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Accueil du site > Actualités > Société > Le (toujours) vert démon du retour au foyer

Le (toujours) vert démon du retour au foyer

L’indépendance des femmes, une parenthèse bientôt fermée ? Le dernier livre d’Elisabeth Badinter : « Le Conflit, la femme et la mère »*, est une alerte à cet ennemi inattendu de libertés récemment et chèrement acquises : l’écologie, quand elle prend la forme culpabilisante du retour à une « nature » avide de sacrifices.

Des pressions insidieuses

Après 30 ans de féminisme actif, et de preuves patentes d’équivalence des sexes en tout sauf aux haltères, prôner tout de go le retour aux soins maternels et ménagers pour la moitié du monde provoquerait un tollé. (Que d’avantages, pourtant, à première vue : pour les uns, garantie de l’emploi, maison tenue, sensation retrouvée d’une supériorité décrétée de naissance ; pour les autres, sécurité et dolce vita apparentes...) Laisser cours à une nostalgie qui ne voit des 30 Glorieuses qu’une façade ferait, si l’on ose dire, mauvais genre. On attaque donc par d’autres biais.

Effets pervers du tout-nature

Ce "retour à la nature" et à "l’identité féminine", vanté pèle-mêle par la Leche League**, les écolos et les idéologues naturalistes qui se basent sur le comportement animal pour définir le nôtre agace, et pas qu’un peu, l’auteur de L’Amour en plus*** : "De l’OMS au ministère de la Santé, en passant par les pédiatres et les sages-femmes, on assigne le devoir d’allaiter. Toutes le doivent, le peuvent : c’est un commandement de la nature. (...) Désolée, mais il y a celles qui aiment à se retrouver à l’état de mammifère et celles qui détestent. (...) Nous ne sommes pas des animaux (...) soumis à un modèle exclusif."

Idem pour les couches-culottes jetables**** : "Priorité au naturel : plus de couches jetables, elles polluent. Le raisonnement écologique l’emporte sur le raisonnement féministe qui voudrait que l’on produise des couches biodégradables.(...) Les couches jetables ont libéré les mères."

La séduction d’un piège à retardement

Car l’homme, d’après une enquête de l’INED, continue pour 80% de se la couler douce au foyer. Sauf à laisser ce dernier se transformer en caverne, la double journée reste donc le lot féminin, et le prétexte pour certains à encourager un retour au partage ancestral. Ce qui reste inacceptable pour beaucoup, dont l’ambition ne se résume pas à la petite cuiller étincelante, et qui savent que sans indépendance financière point d’indépendance du tout, en tenterait d’autres. La philosophe les met en garde :

"Qu’elles n’oublient pas qu’un couple sur deux ou trois se sépare ; que rien n’est pire que de se retrouver sans emploi, seule avec un enfant, ou, faute d’avoir les moyens de se séparer, de devoir rester aux côtés d’un homme qui ne vous convient plus ou qui vous maltraite."

Autorisons-nous à ajouter que l’enfant ne le reste qu’un certain temps, au bout duquel vous lui pesez plus que vous ne l’élevez (si ce n’était déjà le cas auparavant). Et vous voilà après quinze ou seize ans indésirable dans le train que vous avez laissé passer pour celui qui se l’entendra reprocher le reste de sa vie.

*Ed. Flammarion

**Mouvement américain pour l’allaitement

***Essai prouvant à renfort d’exemples la disparité de l’instinct maternel humain

****Pour lesquelles NKM, alors à l’Ecologie, avait proposé une taxe (sans conscience, certainement, de cet effet pervers).
 

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202 réactions à cet article    


  • andqui 13 février 2010 06:52

    Excellente analyse qui met en lumière sur l’aspect du droit des femmes l’évolution fascisante de l’environnementalisme militant. L’écologie politique sera, si nous ne sommes pas vigilants, le totalitarisme du 21è siècle : dévotions culpabilisantes envers une nature mythifiée et déifiée, maintient des différences « naturelles » femmes/hommes, pauvres/riches, idiots/intelligents, et donc, rejet de toute évolution culturelle au prétexte que l’homme ne peut agir que contre la nature.
    La comparaison avec les totalitarismes du 20è siècle est édifiante et effrayante.
    La simple analyse des textes de nos prophètes de malheur écolo devrait nous ouvrir les yeux.


    • voxpopuli88 13 février 2010 17:44

      Je suis toujours assez amusé de la présentation unilatérale que fait la Presse de Mme Badinter.
      La philosophe !

      Combien savent que Mme Badinter est la fille de Marcel Bleustein Blanchet, fondateur de Publicis, 3ème groupe de publicité (français) dans le monde. Mme Badinter détient 10 % des actions de Publicis, soit une capitalisation boursière d’une valeur d’environ 500 millions d’euros, qui fait d’elle la 61 ème fortune de France, Présidente du Conseil de Surveillance de Publicis.
      Je trouve qu’il est toujours bon de rappeler la situation des personnes pour mettre en perspective ce qu’elles disent : selon Acrimed (je cite : http://www.acrimed.org/article1393.html)

      ..."Reste à déterminer quelle est la véritable « identité » de l’auteure de ces lignes : l’essayiste de XY. De l¹identité masculine ou la présidente du conseil de surveillance de Publicis ?

      Fille de Marcel Bleustein Blanchet, fondateur de ce groupe publicitaire dont elle est le premier actionnaire avec 12% du capital, Elisabeth Badiner assume en effet sans barguigner un héritage paternel qui véhicule encore aujourd’hui des représentations sexistes de la femme. Ne doit-on pas à Publicis, en 2002, cette campagne de la marque de soutien-gorge Barbara qui faisait dire à une mannequin dénudée « quand on me dit non j¹enlève mon pull » ou « mon banquier me préfère à découvert » ?"

      NB : Acrimed est une association qui milite contre les abus de la publicité.

      Gérard


    • Harfang Harfang 15 février 2010 10:46

      Le vrai totalitarisme n’est-il pas plutôt celui qui consiste à dire que les tâches liées au bébé sont dévolues à la femme ?
      En quoi, si les hommes prennent leur part de responsabilités, cela serait-il si contraignant pour les femmes d’allaiter leur enfant ? Etre disponible ? Mais le tire-lait permet de stocker le lait maternel et de le distribuer au biberon au moment opportun... ce que le père de l’enfant peut faire il me semble. Idem pour le lavage des couches.
      Ne vaudrait-il pas mieux laisser les femmes libres de leur choix (allaiter ou non), et culpabiliser les pères qui n’en fiche pas une ramée plutôt que les mères qui veulent le meilleur pour l’enfant ?


    • COLRE COLRE 13 février 2010 09:10

      Bonjour Julie,

      Bien, votre article, qui répercute cet événement que représente la sortie d’un livre d’E. Badinter, féministe « historique » dont la voix porte toujours. Je ne suis pas forcément d’accord avec ses vues (ou plutôt les conséquences néfastes de son universalisme radical), mais toutes les voix comptent dans ce débat et l’enrichit.

      Je n’interviens pas forcément sous vos articles, mais je les lis de loin en loi et je les apprécie toujours.

      (au fait, on n’est pas encore le 8 mars ?! smiley vous sortez du passage clouté assigné à un petit truc sans importance, juste 3 milliards d’individus… smiley )


      • anty 13 février 2010 09:16

        Pleurnicharde..


      • Julie Dep Julie Dep 13 février 2010 09:45

        Merci, Colre, de mon côté j’ai eu l’occasion de vous dire l’intérêt que je porte à vos interventions... en attendant plus.

        Les sujets de désaccords avec EB (j’en ai aussi) devraient donner lieu à des débats sereins. Hélas, il vaut mieux nous attendre aux invectives de ceux qui n’auront pas compris qu’elle ne veut pas plus subir qu’ imposer un mode de vie qui ne serait lié qu’au sexe.

        Ne serait-ce que pour avoir le courage de s’exposer comme elle le fait, en dénonçant jusqu’à la récupération du mot « féministe », et sans rouler pour quiconque, je lui serai en tout cas toujours reconnaissante.


      • anty 13 février 2010 09:21

        E .Badinter fait encore l’apologie de la bêtise féministe.

        Elle ramène la femme au niveau du caniveau.

        Il est vrai qu’on peut descendre plus bas

        A qui le tour ?


        • Massaliote 15 février 2010 09:27

          La Badinter prétend que l’instinct maternel n’existe pas. La femme serait le seul mammifère dénué d’instinct maternel. Un monstre, donc.


        • Massaliote 15 février 2010 12:21

          Aux Etats-Unis, Sarah Blaffer Hrdy, anthropologue et primatologue, membre de l’Académie des Sciences, s’est penchée sur les thèses d’Elisabeth Badinter. Pour la chercheuse américaine, réfuter l’existence d’un instinct maternel ne tient pas la route scientifiquement.
           


        • DIMEZELL 13 février 2010 09:38

          Entre le devoir de faire ’naturel’ et la possibilité d’être femme en allaitant ses mômes , les préservant ainsi de futures maladies, en ayant la chance de créer un autre lien avec eux, il y a un pas. La critique radicale de Badinter se trompe d’adversaire comme toujours !
          La femme libre a le droit de choisir et dans ce domaine , beaucoup de luttes restent à faire, elles n’ont rien à voir avec l’écologie ou plutôt si, l’écologie y participe de manière sereine et efficace.


          • Julie Dep Julie Dep 13 février 2010 09:56

            @Dimezell
            1. Les bébés élevés au biberon font pour ce que j’en connais d’aussi beaux athlètes que les autres.
            2. EB est aussi critique envers le « tout-biberon » qui a sévi vers les années 60. Son propos est de laisser le choix sans influencer en fonction de critères changeants selon la place qu’on entend donner aux femmes à tel ou tel moment.
            Il est évident que la couche-culotte à laver (pourquoi pas à la main, par souci d’économie) et d’autres préceptes bien-pensants les détourneront de ce qui les intéresserait davantage. On ne peut pas être au four et au moulin.


          • anty 13 février 2010 10:34

            Il parait aussi que les orphelins arrivent à vivre sans les parents
            mais il leur manque quelque chose tout au long de leur vie...


          • DIMEZELL 13 février 2010 11:19

            Laissons les femmes choisir d’être femmes comme bon leur semble. Le lavage à la main ou au lavoir est assez rare aujourd’hui.
            Quant aux bébés élevés au sein, pas de comparaison avec les autres en matière de résistance aux maladies, de l’absence d’allergies et bien d’autres choses qu’on ne cesse de découvrir chaque année, la dernière que j’ai lue étant l’adaptation du produit fabriqué par la mère aux besoins du nourrison.
            Mme Badinter donne beaucoup de leçons, avec ce besoin très français de vouloir faire universel. Qu’elle accepte enfin la différence car c’est, je crois, le problème central auquel est est confrontée et pas que pour les femmes.


          • Fergus Fergus 13 février 2010 11:34

            Bonjour, Dimezell.

            Pas d’accord avec vous, Elisabeth Badinter ne donne pas de leçons, elle s’oppose au contraire à celles qui en donnent, telle Edwige Antier.

            Globalement, j’ai apprécié ses interventions sur les ondes car je les ai trouvées équilibrées et nuancées, précisément parce qu’elle ne joue pas les ayatollahs mais laisse chaque femme agir comme elle l’entend après avoir souligné les limites, voire le ridicule de certaines positions proches de l’intégrisme éducatif.

            J’en profite pour saluer Julie Dep et la remercier pour cet article à la fois intéressant et lui aussi nuancé.


          • aspic aspic 13 février 2010 21:25

            J’ai entendu, avec ma femme, ses fameux propos sur france inter, on ne croyait pas nos oreilles !
            Il faut savoir que nous vivons « au naturel » depuis le début de notre mariage, étant très mal vu à l’epoque

            en décidant que nos enfants allaient nâitre chez nous, tranquilement, et pas à l’hôpital (sauf nécessité

            médicale).
            Nous avons du nous battre contre bien de préjugés pour faire ces choix : notre « sage femme » était d’ailleurs un

            homme (qui disait qu’il était « sage-femme »).
            Nos trois garçons sont donc nés chez nous, quel expiérience intensive !
            Nous étions suivis avant et après la naissance par le « sage-femme »+un médecin, plus d’attention qu’a l’hôpital.

            Nous connaissons deux amis qui ont eu de très très mauvaises expériences d’enfantement à l’hôpital qui ont laissé
            des séquelles chez leurs enfants...

            L’allaitement complèt était un choix tout à fait « naturel » : six moix total et allant jusqu’a 1an et demi selon l’enfant.
            Jamais de problèmes pour chauffer du lait, stériliser des biberons, quel luxe !
            Sachant les avantages pour l’enfant (disponibilité, parfait équilibre avec les besoins du moment, car elle change de composition
            selon l’âge de l’enfant)...les biens-faits pour le développement du cerveau et donc de l’intelligence...

            Ma femme vient me dire que c’était un choix qui ne l’a pas pour autant condamnée à rester cloitrée pour le reste de sa vie.
            On tenait ensemble un magasin de produits naturels, cela aidait bien-sûr.
            Moi, en tant que père, j’ai pu voire nâitre mes enfants, aider là ou je pouvais, quel chance, quel privilège et quel lien étroit
            que j’ai encore avec ces enfants, dont deux sont maintenant étudiants.
            Loin de nous ce constat amèr :
            « Autorisons-nous à ajouter que l’enfant ne le reste qu’un certain temps, au bout duquel vous lui pesez plus que vous ne l’élevez
            (si ce n’était déjà le cas auparavant). Et vous voilà après quinze ou seize ans indésirable dans le train que vous avez laissé passer pour
            celui qui se l’entendra reprocher le reste de sa vie. »

            On se sent pourtant pas des « ecolos et idéologues naturalistes » imposant aux autres nos idées, mais heureux de pouvoir conseiller

            les personnes manquant d’expérience et insécurisées par tous les contradictions des médias.

            Ma belle mère disait qu’a l’époque, à l’hôpital, on interdisait pratiquement aux mères d’allaiter, puis ils avaient quand-même
            un contrat avec l’industrie laitière...

            Et madame Badinter de parler de rétrogradation et de défendre des choses datant des années 60 !
            L’idéail serait peut-être ceci :
            -insémination artificielle
            -mère porteuse (la grosesse peut nuire à la carrière)
            -le nouveau-né direct à la crêche
            -l’éducation donnée par des bon « educateurs » certifiées
            ... brave new world !

            Je trouve que nous ne pouvons pas être heureux tant que nous n’acceptons pas les différences qui existent entre les sexes :

            pourquoi la femme devrait-elle absolumment chercher à vivre comme un homme ? Vouloir subir le même stress et le manque d’aptitude à

            parler de ses sentiments ?
            A chacun son rôle, accepter les différences et être l’aide de l’autre (je parle pour le couple).
            Il y aura toujours des tensions car la vision des choses est tellement différente, nos hormones nous perturbent pas de la même manière,
            on ne s’exprime pas de la même façon, tout à besoin d’être traduit au préalable.
            Il est vrai que, pour celles qui aimeraient s’épanouir à l’extérieur du foyer bien d’obstacles persistent, les pays plus au nord ont mieux intégré

            ceci, des crêches partout, non pas organisées par l’état, mais par des particuliers, parfois même au sein même de l’entreprise !
            Pourquoi cette manie en France de toujours attendre que l’état fasse les choses ?
            Je suis sûr que beaucoup d’hommes seraient heureux de pouvoir changer de temps en temps le travail avec les tâches domestiques et surtout le contact avec leurs enfants !


          • JL JL 13 février 2010 09:57

            « De l’OMS au ministère de la Santé, en passant par les pédiatres et les sages-femmes, on assigne le devoir d’allaiter. »

            Sauf erreur, et si cela n’est plus, il n’y a pas si longtemps l’OMS, disait aux Africaines que le lait en poudre était meilleur que le lait maternel. Je pense qu’ils auraient du dire : meilleur pour les multinationales. 

            Quelqu’un peut-il confirmer ?


            • Julie Dep Julie Dep 13 février 2010 11:16

              @JL
              Cela ne contredit en rien le propos, au contraire : en fonction de leurs besoins ponctuels les sociétés régissent sous de faux prétextes le mode de vie de leurs citoyens...


            • Fergus Fergus 13 février 2010 11:40

              Sauf erreur de ma part, la meilleure justification du lait maternel réside dans sa capacité à renforcer les défenses immunitaires du bébé dans les premiers mois. Une particularité qui n’a plus d’intéret pour un allaitement à 1 an, voire 2 ans.

              De plus, comme l’a souligné Elisabeth Badinter, des millions de bébés ont été élevés au biberon depuis la 2e guerre mondiale et l’on n’a pas constaté qu’ils présentaient des carences particulières, les statistiques d’allongement de la durée de vie sont là pour le démontrer.


            • JL JL 14 février 2010 09:05

              Julie Dep,

              Cela ne contredit pas le propos, non certes et vous ajoutez vous-même : « en fonction de leurs besoins ponctuels les sociétés régissent sous de faux prétextes le mode de vie de leurs citoyens... »

              Je ne vous le fais pas dire. 

              C’était précisément le sens de mon intervention : les discours féministes se sont répandus dans la presse féminine en même temps que se sont multipliées les offres d’emplois dans les Petites annonces : on avait besoin de vendre des gadgets, et on avait besoin de salaires féminins pour les acheter. On a débauché les foyers.

              Qu’est-ce que les salariés ont gagné ?

              Dans ma jeunesse, mon père avec son modeste salaire d’une « société nationale » faisait vivre sa famille. Maintenant, avec la « crise », non seulement deux salaires pour un même emploi sont nécessaires mais surtout, peu nombreuses sont les familles où entrent deux salaires ! Et cela va en s’aggravant. De fait, la part du travail a régressé dans le partage de la valeur. Merci qui ? Merci les féministes, alliées objectifs du Medef, merci badinter.

              Aujourd’hui marasme économique, chômage de masse, précarité, mais toujours les mêmes féministes ... Les femmes se trompent de combat : elles ont voulu être « des hommes comme les autres », et ne sont devenues que des concurrentes de leurs conjoints. Qui a dit : diviser pour régner ?


            • cubrad 13 février 2010 11:10

              le retour au foyer est impossible, les ménages ont besoin des deux salaires pour boucler les fins de mois. Auparavant un seul salaire suffisait largement. La femme s’est libérée de son mari, mais c’est le couple qui au final se retrouve aliéné.


              • Lucien Denfer Lucien Denfer 13 février 2010 11:23

                J’apprécie beaucoup le pragmatisme d’EB, surtout quand elle dénonce les dérives féministes au sujet de l’OVNI « autorité parentale » et de la soucoupe « droits de l’enfant », notions prises en otage pour appuyer des pratiques revanchardes et autant sinon plus machistes que ce que nécessite le principe d’égalité.

                Dit plus simplement, comment exercer une autorité parentale 4 jours sur 30 ? N’est-ce pas de l’hypocrisie de prétendre défendre le droit de l’enfant en lui faisant payer la mésentente de ses parents par l’amputation pure et simple d’un membre de sa famille ? Salomon se retournerait dans sa tombe s’il le pouvait.

                Comme pour toute abstraction dénuée de fondements dans le monde réel, la récupération est de mise, et le néo-libéralisme ne s’en est pas privé, loin s’en faut. Seul hic au tableau, aujourd’hui ces mêmes néo-libéraux ont bien plus besoin de la farce écologique qui mène à la contribution carbone, sonnante et trébuchante.

                On entend souvent dire qu’on ne fait pas d’hommelettes sans casser les oeufs, il faut dépasser la vulgarité du propos et peut-être envisager l’autre comme un partenaire éventuel plutôt qu’un ennemi de toujours.

                Ce qu’il y a de plus dramatique dans le rôle de l’idiot utile c’est de devenir inutile et de se rendre compte que l’ennemi de mon ennemi n’est pas toujours un ami, encore moins un bon conseiller puisque il ne fait progresser que son agenda personnel.

                Verte comme l’écologie et verte comme l’Islam, la couleur de l’espoir et du repos de l’oeil, mon oeil. La loi du talion est impitoyable et après cette prise de conscience salutaire mais tardive de la dérive mortelle qui guette votre cause, il n’est jamais trop tard pour revenir à un comportement plus égalitaire, basé sur le droit des individus et non sur leur genre.


                • Terran 13 février 2010 11:31

                  En parlant de vert, mon avatar, il porte l’espoir de la science écologique en complément de la science physique.

                  C’est un réel progrès.
                  L’ecologie politique est un non sens.
                  A moins qu’on admette que les politiques ne servent à rien et que les banquiers font la loi et qu’on s’y soumette.
                  Etre vert c’est être lâche.


                  • paul 13 février 2010 12:37

                    Sans vouloir défendre les propos de Badinter , il me semble qu’être anti-allaitement , ça n’a
                    pas de sens comme le fait par ailleurs Monolecte .Sur le plan physiologique et sans doute bien
                    plus dans ses propriétés de transmission directe , le lait maternel est sans concurrence .

                    C’est donc pas seulement une question de choix , pour ou contre , mais une question de nécessité imposée par la société où le couple doit travailler à l’extérieur , de la même façon que le fast-food et les surgelés s’imposent souvent sans que l’on puisse vraiment choisir .
                    Si l’on ne peut y échapper, ça n’empêche pas de voir ce que l’on y perd en qualité de vie et de santé , et les féministes se trompent dans ce combat au nom d’une certaine liberté .
                    Les bénéficiaires de la solution- biberon sont aussi les lobbys comme Nestlé qui ont réussi à
                    s’imposer en Afrique , malgré un mode de vie souvent différent du notre : progrès ?


                    • anty 13 février 2010 13:10

                      Exact
                      De nombreuses femmes souhaitent souvent d’allaiter leur enfant mais la vie que mènent les femmes ne leur permet pas de remplir cette tâche sereinement ety dans bien de cas elles abondonnent l’allaitement contre leur gré.

                      En Suède les femmes ont un temps alloué à l’allaitement sur le lieu du travail.


                    • Monica Monica 13 février 2010 12:50

                      Merci, Julie.
                       smiley

                       J’ai bien apprécié les propos d’Elisabeth Badinter.

                      Elle s’oppose à l’idéologie naturaliste, qui enferme depuis longtemps femmes et hommes dans des carcans...

                      Contrairement à ce que disent des commentateurs, elle « n’impose » rien.
                      Pff... Tss tss smiley

                      Et elle rappelle qu’il y autant d’être femme que de femmes... "Je lutte pour qu’on cesse d’avoir une idée unique de la gent féminine, comme si on était un troupeau. On a des désirs, un inconscient, une histoire différente."


                      • Fergus Fergus 13 février 2010 13:49

                        Bonjour Marc.

                        E. Badinter défend DES femmes comme vous en défendez d’autres.

                        Pourquoi toutes les femmes devraient-elles avoir le même rapport physique ou psychologique avec la maternité et ses contingences ?


                      • Headache 13 février 2010 13:03
                        « devoir d’allaiter (...) Désolée, mais il
                        y a celles qui aiment à se retrouver à l’état de mammifère et celles
                        qui détestent. (...)
                        Nous ne sommes pas des animaux (...) soumis à un modèle exclusif. »

                        Alors là, bravo, tout est dit !
                        Le pire danger pour le féminisme reste les féministes smiley

                        En plus d’être née conne, elle doit probablement s’entrainer dûr tous les jours...


                        • Pie 3,14 13 février 2010 13:32

                          Ce que dit E Badinter est très pertinent. Elle pratique un féminisme ouvert, soucieux d’égalité réelle.

                          Le chantage à la maternité « parfaite » existe, on est passé d’un extrème à l’autre sans que les femmes y gagnent.

                          Ce délire touche aussi parfois les hommes. J’ai par exemple toujours refusé d’assister à la naissance de mes enfants par peur de tourner de l’oeil ( oui, je sais ce n’est pas très courageux). Il s’est toujours trouvé un membre du personnel hospitalier pour me faire sentir que j’étais déjà un mauvais père avant même d’être père.

                          Ces mêmes personnes freinent sur la péridurale, demandent aux mères une disponibilité totale alors que la plupart reprennent le travail rapidement et n’hésitent pas à culpabiliser les mères quand il faudrait les rassurer.

                          Mes enfants ont bu des biberons, englouti des petits pots, porté des couches culottes ce qui nous a permis de survivre et d’avoir plus de temps pour nous occuper d’eux.


                          • pseudo 18 février 2010 22:52

                            Pathétique ces pauvres femmes fuyant la société préférant se retrancher à la maison derrière leurs bébés et collections d’allocs ou pire vivent aux crochets d’un mari tout en prônant un « retour à la nature ». 

                            Le propre de l’humain c’est aller de l’avant et non idéaliser la vie des mammifères femelles quand même !!!


                          • Salsabil 18 février 2010 23:02

                            Tout aussi pathétique celui (ou celle ?) qui condamne sans chercher à savoir, à comprendre ou, ne serait-ce qu’accepter, avec tolérance...

                            Et ça vient juger du haut de sa prétendue supériorité ?

                            Vous êtes qui, ou quoi, pour prétendre détenir la vérité absolue et par là même asséner votre pensée comme une certitude incontestable ?

                            Où se situe donc l’ambition, la réussite, l’épanouissement des femmes, voire plus loin des parents (hommes comme femmes) dits au foyer, selon vous ? Ces concepts existent-ils à vos yeux ?


                          • ddacoudre ddacoudre 13 février 2010 14:03

                            bonjour julie

                            l’égalité des sexes est une stupidité, l’égalité d’autonomie socioéconomique ne dépend que de l’abondance, et c’est là le seul débat.
                            la femme à partir de son autonomie économique exerce son statut de femme (libre) cela n’entraine pas forcément la perception d’une soumission dans ses rapports sociaux dans le couple ou dans l’activité avec les autres,
                            la vie en société implique des contraintes volontaires pour lesquelles le sexe exerce forcément une discrimination, discerner la contrainte volontaire de la soumission demeure toujours le problème car leur frontière n’est pas écrite et l’évolution fait passer les événement de l’un vers l’autre et vice versa.
                            historiquement l’absence d’autonomie lui a valu d’être prise en charge par l’homme qui sait grandement servit de cette supériorité pour la contenir dans des cadres rigides qu’elles ont passé à leurs progénitures. ce n’est pas un reproche, c’est le constat de l’enseignent culturel par la famille puis l’école.

                            aujourd’hui il semblerait que leur émancipation se fasse par un partage des tâches de toutes nature, pourquoi pas, mais c’est l’évolution qui en décidera si les causalités à cela se développent, et le moyen le plus sur n’est pas tant d’y contraindre les hommes que de se passer cette évolution par l’éducation familiale, ceci tant que le moyen d’avoir une autonomie économique ne passera pas par la nécessiter de lever des altères.

                            sinon elle peuvent revendiquer leur statut biologique celui vers lequel ostensiblement elle semble vouloir aller avec la « liberté arbitraire », qui n’a jamais trouvé une application, sauf pour les espèces qui sont génétiquement bâti pour cela.

                            mais comme la défendu Sarah Monot , elle ont raison de revendiquer toute leur place, nous ne sommes plus a l’époque où les hommes se demandaient si elle avait une âme, et pourtant ces sots étaient instruits et intelligents.

                            cordialement.


                            • fawkes fawkes 13 février 2010 14:23

                              Bonjour à tous,

                              Mon idée sur le sujet est que la Nature est ce qu’elle est et que le ressenti vis - vis de la maternité et de l’allaitement doit rester un choix personnel. Ceci dit un choix personnel est de nos jours influencé comme vous le savez tous par le matraquage médiatique et publicitaire. Et c’est là que je voulais en venir....

                              Ce qui est bien avec l’époque actuelle c’est que le public, le peuple se rend compte petit à petit que le message qui est passé, dans les médias, par une quelconque personnalité dite respectable (femme de ou socialiste pour certains, humaniste/philosophe/féministe pour d’autres, etc...) occulte souvent les activités de ces mêmes personnes. En gros c’est souvent un écran de fumée pour cacher ses vrais intentions et mobiles. D’où le systématisme que je prends à vérifier qui parle et quel est son alignement dans la société. Celà me permet de décrypter le message.

                              Ce que j’ai fait avec E.Badinter. Une rapide recherche sur Wikipédia (’que j’engage tout le monde à faire pour ’profiler’ nos personnalités) de qui est Elisabeth Badinter vous éclairera aussi sur un autre aspect de sa personne. Morceaux choisis :

                              ------------------------------------------------------------------------------------

                              Élisabeth Badinter est une publicitaire, femme de lettres et une philosophe féministe française, née Bleustein-Blanchet, le 5 mars 1944 à Boulogne-Billancourt. Elle est actionnaire de référence et membre du conseil de surveillance du groupe Publicis dont elle possède 10,16% des actions[1].

                              [...]

                              Élisabeth Badinter est une des trois filles du publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet et de Sophie Vaillant, fille d’Edouard Vaillant. Agrégée de philosophie, spécialiste du siècle des Lumières, observatrice de l’évolution des mentalités et des mœurs, elle a été maître de conférences à l’École polytechnique.

                              Présidente du conseil de surveillance de Publicis depuis 1996, elle est également la deuxième actionnaire du groupe, dont elle détient un peu plus de 10 % du capital, et figure au palmarès des 500 premières fortunes de France[2]. Ce rôle de « garante morale du quatrième groupe mondial de publicité » selon l’expression d’Acrimed n’est pas sans lui attirer des critiques concernant les « représentations sexistes de la femme » dans le domaine publicitaire[3],[4],[1].

                              [...]

                              ------------------------------------------------------------------------------------

                              Suit une description de ces activités philosophiques qui ont pour but l’égalité des sexes, but honorable.

                              Ce qui m’attire là, c’est son rôle dans la publicité.

                              1) Fille de publicitaire, actionnaire de référence de Publicis,...philosophe. Je trouve l’association exotique et troublante. Alors que le travail du philosophe est de trouver la vérité sur les choses et le sens de la vie, le travail du publicitaire s’appuie, dans ma perception, sur le mensonge, le rêve, l’omission, et la manipulation des esprits.

                              2) Que fait elle pour lutter contre l’image sexiste de la femme dans la publicité ? Et de l’utilisation de son corps ? Est ce que le combat féministe s’arrête aux portes des conseils d’administration ?

                              3) Ne pensez vous pas que Mme Badinter ait aussi intérêt financier à ce que les femmes donnent du lait en poudre au biberon de leurs enfants ? Y a t il un annonceur de lait en poudre qui utilise les services de Publicis ? Peut on imaginer qu’ayant gouté à la fortune, qu’elle soit juge et partie sur ce sujet ? Pour info dans les clients principaux de Publicis on retrouve Nestlé et Carrefour. Fabricant et distributeur de lait en poudre, et aussi Procter & Gamble (couches culottes Pampers).... Troublant non ?


                              • Julie Dep Julie Dep 13 février 2010 14:31

                                @fawkes
                                Tout le monde le sait, à tel point qu’un peu partout il n’est fait mention que de ça à l’occasion de la sortie de son livre, dont le propos est occulté.
                                Oui, elle pourrait sans doute influencer un changement de traitement publicitaire de la femme. Qu’on le lui suggère ! Son combat n’en reste pas moins salutaire à mes yeux.


                                • Julie Dep Julie Dep 13 février 2010 14:38

                                  @Jean
                                  Merci pour ce lien. Comme souvent en cas de polémique, le chapo n’annonce pas la vraie couleur. Sarah Blaffer est à peu de chose près du même avis que Badinter.


                                • Terran 13 février 2010 15:04

                                  http://v.youku.com/v_show/id_XMzMzMjUwNDQ=.html

                                  Voilà une belle paire de seins !! ils sont fier !!!

                                   smiley

                                  ( une peu de patience la vidéo est longue à charger, mais ça vaut le coup d’être vu pour les non-initiés )

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