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Accueil du site > Actualités > Société > Education et aide aux devoirs : les femmes plus impliquées !

Education et aide aux devoirs : les femmes plus impliquées !

Qui dit journée internationale de la femme, dit bilan. Loin de moi l’idée de faire un état des lieux complet de la situation sur la parité hommes-femmes. Je me contenterai de vous faire part de ce que j’ai pu constater dans mon travail au quotidien. Voilà bientôt un an, que je travaille en communication pour une entreprise de soutien scolaire en ligne, secteur dans lequel nous sommes évidemment au contact direct de nombreux parents. Attendez… j’ai dit parents ? Je voulais dire mamans ! Oui, force est de constater que dans près de 98% des cas, c’est la mère de l’enfant qui nous contacte. Alors quoi, éducation et aide aux devoirs ne seraient encore et toujours qu’une affaire de femmes ?

« C’est ma femme qui gère ça »

Au début, un peu naïvement peut être, je me suis dit que si la parité n’était pas gagnée en matière de tâches ménagères, la situation était sûrement plus équilibrée en matière d’éducation. En partant du principe qu’un enfant a deux parents, les deux parties devraient se sentir également concernées, non ?

Dans les faits, je suis effectivement tombée sur des pères au téléphone... à deux reprises ! La première fois, il s’agissait d’un homme dont la femme souhaitait être recontactée par nos services. Une fois les présentations effectuées, celui-ci me rétorque : « Je vous arrête tout de suite, c’est ma femme qui a dû vous appeler. C’est elle qui gère ça ». La seconde fois, le père souhaitait inscrire son fils à nos cours de seconde, ne réalisant que plus tard, que ce dernier n’était qu’en quatrième.

Amenés à effectuer une veille quasi quotidienne sur des mots clés tels que : aide aux devoirs, soutien scolaire, éducation, scolarité et j’en passe, on se rend très rapidement compte que les messages qui se multiplient sur les forums, blogs et réseaux sociaux sur la toile, sont majoritairement postés par des mamans soucieuses de l’éducation et la réussite scolaire de leur enfant.

Mon patron, homme d’une quarantaine d’années et père de trois enfants, s’amuse de voir que cela m’étonne encore, au point que je veuille même en écrire un article : « Oui, c’est la mère de l’enfant qui nous appelle car elle se sent plus concernée, que veux-tu ajouter à cela ?… c’est comme ça c’est tout. » Il semble ainsi que dans l’imaginaire collectif, cela coule de source. La mère est le référent dans l’éducation de ses enfants. Il n’y a qu’à voir les derniers spots télévisés des acteurs du soutien scolaire pour voir qu’ils abondent également en ce sens. Les mères sont presque systématiquement présentes à l’écran quand la figure paternelle reste inexistante. Mais tout ceci n’est « que » factuel, qu’en disent les chiffres ?

« Quel que soit le milieu social et le niveau scolaire de l’élève, la mère y passe en moyenne plus du double de temps que le père. » [1]

Il est vrai que les femmes ont par la force des choses toujours été plus impliquées dans la vie de leur progéniture que n’importe qui d’autre. Historiquement, la proportion de femmes au foyer aurait pu expliquer que celles-ci consacrent davantage de temps au travail scolaire de l’enfant : Elles avaient plus de temps pour le faire pourrait-on se dire.

Pourtant, la présence toujours plus grandissante des femmes sur le marché du travail[2] ne les a pas empêchées de passer plus de temps à l’aide aux devoirs de leur enfant : en 2003, cette aide dure une demi-heure de plus qu’en 1993.

D’autre part, cela n’a visiblement pas permis de rééquilibrer le temps qu’hommes et femmes ont consacré aux devoirs de leurs enfants. Dans une enquête INSEE sur l’aide aux devoirs des parents, il est dit qu’en 2003, celle-ci est de 14 heures par mois pour la mère contre 6 heures pour le père, pour un enfant en classe élémentaire. Au collège, la mère y consacre 11 heures contre 4 heures pour le père ! Notons tout de même que l’implication des pères n’a cessé d’évoluer positivement depuis les années 90[3].

En guise de conclusion, s’il en est, on peut se demander pourquoi l’implication des deux sexes est si disparate ?

Ce que semble dire cette enquête INSEE, c’est que lorsque le père et la mère se disent dépassés, soit qu’ils n’ont pas les connaissances nécessaires pour aider leurs enfants, les mères décrochent moins vites et font preuve de davantage de persévérance : « elles persévèrent deux fois plus que leurs hommes ». Ce que ne nous dit pas cette étude en revanche, c’est pourquoi, lorsque l’on en vient à la recherche d’un tiers pour l’accompagnement scolaire de son enfant par exemple, celle-ci est majoritairement prise en charge par la mère ? Ma question reste donc entière.

De plus, la dernière étude sur le sujet datant d’une dizaine d’années, je suis prête à envisager que les prochains résultats me prouveront que tout ceci n’est qu’anecdotique : que les pères se sentent et sont, tout aussi concernés et impliqués dans l’aide aux devoirs de leurs enfants que leurs chères épouses.

En attendant, je ne désespère pas d’avoir ces messieurs au téléphone ou de les voir poster des messages inquiets pour leur « fille en seconde, qui rencontrerait des problèmes en mathématiques. »



[1] Etude Insee 2002-2003, « L’aide aux devoirs apportée par les parents »

[2] L’Insee recense trois quart de femmes actives en 2009 alors que la moitié était active dans les années 70

[3] « La proportion d’hommes déclarant s’occuper des devoirs, essentiellement à la demande de leur enfant, est passée de 60 % en 1993 à 70 % en 2003 dans l’enseignement général. » Source : Insee

Illustration : Marie-Laure Bonnet

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14 réactions à cet article    


  • cathy30 cathy30 6 mars 2012 10:40

    Et pendant ce temps, en général les pères bossent comme des malades, pour faire vivre décemment leur famille.
    Quoi, ils sont assis devant la télé, avec un gros bide et une bière, non vous n’oseriez pas ?


    • CatherineB 6 mars 2012 12:40

      Non je n’oserais pas ;)

      Ce n’est qu’un constat que la dernière étude sur la question semble, quant à elle, corroborer. L’idée n’est pas de fustiger les pères ni de les blâmer, je leur reconnais tous les mérites du monde.

      Comme je le précise à la fin de l’article, j’attends de voir ce que pensent les personnes concernées à ce sujet et ce qu’en dira la prochaine étude.

      Je vois en tout cas que le sujet ne laisse pas indifférent, c’est intéressant.


    • tikhomir 6 mars 2012 10:45

      « sont majoritairement postés par des mamans soucieuses de l’éducation et la réussite scolaire de leur enfant. »

      Sous-entendre que les pères ne se sentent pas concernés parce qu’ils ne se répandent pas sur internet au sujet des problèmes scolaires de leurs enfants est de mauvais goût.

      Pourquoi vouloir absolument que les deux parents fassent exactement la même chose de façon égalitariste ?

      « Pourtant, la présence toujours plus grandissante des femmes sur le marché du travail[2] ne les a pas empêchées de passer plus de temps à l’aide aux devoirs de leur enfant : en 2003, cette aide dure une demi-heure de plus qu’en 1993. »

      Conclusion : les enfants ont donc un niveau beaucoup plus faible. Quand on voit l’Éducation Nationale, il est largement temps de sortir ses enfants de ce système abrutissant et coûteux pour l’Etat comme pour les parents en temps et en soutien scolaire pour pallier aux défaillances de la pseudo éducation.

      « je ne désespère pas d’avoir ces messieurs au téléphone ou de les voir poster des messages inquiets pour leur « fille en seconde, qui rencontrerait des problèmes en mathématiques. » »

      A priori, on en est pas là, il paraît (selon les merveilleuses études) que les garçons sont « poussés » vers des études scientifiques et donc les hommes sont certainement plus à même d’aider leurs filles en mathématiques eux-mêmes sans avoir à faire appel à du soutien scolaire.

      De même, si soutien scolaire il y a, quel est le besoin de se répandre sur le net à ce sujet ?

      On fait appel à quelqu’un pour le soutien scolaire et voilà, à quoi bon tergiverser des heures avec des inconnus ?

      Le gros problème sera toujours de considérer qu’une femme et un homme sont pareils et donc doivent faire exactement les mêmes choses de la même façon en niant leurs spécificités propres.


      • tikhomir 6 mars 2012 10:58

        Et puis c’est « marrant » cette idée de vouloir s’immiscer dans la vie privée des couples pour leur dicter comment vivre leur couple...


        • Arnes Arnes 6 mars 2012 11:55

          C’est une évidence semble t il que les parents doivent aider les enfants à faire leurs devoirs !


          Eh bien NON ! 
          Avec mon épouse, nous avons toujours considéré que nos enfants étaient responsables de leurs devoirs : s’organiser pour les faire à temps et s’ils n’y arrivaient pas, demander au professeur de ré expliquer. A leur demande, nous les avons aidés de temps en temps, mais ce fut assez rare.

          Les carences de l’éducation nationale après avoir généré l’explosion des cours particuliers entraînerait maintenant la marchandisation du soutient aux devoirs !!

          • JPhilippe 6 mars 2012 12:19

            C’est tellement plus facile pour les parents de considérer que :

            « Les enfants sont responsables de leurs devoirs puisque c’est pour eux qu’ils travaillent »

            Les enfants sont des enfants (La palisse quand tu nous tiens !), et peuvent (doivent) être immatures quelques années (un peu normal non pour un jeune  !!)

            Justement le rôle des parents est de les guider et les encadrer pour leur permettre d’exprimer leurs potentialités, et d’éviter que leur immaturité temporaire (on l’espère) ne crée des obstacles insurmontables, par accumulation de lacunes au fil des années d’école.

            Chaque enfant est différent et les parents doivent s’adapter et être vigilants, sans être trop présents, mais sans non plus déléguer leurs responsabilités à leurs enfants.


          • Constant danslayreur 6 mars 2012 12:27

            Fastoche, les pères ne vous contactent pas parce que contrairement aux mamans, ils sont en mesure d’assurer par eux même le soutien scolaire de leurs gamins...

            ça fait mal n’est-ce pas ?

            Injustice, sexisme, généralisations abusives etc etc ? Possible, cela dit j’ai appris à bonne école hein... votre billet.

            Il m’arrive de me coltiner mes 11 heures entre boulot et aller-retour, avant d’en faire 3 autres avec ou simplement « pour » ma fille, alors comment voudriez-vous que je réagisse à votre billet ? Chouette... je fais partie des 2% smiley


            • Hétérodoxe 6 mars 2012 12:31

              "14 heures par mois pour la mère contre 6 heures pour le père, pour un enfant en classe élémentaire. Au collège, la mère y consacre 11 heures contre 4 heures pour le père !"

              On peut en tirer les conclusions qu’on veut.

              Les femmes ayant un cerveau plus petit que les hommes (c’est un fait), elles sont donc moins intelligentes (c’est probable) et ont donc besoin de trois fois plus de temps que les pères pour expliquer la même chose !


              • Hétérodoxe 6 mars 2012 21:07

                Les filles réussissent mieux ??

                A quel prix ??

                Celui de l’abaissement plus que manifeste du niveau des études ??

                Le concours de Médecine, le plus dur ?? C’est une blague ?

                Le concours de Médecine, c’est pour les autistes. Etre capable de compter en moins de 4 secondes le nombre d’allumettes tombées par terre, c’est assez balèze, faut bien le reconnaitre. N’est pas Rain Man qui veut ... Médecine, c’est un peu pareil. Faut être capable d’emmagasiner des connaissances imbitables à un rythme qui relève du grand n’importe quoi sans avoir besoin d’en comprendre ne serait-ce qu’un millième.
                Ne pas confondre un concours où les places sont chères à un concours difficile ... sinon, le concours le plus dur, c’est le LOTO.
                En France, et jusqu’à preuve du contraire, le concours le plus balèze se situe au niveau de l’Agreg ou de Polytechnique.

                Passé cette digression, revenons à notre sujet.

                Etre plus intelligent ne signifie pas réussir mieux dans les études, au contraire. Toutes les études faites sur le sujet démontrent que les élèves les plus doués « naturellement » sont aussi ceux qui décrochent le plus vite. De là à dire que la contraposée est vraie ...

                Si on veut des statistiques et en tirer des conclusions, pas de problème.
                Mais le lien entre taille du cerveau et intelligence est à peu près acquis et les femmes ont un cerveau plus petit que celui des hommes, alors ??!!

                Quant au système scolaire, étant envahi par plus de 70% de femmes, il fonctionne selon des préceptes féminins : naturellement, les filles y sont plus à l’aise.
                Croyez bien que sur un chantier, les femmes décrocheraient bien vite ... Tout simplement parce que le bordel ambiant sur un chantier les rendraient totalement inaptes à quoi que ce soit.

                Bref, ce genre d’article pour démontrer que l’eau ça mouille, c’est du vent.


              • 08 AOUT 7 mars 2012 17:23

                Bonjour,

                Et si, en plus, elles l’expliquent à leurs filles, à qui elles ont légué leur petit cerveau... Bonjour les dégâts !!!

                Au secours, les papas, on a besoin de vous, on a un cerveau trop petit !


              • Jucl 6 mars 2012 20:45

                Cet article ne fait finalement « que » constater une situation basée sur une expérience professionnelle mais aussi et surtout sur une étude INSEE... 

                Entre ceux qui parlent « des spécificités de chaque sexe » (comprenez ce que vous voulez par « spécificités ») et ceux qui disent qu’ils n’ont pas le temps ou que ça n’est pas leur rôle,... vous êtes finalement peu à contester vraiment le sujet de cet article. 

                Bizarrement, je ressens malgré tout beaucoup d’énervement...n’y aurait-il que la vérité qui blesse ?

                • tikhomir 6 mars 2012 23:19

                  Ce n’est pas le problème de le constater, mais pourquoi la conclusion est-elle : il faut égaliser ?

                  L’énervement dont vous parlez (à partir de votre seul ressenti), c’est surtout pour dire que ce n’est pas une conclusion logique que celle ci-dessus, que la logique égalitariste ne mène pas à grand chose, que les couples choisissent eux-mêmes comment vivre et organiser leur vie que ça se passe des donneurs de leçons qui disent « il faut égaliser ! ».

                  En fait, pourquoi faudrait-il soit-disant répartir comme les autres le voudraient dans son propre ménage ? Pourquoi certains veulent à ce point s’occuper de comment vivre les autres au lieu de leur ficher la paix ? On se le demande encore...


                • Annie 6 mars 2012 21:38

                  Sans vouloir critiquer l’article, ce qu’il ne me dit pas (et que peut-être l’étude de l’insee, lui, explique) est si cette comparaison entre les femmes et les hommes est basée sur un nombre d’heures libres (c’est-à-dire non prises par des activités professionnelles) comparables. Si c’est le cas, la conclusion est valide.


                  • Raymond SAMUEL paconform 6 mars 2012 22:20

                    D’abord un apparté : l’école n’est une nécessité que parce que c’est la seule voie proposée.

                    Sur le sujet :

                    - pour notre enfant nous avons ajouté les apprentissages dits scolaires aux autres. En bref nous avons pratiqué l’IEF (instruction en famille).
                    Mais « famille » n’est pas le mot exact. Par la mère serait plus juste. On sait bien que si les femmes ont acquis la liberté, le droit et la possibilité d’avoir une activité professsionnelle, la liberté, le droit et la possibilité de prendre en charge la vie privée n’est pas accordée aux hommes.
                    Les hommes sont jetés, niés, oubliés, avilis lorsqu’on est obligés de les citer, dans tout le domaine de la vie privée. Notamment, les mères considèrent généralement les enfants comme leur propriété personnelle. Qui faut-il critiquer ?
                    Petite anacdote : quand ma femme a plafonné en math, elle s’est résolue à me demander (notez bien le mot « demander »), d’enseigner les math à notre enfant. Deux ou trois semaines après elle disait à notre fils A PROPOS DES MATH : « si il y a quelque chose que tu ne comprends pas tu me demandes hein ! ».
                    Ma femme est loin d’être une exception. Mon association IEF est dirigée de A à Z par des femmes. Des hommes apparaissent de ci de là mais il n’est pas question qu’ils prennent une véritable place.
                    Anecdote : le bulletin de l’une des associations IEF réserve UNE PAGE POUR LES PERES !
                    (j’ai proposé que le prochain numéro réserve UNE PAGE POUR LES MERES.)

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CatherineB


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