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Accueil du site > Actualités > Société > Ego et pouvoir personnel, fléau ou chance pour la société ?

Ego et pouvoir personnel, fléau ou chance pour la société ?

L’ego, qui en parle le mieux ? Serait-ce Heinz Hartmann, méconnu héritier de Freud qui trouva matière à penser en étudiant de près cet objet psychique mal identifié, mais qui fait couler tant d’encre et de paroles, les unes savantes, les autres le plus souvent érigées en guise d’injective ? Que de fois n’a-t-on pas entendu, au détour d’un dîner de cons et de moins cons, des remarques du genre, lui, son problème c’est l’ego ; laisse ton ego de côté et tout ira mieux ; ah ce François, toujours égoïste ! A noter que l’égoïsme, s’il a pour ressort l’ego, désigne un mode de fonctionnement précis, un caractère de la personne, disons. On peut très bien avoir un ego affirmé sans pour autant être égoïste. Comme disait Desproges, un égoïste (on pourrait dire aussi un égocentré), c’est un type qui ne pense pas à moi. L’ego est une notion qui d’un point de vue moral est connotée négativement. Est-ce là la trace du catholicisme et de l’idée du service à la collectivité qui, étant sacré et perçu positivement, ne peut que dévaluer l’appréciation de l’ego censé s’opposer à ce dessein du vivre et penser ensemble ? Pourtant, on dit bien qu’on n’aime les autres que lorsqu’on s’aime soi-même. Ne devrait-on pas envisager que penser aux autres, c’est aussi penser à soi ? Et cet ego, n’est-il pas aussi un instrument de défense face à un système qui aurait tendance à éteindre les personnalités pour mieux les gérer ? Tout autant qu’un instrument d’adaptation capable de jauger l’équilibre entre le souci de soi et celui des autres ? Ce serait du moins une option partagée par Hartmann et Anna Freud, fille de...

La question de l’ego, bien que passée par-dessus bord par les psychologues de bistrot, est une affaire sérieuse nous renvoyant à notre condition humaine, sachant que l’animal n’a pas d’ego, excepté sans doute les grands singes chez qui, à la limite, nous pourrions trouver quelques points de similitudes, vagues, témoignant de quelques phénomènes caractériels laissant penser qu’un rudiment d’ego est présent chez les bonobos et chimpanzés. Quant à ceux qui pensent que leur chien a lui aussi un ego, surtout les jours où il boude, sachez que ce n’est pas par nature que le chien se comporte ainsi, mais par un rudiment de « culture » acquis lors du dressage et de l’interaction avec le maître. Si votre chien boude, c’est parce que vous avez créé les conditions pour qu’il montre son ego animal et qui sait si vous-même n’êtes pas aussi boudeur. En ce cas, votre chien révèle votre caractère. Son problème d’ego, c’est vous qui le lui avez inculqué par un échange entre le maître et l’animal, sachant que la vie possède cette propriété d’être repliée sur elle-même, chaque animal donnant l’impression d’un « égoïste », un « égocentré ». Mais attention aux non-sens ; ces deux notions s’appliquant à l’homme, définissant comme il se comporte face aux autres.

Egocentrisme et égoïsme désignent deux modes particuliers du rapport établi entre un individu et ses congénères. L’égoïsme s’applique au domaine du faire, du pratique, définissant l’attitude d’un individu agissant pour son propre intérêt et incapable d’agir pour l’intérêt de l’autre, hormis dans le cadre d’une transaction. C’est ce qui a fait dire aux penseurs libéraux que l’échange intéressé permet de rompre l’état d’isolement et d’autarcie, conséquence de la nature profondément égoïste de l’humain. L’égocentrisme va un peu plus loin que l’égoïsme. Il désigne l’attitude d’un individu qui juge uniquement par rapport à soi ; se croyant la référence unique et légitime, ou alors s’imaginant que les autres sont identiques à lui et que d’opinion il n’y a qu’une. Mais nous n’avons pas encore épuisé le thème du Moi dans tous ses états. Il y a l’égotisme, terme désignant un individu pratiquant le culte de soi. L’égotique croit excessivement en sa personne, mais très peu dans les autres. On se situe dans une sphère quasi religieuse, relevant de la vérité et de l’éthique. Tandis que, dans un champ esthétique, nous allons trouver le narcissique, celui qui s’admire. Egotisme et narcissisme sont distincts tout en se rejoignant sur un point, celui de l’intérêt supérieur que porte le Moi à lui-même. Disons que l’égotique pratique le culte de la personnalité et le narcissique le culte de l’image. Ainsi, Desproges aurait pu dire que l’égotique est quelqu’un qui ne croit pas en moi alors que le narcissique refuse de m’admirer. Que penser de ces phénomènes humains, trop humains dirait Nietzsche ? Ce sont des distorsions, des surestimations du Moi, comme d’ailleurs la mégalomanie qui, elle, désigne une présomption du Moi quant à sa puissance d’agir sur le monde. Peter Sloterdijk associe ce trait de caractère au politique en usant du néologisme mégalopathe.

On ne le sait pas, mais le jeu de l’ego et de la personne est un combat. Qui dans certains cas extrêmes peut être dangereux comme dans une relation avec un pervers narcissique qui a vite fait de vous déstabiliser au point de ne plus savoir qui vous êtes. En général, les choses se passent plus calmement. Chacun dispose d’une appréciation de soi, alors que les situations sociales, professionnelles, privées, engendrent des chocs de l’ego renforçant ou écornant sa stabilité et sa puissance. Le rôle des médias a créé un espace d’épreuve supplémentaire. Ce monde aux images diffractées et multipliées est susceptible d’interférer avec l’image personnelle, en permanence construite et déconstruite. L’épreuve du studio, micros, caméras... est plus délicate que celle du confessionnal, lieu feutré où l’on est même protégé du regard du prêtre censé mettre l’âme à nue face à Dieu. La société n’a rien de la bienveillance divine. Elle sait montrer parfois sa cruauté. Jouer son ego n’est pas de tout repos en ce monde. Les stars en savent quelque chose.

Quant on veut jouer une partie où il faut enrôler les autres et la sphère médiatique, mieux vaut être blindé, au risque de pratiquer l’égotisme parfois excessif. C’est le cas d’Eric Breteau, chef opérateur des zozos. Jérôme Kerviel s’est trouvé aussi dans ce cas. Ils ont montré toutes les qualités du mégalopathe égotique. Etre sûr de ses engagements, ses actions, quitte à jeter le doute sur ceux qui, dans la société, sont amenés à offrir une autre version mettant en cause leur personne. Dans une certaine mesure, Ségolène Royal obéit à ce schème psychique. Pratiquant avec ferveur le culte de sa personne, comme d’ailleurs son adversaire maintenant devenu président des Français. Du reste, la notion de pouvoir personnel a envahi la sphère médiatique dès lors que les intervenants producteurs d’opinion eurent à qualifier les actions de M. Sarkozy. De quel pouvoir le président est-il l’instrument ? D’un pouvoir personnel, dit l’opposition avec l’appui de journalistes parisiens.

L’égotisme démesuré pose un problème quand il est couplé à des responsabilités, que ce soit dans la finance, la politique, l’associatif, la recherche, etc. Sinon, à l’échelle du citoyen lambda, ça fait sourire, ne portant pas à conséquence, sauf si on prend la masse et ses effets grégaires manipulés par les faiseurs d’opinion et encore rien n’est sûr ; l’ego étant matière dialectique, il engendre l’anti-ego et Hegel sort de sa tombe. L’égotique est sûr de ses jugements. Son alter ego qui, par exemple, n’achète pas bio ou n’a pas de portable ou ne prend pas le vélo ou n’écoute pas U2, sera mal jugé, considéré comme un individu arriéré ou bien possédant un mauvais goût. Par contre, dans la sphère des responsabilités, l’égotisme peut représenter un fléau ou, à l’inverse, un avantage. Tout dépend de la structure de la personnalité, apte à intégrer tous les points de vue et les synthétiser ou bien repliée sur ses convictions propres et, parfois, des finalités personnelles. En ce cas, on peut réellement invoquer la question du pouvoir personnel. Ce que fait largement la presse en fustigeant Sarkozy. Mais la surprise, c’est que ce pouvoir personnel fait autant de dégâts, sinon plus dans des pans entiers de la société. On l’a vu avec Breteau, avec Royal ; on le décèlerait aussi chez nombre de courtisans, mais quel intérêt à livrer des noms. Dans le militantisme, que de nobles hussards défendant des causes puis occupant quelques positions à fortes prébendes. Rien que de la cuisine humaine, balzacienne, flaubertienne et plus si affinité.

Dans les universités, combien de présidents se servant de cette fonction pour briguer des responsabilités ailleurs, rectorat, haute administration, cabinets ministériels, mandats locaux voire nationaux ? Dans les associations, combien de présidences assumées plus par intérêt personnel que sincérité dans les causes ? Dans les entreprises privées, quel coût le carriérisme par lequel les cadres passent une partie de leur temps à louvoyer pour se faire valoir auprès de la hiérarchie tout en sabotant le travail du concurrent pour une place ? Le pouvoir personnel est un Janus, parfois il entraîne les gens dans une fulgurante aventure, mais il peut aussi plomber un groupe, l’égarer, voire saigner son activité en ramenant les bénéfices à son compte. Sans l’égotisme, pas de grande découverte scientifique. Il faut être sûr et suffisamment présomptueux pour braver l’orthodoxie. Mais, avec l’égotisme, combien de causes et de structures mal gérées parce que le responsable est plus gestionnaire que visionnaire et, question gestion, plus près de son intérêt que de celui de l’ensemble qu’il dirige. Association, hôpitaux, entreprises, administrations, municipalités peuvent être touchés par les dérives égotiques et autocrates.

Pourtant, au fil d’un cheminement de pensée, je ne suis pas prêt à condamner le pouvoir personnel. C’était mon idée de départ et puis, comme BHL face à Sartre, un retournement dialectique. Le pouvoir personnel est une chance lorsqu’il propulse aux postes de responsabilité ou de créativité les meilleurs, les justes, les visionnaires. Une société alors prend le pas et progresse sous réserve que tous puissent être associés dans cette aventure. Mais quand les pouvoirs personnels sont confisqués par les égotismes intéressés, la société s’étiole. Quelle peut être alors la stratégie des justes ? Monter en puissance et offrir aux pouvoirs personnels illégitimes une opposition puissante et légitime. Pour ce faire, montrer ses aptitudes, en proposant, en luttant à travers les symboles, en collant de plus près aux talents sur le terrain, la base comme le dirait la vulgate politique, mais il s’agit aussi de la base sociale, des gens de terrains. Le drame de notre société actuelle, c’est qu’elle est gouvernée et administrée par nombre d’autocrates éloignés du terrain (notamment l’éducation, la santé et la recherche, entre autres). Ce sont eux qu’il faut renverser, combattre et, pour ce faire, oser la présomption égotique, être en confiance avec ses convictions et les mettre à l’épreuve dans un combat où on laisse en suspens sa victoire personnelle et où on se félicite des valeurs et causes qui ont triomphé. Vaste enjeu qui ne dit pas comment se décide la légitimité et comment sont éjectés les faussaires dans l’ascension sociale.

Et, pour finir, cette énigme que vous allez résoudre. L’ego, c’est quand on le met en suspension qu’on le sert alors que quand on le met en avant, on le dessert !


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10 réactions à cet article    


  • TALL 9 avril 2008 11:17

    Un truc amusant à faire en société, c’est le concours de modestie. Chacun à son tour fait un petit speech et ensuite on passe aux votes... C’est rarement triste comme jeu...


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 avril 2008 12:04

      Par exemple pour aller dans le sens de Tall , mon speech :

       

      Noël Mamère est un égolo .


      • TALL 9 avril 2008 12:05

        Rocla, mon cher, vous êtes le + grand d’entre nous


      • yoda yoda 9 avril 2008 12:41

        Bonjour,

        Quelques remarques sur cette affaire on ne peut plus serieuse que l’ego comme vous dites...

        1- J’ai du mal a discerner un message clair. Serait-ce : "l’ego c’est bon, mais uniquement lorsque l’on s’en sert a bon escient" ?

        2- La psychologie n’est pas ne avec Freud. Les psychologies indhouiste et bouddhisme datent de plusieurs millenaires et se sont tres largement interesses a la question de l’ego (sous d’autres termes).

        3- Vous associez maladroitement, il me semble, ego et pouvoir personnel : il y a mille facons de pratiquer le "culte de la personnification" bien plus subtile que de se mettre en avant. Par exemple, la non-prise de responsabilite traduit une peur de mal-faire et de renvoyer ainsi une image negative de soi-meme : c’est une marque de l’ego. De maniere generale, tout ce qui se rapporte a l’"image" de soi que l’on souhaite donner aux autres mais surtout a soi-meme.... Une sorte de filtre psychologique...

        4- Bref, je vous renvoie, pour combler vos lacunes beantes , a l’oeuvre de Chogyam Trungpa, tres accessible...

        Egotiquement votre,


        • alceste 9 avril 2008 19:51

          à M. Dugué
          "Le pouvoir personnel est une chance lorsqu’il propulse aux postes de responsabilité ou de créativité les meilleurs, les justes, les visionnaires."
          Votre article, très intéressant, ne se résume certainement pas à cette seule phrase, mais je reste sceptique. Comment définir "les meilleurs" et "les justes" ? Platon imaginait déjà un roi philosophe, Voltaire avait cru que Frédéric de Prusse incarnait cet idéal - il a été déçu -
          Quelque chose me dit que les dictateurs, célèbres ou moins célèbres, ont la conviction d’être ce qu’il y a de mieux pour le peuple. Ils sont sûrs de détenir la vérité et la justice. Et certains ont une telle conviction qu’ils entraînent les foules vers des aventures sanglantes.
          Je sais bien que l’histoire nous offre aussi des exemples plus rassurants, celui de Périclès, pour n’en citer qu’un seul, pour autant, je reste un peu pessimiste...


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 avril 2008 22:22

            Merci d’avoir trouvé ce billet intéressant. J’ai pris quelques risques comme pour d’autres billets portant sur des thèmes ardus. Vous avez bien saisi où je voulais en venir. Conciction infaillibles et peuples entraînés dans des aventures. Plus maintenant. Il manque de la grandeur, des visions, des personnalités pour notre époque, alors que les pouvoirs personnels jouent perso et se servent de la société, ponctionnant le travail des gens


          • alceste 10 avril 2008 09:17

            à Bernard Dugué :
            Je partage votre observation sur le déficit de grandeur et de vision qui caractérise notre époque - le point de vue optimiste serait de considérer que nous vivons une période de paix sous les douces lois du commerce, " aurea mediocrita", et que les grandes aventures se déroulent désormais sur les terrains de football où naissent de nouvelles figures emblématiques .
            Le point de vue pessimiste nous pousserait à donner au terme "médiocrité" son acception la plus lamentable : Calculateurs et égoïstes, futiles consommateurs du prêt à cuire comme du prêt à penser, nous n’avons plus de temps à consacrer aux visions à long terme.
            C’est un peu l’histoire du personnage de Balzac, " Z.Marcas ". Ce court récit est peu connu, c’est dommage.


          • sisyphe sisyphe 10 avril 2008 09:30

            Question ego, Monsieur Dugué sait de quoi il parle : il est, à lui-même, le parfait sujet d’observation.

            D’un point de vue analytique, tout ce qui est dit dans cet article n’est pas faux, SAUF QUE Monsieur Dugué entretient une confusion (volontaire ou non ??) entre l’égo, et l’instance décrite par Freud qui n’est pas l’égo, mais le MOI.

            L’égo en serait plutôt la part seulement narcissique ; celle façonnée (d’une façon soit dévalorisée soit, au contraire, survalorisée) par le surmoi.

            D’où la conclusion, évidemment totalement égotique : "Le pouvoir personnel est une chance lorsqu’il propulse aux postes de responsabilité ou de créativité les meilleurs, les justes, les visionnaires.", qui serait de nature à justifier une sorte de droit d’égo (comme il existait, pour les rois, le droit divin), pour certains, à occuper tout naturellement les postes de responsabilité. 

            Non, le pouvoir personnel n’est JAMAIS une chance, quel que soit le profil, les capacités, les qualités, de celui qui serait amené à l’exercer. L’histoire est là pour le prouver. On le sait, le pouvoir corrompt, et l’intérêt d’une démocratie (malgré ses défauts) est justement d’empêcher que son style de commandment aboutisse au pouvoir personnel.

            A ce titre, tous les contre-pouvoirs sont nécessaires ; bien plus, d’ailleurs, que ceux existant actuellement, q’un dévoiement des institutions a démuni de leurs réelles capacités à contrebalancer le pouvoir personnel du semi-autocrate qui nous gouverne, comme c’est le cas, malgré des institutions pourtant plus démocratiques, aux Etats-Unis.

            Le pouvoir et les responsabilités doivent être, constamment, sous le contrôle de ceux envers qui ils s’exercent, pour en empêcher les abus, justement des égos de ceux qui, on le voit tous les jours, ne s’en priveraient pas.

            Désolé pour Monsieur Dugué, dont on sent bien que l’égo démesuré le pousserait à se ranger dans la catégorie de ceux qu’il juge digne d’être aux responsabilités, mais une personnalité équilibrée, est celle où le MOI tient à distance autant l’ego (sous toutes les formes décrites) que l’intérêt personnel au détriment de celui de la communauté.

            J’espère que cette réponse ne fera pas Mmonter Monsieur Dugué sur son égo...


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 10 avril 2008 09:56

              Monter sur son ego, tel un fou, accroche-toi au sommet, j’enlève l’échelle de ton ego

              Certes, vous avez vu un pb dans la définition de l’ego, mais ce n’est pas la part narcissique, vous tombez dans l’ego vu péjorativement. l’ego, tient au Moi et aussi à l’âme motrice qui fait vouloir.

              Le pouvoir personnel, j’avoue être partie pour en dénoncer l’essence mais tout compte fait, c’est selon où on se place qu’il devient préjudiciable à la bonne marche des ensembles sociaux. Il y a des fonctions détournées par des usages à des fins personnelles par des individus qui se servent d’une structure au lieu de la servir. Les cas sont évident. Sans doute, c’est de pouvoir carriériste ou autocrate dont il faut parler. J’avais des idées claires en têtes mais je conviens qu’elles ont eu quelques difficultés à s’exprimer. Je m’en tiens responsable, vu que c’est ma personne qui écrit et nul autre.


            • sisyphe sisyphe 10 avril 2008 10:38

              par Bernard Dugué (IP:xxx.x6.237.92) le 10 avril 2008 à 09H56

              Certes, vous avez vu un pb dans la définition de l’ego, mais ce n’est pas la part narcissique, vous tombez dans l’ego vu péjorativement. l’ego, tient au Moi et aussi à l’âme motrice qui fait vouloir.

               

              Non.

              Je ne vois pas l’ego "péjorativement"

              Je ne porte aucun jugement sur l’égo : je m’en tiens à la définition freudienne : l’ego n’est que la part narcissique du moi. Il n’y a là aucun jugement, mais une constatation. Le narcissisme peut d’ailleurs être un moteur qui permêt à l’homme de se dépasser. Ce narcissisme peut être soit dévalorisé (d’où complexes, frustrations, etc...) soit survalorisé (d’où mégalo, soif de pouvoir, etc...), soit tout simplement équilibré et bien intégré à la personnalité, et il peut alors en être un moteur puissant.

              L’ego est l’élement psychologique du rapport à soi.

              Le Moi, lui, comprend, outre, ce rapport à soi, l’élement fondamental du rapport aux autres : la façon de s’inscrire, socialement, collectivement, dans la société des hommes. D’où un équilibre nécessaire entre ces diverses composantes, pour un rapport sain au réel.

              Donc, non, le pouvoir personnel n’est JAMAIS une chance, ni même souhaitable ; la personnalité ne doit JAMAIS être dominée par l’ego : elle nécessite un rapport harmonieux entre le rapport à soi et le rapport aux autres : ceci, d’un point de vue psychologique, autant que d’un point de vue social.

              Ne pas entretenir la confusion entre le Moi et l’ego, comme s’y ingénient les différentes manifetations psycho-sociales de la société occidentale contemporaine, à travers la glorification de l’individualisme, de la réussite indivduelle au détriment des autres (tel que dans toutes les émissions de TV réalité, de "concours" par élimination, etc...), de la survalorisation des égos de toutes sortes.

              Ce n’est quen s’inscrivant dans le Moi, dans le rapport nécessaire aux autres, que l’ego peut trouver son équilibre et éviter ses formes pathologiques.

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