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Accueil du site > Actualités > Société > De notre reporter de guerre en direct du RER

De notre reporter de guerre en direct du RER

Ce mardi 9 février 2010, une énième interruption du trafic ferroviaire ponctue le quotidien des usagers de la ligne A de RER. Son récit est l’occasion de faire un bilan de la situation et des problèmes récurrents sur cette ligne à quelques semaines des élections régionales.

Ce matin, comme tous les matins de la semaine à l’exception du dimanche, je me rends à la gare pour prendre le RER afin d’aller au travail. J’ai prit l’habitude, les incidents et les problèmes y étant fréquents, d’y aller avec un quart d’heure d’avance afin de parer aux problèmes. Aujourd’hui, cette précaution n’a pas suffit. A peine arrivais-je sur le quai que retentit l’annonce suivante : « Mesdames, messieurs, suite à un incident technique survenu en gare de Vincennes, le trafic est interrompu sur la ligne A du RER ». Soupirs et exclamations à répétition sur les quais. Cette annonce fut répétée à quelques minutes d’intervalles pendant une demi-heure. Survint alors une nouvelle annonce : « Mesdames, messieurs, l’incident survenu en gare de Vincennes est terminé, néanmoins le trafic reste perturbé sur l’ensemble de la ligne ». A côté de moi, deux femmes nouvellement arrivées sur le quai discutent : « Encore ? Y en a marre, quoi !/ - Au moins, ils préviennent. » Plus loin, un groupe d’hommes et de femmes râlent : « Ils se foutent de notre gueule ! clame un homme, Ça arrive chaque semaine maintenant ! ». Un de ses interlocuteurs opine avant d’ajouter : « C’est vrai ! On dirait qu’ils le font exprès ! ». Mais l’immense majorité des usagers ne dit rien.

L’annonce suivante (« Mesdames, messieurs, suite à divers problèmes techniques, le trafic est très perturbé sur l’ensemble de la ligne ») sera encore diffusée une heure durant. Elle est cependant accompagnée d’une nouvelle qui nous annonce la mise en place de quatre trains de secours en plus du train régulier de 8h05. Soulagement général. Une femme relativement âgée assise sur un siège en plastique lance à la cantonade « Tout de même ! », tandis que dans le groupe (qui a pendant ce temps continué sa discussion) une femme dit sur un ton indigné : « Plus d’une demi-heure de retard, vous vous rendez compte ? C’est pas acceptable, ça, à la fin ! ».

Arrive le train régulier. Il stationne un certain temps en gare (une annonce explique alors que certaines gares sont littéralement submergées, ce qui oblige certains trains à stationner entre deux gares, et donc ralentit la circulation), mais aucune porte ne s’ouvre. Apparemment, personne n’en descend, et la vue de la masse de corps se pressant sur les parois convainc même les plus téméraires que tenter de monter est inutile. Juste derrière lui, le premier train de secours arrive. Il est déjà bien plein, mais à peu près 3-4 personnes par porte (trois portes par wagon) arrivent à monter. Je ne suis parvenu à l’approcher. Une personne apparemment proche de la suffocation descend. Les portes se referment difficilement (il faut s’y prendre à deux reprises), le train stationne encore trois bonne minutes, puis il part. Moins de cinq minutes plus tard, le deuxième train de secours, tout aussi plein que le premier, arrive en gare. Je parviens à prendre place sur le marchepied, mais faute de place pour entrer dans le wagon, je redescend sur le quai. La même manœuvre que pour le précédent se produit, et le troisième train de secours, placé juste derrière lui, survient. Seulement, il se gare quelques mètres avant (ou après, je ne voyais pas le wagon de tête, là où j’étais) le précédent, du coup ma position, juste à la hauteur d’une porte du train précédent, perd son avantage stratégique. Je me retrouve dans la même situation que pour le premier train de secours, bien que j’ai pu constater qu’un nombre plus important (je dirai vingt par wagons, à peu près) de gens avaient réussi à y entrer. Le dernier train de secours suit de quelques minutes le départ du troisième, et je parviens à y prendre place, avec quasi la totalité des voyageurs présents sur le quai.

Dans le wagon, comme c’était prévisible, nous sommes serrés comme des sardines. Je lisais le Marianne de cette semaine sur le quai, et comme je n’ai pas eu la présence d’esprit de le ranger avant de monter, je le tiens au bout de mon bras gauche, serré le long de mon corps. Je suis pressé contre une barre de maintien sans avoir la possibilité de bouger. Jusqu’à Vincennes, il y a peu de descente et peu de montée.

Dans le wagon, nous ressentons chaque embardée. Une femme d’à peine un mètre cinquante manque se faire écraser par le mouvement, mais fort heureusement, ses voisins ont réussi à former autour d’elle comme une barrière à la marée des corps. Je sais que dans ces conditions, les conducteurs sont tenus de rouler relativement vite, car outre la présence de nombreux trains derrière eux, ils sont chargés de désengorger les quais de la ligne A1 pour en répandre les usagers dans le reste du réseau, ce le plus rapidement possible, pour que le trafic puisse reprendre de manière normale.

A Vincennes, le quai est plus clairsemé et suffisamment de personnes descend pour que, bon an mal an, chacun puisse respirer. Une jeune femme et un jeune homme qui concertaient à côté de moi ont convenu de descendre parce qu’ils ne supportent pas la situation, car ils préfèrent prendre un train avec moins d’affluence, et tant pis pour le retard. Ils sont imités par d’autres personnes. Je parviens même à lire mon journal. Même scénario à Nation.

Je constate que beaucoup de personnes disposés près des portes répugnent à en franchir le seuil et à se placer sur les quais pour permettre à ceux et celles qui veulent descendre de ce faire. N’y voyons pas une quelconque absence de sens civique mais la simple force de l’habitude (cf l’interlude dans la note originale).

Quand j’arrive à Gare de Lyon, ma destination, je constate que le quai est littéralement envahi par une foule compacte. Tant bien que mal, je parviens, avec les nombreux autres usagers qui y descendent, à la traverser (l’espace laissé libre par les personnes sur le quai forme un goulot d’étranglement qui s’achève sur la largeur d’à peine une personne !).

Au final, plus d’une heure dix de retard. 

Quel bilan peut-on tirer de cet épisode ?

    • Tout d’abord, que les incidents sont fréquents sur la ligne A du RER et singulièrement sur la branche A4. La ligne A du RER est la plus dense d’Europe et l’une des plus dense du monde : plus d’un million deux-cent milles usagers (je tiens à ce terme ; lorsque Christian Estrozy lui avait substitué le mot « clients » pour la SNCF, j’avais vu rouge), soit le quart du trafic ferroviaire de la région parisienne (pas loin de 5 millions) et presque la moitié de la circulation sur l’ensemble du RER (environ 2,7 millions). La fréquence des incidents (en certaines périodes, notamment en hiver, ils surviennent plus qu’hebdomadairement) m’amène à penser que les moyens nécessaires pour l’entretien des lignes et des wagons ne sont pas forcément mis à dispositions par la RATP (ou la région, ou l’état, ou RFF, je ne connais pas les attributions de chacun en la matière).

    • Ensuite, qu’il y a une très nette efficacité des personnels de la RATP sur la ligne A à gérer les incidents : régler en une demi-heure un incident grave (les incidents non graves ne sont en général pas même mentionnés) dans une gare assez fréquentée (celle de Vincennes) puis mettre à disposition quatre (quatre !) trains de secours dès le trafic rétabli, ce n’est pas le cas partout (ni sur les autres lignes : voir les récents incidents sur les lignes B et C du RER).

    • Enfin que la grogne populaire semble dirigée sur la RATP et ses salariés (j’en ai entendu qui réclamaient sa privatisation en arguant que cela allait régler le problème ; ça m’a bien fait rire) mais que l’efficacité susmentionnée mise en relation avec l’importance de la tâche à accomplir (transporter 1,2 millions de personnes chaque jour) est généralement ignorée

Or si j’ai entendu quelques fois des candidats aux élections régionales en Île de France aborder le problème les problèmes des services de transport en commun, je n’en ai entendu aucun qui ai ni vanté les mérites des personnels de la ligne A (et franchement, ils méritent la considération de tous les usagers, malgré les lieux communs sur les fonctionnaires, et ceux du rail en particulier) ni proposé de gérer de manière spécifique du reste du réseau cette branche particulièrement fréquentée (presque la moitié de la circulation sur l’ensemble du RER, je le rappelle). Certes, le Francilien et les réseaux de bus permettent en partie de soulager cette ligne, et il est urgent de les développer en leur fournissant plus de moyens, mais il faut garder à l’esprit que ce ne sont pas des structures destinées à servir d’appoint à la ligne A, uniquement à pouvoir la soutenir en cas de problème (ce qui survient souvent, donc).

Cet article est la reprise (interlude non compris) d’une note publiée sur mon blog, disponible à cette adresse : http://elucubrations.de.brath-z.over-blog.com/article-de-notre-reporter-de-guerre-en-direct-du-rer-44579842.html


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24 réactions à cet article    


  • TotoRhino TotoRhino 12 février 2010 14:29

    Et bien voici un article qui me décide (enfin) à m’enregistrer sur le site.

    Je vis également cette situation tous les jours et je suis en total accord avec ce qui est dit. Ce que j’apprécie le plus, c’est cette analyse sensée sur les causes de ces incidents à répétition ; car l’état du réseau en est bien évidemment la principale raison.

    Cela me change des protestations de certains usagers qui font bien souvent un amalgame rapide (et bruyant) entre ces incidents et les grèves des employés de la RATP. Il fait dire que le raccourci est tellement commode.

    Et ils y vont sur la fainéantise de ces employés, invoque une privatisation rapide des transports en commun, etc. J’ose penser que la majorité silencieuse pense différemment.

    Alors à mon tour, je tire mon chapeau à ces employés de le RATP qui subissent également ce stress permanent ; sûr que de travailler dans de telles conditions ne doit pas être des plus motivant.

    Toujours est-il qu’il serait temps que l’on demande des comptes à ces hommes/femmes qui nous gouvernent, cette situation est intolérable. Au lieu de nous monter les uns contre les autres, ils feraient mieux de prendre leurs responsabilités. Mais c’est aussi peut être à nous de les interpeller !


    • Fergus Fergus 13 février 2010 11:18

      Bonjour, Toto-Rhino.

      D’accord avec la tonalité de cet article. Cependant, Brath-z (que je salue également) oublie un aspect important du problème posé aux usagers du RER : les multiples incidents ou dysfonctionnements causés par les voyageurs eux-mêmes : malaises, suicides, usage intempestif des signaux d’alarme et même, phénomène en augmentation, individus sur les voies !

      Et comme l’a souligné l’auteur, les comportements inciviques prennent une large place dans les désagréments causés aux clients du RER, notamment en entraînant des effets d’accordéon très préjudiciables pour le respect des tableaux de marche des trains.


    • vernon s. 12 février 2010 17:07

      Oui, la ligne A est à la limite : les trains sont à touche-touche aux heures de pointe et c’est impressionnant. La seule variable d’ajustement semble aujourd’hui d’augmenter la capacité des trains avec des trains à deux étages. Mais les investissements ne sont pas à la hauteur.


      La ligne B que je pratique aussi tous les jours est en retard un jour sur deux. smiley

      Il y a bien les projets du Grand Paris avec de nouvelles lignes autour de la capitale dont on peut espérer qu’elles vont délester les lignes actuelles. Mais quand tout ceci va-t-il voir le jour ?

      Et comment s’y retrouver entre les différentes strates : le STIF, la RAPT, la SNCF, les nombreuses communes de la région parisienne, Paris, le département, la région, l’Etat...

      Serions-nous dans la paralysie institutionnelle ?

      • Philippe95 12 février 2010 20:01

        Sachez que je ne suis pas le dernier à rouspéter contre « les fainéants de la RATP/de la SNCF ».
        Mais je n’en crois rien, et je suis en fait d’accord avec vous. Je serais curieux de savoir combien parmi les raleurs croient à ce qu’ils disent : Il est évident pour toute personne non aveugle que la plupart des problèmes sont bien causés par du matériel fatigué, quand ce n’est pas à bout de souffle. Le personnel, il fait ce qu’il peut et je crois que la plus grande partie des usagers le sait parfaitement. Mais râler, ça défoule...


        • Charles Martel Charles Martel 12 février 2010 21:02

          4 trains de secours à 8h05 et vous y croyez ? la bonne blague : à deux minutes entre les rames il n’y a aucune possibilité de train supplémentaire à cette heure là.
          C’est simple il suffit d’une mec qui empêche de fermer les portes à chatelet et vous avez direct 30 minutes de retard avec bouchons pour les rames en tête de ligne entrant sur Paris. Le moindre ralentissement crée des bouchons qui n’ont rien à envier à ceux de l’A4.
          Mais c’est pas grave, on continue d’installer les bureaux à l’ouest et les gens à l’est, on continue de pourir la vie des automobilistes.... Les pauvres glandus d’employés qui vont se taper 2 h par jour dans des conditions de merde pour faire 16km dans des rames bondées sales et puantes.

          cette semaine el RER A a fait très fort :
          lundi matin panne de signalisation à Nation : 35min de retard
          mardi matin : interruptiond e trafic, et en find ’après midi un RER branche A4 qu’il a fallu attendre 40 minutes. Oui 40 minutes à 17h pour voir arriver une rame bondée (aucune info évidemment, la rame ayat été annoncée et retardée de 5 minutes toutes les 2 minutes à peu près).
          idem le mercredi.
          jeudi et vendredi matin : « suites à divers incidents le trafic est très perturbé sur la ligne A ». allez hop, on s’arrête tous les 2m et on met 1 heures pour un trajet où il faut 15-20 minutes...

          Voilà la réalité du RER A. Une grosse daube qui rend complètement fou au bout de trois jours. Après on devient un zombie, insensible au reste du monde. L’exception, c’est le RER à l’heure.


          • Asp Explorer Asp Explorer 12 février 2010 21:35

            C’est tellement vrai !

            L’autre jour j’étais à Nanterre Préfecture et j’attendais le train pour Paris. A cette gare, il y a deux voies dans le même sens, situées de part et d’autre du même quai. Il est commun qu’un train stationne plusieurs minutes sur une voie tandis que l’autre passe. Il arrive aussi que deux trains stationnent en même temps, le jeu consiste alors à deviner lequel des deux va partir en premier (ce qui occasionne des courses cocasses). Les habitués savent qu’il est parfaitement inutile de se fier au panneau lumineux qui indique quel train va partir en premier, qui est parfaitement fantaisiste. En revanche, un indicateur marche quasiment à chaque fois : au bout du quai de droite se trouve un feu lumineux fonctionnant à la manière des feux tricolores postés aux carrefours. Si le feu est vert, c’est que le train de droite va partir en premier, dans le cas contraire, c’est le train de gauche.

            Bref, en raison d’un feu vert, je m’étais posté dans le train de droite et, sûr de mon bon droit, j’attendais le départ, quand soudain, le conducteur prend le micro et annonce « ce train est retenu à quai, prochain départ sur l’autre voie ». Aussitôt, tout le train change de quai pour s’entasser dans le train d’en face, où l’on poireaute dans le vent glacé. Jusqu’au moment où l’on entend la sirène résonner... celle du train de droite ! Et tout le train (de gauche) de migrer derechef vers le train de droite en courant comme des possédés et en maudissant la RATP !

            Ah, ils sont taquins...


            • sleeping-zombie 12 février 2010 22:26


              Et tout ça parce qu’une bande d’aristo ont chassés de Paris les travailleurs n’ayant pas les moyens de se payer un appart a 8000€ le m².... pas étonnant que les transports soient engorgés..


              • Charles Martel Charles Martel 13 février 2010 00:13

                aristos ? hmmm bobos et dinks plutôt... y’a le vélib pour eux. le prolo se tape le transport.


              • tSbeNjY tSbeNjY 13 février 2010 10:30

                Vous êtes un Usager (ou usagé ?) de la RATP, mais vous n’êtes pas un client ?

                Vous payez pourtant :
                - votre titre de transport
                - des impôts pour que l’état paie l’équivalent de votre titre de transport
                - de votre personne par l’agression publicitaire omniprésente sur tout le réseau
                - de votre temps de travail (ou de repos) suite aux retards et blocages, et ce sans même parler des grêves.

                Et avec tout ça vous n’êtes pas un client ? Donc vous n’avez pas à vous plaindre qu’on ne vous rende pas le service pour lequel vous avez payé ?

                Je ne parle même pas du fait que la RATP ait argué ne pas avoir d’objectif de rentabilité, sinon je vais m’énerver.

                • Fergus Fergus 13 février 2010 11:26

                  Cette question de vocabulaire a le don de m’irriter beaucoup dans la mesure où le respect des voyageurs n’a strictement rien à voir avec la terminologie.

                  Le commerce est fait de multitudes enseignes où le « client » n’est qu’un cochon de payant qu’il convient d’essorer au maximum.

                  A contrario, les employés des services publics ont toujours eu à coeur de faire pour le mieux au service des... « usagers ». Certains se refusent même, en contradiction avec les directives, à proposer aux voyageurs occasionnels des titres plus juteux pour la direction mais moins adaptés au projet de ces personnes.

                  Mieux vaut un usager bien traité qu’un client maltraité.


                • Cascabel Cascabel 13 février 2010 12:29

                  Usager : un terme de la novlangue destiné à effacer les droits du destinataire d’un service pour lequel il paie.

                  Car je le rapelle, au cas où cela aurait échappé à certains, le service public n’appartient pas aux syndicats mais à la nation. Cela rend d’ailleurs impropre le terme « client » puisque les Français dans leur ensemble sont justement les propriétaires de la SNCF et de la RATP. Or un propriétaire qui se sert de sa propriété s’appelle un « usufruitier » et non un « usager ».
                  http://www.sci-societecivileimmobiliere.com/ckoiusufruit.html

                  .


                • Cascabel Cascabel 13 février 2010 13:02

                  J’oubliais.

                  Si tout Français est usufruitier du patrimoine national, tout passager des transports publics n’est pas forcément un usufruitier ni tout usufruitier un passager. Par exemple un touriste qui emprunte le métro est un client et non un usufruitier, puisque justement il n’est pas Français. En revanche, toute personne qui emprunte les transports est un voyageur ou un passager.

                  L’usager quand à lui est un client ou un usufruitier pris en otage.
                  http://www.youtube.com/watch?v=33ovVKiV6e0


                • Cascabel Cascabel 13 février 2010 14:41

                  Vous affaiblissez forcement une nation si vous lui ôtez sa souveraineté territoriale. Raison pour laquelle la France à toujours, sauf dernièrement, opté pour une politique nationale fondée sur l’unité et non la « diversité ».
                  En ce sens la politique du melting-pot contredit l’esprit de 1789 qui définissait la République une et indivisible dans sa Constitution. Et comme le peuple est souverain, il était impératif de demander l’avis des Français au sujet du regroupement familial, de l’ouverture des frontières et des naturalisations massives.

                  Aujourd’hui on nous dit : « et bien voilà le fait accompli, à présent vous devez faire avec et en plus ce n’est pas grave car vous n’existez pas ! » (La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, selon les mondialistes).

                  On appelle ça la trahison des élites .


                • Fergus Fergus 14 février 2010 09:18

                  Bonjour, Cascabel.

                  Non, « usager » n’est pas un terme de novlangue, mais un mot utilisé quasiment depuis l’origine des transports par les employés des services publics. Un mot noble qui désigne celui qui fait usage d’un service mis à sa disposition.

                  Le mot client a fait son apparition dans les services publics à la fin des années 80, précisément au moment où la logique économique est venue interférer la notion de service pur avant de la polluer en rognant sur la maintenance et en imposant au personnel des comportements de vente contraire à leur éthique de travail au service des personnes transportées. Le mot client est un leurre qui est venu masquer cette réalité commerciale de plus en plus agressive. Un leurre qui qui s’est accompagné d’autres leurres depuis cette époque, telles les chartes de consommation et même certaines démarches qualité qui sont de purs outils marketing visant à faire prendre aux voyageurs les vessies pour des lanternes alors que seule désormais compte la logique économiques.

                  Votre réaction et celle d’autres internautes montre que cette stratégie fonctionne et c’est bien dommage car comme je l’ai écrit plus haut il ne faut pas voir dans le client des transports (cher notamment au très cynique Christian Blanc, ancien patron de la RATP, qui l’a initié dans cette entreprise) autre chose qu’un cochon de payant !


                • Cascabel Cascabel 14 février 2010 11:10

                  @ Fergus

                  Curieuse idée que vous vous faites du client !
                  Pour avoir pris souvent l’avion je peux vous assurer qu’un service privé sait parfaitement respecter le client. Ne dit dit-on pas d’ailleurs « le client est roi ? »
                  Quoi qu’il en soit, pour les raisons que j’ai déjà dit plus haut. je trouve le terme « client » impropre pour l’utilisateur d’un service public.
                  Je ne sais pas depuis quand exactement on parle d’usagers, mais toujours est-il que ce mot cadre bien avec une certaine vision corporatiste. Les usagés bien usés et abusés aimeraient retrouver leur bien et et cesser de payer des sommes exorbitantes pour les intérêts particuliers de quelques uns.
                  D’ailleurs selon vous on nous « offre » un service, alors qu’on ne nous offre rien du tout ! Le « cochon de payeur », comme vous dites, paie grassement la SNCF et la RATP pour ledit service !
                  Malheureusement la rapacité corporatiste finira par tuer le service public et donnera à terme le bon prétexte pour la privatisation. Car le « cochon de payeur » préfèrera peut-être être traité en client qu’en usagé sans défense.
                  Personnellement je trouverais dommage qu’on en arrive là, tout comme je regrette la privatisation de l’énergie mais les abus de pouvoir finissent par tuer la poule aux œufs d’or. Voilà pourquoi les grèves dans un service public, surtout en ce qui concerne les transports, devraient être interdites. De même, au vu la période de vaches maigres que nous traversons, nous devrions revoir à la baisse certains salaires et certains avantages. Cela permettrait d’injecter plus de fonds dans le renouvellement du matériel qui commence, il est vrai, à vieillir et a poser de sérieux problèmes techniques comme on peut le constater.


                • foufouille foufouille 14 février 2010 11:56

                  ". Cela permettrait d’injecter plus de fonds dans le renouvellement du matériel qui commence, il est vrai, à vieillir et a poser de sérieux problèmes techniques comme on peut le constater."

                  comme pour edf........
                  on augmente le salaire des dirigents et on sous traite ou delocalise
                  et traite le client comme un pigeon


                • Fergus Fergus 14 février 2010 16:21

                  @ Cascabel.

                  Le « client » tel qu’il est pratiqué désormais dans la plupart des secteurs ressemble plus à l’idée que s’en font les patrons de Ryanair ou ceux des Peep-Shows qu’à ce que vous décrivez.


                • xavier59000 13 février 2010 11:18

                  Bonjour

                   

                  Je pense que les pouvoirs publics ont pris conscience de l’ampleur du problème, je suis l’une des personnes chargées de construire les rames de RER  A en remplacement et renfort de celles existantes,  les deux premières arriverons en janvier 2011.

                  Quand vous prendrez place dedans n’oublier pas que pour la construction des deux premières rames le délai n’est  que de  16 mois (étude, installation des ateliers et fabrication) hors validation, car le circuit de validation permettant la mise en service va durer 6 mois (de juin a décembre 2010) .Et je vous assure que nous travaillons énormément avec les gens de la RATP pour fournir le matériel au plus vite dans les conditions de sécurité qui sont celles d’un  matériel destinés à transporter des millions de personnes chaque jour.   


                  • TotoRhino TotoRhino 13 février 2010 15:54

                    Merci de cette info, ça nous laisse un peu d’espoir.
                    Mais à mon sens, le problème est plus profond et le goulet d’étranglement du segment Vincennes-Nanterre est à mon sens devenu le problème n°1.
                    On pourrait aussi parler du confort de l’usager, ou plutôt de l’inconfort.
                    Ces rames où les jambes s’entrecroisent sans désir (je crois que c’est le groupe Téléphone qui parlait de coït), ces sièges de fakir, etc.
                    Comment ne pas parler aussi de ces toilettes qui existaient avant dans les train de banlieue et qui ont aujourd’hui disparu alors que les banlieusards habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail ? Seraient-ils tous atteints de blocage urinaire ?
                    Enfin, merci encore à l’auteur de ne pas avoir fait l’amalgame entre l’état « matériel » de cette ligne et le droit de grève ; laissons cette besogne à la TV qui fait ça très bien...


                  • Cascabel Cascabel 13 février 2010 11:53

                    L’auteur parvient à réaliser le tour de force de parler des problèmes de saturation du RER sans jamais, je dis bis JAMAIS, évoquer les mouvements corporatistes, pudiquement appelés « mouvement sociaux » qui provoquent de façon cynique les pires désagréments aux PASSAGERS.

                    Bravo l’artiste !

                    Et comme dit plus haut, le terme « usager » est aussi affreux que révélateur.


                    • Halman Halman 14 février 2010 09:53

                      Je vais surement paraitre très désagréable, mais moi je ne choisis pas un emploi qui me tue dans les transports.

                      Si le trajets est impossible et me détruit la santé, je cherche un job ailleurs.

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