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Emploi du temps des enseignants et vrais problèmes des institutions françaises

Les élections présidentielles approchent, et les périodes pré-électorales se prêtent à des incidents mettant en évidence des doubles langages. Ségolène Royal n’aurait sans doute jamais parlé, dans une réunion de travail, d’imposer aux enseignants une présence de 35 heures hebdomadaires dans leur établissement, si elle avait su que ses propos seraient divulgués dix mois plus tard. Pourtant, à supposer que le débat électoral puisse encore avoir un sens après ving-cinq ans d’alternances de façade, c’est bien sur ce que les candidats pensent vraiment et comptent faire. La charge contre les enseignants ne paraît pas globalement fondée, mais le sujet mérite réflexion, à condition : a) de considérer l’ensemble du secteur public et de ses partenaires privés b) de ne pas concentrer l’analyse sur les agents « de base », mais sur les mélanges de fonctions, passerelles intersectorielles, emplois du temps... de coupoles, hiérarchies et corps réputés « d’élite ».

Il y a apparemment tout un tollé parce que Ségolène Royal a évoqué en janvier 2006 la question de la présence effective des enseignants sur leur lieu d’affectation. Son entourage s’est plaint du « coup bas » qu’a représenté dans son esprit la diffusion d’une vidéol’intéressée déclare notamment : "Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d’aller faire du soutien individualisé payant et ils n’ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements scolaires ? " François Hollande a « rectifié le tir », mais rectifier n’est pas effacer. D’autant plus que le sujet est intéressant, que le monde politique ne tient pas à l’aborder en profondeur et que l’auteure de ces propos n’a pas forcément mesuré jusqu’où le débat pouvait mener. Encore, il convient de ne pas traiter une telle question de manière partielle, partiale, partisane... ou démagogique.

Rappelons d’abord que, dans les administrations comme dans le secteur privé, il a toujours été admis que des professions dont l’activité est censée se caractériser par un travail créateur et être jugée d’après des résultats individuels ne doivent pas se voir imposer le même type de contraintes de présence que celle des agents réalisant un travail de production, d’assistance administrative ou technique, d’attention au public... Un enseignant est censé assister à des séminaires, suivre des cours, rencontrer des collègues, participer à des colloques, rédiger des textes, lire et réfléchir calmement aux questions scientifiques et méthodologiques de sa discipline... Cette composante de l’exercice de ses missions exige une sérénité et une liberté de mouvements difficilement compatibles avec des règles rigides et des horaires administratifs.

De surcroît, il a été reconnu, après la diffusion des propos de Ségolène Royal, qu’en réalité les établissements scolaires ne disposent pas de moyens permettant d’accueillir leurs enseignants, lesquels se plaignent d’ailleurs d’une surcharge d’heures de cours et de copies à corriger. Et si on cherche à « compenser » un manque de moyens de l’Education nationale par un travail « à la chaîne » des enseignants, le risque d’une catastrophe éducative sera très grand. L’enseignant resté en permanence sur le site de son établissement se verrait à terme reprocher son « immobilisme », son « manque d’interaction et d’esprit novateur », etc. Quoi qu’il fasse, il sera toujours « mal vu ».

La liberté de mouvements et d’initiative des enseignants, comme celle de bien d’autres corps de fonctionnaires, est indispensable pour satisfaire aux exigences de qualité du service public. Le problème déontologique apparaît si cette souplesse est utilisée à d’autres fins et dénaturée au bénéfice d’intérêts personnels ou privés. Ségolène Royal évoque les risques de cumul injustifié, voire mal déclaré, d’activités professionnelles. Mais elle en parle uniquement pour les enseignants et dans le secteur scolaire public : pourquoi, alors que par sa nature, ce risque existe forcément dans un cadre beaucoup plus général ? La « précandidate » oublie également d’évoquer les dangers de détournements de la liberté de l’emploi du temps dans un vaste éventail de professions, pas uniquement dans l’éducation et dans le secteur public, au profit d’activités politiques ou parapolitiques. Des abus susceptibles de revenir, dans la pratique, à un véritable financement déguisé.

Et pourquoi ne pas avoir abordé la question de la « simple » dispersion d’activités, parfaitement légale et autorisée, mais susceptible d’affaiblir des services publics stratégiques ? Pas seulement pour des agents « de base », mais aussi et surtout pour des responsables et des fonctionnaires haut placés.

Juge administrative au début de sa carrière à la sortie de l’ENA, Ségolène Royal est bien placée pour savoir qu’en dehors des audiences et des réunions indispensables des formations de jugement, les contraintes de présence imposées aux magistrats ne sont pas sévères. Si un justiciable en litige avec une administration se présente soudain au tribunal et demande à consulter son dossier, il peut se trouver devant un greffier de section ou de chambre qui ne sait pas comment l’aider, car « les magistrats ne sont pas là » et « c’est eux qui ont le dossier ». Or, il semble bien qu’au moins une partie de ces absences soit due à l’exercice d’autres fonctions. La plus connue, traditionnellement, est celle de professeur ou maître de conférences associé à une université. La juridiction administrative n’est d’ailleurs pas la seule concernée.

Des juges enseignent également dans des établissements privés qui organisent des préparations à des concours. En toute légalité, explicitement autorisés ou nommés par les ministres compétents. De même, l’Etat n’a jamais objecté à ce qu’un président de juridiction à haut niveau puisse être en même temps professeur d’université. Y compris pour un président de la Section du contentieux du Conseil d’Etat (le lien d’archive concerne la personnalité ayant exercé cette fonction jusqu’en septembre 2004) ou pour le Premier président de la Cour de cassation.

Avec tout le respect qui leur est dû, pourquoi des magistrats, dont la présence à temps plein auprès des tribunaux peut paraître si nécessaire, deviennent-ils, entre autres, des enseignants à temps partiel, alors que de nombreux universitaires sont au chômage et finissent par quitter le pays au bénéfice du tissu professionnel des Etats-Unis qui se nourrit de la « fuite des cerveaux » d’autres pays ? Et comment peut-on vraiment concilier la liberté académique, qui comporte celle de critiquer le fonctionnement des institutions dans le domaine de compétence de l’enseignant ou du chercheur, avec l’obligation de réserve qui s’impose à tout magistrat ou avec les intérêts qu’il peut incarner en tant que membre d’une corporation ? De surcroît, les universités et les organismes de recherche sont des justiciables, ce qui devrait faire obstacle à de tels mélanges de fonctions. Les tribunaux, la Cour de cassation, le Conseil d’Etat... pourraient, à l’instar du Collège de France, organiser directement des enseignements et des conférences à l’adresse de tous les citoyens, et diffuser de manière autonome les travaux de recherche et d’analyse de leurs magistrats.

La Justice n’est qu’un exemple, mais la crise qu’elle traverse devrait faire réfléchir à ces questions pour l’ensemble de l’Etat, des administrations et du secteur privé partenaire de l’Etat. La magistrature peut, avec la bénédiction institutionnelle, se disperser dans d’autres fonctions à l’extérieur de ses institutions, mais on nous parle d’encombrement des tribunaux, de « jeunes juges seuls »... Sous prétexte qu’il y aurait de plus en plus de recours, les gouvernements de toute tendance politique ont contribué à mettre en place, depuis les années 1990, des procédures de plus en plus expéditives et sommaires, permettant d’éliminer rapidement les actions intentées par des « petits justiciables ». Ce que des internautes signalent depuis quelque temps, et que l’article d’Isabelle Debergue du 6 novembre rappelle, mais qui à présent a même donné lieu à un communiqué de plusieurs organisations s’inquiétant de l’imminence d’un nouveau tour de vis. Ce style de travail, et de relations avec les citoyens, de plus en plus « rapide », n’est pas spécifique à la Justice. Il s’est installé dans toutes sortes d’administrations et de services publics, au bénéfice des plus riches et influents, et au détriment, non seulement des plus démunis ou des salariés à revenus modestes, mais même d’une prétendue « classe moyenne » dont le statut social connaît une véritable dégringolade.

Il arrive souvent, d’ailleurs, que l’application de contraintes de présence plus sévères aux fonctionnaires qui ne font pas partie de la hiérarchie ni de corps dits « recrutés par la voie de l’ENA » ou via des filières analogues cache une souplesse croissante pour ces dernières catégories, qui cumulent de plus en plus d’avantages et ont joué un rôle essentiel dans l’évolution institutionnelle récente. On n’évoque guère, par exemple, le développement incessant de passerelles et de « partenariats » qui permettent à la coupole de la fonction publique d’accéder à des activités très bien rémunérées liées au secteur privé.

Quant à l’indépendance des institutions publiques, elle semble fondre à vue d’œil. La fondation Bettencourt-Schueller, créée par Liliane Bettencourt, principale actionnaire de la multinationale des cosmétiques L’Oréal, devrait financer à compter de janvier 2007 une chaire du Collège de France déjà officiellement annoncée avec l’intitulé : « Chaire d’innovation technologique -Liliane Bettencourt ». Comme par hasard, au moment du débat politique sur la question des autorisations des recherche dans le domaine de la génétique humaine, atteint depuis un an par le scandale de la falsification de résultats sur les cellules souches à l’Université de Séoul. La Fondation Bettencourt-Schueller accorde également, entre autres, des prix à des laboratoires de recherche publics. Cerise sur le gâteau, Dominique Strauss-Kahn, auteur avec Claude Allègre de la Loi sur l’innovation de 1999, a récemment déclaré qu’il trouverait normal le financement par EDF d’une chaire de physique nucléaire à l’Université Paris VI... La belle « apparence d’impartialité » pour les experts du XXIe siècle !

Et que penser du cumul, par Pierre Mauroy en 1981-1984, des fonctions de premier ministre et de maire de Lille, avec le danger évident de confusion d’intérêts dans une affaire comme le lancement de l’opération Eurotunnel, ou par Jacques Chirac qui fut à la fois premier ministre et maire de Paris ? Et comment Pascal Clément peut-il exercer à la fois deux fonctions aussi prenantes que celles de garde des Sceaux et de président du Conseil général de la Loire, avec également des risques de confusion d’intérêts ? Ce ne sont que quelques exemples, pas plus frappants que beaucoup d’autres.

Ségolène Royal est plus récemment devenue avocate, comme d’autres membres de la coupole politique. Il serait intéressant qu’elle dise aux militants de son parti et aux électeurs ce qu’elle pense de la double mission d’auxiliaire de justice et de « conseil » d’entités privées (notamment des banques, des multinationales...) que s’attribuent les corporations d’avocats. Lire, à ce sujet, un article d’Indymédia du 24 avril dernier, celui du 30 avril paru sur le même site ou encore celui d’Isabelle Debergue du 19 juin paru sur AgoraVox.

Bref, Ségolène Royal en a trop dit, ou pas assez. S’il faut s’attaquer à ces problèmes, ce qui serait la moindre des choses, alors, que chacun commence par balayer devant sa porte et qu’un état des lieux global sur la situation de l’ensemble de l’Etat, des administrations, des services publics, des professions proches de leurs missions, des grandes entreprises partenaires de l’Etat... soit dressé dans la transparence.


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9 réactions à cet article    


  • ZZZZZZ (---.---.194.89) 15 novembre 2006 13:02

    Article du week-end donc, mais « dérangeant » et paru seulement mercredi. Bravo les modérateurs...

    Pour le reste, le texte est très pertinent. Indymédia s’y est référé ce matin :

    http://marseille.indymedia.org/news/2006/11/7304.php


    • (---.---.178.190) 15 novembre 2006 13:15

      L’article d’Indy est également intéressant et commente bien celui-ci. Le voici :

      Ségolène Royal et l’enseignement scolaire

      par Usager-administré Wednesday, Nov. 15, 2006 at 8:49 AM ugradm@yahoo.fr

      A l’approche des élections françaises de 2007 et des « primaires » du Parti Socialiste, il est instructif d’observer le décalage croissant entre ce que les « politiques » ont vraiment l’intention de faire une fois élus, et les mots embobineurs qu’ils sont capables d’adresser aux électeurs. Ce n’est pas nouveau, mais une vidéo récente mettant en évidence des propos de Ségolène Royal sur les enseignants montre bien jusqu’où peut aller le piège électoraliste.

      Une vidéo enregistrée et diffusée dans des conditions que l’environnement de Ségolène Royal conteste sans en nier toutefois le contenu, dévoile des propos très contestables de l’intéressée à une réunion de cadres du Parti Socialiste français en janvier 2006. L’élue socialiste, qui fut chargée de mission de François Mitterrand au moment de l’attentat contre le Rainbow Warrior et ministre déléguée de Claude Allègre au moment de sa polémique avec les enseignants qui se solda par la démission de ce dernier début 2000, est revenue à la charge en cercle fermé en janvier dernier à propos des prétendus privilèges des enseignants du secteur public.

      Elle a revendiqué cette fois-ci une obligation de présence totale de ces agents dans leur établissement scolaire, passant outre à la nécessaire autonomie liée à la nature même de cette fonction et alors qu’il est connu que les établissements concernés ne disposent pas de moyens permettant d’accueillir leur personnel enseignant.

      De surcroît, Ségolène Royal accuse les enseignants de pratiques contestables, lorsqu’elle déclare : « Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d’aller faire du soutien individualisé payant et ils n’ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements scolaires ? » Des propos qui ont choqué d’autant plus, que seuls les enseignants sont mis en cause, et que les enseignants se plaignent précisément d’une surcharge de travail : heures de cours, copies à corriger, réunions...

      Parmi les articles diffusés sur la Toile, on trouve une analyse du 12 novembre intitulée : « Emploi du temps des enseignants et vrais problèmes des institutions françaises » mettant en évidence qu’en matière de réforme des institutions françaises, l’urgence serait de procéder à d’autres réformes que le monde politique se garde bien d’évoquer. L’auteur écrit, notamment :

      « Juge administrative au début de sa carrière à la sortie de l’ENA, Ségolène Royal est bien placée pour savoir qu’en dehors des audiences et des réunions indispensables des formations de jugement, les contraintes de présence imposées aux magistrats ne sont pas sévères. Si un justiciable en litige avec une administration se présente soudain au tribunal et demande à consulter son dossier, il peut se trouver devant un greffier de section ou de chambre qui ne sait pas comment l’aider car « les magistrats ne sont pas là » et « c’est eux qui ont le dossier ». Or, il semble bien qu’au moins une partie de ces absences soit due à l’exercice d’autres fonctions. La plus connue, traditionnellement, est celle de professeur ou maître de conférences associé à une université. La juridiction administrative n’est d’ailleurs pas la seule concernée. Des juges enseignent également dans des établissements privés qui organisent des préparations à des concours. (...) Avec tout le respect qui leur est dû, pourquoi des magistrats dont la présence à temps plein auprès des tribunaux peut paraître si nécessaire deviennent-ils, entre autres, des enseignants à temps partiel, alors que de nombreux universitaires sont au chômage et finissent par quitter le pays au bénéfice du tissu professionnel des Etats-Unis qui se nourrit de la « fuite des cerveaux » d’autres pays ? (...) Quant à l’indépendance des institutions publiques, elle semble fondre à vue d’œil. La fondation Bettencourt-Schueller, créée par Liliane Bettencourt, principale actionnaire de la multinationale des cosmétiques L’Oréal, devrait financer à compter de janvier 2007 une chaire du Collège de France déjà officiellement annoncée avec l’intitulé : « Chaire d’innovation technologique - Liliane Bettencourt ». Comme par hasard, au moment du débat politique sur la question des autorisations des recherches dans le domaine de la génétique humaine, atteint depuis un an par le scandale de la falsification de résultats sur les cellules souches à l’Université de Séoul. La Fondation Bettencourt - Schueller accorde également, entre autres, des prix à des laboratoires de recherche publics. Cerise sur le gâteau, Dominique Strauss-Kahn, auteur avec Claude Allègre de la Loi sur l’innovation de 1999, a récemment déclaré qu’il trouverait normal le financement par EDF d’une chaire de Physique Nucléaire à l’Université Paris VI... La belle « apparence d’impartialité » pour les experts du XXI siècle ! (...) Ségolène Royal est plus récemment devenue avocate, comme d’autres membres de la coupole politique. Il serait intéressant qu’elle dise aux militants de son parti et aux électeurs ce qu’elle pense de la double mission d’auxiliaire de justice et de « conseil » d’entités privées (notamment des banques, des multinationales...) que s’attribuent les corporations d’avocats. (...) »

      (fin de citation)

      En effet, il s’agit là de véritables problèmes : le fonctionnement de la Justice, ses garanties d’indépendance ; la pluralité de fonctions et de responsabilités ; l’indépendance plus globale de l’Etat, des universités et de la recherche publiques, des experts... ; la déontologie des missions des avocats... Mais Ségolène Royal fait elle-même partie d’un milieu professionnel plus « haut placé » que les fonctionnaires de l’enseignement scolaire. C’est également le cas de l’ensemble de la coupole politique française.

      Rappelons aussi l’implication de Ségolène Royal, dès sa nomination en tant que ministre déléguée à l’enseignement scolaire en 1997, à une prétendue « campagne contre la pédophilie » dans les écoles qui se solda, notamment, par le suicide d’un enseignant. Encore une campagne ayant fait l’objet d’un large consensus politique, déjà en 1996 sous Alain Juppé, et dont la logique n’est pas étrangère à une certaine perte de contact avec la réalité qui a fini par conduire au fiasco judiciaire d’Outreau.

      En somme, il semble bien qu’une fois de plus des personnalités politiques « de gauche » et de « droite » cherchent à faire des enseignants le bouc émissaire de problèmes réels de l’Etat français qui ne proviennent pas de cette catégorie de fonctionnaires et qui exigeraient des réformes dans des domaines beaucoup plus protégés. Des multinationales, des financiers, des fondations de l’oligarchie... ne rêveraient-elles pas de s’emparer de l’enseignement public français ?

      Usager-administré (France)

      ugradm@yahoo.fr


    • (---.---.48.41) 15 novembre 2006 17:42

      Si les juges ne s’occupent pas de la justice à temps plein, pourquoi vient-on nous dire qu’il y a un encombrement des tribunaux ??? Et peut-on garder ses compétences de magistrat au meilleur niveau, si on se disperse ?


      • (---.---.27.167) 15 novembre 2006 20:15

        Cette évolution tend à mettre en évidence le rapprochement croissant entre la magistrature, le monde politique et les hauts responsables des administrations. Ce qui fait des institutions françaises un système de plus en plus verrouillé au sommet.


      • candidat007 (---.---.122.128) 16 novembre 2006 00:32

        Vos deux articles sont trés précieux.

        merci.


        • (---.---.162.15) 16 novembre 2006 07:17

          Dans un registre voisin, alors que le taux de chômage est important, vous pourriez ajouter tous les militaires à la retraite qui occupent un emploi... et généralement un emploi non précaire...

          Am.


          • (---.---.73.78) 16 novembre 2006 19:45

            et passé 60 ANS smiley


            • Grincheux Grave (---.---.204.43) 23 décembre 2006 23:37

              Votre affirmation me fait bondir : « Un enseignant est censé assister à des séminaires, suivre des cours, rencontrer des collègues, participer à des colloques, rédiger des textes, lire et réfléchir calmement aux questions scientifiques et méthodologiques de sa discipline... Cette composante de l’exercice de ses missions exige une sérénité et une liberté de mouvements difficilement compatibles avec des règles rigides et des horaires administratifs. » Ah ça alors, les enseignants ne seraient pas des humains comme les autres ? Les autres étant ceux du secteur privé, parmi lesquels on trouve des responsables ayant exactement les mêmes besoins dans leur mission (rédiger, lire, réfléchir...), qui y parviennent (avec brio souvent : dans le scientifique, dans la publicité...) tout en acceptant et pratiquant des horaires à la fois rigides (début d’une réunion à respecter...) et allongés (arriver tôt le matin, déjeuner en vitesse, partir tard le soir, se déplacer à l’étranger...) le tout en jamais moins de 35 heures par semaine et jamais avec 3-4 mois de congès par an... et cela jusqu’à un âge avancé. Oui décidément, il y a en France deux mondes distincts, deux univers, deux mentalités, deux catégories d’êtres humains à constitutions biologiques bien typées. Vous avez décrit la première catégorie, j’ai esquissé rapidement la seconde (qui, soit dit en passant, finance la première).

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