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Déclaration de Ravachol

Voici le discours de François Claudius Kœnigstein, dit Ravachol, surnoms, dont le nom était celui de sa mère. Discours préparé pour sa défense lors de son procès du 21 juin 1892 où il est condamné à mort. Il sera guillotiné le 11 juillet 1892. Certaines sources mentionnent qu’il en a été empêché, d’autres mentionnent qu’il n’a pu le terminer. D’ailleurs je rends hommage à Sieur « Labbé » sans qui jamais je n’aurais connu un discours criant de vérité.

Si je prends la parole, ce n’est pas pour me défendre des actes dont on m’accuse, car seule la société, qui par son organisation met les hommes en lutte continuelle les uns contre les autres, est responsable. 

En effet, ne voit-on pas aujourd’hui dans toutes les classes et dans toutes les fonctions des personnes qui désirent, je ne dirai pas la mort, parce que cela sonne mal à l’oreille, mais le malheur de leurs semblables, si cela peut leur procurer des avantages. Exemple : un patron ne fait-il pas des vœux pour voir un concurrent disparaître ; tous les commerçants en général ne voudraient-ils pas, et cela réciproquement, être seuls à jouir des avantages que peut rapporter ce genre d’occupations ? L’ouvrier sans emploi ne souhaite-t-il pas, pour obtenir du travail, que pour un motif quelconque celui qui est occupé soit rejeté de l’atelier ? Eh bien, dans une société où de pareils faits se produisent on n’a pas à être surpris des actes dans le genre de ceux qu’on me reproche, qui ne sont que la conséquence logique de la lutte pour l’existence que se font les hommes qui, pour vivre, sont obligés d’employer toute espèce de moyen.

Et, puisque chacun est pour soi, celui qui est dans la nécessité n’en est-il pas réduit a penser :

« Eh bien, puisqu’il en est ainsi, je n’ai pas à hésiter, lorsque j’ai faim, à employer les moyens qui sont à ma disposition, au risque de faire des victimes ! Les patrons, lorsqu’ils renvoient des ouvriers, s’inquiètent-ils s’ils vont mourir de faim ? Tous ceux qui ont du superflu s’occupent-ils s’il y a des gens qui manquent des choses nécessaires ? »

Il y en a bien quelques-uns qui donnent des secours, mais ils sont impuissants à soulager tous ceux qui sont dans la nécessité et qui mourront prématurément par suite des privations de toutes sortes, ou volontairement par les suicides de tous genres pour mettre fin à une existence misérable et ne pas avoir à supporter les rigueurs de la faim, les hontes et les humiliations sans nombre, et sans espoir de les voir finir. Ainsi ils ont la famille Hayem et le femme Souhain qui a donné la mort à ses enfants pour ne pas les voir plus longtemps souffrir, et toutes les femmes qui, dans la crainte de ne pas pouvoir nourrir un enfant, n’hésitent pas à compromettre leur santé et leur vie en détruisant dans leur sein le fruit de leurs amours. Et toutes ces choses se passent au milieu de l’abondance de toutes espèces de produits ! On comprendrait que cela ait lieu dans un pays où les produits sont rares, où il y a la famine.

Mais en France, où règne l’abondance, où les boucheries sont bondées de viande, les boulangeries de pain, où les vêtements, la chaussure sont entassés dans les magasins, où il y a des logements inoccupés !

Comment admettre que tout est bien dans la société, quand le contraire se voit d’une façon aussi claire ?

Il y a bien des gens qui plaindront toutes ces victimes, mais qui vous diront qu’ils n’y peuvent rien.

Que chacun se débrouille comme il peut !

Que peut-il faire celui qui manque du nécessaire en travaillant, s’il vient à chômer ? Il n’a qu’à se laisser mourir de faim. Alors on jettera quelques paroles de pitié sur son cadavre.

C’est ce que j’ai voulu laisser à d’autres. J’ai préféré me faire contrebandier, faux monnayeur, voleur, meurtrier et assassin. J’aurais pu mendier : c’est dégradant et lâche et c’est même puni par vos lois qui font un délit de la misère. Si tous les nécessiteux, au lieu d’attendre, prenaient où il y a et par n’importe quel moyen, les satisfaits comprendraient peut-être plus vite qu’il y a danger à vouloir consacrer l’état social actuel, où l’inquiétude est permanente et la vie menacée à chaque instant.

On finira sans doute plus vite par comprendre que les anarchistes ont raison lorsqu’ils disent que pour avoir la tranquillité morale et physique, il faut détruire les causes qui engendrent les crimes et les criminels : ce n’est pas en supprimant celui qui, plutôt que de mourir d’une mort lente par suite des privations qu’il a eues et aurait à supporter, sans espoir de les voir finir, préfère, s’il a un peu d’énergie, prendre violemment ce qui peut lui assurer le bien-être, même au risque de sa mort qui ne peut être qu’un terme à ses souffrances.

Voilà pourquoi j’ai commis les actes que l’on me reproche et qui ne sont que la conséquence logique de l’état barbare d’une société qui ne fait qu’augmenter le nombre de ses victimes par la rigueur de ses lois qui sévissent contre les effets sans jamais toucher aux causes ; on dit qu’il faut être cruel pour donner la mort à son semblable, mais ceux qui parlent ainsi ne voient pas qu’on ne s’y résout que pour l’éviter soi-même.

De même, vous, messieurs les jurés, qui, sans doute, allez me condamner à la peine de mort, parce que vous croirez que c’est une nécessité et que ma disparition sera une satisfaction pour vous qui avez horreur de voir couler le sang humain, mais qui, lorsque vous croirez qu’il sera utile de le verser pour assurer la sécurité de votre existence, n’hésiterez pas plus que moi à le faire, avec cette différence que vous le ferez sans courir aucun danger, tandis que, au contraire, moi j’agissais aux risque et péril de ma liberté et de ma vie.


Eh bien, messieurs, il n’y a plus de criminels à juger, mais les causes du crime a détruire. En créant les articles du Code, les législateurs ont oublié qu’ils n’attaquaient pas les causes mais simplement les effets, et qu’alors ils ne détruisaient aucunement le crime ; en vérité, les causes existant, toujours les effets en découleront. Toujours il y aura des criminels, car aujourd’hui vous en détruisez un, demain il y en aura dix qui naîtront.

Que faut-il alors ? Détruire la misère, ce germe de crime, en assurant à chacun la satisfaction de tous les besoins ! Et combien cela est facile à réaliser ! Il suffirait d’établir la société sur de nouvelles bases où tout serait en commun, et où chacun, produisant selon ses aptitudes et ses forces, pourrait consommer selon ses besoins.

Alors on ne verra plus des gens comme l’ermite de Notre-Dame-de-Grâce et autres mendier un métal dont ils deviennent les esclaves et les victimes ! On ne verra plus les femmes céder leurs appas, comme une vulgaire marchandise, en échange de ce même métal qui nous empêche bien souvent de reconnaître si l’affection est vraiment sincère. On ne verra plus des hommes comme Pranzini, Prado, Berland, Anastay et autres qui, toujours pour avoir de ce métal, en arrivent à donner la mort ! Cela démontre clairement que la cause de tous les crimes est toujours la même et qu’il faut vraiment être insensé pour ne pas la voir.

Oui, je le répète : c’est la société qui fait les criminels, et vous jurés, au lieu de les frapper, vous devriez employer votre intelligence et vos forces à transformer la société. Du coup, vous supprimeriez tous les crimes ; et votre œuvre, en s’attaquant aux causes, serait plus grande et plus féconde que n’est votre justice qui s’amoindrit à punir les effets.

Je ne suis qu’un ouvrier sans instruction ; mais parce que j’ai vécu l’existence des miséreux, je sens mieux qu’un riche bourgeois l’iniquité de vos lois répressives. Où prenez-vous le droit de tuer ou d’enfermer un homme qui, mis sur terre avec la nécessité de vivre, s’est vu dans la nécessité de prendre ce dont il manquait pour se nourrir ? J’ai travaillé pour vivre et faire vivre les miens ; tant que ni moi ni les miens n’avons pas trop souffert, je suis resté ce que vous appelez honnête. Puis le travail a manqué, et avec le chômage est venue la faim. C’est alors que cette grande loi de la nature, cette voix impérieuse qui n’admet pas de réplique, l’instinct de la conservation, me poussa à commettre certains des crimes et délits que vous me reprochez et dont je reconnais être l’auteur.

Jugez-moi, messieurs les jurés, mais si vous m’avez compris, en me jugeant jugez tous les malheureux dont la misère, alliée à la fierté naturelle, a fait des criminels, et dont la richesse, dont l’aisance même aurait fait des honnêtes gens !

Une société intelligente en aurait fait des gens comme tout le monde !

Ravachol

 

 

Documents joints à cet article

Déclaration de Ravachol Déclaration de Ravachol Déclaration de Ravachol

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62 réactions à cet article    


  • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 11:42

    Ou lou lou ! Je ne sais ce qui c’est passé mais il semble, qu’il y ait eu un petit bug concernant l’article et les photos ! Je m’excuse auprès de tous lecteurs d’Agora vox !


    • Jude 26 juillet 2010 11:53

      N’aurait il pas fallu préciser qu’il s’agissait d’un meurtrier, d’un assassin, d’un terroriste ayant mis en oeuvre plusieurs attentats, d’un profanateur de tombes ?????


      • Jude 26 juillet 2010 12:14

        Je ne comprends pas l’empressement de certains lecteurs à moinser la réalité des faits. Cet homme était un meurtrier, un assassin et un profanateur de tombe. Un lache terroriste à la bombe !


      • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 12:18

        Oui Jude (je) ou nous t’avons bien entendu !


      • Massaliote 26 juillet 2010 14:03

        Jude, l’époque a changé. Les terroristes sont désormais logés au George V. LibertyVox : La prime au crime et à la trahison : L’Affaire ... smiley


      • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 14:34

        Jude je n’avais pas vu que ce qui était en rouge étaient des des liens ! Merci je vais le lire. en effet drôle de parcours !


      • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 15:06

        Ah ce lien ci est de

        Massaliote alors merci à Massaliote.


      • jako jako 26 juillet 2010 11:59

        Merci Marina, je suis toujours frappé de l’actualité de certains vieux textes (Victor Hugo, Monnet)


        • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 12:05

          Bonjour JAKO ! Certains sont intemporels ! Et le resteront.


        • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 12:03

          Bonjour Jude ! Et bien certes et ceci n’excuse pas tout, mais ce discours peut l’expliquer ! En tout cas moi il m’a vraiment touché au cœur !


          • Jude 26 juillet 2010 12:12

            Bonjour Marina,

            Je ne suis pas d’accord avec ce principe. Cet homme est un meurtrier, et vouloir chercher telle ou telle excuse pour expliquer ses actions meutrières est malhonnete.

            Que ce texte vous touche, soit, il est rédigé d’une manière plutot attendrissante et à sa lecture, on peut tomber dans le panneau. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un texte de défense lors de son procès ou il risquait la peine de mort, un texte donc pour attendrir les jurés et la population.

            Pour moi cet homme reste une ordure d’assassin.


          • dhbasse dhbasse 26 juillet 2010 15:13

            oui Ravachol était un salopard d’assassin, on est tous d’accord... mais...
            quand on voit les conditions des ouvriers à la fin du XIX siècle, quand on sait la misère omniprésente de leur vie, quand on voit le nombre d’ouvriers licenciés qui sont tous simplement mort de faim et de froid dans la rue, quand on sait que Ravachol à 8 ans enchainait les métiers de berger ou de mineur (et ouais la mine à 8 ans c’est un grand pied...), quand on remet l’individu dans son contexte social, même si je ne l’excuse pas de ce qu’il a fait, j’ai du mal du haut de mon petit confort personnel à le juger sans me poser la moindre question...


          • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 15:23

            Je vais réécrire ce que j’ai écris ailleurs, la violence (faite dans l’invisibilité) par les riches, est encore moins excusable, car elle tue encore plus !


          • Jude 26 juillet 2010 17:58

            Et c’est là ou je ne suis pas d’accord avec vous.

            Vous ne pouvez pas excuser l’un sous pretexte que l’autre fait pire. Les deux sont condamnables et doivent être condamnés, même si l’on sait que malheureusement ce ne sera pas le cas.


          • Jude 26 juillet 2010 12:21

            Et ces laches assassins mériteraient le même sort !


            • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 12:41

              Vous savez Jude, je ne viens pas ici pour m’apitoyer mais je vais vous avouer que je fais parti de la classe des plus pauvres ; certes je ne vole pas (encore), mais la frustration de ne serait-ce que de pouvoir déjà subvenir aux besoins les plus élémentaires comme manger correctement ; se soigner, et après le superflu ; c’est à dire, alors là, vous  allez peut-être bondir, qui pour moi, le superflu est payer mon assurance auto, qui est devenu du luxe pour aller chercher du travail !Et bien cette frustration de ne pouvoir subvenir aux besoins de base, ne m’a pas encore rendue criminelle, donc oui la pauvreté n’excuse pas tout, mais engendre peut-être la rancœur. Et même si cette déclaration a été faite pour la défense et le fait qu’elle été écrite peut-être, par un avocat, prouve que cette injustice existe ! J’espère n’avoir pas été floue !

               


            • Menouar ben Yahya 26 juillet 2010 15:36

              Voilà ce que dit la constitution de 1793, constitution qui n’a jamais été appliquée mais dont on peut toujours s’inspirer, cet article est toujours d’actualité même si dans les faits la situation a variée : « Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Entre hier et aujourd’hui il n’y a pas eut de grands bouleversements mais des variations. La décroissance semble une alternative pour provoquer ces bouleversements, il faut aujourd’hui s’attaquer à un système mondiale qui privilégie l’intérêt sur l’humain, tout est exprimé en terme de valeur marchande. On préférera fermer les yeux sur des modes de productions qui polluent et mettent la planète en danger car le coût fiduciaire serait trop élevé, il mettrait en péril ce système que l’on qualifie du doux euphémisme de « libéral » la spéculation inhérente à ce système fait que les marchandises vitales pour notre survie, fluctue et crée guerre et famine…partout les droits des peuples sont violés et pour éviter toute insurrection, se mettent en place dans les pays riches, des restos du cœur, des épiceries sociales, des banques alimentaires…ceux qui sont sans travail, se retrouvent peu à peu dans une autre forme de mendicité et il est probable que l’insurrection viendra lorsque cette forme d’aide sera contestée par le pouvoir et ceux qui voient en ces gueux, des parasites. Ils diront haut et fort que cette forme d’assistanat est intolérable, que tous ces éclopés de la vie doivent devenir une main d’œuvre à bon marché, qu’ils est temps de demander des comptes à ces fainéants… alors que ce qui est intolérable, inacceptable c’est de voir cette situation avilissante, humiliante perdurer depuis des années…


            • Jude 26 juillet 2010 15:45

              Vous avez raison, la prochaine fois que le gouvernement vote une loi qui ne me convient pas, j’irai déposer une bombe dans un café ! Ce sera ma façon de montrer mon désaccord !


            • jako jako 26 juillet 2010 15:48

              Jude, c’est là effectivement l’erreur de pas mal de mouvements révolutionaires, l’attentat aveugle, il y a plusieurs autres manières et même pacifiques


            • Jude 26 juillet 2010 15:52

              Mon message s’adresse à Menouar ben Yahya


            • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 15:53

              Bonjour à vous Menouar ben Yahya,

              Oui j’ai lu cela, il n’y a pas si longtemps, alors qu’il y a très longtemps, que ceci a été écrit. Vivant dans un quartier et je vous le promets violent au quotidien, j’imagine ce qu’une insurrection pourrait donner ! J’ai vécu de près 2005, comme beaucoup d’entre vous j’imagine ! Moi je crois plus à une société intelligente, comme le précise Ravachol, dans le sens où elle commencerait par nous même. Par exemple n’hésitons pas à nous engager dans nos communes à la politique locale !

               


            • Jude 26 juillet 2010 15:55

              Jako,

              Tout à fait. Mais ce qui me scandalise parfois, c’est de voir certaines personnes excuser des terroristes sous pretexte que ...

              Et ce sont souvent ces mêmes personnes qui viennent hurler au crime contre l’humanité quand on parle de la torture en Algérie !


            • Menouar ben Yahya 26 juillet 2010 16:24

              Qui parle de déposer des bombes à part vous ? Il était question dans l’article de Ravachol et je rappelais que les révolutionnaires de 1793 disait eux que le recours à l’insurrection était un devoir, je ne sais qu’elles formes peuvent prendre ces insurrections, elles peuvent être multiples et certains envisageront de formes trés violentes...la violence n’appelle t’elle pas la violence...je fais quant à moi référence à une forme de refus d’obéissance à la loi du marché, un boulverssements des mentalités, la décroissance ! Mais il est vrai que chez les « libéraux » cette approche a fait l’effet d’une bombe !


            • Jude 26 juillet 2010 16:33

              Sauf que derrière ce discours, qui en soit n’est pas reprimable, se trouve justement un poseur de bombes. Et que proner ce texte, c’est rentrer dans le jeu de l’assaassin, en tentant d’excuser ses actes.

              Ghandi a renversé un régime sans la moindre effusion de sang. Voilà pour moi quelqu’un dont on peut publier un discours qui aura la même teneur quer le texte de Ravachol et qui, par le comportement de l’homme, pourra être pris en exemple pour dénoncer telles ou telles injustices actuelles.


            • Menouar ben Yahya 26 juillet 2010 17:08

              Libre à vous de pensez que derriére mon discours se tapis un poseur de bombes. Je vous concéde même si vous le voulez le qualitif de sournois, c’est un cliché vivace... je ne vous direz pas ce qui se cache derriére votre discours mais je trouve pour le moins curieux que parlant de 1793 et de la culture française qui est révolutionnaire, me réclamant de cette culture...et je parle d’hier et d’aujourd’hui, alors qu’il est évident que les réponses d’hier ne peuvent être les mêmes aujourd’hui, il y a une différence entre le XIX et le XXI éme siécle ! Mais , vous, vous basant visiblement plus sur mon pseudo que sur la teneur de l’écrit, vous venez projettez sur moi, la guerre d’Algérie, les tortures et certains autres de vos fantasmes...c’est ce qu’on fait les islamistes qui viennent d’exécuter l’otage français. Ils n’ont pas vu l’homme et son message, les valeurs qu’il défendait, ils n’ont vu en lui qu’un « Blanc », un colonisateur, le symbole de ce qu’ils exécrent. Excusez moi le paralléle « Jude » mais il vise seulement à mettre en exergue, vos préjugés et s’ils vous bléssent, ce n’est pas plus bléssant que de se faire traiter de poseurs de bombes, alors que je vous assure que je n’ai jamais posé de bombes et n’est nullement l’intention de le faire.


            • Jude 26 juillet 2010 17:24

              Je crois qu’il y a un gros malentendu...

              Loin de moi l’idée de vous traiter de poseur de bombes !!! Je parlais uniquement de Ravachol et de son discours, en aucun cas du votre. Et je comparais Ravachol à ces islamistes radicaux, et non vous.

              Je n’ai pas pour habitude d’attaquer une personne sur son origine ou sur son nom, croyez le.

              J’espère qu’avec cette explication, le malentendu sera levé.


            • Jude 26 juillet 2010 17:31

              Quant aux comparaisons avec l’Algérie et la torture, c’est un exemple que j’ai pris car vécu sur le site : les mêmes intervenants criaient au scandale contre la torture et le général Bigeard mais louaient les actions de la bande à baader ou encore de Carlos.

              C’est cette contradiction que je voulais mettre en avant, et en aucun cas vous la mettre sur les épaules.


            • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 17:37

              Les choses étant clarifiées si je peux me permettre d’intervenir, ce malentendu est donc clos.


            • Menouar ben Yahya 26 juillet 2010 17:39

              Sorry « Jude » mauvaise interprétation de ma part, mais ce « ce discours » m’a induit en erreur mais vous conviendrez que ces références à la guerre d’Algérie peuvent préter à caution ? Je dois reconnaitre qu’elle m’ont passablement irrittées.En ce concerne les réactions« Sentinelle » exprime trés bien ce que j’aurais à dire sur le sujet. Pour ce qui est de Ravachol, il faut rappeler que c’était au XIX éme siécle, je ne condamne pas ces actes, elles correspondent à une autre époque et étaient en réponse à des formes de viloences liées à ce contexte historique. Sorry encore pour la mauvaise interprétation de ma part concernant « ce discours » qui concernait Ravachol et non moi !


            • Jude 26 juillet 2010 17:54

              Menouar,

              Je suis heureux que tout se soit remis en ordre. En relisant mes posts, je me suis rendu compte que je les avaient parfois mal tournés, d’où la confusion et le malentendu. 

              J’adopte également la position de Sentinelle sur le global. En effet, autres temps, autres moeurs, mais malheureusement, le terrorisme existe toujours. Je n’arrive pas à excuser les auteurs de ces attentats, c’est ma nature. Et je préfère lire des textes de Ganghi que de Ravachol smiley

              Cela me fait penser à une pièce de théatre que j’ai vu récemment du coté de Luçon qui représentait le jugement de l’action du Cardinal Richelieu par les grands de France (Charlemagne, Catherine de Médicis, St Louis, Louis XIV, Napoleon entre autres). Il était interessant la façon de voir les faits par chacun des intervenants et les parallèles faits avec leurs propres actions.


            • Menouar ben Yahya 26 juillet 2010 20:37

              « Jude » Le malentendu etant dissipé. Nous pouvons revenir à notre sujet, si les idées de Ravachol sont criantes de vérité,elles se sont exprimées dans un certain contexte historique, les réponses qu’un pays civilisé peut apporter aujourd’hui même violentes, sont autres que celles que Ravachol préconise.

              Par contre elles peuvent se révéler être trés parlante pour des peuples sous occupations et ceux qui peuvent ici apparaitre comme des terroristes sont peut être perçu comme des héros dans leur pays. Il nous faut lever les yeux de notre nombril et se demander pourquoi ils apparaissent comme des libérateurs à leur peuple ? Pourquoi que depuis que les forces de paix ont envahi certains pays, il n’y a jamais autant de mort ? La paix normalement ça tue pas ! Pour finir, si j’étais un brin cynique, je dirais qu’en général les peuples préférent choisir des bourreaux qui ont une légitimité ethnique pour les martyriser.


            • King Al Batar King Al Batar 27 juillet 2010 11:05

              @ Jude , bonjour,

              J’ai grandi en cité, dans un coin bien pourri du 93, et j’ai entendu certains discours qui pourraient vous choquer, tout autant qu’ils m’on choqué, mais qui sont néanmoins prononcé.

              Ce sont des grands voyous qui tenait ce discours, pas des vulgaires délinquants.

              L’idée était qu’en gros ils commetaient des méfaits, car ils considéraient qu’ils avaient déjà été puni par la société avant même d’avoir commis de delits. Si vous voulez, à partir du moment ou vous estimez avoir été sanctionné injustement, qu’est ce qui vous empeche de commettre un acte punissable, puisque la sanction ne vous fait pas peur.

              Je ne suis pas d’accord avec ce genre de propos à titre personnel (parce que j’ai eu une éducation et des principes), mais je peux concevoir qu’on puisse penser comme cela si l’on s’estime poussé à bout. Alors en ce qui concerne le prolo du 19ème siècle, il peut aussi légitimement penser comme cela.

              Tuer des innocents c’est mal c’est sur, mais enfin c’est a potériori que l’on se rend compte si c’est vraiement mal ou pas. Je veux dire que quand on a coupé la tête du roi c’était mal aussi. Mais après comme on s’est détaché de plus en plus de la Monarchie, on a conclu que finalement c’est un mal pour un bien.

              Le communisme aurait triomphé, peut être que Ravachol aurait été vu en heros.


            • Verdi Verdi 26 juillet 2010 12:32

              Merci Marina Mars pour la publication de ce texte de Ravachol, d’une vérité et d’une actualité saisissantes.


              • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 12:45

                Bonjour Verdi ! C’est malheureusement encore d’actualité !
                Etrange d’ailleurs que ce soient toujours les mêmes qui s’empiffrent


                • Ronald Thatcher rienafoutiste 26 juillet 2010 13:38

                  « Où prenez-vous le droit de tuer ou d’enfermer un homme qui, mis sur terre avec la nécessité de vivre, s’est vu dans la nécessité de prendre ce dont il manquait pour se nourrir ? »

                  Tout est dis ! merci à l’auteur pour ce voyage dans le temps, qui nous ramène au même point.


                  • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 13:52

                    Bonjour Rienafoutiste.

                    Oui tout est dit ! Dans cette déclaration Ravachol a mis des mots justes, sur des situations injustes !


                    • La sentinelle La sentinelle 26 juillet 2010 15:43

                      Bonjour

                      Les revendications sont séduisantes, mais cautionner Ravachol, c’est cautionner le terrorisme dans son intégralité.

                      Parce que forcement chaque terroriste est persuadé de détenir la vérité.

                      Si nous cautionnons Ravachol, nous cautionnons Al qaida.

                      Au même titre que les resistants Français de la deuxieme guerre mondiale sont pour nous des héros ; Ils étaient pour les Allemands de l’époque des terroristes.

                      Il y a de nos jours, d’autres exemples.

                      La vérité n’est pas objective, c’est juste une question de camp. Et bien malin qui prétend la détenir

                      A+


                      • Jude 26 juillet 2010 15:59

                        Bonjour Sentinelle,

                        Exact. A un petit bemol près : pour les resistants français, les actions engagées étaient contre des soldats ou des personnes s’étant engagées aux cotés des allemands et non contre d’innocents civils.


                      • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 16:40

                        Bonjour à vous  La Sentinelle,

                        Je suis pour tous les ponts de vues des lecteurs d’Agora Vox, qui ont une liberté celle de ne pas être d’accord et n’ayez craintes, ce n’est pas moi, qui empêcherait le droit à la contradiction qui est très importante et qui donne autant à réfléchir.  

                        Vous écrivez « La vérité n’est pas objective, c’est juste une question de camp. Et bien malin qui prétend la détenir »

                        Oui chacun à sa perception des choses et c’est ce qui fait naitre des camps différents.Néanmoins, il y a les faits qui eux n’ont pas besoins d’être défendus.

                        N’est-il pas un fait, qu’il y ait de l’inégalité et que les conditions de vies de beaucoup sont à la limite de la décence ? Cela est un fait ! Comme l’écrit Ravachol, dans un pays ou tout n’est qu’abondance, des gens n’ont rien et d’autres en ont trop !Je suis pour la déclaration de Ravachol et non pour les actes de Ravachol. Mais qui précise qu’avec une existence normale il n’aurait rien commis d’illégale.

                         


                      • Marina Mars Marina Mars 26 juillet 2010 16:44

                        Ce que La sentinelle expliquait en parlant des résistants, c’étaient le point de vue de chacun d’entre nous. La perception.Un héro pour les uns, peut être perçu comme ennemi par les autres. C’est une histoire de perception.

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