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Accueil du site > Actualités > Société > Des projets d’éducation populaire menacés....

Des projets d’éducation populaire menacés....

Une MJC ou un Centre Social doit rechercher la bonne entente avec la Municipalité en place et développer des partenariats....

C'est d'ailleurs la voie suivie par les professionnels et les équipes de bénévoles...

Malheureusement des Municipalités ne "jouent pas le jeu", elles veulent museler les associations d'éducation populaire .

QUAND LES MUNICIPALITES VEULENT MUSELER LES MOUVEMENTS D'EDUCATION POPULAIRE !

L'équipe de la MJC propose d'organiser des cours d'arabe.

Cette proposition est émise au Conseil d'Administration.

C'est alors qu'un adjoint au Maire, membre de droit du CA intervient pour demander si en 1940, on aurait pu donner des cours d'allemand en France...

Le directeur stupéfait répond :

« Pourquoi ? On est en guerre contre l'Algérie ? »

La suite est prévisible...Le directeur est viré et comme il lui reste encore beaucoup d'années de carrière devant lui, il ne m'est possible de donner le nom de cette ville ( dirigée par une Municipalité

qui soutient la majorité présidentielle)...

Cette anecdote incroyable nous renvoie à une réalité : celle des équipes dirigeantes des centres sociaux ou MJC municipalisés ou gérés par des associations para municipales.

Silence dans les rangs sinon on sévit ou on coupe les vivres !

Des centres sociaux qui mènent des projets ambitieux et qui s'inscrivent tout naturellement dans une démarche d'éducation populaire peuvent du jour au lendemain se voir coupés les vivres par une Municipalité.

C'est une histoire qui s'est déroulée dans le département de Seine et Marne, en voici une autre, différente qui s'est passée dans le Val de Marne :

C'est une ferme où l'implication des habitants y est réel et où le projet concerté est reconnu par tous les partenaires dont la CAF qui lui a donné un agrément.

Aux élections municipales de 2001, le PCF perd la Municipalité.

L'association d'éducation populaire qui gère la ferme et l'équipe d'animation souhaitent poursuivre le projet dans le cadre d'un partenariat loyal avec la nouvelle Municipalité.

Un nouveau président, acteur du projet et très reconnu sur le quartier est élu.

Durant les premières années, la ville a continué à verser une subvention à la ferme…. Depuis ces dernières années la Municipalité ne soutient plus le projet et les équipes d'animation de la ville ne peuvent plus poursuivre le partenariat fort, existant.

Grâce à la mobilisation des élus associatifs, du chef de projet et de l'équipe d'animation, la ferme pédagogique qui a élargi son champ d'intervention poursuit son action. Reconnue par le département, par la Région et par les institutionnelles, elle réussit à force d'un travail opiniâtre à trouver des financements d'équilibre.

Pour un projet qui se poursuit, combien sont obligés de fermer « la boutique » ou de devenir le « serviteur zélé » de la Municipalité au détriment des objectifs éducatifs initiaux ?

JF Chalot


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8 réactions à cet article    


  • CHALOT CHALOT 12 novembre 2011 09:32

    Le dessin est une réalisation d’enfants d’une école maternelle après une vistite et un projet.


    • Musardin Musardin 12 novembre 2011 12:52

      Bonjour Chalot,

      J’ai été directeur de MJC (Fédération Française « canal historique ») de 1997 à 2010. J’ai vécu ce type d’expérience à plusieurs reprises dans mon temps de carrière au sein de cette institution.

      A Dieppe notamment durant le mandat de la municipalité RPR et avec la complicité d’une partie du CA et particulièrement de sa présidente, pour avoir voulu notamment lors des dernières législatives organiser un débat entre les candidats locaux de tous les partis et les jeunes de la MJC sur la base d’un court panel de questions sur les problèmes spécifiques des jeunes : financement des études, accès à l’emploi, au logement, santé etc.

      Mais j’ai vécu aussi plus pervers encore à Tourcoing de la part d’une municipalité PS : Augmenter les missions et les charges de gestion sans prévoir des moyens financiers à concurrence.

      Je vis actuellement dans une municipalité à majorité communiste à l’angle du Grand Rhône et de la Méditerranée (où je suis né) et où la politique culturelle et l’éducation populaire n’ont rien à envier en terme de vacuité aux municipalités de droite.

      La vérité c’est que l’éducation populaire dérange le pouvoir

      Salutation militantes


      • CHALOT CHALOT 12 novembre 2011 17:33

        Vous avez malheureusement raison....
        Des municipalités de gauche aussi veulent instrumentaliser les MJC et les Centres sociaux.


        • njama njama 12 novembre 2011 20:19

          Bonjour Chalot

          museler les mouvements d’éducation populaire, c’est peut-être symptomatique d’une dérive autoritariste, quelques soient les tendances de pouvoir ?
          L’Etat a aussi sa machine à museler les sectes.

          Je pense qu’au même titre, en dehors des appareils politiques, des mouvements d’éducation populaire comme la JOC, la LOC, l’ACO n’étaient pas soutenues par les diocèses, au contraire, pas plus que le furent les prêtres ouvriers.

           La JOC est créée en 1925 en Belgique par le prêtre Joseph Cardijn et par deux laïcs Paul Garcet et Fernand Tonnet. Cardijn affirme alors : « un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde parce qu’il est fils de Dieu ».

          Dans sa suite, en 1927, le Père Georges Guérin fonde une branche française de la JOC. Le père Guérin propose aux jeunes ouvriers de réfléchir, d’analyser ce qu’ils vivaient, de se former et d’agir selon la démarche « Voir, Juger, Agir », fondement de la méthode jociste. Il les encourage à militer dans des syndicats et à participer à des groupes d’étude de la doctrine sociale de l’Eglise.
          Le mouvement s’étend et se diversifie.
          En 1929, la JOC crée la Librairie de la Jeunesse ouvrière pour diffuser sa documentation. L’année suivante, des jeunes couples de la JOC fondent la LOC (Ligue ouvrière chrétienne).
          La JOC se développe alors dans un contexte industriel et ouvrier de manière fulgurante dans toute la France et devient rapidement un mouvement de masse qui s’internationalise assez vite. Actuellement La Coordination internationale de la JOC (CIJOC) est présente dans 60 pays à travers le monde.
          En 1941 la LOC (Ligue ouvrière chrétienne) devient Mouvement populaire des familles (MPF).
          L’Action catholique ouvrière (ACO) naît en mars 1950 .
          L’ACO fait partie de la Mission ouvrière, qui regroupe également la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), l’ACE (Action Catholique des Enfants), les PO (prêtres ouvriers), et les religieux et religieuses en monde ouvrier.

          Plus de détails sur Wiki ... ICI. Ce qui est loin d’être complet, car je n’y lis pas (hélàs) que la JOC et l’ACO se sont associées à de très nombreuses grèves aux côtés d’autres syndicats, CGT et autres, y compris pendant les événements de mai 1968 ...

          La « Jeunesse Ouvrière » était bien une réalité sociale, économique et politique, « les jeunes » de l’époque arrêtaient l’école pour la plupart vers 13/14 ans. Rien à voir avec ceux d’aujourd’hui.


          • njama njama 12 novembre 2011 21:34

            Est-ce que cette nouvelle situation n’est pas l’effet d’une politique plus générale de baisses des subventions ?

            8 nov 2011 > Baisse des subventions aux associations partenaires de l’école en 2011 ici
            24 oct 2011 > Aide alimentaire : les associations inquiètes. ici
            La réduction de 75 % du montant des aides alimentaires versées par l’Europe remet en cause le fonctionnement des associations caritatives pour la campagne 2012-2013.
            10 nov 2011 > Fiscalité : la Fondation de France s’inquiète d’un amendement menaçant les dons ici
            9 nov 2011 > La coupe est pleine !


            • CHALOT CHALOT 12 novembre 2011 22:28

              Oui Njama
              Je vais parler des centres sociaux que je connais bien
              Il y a encore 10 ans les centres sociaux recevaient des subventions de la CAF, de la Jeunesse et des sports, voire des conseils généraux et de la collectivité territoriale d’intervention
              Maintenant il ne reste plus que la CAF et les villes
              Comme ces dernières ont des problèmes financiers et que certaines municipalités corsètent les centres sociaux, c’est un jonglage difficile qu’opèrent des directeurs qui maintenant occupent plus de la moitié de leurs temps à la recherche de subventions.


              • Musardin Musardin 12 novembre 2011 22:51

                Et comment !

                C’est bien pour cela que j’ai quitté cette profession ! Je l’avais choisie parce que l’humain et les projets collectifs en étaient le déterminant et la finalité !

                A voir ;

                 
                http://rutube.ru/tracks/4540657.html?v=216a975055501d239566219054e6377e

                Ça été fait par un ex collègue et c’est maintenant assez connu mais peut être pas par tous


              • CHALOT CHALOT 13 novembre 2011 08:42

                Je connais bien cet épisode peu glorieux d’une ministre communiste comme ministre de la Jeunesse et des SPORTS ;. Elle a bien oeuvré sauf sur ce dossier quand au dernier moment elle a remercié le rapporteur des travaux de réflexion sur l’éducation populaire pour commander un compte rendu insipide
                Voici ce que dit Wikipédia de Franck LEPAGE sur cet épisode :
                « À la faveur d’une étude pour le Ministère de la jeunesse et des sports, il rencontre les fondateurs de la Direction de l’éducation populaire en 1994. Animateur de l’offre publique de réflexion sur l’éducation populaire, en 2000, il corédige un rapport ministériel qui tente de convaincre la ministre Marie-George Buffet d’engager une politique digne de ce nom. Il quitte la FFMJC et crée un spectacle sur l’éducation populaire, »Inculture(s)". Il coanime depuis 2003 une « offre civile de réflexion sur l’éducation populaire ».

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