiques communes, la différence se faisant surtout au niveau de l’ascension dans l’échelle sociale et du vocabulaire. Si l’on ajoute à cela la croissance des « Trente Glorieuses », un chômage plutôt bas comparativement à nos jours et une émigration faite quasi exclusivement de travailleurs célibataires occupant des postes subalternes mais non touché par le chômage, on comprend facilement que toute comparaison avec la décennie 2000 est impossible.

Ce qui a été considéré par les conservateurs comme une démission collective, un abandon des valeurs, une génuflexion devant une jeunesse rebelle, n’a rien de commun avec les problèmes des banlieues, des jeunes désœuvrés et des ghettos ethniques où règnerait le chômage endémique, le trafic et la délinquance. La France a changé en quarante ans et pas uniquement sa jeunesse. Mais ce qui persiste et s’amplifie est l’absence quasi-totale de responsabilité à tous les échelons de la société française. Jadis réservé aux fonctionnaires, aux politiques et aux syndicats, le credo de l’irresponsabilité s’est étendu à la famille, à l’immigration, à la jeunesse et en fin de compte à presque tout le monde et bien-sûr au corps enseignant. Quand le recours aux droits de l’homme a remplacé le sentiment de justice, de bon sens et de responsabilité individuelle, les droits ont effacés les devoirs. Les devoirs sont actuellement noyés par l’assistanat et remplacés par l’esquive et le sentiment d’impunité. Les soixante-huitards voulaient certes plus de droits, mais du fait de leur éducation et du contexte social, moral et culturel dans lequel ils avaient été élevés, ils concevaient encore avoir des devoirs envers la société. C’est l’éducation petit-bourgeois qu’ils avaient reçu qui fit d’eux des rebelles politisés.

Donc, ce n’est pas les insultes, le ton ordurier et l’attitude provocatrice vis-à-vis du corps enseignant qui pose problème de nos jours, mais l’absence de contenu idéologique, de support intellectuel et politique à la provocation. Ceux qui scandait en 68 comme un slogan « Crève salope, le peuple aura ta peau ! » à tout prof quelque en soit le sexe, avaient une réflexion élaborée, peu importe qu’elle ait été erronée et brouillonne, de type marxiste, maoïste spontanéiste, anarchiste ou gauchiste (à cette époque, seuls les sinistres trotskistes et les Jeunesses Communistes récusaient le langage ordurier). Les jeunes protestataires disaient refuser toute forme de paternalisme, fut-il de bon aloi, et certains de rajouter, surtout de bon aloi et ils repensaient souvent avec prétention le monde et la société. Il n’est donc pas impensable de structurer sa révolte autour de la vulgarité, l’obscénité, l’impudence et l’irrévérence, encore faut-il lui donner un contenu. La réplique récente devenue célèbre, « Elle, boite, elle a du se faire », qui fit couler encre et salive n’est pas un problème en soi, c’est l’absence de revendication structurée qui l’entoure qu’elle soulève. Car le droit de glander et de téléphoner pendant les cours ne repose sur aucun critère de logique, sur aucune introspection et sur aucune revendication sérieuse et positive. Et ce comportement, qui n’a pas à être minimisé ou approuvé, n’a pu avoir eu lieu que du fait de la lâcheté d’individus adultes inféodés à une idéologie de non violence, de tolérance et de consensus. Le caricatural enseignant prêt à tous les renoncements dans « la journée de la jupe » est l’archétype du syndiqué barbu en chemise à carreaux capables de toutes les pires bassesses et compromissions. Paradoxalement, c’est une éducation stricte avec des règles, des interdits et une morale austère qui a permis l’éclosion des plus grands anarchistes. Car on ne peut se rebeller contre le vide et le néant. Et même un nihiliste pour exister a besoin d’une société répressive pour pouvoir s’exprimer pleinement.

Alors qu’on envisage d’interdire la fessée au niveau privé et familial par décret, on ne peut plus concevoir une paire de baffe en réponse à ce qu’on appelle pudiquement une incivilité à l’école. Mais depuis, la déresponsabilisation s’est installée à tous les niveaux. Un enseignant écologiste avec sa sacoche de cuir avachie ou un socialisant (dans le mauvais sens du terme), qui croit au principe de précaution et déblatère sur « les talents de cité » ne peut que baisser la tête devant un « petit con » qui fait le bravache. Et si ce « petit con » n’est pas d’origine française, même s’il en a la nationalité, l’enseignant fermera le bec de peur d’être assimilé à un raciste. Comme l’administration est frileuse et muselée par des principes qu’elle a elle-même édictés, l’enseignant sait qu’il ne pourra en obtenir aucun soutien de sa hiérarchie, alors qu’il aura tous les syndicats derrière lui s’il abuse des arrêts de travail ou participe à des revendications purement corporatistes de vestiaire ou de prise en compte de la formation sur le temps de travail.

Les jeunes « branleurs » qui polluent l’école ont leur part de responsabilité, leurs familles aussi, il ne faut en aucun cas les disculper. Mais les politiques, les services sociaux, le corps enseignant et le Ministère de l’éducation ont aussi une grande implication dans cette foire ridicule. On peut comprendre, si ce n’est admettre qu’un jeune inculte et immature gâche sa vie et celle de son entourage. On ne peut admettre par contre que toute une institution et au delà toute une partie de la société se laisse mener par le bout du nez par quelques inconscients qui rentreraient dans le rang avec seulement quelques coups de pieds au cul. Il y avait jadis un « Contrat social » entre l’enseignant et l’enseigné avec l’Etat comme médiateur. Ce contrat est devenu caduque, il faut en redéfinir les nouvelles clauses prenant en compte le contexte actuel sans pour autant réinventer la roue. Ce n’est pas le retour à l’ordre moral qui est souhaitable, mais celui du courage, de l’éthique professionnelle et du simple bon sens. Inutile de blâmer Nadine Morano ses relents prolétariens et ses petites phrases. Car un jeune, arabe ou non, musulman ou non, qui porte des Nike, une casquette à l’envers, qui parle le verlan des cités et se déplace avec la démarche ondulante d’un maquereau (la fameuse pimp walk américaine), ne trouvera jamais de travail, même auprès du patron le moins raciste, sauf s’il se cantonne à livreur de pizza. Et c’est probablement là où l’école est la plus déficiente. En revanche, un élève connaissant ses classiques et à l’aise avec le subjonctif déclamant : « Que voulez vous qu’il fit contre trois ?, Qu’il l’enculât !  », ça a tout de même beaucoup plus de gueule que les borborygmes d’un jeune peigne-cul inculte dans un collège de zone d’éducation prioritaire.

 

PS : Spécial remerciement à Paul Villach pour avoir inspiré mes ratiocinations non élégiaques.


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22 réactions à cet article    


  • non667 26 décembre 2009 19:59

    à chantemerle
    vous molissez ! après réac vous avez oublié facho, nazi ,négationniste ...


  • finael finael 25 décembre 2009 14:00

    Je fis partie des jeunes bourgeois de 68 et je ne peux qu’être en accord avec vous.

    Le problème, le grand problème, de la déresponsabilisation généralisée est, peut-être, ce qui provoque et provoquera encore, la fragilisation de notre société, voire son écroulement.

    C’est un phénomène complexe, en cours, et qu’il est donc difficile d’analyser à chaud. Ce n’est pas, à mon avis, le seul fait de l’état, il favorise trop les plus puissants pour que ce soit un hasard.

    Non pas que j’imagine un quelconque « complot », mais bien une convergence d’intérêts,


    • Georges Yang 25 décembre 2009 16:13

      Finael
      Disons que les jeunes gens avec une bonne education qui se comportaient sciemment comme des porcs ont ete remplaces par des porcs sans education>


    • Georges Yang 25 décembre 2009 16:09

      Reneve, je vous ai connu plus en inspiration ! J’attendais votre commentaire sur le terme de peigne-cul


    • Georges Yang 26 décembre 2009 08:55

      Mais avez vous lu que je disais que c’etait mieux avant !
      J’ecris simplement que coller la responsabilite du fiasco d’une partie de l’education nationale sur ,mai 68 n’est pas realiste>
      Quant a ma prose et mes digressions linguistiques, je ne vous ai jamais demande de les apprecier>
      L’obscenite est pour moi un mode d’expression qui se justifie si elle repose sur une base culturelle et une reflexion> Relisez, si vous en avez le temps, mes textes ne sont pas une juxtaposition de mots crus, is servent seulement de ponctuation>


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 décembre 2009 19:10

      Philippe,
       Je ne connais pas votre âge. Votre « A propos » est vraiment très ou trop peu loquace dans ce domaine. Peut-être l’age de vos orchidées.
       Probablement, vous ne pourriez juger de « Hier, c’était mieux » ou non.
       C’est ça qu’on appelle l’expérience : le nombre de bleus que l’on rencontre dans les différentes époques.
       Non, je dirais « hier, c’était mon mauvais »
       J’espère que vous saisissez la nuance.
       La situation des adultes, car il ne faut pas l’oublier influence sur leur progéniture, était elle complètement différente.
       Si vous voulez, je vous en parle au prochain numéro.
       


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 décembre 2009 19:27

      @L’auteur,
       Je n’ai que très peu à ajouter. Tout est bien dit. J’ai fait partie de l’époque 68, mais à partir de la Belgique. Etudiant, à cette époque, j’aurais pu aussi passer à la formule « Interdire d’interdire ».
       Pourtant, je n’y suis pas passé. Je n’avais pas eu probablement, les push familiaux nécessaires. La discipline, on s’en était fait une raison et on savait où subsistait le devoir face au pouvoir. Pas question de dire des insanités aux profs.
       Autre époque. Les familles se sont disloquées. Chaque membre au boulot, vivant sa propre vie, sa propre carrière. Le féminisme, il faut bien l’avouer, y était pour quelque chose.
       Les heures aux boulots ont divisés les timings. Nous avions peut-être la rue. Par facilité, les parents laissèrent la bride sur le cou à leurs enfants et déjà très jeunes. On ne mange plus ensemble, on ne fait plus les mêmes activités ensemble.

       Paul n’était pas d’accord de diviser enseignement et instruction. Ce n’est pas un ministère de l’Enseignement mais un ministère de l’Instruction dont il faudrait parler. Pourtant dans cette différence, tout y est.
       


      • PUCK 25 décembre 2009 23:47

        Comme cela fait plaisir de lire cet article ,bien écrit et spirituel de surcroit !
        Il est évident que ,plus on prend de l’age ,plus on pense que « c’était mieux avant » ,car ,avant ,on avait 20 ,30 ,ou 40 ans ,on avait la jambe légère et on pensait encore que le monde était à nous . Mais ,pour justes qu’elles soient ,vos réflexions sur l’absence de but ,d’idéologie de notre jeunesse en général (non ,pas toute ) et de nos « chances pour la France »en particulier , ne touchent qu’à l’écume du problème .
        Nos jeunes avachis sont ,depuis 2000 environ ,et ,sans doute un peu avant ,travaillés dans l’ombre ,de moins en moins épaisse ,par des groupuscules anarchistes et des intégristes qui ne cherchent qu’à provoquer l’étincelle qui déchainera la guerilla urbaine . Voyez le nombre de dépots d’armes pillés ,voyez les grandes émeutes de ces dernières années et les « incidents » de Poitiers où il y a eu tirs .

        Nos ministres de l’intérieur marchent sur des oeufs pour ne pas déclencher cette étincelle , mais ,qu’ils prennent garde au moment où il ne faudra pas reculer trop loin .


        • Georges Yang 26 décembre 2009 08:48

          Relisez, je n’ai jamais dit que c’etait mieux avant> J’ai subi toute ma jeuneesse le carcan moral et tristounet du gaullisme>
          Et j’ai apprecie l’evolution des moeurs> Cela dit, il faudrait etre irrealiste pour considerer l’epoque actuelle comme ideale, et surtout au niveau de l’education>


        • Brath-z Brath-z 26 décembre 2009 01:19

          C’est marrant, ça, vous estimez que la jeunesse des années 1960 (votre jeunesse, apparemment) était politisée alors que la plupart de mes connaissances qui ont vécu ces « heures de gloire » de mai 68 m’ont tous raconté qu’à l’époque, la politique, les idées, les idéaux, tout le monde s’en foutait, que les jeunes n’avaient aucune vision du monde, que tous ces verbiages ânonnés par des dizaines, des centaines, de « jeunes » n’avaient que deux finalités : draguer et être à la mode. Mon expérience personnelle à l’université m’incite à penser que ça n’a pas peut-être pas changé. Peut-être l’encadrement militant s’est-il accru (sur certains campus, l’hégémonie de la LCR/NPA en matière d’engagement politique fait peur), ce qui fait que l’ambiance fait moins « joyeux bordel de l’enfant pourri-gâté » que durant l’ère gaullienne, mais les différences ne me semblent pas tellement flagrantes.


          • activista/// Activista 26 décembre 2009 01:29

            J’ai bien ri à la lecture de votre « sinistres trotskystes » ...
            De comiques à pathétiques je leur trouve beaucoup de qualificatifs mais « sinistres » ?!
            Merci pour ce moment de rire.


            • captroy 26 décembre 2009 08:23

              Je voudrais qu’on m’explique : 

              Pourquoi 95% des jeunes des banlieues ont des difficultés dans leurs études puis ont des problèmes discrimination pour trouver un travail...
              et Pourquoi 95% des jeunes filles des mêmes banlieues font des études qui aboutissent le plus souvent a un diplôme, et trouvent ensuite un travail sans trop de difficulté

              • Georges Yang 26 décembre 2009 08:58

                relisez mon article sur les origines du racisme et vous y trouverez peut etre une piste


              • sisyphe sisyphe 26 décembre 2009 09:17

                . Et ce comportement, qui n’a pas à être minimisé ou approuvé, n’a pu avoir eu lieu que du fait de la lâcheté d’individus adultes inféodés à une idéologie de non violence, de tolérance et de consensus. Le caricatural enseignant prêt à tous les renoncements dans « la journée de la jupe » est l’archétype du syndiqué barbu en chemise à carreaux capables de toutes les pires bassesses et compromissions.

                Yang a sorti la boite à clichés jaunis, pour trouver les causes des problèmes de l’éducation, de la jeunesse, et du chômage.
                Les nouveaux boucs émissaires de la non-pensance : idéologie de non-violence, tolérance, consensus, syndiqué barbu, et, un peu plus haut, l’inévitable écolo.

                Un abime de poncifs qui s’évite toute analyse un peu sérieuse sur : le démantèlement de l’éducation nationale, avec la suppression de dizaines de milliers de postes, l’individualisation forcenée de la société de consommation, la rupture des liens sociaux, l’explosion du chômage, l’extension de la paupérisation, l’absence de toute perspective d’avenir pour une grande partie d’une jeunesse exclue, le phénomène des bandes lié à l’oisiveté, au communautarisme, à la désespérance sociale, la marchandisation forcenée du monde, etc, etc....

                La nouvelle non-pensance a remplacé la sociologie par la morphopsychologie, et l’analyse par l’agitation de marionnettes en guise d’épouvantails.

                Comme quoi, ça fait belle lurette que l’école produit des sous-culturés ; ils se décomplexent aujourd’hui, grâce à la droite triomphante.

                Pas grave ; comme dit l’autre, le curé sera toujours meilleur pour l’éducation que l’instituteur..


                • Fergus Fergus 26 décembre 2009 09:36

                  Bonjour, Georges.

                  J’ai bien apprécié cet article sur les dérives comportementales des jeunes, particulièrement dans les collèges et lycées. Et si l’on constate en effet une démission des acteurs éducatifs, que ce soit dans les familles ou le milieu scolaire, force est de reconnaître, comme vous le faites, que les principales carences sont à mettre sur le compte des politiques. Car ce sont eux qui, en créant les concentrations populaires, puis en faisant en quelque sorte la part du feu (abandonner ces cités à leur sort) pour des raisons essentiellement budgétaires, ont jeté les bases des dérives actuelles. Cela dit, je suis quand même d’accord avec Captroy lorsqu’il souligne que, malgré l’abandon des territoires à problèmes, les filles réussissent quand même à s’en tirer massivement là où les garçons plongent dans l’oisiveté et les trafics, encouragés par la notoriété de quelques caïds ou repliés sur un fondamentalisme religieux mal digéré. Il faut à l’évidence TOUT REVOIR et EN URGENCE.

                  Autre sujet, clin d’oeil à Don Diègue (e
                  xtrait d’un article que j’ai publié sur AgoraVox en janvier 2009 (Plaisir d’amour… plaisir d’écrire…) :

                  O rage, ô désespoir, ô faiblesse ennemie !
                  N’ai-je donc tant bandé que pour cette infamie ?
                  Que pour voir tout à coup, sous mon œil horrifié,
                  Au moment de conclure, mon pénis retomber ?
                  Ce zob qu’avec envie toutes les femmes admirent,
                  Ce zob qui tant de fois leur tira des soupirs,
                  Tant de fois suscita le plaisir et l’émoi,
                  Trahit donc mon désir et ne fait rien pour moi ?




                  • Georges Yang 26 décembre 2009 15:59

                    Attention Fergus, votre petite parodie de Corneille va vous attirer les foudres de Reneve>
                    Bonne annee


                  • L'enfoiré L’enfoiré 26 décembre 2009 19:04

                    Salut Fergus,

                     Le rappel de votre article m’y a replongé et j’y retrouvé le même plaisir.

                     Tout revoir et en urgence ?
                     Mais par quel bout le prendre ? Un véritable retour aux sources de la genèse... je rigole...
                     Les filles réussissent mieux que les garçons, dites-vous. Je crois que c’est une question de motivation et d’obligation. Une fille a une légère avance de maturité, aussi. Le machisme, c’est au masculin, non ?
                     Les caïds et les bandes au féminin, c’est plus rare.
                     


                  • kitamissa kitamissa 26 décembre 2009 11:00

                    très bon article ....qui démontre également la lâcheté de nos gouvernements,la démission de beaucoup de parents,la désacralisation de la fontion des enseignants ...

                    lorsque après 68 ,on a commencé à voir des profs devenir débraillés,à l’aspect douteux,et même tutoyant les élèves parce que ça faisait « dans le vent ou in » comme on disait à l’époque,parce que l’allure propre et correcte faisait petit bourgeois ....les élèves ont tout de suite compris qu’ils avaient gagné,que les slogans tels « qu’il est interdit d’interdire » étaient la règle,et cette confusion s’est amplifiée au point que tous les repaires ont disparu !

                    ne parlons pas de droits et de devoirs ,ils n’ont plus retenu que la notion de droit,« enfin voyons...le devoir,c’est pour les cons ou les exploités !.... »

                    en résumé,les institutions se sont fait bouffer !

                    pour venir au fait que dans les cités à problèmes,les filles réussissent mieux que les garçons,il y a la raison de la maturité et du sens des responsabilités plus marquées chez les filles ,les gars voulant jouer au rebelle et à celui qui n’a pas besoin de travailler pour bien faire voir que c’est lui le Caid ,et la bande de moutons admiratifs de celui qui vit d’expédients et roule en BMW ,met du rap à fond de sono,avec la bénediction des prêcheurs Salafistes heureux d’avoir un vivier de futurs embrigadés à porté de main ,qui au nom du prophète écriront sur les murs « Français on vous nique tous ! »avant de filer direction l’Afghanistan pour grossir la bande de futurs martyrs prêts au sacrifice suprême récompensé par 70 vierges au paradis !

                    mais bon,on a gagné la société qu’on mérite n’est ce pas ? on tend la main,puis la joue,et enfin le cul !


                    • Emile Mourey Emile Mourey 26 décembre 2009 12:19

                      @ Georges Yang

                      Pour moi qui me suis trouvé plutôt de l’autre côté des manifestations de 68 - disons en réserve éventuelle d’intervention militaire mais surtout pour pallier aux conséquences d’une grève politique/bras de fer dont on pouvait à juste raison s’inquiéter - merci pour votre article qui me permet de me refaire une plus juste opinion avec le recul.

                      A tort ou à raison, le militaire considère l’agitation universitaire un peu comme des gamineries qu’il suffit de laisser s’éteindre d’elles-mêmes. Il n’en est pas de même pour une économie qui s’arrête aussi longtemps.

                      Mais le plus étonnant dans cette affaire, c’est la démission d’autorité qui a suivi à partir du haut, et je dis bien : à partir du haut. Je peux en parler en connaissance de cause, mon épouse ayant été professeur et témoin de cette dégradation. Je citerai seulement un exemple.

                      Un jour, en sortant de classe, un élève difficile lui a jeté son foulard sur la tête sans raison. Cet élève dont l’instabilité pouvait avoir plusieurs causes (drogue probablement ) lui pourrissait sa classe. Réaction de la directrice de l’établissement : « il faut tenir votre classe. Drogue ? Comment ça ? Il n’y a pas de drogue dans mon établissement ! ».

                      Pendant ce temps-là, je disais à mes chefs de section du Centre d’instruction de Chalon-sur-Saône : « Statistiquement, dans chacune de vos sections, vous recevrez deux recrues qui vont vous embêter. Détectez-les et envoyez-les-moi ! ». Une fois sur deux, il y avait à la source un problème familial ou social. Une franche explication dans le cadre des possibilités de la loi, et le problème était résolu. Pour les autres, c’était la sanction et la possibilité d’un nouveau départ.

                      Voilà, il n’y a pas de mystère. A cette époque, vers 1976, mal vu était le professeur qui soulevait un problème. Mieux valait être « gentil et tolérant » avec les élèves pour qu’ils ne se vengent pas d’un professeur trop sévère lors d’une journée d’inspection (oui, les enfants sont méchants). Mais moi, je sais que vivent aujourd’hui, en France, plusieurs dizaines d’immigrés auxquels mon épouse aujourd’hui décédée a appris à bien parler le français.


                      • PUCK 26 décembre 2009 17:14

                        En 1976 ,dites vous ? juste un peu plus tard ,une de mes filles ,en terminale ,a montré quelques symptomes d’agitation . Evoluant dans un milieu médical ,j’en ai vite décelé l’origine et j’ai aussi vite réagi en enquètant sur son milieu scolaire et amical . Elle m’a avoué que la drogue entrait facilement au lycée ,que certains étaient déjà à l’héro ,et que personne ne réagissait .J’ai prévenu quelques parents :sursauts horrifiés et ...rien .
                        Je suis allée voir la proviseure qui m’a éconduite sèchement en niant totalement le problème.
                        Heureusement ,à cette époque ,j’avais le bras suffisamment long pour alerter les stups qui ont fait une razzia au lycée .L’inspection générale a limogé la directrice . La suivante a fait cloturer le lycée et mis une conciergerie,car ,la drogue était introduite par des dealers étrangers au lycée .

                        Bon ,ç’a été peut être un coup de pied dans l’eau ,mais les enfants ont été tranquilles pendant quelques temps .Ceci pour dire que pour un proviseur ,il n’est pas bon du tout pour sa carrière de dire qu’il y a des « problèmes » dans son lycée ,ça ne date pas d’aujourd’hui ,mieux vaut faire l’autruche et ,ça continue ,que croyez vous ?


                      • peace06 26 décembre 2009 12:28

                        Une autre concequence de ce laissé aller général, ... le sort de ces milliers d’eleves qui ne pose aucun probleme en cours et qui essayent desespérement d’aller suivre un parcours scolaire correct... ces jeunes là sont les 1eres victimes de ce système qui favorise les « glandeurs »... nivellement par le bas, peur d’etre considéré comme un « bon eleve »... brimades quotidienne par des bandes de « racailles » et j’en passe ...
                        conclusion, ceux qui veulent s’en sortir sont souvent obligés de se tourner vers le privé... et là... la difference se fait par l’argent !!!
                        à force de voulouir toujours aider ceux qui ne veulent pas faire le moindre effort, on ne fait qu’accentuer les injustices envers ceux qui veulent s’en sortir grace au systeme scolaire et à leur travail !!!
                        Dans les écoles, on depense bien plus pour essayer de sauver 3 ou 4 petits voyous qui sement la panique que pour tous les autres qui essayent de travailler !!!
                        On ne felicite plus celui qui reussi grace à son travail, mais on encourage par des moyens financiers ceux qui acceptent de venir « glander » sur le banc de l’ecole !!!
                        nos enfants souffrent à l’ecole, de ce manque de reconnaissance du mérite... comment expliquer à un enfant, à un jeune adolescent que la seule recompense à ses bonnes notes est de se faire cracher dessus par une bande de voyous ? de se faire traiter d’intello ? .... Quel bel exemple quand un enfant se fait frapper par une de ces bandes et que le proviseur explique aux parents que « demander à ces jeunes de venir faire des excuses » est trop traumatisant pour ces eleves et leurs familles !!! comment enseigner le respect et la justice quand le systeme lui meme est incapable de l’appliquer !!!
                        et parce qu’on cri haut et fort quand on expulse 2 jour un eleve qui n’a rien a faire à l’ecole... on comdamne le reste du college à subir dans le silence l’injustice d’une faute à peine punie ....
                         


                        • PUCK 26 décembre 2009 17:19

                          En effet ,c’est décourageant .
                          Mais ,vous savez peut être que certaines familles font des efforts terribles pour leurs enfants et que mes propres petits enfants ,dans une école privée catholique ont des copains et copines musulmans et pas très argentés .

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