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Accueil du site > Actualités > Société > Elle ne mérite pas ça !

Elle ne mérite pas ça !

Je sais, je reviens à la charge, mais j’ai la faiblesse de penser que le sujet est important.

La langue française est trop maltraitée dans les médias, notamment à la télévision.

Je n’évoque pas seulement les commentaires sportifs insipides qui accumulent incorrection sur incorrection. Avec notamment Aimé Jacquet, Olivier Rouyer, Laurent Paganelli et son OK permanent, c’est un festival crispant !

Mais pire que cela, à l’ouverture du journal de France 2, lors d’un entretien avec le "guide" Kadhafi, j’entends David Pujadas le questionner ainsi : "Dans la déclaration que vous avez FAIT..." Son interlocuteur ne comprend pas le français, certes, mais ce n’est pas une raison !

La règle qui impose qu’avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct quand il est placé avant, est totalement négligée. C’est un miracle quand elle est respectée !

N’en déplaise à ceux qui jugent cette vigilance dérisoire, ces approximations répétées écorchent les esprits autant que les oreilles. Quand on a l’honneur de s’adresser à des millions de gens, on leur parle bien. Le hasard fait bien les choses puisque Christophe Hondelatte, selon Le Monde, s’est vu justement attribuer, récemment, le prix Roland-Dorgelès pour être l’un des professionnels de l’audiovisuel qui respectent le mieux la langue française.

Alors, pourquoi pas des cours de grammaire sur le tard pour tous les autres, car notre belle langue ne mérite vraiment pas ça !


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68 réactions à cet article    


  • Saï 14 décembre 2007 10:55

    Bi1 d’akor sa sé kan mm 1 skandal lé gen y sav + parlé francai. smiley

    Personnellement j’y vois l’influence du jeunisme ambiant. Le style kikoo-sms ça fait hype, et les tenants d’un vocabulaire élaboré passent de plus en plus pour des vieux cons intellectuels, au sens péjoratif du terme. Désormais c’est jusqu’à la grammaire qui est touchée. C’est dommage car la langue française est riche et belle, et permet une expression extrêmement précise pour qui sait l’employer à bon escient. Ce qui compte c’est se faire comprendre et peu importe la forme. Un bon exemple en est la difficulté qu’éprouvent bon nombre d’étudiants en droit (et pas en première année) à se défaire des expressions courantes pour assimiler dans leur discours le vocabulaire juridique.

    Certains y trouveront l’expression d’une forme de progressisme, arguant que l’évolution de la société appelle une évolution de la langue qu’elle emploie, qui tend vers une simplification. D’autres dont je fais partie regretteront ce qu’ils voient comme une ‘médiocrisation’ de l’emploi d’une langue dont de nombreux écrits ont fondé l’image de la richesse culturelle française dans le monde.

    Quand aux solutions, c’est au niveau de l’éducation qu’elles se trouvent.


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 14 décembre 2007 11:00

      Les journalistes télé n’ont jamais été choisit sur leurs connaissances de la langue française, mais sur leurs capacité à lire un prompteur.

      On se demande même encore pourquoi, on prend des journalistes pour présenter le 20h, ils se contentent juste de lire.


      • La Taverne des Poètes 14 décembre 2007 11:07

        Cette faute d’accord de participe passé a aussi écorché mes oreilles malgré le fond du débat qui était grave. Il y a aussi une chose qui me choque, c’est la non traduction des titres des séries US : The closer, Cold case, Prison break, Close to home, X-Files, Lost, etc. Franchement, ne peut-on pas au moins mettre un titre français ? Je serais pour carrément interdire cette pratique sauf cas particuliers.


        • Saï 14 décembre 2007 11:18

          Dans le cas que vous évoquez, l’influence sur la langue française me paraît limité, d’autant que le travail de doublage de ces séries est généralement réalisé avec sérieux. Le maintien de titres originaux provient surtout d’une demande du public et de considérations marketing qu’on peut qualifier de compréhensibles.


        • Alexis Brunet Alexis Brunet 14 décembre 2007 11:39

          Alors bien d’accord pour respecter la langue française, mais pas celle des autres ? En plus, pour parfois donner d’ étonnantes adaptations (voir la traduction du « Vertigo »...), je préfère un « the closer » à un « pot de colle » bien « franfran » :-P


        • Once 14 décembre 2007 12:01

          D’habitude je suis un farouche défenseur de la langue française. Mais je souhaiterais répondre à ce commentaire sur les séries américaines. La langue française est une des plus belles du monde est doit être préservée avec toute sa richesse. Cependant, elle n’est malheureusement plus la langue internationale depuis au moins un siècle. En tant que français expatrié, et voyageant beaucoup pour mon travail, je suis souvent surpris (et en même temps honteux pour mes compatriotes) de voir à quel point les autres pays maitrisent l’anglais. La plupart du temps on peut aborder quelqu’un dans la rue et se faire comprendre. La même chose est quasi impossible en France. Je pense qu’une des raisons expliquant ce bon niveau d’anglais vient du fait que les séries télé ne sont majoritairement pas doublées mais sous-titrées ; ce qui habitue les téléspectateurs à entendre de l’anglais, mais aussi à lire rapidement.

          Quand je vois qu’au collège, un grand nombre de jeunes ne sont pas capable de lire, ce qui réduit les professeurs à faire étudier en 3e des livres que j’aurai lu à l’école primaire, je pense que ça pourrait être une bonne solution.


        • krachunka 14 décembre 2007 13:18

          Je ne suis pas forcement choqué non plus par les titres originaux sur des films ou séries.

          Par contre je trouve qu’il y a de nombreux abus de language (enfin je ne sais trop quel nom donner) avec la langue anglo-saxonne surtout en rapport avec les Etats unis. Et je n’arrive pas à comprendre pourquoi.

          Ainsi, on nous parle toujours de la CIA (initiales prononcées à la française) et du FBI (Initiales prononcées à l’anglaise). Je ne comprend pas pourquoi.

          De même très souvent lors d’une competition sportive, le classement par nation va lister des pays avec leur nom français (Pologne, Angleterre etc...) sauf pour les Etats Unis qui seront notés USA... S’agit-il de négligence ? de simple habitude admissible ?


        • Mescalina Mescalina 14 décembre 2007 14:07

          @ l’auteur, petit billet qui touche un point sensible et désolant.

          @ TAVERNE, il ne manquerait plus que ça, j’aime la langue française mais je milite pour une généralisation de la V.O sous titrée pour TOUS les films étrangers et TOUS les programmes étrangers. Des sous titres de QUALITE, en bon français.

          Les pseudos « cinéphiles » du dimanche qui vont voir des films en anglais en VF me font doucement rigoler, ils ne comprennent rien à cet art.

          Notre niveau de français décroit, nous sommes un pays de quiches en anglais, ne nous étonnons pas d’être à la ramasse en europe et dans le monde, nous perdons inexorablement notre influence.


        • skirlet 14 décembre 2007 14:10

          « Le maintien de titres originaux provient surtout d’une demande du public »

          Sans blague ?.. Qui a jamais demandé cela au public, quand et sous quelle forme ? Et le public, est-ce une seule entité monolithe qui n’a qu’un avis ? Ca m’a l’air d’une annonce du genre « dans l’intérêt de notre aimable clientèle, nos prix augmentent de 30% ».

          « et de considérations marketing qu’on peut qualifier de compréhensibles »

          En effet, il est compréhensible qu’ils ont la flemme de traduire.

          Concernant toujous le même « the closer », le public ne comprend même pas ce mot... Apèrs les recherches, il s’avère que la siglification est soit « un terme »baseball« pour un lanceur qui sauve une partie », soit « quelqu’un qui est spécialiste en menant un marché/contrat d’affaires à une conclusion rapide et satisfaisante ». Autant dire que c’est clair comme le jus de chique... C’est aux traducteurs de trouver une équivalent, pas au public (je n’ai rien à faire des termes du baseball qui m’indiffère au plus haut point).

          « je suis souvent surpris (et en même temps honteux pour mes compatriotes) de voir à quel point les autres pays maitrisent l’anglais »

          Lesquels ? Parce que on ne doit pas connaître les mêmes pays.

          « Je pense qu’une des raisons expliquant ce bon niveau d’anglais vient du fait que les séries télé ne sont majoritairement pas doublées mais sous-titrées ; ce qui habitue les téléspectateurs à entendre de l’anglais, mais aussi à lire rapidement. »

          Les sous-titres au secours du français ? Original. La question essentielle se pose : les titres des autres films, sauf anglophones, sont traduits. Donc, c’est le simple aplaventrisme devant la langue du maître, et rien d’autre. De toute façon, les pays qui en ont les moyens pratiquent le doublage, car il faut vendre dans la langue du client.


        • skirlet 14 décembre 2007 14:16

          Mescalina : quel ton hautain ! Vous y comprenez à cet art, mais pas les autres. Moi, je suis au fond pour le doublage, et pourtant je parle 5 langues et je ne pense pas que mon avis est le seul valable. Le mieux, ce serait donner le choix au public - la VO ou la VF, en diffusion multicanal, par exemple. Rien n’est pire que la contrainte émanant des pseudointellos ou des personnes « qui savent mieux ce qui est bien pour les autres ».


        • Mescalina Mescalina 14 décembre 2007 14:30

          @ SKIRLET, oui j’Y comprends à cet art (sic). Je comprends surtout qu’une oeuvre n’est que partiellement approchée lorsqu’elle est traduite, cela vaut pour tout. Le respect de l’oeuvre originale, une amélioration générale du niveau de lecture en français et in fine de l’écriture, un impact énorme dans notre apprentissage des langues (au moins de l’anglais). Mais c’est vrai que pour cela, il faut LIRE.

          Et quelle contrainte ? vous dites n’importe quoi.


        • Krokodilo Krokodilo 14 décembre 2007 19:21

          Mescalina,

          Mon commentaire s’est égaré sur une autre discussion ! Avez-vous vu Kurosawa en japonais, et Bergman en suédois ? Savez-vous que les sous-titres raccourcissent souvent les dialogues pour des raisons techniques de longueur, surtout un Woody allen. En combien de langues arrivez-vous à voir un film ? Et même en anglais, arrivez-vous à suivre les dialogues fleuves et rapides d’un woody Allen ? Le doublage est actuellement le meilleur moyen d’apprécier les oeuvres, laissez au moins le choix aux gens, sans répéter ce cliché un peu snob que la VO, c’est vraiment mieux, plus culturel.


        • Yannick Harrel Yannick Harrel 14 décembre 2007 20:04

          Bonjour,

          Pour les titres de séries US, la logique voudrait surtout que l’on respecte la Loi Toubon de 1994.  smiley

          Cordialement


        • Mescalina Mescalina 14 décembre 2007 21:09

          Woody allen les doigts dans les poches. Voyagez un peu, vous verrez que le doublage est l’exception et non la règle. Snob ? Vous êtes juste franchouillard un brin fermé.


        • skirlet 14 décembre 2007 21:47

          Mescalina, c’est un vrai régal de vous lire smiley Les gens aussi gonflés, c’est pas courant smiley Comme j’ai déjà dit, mais vous n’avez pas l’air d’avoir compris, je suis capable de lire en 5 langues, et pas seulement les titres de journaux ; non, toutes sortes de livres, et par conséquent je peux voir les VO dans ces langues. Quand j’ai envie de lire (et c’est l’une de mes occupations préférées), je prends un livre. Au cinéma, je veux écouter et regarder - les scènes, le jeu de lumières, les mimiques des acteurs. Vous pouvez suivre tout ceci en lisant les sous-itres, quand le film est tourné dans une langue que vous ne maîtrisez pas ? Si oui, tant mieux pour vous, bien que j’aurais du mal à y croire. Ensuite, pour avoir fait des traductions littéraires, je suis parfaitement consciente de leurs limites et de leurs avantages. Pour avoir sous-titré des films, je sais que les sous-titres ne rendent pas tout, sauf dans les films avec les dialogues peu fournis et pas vraiment profonds. Il existe non seulement des contraintes de la traduction habituelles, mais aussi celles du temps, de la longueur des lignes sur l’écran etc. Le doublage n’est pas une exception, tous les pays qui en ont les moyens le pratiquent, sauf les Etats-Unis qui ne regardent pratiquement pas les films étrangers. Conclusion : avant de donner des leçons, modéréz un peu votre snobisme, элитарная вы наша.


        • Krokodilo Krokodilo 15 décembre 2007 09:39

          Mescalina,

          Les Etasuniens ne doublent pas, tout simplement parce qu’ils préfèrent acheter les droits et tourner des « remakes », ça fait marcher le business du cinéma, résultat : aucun pays n’est aussi fermé aux films du monde entier), aussi fermé aux autres cultures (tout en recrutant effectivement les talents dans le monde entier. On devrait donner de suite la plus haute disitinction de la légion d’honneur à tout cinéaste qui refuserait de vendre ses droits pour un remake et qui leur dirait « achetez mon film et doublez-le si vous voulez le voir » ! je crois que seul Pierre richard l’a fait. Même les excellentes comédies de Weber n’ont pas été jugées dignes du public américain du nord : le diner de cons a été ou va être « remaké ». Au lieu de me traiter de franchouillard, répondez-moi : avez-vous vu bergman et Chahine et Kurosawa en VO sous-titrée ?

          je préfère défendre ma langue en franchouillard que prétendre naïvement que la modernité c’est l’anglais et me retrouver avec les étiquettes alimentaires, les notices, les radios, les jouets, bref tout notre environnement en anglais comme cela arrive à la Suède.


        • TALL 14 décembre 2007 11:20

          Les langues vivantes vivent, donc elles bougent.


          • Saï 14 décembre 2007 11:27

            Reste à leurs utilisateurs à déterminer dans quel sens. smiley


          • TALL 14 décembre 2007 12:49

            et aux utilisatrices aussi smiley


          • alberto alberto 14 décembre 2007 13:46

            Très bonnes citations, A. Rex, mais vous auriez pu ajouter celle de l’immortel Vaugelas sur son lit de mort :« Je m’en vais ou m’en vas, car l’un et l’autre se dit ou se disent ». (!)

            M. Bilger : elle ne mérite pas ça, mais avouez qu’elle est un peu revêche et devrait renouveler sa garde-robe de temps en temps.

            Bien à vous.


          • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 décembre 2007 11:50

            @ à l’auteur :

            Entretien d’embauche à TF1 / FR2 ( ils s’alimentent tous au méme tuyau) :

            - « Parlons de vos loisirs : vous lisez ? »

            Réponse du candidat :

            - « Non. Je ne serais pas été plus avancé si j’aurais lu tous les livres ».

            Le jury : Engagé ! On le prend, coco, il a de la répartie....


            • ZEN ZEN 14 décembre 2007 11:56

              Sandro

              Très bon ! Cela me rappelle les propos d’un grand ami du patron de TF1, premier fonctionnaire de France :« Je ne suis pas un intellectuel...mais un pragmatique » .Ecoutez parler HP : intéressanr !Quelqu’un a fait une analyse du langage sarkozien sur Avox, mais je ne sais plus où...Instructif !


            • Wlad Wlad 14 décembre 2007 13:53

              En l’occurence c’est une citation de Desproges.


            • Wlad Wlad 14 décembre 2007 15:32

              Je parlais de la remarque « Non. Je ne serais pas été plus avancé si j’aurais lu tous les livres », bien entendu.

              Mis il ne faudrait pas s’imaginer que les archontes de TF1 aient eu connaissance de ce trait d’esprit. Sans doute auront-ils imaginé que le candidat en était l’auteur.


            • ZEN ZEN 14 décembre 2007 11:51

              Intéressant de passer par Grevisse pour relativiser un peu...

              Il y a plus grave : par exemple, la confusion de plus en plus fréquente (surtout visible à l’écrit)entre le futur et le conditionnel. Conséquences : la non maîtrise du conditionnel rend inapte au raisonnement hypothético-déductif et à des incidences sur la capacité à maîtriser l’essentiel de ce qui fait la démarche scientifique. Demandez aux enseignants en matières scientifiques...


              • Asp Explorer Asp Explorer 14 décembre 2007 12:31

                Mais mon pauvre ami, on n’en est plus là depuis longtemps ! Essayez seulement de faire admettre à des jeunes qu’il existe une différence entre « mangé » et « manger ».


              • erasmus 14 décembre 2007 12:52

                Bonjour monsieur Bilger,

                Autant je suis d’accord sur le fait que les présentateurs de journaux télévisés devraient être irréprochables (après tout ce sont à peu près les seules exigences de leur métier) et montrer l’exemple, autant je ne jetterais pas la pierre à ceux qui font quelques fautes orthographiques ou grammaticales sur les fora.

                Un brillant homme a dit un jour que l’orthographe était la science des imbéciles, j’ajouterais qu’à la lecture de certains commentaires, je me demande parfois si leurs auteurs n’ont pas tout simplement oublié d’y intégrer du contenu. N’oublions pas que le langage a pour principal objet de dialoguer et échanger des idées. Je suis convaincu que de la même façon que ce sont souvent les mauvais techniciens qui se sentent obligés de jargonner pour avoir l’air compétents, ce sont souvent ceux qui n’ont rien ou presque à dire qui se sentent obliger de construire les phrases les plus alambiquées pour paraître intelligents.

                erasmus


                • erasmus 15 décembre 2007 11:25

                  Ce n’est pas que je tienne spécialement à polémiquer avec vous Erasmus

                  Hypocrite en plus ? un peu de courage, assumez !

                  mais là, mais la perche que vous tendez est tellement énorme !

                  Développez, précisez nous ce qui vous semble antinomique ou drôle dans la juxtaposition de ces deux phrases parfaitement complémentaires.


                • Martin 15 décembre 2007 12:10

                  @ Erasmus

                  Ne perdez pas votre temps avec ces gens là. Regroupés en amicale des retraités et inactifs d’Agoravox, ces inutiles occupent leurs journées à distiller leur suffisance et leur condescendance d’article en article où ils monopolisent généralement la parole. Intervenant en meutes, ils ont une capacité de nuisance malheureusement importante. Leurs soutiens et votes mutuels leur donnent l’illusion d’être appréciés, ce ne sont en réalité que des parasites comme vous en retrouverez malheureusement sur tous les forums de France et de Navarre.


                • Thierry Thierry 14 décembre 2007 13:55

                  .

                  Il y a quelques jours était publié un article sur agoravox, qui prônait une simplification de l’ortograf, et qui a trouvé beaucoup de partisans. Avec les arguments classiques, déjà présents ci-dessus : une langue évolue, une langue sert à communiquer, etc. Difficilement contestable.

                  Mais il me semble qu’il faut faire une distinction supplémentaire. Les langues ne se forgent pas toutes de la même façon, c’est à dire oralement. Il y a aussi, et c’est le cas du français, une formation de certaines langues par la littérature. Renoncer aux contraintes orthographiques et grammaticales du français, c’est aussi renoncer à la littérature française, et donc à notre culture.

                  Cela pourrait se faire par une nouvelle littérature et une nouvelle culture. Mais, au-delà de l’impossibilité de fonder une culture sur rien, soyons sérieux et constatons qu’il n’y a plus, en France, de littérature digne de ce nom. Si la langue écrite était modifiée aujourd’hui, ce ne pourrait être qu’au sacrifice de ses potentialités littéraires, et de sa beauté.

                  Il faut préserver comme un trésor précieux la dimension artistique de notre langue.


                  • JL JL 14 décembre 2007 14:33

                    Comme dit plus haut, les français sont les plus nul en langues étrangères. S’ils en arrivent à ne plus maîtriser leur langue, que leur restera-t-il ?

                    Il est certain que certaines fautes font douter de la capacité à raisonner correctement. Et négliger l’orthographe c’est manquer d’égard à son lecteur qui doit faire des efforts importants pour comprendre ce que les mêmes mots écrits correctement exprimeraient clairement.


                    • JL JL 14 décembre 2007 14:48

                      « Les langues évoluent dans le sens de la paresse. » Daniel Pennac


                    • erasmus 14 décembre 2007 14:54

                      Il est certain que certaines fautes font douter de la capacité à raisonner correctement.

                      Je ne vois pas le rapport entre la maitrise de l’orthographe et la capacité à raisonner.

                      Encore une fois A. Einstein, qui était très mauvais en orthographe, disait toujours : « l’orthographe est la science des imbéciles ». Je vous souhaite d’avoir un jour le centième de ses facultés de raisonnement.


                    • JL JL 14 décembre 2007 18:43

                      erasmus, ai-je parlé de fautes d’orthographe ?

                      Quant à votre souhait, je le trouve insultant : tout le monde n’est pas comme vous apparemment, 100 fois moins capable de raisonner que Einstein. De fait, là vous avez été défaillant.

                      Mais je vous en prie, gardez vos excuses pour vous, je ne saurais qu’en faire.


                    • Ronny Ronny 14 décembre 2007 14:45

                      Article sympathique en dépit de son ton « coup de gueule »...

                      Je suis d’accord avec vous, cependant, sur l’accord du participe avec le verbe avoir. Son m’absence me gène : les photos que j’ai « fait » tombent bien plus à plat que celle que j’ai prises. L’esthétique de la langue existe... Je chasse donc ces quelques fautes (ce coup là c’est donc de la cosmétique  ), auprès de mes gamins et des étudiants que j’encadre. Ce qui ne signifie pas que mon français soit parfait. Je suis même sur que l’on peut trouver quelques erreurs dans ce texte.

                      Me gênent aussi les fautes de liaisons (voir un message plus haut) : les vingt euros se transforment en vingt z’euros, les cent euros en cent z’euros, et l’on entend parfois quatre-vingts t’euros, comble du pas de chance ! Sans être chiraquien, j’aimais bien ses discours pour sa propension marquée à exagérer les liaisons, surtout celles impliquant des adverbes (« ...essentiellement te industrielles... »)

                      Je suis en revanche plus souple avec la concordance des temps, en particulier lorsque celle-ci impose l’emploi du subjonctif imparfait dans la subordonnée. Un autre président, Mitterrand maniait ces imparfaits avec virtuosité. Pour en rester à des considérations de politique, je dois avouer être choqué par le mauvais français de notre omniprésent (de l’indicatif) président actuel, et de son ex-adversaire politique dont la « bravitude » n’a pas été récompensée à sa « valeuritude ».

                      Ceci dit, aussi d’accord avec un autre intervenant pour dire que la langue est vivante : elle peut donc s’enrichir de mots et d’expressions nouvelles, surtout lorsque celles-ci concernent des pratiques, des objets, qui n’existent que depuis peu. Là, je ne suis pas contre des anglicismes, le temps de trouver peut-être les équivalents français. Le logiciel est aussi bien que le software, le courriel me plait (même si le mail vient lui même d’un ancien mot français), et on peut à mon avis plus facilement télécharger que podcaster (que l’on a tendance à souvent entendre sur les ondes de la radio nationale).

                      La langue est vivante disais-je. C’est bien pour cela qu’il faut la protéger des fautes agressives, délétères pour sa survie, et qui polluent d’une certaine façon le discours en nuisant à sa clarté.


                      • Krokodilo Krokodilo 14 décembre 2007 15:49

                        Tout le monde n’est pas aussi à l’aise à l’oral qu’un candidat au concours d’éloquence des jeunes avocats ! Si en m’appliquant et en passant au correcteur orthographique, je peux limiter mes fautes, je sais que je serais nul à l’oral. Mais vous avez raison, il faut rappeler les médias à l’ordre grammatical de temps en temps, et tenter de contrer l’envahissante présence d’anglicismes, qui prolifèrent sans autre raison que le supposé goût des jeunes. A se demander si les journalistes ne confondent pas leurs propres goûts avec celui des d’jeuns !


                        • Krokodilo Krokodilo 14 décembre 2007 15:53

                          « Alors, pourquoi pas des cours de grammaire sur le tard pour tous les autres, car notre belle langue ne mérite vraiment pas ça ! »

                          Effectivement, le français, ça s’entretient et ça se révise, par la lecture et/ou les révisions, comme une voiture ou un geste sportif ! Qui prétend se rappeler des équations du lycée si on ne s’en sert pas au boulot ? C’est pareil.


                        • Gilles Gilles 14 décembre 2007 15:54

                          J’illustre un autre cas de figure, plus grave que les accords :

                          Ma copine donne des cours de sociologie en fac. Et bien elle a remarqué, à son grand effarement, que nombres d’étudiants, y compris des étudiants bons ne savaient pas utiliser le conditionnel. Pire même, ils n’en comprennent pas le sens

                          Elle tombe sur des copies où l’étudiant travaillant sur des hypothèses affirme, affirme, affirme puisque tout est au présent, rendant son raisonnement incompréhensible et donnant l’impression au correcteur de n’avoir absolument rien compris à la sociologie. Dans certains cas, des étudiants s’en rendent même compte, et comme ils ne savent pas manipuler le conditionnel, ils rajoutent en fin de copie qu’il faut comprendre leur prose dans un sens hypothétique.....

                          Et ce n’est rien par rapport au 25% de première et seconde année qui écrivent une sorte de franco-pidgin à leur sauce, n’ont aucune notion de la chronologie historique (Pétain mis avant Mitterrand, Napoléon rejeté au moyen âge avant François 1 etc etc ).... à s’en tordre de rire des fois !


                          • Thierry Thierry 14 décembre 2007 16:28

                            @ Gilles

                            Le cas de votre copine n’est pas isolé. Il y a un très grave problème avec l’école française. À ce sujet il faut absolument lire :

                            La débâcle de l’école : Une tragédie incomprise par Laurent Lafforgue, Liliane Lurçat, et Collectif


                          • Gilles Gilles 14 décembre 2007 18:17

                            Je voulais dire Pétain mis APRES Mitterrand

                            Je me rappelle de cette copie où l’exemple de Pétain servait d’argumentation, mais le problème c’est qu’il le situait dans les années 1980, et pire, argumentait en lien direct avec le contexte social de l’époque

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