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Accueil du site > Actualités > Société > Embryon humain : l’ultralibéralisme amoral passera-t-il donc par la (...)

Embryon humain : l’ultralibéralisme amoral passera-t-il donc par la gauche molle ?

Encouragés par le gouvernement écolo-socialiste, les sénateurs ont décidé d’une véritable révolution dans la bioéthique, en pleine nuit cette semaine. C’est la considération qu’on porte à la vie et à la personne humaine qui en est la grande perdante.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, le très délicat sujet de la bioéthique fut un thème relativement consensuel au sein de la classe politique. Les parlementaires des majorités et des oppositions successives ont toujours su préserver une prudence sur ce thème où l’éthique, la morale, la science et l’économie sont imbriquées. Il a été convenu que tous les dix ans, le Parlement réviserait ses lois sur la bioéthique. Après la première loi du 19 juillet 1994 et celle du 6 août 2004, une grande concertation était programmée pour la révision de 2014. La loi n°2011-814 du 7 juillet 2011 a même donné l’obligation de recourir à des États généraux avant de recourir à la révision des lois bioéthique.

Pourtant, c’est en catimini, dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 décembre 2012, à minuit passé, que les sénateurs ont approuvé la proposition de loi tendant justement à supprimer cette disposition de la loi du 7 juillet 2011 (ce qu’une loi fait, une autre loi peut évidemment le défaire) et à imposer une véritable révolution dans la manière d’appréhender le sujet délicat de l’embryon humain et de l’expérimentation sur des cellules souches.


Une forme contestable

Le fait que le gouvernement ait souhaité faire cette réforme sous forme de proposition de loi (d’origine parlementaire) plutôt qu’un projet de loi (d’origine gouvernementale) montre à quel point le Président de la République François Hollande est inconsistant sur ces sujets importants en ne prenant pas la responsabilité directe de ce débat. Cela a eu pour effet pervers que le texte initial n’est pas passé par le filtre juridique du Conseil d’État (rappelons que l’amendement sur les tests ADN pour la loi Hortefeux en novembre 2007 n’avait pas, lui on plus, eu d’avis du Conseil d’État puisque d’initiative parlementaire).

La proposition de loi portée par le sénateur Jacques Mézard (président du groupe RDSE, à savoir les sénateurs radicaux) et ses collègues a été adoptée par une large majorité de 203 voix contre 74 sur 305 votants. Au-delà des 127 sénateurs socialistes, 20 sénateurs communistes, 18 sénateurs radicaux et 7 sénateurs écologistes (sur 12), cette proposition a été confortée par le soutien inattendu de 11 sénateurs centristes (sur 32) et de 20 sénateurs UMP (sur 131). Et moins de la moitié des sénateurs UMP (59 sur 131) ont voté contre le texte.

Notons par ailleurs que les deux séances publiques consacrées à la discussion du texte au Sénat, les 15 octobre 2012 et 4 décembre 2012, ont toutes les deux débuté après vingt-deux heures, ce qui, pour un sujet si crucial, est assez regrettable et décevant.


Un fond qui remet en cause la notion de vie humaine

Que dit le texte ? En gros, il ne transforme à court terme pas grand chose de l’état actuel de la recherche sur les embryons humains. Mais il fait une transformation majeure : au lieu d’interdire l’expérimentation sur les cellules souches embryonnaires avec des possibles dérogations, il autorise celle-ci sous les mêmes conditions que celles énumérées dans les dérogations.

On voit bien que concrètement, il n’y a pas beaucoup de différence. Entre 2004 et 2012, il y a eu soixante-quatre protocoles de recherche sur l’embryon qui ont été autorisés par l’Agence de la biomédecine.

La sénatrice centriste de Lyon Muguette Dini l’a rappelé d’ailleurs en séance publique : « Aujourd’hui, on nous propose d’autoriser la recherche sur l’embryon en l’encadrant très strictement. Quelle différence cela ferait-il par rapport au fait qu’actuellement, en France, des recherches sont menées sur l’embryon ? Aucun. ».

Pourtant, d’un point de vue symbolique, c’est cela qui fait tout. La loi du 7 juillet 2011 avait justement bien évoqué une interdiction avec dérogation au lieu d’une autorisation avec encadrement. Car une fois l’autorisation donnée, c’est la boîte de Pandore ouverte. Il suffira juste de réduire l’encadrement et il n’y aura plus de limite. C’est tout le contraire d’une interdiction avec dérogation qui reste ferme sur le principe.


L’économie plus importante que l’éthique ?

Muguette Dini a poursuivi ainsi son intervention : « Quelle différence cela ferait-il sur les protocoles de recherche ? Une grande différence. (…) Les chercheurs français pourraient enfin travailler dans les mêmes conditions que les autres chercheurs, en particulier européens. ». Voici l’argument massue : être compétitif par rapport aux voisins sans réfléchir sur l’éthique. L’argent a supplanté depuis longtemps Dieu !

Elle a cependant admis que cela pouvait poser problème en introduisant très bien l’enjeu : « Pourquoi le sujet est-il aussi sensible ? Bien sûr, parce qu’il touche à l’humain et à la question toujours posée : un embryon est-il un être humain dès sa conception ? La réponse à cette question est totalement personnelle ; elle dépend, pour chacun de nous, de ses conceptions éthiques, religieuses, philosophiques. Les embryons sur lesquels les recherches sont conduites se définissent comme des "amas de seize cellules indifférenciées ayant au maximum cinq jours d’existence". ».

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D’ailleurs, le citoyen français a de quoi s’inquiéter de l’absence totale de réflexion éthique du Président François Hollande. Il l’avait d’ailleurs bien montré lors de sa campagne en visitant en compagnie de Manuel Valls, député-maire d’Évry à l’époque, le Génopole d’Évry le mercredi 22 février 2012 : « Aucune raison sérieuse ne s’y oppose. Une cellule souche embryonnaire n’est pas un embryon. Certes, des limites sont nécessaires et ces recherches devront être encadrées et soumises à des autorisations préalables délivrées par l’agence de biomédecine de manière à éviter toute marchandisation du corps humain. ».

En clair, François Hollande refuse certes la marchandisation (heureusement) mais n’est pas contre le principe de l’instrumentalisation du corps humain, et cela, c’est très grave ! De plus, il n’avait visiblement rien compris au sujet : pour utiliser une cellule souche embryonnaire, il faut détruire l’embryon, c’est donc une expérimentation invasive sur un germe de vie humaine.

Coïncidence, c’était justement cela qu’attendait l’industrie pharmaceutique. Ce signal d’autorisation pour s’engouffrer dans la brèche de la marchandisation du corps humain. Du reste, ce n’est pas un hasard si un grand nombre de parlementaires socialistes souhaitent profiter de la loi sur le mariage des couples homosexuels pour autoriser la gestation pour autrui (les mères porteuses). Cette majorité ne veut pas réfléchir sur les conséquences éthiques d’un progrès dont elle se veut à tout prix la promotrice pour oublier les vrais problèmes du peuple, à savoir le chômage, l’éducation et le logement.


Des embryons, il y en a même trop !

Le problème est immense. Depuis trois décennies, le succès de la procréation médicalement assistée a permis la naissance de plusieurs milliers de bébés mais a "fabriqué" également des centaines de milliers d’embryons inutilisés, appelés "embryons surnuméraires". C’est un vrai problème éthique car ils sont des personnes en devenir. Les supprimer serait un acte sensiblement équivalent à celui de l’avortement et les conserver (au froid) ne servirait plus à grand chose quand les parents biologiques auraient réussi à engendrer un ou plusieurs enfants et n’auraient plus de projet parental, pour eux ou des tiers. L’Église (entre autres) est incapable de résoudre ce dilemme (entre détruire et conserver sans but). L’État doit certes être plus pragmatique (il doit être lucide sur les réalités présentes) mais doit aussi contenir tout risque de débordement.

Ces embryons surnuméraires sont justement la "matière première" de ces recherches sur les cellules souches. Il faut le reconnaître : aujourd’hui, il y a des possibilités réelles, par la science, de pouvoir utiliser les cellules souches d’embryons surnuméraires pour soigner des maladies graves et encore inguérissables. Les pistes pourraient être prometteuses notamment dans la modélisation des maladies génétiques. Faut-il pour autant faire table rase de l’éthique ?

Muguette Dini l’a explicité : « Une autre question se pose : d’où viennent ces embryons ? La réponse, simple, mérite d’être une nouvelle fois rappelée : la recherche se pratique sur quelques embryons non réimplantés dans le cadre des procréations médicalement assistées. Actuellement, en France, 160 000 embryons surnuméraires ne font plus l’objet d’un projet parentale et ne seront pas réimplantés. Au bout de cinq ans, on demande aux parents biologiques de décider du sort de leurs embryons. Ils ont le choix entre une nouvelle implantation, le don d’embryons à un ou des couples stériles, la destruction ou le don à la recherche. Cela a été dit, ce sont donc des embryons destinés de toute façon à la destruction qui seront utilisés pour la recherche. (…) Je peux comprendre, et je respecte, nos collègues et concitoyens qui considèrent qu’on ne peut pas toucher à la vie humaine, même à son stade le plus élémentaire, celui de l’embryon. C’est d’ailleurs la position de nombreux membres de mon groupe [UDI-Union centriste]. Mais si l’on suit leur logique, il faut interdire de nouveau [comme entre 1994 et 2004] totalement la recherche sur l’embryon. ».


Boîte de Pandore

L’expression "boîte de Pandore" que j’ai utilisée provient d’un autre sénateur centristes, le parisien Yves Pozzo di Borgo, qui a voté contre le texte « parce que la loi de 2011 était le fruit d’un large consensus démocratique et parce qu’il s’agit d’une modification majeure qui, a contrario, n’a pas fait l’objet d’une nouvelle concertation suffisante, pour ne pas dire que celle-ci a été inexistante ! Ce vote participe donc d’une véritable insécurité et instabilité juridique. ».

Il a été très clair dans sa formulation : « L’éthique commandait de ne pas ouvrir la boîte de Pandore en autorisant, par principe, la recherche sur l’embryon, c’est-à-dire en faisant de la vie humaine matière à expérimentation. L’éthique commandait le maintien de l’interdiction assortie d’exceptions. La science ne réclame pas le contraire ! Les informations scientifiques portées à notre connaissance en juillet 2011 renforçaient déjà ce choix éthique. Elles indiquaient que, pour faire avancer la recherche, il n’y a plus aucune nécessité d’expérimenter sur l’embryon. C’est bien pour avoir découvert une solution de rechange à l’utilisation des cellules souches embryonnaires que les professeurs John Gurdon et Shinya Yamanaka viennent de se voir décerner le prix Nobel de médecine 2012. ».

En clair, Yves Pozzo di Bordo a expliqué en quelques sortes qu’il n’y avait plus besoin de faire des essais nucléaires sous-marins car on pouvait maintenant les modéliser.

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Il ne faut pas jouer à l’apprenti sorcier. Il n’est pas acceptable que l’État ne protège pas vivant face aux impératifs économiques gigantesques. Il est dit aujourd’hui que seuls les embryons surnuméraires peuvent être utilisés. Mais qui garantit que demain, le médecin qui accompagnera des parents pour une PMA ne fabriquerait pas plus d’embryons que nécessaires pour accroître son stock de matière première d’expérimentation ?


Les risques sont là

Après tout, on pourrait également soigner des personnes en utilisant des organes prélevés sur des personnes vivantes. Ou qui seraient restées en vie sans cela. Le trafic d’organes humains est évidemment interdit dans tous les pays. Pourtant, la Chine populaire ne semble pas voir de problèmes éthiques particuliers à prélever des organes sur ses condamnées à mort juste après leur exécution…

Amalgame ? Non justement, parce que lorsqu’on ouvre une vanne de la facilité et de l’argent, on ne pourra jamais la refermer. Les risques sont nombreux : instrumentalisation du vivant, marchandisation, pour finir par un certain eugénisme. Le professeur Jacques Testard avait renoncé à ses recherches pour cette raison. Il combat avec la même énergie l’idée de diagnostic prénatal car il craint une uniformisation des critères pour laisser une grossesse à terme.

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Pour comprendre l’enjeu éthique de ce débat à mon avis pas assez médiatisé, il suffit juste de penser que les personnes autour de vous qui vous sont les plus chères, elles aussi, ont été un jour, sous cette forme embryonnaire. Et vous êtes bien heureux de voir qu’elles n’ont pas eu d’expérimentation…

C’est à l’État, arbitre amoral mais sage, de définir fermement les limites de la recherche dans ces domaines et de rester inflexible sur les valeurs fondamentales qui ont façonné le consensus républicain.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 décembre 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Documentation sur la proposition de loi sur les embryons humains (Sénat).
Ne pas voter Hollande pour des raisons morales.
En quoi le progrès médical est-il amoral ?
ADN, pour ou contre ?
Robert Ewards couronné avec trente ans de retard.
Trente années de bébés éprouvette (fécondation in vitro).
Le fœtus est-il une personne à part entière ?
Les transgressions présidentielles.

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30 réactions à cet article    


  • Romain Desbois 7 décembre 2012 17:51

    Merci Sylvain, je sais que ce n’est pas facile de ne pas d’affirmer une autre opinion que la pensée unique.

    Merci de nous avoir informé de cette actualité que la Frigide ne doit pas encore connaître (elle n’en n’a pas parlé).

    C’est tellement plus grave de lutter contre les homos !

    Le dernier combat de la vie de Pap@ dit guignolo défendre les enfants était bien du bidon et tellement plein d’emphase. (peut-on douter d’un papy ancien gendarme et pas du tout homophobe ?)

    Les croyants sont par définition de mauvaise foi, ce sont eux qui le disent smiley


    • Aldous Aldous 8 décembre 2012 16:16

      Ce retour en arrière et la loi sur le mariage homo procèdent exactement de la même volonté : rompre les digues qui protègent la reproduction humaine pour la livrer au marchands et aux bureaucrates mondialistes.


      Les opposer est absurde. Le mariage gay entrainera de facto une pression pour rendre légaux la location d’utérus et le clonage humain.

      Et la ’’déréglementation’’ en question est, comme ce le fut pour la finance, le point de départ pour des pratiques sans frein et sans éthique.

      Rappelons nous que les mères porteuses rémunérées sont légales dans un certain nombre depays ’’libéraux’’.

      La désacralisation de la vie est une des caractéristiques de la révolution neolibérale et mondialiste.

      Les attentats du 11/9, Guantanamo, Abou Graib, les assassinas par drone, la torture, l’extradition secrète par la CIA, la fin de l’Habeas Corpus, les Patriot acts et la possibilité d’arrêter, détenir indéfiniment sans jugement ou éliminer un citoyen soupçonné de terrorisme montre quelle est la véritable valeur que ce régime mondialiste accorde à la vie humaine.

      Carla de Ponte a dénoncé la mise en place au Kosovo, protectorat de l’OTAN, d’un odieux trafic de prélèvement d’organes sur des prisonniers Serbes exécuté pour l’occasion et dont les organes étaient commandés par des demandeurs en Israël.

      L’humain n’a plus qu’une valeur comptable.

      Chômeuses, depechez vous de louez votre utérus, c’est un métier d’avenir... Du moins tant que l’utérus artificiel n’est pas au point . Une question de mois.





    • hunter hunter 7 décembre 2012 18:07

      Encore un exemple de la marchandisation du vivant :

      -les semences végétales
      -les embryons
      - les animaux

      A quand une valeur pour tous les gens ?

      Et l’ultralibéralisme continue sa grande marche.....merci les socio-traîtres !!!

      H/


      • Romain Desbois 8 décembre 2012 06:34

        c’est vrai ça , ca n’existait pas il y a six mois.

        C’est dingue !!!!!


      • Soi même Soi même 7 décembre 2012 18:25

        Cela nous pendais aux nez, maintenant sa le mérite d’être claire.
        C’est clairement affiché, la voix est libre pour les clones, car va aller vérifier les laboratoires de recherche ?

        Jasques Testard nous a déja avertie sur cette dérive pourquoi aller vers l’infra humain ?

        • Interview France Culture, « A voix nue », par Sandrine Treiner :

        1- Un naturaliste en herbe
        2- Le père scientifique du premier bébé éprouvette français
        3- De la grenouille à l’homme, l’eugénisme en question
        4- Le meilleur des mondes : la marchandisation du vivant
        5- L’engagement ou quand la science doit devenir citoyenne


        http://jacques.testart.free.fr/index.php?category/liste_articles

        • Romain Desbois 7 décembre 2012 18:48

          Ca fait des années que les anti spécistes dénoncent le clonage des animaux tout comme les OGM animaux ( à Jouy en Josas, l’INRA a même élevé des porcs OGM ayant des gènes humains ,a fins de créer des banques de xénogreffes sur pattes)

          Si ca ne vous rappelle pas les films de SF ....

          Mais les spécistes s’en foutent, pourtant tout ce que l’on fait à l’humain a été testé sur les autres espèces animales !!!!


        • Mwana Mikombo 7 décembre 2012 18:34

          Article intéressant


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 7 décembre 2012 18:36

            « C’est un vrai problème éthique car ils sont des personnes en devenir »

            Non quand aucun parent potentiel n’en veut, oui s’ils sont l’objet d’un projet parental. Autrement dit une personne en devenir n’est, par définition, pas encore une personne. elle ne deviendra une personne que si elle peut le devenir grâce aux parents qui le désirent (par exemple si la mère ne recourt pas à son droit d’avorter)

            Un embryon n’est donc pas, en tant que tel, une personne juridique, c’est à dire un sujet de droit.

            Votre interprétation de cette formule est erronée car biaisée pas vos convictions religieuses qui font de l’embryon une personne actuelle en acte et non pas en puissance, cf Aristote), conviction que les autres ne partagent pas forcément et n’ont pas l’obligation de partager dans une société laïque.


            • Abou Antoun Abou Antoun 7 décembre 2012 19:22

              Votre interprétation de cette formule est erronée car biaisée pas vos convictions religieuses qui font de l’embryon une personne actuelle en acte et non pas en puissance, cf Aristote), conviction que les autres ne partagent pas forcément et n’ont pas l’obligation de partager dans une société laïque.
              Tout à fait d’accord ! Et pourquoi l’auteur s’arrête-t-il en si bon chemin.
              Mais encore :
              De plus, il n’avait visiblement rien compris au sujet : pour utiliser une cellule souche embryonnaire, il faut détruire l’embryon, c’est donc une expérimentation invasive sur un germe de vie humaine.
              Mettons donc la veuve Poignet hors la loi comme les curés d’un autre âge, au nom du même principe.


            • Mwana Mikombo 7 décembre 2012 21:42

              @Sylvain Reboul - L’auteur ne fait que réclamer le respect du vivant de la part des apprentis sorciers réconfortés par une gauche libertaire, sans éthique, qui a pour seule ambition de détruire la société en l’attaquant par son fondement biologique tant par la promotion de l’homosexualité que par l’eugénisme. Pour garantir ce respect du vivant, l’auteur s’en remet à "l’Etat amoral mais sage«  qui doit selon lui  »définir fermement les limites de la recherche dans ces domaines et de rester inflexible sur les valeurs fondamentales qui ont façonné le consensus républicain". Où trouvez-vous la religion dans un « Etat amoral » et « républicain », position de l’auteur ? On peut contester cette position de l’auteur car l’Etat et l’amoralité paraissent deux notions antinomiques. Mais l’Etat moralement impartial et républicain, c’est la religion selon vous. Vous semblez trouver la religion partout. C’est donc peut-être plutôt votre interprétation qui est biaisée puisque, de manière arbitraire, vous attribuez à l’auteur des "convictions religieuses" qu’il n’a apparemment pas ici exprimées. Puisque, vous avez l’air de voir la religion partout, votre «  laïcité  », qui reconnaît la capacité juridique uniquement aux personnes actuelles, pourrait être aussi une religion, la religion ayant l’agnosie pour culte. Votre « société laïque » en question pourrait être une société dénuée de conscience d’elle-même.


            • musebox3 8 décembre 2012 11:48

              Sauf que le fameux « respect du vivant » est une valeur dogmatique. Est-ce que tous les types de vie se valent ? J’entends par là, est-ce qu’un embryon peut-être comparé à un nourrisson ? Est-ce que la vie d’une souris vaut celle d’un humain ? Etc.

              C’est une question de conviction, et tous les avis sont possibles. On passe peut-être pour un ignoble enfoiré quand on dit qu’il faut calculer les bénéfices par rapport aux pertes dans des cas comme ça (surtout quand on est catholique d’ailleurs, ça fait tâche, je le vis tous les jours), mais le fait est qu’il n’y a pas de vérité absolue dans ce domaine. Même si les « défenseurs de la vie » sont persuadés que si.


            • Loatse Loatse 8 décembre 2012 13:56

              @Sylvain Reboul

              En gros, la nouvelle définition d’une personne en devenir, ce n’est plus le fruit de la conception (car conception il y a eu il ne faudrait pas l’oublier), mais bien le bon vouloir de ceux qui l’on concu de l’amener ou pas à son terme...

              il y a quelque part une forme de cynisme dans ce raisonnement... et encore le mot cynisme est faible, je dirai déshumanisation quand le désir devient le maitre mot devant toute autre considération un peu plus, je dirais, altruiste...

              mais bon pour qu’il y ait altruisme encore faut il que l’on reconnaisse qu’il y ait un « autre »..


            • JL JL 8 décembre 2012 14:22

              Loatse,

              pour comprendre quelque chose, encore faut-il ne pas garder ses œillères.

              J’espère pour vous que dans d’autres domaines, vous êtes plus lucide.


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 10 décembre 2012 16:55

              :C’est très simple :

              1) qui fait de la vie une chose sacrée qui nous obligerait à ne pas intervenir sur l’embryon, ne serait-ce que pour faire progresser la médecine scientifique en vue d’améliorer la vie donc de l’humaniser, ne peut s’appuyer que une vision religieuse ou transcendante, donc divine, de l’origine du vivant et/ou de l’homme.

              2) qui considère qu’un embryon humain qui n’est humain que virtuellement a autant de valeur qu’une personne actuelle et oublie qu’un homme n’est pas seulement un être biologique mais ne devient un homme qu’à la condition d’être éduqué dans le cadre d’une culture, fait de la nature biologique de l’homme, en le disant ou non, une création divine sacrée (intouchable)

              3) Il n’y a aucune bonne raison d’admettre la droit à l’avortement et d’interdire l’expérimentation sur les embryons humains dans un but thérapeutique, car c’est contradictoire. Sur ce point Benoit XVI est cohérent dans sa vision transcendante et donc religieuse de la vie. Sont incohérents ceux qui admettent le droit à l’avortement tout en sacralisant l’embryon humain !

              Il n’ y a rien de pire qu’une vision religieuse qui ne dit pas son nom : elle devient manipulatrice.


            • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 10 décembre 2012 17:08

              Sylvain Reboul, c’est vous qui soutenez une vision manipulatrice par dogmatisme car justement, de 1994 à 2012, il y a eu un large consensus républicain sur  l’interdiction de faire des expérimentations sur les embryons humains, consensus initié par des parlementaires de toute croyance ou non-croyance et de tout bord politique (allez regarder le détail de votes pour les lois de 1994, 2004 et même 2011). Vous savez très bien qu’avec une autorisation de principe, plus aucune digue n’arrêtera l’expérimentation sur l’humain en tant que simple instrument pour la médecine. Et ce sera trop tard.

              Cordialement.


            • Folacha Folacha 18 décembre 2012 11:08

              Si on va jusqu’au bout de votre raisonnement, en quoi un nouveau né est il une personne ? parce-qu’il ressemble un peu plus à un adulte qu’un embryon ? 

              Le nouveau-né ne passe du statut d’objet à celui de sujet que par la volonté d’un « Projet Parental » entériné par le législateur . Il est d’ailleurs considéré comme un organe jusqu’à ce qu’il soit né viable, au même titre que les gamètes qui ont servi à le concevoir . par exemple, si une femme enceinte de huit mois perd son bébé à la suite de sa rencontre avec un chauffard, aucune jurisprudence ne requalifiera les charges à l’encontre de celui -ci en homicide afin de ne pas ouvrir la porte aux opposants à l’avortement ...
              Ceux qui opposent les « Droits de l’enfant » au « Droit à l’enfant » essaient de remporter un combat alors qu’ils ont perdu la guerre depuis longtemps car toutes les décisions du législateur depuis les années 75, du droit à l’avortement jusqu’à l’anonymat du don de gamettes vont dans le même sens .

            • musebox3 8 décembre 2012 00:54

              J’ai beau être catholique (ou plutôt agnostique théiste à tendance humaniste, pour faire pompeux), je ne suis pas aussi « arrêté » sur cette affaire. 

              La recherche sur les embryons, fait de manière clandestine dans plusieurs pays même si tout le monde est au courant, fait quand même avancer la science.

              La seule question est donc : un embryon est-il ou non un être humain en devenir ? Et on en arrive à une question dogmatique (un peu comme les gens qui estiment que la vie d’une souris vaut autant qu’une vie humaine, ceux qui estiment la peine de mort justifiée dans certain cas). Il n’y a pas de bonne réponse à ces questions qui ne dépendent que des convictions de chacun. 

              Par conséquent, l’état doit trancher en prendre une position, et c’est ce qu’il a fait. Bonne ou mauvaise, ça dépend de votre point de vue, mais il est clairement impossible - à moins de se prendre pour un gourou dont seul son avis est le bon - de critiquer ou acclamer cette décision.


              • Romain Desbois 8 décembre 2012 06:39

                Faire avancer la science ....

                Dans les camps japonais du Mandchourie, on a fait des tonnes d’expériences sur les humains qui ont fait avancer la science, un paquet de nobel de médecine étatsuniens se sont inspirés de ces expériences.

                Des nazis comme Mengelé a aussi fait beaucoup pour la science (lire le bouquin de christian Bernadac).

                « Science sans conscience est la science des cons » RomainLutèce


              • musebox3 8 décembre 2012 11:01

                Certes, les guerres c’est mal, et je ne cautionne évidemment pas les expériences sur les humains. Mais là où nos avis divergent, c’est que, à mon sens, et en étant pourtant catholique, je n’estime pas qu’un embryon soit un être humain. Tout comme j’estime que la vie d’une souris de laboratoire est moins importante que celle d’autre de mon espèce.

                Si on part de ce principe, Pasteur était un ignoble assassin ? Je conçois que ça puisse être votre point de vu. Mais pour moi, c’est un héros, et c’est en partie grâce à lui qu’on peut vivre dans un pays sans tuberculose et sans rage.


              • musebox3 8 décembre 2012 11:51

                Et puis, l’argument « Mengele »... si on juge le comportement de l’Homme dans des périodes de troubles, on n’a pas fini. Tu es peut-être certain, du haut de tes convictions de petit bobo qui vit dans un pays en paix, que tu n’aurais pas cautionné ça à l’époque et que tu aurais été un résistant.

                Personnellement, je ne juge pas des personnes ayant vécu dans un climat tellement délétaire et où plus rien n’avait d’importance. Et pour nous lancer dans la grande culture, je te conseille d’écouter « Né en 17 à Leidenstadt ». Ca évite les jugements trop prompts.


              • Romain Desbois 10 décembre 2012 00:01

                Contrairement à vous, mes convictions ne sont pas à géométrie variables.


              • Loatse Loatse 8 décembre 2012 13:39

                L’infiniment petit est il pourvu d’une conscience ? ou d’une âme si vous voulez...

                C’est bien ce qui me préoccupe... le fait d’interrompre volontairement un processus qui ne serait pas qu’organique...

                Il y a quelques temps de cela, une crème de beauté est sortie.. à base elle, de foetus humains.. ce qui m’a amené à cette réflexion (peut être farfelue peut être pas) : de la crème de beauté aux aliments pour chien qui nous dit que demain nous ne firons pas dans une gamelle ou comme crème anti hémoroides... ou comme source de protéines (soleil vert)

                http://www.leparisien.fr/societe/un-antirides-a-base-de-foetus-humain-16-04-2010-888377.php

                Bref, nous n’avons pas tous la même définition de « la vie ».... selon que nous considérons qu’elle peut faire partie d’un plan supérieur ou qu’elle est la simple manifestation d’un phénomène biologique...(la reproduction)

                Les Egyptiens ont été les premiers à mener une intense réflexion sur l’homme et l’âme. Pour eux, l’être humain est composé de cinq élements : Djet (ou sab) le corps, Shout, l’Ombre, Ka, le Double, Ren, le nom et Ba, la Forme.

                Ba est ce qui correspondrait le plus à notre notion d’âme, mais selon une réalité toute différente : il s’agit de la forme du corps. L’âme n’est rien d’autre que la forme du corps. Pour les Egyptiens, l’âme est donc intimement liée au corps : si le corps se décompose et perd son apparence, l’âme disparaît

                 Un corps est bien un amas de cellules ?


                • musebox3 8 décembre 2012 13:45

                  Je suis bien d’accord avec vous, c’est une question personnelle, chacun à sa vision de la vie et de ce qu’est la vie. Voire même de l’importance ou non de celle-ci.

                  Concernant cet anti-rides, c’est en effet une dérive possible de l’autorisation de l’utilisation des foetus, car là on ne peut clairement pas parler de « progrès vital ». D’autant qu’on a déjà une multitude d’autres anti-rides (plus ou moins efficace).

                  C’est donc une question qui n’a pas de réponse correcte ou erronée, et le gouvernement se retrouve à devoir faire un choix qui, de toute façon, ne sera jamais avalisé par tout le monde.


                • Romain Desbois 10 décembre 2012 00:04

                  « chacun à sa vision de la vie et de ce qu’est la vie. Voire même de l’importance ou non de celle-ci. »

                  Est-ce que vous réalisez la portée de cette phrase ?

                  Donc si je considère que votre vie n’a pas d’importance, je peux en faire ce que j’en veux ?

                  Le seul jugement que vous pouvez faire sur la vie , c’est sur la vôtre !!!!

                  Votre mentalité n’a rien à envier à celle des nazis.


                • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 8 décembre 2012 13:57


                  À Sylvain Reboul (7 décembre 18:36),

                  Je n’ai pas parlé de « personne juridique » et une personne n’a pas besoin de droit pour exister, les sans-papiers le savent très bien. Et même sur ce sujet, il y a eu des polémiques sur un foetus mort-né dont les parents voulaient son inscription à l’état-civil.

                  Par ailleurs, vous me faites peur dans votre définition de l’humanité, uniquement issue d’un projet parental. Il faut admettre qu’une bonne partie des bébés nés avant l’arrivée de la contraception n’étaient pas vraiment voulus par les parents et n’avaient donc pas fait l’objet d’un « projet parental ». Ils n’en ont pas été moins aimés. Sont-ils pour autant inhumains et peut-on faire des expérimentations sur eux ? Je ne le crois pas !

                  Il est d’ailleurs autant dogmatique dire qu’un embryon humain n’est pas un être humain que de dire le contraire. À chacun ses convictions mais à l’État de les respecter toutes. Lorsqu’on s’apercevra de la nocivité d’une telle loi, il sera de toute façon trop tard... Ce qui fait peur, c’est le manque de portée médiatique d’un tel débat.

                   Bon week-end.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 10 décembre 2012 17:17

                     La loi, n’oblige personne, ni à se marier avec quelqu’un de son propre sexe, ni à se faire avorter, ni à accepter que l’on expérimente sur un embryon sans l’accord des parents.
                    Donc le loi existante et future n’interdit rien à qui n’est pas d’accord avec ces pratiques.

                     La loi laïque doit se borner à respecter toutes les convictions (pas forcément toutes les pratiques liberticides que ces convictions préconisent) , elle interdit seulement que certains, au nom de leur croyance privée, tentent de faire interdire par la loi générale des pratiques qui visent à améliorer la vie pour d’autres qui ne partagent pas cette croyance en un fondement sacré transcendant (divin) de la vie humaine. La laïcité doit admettre la pluralisme des convictions de chacun, croyant ou non, et des pratiques éthiques dans le respect des libertés individuelles fondamentales ! Ni plus, ni moins.


                  • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 10 décembre 2012 17:27

                    Quel rapport avec le sujet ?

                    Si une personne trouve compatible avec ses valeurs de mettre ses bébés dans un congélateur, faudrait-il pour autant que la loi l’accepte ? (tout en ne l’obligeant pas à les mettre dans le congélateur ?!). Dans quelle société voulez-vous vivre, Monsieur Reboul ? Celle de Big Brother ou celle des libertés ? 

                    Les lois sur la bioéthique depuis plus de vingt ans avaient bénéficié d’un large consensus républicain. Aujourd’hui, ce consensus est rompu et c’est grave. Le reste est manipulation. 

                    Cordialement.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 11 décembre 2012 17:52

                    Vous semblez confondre un bébé et un embryon de moins de 14 jours dont les cellules ne sont pas encore différenciées ( =cellules souches toti-potentes) ! 

                    Vos ne répondez pas à la question du droit à l’avortement, connexe en ce qu’il établit que l’embryon et a fortiori le fœtus ne sont pas des personnes juridiques
                    ou sujet de droit, au contraire du bébé
                    .

                    Êtes-vous pour ou contre le droit à l’avortement, pour ou contre le droit à la contraception ? Votre réponse nous permettrait de voir clair quant à la cohérence de votre position.

                    Encore un effort si vous voulez être rationnellement, sinon crédible, du moins sérieux dans votre argumentation.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 11 décembre 2012 18:03

                    Je vous rappelle en outre que les sans-papiers ont des droits et sont donc bien des sujets de droits, quelle que soit la limitation actuelle de ces droits (que je conteste). On n’a même plus le droit en Europe de les considérer comme des criminels et donc de les emprisonner, au motif discutable qu’ils sont sans-papiers (ce dont je me félicite). Preuve que ces droits ne s’appliquent en toute rigueur qu’à des personnes nées (peu importe les papiers) et que votre vision morale ne relève pas du droit. Vous n’avez donc aucun titre à faire valoir cette position qui sacralise la vie dès la conception comme devant être de droit.

                    Votre discours est trop confus pour convaincre sur le plan du droit et de la politique laïque(s)


                  • Loatse Loatse 8 décembre 2012 14:12

                    musebox

                    Je demande à ce que soit appliqué le principe de précaution... :) On ne sait pas donc on ne s’aventure pas en terrain inconnu

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