Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Ecole primaire : réelle évolution ou révolution ?

Ecole primaire : réelle évolution ou révolution ?

Retour aux fondamentaux. Sur France 2 ce matin, le ministre de l’Education a précisé l’objectif de l’école primaire, et dévoilé les priorités à mettre en œuvre.

Partant du constat que près d’un élève sur cinq (15 à 20 %) arrive en classe de sixième en situation d’échec, tous les moyens seront engagés pour abaisser ce chiffre à 5 %. Par un renforcement des effectifs (plus d’instituteurs) et un « contrôle qualité », avec plus d’inspecteurs et une fréquence accrue des inspections en primaire (2 fois par an). Les élèves ne seront pas en reste en termes de contrôles, puisque des évaluations périodiques devront permettre de repérer les élèves en difficultés plus rapidement.

Afin de parvenir à ces objectifs, Xavier Darcos évoque « un recentrage » en s’appuyant sur le français et les maths qu’il décrit comme des outils indispensables. Priorité au vocabulaire, à l’orthographe, la grammaire et le calcul mental. En histoire, retour à l’enseignement des repères chronologiques. Quant au sport, quatre heures par semaine seront au menu dès la rentrée 2008. Mais la nouveauté réside dans le retour de l’instruction civique et morale afin de permettre aux élèves de prendre conscience des limites aux libertés individuelles (là où commence celle des autres), et de valeurs chères à Nicolas Sarkozy telles que les règles de politesse, la connaissance des valeurs et des emblèmes de la République ainsi que son respect. La durée hebdomadaire des cours sera ramenée à 24 heures, avec, il convient de le souligner, la mise en place d’un soutien individualisé de deux heures par semaine pour les élèves en difficulté. Le ministre de l’Education souhaite ainsi passer de « l’école gratuite et obligatoire » à « la réussite gratuite et obligatoire » et faire de l’école primaire « une rampe de lancement ». Enfin, concernant le devoir de mémoire qui incombe aux élèves de cours moyen, et devant les réactions controversées face à cette mesure, celui-ci devient un travail qui devra être conduit au niveau de la classe entière, sur une famille déportée, et non plus un travail individuel.

Au-delà de ces décisions, il convient de se poser des questions sur le constat d’échec des méthodes actuelles, les facteurs qui ont permis d’en arriver à ce qu’un élève sache à peine lire et écrire au collège. Mieux vaut un réveil tardif que pas de réveil du tout. Mais quid des élèves qui ont quitté l’école primaire et pour qui il a été décidé en 1989 que 80 % (d’une classe d’âge) seraient bacheliers ? Déjà, il y a vingt ans, cette politique de démocratisation scolaire reposait sur les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) et prônait l’école républicaine.

N’a-t-on pas, tout simplement, oublié qu’il est difficile de transmettre un savoir, une éducation, à un enfant qui n’a aucune envie de la recevoir ?


Moyenne des avis sur cet article :  3.4/5   (15 votes)




Réagissez à l'article

19 réactions à cet article    


  • jako jako 21 février 2008 11:06

    Un peu court je trouve mais bon, si on commençait par un problème d’arithmétiques ?

    j’ote 2 à 26 j’obtiens 24

    Je rajoute deux matières donc 2 heures j’obtiens 22

    donc 22 heures pour le reste français math histoire etc...

    on va enseigner en .zip ?


    • val 21 février 2008 11:25

      Les 2 heures consacrées aux élèves en difficulté me laissent vraiment perplexe.

      Ce sont des enfants qui généralement n’apprécient pas trop l’école et qui vont se sentir punis de devoir suivre des cours les samedis ou mercredis matins alors que leurs petits copains resteront à la maison.

      On n’apprend pas grand-chose lorsqu’on ne se sent pas impliqué.

       

       


      • 5A3N5D 21 février 2008 11:36

        Evolution ou révolution ?

        La révolution étant par définition un tour complet, l’école primaire vient de l’effectuer. Le président a voulu un enseignement dans un jargon que les parents puissent comprendre. Le malheur veut que les parents d’aujourd’hui n’ont pas bénéficié de l’enseignement "traditionnel" des fondamentaux et qu’ils ne comprendront certainement pas le langage des années 1960. Ils ne pourront donc pas suivre le travail de leurs enfants, les aider éventuellement.

        Un deuxième point : comment avoir l’audace d’annoncer la création de postes d’instits et d’inspecteurs alors que des coupes sombres ont eu lieu et vont avoir lieu dans l’enseignement et qu’au demeurant, les caisses sont supposées vides ?

        Enfin, l’idée d’un soutien pour les élèves les plus en difficulté, c’est se donner bonne conscience : ramener le taux d’échecs à 5% est une douce utopie et les élèves en sérieuses difficultés ne seront sans doute pas très motivés pour faire des heures supplémentaires.

         


        • KLEM 21 février 2008 11:45

          C’est vrai, parceque je ne connais personne qui y soit réellement formé, qu’il va falloir développer des qualités pédagogiques hors normes pour intéresser les plus faibles à des cours qui ressembleront à des heures sup’...contraignantes.

          Pour en revenir aux effectifs, il est effectivement paradoxal de constater la suppression de 25% des postes en lycées professionnels, fin du BEP oblige, et d’apprendre une augmentation (un redéploiement ?) des moyens dédiés aux écoles primaires.


          • Krokodilo Krokodilo 21 février 2008 12:02

            Rappelons que l’anglais est IMPOSE au primaire à la plupart des enfants (rares choix en Alsace) puisque aucun choix n’est proposé aux parents ou aux enfants, et que cette révolution conceptuelle (disparition du choix de langues) est passée sous silence par tous les médias ! Bravo le journalisme... Et ce temps scolaire a été pris au français... En outre, imposer à des enfants dont 25% sont jugés insuiffisants en français une langue dont la phonétique est totalement aberrante, sans règles, est absurde sur le plan pédagogique.

             

            Solution simple : une initiation aux diverses langues européennes et à d’autres alphabets, sans prétention mais diversifiée, permettant de se faire l’oreille musicale aux sons inexistants en français. Ensuite, au secondaire, un vrai choix de langues dès la 6e.

             

            Rappelons qu’au primaire, en sport ou en musique, on ne se spécialise pas dans un sport ou un instrument (flute parce que pas cher, percussions, solfège, chant), on est dans la découverte, la diversité, pourquoi en matière de langues se spécialiser dans l’anglais, de quel droit ? Comment en est-on arrivés là ?


            • 5A3N5D 21 février 2008 12:12

              @ Krokodilo,

              "pourquoi en matière de langues se spécialiser dans l’anglais, de quel droit ? Comment en est-on arrivés là ?"

              Nous ne sommes arrivés... nulle part ! Car vouloir apprendre une langue étrangère à un enfant qui ne comprend pas la structure de la sienne est proprement une aberration. Je n’ai jamais étudié de langue étrangère à l’école primaire. J’ai étudié le latin en 6° puis 3 autres langues étrangères. Sans les "fondamentaux", sans connaissance de la grammaire, rien n’est possible dans le domaine des langues. C’est mon avis et je le partage.


            • val 21 février 2008 13:25

              En Alsace, il n’y a pas de choix d’apprentissage de langues possible en dehors de certaines écoles strasbourgeoises.

              Ici, c’est l’allemand obligatoire.


            • ninou ninou 21 février 2008 14:15

              Une clé pour comprendre la choix de l’anglais :

              Comme l’anglais est majoritairement enseigné comme première langue au collège, enseigner obligatoirement l’anglais en primaire (sur la majeure partie du territoire) et, cela sans augmentation de l’horaire d’enseignement en primaire, et avec, parfois, l’emploi de personnel non qualifiés (type "assistant") a permis d’aboutir à des coupes horaires franches dans le secondaire : sous prétexte que les élèves auraient bénéficié d’un enseignement de l’anglais en primaire (et on connait sur le terrain les ENOOrmes différences qui existent d’une école à l’autre) on a purement et simplement réduit d’une heure l’enseignement de la première langue au collège. C’est bien, ça fait des économies en prof !


            • Krokodilo Krokodilo 21 février 2008 16:39

              Je pense la même chose de l’allemand obligatoire, imposer telle ou telle langue au primaire est une aberration. Soit on offre un choix de langues, soit on ouvre le débat national à ce sujet, soit on fait une initaitaion linguistique aux diverses langues européennes, ce qui serait amplement suffisant au primaire à mon avis ; ils ont déjà fort à faire avec le français !


            • ZEN ZEN 21 février 2008 12:22

              5A3N5D

              C’est votre avis, et je le partage...


              • ZEN ZEN 21 février 2008 12:24

                C’est le début des grandes manoeuvres à l’EN...

                 

                Education nationale : les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs :
                "...Le ministère procède à de multiples manœuvres pour créer artificiellement le surnombre et ainsi justifier la suppression de postes de profs et modifier en profondeur l’Education nationale...« Sans le dire, le gouvernement est en train de modifier entièrement la nature du métier d’enseignant : le ministère augmente le nombre d’heures supplémentaires pour que chaque professeur augmente son temps de travail. Mais cette hausse des heures supplémentaires passe obligatoirement par la suppression de postes. Et les enseignants qui ont vu leur poste supprimé sont alors affectés sur plusieurs établissements, voire sur des postes qui ne correspondent pas à leur formation. C’est l’avènement du “flexiprof”.."

                Le projet éducatif de Nicolas Sarkozy

                Fonction publique : un plan de rigueur qui ne dit pas son nom


              • aequopulsatpede 21 février 2008 14:26

                C’est parce que je considère que le "fichage" de certains élèves et de leurs parents, avec en corollaire un "réajustement" de leurs allocs est indissociable de tout ce qui traite de l’enseignement que je vous communique ces liens.

                Bien sûr, les élèves de Neuilly ne sont certainement pas concernés..................................

                www.humanite.fr/2008-02-19

                www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do

                www.legifrance.gouv.fr/

                Mais quel silence à ce sujet !


                • ninou ninou 21 février 2008 14:40

                  gouvernement liberticide... (j’ai comme l’impression de me répéter)


                • aequopulsatpede 21 février 2008 14:48

                  La direction du Cadre Noir de Saumur ne sera jamais confiée à l’Ecuyer de l’Ecole de Vienne........................


                • Plum’ 21 février 2008 17:15

                  Sarkozy et Darcos disent la même chose que De Robien il y a deux avec ses connaissances fondamentales, français et calcul en premier, ils font comme si ce plan n’existait plus. Pourquoi font-ils table rase du passé ? Qui fera table rase dans deux ans ?

                  Notre grand Mamaouchi utilise un thème porteur pour améliorer son image très dégradée. Jusqu’à quand les Français se laisseront-il gruger par de telles manipulations médiatiques ?


                  • Forest Ent Forest Ent 21 février 2008 20:52

                    La première fois que j’ai entendu parler de ce "retour aux fondamentaux", c’était dans les années 1980...

                    Cette année, tous les instituteurs ont reçu à domicile un courrier de Sarko. Mais ils n’ont pas eu connaissance du programme. Quelle importance ?

                    Dur métier, le show business...


                    • KLEM 21 février 2008 20:56

                      Dur métier : prof


                      • totof 22 février 2008 01:34

                        bonsoir,

                        c’est marrant, moi, ce qui m’inquiète le plus, c’est le cours d’éducation civique. ils vont donc apprendre à nos enfants que la république est une démocratie et ce alors même que l’oligarchie en place transforme la société en prison.

                        Ils ont raison, plus ils nous mettent la pression et plus ils veulent éduquer le cheptel pour rendre impossible le « crime de la pensée » comme dirait Orwell.


                        • Dolores 24 février 2008 14:33

                           

                          Dans un dictionnaire, jai lu un jour que le pédagogue ( à rapprocher du pédant) était celui qui voulait apprendre aux autres ce qu’il ne savait pas lui-meme.

                          J’appelle donc la pédagogie "la science des ânes" !

                          Toute plaisanterie mise à part, depuis 30 ans l’école est en voie de destruction. On complique tout sans nécessité pour faire croire que l’école est "moderne". Et on la détruit à coups de réformes.

                          La plupart des réformes se sont révélées désastreuses, mais on a poursuivi leur application pendant au moins 20 ans. Tant pis pour les élèves !

                          Je vous donne un exemple : dans les années 70, on a décidé en "haut-lieu" que l’enseignement de maths, notamment au CP était complètement rétrograde. Pensez, on apprenait le calcul avec des bûchettes et les tables d’additions devaient être sues par coeur !

                          Pour être modernes, on devait donc enseigner des "maths modernes" : plus de nécessité d’apprendre les tables d’addition,il fallait faire confiance à l’intelligence "innée des élèves" qui sauraient trouver les résultat d’une autre façon et non comme des perroquets. Plus de bûchettes mais des diagrammes de Ven avecbijections, inclusions etc...

                          Le seul problème c’est qui’il a fallu 20 ans pour qu’en "haut-lieu" on s’aperçoivent que les enfants ne savaient plus compter.

                          Mais peut-on admettre en "haut-lieu" qu’on est d’une nullité absolue ?Bien sûr que non ! Alors on fait un mélange de maths "modernes" et de maths "traditionnelles", mais attention ! pas d’apprentissage par coeur ! Et on ne sait toujours pas compter.

                          Prenons l’exemple de la grammaire dont on parle aujourd’hui : on ne peut guère la changer mais on a voulu une "grammaire moderne" parce que tout doit être moderne. Ne pouvant changer le fond on a changer le vocabulaire s’y rattachant pour arriver jusqu’au ridicule.Intégrer ce vocabulaire est plus ardu que de comprendre la grammaire elle-même.

                          Tout ce qui est simple doit devenir compliqué pour être "moderne".

                          Or rien de ce qui est annoncé ne changera quoique ce soit aux problèmes de l’école.

                          "Ce qui se conçoit bien s’énnonce clairement".

                           

                           

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès