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Dépénalisation, l’arlésienne française

Il y a peu – ce fut même sur cette vieille lune que s’entama le mandat de la gauche –, la question de la dépénalisation du cannabis a été posée. Et la récente reconnaissance du premier Cannais Social Club français en Vendée risque de relancer le débat. Vieux serpent de mer français ! Tout le monde s’accorde à dire que la loi de 1970 est obsolète, qu’elle n’a aucun effet et, mieux, que dans le cadre de délit mineur, personne ne l’applique. Nos politiques s’arrangent depuis 30 ans pour évoquer le sujet, ouvrir le débat et, finalement, conclure qu’il ne faut rien changer. C’est impossible, nous disent-ils, pour des raisons morales, puis pour des raisons de santé. Ce qui se passe ailleurs en Europe, au Pérou, au Mexique ou aux États-Unis n’a aucune espèce d’importance. La France, comme toujours, sait mieux que le monde entier. Donc, avant de débattre sereinement du sujet, il serait intéressant de comparer les deux systèmes en cours : prohibition et dépénalisation.

Prohibition. Quel résultat ?

Quels sont donc les bénéfices de la prohibition ? Elle jugule le nombre de toxicomanes, selon ses partisans, là où la tolérance, comme en Hollande, augmente leur nombre, pire crée des circuits parallèles où des drogues illégales peuvent fleurir à loisir. Qui s’est rendu à Amsterdam peut en effet constater qu’on est face, en réalité, à un supermarché de la dope. La prohibition permet également de juguler les mafias qui, si on dépénalisait, irait chercher ailleurs leurs bénéfices, avec des produits dix fois plus dangereux. Vision à dire vrai totalement déconnectée de l’évolution de ce marché…

En 1937, la loi de prohibition contre le cannabis était votée aux États-Unis. En 1914, la France décidait de prohiber la cocaïne. Résultat : en 2012, les États-Unis sont les plus gros consommateurs de drogue au monde. Quant à la cocaïne, elle vaut 60 euros le gramme en France (contre environ le double dans les années 1980, en plein boom de la coke colombienne) et on peut s’en procurer dans toutes les villes de France de plus de 5.000 habitants. Enfin, il rentre à Marseille entre 2 à 3 tonnes de cannabis par jour. Dans le monde entier, la drogue rapporte un pactole de 400 milliards de dollars par an aux mafias. À ce jour, en dépit des moyens répressifs mis en œuvre, il existe une quantité invraisemblable de drogues diverses en vente dans la rue. Bref, au lieu de juguler la fabrication de drogues de plus en plus dangereuses, la prohibition et l’industrialisation ont permis d’en développer des quantités. En fait, on parle d’une nouvelle substance par jour…

La peur, arme ultime de la prohibition

L’argument premier, et en réalité unique, des prohibitionnistes est la peur. Et d’évoquer chaque année des drogues plus dangereuses chaque fois, comme la « Krokodil » dont l’effet dévastateur sur le physique de ses consommateurs n’empêcherait pas qu’en Russie il y aurait déjà un million d’adeptes… Car, bien entendu, ces drogues, on les a tous recensées à la molécule près. Peu importe si, en réalité, on ignore totalement le nombre de toxicomanes accros à la Krokodil pour la simple raison que ni les chiffres des saisies, ni ceux des toxicomanes recensés dans les centres de soin et les prisons ne permettent d’en donner autre chose que des approximations totalement fantaisistes. À son apparition, le crack avait fait l’objet des mêmes délires alarmistes. Or, à ce jour, il ne concerne qu’un nombre assez réduit de consommateurs et, généralement, dans une population très ciblée. Pour une simple raison : ce n’est pas parce qu’on a envie de se ruiner le crâne qu’on a pour autant envie de se ruiner la vie.

Le parti pris des prohibitionnistes est de traiter les toxicomanes dans un phénomène global et homogène. Tous les spécialistes de l’addiction sont pourtant unanimes sur le fait qu’il n’y a pas un mais des toxicomanes, qu’il n’y a strictement aucun rapport entre un fumeur de crack et un fumeur d’herbe et que la consommation est différente d’un individu à l’autre. De ce parti pris est née la vieille légende urbaine du fumeur qui termine héroïnomane. C’est à peu près aussi vain que d’affirmer, par exemple, que boire une bière vous entraînera, tôt ou tard, vers l’alcoolisme. Ça n’a aucun sens, les prohibitionnistes eux-mêmes veulent bien le reconnaître, mais peu importe, quand on parle de drogue, on est dans la certitude d’un fléau.

Dépénalisation : bienfait ou catastrophe ?

Parlons maintenant des résultats de la dépénalisation en général. Pour commencer, il faut remarquer que sur ce sujet embarrassant pour les politiques, il n’y a pas un axe mais des axes. Aux Pays-Bas, le pays du diable, il n’y a qu’une tolérance autour du sujet du cannabis. Les coffee shop n’ont nullement le droit de produire et leurs fournisseurs sont multiples : des cultivateurs recensés mais aussi la pègre, qui fournit très peu officieusement les coffee en production afghane, pakistanaise, etc. Si par ailleurs dans la rue, l’on peut se procurer toutes les drogues du monde, cette politique globale mise en place dans les années 1970 a donné des résultats plus que probants. Les Pays-Bas n’étant pas exactement le pays du laxisme que les prohibitionnistes imaginent conduisent cette politique depuis 40 ans pour la simple raison qu’elle a permis de stabiliser le nombre de toxicomanes lourds, de réduire le phénomène épidémiologique, tant sur les hépatites que sur le sida. Cette politique de presque un demi-siècle n’a pas été conduite pour ramener des sous, mais pour prévenir un phénomène sanitaire et social qui explosa justement dans les années 1970.

La Suisse tenta plusieurs expériences dont celle de Platpitz qui tourna vite au chaos. À l’heure actuelle, elle a donc reconnu les effets thérapeutique du chanvre et en a autorisé la vente, sous prescription médicale. En Italie, en Espagne et au Portugal, l’usage, la consommation et la culture du cannabis sont dépénalisés, mais on ne peut dépasser un seuil de possession et il n’y a que des sanctions administratives pour les contrevenants : injonction thérapeutique par exemple au Portugal, qui considère le toxicomane comme un malade, pas comme un délinquant. Le mérite de ces lois est de désengorger tribunaux et prisons d’affaires mineures, sans toutefois augmenter le nombre des consommateurs. Ni le diminuer…

Une étude du sociologue Karl-Heinz Reuband a démontré que, pour le cannabis, aucune politique ne vaut mieux en matière de prévalence. Qu’il s’agisse de la Grande-Bretagne répressive ou de l’Espagne libérale, le nombre de consommateurs reste à peu près le même, quoiqu’il arrive. Ici donc, on peut remettre les compteurs à zéro.

La dépénalisation n’est pas un bienfait miraculeux. La théorie, par exemple, qui consiste à expliquer que ça coupera l’herbe sous le pied des mafias est soutenue par tous ceux qui n’entendent rien au phénomène mafieux. Les mafias fonctionnent comme n’importe quelle entreprise légale, ce qui ne rapporte plus est abandonné au profit de marchés plus lucratifs. La dépénalisation n’augmente ni ne baisse donc le nombre de consommateurs et permet même de développer des marchés parallèles, comme aux Pays-Bas ou en Espagne, où la consommation de cocaïne a explosé. Mais le même phénomène se produit dans les pays répressifs.

Bref, dépénaliser, ne changera strictement rien de ce point de vue, car la question n’est en réalité absolument pas là.

Le cannabis, affaire culturelle ?

Au Cambodge, en Afrique, en Amérique du Sud et en Amérique centrale, la consommation de cannabis et d’autres drogues naturelles (qat, bétel, kif, feuille de coca) est non seulement culturelle mais parfaitement admise par la société. Fumer un joint au Cambodge n’est pas réprimé et nombre de restaurants proposent des mets accompagnés de cannabis. Cela fait partie des mœurs, comme boire du vin en France. Comme l’on parle bien de drogues et pas de chamallows, il y a bien évidemment des conséquences sanitaires, exactement comme il y en a avec l’alcool. Pour autant, le Cambodge ne consomme pas des quantités record d’antidépresseurs, à l’inverse de la France ; et le Mexique est la cinquième puissance mondiale. Le cannabis n’a ni plus ni moins d’effets négatifs sur ces pays. Certains d’eux ont pourtant signé la convention de 1961 sur son interdiction.

Prohibition, piège à con

Cette convention doit tout au Marijuana Act de 1937. Si l’on veut comprendre la logique de 1961, il faut se référer à l’acte de prohibition établie aux États-Unis par les mêmes qui avaient instauré la prohibition sur l’alcool. C’est même à cause de l’échec de cette dernière, et de son abandon en 1933, que les ligues de vertu se jetèrent avec gourmandise sur les consommateurs de cannabis, dont la majorité avait la peau noire. On comprend mieux le succès de cette loi. Taper sur une minorité, noire qui plus est, avait beaucoup plus de chances d’obtenir les faveurs des politiques que de taper sur une majorité blanche. Ainsi la politique actuelle de prohibition du cannabis repose-t-elle sur une loi opportuniste, d’inspiration puritaine et raciste, totalement déconnectée de la moindre réalité sociale et même scientifique.

Ce que poursuit la convention de 1961, comme le Marijuana Act, ce n’est pas de répondre à une réalité sociale, mais de mettre en place un arsenal répressif légalisé, accepté et jamais discuté. Comprenons-nous bien : 400 milliards de dollars doivent être blanchis par an. Cet argent est réinjecté dans l’économie légale, notamment dans les paradis fiscaux dont il est quasiment le nerf de la guerre. Comme il l’est de la corruption des politiques ou des opérations clandestines. Et ici d’évoquer Air America au Laos qui finit de transformer les deux tiers des GI’s en junkies ou l’Iran Gate – vieille rengaine armes contre drogue. La prohibition est également responsable directement de milliers de morts : 40.000 en dix ans de guerre des narcos au Mexique. La guerre du Vietnam causa 58.000 morts américains pour le même nombre d’années… Autre réalité douloureuse : à l’arrivée des talibans la production d’héroïne a diminué drastiquement. Dès 2003, elle a repris de plus belle : aujourd’hui 90 % de l’héroïne mondiale provient d’Afghanistan. Armes contre drogue, donc. La drogue c’est mieux que l’or : ça se fabrique, ça se cultive.

La prohibition n’a donc pour résultats que de produire de la délinquance et des cadavres, d’engendrer des fonds clandestins et de contrôler la population. C’est bien pourquoi elle pose problème et n’offre en réalité aucune solution.

Plus on consomme, plus on se drogue

Au sujet de la drogue, il faut distinguer deux aspects. Le pourquoi et ses conséquences. Au moment où furent mises en place les politiques prohibitionnistes, la drogue n’était pas réellement le problème. Sa consommation augmente concomitamment avec l’industrialisation et la consommation globale. Plus un pays s’enrichit, plus il ne pense plus qu’à l’achat d’une 36e télé, plus il consomme de drogue. Plus un pays devient matérialiste et plus son peuple ressent le besoin de s’évader. Plus un pays devient compétitif, ou du moins l’axe de la compétition est essentiel, plus il consomme également de drogue, comme le démontre l’exemple américain. En l’état, il s’agirait en réalité de faire une authentique révolution comportementale des sociétés actuelles si l’on voulait réduire le nombre de drogué et de drogues.

La dépénalisation, c’est la santé

La drogue n’est pas un jouet – n’en déplaise aux fumeurs de cannabis. Sa surconsommation entraîne désordres comportementaux et psychiatriques. La dépénalisation n’empêchera jamais ça, pas plus que la prohibition n’empêchera les mômes russes de sniffer de la colle ou de boire du cirage, faute de pouvoir se payer un joint. En revanche, la dépénalisation permettra – et permet déjà – d’exercer un meilleur contrôle sanitaire et préventif, une responsabilisation des consommateurs, une meilleure connaissance de la nocivité des drogues comme de leurs bienfaits. Et peut-être même un jour la dépénalisation permettra de donner l’envie d’améliorer les conditions de vie de certains, plutôt que de les voir se cramer à coup de méthédrine : en consacrant, par exemple, les sommes astronomiques englouties par l’arsenal répressif dans l’aide sociale…


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39 réactions à cet article    


  • tf1Groupie 6 mai 15:42

    « aux Pays-Bas ou en Espagne, où la consommation de cocaïne a explosé »

    On veut bien vos sources pour cette affirmation et également celles qui montrent qu’en France, ou autres pays non dépénalisés, la consommation de cocaïne ne progresse pas.

    Pour ce qui est de la mafia, doit-on comprendre qu’il ne faut surtout pas combattre la mafia car elle finira toujours par trouver d’autres activités ?


    • pirate pirate 6 mai 16:03

      @tf1Groupie
       pour répondre en 2008 Barcelone déclenchait une alerte à la pollution de l’air à cause de la cocaïne... et je ne sais pas où vous avez imaginez que je prétendais qu’il ne fallait pas lutter contre les mafias, mais le sujet même est autrement plus complexe. La lutte contre les mafias passe obligatoirement par des contingences et des lois plus générale. Comme celle de la confiscations des biens mafieux et leur redistribution à des fins sociales, la mise en place en France (par exemple) d’un système de protection des témoins, le délit d’association mafieuse comme décrit dans le RICO Act aux USA, etc, mais sur ce sujet particulier je vous renvois à mon blog : https://unchatsurlepaule.wordpress.com/2013/05/16/crise-la-mafia-fait-la-morale/ j’ai écrit trois articles à ce seul sujet. Quand au sujet de la cocaïne en France, je vous invite à réviser votre jugement dans la mesure ou c’est le deuxième produit le plus consommé en France derrière le cannabis, situation inédite dans les années 80 en plein boom du produit dans le monde : http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/chap3.pdf


    • tf1Groupie 6 mai 17:19

      @pirate

      Oui donc je ne comprends pas votre réponse.
      Je n’ai pas de jugement, je pose une question : la consommation de Cocaïne en France a-t-elle moins progresser que dans des pays où le cannabis a été dépénalisé ?


    • pirate pirate 7 mai 13:51

      @tf1Groupie
      je vous répond dans mon article, quelque soit le système mis en place la consommation de drogue est plus ou moins la même d’un pays à l’autre. En France, par exemple, les chiffres, après avoir connu une longue ascension, se sont stabilisé. Il en va de même dans les pays plus libéraux. A ce fait il y a plusieurs explication, l’augmentation des saisies, bien entendu, et l’amélioration des techniques de police, la production, les circuits empruntés, le marché en lui-même. L’héroïne est par exemple bien plus populaire en Russie ou en Angleterre qu’en France. Il y a également la question de la fabrication. Si celle de la cocaïne demande une certaine expertise, celle de la méthédrine tient de l’ordre du bouilleur de crue. Conséquemment la consommation de la méthédrine se développe aux Etats Unis et tout a fait notamment dans les zones non urbaine. Enfin les variations sur la consommation dépendent également des dimensions sociales, politiques et géostratégiques. Le crack a beaucoup de succès au près des populations antillaise pauvre, la politique californienne au sujet du cannabis fait perdre des fortunes aux Cartels mexicains, et conséquemment provoque des guerres de territoires jusque sur le sol américain, le marché américain étant saturé selon les producteurs de cocaïne, ils se sont tourné vers l’Europe en empruntant notamment le circuit africain, et entre autre dans l’actuelle zone de conflit (Irak, Syrie, Libye, Nigéria, Mali) l’alimentant par son trafique. Et pour conclure, j’ajouterais la simple influence des mafias en elle-même tant sur l’économie souterraine que légal.


    • JMichel (---.---.202.150) 6 mai 16:00

      La France elle a meme réussi a stopper le nuage de chernobyl. La france mieux que le monde entier...


      • Le421 Le421 6 mai 17:32

        L’argent du cannabis, dans la mesure où son commerce est interdit, passe sous les radars de toutes les comptabilités... Y compris celle des campagnes électorales.
        Toujours se poser la question : A qui profite le crime ?

        Comment voulez-vous qu’un jour, en France, on fasse réapparaître au grand jour ce type de financement dans la mesure où on a plein de tricheurs aux commandes... Et ne me parlez pas du FN !! C’est le même calibre...


        • Jo.Di Jo.Di 6 mai 17:43

           
          Les capitalistes ont aussi le droit de gagner de l’argent avec le foin des veaux shiteux !
           
          Pourquoi le réserver au colons du mondialisme ? (peut être pour les acheter ? où les remercier de pondre ?)
           
          ZERO SUR COMPTE DE DEALER : bobo le gôôôchiste,la chiure finale de son Histoire
           


          • Le421 Le421 7 mai 08:48

            @Jo.Di
            Parfois, je me dis qu’il vaut mieux être « bobo le gôôôchiste » que gogo le drôôôatiste et s’en trainer une couche pas possible comme certains.
            J’apprécie en fin gourmet la crasse intellectuelle de certains...


          • Jo.Di Jo.Di 7 mai 21:08

             
            Capital a identifié liberté et libéralisation.
             
            Et coup de génie, consommation et contestation !
             
             
            Alors le shiteux de 68 finit à l’UE tel Kohn le tripoté .... logique
             
            Le snobisme mondain du shiteux en béret Ché .... qui fume le produit du petit capitaliste dealer .... et se croit grand révolutionnaire....
             
            bobo le néant politique !


          • Feste Feste 6 mai 21:25

            Trés bon article, bien équilibré


            • pirate pirate 6 mai 21:44

              @Feste merci


            • ukulele ukulele 6 mai 23:48

              La dépénalisation me semble aussi la meilleure solution.
              Cependant, la chose me semblerait plus cohérente dans une société un peu moins gangrénée par la corruption comme l’est la France aujourd’hui.
              Il serait préférable d’assainir le milieu commercial de notre pays avant de dépénaliser.
              Mais comme aucune instance politique n’en a l’envie, le résultat d’une dépénalisation en l’état actuelle aboutirait à mon sens à une situation désordonnée et préjudiciable pour le consommateur comme pour l’entrepreneur lambda.


              • pirate pirate 7 mai 09:20

                @ukulele
                Il y aurait fort à dire sur le sujet que vous évoquez en effet, la corruption en France qui est en réalité de plus en plus endémique (la France est classé 25ème pays le plus corrompu au monde derrière l’Arabe Saoudite 24ème et tel que le Qatar.... ça en dit long) mais je crois que vous confondez dépénaliser et légaliser. Or en l’état, pour notre seul pays je ne suis pas pour la légalisation et pour plusieurs raison, d’une part l’immaturité actuel de la plus grosse frange des consommateurs des 15/25 ans au sujet de l’usage et de ses conséquences. D’autre part parce que comme vous le soulignez il faudrait d’abord assainir le milieu commercial, et surtout au fait qu’en état actuel des choses, l’économie souterraine est parfois le seul et unique facteur économique de familles entière. Or dans le cadre de la France régalienne et élitiste il est apparent que l’ouverture commerciale, et donc la légalisation, ne serait pas confié aux actuels dealers, en dépit de leur expertise mais à des institutions et système commerciaux qui non seulement jetterait à la rue les famille dépendante de cette manne mais tiendrait soigneusement l’écart la population des quartiers au seul fait qu’on voudra confier le sujet à des « professionnels ».


              • Zolko Zolko 7 mai 02:12

                J’ajouterai 2 points :
                 
                - la prévention : j’ai 2 enfants ados, et la question du joint arrive parfois. Comme j’ai déjà fumé un joint une fois, je ne peux décemment leur servir l’interdit taboo streng verboten de la propagande officielle. J’aimerais leur dire que fumer un joint c’est comme boire un verre d’alcohol : un peu, tranquillement, le soir, le week-end, il n’y a pas de problèmes, mais tous les jours c’est nocif. Et encore, moi je peux leur parler calmement, mais que peut dire un prof à l’école ? Il est obligé de dire que c’est interdit et mal, ce qui fera marrer les cadors du fond.
                 
                - interdire ce qui pousse tout seul est stupide ! Mettez une graine de marihuana dans la terre, elle fera de la marihuana. Vouloir interdire ça est comme vouloir vider la mer avec une cuillère. C’est impossible. De plus, j’ai le droit de mettre des graines dans mon jardin et manger ce qui en sort en salade (tomates), le boire en infusion (menthe) alors pourquoi je ne peux pas le fumer (fenouil) ?


                • pirate pirate 7 mai 09:46

                  @Zolko
                  C’est en effet ou le bas blesse méchamment au pays de l’article L670 puisque le prosélytisme sous aucune forme est strictement interdit. Or de facto il implique qu’on diffuse une image uniformément négative du cannabis, et partant, par opposition ou réaction en donne au contraire une vision uniformément positive, inconséquente au seul fait de cette terminologie qui n’a aucun sens de drogue « douce ». Même si je comprends votre image, comparer par exemple un petit joint le soir au petit verre à l’apéro n’a en réalité aucun sens. Le petit verre tout les soirs à heure dite créer une alcoolo dépendance qui n’existe dans le cannabis que du strict point de vue psychologique. L’alcool que les neurologues sérieux appellent « la molécule sale » est considéré par les addictologue comme équivalente dans les conséquences de sa dépendance à l’héroïne (qui selon ces mêmes addictologue accroche aussi bien... qu’une cigarette). Le délirium Tremens, l’alcoolisme sont des phénomènes parallèles à ceux que rencontre le junkie dans sa dépendance. Rien de tout ça n’est même proche des réalités du cannabis. Je suis sans doute un cas d’exception qui n’est pas comparable à la moyenne, mais je fume depuis bientôt quarante ans et je sais parfaitement que la seule quantité de ce que l’on fume n’est pas le véritable problème. Il y a également les circonstances, le moral que l’on possède, la qualité du produit et sa teneur en THC, l’état physiologique général, la fréquence de consommation, etc... que bref le cannabis comme toutes les drogues est une affaire sérieuse à traiter sérieusement, qu’on a qu’un cerveau et qu’à la différence de nos autres organes il ’est pas remplaçable. De fait la politique mené par la France sur ce sujet est non seulement contreproductive mais même, à mon sens et dans le cadre de la jeunesse, criminelle.


                • Hector Hector 7 mai 04:54

                  Voila cinquante ans que j’entends le même discours sur le sujet. Le fond du problème c’est le fric et rien d’autre. Comme pour tout.


                  • Jean Keim Jean Keim 7 mai 08:25
                    La drogue et son juteux commerce disparaîtront quand il n’y aura plus de consommateurs, c’est aussi simple que cela.

                    Un autre point de vue sur le cannabis :

                    • pirate pirate 7 mai 09:23

                      @Jean Keim
                      et totalement vain, une société sans drogue ça n’existe pas et surtout ça n’a jamais existé, l’usage médical du seul cannabis remonte jusqu’à 4000 ans...


                    • Jean Keim Jean Keim 7 mai 10:06

                      @pirate
                      Et donc usage médical et drogue ne sont pas la même chose, j’ai souffert de violentes crises de calculs rénaux et des injections de morphine soulageaient la douleur, pour autant je ne suis pas devenu accro.


                    • pirate pirate 7 mai 10:20

                      @Jean Keim
                       a) vous n’avez pas été dépendant parce que la médecine y a veillé, c’est même un enjeu essentiel du soin palliatif
                      b) je répète qu’une société sans drogue ça n’existe pas et n’a jamais existé
                      c) l’usage récréatif, ritualisé et/ou médical de la drogue, qu’il s’agisse de cannabis, d’opium, de qat, de coca, de kif, de mescaline, de peyotl, d’ibago ou de toute autre substance psychotrope s’est rencontré de tout temps à travers les âges et les civilisations. Ce qui a notablement changé c’est l’industrialisation tant de sa production que de sa consommation. Votre assertion quand à la disparition des consommateurs marque une totale méconnaissance du sujet, tant dans le cadre de son histoire que dans celui de son usage divers. En Inde les Sadous consomment du shit en l’honneur de Shiva et lui prête, au même titre que les rastafaris des vertus sacrés. Comme la chine impériale en a prêté à l’opium avant la guerre éponyme. L’usage de la feuille de coca dans les Andes est avant tout thérapeutique mais à nouveau il a valeur de sacré alors que le kif est d’usage purement récréatif, au même titre que le qat au Yemen qui en plus a une dimension sociale puisque le qat est un produit d’offrande courant dans les mariages.


                    • Jean Keim Jean Keim 7 mai 11:57

                      @pirate
                      Tout cela n’a pas d’autre valeur que celle que nous lui accordons, en fait c’est notamment dire et faire comme les autres et affirmer que rien ne changera jamais, c’est de votre responsabilité. 


                    • pirate pirate 7 mai 12:17

                      @Jean Keim vous réinterprétez mes propos à l’aune de vos jugements de valeurs. je vous parle d’histoire et de culture vous sous entendez des considérations morales. Non seulement la drogue est utile thérapeutiquement mais son usage purement récréatif également. C’est dans un certain cadre un lien social, un motif d’échange et de plaisir. C’est comme de vouloir abolir ce même plaisir au nom de la morale et d’expliquer qu’au nom de cette même morale il faut nier sa dimension sociale et historique. Je n’ai pas la prétention marxiste de vouloir abolir l’histoire et les travers de l’humanité au nom d’une raison qui n’est en réalité en rien raisonnable. La drogue est également une soupape pour l’esprit humain je ne vos pas au nom de quoi, ni d’ailleurs comment on pourrait se proposer de nier ce besoin vital.


                    • voxpopuli voxpopuli 7 mai 16:39

                      @Jean Keim
                      La drogue disparaîtra le jour où il n’y aura plus de consommateurs, c’est la même chimère que nous sort le gouvernement actuel en s’imaginant qu’il va faire disparaître la prostitution en faisant disparaître les clients par leur pénalisation.

                      Ce que je vais dire est peut-être extrêmement cynique mais c’est surtout la réalité. De tout temps et en tout lieu, il y a eu des constantes dans l’histoire de l’humanité, la drogue, la prostitution, la pauvreté, la guerre ; certes sous des formes et avec une intensité différente mais ces phénomènes ont toujours existé.
                      Vouloir les faire disparaître n’a donc aucun sens, alors pour autant cela signifie-t-il qu’il ne faut rien faire ? non, les pouvoirs publics doivent prendre les mesures nécessaires pour juguler au mieux ces phénomènes et en matière de cannabis, le système français a depuis longtemps fait la preuve de sa totale inefficacité.

                    • Jean Keim Jean Keim 9 mai 07:45

                      @voxpopuli
                      Je n’ai pas la prétention de vouloir faire disparaître la drogue - il est question de drogues dures n’est-ce pas ! - mais comme toujours on personnifie un problème qui n’existe que parce qu’il y a des individus pour l’alimenter, on ne peut pas supprimer toute les composantes marchandes de la drogue mais je le répète en consommer est de notre responsabilité, si le dealer n’a plus de client il disparaît.


                    • Jean Keim Jean Keim 9 mai 08:21

                      @pirate


                      Vous êtes un sophiste et moi je vous parle des drogues dures, celles qui tuent pas de tisanes.
                      L’ingestion d’un produit qui modifie le comportement n’est jamais anodin surtout sur les cerveaux des jeunes esprits.

                      Modifier le comportement, vous pigez ou pas ! 
                      Quel merveilleux moyen pour faire accepter les choses comme elles sont, mâchez des feuille de coca et supporter des tâches harassantes jusqu’à en mourir.

                      J’ai pris un temps de réflexion et j’ai beau me relire je ne vois dans mes propos aucune leçon de morale, avec la tradition et/ou la culture on peut tout justifier et une fois de plus on oublie que ce sont des inventions humaines, il est bien de s’afficher avec un poignard en corne de rhinocéros, il est de bon goût de posséder des boules de billard en ivoire, la tradition veut que l’on mutile des petites filles qui devront plus tard être dociles avec leur propriétaire, il y aura toujours des riches et des pauvres, la compétition et sa grande soeur la guerre sont dans nos gènes, si nous ne fabriquons pas des armes et ne les vendons pas, d’autres le feront ... bon j’arrête là, la liste est sans fin et la colère monte, elle ne donne jamais rien de bon.


                    • Le421 Le421 7 mai 08:52

                      A noter qu’un pays comme le Portugal a dépénalisé la consommation de cannabis (la consommation, hein, pas la production !!) et a vu de fait celle-ci chuter.
                      Hasard du calendrier ?

                      Ah, je précise !! Jamais touché un « oinj » de ma vie... Et je suis pour la déLePenisation !!  smiley


                      • Daniel Roux Daniel Roux 7 mai 10:13

                        Un sujet sérieux que l’auteur traite avec sérieux.

                        Reste que les enfants sont les premières victimes sociales de cette drogue. L’effet du cannabis sur le comportement des jeunes, leur intégration dans la société, l’affaiblissent de la motivation dans les études ou le travail et la marginalisation sont comparable à l’alcool.

                        Le cerveau finit de se construire vers 25 ans, notamment dans le lobe frontal où la conscience s’élabore. Avant cet âge, la personnalité et le sens de la responsabilité ne sont pas entièrement acquis. Les drogues nuisent au développement de la personnalité.

                        Si le législateur s’empare du sujet dans un but de dépénalisation, il devra tenir compte de l’évolution des connaissances et revoir l’ensemble du tableau des drogues.

                        Il serait illogique de traiter différemment l’alcool et le cannabis.

                        Sinon, fumer de l’herbe y compris du foin et du tabac, est dangereux pour la santé. Les produits issus de la combustion des végétaux sont cancérigènes. Il existe d’autres moyens d’absorption bien moins dangereux pour la santé facile à découvrir sur internet.


                        • pirate pirate 7 mai 10:47

                          @Daniel Roux
                          merci pour le sérieux mais en aucun cas on ne peut traiter l’alcool et le cannabis sur le même plan, en aucun cas.

                          Pour commencer si une « cuite » est parfaitement possible avec le cannabis, les dérèglements qu’impliquent un usage abusif de cannabis n’est aucunement comparable à ceux que peut provoquer l’alcool, notamment sur le terme de la désinhibition ou de la violence. De plus, la consommation abusive d’alcool et partant l’alcoolisme a des conséquences neurologiques mais surtout génétiques.L’alcoolisme est transmissible d’une génération à une autre, ce n’est en aucune manière le cas avec la consommation du cannabis. Ce n’est donc pas pour rien que les neurologues qualifient l’alcool de « molécule sale ».
                          Le cannabis est une drogue circonstancielles, son usage devient strictement problématique dans un contexte type. Un dépressif soignant sa dépression avec du cannabis ne fera qu’aggraver son état. Les enfants-soldats ont volontiers usage du cannabis parce qu’il y a une base en lui qui grève l’empathie et qu’encore une fois dans le cadre d’un dérèglement il l’amplifiera au même titre que n’importe quel drogue, alcool y compris. Il est donc tout à fait logique de traiter alcool et cannabis de manière différente parce qu’ils ne sont en aucun cas comparable, ni sur le terme des conséquences sur l’organisme, ni sur le phénomène addictif, ni sur l’aspect purement comportemental. Pour ce qui s’agit de la nuisance sur le développement de la personnalité je serais également très prudent quand aux certitudes que vous énoncez. J’ai fumé mon premier joint à 14 ans, essayé divers produits (sans m’y adonner) avant mes 25 ans et après, ma personnalité était déjà très affirmée dès l’enfance, mon sens des responsabilités également (pour faire court je suis né vieux). Au fait je suis très regardant des études exclusivement à charge ou à décharge sur le cannabis, d’une part parce que l’on s’intéresse sérieusement à la question que depuis une vingtaine d’année (notamment sur la question thérapeutique qu’on redécouvre, la médecine chinoise en a usage depuis 4000 ans) d’autre part parce que la propagande prohibitionniste a notamment tenu la dragée haute aux chercheurs depuis les années 60. 


                        • bakerstreet bakerstreet 8 mai 01:49

                          @pirate
                          Précisons que l’effet rebond existe pour le cannabis, le THC se stockant dans les masses graisseuses, pendant plusieurs semaines, ce qui est catastrophique pour la conduite, en en tout cas fera de vous le responsable idéal, si vous êtes impliqué dans un accident de la circulation.

                           Il y a sans aucun doute un type de personnalité. Je me souviens d’une fille qui m’a dit, qu’elle avait su qu’elle deviendrait alcoolique après avoir pris son premier verre d’alcool à 16 ans. « She was falling in love », comme disent les anglais...Mais j’ai vu la même chose pour le shit, des gens se défendant d’ailleurs de toute dépendance, décrétant que la science la contestait. Mais la dépendance au plaisir, celle qui comble les cases vides ?....Nous ne sommes pas égaux. La chimie est une chose, l’amour en est une autre, et l’attraction nauséeuse, l’instinct de destruction, l’envie de partir en vrille. Les toxiques permettent cela, de s’affranchir un peu, mais méfiez vous de l’effet élastique. 
                          Sinon je suis d’accord avec vous. Mais la prohibition sert trop de gens : La cité qu’il ne faut pas désespérer, la bac qui a ses petits trafiquants pour lui permettre de faire du chiffre. 


                        • bakerstreet bakerstreet 8 mai 02:12

                          @bakerstreet
                           « Il est donc tout à fait logique de traiter alcool et cannabis de manière différente parce qu’ils ne sont en aucun cas comparable, ni sur le terme des conséquences sur l’organisme, ni sur le phénomène addictif, ni sur l’aspect purement comportemental. »...

                          La rencontre d’un produit sur une personnalité reste toujours un mystère au niveau du résultat. Le « bad trip » n’est jamais prévu dans les intentions, et la rencontre avec lucy in the sky n’est pas systématique. L’alcool c’est pas la crème c’est sûr. Mais comme dit le poète « in vino veritas » . Comme on dit si tu veux connaitre quelqu’un fait le boire. Il y en a qui ont l’alcool bête, d’autres rigolos, d’autres philosophes et ralentis, alors que d’autres vont se transformer en bête furieuse et perverse....Une fois devrait suffire à se rendre compte de la chose, mais évidemment la mémoire est sélective et orientée vers la notion de plaisir et de transgression. 
                          Le shit va tout autant interférer, mais avec les structures profondes de l’individu, et il est clair que certains ont fait des expériences psychotiques qu’ils n’auraient jamais fait, voir des bouffées délirantes, s’ils n’avaient pas pris ces toxiques. Sans compter que la teneur en THC est infiniment plus forte et concentrée qu’à l’époque des années 70...Ne parlons pas des prises de toxiques croisées qui sont la norme pour certains....Le délabrement physique est concomitant à l’alcool, c’est sûr. On ne voit plus guère de délirium tremens, comme dans « l’assommoir » de zola. cela peut tout de même arriver à l’occasion d’un sevrage, d’une hospitalisation chez un individu, « jamais saoul » comme ils disent....La liberté d’un individu est une chose aléatoire et complexe, nous ne sommes pas à égalité devant les produits, mais aucun n’est évidemment banal. A chacun de se poser la question sur cette notion, à son niveau, ce qui n’est pas facile, en raison des dénis, et des aspects sociaux et culturels. 

                        • pirate pirate 8 mai 12:10

                          @bakerstreet désolé mais vous noyez le poisson sous un tas de considération relativiste, mélangeant tout, effet, comportement sur le cerveau ou sur l’individu. Non le cannabis ne va pas donner des bouffées délirantes « comme ça », d’un individu à l’autre et dans le vin ne sommeille aucune vérité. le cannabis précipite des bouffées délirantes dans le cadre d’une dépression grave, d’une crise bipolaire, d’un état limite. Et l’alcool désinhibe ;, le sujet est bien trop grave et important pour qu’on le laisse à l’interprétation relative. 


                        • bakerstreet bakerstreet 8 mai 13:41

                          @pirate
                          Quand je me relis je me trouve bien léger, évidemment, les fautes d’orthographe sont révélateurs de la vitesse avec laquelle je me lance en quelques lignes à tenter de mettre un peu de lumière dans cet écheveau complexe, et de ma fatigue, à tous point de vue de ce problème..Au niveau culturel j’ai vu tout de même par quelles approximations passaient toutes « les victimes » en fonction des croyances des sociologues, des thérapeutes, et cela des années 70 jusqu’à aujourd’hui, où certains sont dans le déni de la gravité des produits..Pourtant je me souviens que sur la route des indes que j’ai fait dans les années 70, les autochtones étaient très mesurés devant les zozos qui prenaient les produits qu’ils ne maîtrisaient pas, et qu’ils prenaient pour des doux dingues, en quoi ils avaient souvent raison, eux maîtrisant une pratique ancestrale comme les normands le font avec leur calvados...Ces babas étaient tout autant victimes que les indiens d’Amérique, ou les inuits, que les colons ont anesthésié avec l’alcool. Un produit, c’est toute une culture derrière...Mon mot sur l’alcool n’est qu’un mot, je sais trop bien les dégâts que cela provoque. J’ai vu trop de gens disparaître, toutes dépendances inclues. Mais effectivement l’alcool libère les états émotionnels....Tout cela je vous l’accorde n’est que considération légère, anecdotique, qu’il faudrait préciser, développer, au risque d’être fumeux.....On peut trouver des Cocteau, des happy few usant jusqu’à leur dernier jour d’une pratique contrôlée...Le bon exemple servant de déni pour les autres.

                          J’ai vu des gens très mal avec le cannabis, jusqu’à effectivement déclencher des bouffées délirantes, le produit faisant office de percuteur dans un fusil surement déjà chargé...Je sais trop bien de quoi je parle, j’ai cent exemples dans la tête, trop de jeunes qui y sont passés, du produit ou de ses causes, ce qui peut aboutir à la marginalisation complète et au suicide. Tout dépend de ce que vous portez sur le dos, de votre état de fatigue, de votre âge, et l’adolescence n’est sûrement par un âge où l’on est très bien structuré... Vingt ans tout de même dans un service de psychiatrie où toutes les pathologies de l’addiction étaient présentes...J’ai vu la banalisation de toutes ces merdes, avec leur potentialité dangereuse de plus en plus avérée. Que peut provoquer la fumette en chaîne entre deux consoles, et la maman apportant des plateaux repas, sans perspective aucune, sans culture, sans mythe, si l’on compare par exemple le shit des années 70 qui était ritualisé, presque tenu pour une valeur philosophique, et qu’on prenait en groupe ?. Cette grande anesthésie profite évidemment aux gouvernants ! ..Ou je vous rejoint c’est de penser que la répression n’arrange absolument rien, bien au contraire, et qu’il faudrait médicaliser, casser ce marché où l’on trouve des produits où certains jamais ne redescendent, et deviennent l’ombre d’eux même. .

                        • Ar zen Ar zen 7 mai 10:49

                          Un seul livre à lire sur ce sujet, le meilleur de tous et de très loin. Francis Caballero « legalize it ». C’est en Français, malgré un titre en européen.

                          Francis Caballero a consacré sa vie à ce sujet. Tous les points de vue y sont exploités : sanitaire, économique, social, moral. J’ajoute que je ne perçois pas de royalties.

                          Personne ne sort de sa lecture indemne !


                          • pirate pirate 7 mai 12:04

                            @Ar zen
                            En effet Caballero, vieux fumeur devant l’éternel connait parfaitement son sujet et octroie notamment une donne économique dont je ne parle pas dans l’article au sujet de la prohibition, puisqu’il s’agit également d’une lutte entre les fabricants de coton et les producteur de chanvre. Qu’aux états-unis les interdictions afférentes à la cocaïne, l’opium et le cannabis son concomitant du racisme et de l’existence d’un sous prolétariat mexicain, chinois et noir ; Ce que je pourrais reprocher à Caballero c’est de donner une certaine vision angélique du cannabis qui n’a rien de scientifique et surtout qui ne tient pas compte de son aspect sociétal actuel. La légalisation par exemple demande une certaine maturité dans l’usage, culture qui existe déjà aux Etats Unis mais en aucun cas en France.


                          • Jo.Di Jo.Di 8 mai 10:58


                             
                             
                            « Avec ma CONSOMMATION transgressive chez le petit capitaliste ultra libéral, colon du mondialisme, je suis un grand révolutionnaire anti-Marché capitaliste ! »
                            Shiteux la chiure
                             
                             smiley
                             
                             


                            • Clocel Clocel 8 mai 20:20

                              Campagne 2017 :

                              Moi président, j’organiserai le prochain MardiGrass à Paris qui sera pour l’occasion jumelée avec Nimbin ! smiley

                              Hâââ, si seulement l’adipeux se tapait un bon oinj de temps en temps...


                              • Ratatouille Zoblard le terrible 9 mai 13:14

                                j’ai acheté du cristal met,pas moyen de le fumer,j’ai été
                                obligé de le meuler au lapidaire ,et snifer la poudre,mais
                                ça ma rien fait,c’était un vieux bout de zirconium.
                                moi les drogues dur c’est terminé.
                                 smiley


                                • zygzornifle zygzornifle 10 mai 17:10

                                  Vive la Dé lepen alisation du FN .....


                                  • whiwi 4 octobre 09:52

                                    Enfin une belle proposition, celle de Terra Nova, pour la légalisation du cannabis en France 

                                    Les choses avancent !

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