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Accueil du site > Actualités > Société > Du pouvoir théocratique à la démocratie, la fausse et la vraie

Du pouvoir théocratique à la démocratie, la fausse et la vraie

Le peuple est comme un enfant qui recherche la protection d’un père, tout en aspirant à échapper à l’autorité qui restreint sa liberté. Son émancipation sera soumise à sa capacité à surmonter ses peurs pour se passer de la protection du père… et de son autorité pour respecter les règles de vie en société (la loi). Liberté rime avec responsabilité ; les deux sont indissociables.

Théocratie démocratie

Aristote décrivait trois formes de gouvernement. Il en existe une quatrième, sans doute la plus implacable de toute, dont il ne parle pas : le pouvoir théocratique, en filigrane de l’analyse proposée dans ce billet.

Quatre formes de gouvernement sont donc présentes dans le monde. Les trois premières correspondent à celles d’Aristote, la quatrième, la plus archaïque, remonte aux origines des civilisations monothéistes autour de la méditerranée : 

  1. La monarchie = le gouvernement d'un seul, supposé symboliser la protection du père. Elle est désignée par l'héritage consanguin. Quand le monarque se fait « mauvais père », les révolutions ont démontré que le souverain peut être éliminé (et remplacé) quand le peuple poussé à bout par la misère et les injustices en arrive au meurtre du père[1] dans un passage à l’acte[2] désespéré.
  2. L'oligarchie = gouvernement du petit nombre (aristocratie), désigné par l'élection. Le peuple (l’enfant) a le sentiment de pouvoir choisir des pères symboliques parmi les élites. Ce modèle a fait la preuve de ses limites, en particulier dans les surenchères de mensonges qu’imposent les joutes verbales auxquelles se livrent les candidats, dans leur désir-délire de se faire élire pour accéder au pouvoir. L’affaire Cahuzac pourrait bien, à ce titre, avoir des conséquences décisives sur le sort de la Ve République. Un passage à l’acte[2] pour tuer le père[1] est toujours (symboliquement) possible.
  3. La démocratie = gouvernement du grand nombre, caractérisé par le tirage au sort des magistrats[3] et son corolaire le référendum d’initiative citoyenne. C’est le peuple qui s’auto détermine. Devenu adulte et mature, il (l’enfant) rejette la protection (du père). Personne ne décide son nom, car il a atteint sa majorité, synonyme de maturité.
  4. La théocratie = le gouvernement au nom de la prétendue parole de Dieu. L’affirmation de Nietzsche « Dieu est mort » n’a pas convaincu les milliards d’humains qui continuent à espérer en ce père symboliquement parfait pour se mettre sous sa protection. Des peuples entiers la revendiquent, acceptant de se soumettre corps et âme aux chefs d’églises, les représentants auto proclamés de Dieu sur terre.

Première remarque importante : la république dans laquelle nous vivons aujourd’hui en France n’est en réalité pas une démocratie, mais une oligarchie. Et pourtant l’illusion collective perdure sans véritable résistance du peuple, gavé de discours remplis d’autant de promesses que de mensonges. Nous y reviendrons plus loin.

La théocratie est sans aucun doute la forme de gouvernement la plus redoutable de toutes, parce qu’elle est polymorphe et dogmatique. En dehors des régimes politiques dont le pouvoir est fondé explicitement sur une doctrine religieuse, à aucun moment les dogmes théistes n’ont été éradiqués, et ils ne le seront probablement jamais, car ils possèdent la capacité de se rendre incolore inodore et sans saveur. On ne sait plus qu’ils sont là, tapis dans l’ombre, véritable vampire au service du pouvoir occulte : 

Que l’on ne s’y trompe pas, le dogme théocratique n’est pas uniquement présent dans les gouvernements typiquement religieux où il est monstrueusement visible. On en retrouve l’ADN dissimulé dans toutes les formes de pouvoir, y compris dans les républiques qui se définissent laïques. Toutes, sans exception, ont hérité des valeurs transmises pendant des siècles par les « fonctionnaires de Dieu » au service des monarchies, puis des oligarchies, considérées à tord aujourd’hui comme le modèle de la démocratie.

Le dogme théocratique a ceci de particulier qu’il s’apparente au symbiote, en référence aux personnages de fiction des Marvel Comics et autre Spider-Man : il s’accroche sur l’une des trois formes de gouvernements décrites par Aristote. Tel Venom, le symbiote du dogme théocratique ne peut survivre que dans une relation en symbiose avec son hôte. Ici, hors le pouvoir religieux pur et dur, le symbiote dispose de trois hôtes : la monarchie, l’oligarchie, et la démocratie. Car même cette dernière n’est pas épargnée par les fantômes des dieux, sorte de « surmoi collectif [4] » (lien).

Une fois le symbiote accroché à lui, l'hôte voit toutes ses facultés décuplées (force, puissance, enrichissement personnel, manipulation, etc.), et développe un don de régénération, le symbiote partageant ses hormones avec lui. Dans certains cas, le symbiote développe aussi des facultés propres qu'il confère à son porteur (le symbiote de Venom permettait par exemple de projeter de la toile d'araignée à volonté). Mais, en contrepartie, le symbiote se nourrit de ses endorphines et de son adrénaline, augmentant constamment son agressivité, et le rendant de plus en plus sauvage. Très souvent, l'hôte d'un symbiote commet des horreurs qu'il n'aurait jamais osé commettre en temps normal, sans en être horrifié, même lorsque très exceptionnellement il s'en rend compte. Peu à peu, le symbiote prend ensuite le dessus sur la personnalité de son hôte :

Le pouvoir corrompt inévitablement le libre usage de la raison (Kant) 

Le pouvoir rend fou (Platon)

L'État n'est pas l'incarnation d'un quelconque intérêt général, c'est un monstre froid au service d'intérêts égoïstes (Nietzsche).

Le papae et les fondamentaliste

Les symbiotes – c’est-à-dire les dogmes déistes – possèdent cependant des faiblesses : ils sont vulnérables à la raison et au bon sens populaire qui les conspuent facilement, et les émeutes suffisamment soutenues peuvent les contraindre à se détacher de leur hôte.

Aurions-nous peur de la liberté ?

Il ne fait aucun doute que nous commettons une lourde erreur en confondant la démocratie avec l'élection. Seuls les élites et notables ont les moyens de se faire élire. Et nous sommes assez naïfs pour croire qu’ils vont se mettre au service du peuple ! Ils sont aussi habiles que les théocrates pour nous vendre leur patronage et défendre leurs intérêts en priorité… avec ou sans vaseline...

Après le rejet de l’obscurantisme religieux, comment un peuple peut-il encore se montrer crédule au point de ne pas rejeter avec la même conviction le prosélytisme capitaliste, nouveau dieu en remplacement de celui des théocrates ?

Nous avons tous la réponse à cette question : tant que les miettes, issues des profits que le peuple sert sur un plateau d’argent aux oligarques, tombent dans notre assiette, nous sommes persuadés avoir choisi, élu, les plus honnêtes citoyens pour nous exploiter dans une forme d’esclavage que nous considérons somme toute juste et égalitaire.

L'assemblée nationale

Si nous voulons réellement instaurer la démocratie, nous devrons abolir les élections des oligarques actuellement au pouvoir, et instituer une forme de gouvernement par le peuple :

  1. Le tirage au sort des magistrats3 en charge de la gouvernance devra se substituer à l’actuel système électoral.
  2. Le référendum d’initiative citoyenne sera au cœur des décisions, qu’il s’agisse de faire des nouvelles lois, ou d’en abroger d’autres, jugées injustes.

Pour autant, il serait illusoire de prétendre que les valeurs (éthiques, morales, humaines, etc.) héritées des siècles de croyances théistes auront disparu. Elles demeurent plus que jamais le fondement humaniste, non plus à la disposition des oligarques pour nous manipuler et nous exploiter, mais au service du peuple et de la paix.

L’athéisme ne prive pas l’intelligence de reconnaître les valeurs humanistes portées par le christianisme, ni de constater qu’elles ont été détournées depuis 2000 ans aux services de causes dégueulasses et méprisables. Les raisons de ces détournements trouvent probablement leurs origines dans l’immaturité de l’homme et sa peur de la liberté, comme le souligne Jacques Ellul : « l’homme n’est pas du tout passionné par la liberté, comme il le prétend. La liberté n’est pas chez lui un besoin inhérent. Beaucoup plus constants et profonds sont les besoins de sécurité, de conformité, d’adaptation, de bonheur, d’économie des efforts… et il est prêt à sacrifier sa liberté pour satisfaire ces besoins. Certes, il ne peut pas supporter une oppression directe, mais qu’est ce que cela signifie ? Qu’être gouverné de façon autoritaire lui est intolérable non pas parce qu’il est un homme libre, mais parce qu’il désire commander et exercer son autorité sur autrui. L’homme a bien plus peur de la liberté authentique qu’il ne la désire ».

Pour Jacques Ellul, l’adhésion persistante aux croyances déistes serait le signe de l’immaturité, cause du besoin d’une autorité supérieure, sécurisante, mais privative de liberté : « L’erreur première de ceux qui croient à un monde majeur, peuplé d‘hommes prenant en main leur destin, c’est d’avoir une vue purement intellectuelle de l’homme. Mais voilà : être non-religieux n’est pas seulement une affaire d’intelligence, de connaissance, de pragmatisme ou de méthode, c’est une affaire de vertu, d’héroïsme et de grandeur d’âme. Il faut une ascèse singulière pour être non-religieux ».

L’instauration de la démocratie « vraie » et de son corolaire « le Référendum d’Initiative Citoyenne » est aujourd’hui une priorité. Des pistes concrètes pour en faire avancer l’édification existent, même si les plus sceptiques refusent pour le moment d’y croire par peur de la liberté. La faillite du système politique en vigueur crée l’urgence d’une prise de conscience à sortir de l’asservissement social, anxiolytique du peuple aliéné par ses peurs. Un peuple en crise, qui pourrait bien faire un passage à l’acte et précipiter l’avènement de cette démocratie « vraie ».

Là, il y a urgence.

Reste à savoir si notre peur de la liberté est suffisamment dépassée pour franchir le pas…

Documentation :

Tirage au sort et démocratie en Grèce antique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Démocratie athénienne

La démocratie par tirage au sort sur owni.fr
Une Constitution d’origine Citoyenne (Étienne Chouard)
Référendum d’Initiative Citoyenne

Démocratie et tirage au sort : 544 000 résultats sur Google !



[1] Le meurtre du père défini par Freud dans son ouvrage anthropologique « Totem et tabou » s’entend aussi bien sur le plan symbolique que dans un passage à l’acte. Lacan en a largement repris la thématique sous l’angle la logique du signifiant (lien).

[2] Passage à l’acte : expression du vocabulaire de la psychanalyse qui désigne « un moment de rupture brutale dans un processus relationnel jusque-là contenu guidé et encadré par la parole et le langage ».

[3] Magistrats dans le sens premier du mot : fonctionnaire ou officier civil investi d’une autorité publique et de son administration.

[4] Surmoi collectif, par analogie au surmoi de l’individu défini par Freud comme étant l’intégration dans son « moi » des préceptes de son éducation, sans qu’il n’en soit plus conscient (lien).

 

Crédit image :

http://deleatur.hautetfort.com/tag/ayatollah

http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=1320


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61 réactions à cet article    


  • astus astus 4 avril 2013 17:55

     

    Bonjour Loup Rebel,

    Pour moi le grand problème de l’humanité est celui des croyances :

     « Aristote dit : L’homme est un animal qui désire le savoir, c’est faux. L’homme n’est pas un animal qui désire le savoir. L’homme est un animal qui désire la croyance, qui désire la certitude d’une croyance, d’où l’emprise des religions, d’où l’emprise des idéologies politiques. (…) (Cornélius Castoriadis, 1996, Mermet)

    D’ ailleurs les systèmes politiques que vous évoquez : monarchie, oligarchie, démocratie, théocratie supposent tous une adhésion suffisante à des croyances. Et la tyrannie ou les systèmes totalitaires ne font pas exception (Hitler a été élu démocratiquement). Étienne de La Boétie l’avait d’ailleurs bien compris : « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » (Le Discours de la servitude volontaire).

    Or de même que les civilisations sans religion n’existent pas (cf. Arnold Joseph Toynbee) l’homme sans croyances n’existe pas non plus car il est indispensable pour vivre de croire au moins en sa propre vie et en ceux qui nous l’ont donnée, même si c’est pour les « tuer » symboliquement après. Mais évidemment entre l’idéal du moi et le moi idéal l’écart peut ensuite être important.

    Trouver son chemin de liberté pour être citoyen au milieu des croyances est donc finalement une entreprise délicate, mais qui sans doute vaut le coup d’être recherchée.

    Bien cordialement

     


    • Aldous Aldous 4 avril 2013 20:43

      Hitler n’a jamais eu la majorité à Reichtag et c’est bien pour ça qu’il l’a fait brûler.


      Et Hitler n’a pas été élu mau NOMMÉ chancelier par Hindenburg.

      Arrêtez de colporter des idées reçues.



    • Aldous Aldous 4 avril 2013 20:44

      Mais nommé...


    • epicure 5 avril 2013 00:32

      La vraie démocratie nécessite surtout une éducation, les autres systèmes eux reposent effectivement sur des croyances, surtout la monarchie de droit divin et la théocratie.
      La vrai démocratie repose sur un pouvoir collectif, elle nécessite de laisser de côté ses égoïsmes de pouvoir de côté, l’acte de foi de la démocratie c’est d’avoir confiance aux autres pour faire pareil que soi( sinon on peut tomber dans l’oligarchie ).
      Les autres systèmes reposent sur l’égoïsme des élites qui ont besoin que le peuple ait des croyances pouvant justifier le privilège de pouvoir qu’ils ont sur le peuple. La première croyance à inculquer c’est donc que les intérêts particuliers et égoïstes des élites servent l’intérêt de tous.

      En fait aux trois modèles proposés de base, il en existe un théorique particulier qui pourrait se résumer en une théocratie panthéiste , ou panthéocratie, où la chose vénérée est unique/unitaire et est de partout, dans la nature, l’univers et surtout la communauté humaine , ni élitiste , ni démocratique, sans hiérarchie donc, où tout les personnes composant la communauté, non égoïstes, sont tous au service de la commuauté organique qui fixe de façon uniforme, égale, chaque geste et pensée des membres de cette communauté. Ce qui y ressemble le plus dans notre culture ce sont les communautés monacales au niveau mentalité, vision de la communauté. Mais ce modèle nécessite un bon nombres de croyances de la part de ses membres pour pouvoir être appliqué.
      Les régimes totalitaires dits communistes reseemblent par leur discours et certaines pratiques à une panthéocratie, sauf que ce sont dans la pratique des régimes basés sur le pouvoir égoïstes de certaines élites avant tout.
       Le nazisme étant anti-universaliste par contre ne contient pas d’élément panthéocratique, c’est un régime de soumission à une hiérarchie implacable, il partage juste l’autoritarisme..


    • JL JL 4 avril 2013 18:59

      Cet article est biaisé par les idées de l’auteur et qu’il exprime benoitement d’entrée de jeu, je cite : ’’Le peuple est comme un enfant qui recherche la protection d’un père, tout en aspirant à échapper à l’autorité qui restreint sa liberté.’’

      Cette instrumentalisation du concept ’peuple’ est déplorable, et c’est un euphémisme. Elle rejoint le discours des ’oligarques de fait’, et parle dans leur langue lorsqu’ils évoquent dans leurs médias, les gouvernants et les gouvernés.

      Cette dichotomie renvoie clairement à l’ancien Régime et à ses privilèges de classes.

      La République, Etat de droit, n’en déplaise à tous ses déviants, n’admet pas ce clivage : ce n’est pas le gendarme qui fait la loi, c’est la loi qui fait le gendarme. Puisque l’on parle de Cahuzac, voilà un bel exemple de ce que les gouvernants sont aussi des ’gouvernés’ (mot qui appartient à la sphère des gouvernants), donc le peuple, mais qui trop souvent font comme s’ils étaient au-dessus des lois.

      J’ai parlé d’’oligarques de fait’ par opposition au droit divin ou tout ce qu’on voudra : ils sont dans une position de domination qui ne vaut que aussi longtemps que le peuple (c’est-à-dire nous tous, sans exception) le supportera.

      Pour conclure cette première réaction, je citerai Raoul Vanheigem : « Le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables. »

      Loup Rebel en nous disant ici que le peuple est un enfant, participe de cette culpabilisation.


      • jack mandon jack mandon 4 avril 2013 20:22

        bonsoir Loup Rebel,

        Utilisons la métaphore.

        Vous pratiquez la montagne, moi aussi, enfin chacun à sa manière.

        Ce pourrait être le grand large, l’infini spatial, le grand Nord, càd tout
        ce qui met en action le vecteur des paroxysmes.

        Essayons d’imaginer une passerelle sans fin traversant
        une immense vallée sans fond. Les protections latérales sont absentes.
        Sur la rive de départ, une société mutante, comme toutes les sociétés vivantes.
        Comment cerner cette espèce de chimère collective pour faire bouger tout çà.
        L’âme humaine dans son unicité contient la même multitude.

        Dans ce grouillement grouillant des autorités ont toujours émergé
        depuis le début des temps...où en sommes nous ?

        Vous savez combien il est difficile de faire évoluer un patient.
        Le sens de sa vie est à l’image de la grande complexité de son cerveau.
        Au mieux, en un moment qui nous échappera, nous aurons
        participé à l’ébranlement d’un iota de sa destinée...
        et peut être, et cela est fâcheux, nous l’aurons influencé.

        Le collectivisme est un foutoir tyrannique, comme le cerveau d’ailleurs.

        Je viens de faire un papier sur jj Rousseau, il posait déjà les bonnes questions

        Bonne soirée.

         


        • Aldous Aldous 4 avril 2013 20:37

          L’auteur met les religions dans un seul et même sac.


          Réducteur et grossier.

          ’’Mon royaume n’est pas de ce monde.’’
          Jésus.



          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 avril 2013 05:06

            Bonjour Loup Rebel,

            Pour ma part je pense que ce n’est pas la liberté qui nous fait peur, mais la responsabilité qu’elle implique.

            Nous voulons la toute-puissance, la liberté par excellence, celle qui se donne le droit de révoquer le réel et de lui dire non, pour mieux s’adonner au principe de plaisir.

            Cette liberté là nous n’en avons pas peur, vu qu’elle n’existe pas, en tout cas, pas pour l’adulte.

            C’est un fantasme que l’enfant seul réaliser à leur actuelle, avec tous ces parents qui pensent bien faire en donnant tout à leur enfant.

            Notre peur c’est plutôt celle du réel, (désolé, je ne suis pas lacanien smiley, cad, ce moment où la réalité nous rattrape et s’IMPOSE à nous, qui voudrions tant que le monde soit selon notre bon vouloir.

            C’est vrai que d’un point de vue girardien, on pourrait bien aller dans votre sens en convenant que le sujet a peur de décider par lui-même et c’est pour cela qu’il cherche sur quel modèle il va pouvoir (mimétiquement) aligner son désir.

            Mais là encore la peur n’est pas celle de la liberté (entendue ici comme le fait de faire ce que l’on veut présentement) mais la peur de se tromper et donc d’avoir à assumer (responsabilité) ses choix, cad, assumer une réalité dont, au final, on ne veut pas.

            Comme vous le savez bien, toutes les contes de fées sont fait pour éduquer l’enfant quant à ses choix et à la responsabilité qu’ils amènent. D’où la récurrrence du thème des 3 voeux : le premier pour satisfaire l’impulsion irréfléchie, le second pour réparer après avoir pris conscience de son erreur et le troisième pour, enfin, faire le bon choix, ce que l’on veut vraiment et que l’on sait pouvoir assumer de manière responsable.

            Donc voilà, pour moi, la peur est celle de la responsabilité, la peur d’être sujet en tant que source causale, et donc responsable, de ses comportements.

            Le mouton, l’enfant ne fait que suivre et n’a aucune responsabilité. Quand en plus il croit être libre, c’est le bonheur ... de l’infantile.

            L’exigence dont parle Ellul me paraît être là, dans celle d’être homme, adulte, de savoir se confronter au réel sans se raconter d’histoire.

            Le religieux n’a pas ici à être bouc émissaire comme j’ai un peu le sentiment qu’il l’est. Même les plus anti-religieux vivent toujours dans une religion ou une autre, celle de la science, celle de la démocratie, et nous en voyons les effets : nous allons à la catastrophe.


            • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 08:47

              Bonjour Luc-Laurent,

              Vous avez raison d’apporter cette précision sur la responsabilité. Pour moi cela va sans dire, et je l’ai juste (à peine) cité, mais c’est mieux en le disant.

              Très juste également votre référence au « principe de réalité », que Freud a opposé au « principe de plaisir ». Ces notions ne sont pas équivalentes au réel objectif (des scientifiques comme de Lacan).

              Si vous avez perçu dans mon propos le religieux érigé en bouc émissaire, c’est que je me suis mal fait comprendre. Je l’ai assimilé au surmoi collectif, comme valeur fondatrice d’une cohésion sociale : il faut bien tomber d’accord sur des valeurs communes, par exemple « respecter son semblable », à défaut de l’aimer.

              La question que j’invite à se poser est celle du renoncement à toute « idole », en particulier les idoles politiques. Dans un moment où les élites politiques descendent de plus en plus du piédestal, ce questionnement m’a semblé opportun. Quand le président affirme : Le gouvernement n’est en rien mis en cause dans la mise en examen d’un de ses membres, ce n’est l’affaire que d’un seul homme, il tante lamentablement de sauver l’insauvable.

              Merci de vos commentaires qui nourrissent l’organisation de mes pensées.


            • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 08:50

              @ epicure (---.---.---.80) 5 avril 00:32

              Bonjour Épicure,

              Merci pour votre commentaire, très pertinent, surtout dans le contexte des propos d’Astus et Aldous.


              • JL JL 5 avril 2013 09:12

                Bonjour Loup Rebel,

                J’ai bien ri en lisant ça, je ’sic’ :

                 ’’Quand le président affirme : Le gouvernement n’est en rien mis en cause dans la mise en examen d’un de ses membres, ce n’est l’affaire que d’un seul homme, il tante lamentablement de sauver l’insauvable.’’

                Ce lapsus, s’expliquerait-il par le fait que vous pensiez un peu beaucoup à son conseiller mis en cause dans une affaire louche ? Ce même conseiller, ami de Pierre Berger, qui renvoie, lui au mariage pour tous ?


                • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 10:12

                  Bonjour JL,

                  Pas précisément à son conseillé, mais plus généralement aux nombreux amis de Cahuzac qui font volteface. Un peu comme pour DSK qui s’est retrouvé bien seul, ses amis affirmant « ne pas le connaitre ». Y a de quoi rire, en effet.

                  Sauf que là, je serais très étonné que Cahuzac soit seul coupable, comme DSK dans la chambre du SOFITEL, si vous voyez ce que je veux dire. On n’est pas dans l’intime, bien que la trahison vienne de son (ex)épouse...

                  Le fil d’Ariane nous en dira (peut-être) plus.


                • JL JL 5 avril 2013 10:29

                  Bonjour,

                  je me demande si vous avez compris de quel lapsus je parlais ...


                • TSS 5 avril 2013 10:28

                  La démocratie = gouvernement du grand nombre, caractérisé par le tirage au sort des magistrats[3] et son corolaire le référendum d’initiative citoyenne. C’est le peuple qui s’auto détermine. Devenu adulte et mature, il (l’enfant) rejette la protection (du père). Personne ne décide son nom, car il a atteint sa majorité, synonyme de maturité.

                  La democratie ce n’est pas ça mais le vote direct de la population,sur l’agora,chose qui n’est

                  plus possible maintenant !!

                  le referendum ,c’est facile,voter dans le secret de l’isoloir ! lever son bras à la vue de tous est

                  beaucoup plus difficile et demande un certain courage... !!


                  • Hervé Hum Hervé Hum 5 avril 2013 10:37

                    Bonjour Loup Rebel,

                    Voilà un article bien pensé.

                    Je vous invite à considérer cette définition de la responsabilité

                    La responsabilité est la capacité de répondre de ses droits ET devoirs envers autrui.
                    Les droits sont par nature innée et les devoirs acquis. le déséquilibre dans le rapport entre droit et devoir entraîne de facto, la perte de responsabilité.

                    Cet aphorisme pour distinguer la liberté de la servitude et de l’esclavage

                    « La liberté exige une discipline intérieure, la servitude un minimum et l’esclavage aucune car la discipline est imposé de l’extérieur. »

                    Et enfin, cet aphorisme « chacun doit être pour lui même son dernier maître et son premier disciple. »

                    Dire de la liberté que c’est faire ce que l’on veut, ne signifie rien du tout. Car il faut savoir ce que l’on veut soi et non ce qu’autrui nous inculque.

                    La liberté c’est « être vrai ». Mais dans un monde ou le conditionnement est partout, accéder à la liberté au sens « être vrai » requiert.... Le détachement d’autrui et l’attachement à soi ! 

                    Or, paradoxalement, l’enseignement fondamental de la religion est précisément le détachement d’autrui et l’attachement à soi ! Autrement dit, la religion enseigne la liberté, que les humains s’empressent d’enfermer et d’instrumentaliser aussitôt. Le problème est qu’il y a confusion entre détachement et indifférence. Entre attachement et amour d’autrui.

                    Alors, la liberté c’est « être vrai », qui s’acquiert par le détachement d’autrui et l’attachement à soi même. C’est ce que nous devons retenir des religions, a savoir, que Dieu se trouve dans l’attachement à soi, puisque Dieu ne se rencontre que par le chemin de la transcendance et de la révélation. Donc, un cheminement intime et personnel où s’attacher uniquement à Dieu est s’attacher uniquement à soi même et vice versa. A contrario, le détachement d’autrui conduit au respect absolu de l’identité et de la liberté d’autrui. L’esclavage et la servitude commence donc avec l’attachement d’autrui, sur autrui ou par autrui. Etc...


                    • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 11:12

                      Bonjour Hervé,

                      Votre commentaire conforte mes pensées.

                      Je partage les idées avancées dans vos propos.

                      Faire référence à Ellul est toujours un pari risqué, car ce philosophe a soutenu des positions paradoxales, inaccessibles aux « hémiplégiques » de la politique qui ne conçoivent le monde et surtout l’Homme que dans certains de ses fragments. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il ouvre l’esprit à tous les contraires.


                    • JL JL 5 avril 2013 11:47

                      @ Hervé Num,

                      Peut-on laisser passer ça, je cite : ’’Les droits sont par nature innés’’ ?

                      Cette phrase n’a de sens que relativement à ce qu’on appelle les droits naturels et par opposition aux droits conférés par la loi.

                      Mais dans une nature vierge, sauvage, primitive, vous ne disposez d’aucun droit : allez donc invoquer un droit naturel en présence d’un tigre affamé, vous m’en direz des nouvelles.

                      @ Loup Rebel, C’est la deuxième fois que je vous vois employer cette expression : hémiplégiques de la politique. Est-ce que vous faites une différence entre hémiplégique de la politique et extrémiste ?

                      Et si la réponse est non, est-ce que vous pourriez nous donner une définition qui nous assure que vous ne l’êtes pas ? Et des exemples ?


                    • Hervé Hum Hervé Hum 5 avril 2013 12:05

                      Cher JL, il m’arrive parfois d’écrire sans réfléchir, mais en l’espèce ce n’est pas le cas.

                      Si les droits ne sont pas de nature innée, alors, aucun être humain n’a de chance de survivre plus de deux heures après sa naissance !

                      Les droits naturels reconnus par la loi sont, l’accès à la nourriture, la protection, les soins, la chaleur, l’amour, l’éducation et enfin, l’instruction. Bien évidemment, les premiers sont primaires et les seconds sont secondaires. Toutefois, ces derniers restent de l’innée car ce sont des droits définitivement acquis à la conscience humaine. Ils sont « in-conscient » au sens d’intégration dans la conscience. Donc, la loi reconnais des droits naturels et acquis comme faisant partie de l’innée propre à l’humain.


                    • JL JL 5 avril 2013 13:07

                      Cher Hervé Num,

                      voulez vous dire que si le nouveau né n’avait pas de droit inné de vivre sa mère le laisserait crever ? Que même les animaux ont ce droit, sinon ils ne survivraient pas dans la jungle ?

                      Bigre !

                      Ceci dit, les droits innés, c’est un concept à vous ? Vous ne confondriez pas avec loi naturelle, par hasard ?


                    • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 13:25

                      @ JL

                      J’utilise la métaphore « hémiplégie politique » pour désigner (extrémisme ou pas) une façon de penser qui rejette les idées de l’autre camp politique pour l’unique raison qu’elle est celle du camp adverse — dans le schéma droite-gauche — par analogie aux deux hémisphères cérébrospinaux.

                      Le raisonnement de l’hémiplégique de droite est le suivant : « la gauche défend telle idée, donc c’est une idée que je dois forcément combattre, parce que c’est une idée de gauche (mon rival, voire mon ennemi).

                      Et inversement pour un hémiplégique de gauche.

                      Ce qui est totalement différent de ne pas adhérer à une idée parce qu’elle est contraire aux convictions issues de la liberté de penser par soi-même — non clivées droite-gauche —

                      Puisque votre esprit retors veut s’assurer que je ne suis pas atteint d’hémiplégie politique, je vous confirme que je partage avec la gauche ET avec la droite des idées. Quelques-unes aussi avec les extrêmes, droite et gauche. Ma liberté de penser me permet par ailleurs de rejeter des idées de droite aussi bien que des idées de gauche.

                      Ce qui est insoutenable pour un militant engagé au point d’en perdre son âme (sa liberté de penser). Il est condamné à l’hémiplégie politique (métaphore). Les alliances droite droite ou gauche gauche restant toujours possibles, extrêmes inclus.


                    • Hervé Hum Hervé Hum 5 avril 2013 15:07

                      Cher JL

                      Les droits dont il est question ici sont ceux de l’accès aux besoins primaires. Ils sont innés par le fait que sans eux, un humain ou un animal ne peut survivre et ce, avant même d’avoir acquis la possibilité de les exiger et les défendre. Donc de les acquérir par ses propres moyens.

                      Ce qui fait des droits qu’ils sont de nature innée, au contraire des devoirs qui s’acquièrent par la connaissance et la discipline.

                      Si vous aviez un esprit ouvert et critique au lieu d’être polémique, vous auriez fait ce simple travail d’analyse tout seul. 

                      Pour finir et vous éviter encore des égarements, j’ai mis les droits et les devoirs en balance l’un vis à vis de l’autre, pour faire ressortir la notion de responsabilité. C’est ici que le concept du droit ayant une nature innée prend tout son sens. Et là, c’est un concept largement admis et partagé puisque à ce jour je n’ai pas encore rencontré de contradicteur.

                      Serez vous donc le premier ?


                    • JL JL 5 avril 2013 15:37

                      Loup Rebel,

                      c’est curieux, mais je tiens exactement le même discours en ce qui me concerne. Mais à la différence de vous, je n’aurai jamais eu l’idée de vous traiter d’hémiplégique. Encore moins de parler de retors ) propos de votre esprit. Et encore moins d’employer une tournure aussi dégradante que ça, je cite : ’Puisque votre esprit retors veut s’assurer blablabla

                      Ce qui me fait dire que le plus retors de nous deux c’est celui qui dit.


                    • JL JL 5 avril 2013 15:50

                      Hervé Num,

                      je serais le premier à dire que ce concept de ’droits innés’ m’est inconnu ? Pourquoi pas ! Vous me rendriez service en me fournissant une référence, je n’ai rien trouvé sur un moteur de recherche.

                      Et puisque je suis là : ’devoirs acquis’ ? Connais pas non plus.

                      En revanche, droits acquis ça me parle. Devoirs innés aussi, pareil, mais je parlerai plutôt de loi naturelle : celui qui ne respire pas meut.

                      Bon, je ne souhaite pas polémiquer sur ce sujet mineur. Mes excuses pour vous avoir embêté. Je dois dire pour ma défense que cette histoire de ’droits innés’ renvoie tout naturellement, de mon point de vue, à la revendication d’un salaire d’existence. Mais n’en parlons pas.


                    • Hervé Hum Hervé Hum 5 avril 2013 21:25

                      Y a pas de mal JL,

                      d’autant que c’est un peu normal que vous n’ayez rien trouvé sur internet car je l’ai pensée de moi même, comme un grand ! Mais cela aurait pu être de quelqu’un d’autre avant.

                      En fait, je disais surtout n’avoir pas trouvé quelqu’un qui ne soit pas d’accord avec cette idée. Ni avec la définition que je donne de la responsabilité !

                      Si vous me lisez, je vous apporterai une dernière précision. Bien sûr qu’il y a des droits en acquisition pour lesquels on se bat aujourd’hui. C’est particulièrement vrai pour la démocratie. C’est ce qu’on appelle... L’évolution !

                      Mais surtout, ce qui différencie l’acquis de l’innée, c’est que l’innée est attaché à l’individu dès sa naissance, alors que l’acquis, ben, il sont c’est le fruit de l’apprentissage de l’individu. D’où le fait que les droits sont de nature innée et les devoirs de nature acquise.

                      Enfin lorsque vous écrivez « Devoirs innés aussi, pareil, mais je parlerai plutôt de loi naturelle : celui qui ne respire pas meut. »En essayant de vous sauver, vous vous enfoncez un peu plus.

                       Une fois, quelqu’un essaya d’employer le même stratagème en répondant qu’un bébé tète le sein de sa mère par devoir. M’enfin, vivre est ce un devoir ou un droit ? Respirer est ce un droit ou un devoir ? Si c’est un devoir, ben cher JL, je vous libère de ce devoir et voyez donc si vous en serez heureux ! Tout comme libérer le bébé de téter et voyons donc s’il manifeste son contentement d’être ainsi libéré de son devoir de manger ?

                      La loi naturelle, je vous répondrai que ce sont les conditions imposées à la vie, pour laquelle le droit est la capacité donné aux êtres vivants de les satisfaire et le devoir celui de s’adapter à l’évolution de ces mêmes conditions.

                      Bonne soirée JL


                    • JL JL 6 avril 2013 08:59

                      Hervé Num,

                      j’ai beaucoup apprécié ce petit exposé d’une thèse originale et qui vous est très personnelle comme vous dites. Pourquoi n’en faites vous pas un article ? Peut-être êtes vous le nouveau Spinoza ?

                      Là où j’ai tiqué, mais je ne vous en veux pas, vous êtes dans votre trip, c’est quand j’ai lu : ’’En essayant de vous sauver, vous vous enfoncez un peu plus’’

                      Fichtre ! Je n’aurais pas ma place dans cet univers numien ? Me voilà tout contrit !

                       smiley


                    • Furax Furax 5 avril 2013 10:43

                      Loup Rebel

                      "En effet, Ellul pense que si l’homme se tourne vers Dieu et apprend à Le connaître, il découvrira la liberté qui seule peut l’amener à une véritable révolution. "
                      Dans
                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Ellul
                      Amicalement


                      • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 11:01

                        Bonjour Furax,

                        Merci pour votre commentaire. smiley

                        Vous n’avez pas tort.

                        Ellul insiste aussi sur les notions de « maturité » et de « responsabilité ». Plus que sur la liberté, dont il va même jusqu’à dire que l’homme en a peur... à cause des responsabilités justement, contrepartie indissociable.


                      • Gollum Gollum 5 avril 2013 11:38

                        Bon, pas enthousiasmé par ce texte d’un freudien pour qui le religieux est comme pour Marx signe d’arriération mentale...


                        Comme je suis plutôt disciple de Jung et d’Eliade je pense que le religieux est le support de la véritable Liberté. Et comme Jung, je pense que les religions officielles et confessionnelles ne sont pas là pour nous rapprocher de Dieu mais bien au contraire pour le tenir à distance...

                        Car là se tient la véritable liberté et les gens en ont une peur panique.

                        L’athéisme sert à se débarrasser de façon radicale de toute transcendance et propose des fausses libertés, des succédanés.. 

                        Mais les confessions ont le même rôle en donnant l’illusion d’être proche de Dieu, de faire ce que Dieu, soi disant, demande.. Cette attitude s’appelle pharisaïsme.

                        Ils ne reste plus que les hommes de l’aventure intérieure, qui peut d’ailleurs se vivre à l’extérieur, et qui est de se confronter à soi-même, seul lieu où habite le dieu.

                        Nietzsche fut de ceux là même s’il s’est loupé. Jung également. Mais des hommes comme les chercheurs d’aventure, comme les pratiquants des sport extrêmes, le sont aussi, même si leur quête est en apparence une quête horizontale. En réalité il n’en est rien, ils sont bien dans la verticalité eux aussi..

                        Et bien évidemment ces hommes sont rares. Il ne peut en être autrement.

                        • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 12:32

                          Bonjour Gollum,

                          Non, pas du tout un signe d’arriération mental, pour moi en tout cas (je ne peux parler qu’en mon nom), mais plutôt celui d’une maturité pas pleinement atteinte. C’est ce que dit Ellul, qui comme vous le savez s’était converti au protestantisme à 18 ans, avant de se déclarer plus tare une foi « contre la religion » : il pense que si l’homme se tourne vers Dieu et apprend à le connaître, il découvrira la liberté qui seule peut l’amener à une véritable révolution. C’est, selon lui, l’appel du chrétien, appel que les églises-institutions ne peuvent pas suivre... Point de vue que je ne partage pas. Ce qui ne m’empêche pas de reconnaître la valeur de son œuvre et d’y faire référence sur plein d’autres points.

                          « Exister, c’est résister » était la devise d’Ellul. Il disait de son œuvre qu’elle est entièrement centrée sur la notion de liberté.

                          Si vous citez Eliade, ce serait pas mal de préciser lequel (prénom ?), car ils sont au moins quatre, dont deux de la même famille.

                          Et si je puis me permettre, n’étant pas vous-même athée, il serait préférable d’éviter de parler en leur nom. Ils sont mieux placés pour parler d’eux.

                          Merci d’avoir pris le temps de commenter mon billet. smiley

                          PS : Pour votre information, je suis le disciple de personne, je ne me connais aucune idole, aucun maitre à penser, et je vis comme une atteinte à ma liberté de penser toute mise sous tutelle (freudien, lacanien, jungien, de droite, de gauche, truc muche ou autre). Faire référence à tel ou tel auteur ne fait pas pour autant de moi un disciple de qui que ce soit smiley


                        • epicure 6 avril 2013 02:28

                          La vrai liberté ne peut reposer quer sur l’immanence, c’est à dire quand l’individu ( tous les individus en fait ) est son propre moteur, mais pas son égoïsme et ses passions ( dans ce cas les gens confondent liberté avec pouvoir de nuire ou dominer autrui ) , c’est à dire responsables de leurs décisions et de leurs actes, et non d’avoir des choses imposées arbitrairement par des transcendances, sa limite c’est le respect de la liberté des autres. La vrai liberté c’est l’absence de domination, hors les principes transcendants sont des principes de domination sur les individus, et justifient la plupart des dominations. La deuxième mamelle des domination ce sont les pricnipes particularistes.
                          , qui réservent le pouvoir, des privilèges à certains au détriments des autres,avec ou sans transcendance.

                          Par exemple un moine n’est pas libre, son moteur c’est des textes , des traditions imposées de l’exterieur qui règlent chacun de ses gestes, il ne peut être responsable de ses gestes qu’il n’a aps décidé, on ne peut être responsable que ce que l’on a décidé personnellement en toute conscience sans contrainte extérieure. Le seul acte de liberté d’un moine c’est d’entrer volontairement dans cet ordre, mais en fait c’est de la servitude volontaire, il abandonne sa liberté pour autre chose.

                          Les religions sont bâties pour que les gens suivent des prescriptions venues d’une autorité décrétée supérieure et extérieure aux adeptes du culte ( et parfois à ceux qui ne veulent pas l’être).

                          C’est en traitant les X de façon immanente, en tant qu’individus égaux, en les émancipants de transcnedances que les X on gagné leur lliberté.

                          On peut remplacer X par plein de choses comme : esclaves, femmes,, juifs, citoyens etc....
                          L’esclavage, le sexisme, les racismes etc... reposent sur une vision transcendante de ’lhumanité et de la société, en mettant quelque chose au dessus des personnes pour leur imposer des rôles ( par exemple esclave ou femme au foyer soumise ) et pour les y contraindre, et refuser l’autoomie individuelle des choix.


                        • Loup Rebel Loup Rebel 6 avril 2013 19:43

                          Merci Épicure pour votre commentaire.

                          Ce que vous dites est très juste, et plein d’humanisme.

                          Je partage votre vision de la liberté.


                        • Gollum Gollum 5 avril 2013 13:27

                          Bonjour Gollum,

                          Non, pas du tout un signe d’arriération mental, pour moi en tout cas (je ne peux parler qu’en mon nom), mais plutôt celui d’une maturité pas pleinement atteinte. 


                          Langage subtilement diplomatique mais qui veut dire exactement la même chose... arriération mentale donc smiley

                          Si vous citez Eliade, ce serait pas mal de préciser lequel (prénom ?), car ils sont au moins quatre, dont deux de la même famille.

                          Allons il s’agit de Mircea Eliade l’historien des religions et ami de Jung. Il me semble que le contexte ne permettait aucune ambiguité..


                          Et si je puis me permettre, n’étant pas vous-même athée, il serait préférable d’éviter de parler en leur nom. Ils sont mieux placés pour parler d’eux.

                          Oui ? Ben vous vous permettez bien de parler d’obscurantisme religieux et je pourrai vous renvoyer la balle.. non ? Un peu schizophrène sur ce coup...

                          Merci d’avoir pris le temps de commenter mon billet. 

                          Ce fut un plaisir smiley


                          PS : Pour votre information, je suis le disciple de personne, je ne me connais aucune idole, aucunmaitre à penser, et je vis comme une atteinte à ma liberté de penser toute mise sous tutelle (freudien, lacanien, jungien, de droite, de gauche, truc muche ou autre). Faire référence à tel ou tel auteur ne fait pas pour autant de moi un disciple de qui que ce soit 


                          Houlà ça sent le rebelle à plein nez ça ! Bravo.. 


                          Moi je suis disciple de tellement de personnes que je ne m’y retrouve plus moi-même.. Mais c’est vrai que je n’ai aucune indépendance d’esprit... smiley


                          • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 13:47

                            L’important c’est de vous sentir vivre dans « une » vraie liberté.

                            Quand vous dites « la » vraie liberté, ça froisse un peu la mienne, de liberté smiley

                            Tous des rebelles ! pourrait être une de mes devises, si je devais en avoir smiley


                          • Loup Rebel Loup Rebel 5 avril 2013 16:24

                            @ Hervé Hum (---.---.---.79) 5 avril 15:07

                            Vous dites à JL : ***Si vous aviez un esprit ouvert et critique au lieu d’être polémique, vous auriez fait ce simple travail d’analyse tout seul.***

                            Depuis que Jl m’a déclaré avoir été déçu par mes idées contraires aux siennes, il s’acharne à se montrer vengeur.

                            À croire qu’il était amoureux et qu’il ne se remet pas de sa déception.

                            Monsieur ne supporte pas qu’on ne soit pas du même avis que lui, ou qu’on ne daigne pas répondre à ses questions purement polémiques, sans intérêt, ou hors sujet.

                            Franchement, JL, vous finissez par devenir lassant et lourd.

                            Vous me décevez, JL...  smiley


                            • JL JL 5 avril 2013 16:41

                              Loup Rebel,

                              ce n’est pas parce que vos idées sont contraires aux miennes que vous m’avez déçu : c’est ridicule, voyons.

                              Vous m’avez déçu quand vous avez écrit à mon sujet, je cite en substance : ’’si le RU est une idée de droite, vous la rejetez par réflexe hémiplégique ; si elle est de gauche, vous êtes un égoïste’’. Peut-on être de plus grande mauvaise foi ?

                              J’aime bien savoir qui est qui, et ce que vous appelez mes questions polémiques, c’est ma façon d’aller au fond des choses : je déteste l’hypocrisie.

                              Bonjour chez vous !


                            • Hervé Hum Hervé Hum 6 avril 2013 20:42

                              Bonsoir Loup Rebel,

                              Je viens ici pour vous répondre au sujet de votre post sur mon billet « le vote blanc est révolutionnaire » parce qu’il confirme, fait la démonstration votre propre article.

                              Vous m’écrivez :

                              Votre message s’est croisé avec le mien (Par Loup Rebel (---.---.---.34) 6 avril 17:17).

                              Les idées reçues ont la peau dure !

                              Pas sûr que les commentateurs aient fait une lecture intégrale de votre billet. Pas sûr non plus qu’ils soient conscients de la réalité de la situation. Autre possibilité : ils protègent le système, car ce système est garant de leurs privilèges...

                              Peut-être qu’avec un titre au gout plus « révolutionnaire », vous pourriez attirer les bons lecteurs... Rien ne vous empêche de le republier dans quelques jours sous un autre titre

                              Je crois qu’il y a pas mal de gens qui sont dans la situation du gag où le gars dit à ses amis de le retenir sinon il va faire un malheur... Et insiste beaucoup pour être retenu et surtout pas lâché !

                              Enfin, je n’ai pas développé les conséquences du vote blanc, mais quand on s’y penche plus en profondeur on se rend compte que ses implications sont vraiment.... Révolutionnaire !


                              • Loup Rebel Loup Rebel 6 avril 2013 23:28

                                Bonsoir Hervé,

                                Je ne peux que vous encourager à... ne pas vous décourager ! Bien sûr que le vote blanc est un acte de rébellion, et pratiqué par un grand nombre il constitue en soi une forme singulière de protestation collective qui s’apparente à une révolution.

                                Dites-vous que si vos articles sont publiés, c’est qu’ils ont recueilli une approbation. Les commentaires sont avant tout des réactions quasi affectives au titre du billet. Dans le cas du votre, « vote blanc » lu par des endoctrinés politique ne peut pas les enthousiasmer.

                                J’ai fait un lien vers votre article sur un autre billet où des commentateurs évoquaient le vote blanc (http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-propose-une-amnistie-fiscale-133679#forum3681463)

                                Comme vous, je crois au renversement de la Ve république, et je crois que le temps est compté. L’affaire Cahusac et son fil d’Ariane vont précipiter les choses.

                                Cordialement


                              • JL JL 7 avril 2013 09:39


                                Loup Rebel a écrit à Hervé Num, je cite : ’’Bien sûr que le vote blanc est un acte de rébellion, et pratiqué par un grand nombre il constitue en soi une forme singulière de protestation collective qui s’apparente à une révolution.’’

                                Non, le vote blanc n’est pas un acte de rébellion : il est parfaitement légal.

                                Ce n’est pas le vote blanc en soi qui est révolutionnaire : peut-être que la reconnaissance du vote blanc avec des dispositions ad’hoc le serait, mais cela est loin du propos de Loup Rebel ici.

                                Je me permettrai d’ajouter : ledit propos est donc celui d’un inconséquent ou d’un ’troll sympa’.

                                Je n’ai pas envie de faire un article là-dessus : disons simplement que le troll sympa, dit aussi troll-dragueur (en l’occurrence troll-UE peut-être ?) est un internaute dont la stratégie consiste à attirer un maximum de sympathisants en sacrifiant les vérités mineures pour entraîner ses nouveaux ’amis’ sur son objectif majeurs lequel est caché (noyé comme un poisson dans la nasse). Il n’est pas facile de le différencier de l’inconséquent irréfléchi qui dit oui à tout pour avoir le maximum d’amis, comme si l’on était sur fesse-bouc.

                                Socratiquement vôtre.


                              • Hervé Hum Hervé Hum 7 avril 2013 10:12

                                Bonjour JL

                                Si, le vote blanc est un acte de rébellion contre la classe politique. le vote blanc ne désigne personne en particulier, mais tout les candidats. Il dit « je ne veux personne des candidats qui me sont présentés ».

                                Son sens est donc gradué suivant son impact. Faible score, petite rébellion, juste une désapprobation de l’électorat. Au delà de 10 %, contestation significative, danger déclaré pour la légitimité du résultat. Au dessus des 30 % on entre dans la menace ouverte d’invalidité du résultat et dans l’instabilité politique majeure avec probabilité de nouvelles élections.

                                Au dessus des 50 % on est dans la révolution démocratique par les urnes !

                                J’imagine que votre accusation de troll s’adresse à Loup Rebel, cependant, ayant parti pris dans la conversation que vous dénoncez, je vous demanderai de répondre sur le fond de la discussion, à savoir le vote blanc et sa potentielle force révolutionnaire.

                                J’ai bien écrit sur le fond, car la forme... C’est le propre du troll !

                                 


                              • JL JL 7 avril 2013 10:24

                                Hervé Num,

                                Deux choses :

                                - j’ai déjà donné mon avis sur le fond ; si ça ne vous convient pas, tant pis. Un indice : j’approuve la plupart des objections qui ont été postées contre votre article sur le sujet..

                                - pour le reste ici, il appartient à Loup Rebel de me demander des comptes s’il le souhaite, pas à vous.

                                Désolé.

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