• mardi 21 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Education nationale : faut-il mentionner l’homosexualité des (...)
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(54 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Education nationale : faut-il mentionner l’homosexualité des personnages historiques dans les manuels scolaires ?

Lors d’un entretien accordé au magazine Têtu, le 22 octobre, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes, porte-parole du gouvernement, a exprimé son souhait de mentionner l’homosexualité des personnages historiques ou des célébrités du passé dans les manuels scolaires. «  Aujourd'hui, ces manuels s'obstinent à passer sous silence l'orientation LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) de certains personnages historiques ou auteurs, même quand elle explique une grande partie de leur œuvre comme Rimbaud », a-t-elle précisé, en ajoutant : « la difficulté de beaucoup de nos enfants qui se découvrent cette orientation homosexuelle, c'est qu'ils ne peuvent s'identifier à personne et qu'ils se considèrent donc comme anormaux et c'est cette souffrance-là qu'il faut prendre en considération ».

Je me demande quelle mouche a-t-elle bien pu piquer Najat Vallaud-Belkacem pour avoir une telle idée, qui me semble totalement saugrenue ? Est-il important de connaître les penchants affectifs ou sexuels des hommes et des femmes qui ont marqué l’Histoire, la littérature ou les arts ?

Je suis ouvertement gay et, pourtant, je ne cautionne pas l’idée de mentionner dans les manuels scolaires l’orientation sexuelle ou affective des personnages historiques. Pour ma part, j’estime qu’il s’agit plutôt d’une nouvelle discrimination envers les personnes LGBT et non pas d’une avancée pour la lutte contre l’homophobie.

Je suis persuadé que les qualités, ou les défauts, d’un personnage historique ne se définissent pas par rapport à son orientation sexuelle. Ce serait trop réducteur ! Est-il important de savoir qu’Alexandre le Grand aimait les hommes ? Ou bien de parler des conquêtes masculines du roi Henri III ?

Plus délicat encore, lorsqu’il s’agira de relater les périodes sombres de l’Histoire… Devra-t-on également souligner qu’Ernst Röhm, pionnier du nazisme et fondateur des S.A., était un homosexuel notoire ? Ou alors passer ce fait sous silence, ce qui serait une grande malhonnêteté intellectuelle ? Il ne faut pas l’oublier, tous les personnages historiques gays, lesbiens ou bisexuels n’étaient pas tous des exemples à suivre ! Et cela n’a aucun rapport avec leur orientation sexuelle !

Et pourquoi ne pas mentionner également l’hétérosexualité de tous les personnages historiques ? J’imagine bien la définition qui commencerait de la sorte : « Homme politique français, hétérosexuel, né le… ». On voit bien jusqu’où irait le ridicule avec une telle précision !

L’initiative de Najat Vallaud-Belkacem peut paraître sympathique, à première vue, mais c’est loin d’être le cas. Elle n’apporte rien à la lutte contre l’homophobie et me semble même particulièrement réductrice. Ce n’est pas l’orientation sexuelle qui définit un personnage historique  !

Je suis un ardent défenseur de l’égalité des droits pour les personnes LGBT mais je pense que cette idée n’est pas bonne. Elle ne peut que créer de nouvelles discriminations. Elle aurait l’effet contraire du résultat escompté.




par Giuseppe Di Bella (son site) mardi 30 octobre 2012 - 148 réactions
yahoo
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(54 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Pie 3,14 (---.---.---.40) 30 octobre 2012 11:19

    Mentionner l’homosexualité des personnages historiques ferait surtout courir le risque du péché majeur en Histoire, à savoir : l’anachronisme.

    A la différence de la reproduction, la sexualité est un fait culturel dont les normes varient en fonction des civilisations et des époques. Notre définition actuelle de la sexualité se met en place à la fin du XIXème et n’a de sens qu’a partir de ce moment ( et encore, seulement dans le monde occidental).

    Quelques exemples : un citoyen romain peut entretenir indifférement des relations sexuelles avec des hommes ou des femmes sans qu’il soit qualifié d’homo ou de bi ( ces notions n’existent pas dans la culture romaine). En revanche dans les deux situations, il doit être actif. Si cela n’est pas le cas, il encourt une accusation d’immoralité. Dans la société romaine, c’est la passivité masculine qui est immorale, pas les relations entre personnes du même sexe, c’est pourquoi les passifs sont des esclaves, la plupart du temps. Si on affirmait que tel général ou tel empereur était homosexuel, cela n’aurait pas plus de sens que de dire qu’ils étaient marxistes ou libéraux à une époque où ces concepts n’exitaient pas encore.

    La pédérastie à Athènes est une relation affective et sexuelle entre un jeune et un adulte. Elle est perçue comme un mode d’éducation des citoyens. Cette relation cesse lorsque le jeune devient citoyen et donc guerrier à part entière. les relations sexuelles entre adultes du même sexe sont acceptées si l’un des deux est esclaves mais considérées comme immorales entre citoyens du même sexe. Là encore, nos concepts actuels ne peuvent être plaqués sur une perception de la sexualité qui n’a rien à voir avec notre époque.

    Du Moyen-Age jusqu’au début du XIXème, les contemporains ne sont pas assignés à une identité sexuelle. La culture chrétienne se contente de juger des pratiques. Ainsi, la sodomie est-elle condamnée mais cela vaut autant pour les couples homme/femme que pour les couples du même sexe.

     Du Moyen-Age jusqu’au début de l’époque Moderne, les relations affectives entre hommes sont monnaie courante au sein de la noblesse guerrière. Les femmes y occupent peu de place en dehors de leur rôle procréateur, les mariages sont diplomatiques, la sociabilité de ces groupes est masculine. John Boswell montre que jusqu’au XIII, date à laquelle l’Eglise met progressivement la main sur l’institution du mariage, il existe des unions affectives et ritualisées ( cad bénies par l’Eglise) entre couples du même sexe ( les unions de même sexe dans l’Europe Antique et médiévale, Fayard, 1996). ces pratiques disparaissent au fur et à mesure que l’Eglise impose le mariage sacrement sans pour autant faire disparaître l’homosociabilité aristocratique. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la fameuse histoire d’Henri III et ses mignons. Cela dit, ces mignons présentés comme des folles perdues étaient en fait des guerriers, des compagnons d’armes du roi et l’historiette émane des ennemis du roi qui ont fabriqué une légende noire. Ce reproche de préciosité est surtout dû au fait que Henri III a imposé à la cour de France les us et coutumes et la sophistication des cours italiennes ( l’usage de la fourchette lors des repas a beaucoup choqué...).

    En somme, dire que De Vinci, Michel-Ange, Caravage, César, Alexandre ou Socrate étaient homosexuels ne signifie pas grand chose. Cela dit, on peut imaginer dans un manuel de lycée quelques pages consacrées à l’histoire de la sexualité ou un paragraphe sur celle-ci dans une civilisation donnée.

     

     

     

     

  • Par jako (---.---.---.200) 30 octobre 2012 08:56
    jako

    Bonjour, j’ai entendu cela, à mon avis non, la face publique d’un personnage sont ses romans, ses films, ses chansons, ce qu’il a fait dans l’histoire et non pas ses penchants sexuels ou la couleur de son chat préféré. Merci de votre article

  • Par gaijin (---.---.---.235) 30 octobre 2012 11:21

    si
    mais focaliser l’attention du public sur des sujets mineurs est une partie importante de cet art tauromachique que l’on appelle la politique ...............

  • Par titi (---.---.---.150) 30 octobre 2012 09:20

    Le gouvernement et ses ministres n’ont rien à foutre de plus important que de philosopher sur « le sexe des anges » ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Derniers commentaires

Voir tous les derniers commentaires...

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération