Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Des Bénévoles désemparés !

Des Bénévoles désemparés !

De plus en plus de surendettés sont « passifs », c'est-à-dire qu'ils n'ont pas du tout participé activement à leur situation en contractant des crédits de consommation ou révolving.

C'est un brusque changement de situation familiale ou professionnelle qui les conduit à se retrouver « la tête sous l'eau ».

Certaines situations sont particulièrement préoccupantes et douloureuses et parfois les bénévoles sont désemparés.

C'est un homme de 45 ans qui se présente à une permanence « surendettement » dans une petite ville de province.

Il tient sous son bras un gros dossier comprenant des justificatifs de domicile, d'identité et aussi des notes à payer.

Les bénévoles commencent d'abord par écouter le demandeur afin de bien comprendre sa situation et de l'orienter vers le dépôt d'un dossier de surendettement ou vers une solution moins lourde comme l'échelonnement de dettes.

Cadre dans une entreprise, père de 4 enfants, il a divorcé il y a trois ans.

Son ex a la garde des enfants et lui doit verser une pension alimentaire.

Ayant l'envie de recevoir ses enfants dans de bonnes conditions, il achète un petit appartement à crédit en empruntant 50 000 € à la banque.

Au début tout allait à peu près bien même si l'éloignement de ses enfants et la solitude lui pesaient

Son état de santé s'est dégradé peu à peu, n'acceptant pas la séparation, il tombe en dépression et est licencié par son employeur.

A certains moment, la chute est inévitable et le fossé béant est là qui attire même les plus courageux et les plus énergiques.

Comment pouvez vous vivre et régler vos traites de maison, vos charges de propriétaires, votre gaz, votre eau, votre électricité et une pension alimentaire quand vous touchez comme indemnité de chômage moins de 600 € par mois ?

Personne ne le pourrait ?

Les bénévoles présents à la permanence ont aidé l'homme à remplir son dossier de surendettement et l'ont rassuré :

« Comme votre appartement a été acheté il y a trois ans et qu'il vous reste 12 ans de traites à payer, la commission vous demandera peut être de vendre votre bien »...

Pas de problème, ou si peu : il reste les dettes d'imposition, d'électricité , de charges....

JPEG - 10.9 ko

La commission de surendettement saisi établira un plan qui s'étalera sur huit ans avec une période de 18 à 24 mois pour vente du bien, durant laquelle le débiteur pourra respirer et s'organiser.

Dès que le dossier sera jugé recevable, les poursuites et les relances des créanciers s'arrêteront et quand le juge d'exécution aura entériné le plan proposé , cet homme pourra se reconstruire.

Mais voilà, il « s'écroule » annonce qu'il n'a plus de téléphone, plus de gaz, plus de courant et qu'il a envisagé de se suicider.

Que faire ?

Les bénévoles que j'ai eus au téléphone -nous appartenons à un réseau associatif- sont désemparés...

Il manque à cet homme un suivi social personnalisé mais que voulez vous les assistantes sociales sont surchargées et de moins en moins se déplacent ?

Au-delà de ce cas précis et ce suivi qui sera effectué par les bénévoles qui surmonteront tant bien que mal leur baisse de moral, se pose le problème de l'inexistence de réseaux de solidarité permanents entre les associations de consommateurs, les associations caritatives et les professionnels du social.

Jean-François Chalot


Moyenne des avis sur cet article :  4.59/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • JMTLG 5 octobre 2012 10:16

    "Comment pouvez vous vivre et régler vos traites de maison, vos charges de propriétaires, votre gaz, votre eau, votre électricité et une pension alimentaire quand vous touchez comme indemnité de chômage moins de 600 € par mois ?« 

    Complètement d’accord avec l’article, mais le passage ci-dessus me choque un petit peu, et doit comporter au moins une erreur (je ne souhaite pas remettre en cause le fond, mais il me semble indispensable d’être précis).

    L’ARE (le »chômage« pour ceux qui ne le sauraient pas) est d’un montant égal à 57% (environ) du brut mensuel (moyenne sur 12 mois).

    Ce qui reviendrais à dire que ce monsieur, cadre comme vous dites, gagnait une moyenne de 1052€ bruts l’année précédente. Or même en prenant en compte un arrêt maladie pour dépression c’est curieux, sachant que les IJSS ne sont pas pris en compte (en gros ce soit les 12 derniers mois travaillés).

    A moins que ce monsieur touche l’ARE (468€ mais uniquement une fois les droits chômage finis, soit 2 ans en général) quelque chose me turlupine dans ce récit.

    A moins qu’il soit »fictif« ou »modifié" bien sur, auquel cas il serait utile de le préciser pour éviter les malentendus, ou à moins que certains éléments aient été occultés, ce que je comprendrais aisément.


    • JMTLG 5 octobre 2012 10:21

      Remplacer le paragraphe concerné par :

      A moins que ce monsieur touche l’ASS(468€ mais uniquement une fois les droits chômage finis, soit 2 ans en général) quelque chose me turlupine dans ce récit.

      (navré pour la coquille).


    • nico31 5 octobre 2012 10:22

      Encore un exemple des ravages du divorce !


      • CHALOT CHALOT 5 octobre 2012 12:05

        JMTLG

        Juste après son divorce il y a 3 ans il est tombé en dépression puis a perdu son travail. Au début il touchait une allocation chômage correcte mais maintenant ce n’est plus le cas


        • foufouille foufouille 5 octobre 2012 13:08

          la pension alimentaire avec peu, ca parait ridicule


          • foufouille foufouille 5 octobre 2012 21:47

            Si son ex-femme ne travaille pas ; comment faire ?
            c’est la CAF qui paye


          • jacques lemiere 5 octobre 2012 21:41

             


            Le divorce est un luxe....ce qui faisait tenir les mariage auparavant n’était pas l’amour mais évidemment le fait que un des conjoint ( la femme) ne pouvait pas prendre le risque financier de divorcer...

            On fait les fiers et les libérés mais les contingences matérielles sont implacables.. c’est terrible...



             

            • Loatse Loatse 6 octobre 2012 05:06

              Bonjour Chalot

              une chose que vous ne mentionnez pas, ce monsieur a t’il de la famille, des parents ou des frères et soeur qui pourraient l’aider ?

              D’autre part, il vaudrait mieux que son bien soit mis en vente par lui même que par la banque au risque de perdre de la valeur lors de la mise aux enchères...mais normalement sur son contrat doit être mentionné le report de 2 ans des traites en cas de licenciement... (à vérifier donc)

              celui ci peut faire jouer cette clause auprès de sa banque..

              http://www.avocats.fr/cas-pratique/je-ne-peux-plus-payer-mon-credit-immobilier

               Mais avant toute chose, devant l’ état de détresse phychologique et matérielle de cet homme que vous nous décrivez (menaces de suicides), il me semble nécessaire et urgent d’orienter celui ci vers un CMP (centre medico psychologique), chaque ville en possède un, vous pouvez vous renseigner en mairie..
               
              Ces structures sont pourvues d’assistantes sociales qui peuvent accompagner le patient lorsque cela s’avère nécessaire pour effectuer ses démarches administratives, si besoin est les faire à sa place, se déplacer pour un suivi à domicile, remplir les papiers etc.... d’infirmières et de medecins qui sont à même de déceler un état depressif  de mettre en place un traitement voire si besoin est, envisager une hospitalisation ou un séjour en maison de repos...

              Il y aura également des démarches à faire auprès du tribunal afin que soit revue le paiement de la pension alimentaire proportionnellement à ses revenus.. son ex- épouse pourra obtenir une allocation de soutien en remplacement...

              quoiqu’il arrive, son Ass ne pourra pas être saisie en totalité, le solde bancaire insaisissable* lui permettra de faire face à ses dépenses courantes en attendant de retrouver et la santé et un emploi.. tout en étant extrèmement vigilant quand à sa consommation d’électricité... (soit condamner les pièces inoccupées de sa maison en hiver) et se trouver un poele à pétrole si le chauffage est electrique...)

              *le SBI équivaut au montant mensuel du revenu de solidarité active (RSA) pour une personne seule, soit 474,93 € . 

              ps : si pas possibilité d’aide pour sa facture d’edf, il lui faudra se défaire de sa voiture ou de son téléviseur/ordi bref vendre ce qu’il peut pour se remettre à niveau... (comme pas de courant, petites affiches chez les commercants)

              voilà, j’espère que ce monsieur trouvera en lui la force ou tout du moins la volonté de se battre pour ses enfants et pour lui même...mais quelque soit l’issue de cette situation, ne vous mettez pas la rate au court bouillon, vous ne pouvez pas même avec la meileure volonté du monde porter les fardeaux des autres à leur place, les soulager un peu oui.. et vous faites largement votre part...


              • subliminette subliminette 6 octobre 2012 08:36

                TOUT est organisé pour que cet homme ne s’en sorte pas. Les banques et les administrations sont une meute de chiens et le mordront aux fesses jusqu’à ce qu’il tombe.

                Les assistantes sociales lui donneront des conseils aussi stupides que ceux de Loatse : vendez tout ce qui peut vous distraire, télé, ordi, avec un peu de chance ça vous paiera une partie de la facture d’élec. Surtout ne buvez pas, ne fumez pas. Aucune distraction , aucun plaisir, plus d’amis. Tout ça c’est fini pour vous. Roulez-vous en boule et dégustez votre dépression.

                Cet homme est tombé, il faut le punir ! La vieille morale catho n’est jamais loin. J’ai entendu un curé dire un jour « Là où il y a misère, c’est qu’il y a eu péché ».
                IL n’y a qu’à vous lire : « Il avait kapa divorcer, c’est bien fait ! »
                Les pauvres, ça fait peur. Comme les lépreux. Vous avez raison c’est une maladie très contagieuse.
                Mais « Ne vous mettez pas la rate au court-bouillon ! » et bon week-end.


                • Loatse Loatse 6 octobre 2012 15:25

                  @Subliminette,

                  Vous voulez que ce monsieur garde son téléviseur ou son ordi (qui ne lui sert de rien puisqu’il n’a plus de courant) alors envoyez lui un chèque... ce n’est pas en pestant contre les assistantes sociales dont les capacités d’aides sont limitées ou bien la société que cela lui permettra dans l’immédiat de régler sa facture edf ou de se nourrir...

                  Ce ne sont pas des conseils, mais des tuyaux et comme je suis passée par là moi aussi (divorce, dépression, factures) je suis bien placée pour savoir que parfois il vaut mieux se séparer de quelques biens pour faire face... quitte à les racheter plus tard, d’occasion ou neufs selon ses moyens..

                  @Chalot

                  Il fallait le dire que cet article, c’était pour que nous répondions « c’est honteux, cette société marche sur la tête et autres anathèmes », point barre.

                   je me serai abstenue de me décarcasser pour tenter de trouver des solutions pratiques..




                • CHALOT CHALOT 6 octobre 2012 09:38

                  Loatse ! Ce monsieur a vendu sa voiture depuis longtemps, quant à la vente de sa maison, les conseils appropriés lui seront donnés


                  • foufouille foufouille 6 octobre 2012 11:12

                    il me semble que l’assurance perte d’emploi est obligatoire pour acheter une maison


                    • Extra Omnes Extra Omnes 6 octobre 2012 11:30

                      Le mariage est une institution désuète et ruineuse tant lors de sa conclusion qu’a sa dissolution.
                      Hollande l’a bien compris.
                      Par contre Sarko va payer cash... un jour.
                      Néanmoins, il ne finira pas dépressif et en restructuration financière comme la personne de l’article.


                      • CHALOT CHALOT 6 octobre 2012 15:34

                        Loatse !
                        Je suis preneur de toute contribution comme la vôtre...Les bénévoles trouveront toutes les solutions possibles . Par contre, je m’inquiète : les bénévoles sont souvent - et là particulièrement- désemparés devant de telles souffrances.
                        BNous réfléchissons à la constitution d’un « 115 social-solidarité » en relation directe avec celles et ceux qui sont formés, les professionnels.
                        Merci Loatse pour votre contribution

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès