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Accueil du site > Actualités > Société > « Devenez propriétaire de votre vie ! »

« Devenez propriétaire de votre vie ! »

Tour d'horizon des rouages d'un esclavage : le consumérisme. Comment sommes-nous façonnés par cette chose, hommes, femmes et enfants ? Eléments de réponse.

"Devenez propriétaire de votre vie", c'est en somme le message que l'on subit plusieurs centaines de fois par jours sous l'arsenal des médias, sur écran, sur papier, dans la rue, sur tous les fronts.

Le droit à la vie semble avoir été oublié. La DDHC dit elle-même que tout homme a droit à la « poursuite du bonheur », une vision individualiste des choses puisque l'idée que notre bonheur puisse venir de la solidarité y est absente. Nous ne vivons plus dans une société qui exalte un culte du chef, d'une communauté guerrière comme les dictatures que nous avons écrasées au siècle dernier. Mais nous vivons sans nous en rendre compte dans une autre forme d'oppression que je ne suis pas le seul à appeler le « totalitarisme marchand ».

Quelle est la place du choix ?

Un totalitarisme est un système de domination qui ne se contente pas de contrôler notre activité, mais tente aussi de s'immiscer dans notre manière de penser. On contrôle les comportements par la contrainte ; on peut contrôler la pensée en grande partie par la propagande.

Nombreux sont nos comportements qui nous sont dictés d'en haut, y compris dans la sphère privée. Je pense en particulier à nos comportements de consommation. Difficile de nier qu'une grande partie des produits que nous achetons (souvent les plus coûteux) sont vendus grâce à une propagande très intense que l'on appelle la publicité. De prime abord la publicité ne sert à rien : après tout, il est largement admis que c'est la nature de l'homme d'être avide de richesses et de biens matériels. Ce qui explique pour les théoriciens du libéralisme que « l'homme a un penchant naturel pour le trafic » (Adam Smith). Mais en analysant nos compulsions d'achat, tantôt débridées, tantôt culpabilisées, on peut se dire qu'un facteur extérieur nous manipule et joue avec nos désirs. Jamais nous n'avons eu un si haut niveau de vie, mais je vais tenter de montrer que la société de consommation est largement forcenée.

On nous force la main pour acheter, acheter pour reprendre le contrôle de notre vie. La voiture pour se déplacer vite, les voyages touristiques pour s'évader vite, le fast-food pour manger vite, un ordinateur pour travailler vite, des vêtements pour changer vite d'apparence. Les totalitarismes se basent sur l'idée d'un homme nouveau, et c'est exactement ce que fait le consumérisme, avec de plus une séparation très sexuée des rôles.

Nos rapports hommes/femmes

Pour l'homme, le mot d'ordre est performance. Professionnelle et sexuelle principalement. Pour l'une ses armes sont son arsenal technologique qu'il achète, ordinateur, portable et bagnole en tête ; pour l'autre ce sont les vêtements, la cosmétique, ses accessoires de sport, ses dopants en tout genre, bref tout ce qui pourra faire de lui une bête d'apparence et de force physique.

Quant à la femme, le mot d'ordre est séduction. L'accent est mis sur le luxe et l'érotisme. Vu comme ça, cela semble un bon programme. Ce luxe consiste à s'affirmer par son mode de vie, son apparence... Des choses rendues entièrement monnayables avec l'industrie de la mode et les produits onéreux qui marquent une distinction (cf le livre de Pierre Bourdieu). Dans notre société qui est huilée par l'argent, le luxe est vu comme une marque d'émancipation. « j'ai acheté ce bibelot, cela montre que je suis à l'abri du besoin ». Cette logique a connu son essor dans la bourgeoisie du XIX° siècle, et dans notre société d'abondance on l'impose au monde entier. Mais tout le monde n'en a pas les moyens. Ainsi, malgré elles ou jouant le jeu, les femmes baignent dans la culture de l'ostentatoire, où au final leur luxe est vu comme le témoin de la performance de l'homme. Ce luxe a une large dimension érotique relayée dans la propagande. Ainsi la relation sexuelle est vue par l'homme comme la récompense de son effort de performance, qui ne passe que par le travail, et par la femme comme la conséquence de son effort de séduction, qui ne passe que par l'achat.

Tout ce qui précède relève bien sûr du stéréotype, mais n'est pas à jeter. Des stéréotypes d'un homme actif et maître de sa vie, d'une femme passive et dépendante. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et les revendications féministes semblent rééquilibrer les rapports de force. Même dans l'industrie culturelle l'image des femmes évolue. Mais en y regardant de plus près, je constate que dans la logique du produire plus et consommer plus, l'asservissement est mutuel. L'homme censé défendre becs et ongles sont statut social voit ces images d'homme invincible et sûr de lui, et perd de l'estime de soi s'il ne parvient pas à rehausser le standing de ses biens et de sa femme. Il est si enfermé dans ce rôle que sa vie familiale et sa vie privée sont sacrifiées. L'émancipation des hommes passera par un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, libéré de la performance forcenée. L'enchaînement de la femme, lui, est plus visible, et outre ce que j'ai dit plus haut, elles se retrouvent la cible sexuelle des hommes qui ne font que reproduire les modèles qu'ils voient dans les médias. De plus le marché du travail se retrouve ouvert aux femmes, ce qui est en soi une bonne chose. Sauf que le facteur vie personnelle est là aussi sacrifié à la performance économique, d'où la fameuse « double journée des femmes ».

Dépossédés de leur vie privée par les impératifs du travail et de la consommation qui passe pour du temps libre, les hommes et les femmes qui se sont penchés sur la question ont trouvé un drôle de paradoxe. Si le sexe est partout dans les médias et dans les discours (jamais loin de la performance), il n'est pas davantage pratiqué que dans les autres sociétés humaines, parmi lesquelles ont pourrait bien se trouver dans la moyenne basse. De nombreuses pulsions de désir ont été détournées vers des pulsions d'achat, avec ou sans lien avec la chose. De même, la pornographie a toujours existé mais est devenue une institution dans un monde où de nombreuses personnes isolées y voient un simulacre de vie sexuelle. Notez que cela finit souvent par relever aussi de la drogue, utile au système car lucrative. Cette aliénation des deux sexes est pour moi la clé de voûte de la société de consommation.

Notre rapport au temps et au cycle de la vie

Les notions de « perte de temps », de rapidité, d'instantané font partie de cette culture de la performance. Elles s'imposent à nous dès l'enfance. L'idée d'un retard permanent à rattraper est tenace. Un retard sur le voisin (qui a déjà la Clio 3 quand vous roulez en 205), dans votre travail dont le but est de produire plus, sur la marche du progrès technique, sur la marche des machines en général dans notre monde. Regardez les Temps Modernes de Charlie Chaplin. Pour accroître sans cesse les richesses matérielles et le capital, on a du faire appel aux machines quand l'homme ne suffisait plus. Et ces machines, elles sont si améliorées, rapides et intelligentes que l'on vit maintenant à leur rythme, dans l'instantané. Le taylorisme et le fordisme nous font travailler comme des machines. Depuis les années 80, on a franchi un nouveau palier puisqu'Internet permet d'avoir une finance mondiale qui ne dort jamais, et qui exige plus de production tout en détruisant à petit feu l'activité humaine. Ce constant état d'alerte rend malade le corps humain, qui se trouve des dopants et des drogues pour tenir ou s'évader. Nous avons choisi de traiter ces maux non par la prévention, mais par le traitement chimique. Car la prévention remettrait en cause ce productivisme. En période de croissance, les antidépresseurs se vendent bien. Cette fuite en avant nous agresse non seulement mentalement avec la propagande, mais aussi physiquement avec les effets sur notre santé de ce modèle.

Cette angoisse du temps qui passe ne date pas de notre civilisation moderne, mais elle prend chez nous une forme bien particulière. Dans le culte de l'homme et la femme tels qu'ils sont présentés par la propagande, la jeunesse éternelle est la règle. Une jeunesse physique et mentale au service de la logique de performance, pas de place ici outre-mesure à la curiosité et à la créativité. L'âge doit devenir synonyme de richesse accumulée avec le temps chez les hommes, tandis que chez les femmes on le cache comme une tare. Ceci est délibérément sexiste.

Le temps semble à la fois domestiqué et intraitable. Les moyens de transports et de communication modernes abolissent les distances, on peut se nourrir sans préparer quoi que ce soit, et obtenir du divertissement en un clin d’œil. Tout cela serait émancipateur sans la logique aliénante de la vitesse à tout prix. Le temps libéré par la simplification des corvées est utilisé pour une chose : consommer, sans même se soucier de savoir si on aura le temps de profiter des choses achetées. C'est le sentiment qu'on typiquement les cadres supérieurs, au fort pouvoir d'achat mais au temps libre limité. L'acte d'acquérir une nouvelle chose « ouvre du bonheur » pour reprendre Coca-Cola, mais ce bonheur ne fait pas plus long feu que ces canettes de trente-trois centilitres. Pour le retrouver, il nous faut repasser à la caisse. Pourquoi ? Pour éviter la sensation de passer à côté d'un plaisir que l'on peut s'offrir. Ne pas consommer est synonyme de frustration, et la frustration est inadmissible si on est convaincu qu'on a le droit de profiter de tout sans limites. Cette absence de limites fait que nous nous comportons comme des enfants.

Tous des gosses ?

Un système basé sur la contrainte infantilise ses sujets. Et la consommation est bel et bien basée sur une contrainte, car c'est une addiction. Dans notre imaginaire, la consommation nous rend socialement connecté aux autres. Les différentes marques l'ont bien compris et ont créé de véritables « tribus ». Elle permet de rejoindre un groupe mais aussi de s'affirmer en-dehors du groupe (le fameux think different d'Apple) en nous invitant à calquer notre personnalité sur celle d'une marque -à moins que ce ne soit la marque qui s'adapte à l'air du temps, à vrai-dire on ne sait plus trop-. Le consumérisme arrive à faire de nous à la fois des moutons et des « êtres suprêmes » qui vont impressionner leur voisin par leur dernier achat. Ce dernier ne manquera pas de nous imiter, pour faire tourner cette vis sans fin. Notre instinct de jouissance égoïste est érigé en institution.

Un culte de la jeunesse en trompe-l’œil

Un enfant est en quête d'identité et a besoin de protecteur(s) pour être à l'abri du besoin. Il est la meilleure cible pour la propagande commerciale, car il a peu de recul et se laisse guider par ses émotions. Quoi de mieux, dans l'idéal, que de maintenir cet état d'enfance pour garder les consommateur sous son aile ? C'est ce qui se produit dans le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley, qui avait prédit dès 1932 une société de divertissement permanent. Aujourd'hui on n'y parvient pas totalement, puisque la dureté de la vie s'impose tout de même comme une évidence aux jeunes, et parce que l'éducation lutte pour continuer à exister hors de ce cadre. Mais les firmes se partagent tout de même le marché de cette éducation à la consommation.

McDonald's est pour cela emblématique : cette chaîne de fast-food mêle nourriture sucrée et aires de jeux destinées aux enfants des parents pressés.

La culture qui s'imposent par la force des médias aux enfants se veut indépendante du monde des parents, dans le spectacle merveilleux et éloignée des jeux créatifs. Prenons là l'exemple de Disney, à qui l'expression « vendre du rêve » va comme un gant. Un monde féérique aux mille produits dérivés, empreint d'un sentimentalisme qui disparaît de la société réelle. On y retrouve aussi une certaine idée des rôles masculins et féminins, présente aussi dans les jouets.

Le monde de l'adolescence est un point stratégique qui doit faire l'objet d'une attention particulière. Elle représente un tournant où l'enfant prend conscience du temps qui passe, cherche ses valeurs par lui-même et se révolte contre l'autorité. Il met aussi en marche sa vie sexuelle dont l'orientation et les pratiques mettent plus ou moins de temps à se mettre en place. La réponse du consumérisme ? La récupération de la contestation et (mot à rallonge) l'hypersexualisation.

La première est le détournement des contre-cultures adolescentes pour n'en retenir que l'aspect monnayable. On retrouve donc derrière l'industrie de la mode et des accessoires principalement. D'où l'impression légitime que la culture contestataire et libertaire née dans les années 60 a été « aspirée » dans le système. Ce dernier ruine au passage la crédibilité de mouvements qui ont pourtant un message à faire passer (ce procédé vaut aussi pour l'écologie).

La deuxième consiste pour moi à aliéner les sexualités naissantes, pour qu'elles s'inscrivent dans le modèle consumériste. La frustration organise la compétition de l'apparence chez les jeunes, sur des modèles de célébrités.

Si la maturité physique est encouragée et « accélérée », l'émancipation au-delà de l'apparence ne va pas de soi. Celle vis-à-vis des parents, bien que nécessaire, n'est utilisée que pour mieux nous placer dans le giron de la propagande, qui nous fait acheter mais échoue à faire de nous des adultes, à la fois responsables et rebelles quand il le faut. L'activité cérébrale culmine à cet âge, et pourtant nous autres les jeunes passons bien souvent pour une génération sans valeurs voire sans valeur auprès de nos aînés.

Dans les faits notre société fait preuve d'un grand cynisme vis-à-vis de ses jeunes troupes, qu'elle stigmatise dans une répression imbécile. A côté de cette exaltation de la jeunesse, le chômage, la précarité et la violence sociale que subissent les jeunes prennent de l'importance et génèrent des exclus qui ont la vie devant eux.

Nous et la Terre, je t'aime moi non plus

L'année 1968 a été un sursaut exceptionnel à plus d'un titre. Loin de la Sorbonne en émeute, des manifestations pacifistes aux USA et du Printemps de Prague, un satellite avec suffisamment de recul a pris la première photo de la Terre dans toute sa rondeur. Pour la première fois les limites de la Terre devenaient clairement visibles. La même année, le mouvement écologiste prenait forme. Et ce fut justement dans les années qui suivirent que la limite de l'empreinte écologique soutenable fut franchie. Non content d'être équipé de la voiture, du frigo et du téléviseur moyen, nous allions maintenant lorgner du côté des produits de luxe, exhibés dans des centres villes à quelques litres de chez nous. L'utilisation du plastique et des produits jetables explosa et notre dépendance au pétrole allait croissante.

Où est l'arnaque ?

Vous êtes peut-être déjà accablé de tous ces constats et vous vous dites, réaliste, que l'homme a besoin de l'économie et continuera à la servir. Mais l'économie, n'est-ce pas la science de l'utilisation intelligente des ressources pour répondre aux besoins humains ? A ce sens, l'ordre du monde actuel est une hérésie car il repose entièrement sur une monnaie à la valeur contestable. Elle est certes nécessaire pour les échanges de produits différents et pour le commerce extérieur. Difficile d'imaginer un monde sans argent. Cependant, chaque crise financière est la preuve que la finance s'est déconnectée de l'économie réelle. En 1971, le président Nixon supprime l'étalon-or sur le dollar, dont le taux de change devient flottant. De même, les Etats se financent de plus en plus sur les marchés financiers, ce qui rend la spéculation sur les finances publiques possible. Les banques sont devenues des casinos de spéculation à renflouer régulièrement, de véritables boulets pour nos sociétés. Elles ne font plus leur travail de simples gardiennes de richesses et de réserves de valeur au service des entreprises utiles et des pays. L'économie telle qu'on nous la présente aujourd'hui n'est pas une économie équilibrée, mais une organisation où la sphère de la finance domine. Ce néolibéralisme qui se veut si rationnel ne voit dans la main-d’œuvre qu'un coût, dans les cotisations sociales que des charges, dans les solidarités que des archaïsmes. Et dans sa logique prédatrice, elle nous invite à participer à cette ruée vers l'or (enfin le dollar !) d'où ressortent de plus en plus d'exclus, ...80% du monde en fait.

Pour cela, la propagande néolibérale doit obtenir notre coopération en donnant à chacun comme objectif l'enrichissement matériel. La consommation ostentatoire et le prestige social constituent la carotte du système, dont se contenteront les riches. Car les ultra-riches, eux, n'en restent pas là et ont un empire de multinationales et d'institutions financières qui leur permet de faire et défaire les politiciens par le lobbying. Le message au gogo moyen peut donc se résumer en « si tu travailles dur, tu deviendras propriétaire de ta vie ». C'est Marx qui disait qu'un prolétaire est un individu qui ne possède rien hormis sa propre force de travail, qu'il est contraint de vendre. Dans ce sens, une part importante de la population mondiale est prolétaire, même en France, qui semble le redécouvrir.

Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette

Et cette utilisation qui est faite de nous relève de l'exploitation. En Chine, au Vietnam, au Mexique... Personne n'ignore l'existence des sweatshops (« ateliers à sueur »), des bagnes de l'électronique à Shenzen ou des usines Dacia en Roumanie. Mais ce qui est nouveau, c'est que la grande braderie de la main d’œuvre frappe maintenant l'Europe, la vieille, la riche. La finance, comme le prolétariat, n'a pas de patrie et se fiche bien de délocaliser aux quatre vents, là où les billets sont plus verts. Non, elle ne nous épargnait pas par amour des occidentaux, mais par volonté d'exploiter d'abord ceux qui étaient déjà dans la pauvreté. Ces contrées lointaines veulent à leur tour consommer ? Nous sommes à notre tour sommés de servir cet « intérêt mondial »...

A priori, la consommation semble la récompense du travail. Mais chaque acte de consommation encourage mécaniquement l'entreprise derrière le produit à augmenter sa production et donc sa pression sur les travailleurs. En soi ce n'est pas l'acte de consommer qui est coupable, mais le fait de cautionner telle ou telle forme d'exploitation sur notre planète. J'ai lu (sur Agoravox justement) un internaute qui a dit à juste titre qu'en anglais, consume voulait aussi dire consumer. Toute consommation est une destruction répondant à un besoin.

D'où vient le besoin ?

Le besoin peut être naturel ou artificiel. Pour les besoins créés de toutes pièces, l'outil indispensable est la publicité. Deux mots sur ce terme. Publicité désigne au départ ce qui relève de l'espace public, de la vie en société. Ses moyens de ciblage : la presse, les affiches, la radio, la TV, internet : les mass medias. Elle est une tentative permanente d'influencer notre comportement, en l'occurrence pour l'achat ; et use pour cela de psychologie et de neurologie, jouant avec nos valeurs et nos émotions. Il est strictement impossible d'échapper à ses messages. Chez soi, on peut la filtrer. Mais dans le monde extérieur, elle est reine. C'est le visage de la propagande dans notre monde. Le principal moyen par lequel le système marchand communique avec nous.

La réciprocité, la logique de feedback est destinée à justifier et à rendre plus sympathique le matraquage en nous laissant donner notre avis sur les produits... Mais pas sur le fond du scandale : la légitimité de ce bourrage de crâne. Elle permet au ciblage de s'améliorer. Depuis le web 2.0, une autre logique semble toutefois l'emporter : celle du cocooning de l'utilisateur passif qui est surveillé en ligne sans être dérangé dans ses comportements sociaux et d'achat, déportés dans le cyberespace.

La plupart d'entre nous trouvent leurs besoins vitaux monnayables (on ne parle pas d'amour ou d'intelligence ici...) satisfaits, et nos nouveaux besoins sont donc provoqués par la publicité et son appel du pied permanent à notre inconscient. La propagande n'est pas magique : elle utilise des fantasmes humains qu'elle n'a qu'à activer. Souvent le désir de puissance, de distinction, le sens de l'esthétique. Cette guerre psychologique pour nous faire digérer de nouveaux besoins est suivie par la guerre économique, qui va lancer la production rentable et forcenée des derniers artefacts à la mode. Et cet appel d'air impérieux des nouveaux marchés va justifier l'exploitation qui se perpétue loin des regards de l'acheteur.

Les consommateurs suivront le « achetez du bonheur dans ce produit » par la contrainte mentale.

Les travailleurs suivront le « vendez-vous pour pouvoir consommer » par la contrainte tout court.

Les deux parties s'exploitent mutuellement, les produits à consommer impérieusement sont légion et font pression. Le tout sous l'oeil du patronnat, gestionnaire des moyens de production. Gestionnaires seulement, certes grassement payés mais tout est financiarisé et sous la tutelle des actionnaires -de la valeur virtuelle-.

Quelques pistes

Si on fait la bilan de ce tour d'horizon, on peut trouver plusieurs qualificatifs à ce système qui nous domine : il est forcené, extrêmement matérialiste, infantilisant et profondément utopique, au sens vil du mot car il agit comme un poison planétaire, une cellule cancéreuse qui s'est déconnectée de la réalité du corps sur lequel elle est née.

La vigilance est de mise, car à défaut d'être logique, le système a d'immenses moyens techniques de persuasions. Pour nous asséner que la croissance verte est possible, que la compétition de tous contre tous peut être de velours.

Devant la complexité de cette usine à gaz, nous pourrions chercher des portes de sortie simples : la solidarité, l'amour, la vie spirituelle, la philosophie, le débat sur ce qui nous concerne tous, comme l'orientation que prend la technologie. La liste est longue et vous avez la vôtre.


Moyenne des avis sur cet article :  4.68/5   (62 votes)




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33 réactions à cet article    


  • Montagnais Montagnais 10 mars 2012 11:00

    Excellent texte.


    Mais que vous sert de parler à des marionnettes décérébrées sourdes et muettes.

    L’heure est aux jacasseries haineuses, stéréotypées, au kilomètre débitées.

    Pas facile de lutter..

    Tenez, je relis Les beaux draps. En style plus haché on y trouve déjà des choses et des conseils que vous écrivez là. 

    • wawa wawa 10 mars 2012 11:09

      bravo pour cet article !


      • Salut Acid,
        Un peu long à mon goût (un défaut de mon ancienne profession) mais plein de vérités. De plus suis heureux de trouver là du punch.
        Les pistes à suivre sont nombreuses, très nombreuses, à la condition de les suivre avec discernement, toujours, ou alors s’y précipiter en ayant conscience de sa propre possibilité de la quitter sans trop de mal, si par bonheur on s’est aperçu d’avoir fait fausse route.
        N’oublions surtout pas, que nous sommes individu, UN, et que que nul sur cette terre n’est notre jumeau. Nous sommes une somme d’individus ayant seulement une infime petite poignée de chromosones semblables. 
        N’oubliez pas votre petit jardin. Pour rencontrer le bonheur il n’est pas nécessaire d’être nombreux. Méfiez-vous des groupes et des...chefs. Et il vous faut apprendre à fuir, s’écarter, s’arrêter, sans colère ni remords et faire un énorme bras d’honneur à la surconsommation. 
        Amicalement .


        • Robert GIL ROBERT GIL 10 mars 2012 13:57

          La société de consommation, c’est de vendre a credit, a des gens qui n’ont pas d’argent, des choses qu’ils n’ont pas besoin.....


          • luluberlu luluberlu 10 mars 2012 14:08

            Donc, la seule pression VRAIE que l’on peut mettre à cette usine à gaz, c’est de maitriser notre consomations, et là les statistiques de l’INSEE deviendraient des armes de la grande évolution....haros sur les besoins non vitaux.... ! ok ? .....allons y on commence, soyons militants de notre vie.


            • Jean-paul 10 mars 2012 14:11

              Bilan que fait l’auteur vivant dans un pays riche ,oublie le tiers monde et sa misere.


              • TROLL 10 mars 2012 14:19

                Bonjour Jean-Paul,

                Ceci expliquant cela...pourrait-on penser... !


              • Jean-Paul, il est vrai que le tiers monde vit dans la misère telle que nous l’imaginons dans notre confort inutile, car au contraire de nous pauvres robots entre les mains des dominants, eux, les pauvres du tiers monde ont su conserver bien des valeurs humaines,dont la générosité n’est pas la plus rare, que nous-mêmes hélas, mille fois hélas, avons défintivement perdu.
                Bien à vous.


              • TROLL 10 mars 2012 14:14

                Un vrai plaisir de vous lire Acid World, il est bon de revisiter ce que naguère les situationnistes élucidaient...


                • Punkonfou Punkonfou 10 mars 2012 14:50

                  Merci pour l’article !! Tellement de vérités et je vous rejoint sur l’image du système « une cellule cancéreuse qui s’est déconnectée de la réalité du corps sur lequel elle est née » et puis les relations humaines sont devenu des mini-guerres sous l’influence de cette compétition « du travailler pour vivre pour consommer pour exister » mais on passe pour des fous à expliquer ce genre de chose à des personnes adeptes des biens « matérialo-existenciels ».
                  Or, et AgoraVox est l’exemple, « Tout individu est encouragé à critiquer le système en place, de façon à renforcer l’illusion de tolérance du dit système. » d’où un cercle vicieux, d’où sortir risque de coûter beaucoup et surtout à ceux à qui ça doit profiter...Nous risquons t’enrichir encore pendant pas mal de temps des gens qui sont déjà suffisament riche...
                  En tout cas, bravo à faire tourner !!!


                  • Atlantis Atlantis 10 mars 2012 14:54

                    tant de blabla pour juste effleurer la vraie problématique : on est tous conditionnés, depuis tout petit, par des réflexes pavloviens. et certains les utilisent pour servir leurs intérêts personnels. la vraie prise de conscience est celle où cette vérité prend aux tripes. l’auteur n’en est pas encore là.


                    • lagabe 10 mars 2012 16:20

                      oui et non
                      je suis depuis 20 ans pour la décroissance
                      Je n’ai pas de portable
                      J’ai une vieille grosse télé
                      Je n’ai pas fait de prêt depuis 25 ans , je vis avec ce que je gagne
                      J’ai une voiture qui a plus de 8 ans
                      L’ordinateur sur lequel j’ai envoyé ce post et sous XP et va arriver sur ses 6 ans
                      J’ai encore un magnétoscope
                      Par contre oui j’ai un ipod , c’eet trés pratique , j’ai supprimé ma chaine Hifi , ipod qui a plus de 5 ans

                      consommer ou con sommet


                    • lagabe 10 mars 2012 16:23

                      http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/15/la-societe-obese/

                      La société obèse
                      Filed under : Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 5:00

                      Nous vivons dans une société qu’on a gavée et dont le foie éclate. On a dit que la pauvreté cesse lorsqu’on a un pantalon et que la richesse commence quand on en a deux, puisque l’on n’en porte qu’un. Il faudrait ajouter que la pauvreté revient quand on en veut un troisième, car on est toujours pauvre quand on a un désir qui n’est pas satisfait et le système de production actuel, en ce sens, s’est donné pour but principal de nous appauvrir. De nous appauvrir et de nous engraisser. Comme ces roitelets des îles mélanésiennes qui voient l’obésité comme un signe de succès, dans une culture dont la faim n’a jamais été éradiquée.


                    • lagabe 10 mars 2012 17:38

                      je rajouterais , reflexion sur le nard enchainé

                      //C:/DOCUME%7E1/GABAIX%7E1/LOCALS%7E1/Temp/msohtml1/01/clip_image001.gif" height="2" width="522">LE samedi 6 avril 1974, l’agronome René Dumont, toujours en va­drouille aux quatre coins de la planète, revient d’Alger. A l’aé­roport d’Orly, où il débarque en djellaba, deux hommes l’attendent, Georges Krassovsky et Brice Lalonde. Ils lui expli­quent que, Pompidou venant de défuncter subitement et l’élection présidentielle appro­chant, le mouvement école tout juste naissant a décidé d’y participer et que ses représen­tants ne voient qu’un seul candidat possible : lui. Dumont demande une nuit de réflexion, au terme de laquelle il accepte.

                      Certes, il ne fait pas l’una­nimité chez les écolos : « L’on sent que M. Dumont est un converti de fraîche date », fait remarquer le précurseur Bernard Charbonneau, dans « La Gueule ouverte » (n° 21). Mais, ayant découvert sur le tard les méfaits du productivisme et de l’agriculture moderne, Dumont a fait son mea culpa et a livré, dans « L’utopie ou la mort », une critique argumentée, éco­logique, tiers-mondiste du monde comme il va.

                      Au cours de sa brève cam­pagne, Dumont dénonce «  la poursuite absurde de la crois­sance industrielle » et lance en feu d’artifice une série d’idées nouvelles. Rechercher un type de société à basse consomma­tion d’énergie. Construire de nouvelles villes ne dépassant pas 100 000 habitants (« Au-delà, les inconvénients l’em­portent sur les avantages »). Arrêter les industries d’armement. Restreindre « la cons­truction démente de voitures in­dividuelles  ». Réduire la durée du travail : « En se contentant du niveau de vie de 1920, avec l’équipement de production dont nous disposons au­jourd’hui, il suffirait de tra­vailler quatre heures par jour, de 25 à 40 ans  ». Manger moins de viande (« Pourquoi fabriquer des protéines avec les pro­téines ? C’est absurde  »). Sup­primer la publicité. Bloquer la croissance de consommation énergétique (« En doublant tous les dix ans, elle nous condamne à recourir à l’éner­gie nucléaire  »). Réduire la croissance de la population dans les pays riches en supprimant les allocations familiales après le deuxième enfant. Diminuer les pouvoirs de l’Etat et des bureaucrates. Décréter la croissance zéro de l’agglo­mération parisienne. Empê­cher la spéculation foncière en municipalisant les sols. Enga­ger partout la plus grande au­tonomie possible de toutes les entreprises, de toutes les ré­gions, communes, de tous quar­tiers, villages : « Il est très im­portant que les gens participent aux décisions qui les concer­nent. » Obtenir, notamment d’EDF, une gestion tripartite : les consommateurs, les ingé­nieurs et les ouvriers (et les re­présentants de l’intérêt natio­nal). Instaurer une médecine préventive : « 80 % des médi­caments sont inutiles  !  » Refu­ser toute centrale nucléaire. Stopper le bétonnage des terres fertiles. « L’écologie implique un changement complet des structures de production. »

                      Comme on le voit, il y avait à boire et à manger. Pourquoi ce bref rappel historique ? Sim­plement pour montrer que, il y a trente-huit ans, l’écologie po­litique était plus radicale, of­fensive, inventive que celle d’aujourd’hui. Celle qu’incarne Eva Joly, qu’on entend si peu et mal qu’elle a, nous dit « Le Monde  » (29/1), «  disparu des radars de la présidentielle »...


                    • velosolex velosolex 10 mars 2012 15:19

                      Bravo pour votre article

                      Pour vendre tous ces gadgets, la société doit d’abord nous convaincre qu’il nous manque quelque chose, ou qu’un autre chose va nous tomber sur la tête, afin de nous convaincre de prendre assurances, etc......

                      Au mieux, augmenter la névrose existentielle, s’attaquer à des marchés inédits : Le jeunisme pour les vieux, le culte du corps parfait, les mini miss.....Le bonheur reste une idée révolutionnaire, on le sait, mais les marchands vous font croire qu’ils l’ont en magasin.

                      Société boursoufflée, malade obèse.
                      Mangez moins, lâchez prise, promenez vous, s’en allez au bout du monde.
                      Marché de dupes, foire à la vanité.
                      La vrai aventure est intérieure, et se construit en lutte avec l’aliénation de l’époque.


                      • herbe herbe 10 mars 2012 16:09

                        Merci pour cet article !

                        Je propose ce complément de lecture à mon avis indispensable :

                        • lulupipistrelle 10 mars 2012 16:48

                          Vous êtes tout neuf. Expérimentez, vous trouverez des pistes pour saboter ce système.

                          La Liberté, et l’insoumission permanente sont les meilleures réponses au consumérisme.

                          Où je ne suis pas du tout d’accord : c’’est que oui, effectivement, ma vie m’appartient.

                          .


                          • luluberlu luluberlu 11 mars 2012 12:38

                            Je suis ok sauf que ma vie ne « m’appartiens » pas, je suis ma vie et aussi LA vie, et La et ma Vie n’apprtiennent à degùn....le concept d’appropriation est inapte et risquent, là, de se poser des problèmes de lourdeurs d’estomac et digestions, aux esprits libres....


                          • Luluberlu, ne seriez vous pas du Midi de la France, du côté de Nice particulièrement une ville où j’ai souvent entendu ce « degun » ? Il est vrai que l’on s’appartient et qu nul autre n’a le droit de vous « dérober » ou envouter. Mais il nous faut être fort. Tout le temps sur ses gardes.


                          • luluberlu luluberlu 12 mars 2012 13:03

                            @ Henri, yes my friend, je suis né et vie au bord de la mer med, Degun, qui ici se prononce diiinnngounn, comme quiquon qui se dit quiquoun....et pour ce qui est de la vigilance, la confiance en la vie et auxxx processus de conservation du vivant dont je sait être un parmis tantsss, et le non soucis d’être bien, dans le bon être, ici et maintenat, là ...sous ce point du i de fini, dont je ne serai çà j’en suis sûr pas le lecteur. Bref cela ne demande pas de tension, un tout petit peu d’Attension et ce sans attente....confiance en ce que j’ose appeler moi, un organisme dans son environnement. Salutation du Golfe du Lion ;.


                          • cistus 11 mars 2012 01:19

                            Très bon article.

                            "Devant la complexité de cette usine à gaz, nous pourrions chercher des portes de sortie simples : la solidarité, l’amour, la vie spirituelle, la philosophie, le débat sur ce qui nous concerne tous, comme l’orientation que prend la technologie."

                            J’ai bien peur que tous ça aussi soit du business. Je dirai même que tout est business et que le monde est dirigé par l’argent. Par conséquent, je pense plutôt que les peuples doivent reprendre et diriger directement les banques centrales de leurs pays respectifs.
                            Etant donner que se sont les seules établissements au monde où l’on peut créer autant d’argent que l’on veut. L’argent ne sera donc plus LE problème car se seront les peuples qui dirigeront l’argent et non l’argent qui dirigera les peuples.


                            • tbo1 11 mars 2012 11:22

                              mon Imprimante couleur scanner à 9 ans.Quand elle tombe en panne j’en rachéte une compléte en occaz maxi 10€ pour les piéces .

                               Ma récompense,c’est encore un modéle qui pouvais encore se recharger à la seringue. 

                               Ma cartouche d’ encre de 20 Ml à 24€. non je paye QUE 16 Centimes la cartouche d’imprimante .

                               j’achéte sur internet 1000 Ml encre à 8€ soit 50 cartouche = 16CTS .

                               Ma voiture à 29 ans,j’en ai 6 pour piéces .payées entre 50 et 250€.. Elle est simple à entretenir,aucune panne électronique et/ou valise qui « m’OBLIGE » à entretenir chez le concessionnaire.mes pneus sont en 13 mais valent 19€ en dimension 13.ETC....

                               Voila je refuse d’étre victime du modernisme et du consumerisme.

                              J’ai les moyens de payer mais c’est par conviction.

                              Je refuse de dépendre du marketing de cette société de Consommation..


                              • Valeska 11 mars 2012 12:29

                                Mwé.. A l’heure ou de plus en plus de gens ont du mal à finir les fins de mois, je trouve ce genre article plutôt marrant.

                                On nous dit de ne pas céder au consumérisme ? Ok, je veux bien, mais ça veut dire quoi ? Pour la plupart d’entre nous, il y a deux cas de figures possibles :

                                1/ Je suis « pauvre » (chômeur, RSA) et je n’ai pas le choix.
                                2/ Je suis salarié et je fais ce que je veux de mon pognon.

                                J’ai mis pauvre entre guillemets car je connais certains « pauvres » qui vivent mieux que des salariés.

                                Après on nous dit de ne pas claquer de la thune dans des trucs inutiles, des gadgets.. Gadgets ? Kesako ? Un portable ? Mais encore ? ...

                                Il y a différents facteurs qui font qu’une petite poignée domine le monde, mais l’esclavage du consumérisme ? Bof.. Au Bangladesh, ils sont 150 millions, et ce n’est pas le consumérisme qui fait qu’ils ne se révoltent pas.

                                Après oui, il y a des gens qui veulent toujours avoir le dernier matos high-tech ou des fringues avec un logo pour épater la galerie, mais ces personnes ne représentent pas la majorité et je ne me sens pas concernée.


                                • rosemar rosemar 11 mars 2012 15:06

                                  bel article ,je pense que notre société a complètement perdu de vue la notion de partage ,qui était essentielle autrefois dans les campagnes... 



                                  • Le péripate Le péripate 11 mars 2012 19:58

                                    Expérience. Rester le plus longtemps possible sans rien utiliser que l’on n’ai inventé et produit soi-même. Au bout de quelques heures, ou quelques jours suivant sa résistance, jeter l’orgueil et profiter allégrement des bienfaits du capitalisme et de la société.
                                    Alternativement rester moche con et de gauche est une option.


                                    • JL JL1 11 mars 2012 20:08

                                      péripate,

                                      Presque d’accord, je propose :

                                      "Expérience. Rester le plus longtemps possible sans rien utiliser que l’on n’ait inventé et produit soi-même. Au bout de quelques heures, ou quelques jours suivant sa résistance, jeter l’orgueil et profiter allégrement des bienfaits de la société.
                                      Alternativement rester con et libertarien est une option."

                                      Et surtout, n’écoutez jamais de musique que vous n’avez pas créée vous même, ne lisez pas de livres, ne regardez pas la télé, n’allez pas au ciné, n’empruntez pas les routes carrossables, etc etc ...


                                    • Le matou 12 mars 2012 11:36

                                      Commentaire de Le Péripate, complètement à côté de la plaque ! ça faisait longtemps smiley


                                    • Guyver Guyver 11 mars 2012 21:28

                                      Très bon article, je suis entièrement d’accord avec votre analyse.
                                      Je rajouterais que toutes les dérives que vous décrivez proviennent d’un problème plus profond : notre société est gérée selon des critères financiers (comment va le PIB ? Est-ce rentable ? Quel profit peut-on espérer ? Comment équilibrer les comptes ?), ce qui nous détourne des vrais besoins des vrais humains : manger sainement, se sentir utile au groupe, se sentir en sécurité, etc.
                                      Dans notre mentalité de prédation permanente entre humains (d’autres l’appelleront sans doute la recherche de la compétitivité), nous nous autodétruisons car nous prenons un outil (l’argent) pour un but en soi.
                                      En plus de nous aliéner et de nous monter les uns contre les autres, ce système n’est plus opérationnel. L’argent est créé à partir d’une dette qu’il ne suffira jamais à rembourser, les emplois sont détruits par l’automatisation et les délocalisations, donc trop peu de gens achètent pour faire tourner la machine ...
                                      Mais cela pourrait être notre chance : cette folie collective pourrait bien se mettre toute seule dans une telle situation qu’elle disparaisse d’elle-même. Alors, comme on se réveille d’une mauvaise nuit, nous pourrions ré-inventer nos relations, et enfin utiliser nos connaissances et notre formidable créativité pour nourrir, loger, vêtir, instruire les habitants de cette planète.


                                      • yoananda 11 mars 2012 22:59

                                        Une utopie au sens vil s’appelle une dystopie.
                                        Contrairement à ce que vous pensez, il n’y a pas de porte de sortie de ce système.
                                        Celles que vous citez sont bien naïves et ne fonctionnent qu’au compte goutte et demandent un effort permanente pour « lutter contre le courant ».
                                        Il n’y a que quelques refuges tolérés dans la mesure ou ils ne concernent qu’une très faible minorité. Ces refuges ne sont pas des portes de sorties, mais des sorte d’anti-chambres de stockage des déchets du système. Il n’y a pas d’alternative.
                                        Pourquoi ? parce qu’aucune de ces « alternatives » ne saurait vivre hors du système, en autonomie. Elle dépendent toutes de ses « miettes » (subventions/don/charité).
                                        Si porte de sortie il doit y avoir, il va falloir la fabriquer de toute pièces par un effort collectif continu et soutenu.


                                        • Soi Même 12 mars 2012 09:45

                                          Merci pour cet article.

                                          j’en déduis, il y a ceux qui savent donc la majorité se te taies, car c’est bon pour leurs affaires.

                                          Il y a une grande masse, qui doute mais par conformisme se laisse faire.

                                          Et puis il y a les autres les broyer, il vive dans leur chair que tous cela est un poison.

                                          Donc où l’on se situe, dans les opportunistes, les apathiques, où les victimes où tous simplement nous sonnes conscients et en attendent la manne du ciel nous sonnes révolté ?

                                          Il est intéressant pour soi de savoir où l’on en se trouve.

                                          Pour mon cas, longtemps j’étais apathique jusqu’au jour j’ai réalisé que j’étais victime maintenant je cherche à faire autrement. 

                                            


                                          • Acid World Acid World 12 mars 2012 15:15

                                            Merci pour vos différents points de vue.


                                            Le but de cet article était de démontrer l’ampleur de l’arnaque, à savoir l’illusion de liberté totale à travers la consommation.
                                            Si cet article manque de solutions, c’est que je sors de cette logique petit à petit et depuis peu de temps. Du recul mais surtout des expérience concrètes pour combattre la compétition et le gaspillage restent encore à faire.

                                            J’encourage les décroissants d’agoravox à donner leurs idées au quotidien, les principes qu’ils appliquent, pour que l’on devienne plus ingénieux smiley

                                            • ilan ilan 13 mars 2012 15:55

                                              Dans la manipulation des masses : l’infantilisation est certainement l’arme moderne, -après l’autoritarisme affiché des époques précédentes-, la plus utilisée et la plus insidieuse !


                                              • escudo escudo 22 avril 2012 17:20

                                                Très bon article, analyse pertinent et en accord avec la réalité ! En espérant que l’éveil se généralise au plus vite ! 

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