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Accueil du site > Actualités > Société > Duménil à Alincourt : la vie de château sans les charges

Duménil à Alincourt : la vie de château sans les charges

Qu’est-ce qui manque à un parvenu pourvu de Rolex, de yacht et boîtes de luxe, de résidences dont la principale en Suisse, et de tous les signes de la « réussite » du quinqua 2009 ? Un château du terroir ! Alain Duménil, 57 ans, spécimen de patron voyou*, a donc acquis celui d’Alincourt (Oise), sans le mode d’emploi du gentilhomme. Alors que l’ancienne propriétaire, optimiste, se défaisait à bas prix de la demeure et du parc afin que continuent d’y camper à l’année la vingtaine de familles y résidant depuis 30 ans, tous les moyens sont bons au PDG pour les faire déguerpir.


Le château ne fait pas le gentilhommeA. Duménil. Ni état d’âme ni charge d’âmes

Cadenas, bâches, molosses des deux genres - canin et humain - bouclent depuis janvier les dix hectares et protègent les tableaux du milliardaire d’un tout-venant qui se risquerait à moins de 5 mètres des remparts. Pour déloger les campeurs, dont les droits ne tiennent qu’à l’usage, mais qui en trente ans ont investi dans des chalets, voire touchent l’APL, l’apprenti hobereau a trouvé mieux que l’indemnité qu’ils demandent : il a loué les services d’une milice, une équipe de "sécurité" spécialisée dans la guerre à l’usure, et lui a abandonné le parc.

Les méthodes du patron reprises par le châtelain

L’équipe alors se transforme en bruyants fêtards, semant la panique en 4x4, à coups de klaxon et de pétards, cassant des portails, activant les décibels en pleine nuit... Le harcèlement a payé puisqu’il ne resterait qu’une quinzaine de campeurs, dont certains, soutenus par le Secours catholique et le DAL, ont cessé de s’alimenter ou porté plainte. Mais, pas plus que Duménil - résidant d’ordinaire en Suisse - ne peut légalement expulser sans avis préfectoral, les plaintes n’aboutiront. Le jugement d’expulsion aura lieu le 11 mai au tribunal d’instance de Beauvais.

Des résidents admis depuis trente ans
Un modus vivendi qui aura duré trente ans

L’ex-propriétaire, qui contre un petit loyer cédait une partie de son parc, témoignera-t-elle au procès contre un acheteur acceptant le rabais, mais pas la contrainte qu’il induit ? Un méchant comme on les aime au cinéma, introverti, collectionneur, indifférent à la misère (quel rôle pour Michael Lonsdale !), et dont on ne serait pas étonnée qu’il fît un jour les frais de l’exaspération populaire ? Pour peu que les expulsables trouvent des catapultes, de l’huile bouillante, des renforts... et que l’homme y soit - car il n’est pas à une maison près -, le spectacle pourrait valoir celui du Puy-du-Fou.

*NouvelObs

Source : Rue89


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8 réactions à cet article    


  • Emile Mourey Emile Mourey 9 mai 2009 13:06

    Désolé de ne pas être d’accord avec votre article. Les Anciens - architectes, artistes, compagnons, ouvriers, manoeuvres - n’ont pas construit les merveilles que sont les châteaux de France pour que nous livrions aujourd’hui leurs parcs aux lotissements et aux campements illégaux ou autorisés.

    Je ne connais pas ce monsieur que vous décriez mais vous ne pouvez pas lui reprocher de consacrer une partie de sa fortune à la sauvegarde et à l’entretien de notre patrimoine historique bâti alors que d’autres s’évadent dans des paradis fiscaux sans aucune retombée positive pour nos concitoyens.


    • Julie Dep Julie Dep 9 mai 2009 13:41

      @Emile Mourey
      Il s’agit ici d’une parole non respectée, le prix du domaine, ridiculement bas, étant justifié par la présence de ces gens qui - précisons-le - campent à l’écart, de longue date, se sont fait construire des chalets avec la bénédiction de la Préfecture et demandent pour partir l’indemnité nécessaire à leur survie.

      « Ces merveilles que sont les châteaux de France » étaient à l’origine plus ouverts qu’on ne le pense. Alain Duménil, qui s’est déjà illustré en tant que patron par son mépris des gens précaires, pouvait refuser le marché. Il a préféré donner à des mercenaires prêts à tout l’argent nécessaire aux campeurs pour partir. C’est ignoble. Et pas malin, car ce genre d’excès pourrait se retourner contre le domaine et le propriétaire.


      • Emile Mourey Emile Mourey 9 mai 2009 14:33

        En effet, il me faut nuancer mon commentaire. En fait, M. Dumenil a acheté cette propriété à bon compte du fait d’un vice même pas caché mais bien réel qu’est ce camping transformé en habitations. Il me semble donc qu’il devra indemniser, sans aucune restriction, les « locataires » entre guillemets, ce qu’il aurait dû proposer dès le début.

        Le scandale, c’est évidemment le relatif faible prix de vente de la propriété qui montre à quel point notre patrimoine historique s’est dévalorisé à cause, notamment, d’une fiscalité mortifère qui dissuade les acquéreurs potentiels amoureux de vieilles pierres et prêts à y consacrer leur temps, leurs efforts et leur vie.

        Un autre aspect de ce scandale est l’irruption dans ce marché « dévalorisé » de marchands de bien ou d’hommes d’affaire qui profitent de cette situation pour monter des opérations immobilières juteuses en jouant de leur réseau d’influence pour obtenir des autorisations de transformation, divisions etc...

        Heureusement, je connais, en Bourgogne, des propriétaires de châteaux qui ont toute mon estime... château de Cormartin, de Rully, de Germolles...


        • Emile Mourey Emile Mourey 9 mai 2009 17:24

          Lire : biens avec un s, bien sûr.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 9 mai 2009 20:15

            Ôtez moi d’un doute, l’illustration concerne le château d’Ainay le Vieil dans le Cher.


            • Julie Dep Julie Dep 12 mai 2009 11:46

              Google Images le donnait comme étant d’Alincourt, peut-être à tort. La page, depuis, est hs.


            • Emile Mourey Emile Mourey 10 mai 2009 08:46

              Veuillez annuler mon dernier commentaire. Je ne suis pas du tout convaincu de la bonne foi des pseudo-locataires d’avant la vente et d’après. « L’arrangement » dont ils ont bénéficié s’est-il fait dans le respect du droit et de la légalité, je n’en ai pas l’impression.

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