Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Des « comme Matthieu » à la trouble personnalité, il y en a beaucoup dans (...)

Des « comme Matthieu » à la trouble personnalité, il y en a beaucoup dans la société

Matthieu, l’assassin d’Agnès, apparaît maintenant dans sa vraie nature, trouble et surtout double. Comme l’a bien expliqué un psychiatre dans l’émission de Calvi, certaines personnalités peuvent se révéler lisses et tout à fait sociables dans leur relation avec les autres mais recéler en leur fors intérieur un réservoir de pulsions négatives, pour ne pas dire sombres. Ce point focal de l’analyse psychologique est bien évidemment au centre de la polémique sur l’évaluation de la dangerosité d’un individu. Et l’on peut être certain qu’un individu très intelligent et très sombre à l’intérieur, se sachant traqué et surveillé par une équipes d’expert, saura mobiliser un instinct psychique phénoménal pour passer au travers des mailles de l’évaluation. Les quelques témoignages livrés par l’entourage de Matthieu confirment la structure double de cet adolescent qui n’a rien d’un délinquant grossier ayant manqué de chance et d’éducation. Bien au contraire, on a affaire à un jeune très intelligent et comme dans bien des cas, doué pour des activités abstraites, l’informatique en l’occurrence. Cette capacité est associée à une déficience sur un autre plan, celui de la morale et de l’émotion. Ce type de personnage apparaît comme froid, calculateur et privé d’émotion. En fait, il est centré sur lui-même, ses pulsions, et n’aucun souci des autres si ce n’est un intérêt pour l’apport à des tâches communes et surtout, la possibilité d’utiliser quelques spécimens au service de ses pulsions. Dans les milieux proches du new age, ce type d’adolescent est souvent décrit comme un enfant indigo. Intelligence supérieure et absence d’émotivité. Ceux qui conversent au bistrot du divan auront certainement entendu dire que parmi ces enfants qu’on dit indigo, certains sont capables de commettre des meurtres horribles. Mais la société n’a pas attendu les enfants indigo pour voir en son sein évoluer des assassins à la personnalité trouble et des déviants de toutes sortes. 

Ce qu’on ignore, c’est que des personnalités doubles comme l’est Matthieu, on en trouve un bon nombre, dans les milieux professionnels, la famille. Pas de panique, enfin disons, pas de contresens, car la dualité psychique des individus que je vais évoquer ne fonctionne pas sur les pulsions strictement sexuelles pouvant pousser au viol puis au meurtre. La perversion fonctionne sur un autre registre. Bref rappel des catégories de la libido dessinées par saint Augustin. Il y a trois libidos dont deux nous intéressent, sentendi et dominandi. La libido des sens fonctionne avec la satisfaction des pulsions sexuelles, alors que la « libido des dominations » se conjugue avec la jouissance que procure l’avantage sur une personne. Quand les pulsions sont équilibrées par la retenue (vertu, culture, surmoi), les relations sont réciproques et la vie sociale fonctionne avec une relative harmonie. La sexualité devient un moment partagé et le pouvoir est accepté par la reconnaissance de qualités, de compétences et d’autorité dont l’exercice profitent à un groupe. Qui dira que les employés d’un « patron éthique et compétent » ne tirent aucun avantage ? Là où ça pose problème, c’est quand la réciprocité est rompue et que l’individu ne pense qu’à sa satisfaction personnelle. 

Du cas de Matthieu, on passe à celui des pervers narcissiques, type de personnalité bien connu des psychiatres et des victimes mais dont la présence est ignorée le plus souvent par les groupes sociaux. Ce qui se comprend aisément puisque ces personnages savent être lisse et ne pas dévoiler leurs sombres intentions. Il aura fallu la ténacité d’une psychologue pour faire reconnaître juridiquement la réalité des phénomènes de manipulations perpétrées par ces individus déviants et pervers. Qui sont de véritables prédateurs et qu’il est préférable d’éviter car une fois dans leur collimateur, la vie des victimes devient un enfer. Des violences sont exercées mais toute la difficulté est de les établir comme faits pouvant entrer dans un dispositif juridique. Ces violences sont en fait d’ordre psychique. Il n’y a pas de violence sur le corps, comme dans un viol ou un meurtre. Néanmoins, le harcèlement moral, lorsqu’il se fait sur un lieu de travail, est un fléau qu’il est possible de contrer mais pour cela, il faut une solidarité dans le groupe dont la cohésion peut faire tomber le harceleur qui peut être un collègue ou plus souvent, un supérieur qui peut alors jouer sur la position pour préserver son immunité. Le lieu prédestiné du pervers narcissique reste le couple. L’engrenage peut devenir infernal car la victime participe à son corps défendant à ce lent processus de destruction qui permet au pervers d’assurer sa dose de jouissance quotidienne ou hebdomadaire. Son plaisir est assouvi lorsqu’il voit l’autre flancher, ce qui lui confère le sentiment de puissance et de force. D’où le volet narcissique qu’on ne confondra pas avec le trouble narcissique de la personnalité consistant à chercher l’estime des autres et refuser les critiques. Le « narcissique simple » a tendance à souffrir lorsqu’il n’est pas rassuré par son image et qu’il se cherche. Le pervers narcissique jouit parce qu’il a trouvé sa victime. Mais au fait, qu’est-ce qui pousse un partenaire à devenir la victime du pervers ? Eh bien c’est la dépendance affective et surtout, l’admiration, car l’un des traits de ces personnages est de savoir jouer sur la séduction, d’inspirer la confiance, de distiller force flatteries et compliments envers l’autre pour ensuite le faire trébucher d’une manière sournoise et insidieuse. Une image. Le pervers narcissique, c’est type qui vous persuade que vous êtes capable de piloter à deux cents à l’heure un bolide sur une route où il a tracé à votre insu un virage et un ravin.

Séduction, manipulation, froideur, instrumentalisation. Ces mots caractérisent un type d’individu présent dans la société et dont l’existence consiste à privilégier la satisfaction personnelle quitte à étouffer l’autre, le spolier de son existence, voire le détruire pour assouvir de sombres pulsions. Est-ce grave ? Ben, c’est comme dans la suite 2806 du Sofitel, il n’y a pas mort d’homme dirait docteur Djackyl Lang. En effet, pas de viol ni de meurtre mais pourtant, les pervers représentent un fléau social et peuvent éventuellement plomber des groupes qui fonctionnent avec compétence. Quelques études récentes ont tenté d’évaluer la prévalence de ces types sociaux, chiffrée à 3%, mais dans les lieux de pouvoir et de direction, ce chiffre pourrait doubler. Il est en effet connu que des personnages doués d’un pouvoir de séduction, d’un charisme et d’une froide intelligence, ont une aisance pour se faufiler dans les postes les plus intéressants, voire prestigieux. Leur objectif, obtenir leur satisfaction en se servant des autres. Les rapports sont renversés et les équilibres sociaux rompus. Ce type de personnage peut arriver assez haut dans les postes de direction, que ce soit dans les entreprises, les médias, les rouages de l’Etat. Combien de pervers dans les gouvernements et les cabinets ? 

L’impact social des froids séducteurs pervers est difficile à évaluer. Il y a quarante ans, un sociologue s’était penché sur un autre fléau, le carriérisme. Une chose semble certaine, c’est que le culte de la réussite, du mérite, la cupidité et le développement de l’individualisme, ne peuvent que renforcer cette tendance à voir arriver aux commandes des individus peut soucieux d’autrui. Pour les contrer, il faut une solidarité qui tend à faire défaut dans un monde où chacun cherche à préserver sa situation. Pour clore ce billet, un extrait d’un livre du psychanalyste Saverio Tomasella consacré à la perversion. Et un autre propos en guise de complément mais à prendre avec recul, tiré d’une discussion avec les éditeurs de Ponérologie politique écrit par Lobaczewski :

« La perversion est une anti-relation, elle ne fonctionne que sous le mode du rapport, elle ne produit que des rapports de force, donc de pouvoir : séduction, emprise, domination. [...] La perversion joue sur tous les tableaux. Elle mêle l’inversion de la réalité à la banalisation des situations graves et au déni des actes profanateurs. Elle prône l’impudeur et le non-respect de l’intimité, échange fausses confidences contre confidences forcées, renverse les principes humains, retourne les situations en défaveur de la vérité et empoisonne pour garder l’autre en prison malgré lui… » (Tomasella)

« Ils sont également incapables d’éprouver des émotions profondes. En fait, quand Robert HARE — un psychologue canadien qui passa sa carrière à étudier la psychopathie — fit passer des scanners cérébraux à des psychopathes tout en leur présentant deux séries de mots : une série de mots neutres sans association émotionnelle, et une série composée de mots chargés émotionnellement, alors que différentes zones du cerveau s’activèrent dans le groupe test des non-psychopathes, dans celui des psychopathes, les deux séries furent traitées par la même zone du cerveau, celle qui traite le langage. Ils n’eurent pas de réaction émotionnelle instantanée.

Toute notre vie émotionnelle est un mystère pour eux, et en même temps, elle leur fournit un outil formidable pour nous manipuler. Pensez à ces moments où nous sommes profondément affectés par nos émotions, et à quel point notre capacité à réfléchir s’en trouve affaiblie.

Maintenant, imaginez que vous êtes capable de feindre une telle émotion, tout en restant calme et calculateur, tandis que la personne avec laquelle vous échangez est véritablement prise dans un tourbillon émotionnel. Vous pourriez avoir recours aux larmes ou aux cris pour obtenir ce que vous voulez, tandis que votre victime serait poussée au désespoir par les émotions qu’elle vivrait.

Il semble aussi qu’ils n’aient pas de réelle conception du passé ou du futur, vivant entièrement pour leurs besoins et désirs immédiats. En raison de la stérilité de leur vie intérieure, ils recherchent souvent de nouveaux frissons, depuis le sentiment de puissance ressenti en manipulant les autres jusqu’à l’engagement dans des activités illégales pour la simple poussée d’adrénaline qu’elles procurent. »


Moyenne des avis sur cet article :  3.8/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

28 réactions à cet article    


  • chapoutier 25 novembre 2011 09:17

    l’assassin d’Agnès rentre-t-il vraiment dans cette catégorie ?

     Une enquête du Point, menée en 1988, le démontre bien l’ampleur de la violence à la tv. Cette équipe d’enquêteurs a comptabilisé pendant une semaine 670 meurtres, 15 viols, 848 bagarres, 419 fusillades ou explosions, 11 attaques à main armée, 8 suicides, 32 prises d’otage, 27 scènes de torture, 9 défenestrations, 13 tentatives de strangulation et 11 scènes de guerre

    les enfants âgés entre 18 mois et deux ans reproduisent ce qu’ils voient à la télévision

    l’exposition à un contenu violent peut entraîner une augmentation du comportement agressif chez les jeunes téléspectateurs. Tel que mentionné antérieurement, les jeunes sont susceptibles de reproduire ce qu’ils voient à la télévision. «  L’enfant est un auditeur actif. Ses croyances, ses attitudes, ses cognitions, sur les relations interpersonnelles se construisent par ce qu’il expérimente, incluant la télévision

    une consommation de violence télévisuelle peut désensibiliser face à la violence en général. Souvent, dans les émissions pour enfants, la violence est représentée de façon humoristique et les conséquences réelles des actions violentes sont rarement représentées. De cette façon, les actes violents sont banalisés. Puis, la violence a tellement d’ampleur à la télévision que les jeunes peuvent la percevoir comme étant plus répandue et plus acceptable. Elle semble être une façon normale et efficace de régler les problèmes. D’après le psychologue Daniel Lambert, la violence télévisée peut changer les attitudes des individus face au monde en général. En effet, comme il est stipulé dans le site Le Bouclier, la désensibilisation à la violence peut faire disparaître les sentiments de culpabilité normalement liés à un acte violent

    un lien tres interressant sur la question

    http://avenirdelaculture.fr/page/violence/agressivite-des-jeunes-et-delinquance-la-television-responsable


    • Robert GIL ROBERT GIL 25 novembre 2011 09:31

      Bonjour Chapoutier,
      je viens de publier la deuxieme partie de votre article concernant l’emploi sur mon blog :
      http://2ccr.unblog.fr/2011/11/25/chantage-a-l%E2%80%99emploi-2/


    • gaijin gaijin 25 novembre 2011 09:18

      « Ce type de personnage apparaît comme froid, calculateur et privé » d’émotion. En fait, il est centré sur lui-même, ses pulsions, et n’aucun souci des autres si ce n’est un intérêt pour l’apport à des tâches communes et surtout, la possibilité d’utiliser quelques spécimens au service de ses pulsions"
      vous avez raison il y en a beaucoup
      et nous les admirons leur froid intellect leur permettant d’être performants ils sont les modèles de notre société
      winners, traders, cost killers, drh, politiques.......
      individus performants et lisses, costard gris et coiffure impecable, grands travailleurs a la parole toujours mesurée et politiquement correcte
      nous les admirons pour l’image parfaite qu’ils donnent d’eux mêmes et qu’ils savent si bien modifier pour qu’elle corresponde a nos attentes
      nous les admirons et les poussons au postes clefs
      et eux créent une société a leur image : hypocrite inhumaine et schizophrénique


      • gaijin gaijin 25 novembre 2011 16:08

        oui bien sur
        il y a bien d’autres signes
        leur totale incapacité a imaginer que les autres gens sont différents
        une absence d’imagination quand a un futur qui ne serait pas différent du passé et du présent
        .......

        cela dit il ne faut pas oublier une chose :
        il ne parviennent au pouvoir que parce que nous démissionnons dans notre volonté a affirmer qu’un autre point de vue est possible


      • Valerianne Valerianne 25 novembre 2011 10:10

        Bonjour,

         

        Déçue par cet article qui, au-delà du galimatias mélangeant allègrement termes « psy », exemples liés au travail, spéculations hasardeuses et « enfants indigo » (appellation « new age » complètement farfelue, destinée à faire fantasmer nombre de parents, persuadés d’avoir mis au monde des enfants plus sensibles, plus doués que la moyenne...), je trouve ça fort dommage que vous tombiez vous aussi dans le piège, je sais fréquent à cette époque où on veut tout comprendre, tout de suite (au lieu de laisser du temps au temps...), d’avoir déjà un avis sur cette affaire tragique !

         

        Je me demande vraiment bien d’ailleurs pourquoi, à chaque nouvelle affaire criminelle, les personnes se précipitent pour donner leur avis, qu’ils soient experts ou non. Tout cela bien sûr à partir d’éléments virtuels, de données de la presse, de ce qu’ils fantasment aussi (surtout ?). Pour moi, cela frise l’indécence.

         

        Et justement, parlons en de l’émission de Calvi ! Etaient présents deux experts psychiatriques connus et reconnus, et pourtant, ils n’étaient pas d’accords entre eux sur le premier diagnostic de l’accusé (« très organisé, froid et calculateur » selon l’un - « ayant répondu à des pulsions incontrôlables » pour l’autre...). Avaient-ils eu le privilège de rencontrer l’accusé ? Que nenni, pas besoin de ça pour se positionner sur un sujet aussi grave...

         

        De toute façon, j’ai toujours été perplexe sur les évaluations psychiatriques et/ou psychologiques judiciaires, souvent faites à partir de quelques heures d’entretien. Quand on sait qu’un psychiatre consciencieux dit généralement avoir besoin de plusieurs mois, voire plusieurs années, pour être sûr d’un diagnostic portant sur une maladie psychiatrique lourde, ça laisse effectivement perplexe. On a tous d’ailleurs en tête des exemples d’affaires criminelles où les experts se contredisaient entre eux, avec parfois un décalage qui laisse pantois. En tout cas avec un applomb assourdissant, ne laissant aucune place au doute et/ou à la remise en cause, alors que se jouent dans ces expertises des choses essentielles, tant pour les familles des victimes (qui veulent « comprendre ») que pour les accusés (leur avenir judiciaire).

         

        Je préfère de beaucoup les psychiatres humbles, ceux déjà qui attendent d’avoir vu la personne pour se prononcer a minima, et qui, non seulement admettent qu’il leur faut du temps pour parler d’un diagnostic, mais qui admettent aussi que la psychiatrie n’est pas une science prédictive fiable. On est dans l’humain et donc dans la complexité.

         

        Pour finir, je vous laisse méditer sur une citation d’Albert Camus tiré du livre « L’homme révolté » : « Tout homme est un criminel qui s’ignore ». En général, j’ai horreur des citations, car sorties de leur contexte, je les trouve peu pertinentes. Mais là, en l’occurrence, en dehors de l’admiration que j’ai pour Camus (l’auteur, l’homme), ce qu’il écrit me parle particulièrement, car je pense que le meilleur, comme le pire, sommeille en chacun d’entre nous. Et que les « monstres », qu’on classe avec facilité comme les « cons » (à savoir forcément les autres...), font partie de nous.

         


        • haltauporno 26 novembre 2011 08:09

          En résumé, on est tous des monstres, donc on peut tous et toutes massacrer un enfant, une fraiche jeune fille, une joggeuse...c’est sûr que l’Absurde vous a bel et bien contaminé ! Vive l’existentialisme décidément. On voit à quels types de raisonnements ça mène !


        • ddacoudre ddacoudre 25 novembre 2011 12:08

          bonjour valériane

          Je me demande vraiment bien d’ailleurs pourquoi, à chaque nouvelle affaire criminelle, les personnes se précipitent pour donner leur avis, qu’ils soient experts ou non. Tout cela bien sûr à partir d’éléments virtuels, de données de la presse, de ce qu’ils fantasment aussi (surtout ?). Pour moi, cela frise l’indécence.

          d’accord avec ce point, mais hormi la nécessaire protection des biensest des prsonne nous sommes entré depuis longtemps dans une exploitations irrationnelle de sujets dramatiques qui peuple notre quotidien.
          sans porter de jugement sur des affaires dont je n’ai pas les éléments d’appréciations, j’ai écrit diversarticles sur cette utilisation indécentes des drames de familles qui les vivent.
          http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=88485.
          http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=104789.
          http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=72281
          ddacoudre.over-blog.com .
          cordialement.


          • haltauporno 26 novembre 2011 08:15

            @ddacoudre
            Et blablabla ! On peut aussi avoir envie que ça cesse, non ?ça ne vous a pas traversé l’esprit ?On peut par exemple, avoir deux superbes adolescentes à la maison et trembler à chaque instant à l’idée qu’un psychopathe puisse leur faire subir l’indicible ? Non ? ça ne vous effleure toujours pas ?


          • haltauporno 26 novembre 2011 20:00

            @ ekaterina,

            Je n’avais pas vu votre réponse ! Rassurez-vous, j’ai tout mon sang froid, et je sais parfaitement ce que je fais. Ce message ne vous etait d’ailleurs pas adressé.
            Je crois qu’il faut savoir ruer dans les brancards et secouer le cocotier de temps en temps. Il y a des drames qu’on n’a pas le droit de banaliser. Pourquoi voulez-vous que les gens s’expriment forcément sur un ton neutre et monocorde ?


          • haltauporno 27 novembre 2011 14:30

            @ ekatérina,
             L’article est très bon en effet.Par contre il est insupportable de lire des choses comme« il faut essayer de comprendre pourquoi tel criminel a agi comme ça », « cela remue en nous des peurs archaïques, peut-etre est ce la raison pour laquelle on s’émeut devant ce genre de faits divers », ou encore« arrêtez de fantasmer » ou « de jouer les voyeurs », et toutes ces bêtises qui relèvent autant du conditionnement que de la résignation. Je pense qu’il faut se mettre en colère au contraire face à ces drames, et ne plus jamais les accepter comme une fatalité excusable auprès de ceux qui les commettent.( Qu’est ce que je m’en fiche que certains des tueurs n’aient pas eu leur tartine de Nutella à tous les 4 heures lorsqu’ils étaient enfants, ou qu’ils aient manqué du plus élémentaire amour. Le Mal est fait, et les conséquences de ce mal sont en route. C’est cela qu’on doit stopper), ou auprès de tous nos dirigeants qui laissent faire.
            Quand je lis la déclaration de Clarisse Taron (présidente du syndicat des magistrats) : « Personne ne prédire l’avenir », et « Ils n’ont pas une boule de cristal »(les psys) pour justifier qu’on laisse des prédatueurs en liberté....ça me donne envie de HURLER de colère ! Comment peut-on dire ça en connaissant le dossier du Mathieu en question ? c’est à HURLER à la mort comme les chiens pour qui on nous prend, des propos de ce genre !


          • velosolex velosolex 25 novembre 2011 12:46


            L’homme s’est mis donc au-dessus des autres espèces, par des critères discutables : Maitrise de la parole, connaissance qu’il est mortel, de savoir se servir d’un outil. Les spécialistes savent bien que ce sont des artifices propre à sa vanité.

            La compassion qu’il aurait aussi envers ses congénères ferait partie aussi de cette panoplie propre à le hisser au dessus des autres animaux.
            Là aussi on sait que c’est un mensonge : Plusieurs témoignages taillent en brèche cette affirmation
             Long défilé des éléphants devant le cadavre d’un des leurs, voir euthanasie devant ’un éléphanteau qui souffre après avoir été déchiré par des fauves, et multiples exemples, en dehors d’ailleurs des mammifères.
            Par contre, excepté chez quelques familles de chimpanzé, la torture vis à vis de ses semblables semble être une exclusivité humaine.

            Par temps de paix, il n’y a guère que quelques individus hors normes, semblant incapables d’élaborer la moindre empathie avec leurs semblables, et échappant à la peur de la loi ou s’en jouant avec plaisir (tout le champ du pervers) pour passer à l’acte.

            Évidemment ce pourcentage va évoluer en cas de guerre, et les cas de sadisme et de viols, en absence de la peur de la loi, devenir même légitimes, pour des raisons archaïques de conquêtes et de volonté d’anéantissement de l’autre.

            Il y aurait environ 5 pour cent de la population qui correspondrait à ces règles de transgression et de malfaisance. A peu près le même pourcentage que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres espèces animales, telles que les loups. Ordinairement les loups n’attaquaient pas les hommes, mais dans les alpes, au siècle dernier, il arrivait souvent qu’un moissonneur faisant la sieste se fasse mordre cruellement par un loup solitaire, exclu de la horde.

            On le voit, le vernis de la culture et de la loi est bien fragile. Quantité d’individus se tiendront tranquilles uniquement par peur des conséquences de leur acte. La tragédie du Rwanda et de l’ex yougoslavie sont là pour nous les rappeler.
            Des évenéments traumatiques nous montrent ainsi qu’il n’y a guère besoin d’aller bien loin. Les spécialistes sont là pour exorciser et baliser le monstrueux, presque l’exorciser, tendant de lui trouver un sens.
            Ou alors de l’enfermer dans la pathologie, la maladie, comme une cage contenant un animal monstrueux 
            Quand l’horreur prend les traits d’un fils de bonne famille, au visage surement angélique, on est bien démuni.
            On préférerait surement les traits d’un vieux pochard vagabond de surcroit.
             Stevenson nous avait déjà alerté sur les deux faces contraires d’un individu.Et avec beaucoup d’intelligence. Ce qui au début est un jeu devient une véritable addiction.
             L’on dit ordinairement qu’un chien qui a mordu une fois à pris suffisamment le gout du sang qu’il recommencera. je sais bien que ces considérations animalières peuvent être dérangeantes, mais pourquoi nous situerions nous dans un registre plus raffiné, quand les faits parlent de même depuis la nuit des temps.

            Arte passait dernièrement un reportage sur la vie d’Otto Dix.
            Quand on voit les toiles d’Otto Dix, combattant Allemand des deux guerres, on est prit d’un malaise étrange, ou d’une attraction morbide. En tout cas ses œuvres dérangent. Défilé de soldats estropiés, de mutilés de guerre, de putes morbides. C’est pas du David Hamilton....Hitler fera bruler ses peintures, non esthétisantes, après qu’elles aient été exposé au salon des dégénérés.....
            Otto Dix osera témoigner en tant qu’ancien combattant de la jubilation à donner la mort, à enfoncer une baïonnette dans un corps, et de l’envie de recommencer.....
             Le propre d’Otto Dix n’était pas seulement de montrer les horreurs de la guerre, mais de nous faire partager son expérience sur la guerre, le mal, la souffrance, la blessure, comme constitutionnels de la nature humaine, une part d’ombre cachée par les conventions sociales

            Beaucoup d’individus sont sur une fil rouge. Quelques stimulations à un moment choisi peuvent ainsi les précipiter du mauvais coté, qui une fois franchi, s’avérer être une zone de non retour.
            Tant pis si je passe encore pour un cul béni, mais je pense sérieusement que la mise en scène de la violence et de la pornographie, telle qu’elle en est arrivée à son comble (ce truc de vieux pervers asservissant le corps de la femme de la façon la plus archaïque et la plus réactionnaire et à l’opposé de l’idéal de libération des années soixante dix) a une incidence vraiment néfaste pour de jeunes ados.
            Mais allez donc vous battre contre le monde du spectacle !
            J’entends déjà les cris des soi disant créateurs
            « Quoi, c’est la liberté d’expression que vous voulez bâillonner ! »
            Ils préfèrent bâillonner des jeunes filles et jouer avec le feu, tout en remplissant leur porte monnaie.


            • velosolex velosolex 25 novembre 2011 16:58

              ЕкатеринаSelenaOndirignee

              Merci pour votre réponse. En accord avec votre sensibilité des choses.
              Il y a des critères de passage à l’acte que la société ne maitrisent pas.

              D’autres par contre sont événementiels. Et même s’ils sont difficile à identifier à coup sûr dans un rapport de causalité, comme la pornographie actuellement, ( passée tout de même à un stade artisanale à des contenus stupéfiants et visibles par tous)on peut estimer raisonnablement qu’ils facilitent le passage à l’acte, et qu’ils remplissent à peu près le même pousse au crime que l’embrigadement guerrier menant au meurtre ou au viol, cette autre façon de tuer : Exemple du chef, banalisation du mal de façon ludique, exaltation du plaisir en se moquant de la victime réduite à un simple corps dont on dispose comme on veut.

              La difficulté de certains jeunes et de plus en plus d’adultes est de plus en plus patente elle aussi. Il faut une réponse rapide, parfois instinctive. Le processus d’accomplissement entre le désir et sa réalisation et son aboutissement sont difficilement entendables pour certains, sans qu’on rentre dans le champ de la maladie mentale.

              Il semble bien que cela soit dans la suite logique d’une certaine culture, de plus en plus virtuelle et déshumanisée, où la console de jeux à remplacé le jeu d’échecs. (encore une fois évidemment ce n’est pas l’apologie du monopoly que je fais, mais les risques d’addiction et de glissement que je commente)

              Il est difficile de débattre sur ce sujet sans faire des enchainements, et passer pour irrémédiablement un vieux con, un has been répétant à l’infini le débat des anciens et des modernes, la bataille d’Hermani, ou je ne sais quoi. Moi je pense que ce jeunisme, encore une tare de l’époque, est une autre invention pour faire taire les voix divergentes.

              L’homme est évidemment un animal sociétal en lien avec ses semblables. J’ai été frappé comme d’autres parents en voyant mes garçons adopter en grandissant la posture banlieue, macho.
              Même si ce n’était qu’un vernis temporaire, il était révélateur des ados à se conforter à cette culture de groupe particulière, à céder à des identifications qui peuvent s’avérer dangereuses. Sans doute aurais je été comme eux. Je n’ose imaginer ce que je serais devenu si j’avais été allemand, 18 ans en 40, ou encore moins, comme ces jeunes qui dénoncèrent leurs parents au parti nazi.

              Ma culture des années soixante dix excluait la violence, et faisait pression sur les têtes brulées pour qu’ils se confortent à l’attitude ambiante, plutôt baba cool à l’époque et qui peut être surement brocardé elle aussi, mais qui en tout privilégiait et encourageait la parole, le questionnement, le débat d’idées.
              En tout le rapport de l’acte avec l’état de la société marchande, fascinée par des scénarios de serial killers, s’absolvant elle même de ces pousses au crime par le silence est remarquable.
              "Circulez ! Y a rien à voir de ce coté.
              Au mieux, elle affirmera d’un ton dogmatique que les gens sont capables de faire la différence avec les fictions et la réalité. Au pire qu’elle soulagerait l’émergence d’un moi pulsionnel, qui sans elle, passerait à l’acte
              Quand l’abominable survient
              Alors on jette un coup d’œil sur la maladie mentale, cage facile pour renvoyer vers l’ailleurs et enfermer les monstres, nous dire qu’ils ne nous concernent pas, puisque d’une autre planète.
              Mais ce n’est pas le crime odieux qui fait le malade.

              Certains faits divers prennent corps parfois dans l’opinion. Car comme des rumeurs, ils véhiculent tout à coup un questionnement auquel on n’aurait bien tort de répondre par le mépris ou le bottage en touche


            • cathy30 cathy30 25 novembre 2011 13:33

              J’aime bien votre article BD
              Il est vrai que l’on a favorisé le carriérisme dans les années 70-80, et les loups sont sortis du bois. Est-ce qu’il y en a plus qu’avant, j’espère que non ?
              j’aime bien la définition de Tomasella sur le pervers, de son impudeur et le non-respect de l’intimité, c’est tout à fait ça

              De toute façon cette émission, d’après ce que je comprends c’était comment a-t-on pu passer à côté d’un tel monstre comme si de rien n’était.
              Oui ils peuvent se poser la question, car ce jeune homme a tout de même été placé dans un internat mixte, alors qu’il avait déjà violé. ça remet en cause toute une institution, sur la sécurité des enfants, de leur éducation et la façon dont tout cela est géré.


              • haltauporno 26 novembre 2011 08:24

                La répression à tout prix, une extrême ?Oui c’est sûr ya pas de quoi fouetter un chat !
                Tapez donc : « La longue plainte des victimes »un article qui dresse la liste des victimes les plus récentes des pervers en liberté, et on en reparle.


              • haltauporno 26 novembre 2011 13:38

                @ Ekaterina,

                "Je suis contre la peine de mort, car à l’heure où un criminel est exécuté, il en naît d’autres en devenir. C’est une attitude vaine.
                Comprendre le problème afin de pouvoir le désamorcer me semble plus profitable sur le long terme. Ne serais pas étonnée que les chiffres de la criminalité soient sensiblement similaires dans les pays disposant de la peine de mort et ceux l’ayant abolie.
                "
                Oui, je suis d’accord avec vous. Il semble qu’aux USA, les Etats qui pratiquent la peine de mort n’ont pas pour autant moins de criminalité qu’ailleurs.Par contre, je suis pour qu’on laisse les violeurs et tueurs enfermés à vie, pour la seule raison que s’ils sortent leurs fantasmes étant plus forts que tout, ils recommencent.
                 Je suis contre la peine de mort parce qu’on peut toujours se tromper, et que l’erreur peut apparaitre un jour, donc je ménage le bénéfice du doute. Il existe d’ailleurs le cas d’un violeur-tueur qui avait subtilisé des préservatifs usagés dans la poubelle d’un voisin, lequel s’était trouvé inculpé du meurtre sans l’ombre d’un doute.


              • haltauporno 26 novembre 2011 18:36

                @Ekaterina,

                Je me permets de vous remercier pour tous les commentaires très intéressants que vous avez apportés à cet article, ainsi que pour votre honnêteté concernant l’état actuel de la psychologie qui semble se trouver dans une phase transitoire face à l’augmentation des actes déviants. Cela donne l’espoir de voir les spécialistes se poser les bonnes questions. Très sincèrement merci pour votre démarche honnête et courageuse. Mes commentaires sont parfois virulents, mais c’est la révolte qui les motivent, et bien sûr l’espoir que les choses changent dans le sens de la protection des victimes.
                On a enterré Agnès aujourd’hui, le jour de son anniversaire. Elle n’a pas fêté ses 14 ans.


              • astus astus 25 novembre 2011 18:00

                Merci Bernard pour cet article pertinent qui me fait associer ceci :

                Pour le pervers narcissique les processus d’incorporation ou d’introjection (M. Klein), et donc d’identification (Freud) à un autre « suffisamment bon » (Winnicott), n’ont pas bien fonctionné faisant au contraire de celui-ci « le miroir du négatif de soi » (Roussillon). Ces sujets n’ont pas réussi à se construire une image positive d’eux-mêmes ce qui fait d’autrui un simple prolongement de leur « soi grandiose » (Kohut).

                Paul-Claude Racamier, un des meilleurs spécialistes français de la perversion narcissique, décrit celle-ci comme "une façon particulière de se mettre à l’abri des conflits internes en se faisant valoir aux dépens de l’entourage."

                Et il ajoute " La perversion narcissique constitue sans aucun doute le plus grand danger qui soit dans les familles, les groupes, les institutions et les sociétés. Rompre les liens, c’est attaquer l’amour objectal et c’est attaquer l’intelligence même : la peste n’a pas fait pis." (Gruppo N° 8 -1992- pp. 46 et 53).

                Malheureusement, par delà les cas individuels souvent dramatiques, il faut reconnaître que les perversions narcissiques ont envahi le champ social. Pour s’en convaincre il suffit de voir à la télé les visages hilares de certaines personnalités bien en vue pourtant soupçonnés de sérieuses entorses aux lois de la république...ou les apparitions régulières de people du sport (vive la dope…), du showbiz ou des médias qui passent leur temps à auto-entretenir leur célébrité aux dépens de ceux qui les regardent.

                La perversion narcissique n’est donc pas un problème anodin de nos sociétés car elle est très difficile à combattre. Et il est parfaitement exact qu’on ne peut la contrer (notamment dans le monde du travail) que grâce à une solidarité sans faille qui seule permet de résister à la violence que ces sujets tentent en permanence d’injecter chez l’autre pour tenter de contrebalancer leur propre risque d’effondrement narcissique, évidemment dénié par eux-mêmes.

                Amicalement. 


                • Raymond SAMUEL paconform 25 novembre 2011 18:43

                  Bonsoir,

                  Il est tout à fait légitime et nécessaire de chercher à décoder la personnalité de ces « mathieu et autres » ; Mais l’étude de la personnalité de ces individus devrait, à mon sens, avoir pour but principal de comprendre comment et pourquoi ces personnalités perverses sont ce qu’elles sont.
                  On naît violent m’a dit mon dentiste. Mathieu est-il né violeur et assassin ? Où bien devient-on violeur et assassin ?
                  La question vaut d’être posée. Remarquons qu’elle ne l’est pas. Il faudra revenir sur cette anomalie (qui ne doit pas être due au hasard).
                  Dès maintenant nous ne pouvons pas ne pas constater que, si l’on ne naît pas criminel, alors il faut rechercher (ET C’EST LA LE PLUS IMPORTANT) comment on devient criminel. Pour que chacun sache comment combattre les évènements, l’environnement, la culture peut-être, ou les modes de vie, qui favorisent ce devenir criminel.

                  Il n’est pas besoin d’être un spécialiste pour faire quelques remarques :
                  - la piste congénitale n’est pas à écarter à priori (il n’y a pas que les gènes) mais on sait de façon sûre que les personnalités se développent en interaction avec le milieu. Le milieu, l’environnement, sont sans aucun doute déterminants. Il faut développer largement les études sur ce plan.
                  - Tout ne se joue pas avant six ans. Mais l’essentiel se passe pendant ces six ans et particulièrement pendant les trois premières années (en incluant les neuf mois in-utero).
                  Le cerveau double son poids pendant la première année. Les impresions enregistrées pendant ces trois/six ans sont largement indélébiles, malgré la plasticité du cerveau.

                  Je pense que c’est pendant ces six années que l’on fabrique presque tous les êtres en souffrance et que c’est parmi les plus atteints de ces êtres que se trouvent les potentiels agresseurs.

                  Dans notre société l’enfance est un sujet mineur. Par ailleurs, l’adulte DOIT avoir raison, il n’éprouve donc pas le besoin de se remettre en cause et l’enfant est sommé de se plier à la société des adultes.

                  Il m’arrive de penser que nous avons de la chance de ne pas avoir davantage de « Mathieu ».


                  • Annie 25 novembre 2011 21:45

                    Il me semble que toute la question est là : nait-on monstre ou le devient-on ?
                    J’aimerai ajouter à propos de ces enfants indigo dont je n’avais jamais entendu parler auparavant que l’on ne sait pas si les enfants sont nés sans être capables d’émotions ou empathie ou s’ils sont devenus ainsi parce qu’ils ont été exposés à des émotions tellement traumatiques qu’elles les ont amenés à se renfermer sur eux mêmes pour se protéger, la théorie développée par Bettleheim dans la forteresse vide. Affirmer comme dans le cas présent que cet adolescent a vécu une enfance toute à fait normale est dans une certaine mesure affirmer que toute cause produit le même effet. La réalité est beaucoup plus complexe chez les humains et ce qui est traumatique pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.


                  • Raymond SAMUEL paconform 25 novembre 2011 22:25

                    Oui Annie,
                     mais le fait que les parents de ce Mathieu soient professeur et autre de même niveau fait que tout le monde croit derechef que l’enfant a eu une enfance normale ! Ces critères n’ont AUCUNE valeur. Il y a violences éducatives partout et maltraitances caractérisées partout.
                    Personnellement je n’ai RIEN lu ni entendu qui me permette de penser que ce Mathieu ait eu une enfance normale. Et il n’y a que très très peu de chances pour que ce soit le cas, à mon avis.


                    • cathy30 cathy30 25 novembre 2011 23:07

                      paconform
                      oui la perversion reste un très gros problème, déjà parce que ça ne se guerit pas, (pour guerir il faut souffrir, alors que là il n’y en a pas) et aussi le pervers n’a pas nécessairement eu des problèmes graves dans son enfance.

                      J’ai bien aimé le livre les vilains petits canards, de Cerulnik ou l’auteur parle d’enfants ayant subis de graves traumatismes, et ont réussi à les surmonter parce qu’ils avaient un capital d’amour. Peut être que nous naissons avec un capital plus ou moins grand d’amour.


                    • haltauporno 26 novembre 2011 08:59

                      @tous,

                      Ne vous laissez pas manipuler par tous ces commentaires qui affirment qu’on est tous des monstres. Ces gens qui analysent le meurtre des jeunes filles en terme d’Absurde, ou qui disent que les personnes qui se sentent concernées par ces affaires sont des voyeurs compulsifs, banalisent le scandale de la libération des tueurs pour bonne conduite en prison. Pourquoi font-ils toute cette involontaire apologie de la liberté de tuer, tandis qu’ils culpabilisent les témoins révoltés de ces crimes odieux ? Parce qu’ils sont paumés comme nous tous face à la violence, à la perversité des rapports sociaux et captifs de cette saloperie d’existentialisme qui est le fondement idéologique de l’individualisme, qui conduit à la toute puissance individuelle.
                      Dostoievski, qui avait retrouvé la foi en exil a écrit :« ... il n’est rien de plus beau, de plus profond, de plus sympathique, de plus raisonnable, de plus viril et de plus parfait que le Christ... Désormais, je n’écrirai plus d’âneries. » Je nous en souhaite autant à tous !


                      • Raymond SAMUEL paconform 26 novembre 2011 09:41

                        Cathy,

                        J’ai beaucoup de respect pour Borius Cyrulnik. Mais j’ai tendance à penser qu’il s’autosoigne en développant sa théorie de la résilience, que je conteste telle qu’il la présente.
                        La souffrance éprouvée dans la petite enfance (et surtout pendant la période préverbale parce qu’elle ne peut pas être formalisée et restituée) ne permet pas de regarder la réalité en face. Ceux qui portent en eux cette souffrance fuient, pratiquent le déni (nous avons été choyés etc.), ou inventent la résilience...
                        Je crois plutôt que ceux qui s’en tirent bien sont ceux qui ont eu une compensation AFFECTIVE, par des personnes tierces. Alice Miller, cette grande dame, a appelé cet intervenant extérieur « une personne secourable ».


                        • haltauporno 26 novembre 2011 09:50

                          Christopher Lash : « La culture du narcissisme » (Wikipédia) :

                          Lasch assoit son analyse sur des études cliniques de cas psychiatriques (p. 68-69). Il note une évolution dans les diagnostics. Les psychiatres ne sont plus confrontés aux symptômes classiques décrits par Freud (hystéries, névroses obsessionnelles) qui résultaient du contexte des premiers stades de développement du capitalisme marqués par une forte répression sexuelle, le culte de l’effort et du profit. Aujourd’hui les psychiatres ont de plus en plus affaire à des cas limites ou pré-schizophrènes, mêlant psychose, névrose et désordre narcissique. (p. 73) Lasch cite un psychiatre américain (Joel Kovel) qui analyse ainsi ces cas limites : alors qu’autrefois la pulsion infantile était réprimée par l’autorité patriarcale, la pulsion est désormais stimulée et pervertie mais aucun objet convenable n’est donné pour la satisfaire, ni des moyens cohérents de contrôle. Le complexe, se manifestant dans un environnement aliéné mais non répressif, perd la forme classique du symptôme et donc l’occasion d’appliquer la thérapie qui consiste à rétablir la conscience d’une pulsion (p. 75). Les cas limites se caractérisent par un sentiment d’insatisfaction et de vide dépressif, une difficulté à s’entendre avec autrui, une dépréciation des autres, une crainte de la dépendance, de violentes oscillations dans l’estime de soi, « ils évitent les engagements intimes qui pourraient les libérer de leurs intenses sentiments de rage. Leur personnalité n’est guère qu’un ensemble de défenses contre cette rage […] » (p. 69).


                          • haltauporno 26 novembre 2011 09:56

                            Christopher Lash : « La culture du narcissisme » (wikipédia)

                            Concernant plus particulièrement l’individualisme, Lasch confirme l’idée de David Riesman auteur de « La foule solitaire »10 selon laquelle un hédonisme de l’instant s’est substitué au sens de la satisfaction dans un avenir lointain. Mais selon lui cet hédonisme masque une lutte pour le pouvoir. On n’assiste pas à un regain de la sociabilité et de la coopération mais a une plus grande habileté dans l’art d’exploiter les relations interpersonnelles à son avantage : « des activités ostensiblement entreprises pour le seul plaisir, ont souvent pour but véritable de piéger autrui. » (p. 102) Pour étayer son propos Lasch s’intéresse au langage : les termes évoquant les relations sexuelles sont aussi ceux qu’on emploie pour exprimer que l’on a vaincu, abusé ou imposé sa volonté à quelqu’un par ruse ou force. Notre société s’apparenterait de plus en plus à l’utopie de Sade : un ensemble d’êtres humains anonymes et interchangeables, réduits à leurs organes sexuels, où chacun a le droit de posséder n’importe qui, hommes et femmes n’étant qu’objets d’échange (p. 105-106)


                            • Raymond SAMUEL paconform 26 novembre 2011 15:47

                              Sabine,

                              J’essaie de vous éclairer
                              J’ai dit (ou voulu dire) que les souffrancs subies dans la petite enfance restaient douloureuses à l’âge adulte du fait des atteintes (organiques et non organiques) provoquées par ces souffrances. J’ai dit aussii que leur origine n’était pas acceptable, pour l’adulte en souffrance, esentiellement parce que survenues sous la responsabilité des parents. D’où le déni, la fuite etc...

                              C’est là la situation générale.

                              « et surtout »...

                              les faibles chances pour que cette origine de leurs souffrances soit reconnue par certains des adultes disparaissent totalement dans le cas où les maltraitances ont été subies pendant la période préverbale. Les évènements n’ayant pas été enregistrés par le langage ne peuvent évidemment pas être restitués par ce moyen, qui est celui utilisé par l’adulte. C’est l’impasse. Il ne reste pour cet adulte, que la souffrance (inexpliquée).


                              • velosolex velosolex 26 novembre 2011 16:44

                                Né t’on un monstre où le devient-on ?

                                Toujours le même problème du mal, de l’inné et de l’acquis. Cent fois traités par Dostoïevski ou Fritz Lang ( Crimes et châtiments, M. le Maudit).
                                Il est bien difficile de parler de l’inné. La théorie héréditaire tant à la mode au 19 siècle a véhiculé toutes les phantasmes et les idées préconçues inhérentes à la race, justifiant des politiques descrimanoites et même eugénismes. Le troisième Reich s’inspira des méthodes américaines de stérilisation des malades mentaux et des marginaux, des indiens aussi pendant qu’on y était d’ailleurs. (Politique qui se poursuivit aux USA et au Canada jusque dans les années 60 et qui fit des dizaines de milliers de victimes....)

                                Il est vrai qu’on remarque que certaines maladies mentales sont plus fréquentes dans certaines familles semblants avoir une prédisposition (Psychose maniaco-dépressive, schizophrénie) On aurait tort de s’en étonner, pour la bonne raison que beaucoup de pathologies psychiatriques sont, tout comme les maladies corporelles, liés à des déficiences organiques. Le cerveau n’est pas un organe royal coupé des interactions génétiques et hormonales.
                                Dans les années 60, certaines théoriciens psychanalytiques se prenant pour des scientifiques culpabilisèrent les parents et les proches d’autistes, de schizophrènes, faisant le lien entre l’éducation qu’ils avaient donné, et les troubles de leur enfant. On le sait bien maintenant, ce sont des maladies liées à des déficits constitutionnels, se décompensant parfois.

                                Ces fêlures n’empêcheront pas la plupart des individus à avoir une vie normale,et heureuse, et d’afficher même leur différence. la vie serai bien triste si nous avions tous les mêmes ressentis et émotions.

                                Mais je suis bien conscient que l’on parle ici des dérapages, du mal être, du mal aux autres.
                                Point n’est toujours besoin de parler de la maladie pour l’évoquer. La perversion fait partie des choix de vie d’un individu qu’il devra assumer devant un jury d’hommes et de femmes si sa responsabilité est avéré. Car alors ils ne jugent pas seulement un coupable éventuelle, mais il défendent aussi les droits de la victime, et des valeurs de sacré et de dignité sans lesquels nous nous enfoncerions dans la barbarie.

                                Les psychiatres et le personnel des hôpitaux sont souvent brocardés. Jugés parfois carcérals privant de liberté des individus qui souffrent(dans des montages télé faisant pleurer d’indignation dans les chaumières), les voilà étiquetés laxistes ou incompétents si un patient dérape à l’extérieur.

                                On voudrait donc qu’ils soient tous puissants, capables de prédire des actes que les patients ont du mal souvent à comprendre le sens et à assumer quand ils vont mieux. Sans compter que chacun est unique.

                                Si l’irresponsabilité d’un malade est flagrante en cas ce délire psychotique, bien d’autres cas moins francs sont bien plus difficiles à appréhender. Les psychiatres du reste donnent juste un avis, c’est le juge qui prend la décision.

                                Pour revenir au crime envers Agnès, rien n’indique de le présumé coupable souffrait de troubles psy. Ce n’est pas l’horreur d’un crime qui en fait nécessairement un acte fou, ou du moins, « d’un fou ». Notons d’ailleurs que les meurtres faits par les psychotique correspondent la plupart du temps à une tempête intérieure, une injection subite. Ce meurtre par contre, ainsi que le viol, sont particulièrement prémédités.

                                J’en entend qui voudraient excuser d’emblée la violence de l’acte, en décrétant que cet enfant intelligent avait forcément subi des traumatismes pour en quelque sorte reproduire la violence. Ca me semble un mécanisme de défense contre l’innommable, à qui pourtant il faut bien nous confronter, si nous ne voulons pas en le niant lui donner toutes les chances de se reproduire.
                                Bien des bourreaux ont eu une enfance dorée.
                                L’intelligence n’a rien à voir avec un code d’éthique et de moral
                                L’intelligence, c’est cette qualité particulière à élaborer des choses abstraites.
                                Elle permit à un parfait schizophrène, Bobby Fisher, de devenir le plus grand champion d’échecs de tous les temps.
                                De même, de n’empêcha pas des généraux nazis de jouer Mozart en virtuose.
                                Goebbels avait un doctorat en philosophie.

                                Au pire, on le voit, l’intelligence permet de s’extraire du vulgaire, et de se permettre des choses « extraordinaires », « surhumaines » en rapport avec la haute considération qu’elle a d’elle même, dans une fascination morbide et narcissique. Le surhomme de Nietzsche a engendré pas mal de vocations despotique chez pas mal de petits mal hargneux, propre à vouloir se déculpabiliser de leurs saloperies et de leurs turpitudes sous un vernis de civilisation, ce qui est un comble
                                .
                                La littérature a souvent rendu compte de ces trajets psychopathiques, que ces soit dans le roman pur, comme celui de Doona Tartt : Le maître des illusions, où quelques étudiants décident de commettre un crime gratuit envers une de leur congénère.

                                Bien plus convaincant, car issu d’une histoire réelle : Crime, de Meyer Levin, où l’auteur journaliste raconte une histoire auquelle il a été confronté : L’enlèvement et le meurtre, dans les années vingt, d’un enfant de milliardaire. Les deux coupables habitaient la maison d’en face, tout aussi gatés par la fortune.....
                                Un vrai bijou : Outside Valentine, de Liza Ward. Cette jeune femme raconte la folle Odyssée meurtrière de deux ados, aux USA, lui dix sept, elle quatorze, qui laisseront derrière eux une dizaine de victimes, dont les grands parents de l’auteur. Magnifique de justesse et d’intelligence, de compassion, et si bien écrit.


                                • Raymond SAMUEL paconform 27 novembre 2011 12:41

                                  Sabine,
                                  Je n’avais oas saisi votre question dans sa finalité.
                                  Malheureusement je dois me contenter d’évoquer le problème des atteintes en période préverbale. Je n’ai pas la connaissance et les moyens de savoir dans quelle mesure on peut surmonter cette si importante difficulté. Mais ce n’est qu’une dificulté suopplémentaire (qui doit amener une détermination encore plus grande, par voie de conséquence).
                                  Je signale que je n’ai JAMAIS rien lu qui mette l’accent comme il conviendrait (il me semble) sur ce problème préverbal spécifique.

                                  Cela fait partie d’une certaine omerta, de réactions épidermiques etc..
                                  qui entraînent le manque de connaissance comme le manque de diffusion de la connaissance déjà acquise.
                                  Dans ce flou chacun peut s’évader dans des considérations de toute sorte. Il faudrait plus de rigueur et beaucoup plus d’études (indépendantes de préférence !).

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès