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Accueil du site > Actualités > Société > Défenseur des enfants, c’est écrit dessus

Défenseur des enfants, c’est écrit dessus

Il est des noms qui semblent dire de quoi ce qui est nommé est fait. Des noms qui sonnent comme une évidence. Cela éteint d’emblée la vigilance critique. Le nom « défenseur des enfants » est de ceux-là. Tout le monde veut défendre quelqu’un qui « défend les enfants ». Eh oui ! Qu’en est-il vraiment, de son action, de son utilité ? Mon expérience personnelle, c’est qu’au delà de ce joli nom qui ne mange pas de pain, elle ne défend pas tous les enfants. Elle n’a pas défendu les miens.

Mon expérience personnelle, qui même si elle n’était que personnelle, est une expérience. Elle est vraie, elle est douloureuse, elle dure. Je ne crois pas qu’elle n’appartienne qu’à ma famille. J’ai tendance à penser que des milliers de familles ont vécu ce genre de déni du droit par ce même tribunal. Nous avons les organismes de recherche et d’enquête sociologiques pour voir si mon hypothèse est juste ou fausse : mes enfants et moi n’avons aucune caractéristique qui permettrait de penser que la maltraitance qu’on nous fait vivre est une exception. La défenseure des enfants s’est désintéressée de l’agression que mes enfants ont subie.
 
Il faut dire que cette agression provient des psys-experts, d’une enquêtrice sociale, et des juges aux affaires familiales (un en première instance et trois en appel). Le juge élimine le dossier contradictoire, le déclarant « confus ». Dans ce dossier, une trentaine de citoyens attestent que le père s’occupe des enfants, à la crèche, à l’école, au conservatoire, en vacances, et qu’on n’y voit jamais la mère. Les médecins attestent aussi que le père s’occupe de la santé des trois enfants.
 
Après avoir éliminé le dossier contradictoire, il faut tout de même au juge des éléments pour justifier une décision. Il a donc demandé des expertises et l’avis des enfants. Demander l’avis des enfants, dans cette conjoncture-là (élimination du dossier) c’est un (premier) acte de maltraitance (institutionnel, on pourrait dire, pour parler comme madame Versini). Le second acte de maltraitance sera de refuser de considérer l’avis des enfants alors qu’ils demandent de rester auprès du père. Exactement, deux enfants ont écrit au juge, la troisième n’a pas voulu répondre à la question. En appel, les juges déclarent ne pas pouvoir suivre l’avis de l’enfant car elle est trop jeune (c’est quatre ans auparavant que le juge a voulu recueillir son avis ! elle n’était pas trop jeune quatre ans plus tôt !) et qu’elle aurait demandé, quatre ans auparavant donc, selon le rapport du psychiatre, d’aller chez sa mère ! Ce rapport a déjà été jugé, en première instance, impropre à assoir une décision car trop « elliptique ». La décision d’appel rejuge la chose jugée, ce qui est interdit. La décision d’appel établit que l’enfant est trop jeune pour donner son avis et, en même temps, que l’avis qu’elle a donné quatre plus tôt est opposable à l’avis qu’elle donne, elle n’était donc pas trop jeune quatre ans plus tôt ! La décision d’appel ne fait aucune mention de la lettre du frère, qui demande de ne pas séparer la fratrie et de la garder autour du père. La décision d’appel ne fait aucune mention de sept ou huit attestations qui disent que l’enfant se cache pour ne pas retourner chez sa mère après les week-ends et qu’elle pleure tout le temps du trajet (deux environ de trajet, deux heures de pleurs). De tout cela, résulte la deuxième agression des enfants, après avoir été contraints de prendre parti entre papa et maman, deux sont mis chez le parent qui les délaisse agressivement depuis leur naissance, mais ce parent, c’est la mère.
 
J’ai contacté la défenseure des enfants, qui m’a dit, en substance, qu’elle recevait des récits de pères comme le mien en nombre et qu’il n’y avait qu’une solution : que l’enfant redemande à habiter chez son père ! Ce qu’elle avait fait plusieurs fois sans être respectée.
 
La défenseure des enfants n’a pas défendu mes enfants. Elle a une très haute idée de son action et d’elle-même. Je l’entends à la radio dire tout ce qu’elle fait, ou croit faire, c’est le même déni qui continue.
 
La plupart des discours sur la défenseure des enfants prennent son intitulé au sens propre et direct : la défenseure des enfants défend les enfants et s’il n’y a plus d’institution de ce nom, les enfants ne seront plus défendus. Cet allant-de-soi contient ce qu’il faut penser de l’affaire. Magie du mot : le mot, c’est la chose. La disparition du mot, c’est la disparition de la chose !
 
A la suite de cette identification du nom et de la chose, nombre de discours traitent de l’attachement que l’on a à la défense des enfants. C’est du gâteau... On aime tous les enfants, tout le monde aime les enfants, on les voit faibles, dépendants, tendres... Ils ne peuvent guère désobéir (on peut les forcer à travailler, ils n’ont pas les ressources internes pour échapper à cette contrainte si on les y met) ils n’ont pas l’expérience qui permet de relativiser ce que l’on voit et entend autour de soi, on peut donc les manipuler... et surtout, surtout, ils sont l’avenir du monde. Voilà les grandes lignes du tableau. Pour tout cela, il nous faut une défenseure des enfants qui défend les enfants et sans qui les enfants ne sont pas défendus.
 
Je ne traite pas le fait qu’encore une fois la femme et l’enfant sont indissolublement attachés. Tant dans ma vie que dans l’intitulé défenseure des enfants et les deux magnifiquement médiatiques femmes qui ont pris ce rôle.
 
La défenseure des enfants ne défend pas tous les enfants. Toutes les institutions travaillent à leur maintien, voire à leur extension (extension de leur territoire d’intervention, extension de la profondeur de leur intervention). Avec un nom pareil, la défenseure des enfants dispose d’un avantage indu dont il importe de ne pas être l’objet et qu’il faut analyser aussi.
 
Avant de penser qu’il est absolument nécessaire d’avoir une défenseure des enfants, il faudrait d’abord ne pas laisser les enfants se faire agresser dans une institution fondamentale de la République, le ministère de la justice.
 

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2 réactions à cet article    


  • Lucien Denfer Lucien Denfer 13 juin 2010 00:15

    Merci pour votre témoignage troublant. On ne peut que regretter le parti pris définitif de la justice pour les mères et l’acharnement incompréhensible à faire souffrir des enfants qui sont déjà choqués par le seul fait de la séparation de leurs parents. 

    Combien de cas similaires au vôtre ? Beaucoup trop à en croire le nombre d’associations de pères qui fleurissent un peu partout. Combien de pères forcés à s’effacer devant ce qui s’apparente à un jugement de Salomon et pour lesquels la seule alternative restante est d’endurer la souffrance de leur progéniture en plus de l’aliénation parentale ?

    Comment les enfants peuvent-ils conserver un semblant d’équilibre psychologique quand au nom de leur défense, la justice leur fait payer le prix de la séparation par l’amputation d’un de leur parent, quasiment toujours le père ?

    • AlbatrosE AlbatrosE 12 août 2010 17:00

      Veuillez m’excuser d’arriver en retard, mais je pense aussi avoir cerné cette dame, en tant que militant des droits des jeunes et ancien défenseur des droits de mes camarades quand j’étais lycéen (d’où mon avatar). Autant vous dire que vous touchez à des sujets qui me tiennent profondément à coeur !

      Cette bonne femme prétend donc défendre bec et ongle tous les individus de moins de 18 ans sur le territoire français...

      Ainsi, elle va larmoyer sur le sale capricieux qui hurle dans le magasin en interdisant le recours à la fessée...
      En revanche, tenez-vous bien, elle ne remet absolument pas en cause les lois les plus moisies du code napoléon.

      Ainsi, les parents ont toujours le droit - et elle soutient cette position clairement sur son site !

      - d’imposer à leurs enfants une orientation scolaire contre leur volonté - et ce à 17 ans (genre je te force à aller en L alors que le jeune veut faire S), sans qu’elle considère cela comme une violence ;

      - d’interdire de fréquenter à son enfant son meilleur ami, au seul motif qu’il déplaît ;

      - d’imposer sa religion jusqu’à 18 ans, au mépris de la liberté de conscience et de la laïcité ;

      - d’ouvrir le courrier de ses enfants.


      Je n’invente rien ! J’ai même fait une requête sur un de ses sujets, et la réponse est hallucinante : « L’enfant a le droit d’être associé à la décision selon son âge et son degré de maturité mais doit au final se soumettre à la décision ». En clair cause toujours ! Pire, sur son site, elle affirme que les parents peuvent vous imposer la voie professionnelle contre votre gré ! http://www.defenseurdesenfants.fr/faqej.php

      Cette bonne femme est outrancièrement réactionnaire, formatée en fac de droit(e) !

      Evidemment qu’à 15 ou 17 ans on devrait choisir son orientation soi-même ! Cette bonne femme est un monstre, qui ne raisonne que par des normes juridique moisies. Pour moi, une petite fessée à 4 ans n’est pas une violence, une orientation imposée en est une, et une grave !!

      Avec deux angles de vues fort différents (celui du père et celui de l’enseignant ancien militant des droits lycéens) nous avons cerné la même escroquerie.

      Que Sarkozy la vire en Octobre, je dis c’est bien fait pour sa gueule ! Pour défendre nos lycéens et nos élèves, je compte beaucoup plus sur leurs organisations, sur les syndicats étudiants et, je l’espère, sur l’appui de leurs enseignants.

      Ce serait pas mal de rester en contact ; il y a des actions à prévoir et constituer un réseau me semble primordial.

      Bien à vous.

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