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Du pain et des jeux pour les foules

arc_triompheGeorge Best a donc réuni l’Irlande du Nord catholique et protestante le temps d’une journée, samedi dernier. Sans le vouloir d’ailleurs, car on ne trouve nulle part trace d’engagement politique ou citoyen dans sa carrière. « Best a réussi ce que les hommes politiques n’ont jamais fait, unir les catholiques et les protestants », dixit le serveur du Rock Bar à Belfast, cité par Libération hier, qui ajoute : « On aimerait le croire ».

Ainsi le football ne se contente pas de faire commettre aux peuples des actes brutaux et bestiaux. Il est aussi capable de provoquer une réconciliation nationale. On l’avait, bien sûr, vu en France le 12 juillet 1998, avec le plus grand rassemblement populaire depuis la Libération.

Effectivement, seul le sport, en dehors des changements de régimes politiques, permet des soulèvements populaires « positifs ». Le chômage fait descendre les gens dans la rue, mais le plein-emploi ne les fera pas bouger de chez eux.

« Du pain et des jeux » : le sport n’est-il pas le nouvel opium du peuple en manque de repères, obsédé par l’avoir plutôt qu’attiré par l’être ? S’il nous faut rester prudents face à cet opium (la maxime pré-citée illustrant le déclin d’un empire), je crois que le sport a un impact, que l’on néglige trop, sur le « moral des masses ».

Les événements des banlieues interviennent à un moment où la France sportive se cherche. Dernière grande victoire en football : l’Euro 2000 ; en coupe Davis : 2001 ; en formule 1 : on n’ose même pas y penser. En cyclisme : même chose ; en rugby : un tournoi des 6 nations ces dernières années. Handball, basket : pas mieux. Christian Blachas le faisait remarquer cet été dans CB News  : il appelait ça : « S.O.S. culture gagne », et faisait la réflexion que nous avions le même problème dans l’univers professionnel que dans les sports.

Certains n’aiment pas que le sport, à travers des compétitions internationales, diffuse un sentiment de nationalisme. On comprend bien pourquoi. Mais à l’heure où les politiciens sont dépossédés de leur pouvoir par des organisations économiques internationales, à l’heure où le concept d’État-Nation perd de sa signification chaque jour, ce qui peut rappeler les identités nationales est-il à bannir à tout prix ?

On a beaucoup discuté de l’identité française à l’occasion des émeutes. Et si le sport avait joué un (mauvais) rôle, en s’abstenant de diffuser cette identité (républicaine), en n’offrant pas son lot de joies aux citoyens ? S’il n’avait pas joué son rôle de garde-fou à cette occasion ? On voit en effet assez mal comment de tels événements auraient pu se produire en marge de la Coupe du monde 1998 ou dans les mois qui ont suivi.

Reste qu’un seul pays gagne la Coupe du monde, et que celle-ci a lieu tous les quatre ans. Si nous n’avons que quelques mois à attendre, il serait bien imprudent de s’en remettre à nos champions pour nous redonner le moral. Ce qui ne devrait pas nous empêcher de miser sur une politique de promotion du sport ambitieuse, y compris, justement, dans les « banlieues ».


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1 réactions à cet article    


  • Emile Red (---.---.10.88) 7 décembre 2005 16:28

    La coupe du monde est effectivement tous les 4 ans, mais les élections ?

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