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Accueil du site > Actualités > Société > Derrière une Crise il y a de l’Instable

Derrière une Crise il y a de l’Instable

Les observateurs avertis mais aussi les commentateurs médiatiques ne cessent de parler de crise. L’usage répandu et parfois intempestif de cette notion ne dessert-elle pas la juste compréhension du monde ? On peut se le demander en effet, comme on peut s’interroger sur cette supposée crise de civilisation qui ne serait autre en fait, qu’une civilisation de la crise. Mais au fait, c’est quoi la « la crise » ou alors « une crise » ? L’étymologie hellène nous amène vers l’idée d’une bifurcation avec une décision à prendre. Une fois de plus, on exposera l’idéogramme crise qui pour la culture chinoise, contient deux significations, danger et opportunité. Ces deux notions ne se contredisent pas et se complètent. La « crise » au sens chinois revêt un aspect plus ontologique et surtout, dynamique. L’idéogramme désigne une situation critique qui peut se renverser au bénéfice de l’opérateur. Lequel sait alors tirer avantage de cette situation qui bien souvent, contient la solution pour être renversée. Dans une certaine mesure, on peut dire que celui qui sait renverser une situation trouve une opportunité alors que celui qui, à l’inverse, se fait « renverser » par la situation, comprend alors qu’il n’a pas su éviter le danger. C’est donc ici que se place une certaine sagesse grecque avec la signification « cognitive » du mot « crise » qui désigne un ensemble de « jugements et décisions » mis en œuvre pour dégager une bonne décision permettant de se sortir d’une situation traversée par les oppositions et les antagonismes.

 Une image, celle d’une automobile à la sortie d’un virage risquant de finir dans le fossé. Deux options, pédale de frein ou d’accélérateur. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il est souvent judicieux d’accélérer en sortie de virage car les pneus adhèrent mieux et le véhicule reprend une relative stabilité, alors qu’un coup de frein peut précipiter l’issue fatale. Cette image est une allégorie traduisant assez bien une situation critique et l’importance de bien sentir la situation afin de réagir correctement, en adéquation avec les deux tendances.

 On voit se dessiner aux côtés de la crise un concept majeur, l’instabilité. La crise n’est pas une simple décision, un simple choix, comme celui effectué par des randonneurs optant pour un itinéraire face à un autre, ou un gourmet choisissant un plat à base de poisson plutôt qu’une viande. La crise est présente quand une situation critique se produit et pour ne pas en rester à cette tautologie, on caractérisera une situation critique comme étant instable. Lorsqu’une crise est pointée, on trouvera un déséquilibre, une instabilité, un point de fracture ou enfin un point de tension. Sans tension, sans instabilité, il ne peut pas y avoir de crise. On se demande même si quand une crise est observée, c’est qu’il y a toujours une instabilité ; celle-ci reposant sur deux éléments qui en situation stable s’équilibrent mais en situation critique, voient d’un d’entre eux se renforcer au point de déséquilibrer le système et de le faire évoluer vers autre chose. Deux possibilités, l’effondrement ou la bifurcation vers une destination prise en suivant la force dominante ou pourquoi pas, en la contrecarrant pour user des subtilités dialectiques du levier. Il faut donc savoir configurer et classer les types de crise se présentant dans nos existences.

 Deux notions doivent être éclaircies, l’équilibre et la stabilité (et leur opposé par voie de conséquence). L’équilibre est avant tout une notion importante en physique statique, spécialité qui étudie les rapports de force dans un dispositif solide. Par exemple deux poids égaux sur les plateaux d’une balance maintiennent le fléau à l’horizontale. La notion de stabilité est plus dynamique, elle inclut aussi le temps. Un régime stable ne varie pas, contrairement à un régime instable. Un moteur tournant à une vitesse constante est stable mais il devient instable si une impureté vient obstruer le carburateur. Le climat est par nature instable, comme le cours d’un fleuve. Ou comme un tas de sable sur lequel on saupoudre continuellement quelques grains. Au bout d’un moment, l’ensemble finit par s’effondrer. Les physiciens utilisent la notion de système critique auto-organisé alors qu’un point critique renvoie à un seuil où un système est susceptible de bifurquer. La physique a montré qu’un système hors équilibre, mais qu’on peut dire aussi instable, est capable d’exprimer un ordre. Ainsi naquit le paradigme de l’auto-organisation à l’origine de tentatives visant à relier le physique au politique et au social. Plus que l’auto, il aurait fallu insister sur l’instabilité. Un système qui veut se réorganiser doit-il nécessairement passer par une instabilité ? C’est la question que l’on se pose en analysant cette fois les ensembles sociaux ainsi que l’existence personnelle. Comment comprendre une crise, comment la gérer ? Et puis, pour progresser, faut-il nécessairement passer par des crises, elles-mêmes engendrée par des instabilités ? Mais alors, pourquoi les sociétés sont-elles traversées par tant d’instabilités ? 


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4 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 8 septembre 2011 12:14

    Bah pourquoi ... tout simplement parceque l’analyse marxiste est dépassé : il n’y a plus de classe et de classe laborieuse,

    il n’y a plus de justice sociale, et tout il n’y a plus de moyen de lutte

    il y a la mort, des imbéciles, des laches et des traitres à la mort certaine et rien d’autre


    • lavabo 8 septembre 2011 12:47

      tout et n’importe quoi smiley


      • easy easy 8 septembre 2011 19:27

        Je n’ai jamais rien vu de stable.
        Même 1+1 = 2 me semble non absolument stable

        Selon la focale, l’angle d’ouverture, la luminosité et la sensibilité de chacun, selon les moments de vigilance et d’assoupissement, selon le niveau d’incrédulité ou de fantasme qu’on désire, on voit ou pas des instabilités donc des crises.

        Plus de la moitié du monde n’avait vu ni la crise de 29 ni celle des missiles mais en avait vu d’autres.


         

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