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Accueil du site > Actualités > Société > En attendant les barbares...

En attendant les barbares...

Les attitudes vis-à-vis des populations d'origine étrangères en disent plus sur les fantasmes de telle ou telle section du spectre politique que sur la réalité du problème. D'un côté, nous avons l’extrême-gauche et l'intelligentsia qui en gardé les réflexes idéologiques. Orpheline d'un prolétariat qu'elle a renvoyé à la "beaufitude" pour avoir failli à sa "mission historique", elle a reporté son affection sur les "sans" de toutes espèces, qu'elle transforme en une sorte de "ready-made des droits de l'homme. De l'autre côté nous avons l'extrême-droite recyclant à l'infini, mais avec infiniment moins de talent, le scénario du Camps des Saints, avec ses hordes de miséreux submergeant une civilisation occidentale émasculée.

Entre les deux, les gouvernement gère le problème avec plus ou moins d'humanité, ce qui, d'ailleurs est loin d'être une question accessoire, en utilisant des références édulcorées à l'une ou l'autre de ces mythologies.

Il va sans dire que ces mythologies n'ont qu'un rapport très lointain avec la réalité. Les immigrés réels et la plupart de leurs descendants n'ont qu'un intérêt très limité pour les illusions messianiques de l'intelligentsia et, comme le faisait remarquer Christopher Lasch au sujet de la classe ouvrière, ceux d'entre eux qui n'ont pas intégré la classe moyenne sont plutôt conservateur socialement et considèrent avec méfiance l'individualisme bourgeois-bohème dont ils sentent qu'il est antinomique de la véritable solidarité.

Quant à la logique des quotas, comme pour les femmes, elle ne sert qu'à fabriquer des "arabes de service" et à favoriser la carrière de ceux que leur formation et leurs aptitudes promettaient déjà à la réussite.

Le mythe de la submersion agité par les Frontistes, Identitaires et autres riposteurs laïques, elle relève du fantasme. Des populations ont bien été submergées par des vagues d'immigrants dans le passé, assimilées, réduites à quelques enclaves isolées, voire même, comme les Tasmaniens, exterminées, mais c'était parce que les immigrants disposaient d'un avantage militaire et économique écrasant. Les colons européens ont noyé les amérindiens et les aborigènes australiens mais ne sont resté qu'aux marges de l'Afrique et de la Nouvelle Guinée et n'ont eu aucun impact démographique sur l'Inde.

La population européenne s'est fixée avec l'arrivée de l'agriculture. Nous descendons des chasseurs du paléolithique (à l'ouest et au nord) et d'agriculteurs anatoliens. Les mouvement de population subséquents se sont tous fondus dans la masse des populations installées. On ne constate de "remplacement de population" que sur les marches arctiques ou sibériennes, où l'expansion russe n'a eu à déloger que quelques peuplades éparses.

Les changements culturels, qui ont été nombreux dans l'histoire de l'Europe, n'ont été que cela : des changements culturels, généralement associés à des changements politiques et militaires. Quand un peuple tombe sous la domination d'un autre, quand une classe dirigeante est remplacée par une autre, d'origine étrangère, il est fréquent que la langue et la culture des envahisseurs remplace progressivement celle des autochtones. C'est pour cela que les Anatoliens parlent turc et non grec ou louvite et que les hongrois parlent une langue finno-ougrienne et non une langue slave comme leurs ancêtres.

Ce remplacement culturel n'est d'ailleurs pas automatique. Les français parlent une langue romane, pas la langue germanique de l'élite mérovingienne et carolingienne, pas plus que les anglais ne parlent la variété de français en vogue à la cour de Guillaume le Conquérant.

Ce qui est certain, en revanche, c'est des immigrants sans statut ni pouvoir militaire n'ont jamais pu imposer leur culture à une population un tant soit peu nombreuse. Ils peuvent, éventuellement, s'ils sont concentrées géographiquement et repliés sur eux-même. Les Amish ont gardé leur langue germanique alors que les autres immigrants allemands se fondaient dans les masses yankees et les paysans albanais installés en Grèce par ce qui restait de l’Empire Byzantin ont conservé leur langue jusqu’à aujourd’hui grâce à l’isolement de leurs villages mais ni les un ni les autres n’ont imposé leur culture à leurs voisins.

En fait, dans les sociétés moderne, marquées par de réelles possibilité d’ascension sociale, les immigrants et leurs descendants tendent à s’assimiler relativement rapidement car la réussite sociale individuelle est conditionnée par l’intégration dans la société dominante et l’adaptation à ses valeurs. Pour devenir quelqu’un en France, vous devez parler Français et vous adapter aux valeurs de la République.

Cela correspond, peu ou prou, à la conception communautarienne, telle qu’exposée par Amitai Etzioni. Les immigrants, y compris de deuxième ou de troisième génération doivent pouvoir cultiver leur culture, leur langue et leur religion propre dans cadre privé, mais en tant que citoyens ils doivent être loyaux envers la République et adhérer à ses valeurs, mais si, toujours en tant que citoyens, ils ont le droit d’agir pour influer sur sa politique. Contrairement aux minorités autochtones, leur culture n’a pas vocation à se maintenir ni leurs communauté vocation à se perpétuer autrement que comme un vague groupe de solidarité, à l’image des hiberno-américains.

Naturellement, l’adoption de telle ou telle religion ne fait partie dans aucun pays développé des conditions nécessaires à une intégration réussie. Nous avons, en tant que civilisation, décidé que la citoyenneté et la religion étaient deux choses distinctes. On peut être un bon français, danois ou espagnol sans appartenir à la religion dominante. C’est le consensus séculier ou laïque qui s’est imposé, sous diverses formes, dans tous les pays occidentaux et ceux qui fustigent la "France des Mosquées" sans fustiger la France des Église" se mettent clairement en dehors de ce consensus et ne peuvent se réclamer de la laïcité.

Ce qui est incompatible avec les valeurs d’une république et doit être combattu c’est l’extrémisme religieux, mais sur ce point les bloqueurs de centres IVG et les intégristes manifestant devant Golgotha Pic-Nic valent bien les salafistes et doivent être condamnés avec la même rigueur.

Là où les choses se compliquent, cependant, c’est que le mode d’intégration utilisée par nos sociétés modernes est basé sur une promesse d’ascension sociale, sinon pour les primo-arrivants, du moins pour leurs descendants. Cela donne aux immigrants des perspectives sans commune mesure avec celles que leur offrirait la solidarité communautaire.

Cela a parfaitement fonctionné tant qu’une croissance forte et continue de l’économie créait toujours plus d’emplois qualifiés et bien payés auxquels les fils et filles d’immigrants pouvaient facilement accéder. Il n’aura échapper à personne que ce n’est plus exactement le cas.

Nos sociétés requiert pour fonctionner convenablement un approvisionnement constant en ressources rares et en énergie bon marché. Or, ces ressources et cette énergie ne sont pas renouvelables et nous arrivons au point, prévu par le Rapport Meadows il y a quarante ans, où leur disponibilité va se réduire tendanciellement. Ce que cela signifie c’est que nous devrons assumer le coût de nos infrastructures avec toujours moins de ressources. On peut y arriver, en concentrant nos ressources sur les fonctions essentielles, ou plutôt sur ce que les groupes dirigeants (pluriel) considèrent comme les fonctions essentielles – et vous pouvez être sûr que leur propre prospérité figurera assez haut sur la liste.

C’est d’ailleurs en gros ce que nous vivons aujourd’hui avec une croissance durablement atone – et probablement négative en terme de création de richesses réelles – et des états qui, ne pouvant se financer par la dette ou l’inflation deviennent de plus en plus impuissants.

Tôt ou tard nous atteindrons un points de rupture, ou plutôt, pour reprendre l’analyse de Greer, plusieurs points de rupture successifs formant un déclin en escalier entrecoupé de périodes de relative stabilité.

Il est notoirement difficile de prédire l’avenir, mais cela risque d’avoir au moins deux types de conséquences.

D’abord la compétition pour un gâteau qui ne cessera de se réduire va s’intensifier et mener à la montée de mouvement extrémistes. Si nous enfermons les immigrants et leurs descendants dans leur altérité, et l’extrême-gauche a autant de chances d’arriver à ce résultat que l’extrême-droite, la religion et une sorte de pseudo-ethnicité reconstruite risquent de devenir une ligne de fracture de plus dans une société qui en aura déjà accumulé un embarrassant surplus.

Ensuite les états ne peuvent que s’affaiblir au fur et à mesure que leurs ressources diminueront et ils seront de moins en moins capable de contrôler des flux migratoires qui ne peuvent que s’intensifier dans un monde que le changement climatique rendra de plus en plus instable. Là encore, les chances qu’une vague migratoire sans organisation politique arrive à imposer sa culture ou sa religion sur un vaste territoire sont très faibles. Ce qui peut se produire, en revanche, c’est une intensification des conflits avec les divers courants nationaux populistes, les riposteurs laïques et leurs épigones dans le rôle du boute-feu.

La tentation du bouc-émissaire sera alors très forte, et même si le scénario de l’analyste américain, selon lequel "les musulmans auront de la chance s’ils ne sont qu’expulsés" ne reste qu’un scénario, on ne peut totalement l’exclure quand on lit les discours haineux de certains.

C’est d’autant plus absurde que des discours du même genre ont, semble-t-il joué un rôle dans le seul exemple réussi de "colonisation culturelle" réussie mené par des immigrants – et non des envahisseurs – sur un territoire relativement vaste. Cet exemple n’est pas mis en avant par l’extrême-droite car les envahisseurs étaient de grands blonds aux yeux bleus et que les barbares, dans ce monde-là, on les préfère plutôt basanés. Il n’en est pas moins intéressant.

Au début du cinquième siècle, les romains ont abandonné ou ont été expulsés de Grande Bretagne dans des circonstances qui ne sont pas très claires. Les cités britto-romaines, issues des anciennes tribus celtes, ont retrouvé leur indépendance et ont semble-t-il commencé à se battre entre elles. Pour ce faire, elles ont, selon la tradition romaine, embauché des mercenaires saxons, de religion païenne qu’ils installèrent sur leurs frontières.

On ne sait pas très bien ce qui s’est passé ensuite mais deux siècles plus tard l’Angleterre était divisé en royaumes de langue anglo-saxonne, de religion païenne... dont les frontières correspondaient peu ou prou à celles des anciennes cités britto-romaines et dont et dont les dynasties régnantes étaient partiellement d’origine celtes.

Le seul récit contemporain, le De Excidio et Conquestu Britanniae de Saint-Gildas donne la version suivante des événements :

Alors les conseillers, ainsi que le fier tyran Gurthrigern, roi de Bretagne, étaient tellement aveuglés, que, comme pour protéger le pays, ils scellèrent son destin en invitant parmi eux comme des loups dans la bergerie, les Saxons féroce et impie, une race haie à la fois de Dieu et des hommes, pour repousser les invasions des peuples du nord. Rien n'a jamais été aussi néfaste pour notre pays, rien n'a jamais été aussi malchanceux. […]

Ils ont d'abord débarqué sur la côte orientale de l'île, à l'invitation du roi malchanceux, et ils y plantèrent leurs serres acérées, apparemment pour combattre en faveur de notre île, mais hélas ! En réalité contre elle.

Pourtant, ils se plaignent que leurs salaires ne sont pas payés suffisante, et ils aggravent volontairement chaque querelle, en menaçant de rompre le traité et de piller l'île tout entière s’ils ne reçoivent pas toujours plus. Bientôt, ils passent des menaces aux actes.


C’est beau comme du Christine Tassin et probablement aussi réaliste et productif.

Quand on sait que la dynastie qui unifiera l’Angleterre, celle des Cerdingas, a été fondée par un aristocrate celte – Cerdic de Wessex – on devine que les choses ont été un peu plus compliqués.

Il semble qu’alors que partout ailleurs dans l’ancien Empire Romain les germains ont fusionné avec les populations locales, perdant leur langue et leur culture, en Angleterre, deux sociétés se sont opposé sans se mélanger, et qu’une partie significative de la population autochtone a choisi de s’assimiler à la culture des immigrants, peut-être parce qu’elle leur offrait de plus grande perspectives de promotion sociale.

Les hurlements haineux de Gildas et de ses épigones ont sans doute joué un rôle dans cette fracture, et dans la victoire ultime du paganisme et de la culture anglo-saxonne.

Évidemment, rien ne dit que la France connaîtra jamais une situation comparable, même après que l’épuisement de nos ressources nous aient conduits à l’effondrement prévu par le Club de Rome il y a quarante ans. L’exemple britannique nous montre bien, cependant que les discours de haine de l’extrême-droite, comme les illusions communautaristes de l’extrême-gauche ne mènent qu’à un élargissement de fractures que nous avons tout intérêt à réduire tandis que notre civilisation touche aux limites de son mode de développement et entame ce qui sera probablement un long déclin.

Après tout, il est tout à fait possible que nos descendants aussi trouvent le commerce d’étrangers barbus plus agréable que celui de leur propre classe dirigeante enfermée dans ses privilèges, et qu’ils fassent les mêmes choix culturels que les britto-romains du Kent ou du Wessex. Il n’est d’ailleurs même pas dit que, dans le contexte de l’époque, ce soit une mauvaise idée.

http://vudesruines.blogspot.com/


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26 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 31 janvier 2012 11:38

    l’extrême gauche est arrivé à un tel point de décrépitude que son seul espoir de continuer à exister est de voir arriver et obtenir le droit de vote un sous prolétariat du tiers monde qu’elle pourra endoctriner et manipuler .


    • epicure 4 février 2012 01:15

      Oui mais ça , c’est bien une vision utopique totalement déconnectée des réalités.

      Les populations immigrées non européennes sont à des milliers de lieux de la culture d’extrême gauche : soit ils retournent vers un conservatisme culturel du pays d’origine faute d’avoir été convenablement intégré, avec un rejet des valeurs modernes et donc de celles sur lesquelles s’appuie l’extrême gauche, soit au contraire ils adoptent complètement une culture consumériste qui leur permet de se valoriser par al possession à défaut d’autre chose, donc sont aussi imperméables à l’extrême gauche. Pour ceux là la révolution, le grand soir etc... n’a aucune chance de les toucher.

      Après il y a ceux qui réussissent à s’intégrer, en s’embourgeoisant la majorité féra comme les autres, ils se « centriseront », adopteront une culture bourgeoise qui leur permettra de monttrer leur réussite sociale. Et ces derniers seront les derniers à attendre une révolution qui leur ferait perdre ce qu’ils ont acquis. Enfin bon peut être certains pour se rendre intéressants se tourneront vers l’extrême gauche car tout n’est pas rose dans la société.

      Actuellement c’est l’extrême gauche qui se fait manipuler par les islamistes, et se fait embrigader pour défendre les traditions, les interdits religieux , la censure religieuse etc... Il suffit de faire croire que tout musulman est par essence un opprimé ( même ceux qui oppriment les autres ).


    • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 12:20

      J’espère que vous vous rendez compte que les immigrants ne votent pas pour l’extrême-gauche et sont plutôt conservateurs en matière de moeurs, et que les partis d’extrème-gauche sont remplis de petits bourgeois.


      • LE CHAT LE CHAT 31 janvier 2012 12:29

        je sais , ça a du leur faire mal au rectum , ce « printemps arabe » pour en arriver au come back des frères musulmans !  smiley  smiley

        Beaucoup sont aussi bourgeois que cette goche bobo qui manifeste pour le droit des sans papiers tout en sachant que jamais elle n’aura à les cottoyer , comme une Emmanuelle Béart bien planquée en Suisse .


      • Aldous Aldous 31 janvier 2012 12:32

        Je réfute cet usage du terme barbare qui amalgame deux concepts différents.

        Barbare ne signifie pas étranger.
        Il signifie non-civilisé.

        Un étranger peut être civilisé et un compatriote peu être barbare.

        Ceci dit, je n’ai commencé à comprendre l’axe de l’article qu’à partir du moment où Damien parle du rapport Rapport Meadows plus connu sous le terme de rapport du Club de Rome et dont le véritable titre est Halte à la croissance ? (The Limits To Growth).

        Sauf que si quelque chose est limpide depuis la publication de ce rapport, ce n’est pas l’ineptie des partis extrêmes mais l’illusionnisme des partis gouvernementaux.

        En effet le titre, Halte à la croissance ? résume bien l’unique question que les dirigeants devraient se poser depuis que ce rapport (de 1970 !) a posé les base du néo-malthusianisme moderne à savoir que la technologie ne peut pas rendre infinies des ressources finies.

        Deux cas de figures cependant :

        1) les ressources fossiles (en particulier l’énergie) s’épuisent irrémédiablement.
        2) les ressources renouvelables ont un rendement maximal.

        Les deux points de ruptures sont donc différents : depuis que le pic pétrolier a été atteint vers 2008, la quantité de pétrole puisée diminue irrémédiablement.

        Le rendement agricole en France ne sera jamais nul. C’est le rapport entre la nourriture produite et la population à nourrir qui créer un point de rupture.


        • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 14:11

          En fait, le titre faisait référence à un poême de Cavafy qui se termine par « que ferons-nous s’il n’y a plus de barbares, ces gens-là, c’était quand même une solution ».

          Par ailleurs si le pic pétrolier global est sans doute atteint, la quantité de pétrole extraite ne diminue pas encore. C’est juste une question de temps, cependant. La productivité agricole est ,elle, dépendante des énergies fossiles, tant pour les machines que pour les engrais et les pesticides. Quand il n’y en aura plus on maigrira tous un grand coup. Le changement climatique aura aussi une influence, mais sur le fond vous avez raison.


        • Robert GIL ROBERT GIL 31 janvier 2012 12:35

          En l’espace de quelques années, la droite a réussi un véritable tour de force  : transformer les opprimés et les déshérités en ennemis des classes populaires. La femme de ménage épuisée peste contre le RMIste du palier, l’ouvrier au chômage se met à haïr le travailleur étranger et le Rom pourchassé, les militants syndicaux sont présentés comme des privilégiés, et le fonctionnaire est montré du doigt. Pendant ce temps, on oublie la suppression de l’ISF et l’augmentation faramineuse des revenus des patrons et actionnaires du CAC 40..........
          http://2ccr.unblog.fr/2011/07/07/xenophobie-et-demagogie/


          • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 14:15

            Rassurez-vous, la gauche ne fera que marginalement mieux. Notre modèle de civilisation s’épuise, le déclin commence et les gâteaux qui se réduisent engendre forcément des tensions. Celles que vous décrivez sont inévitables mais raisons de plus pour ne pas mettre de l’huile sur le feu


          • jaja jaja 31 janvier 2012 17:05

            Le gâteau n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui... Le seul problème est celui de son partage toujours plus en faveur de nos exploiteurs....

            La France en ruine de l’après guerre a pu produire des avancées sociales importantes qu’on ne pourrait plus se permettre dans un pays où les richesses sont sans comparaison avec celles du passé...

            De qui se moque-t-on et pourquoi relayer de telles idioties ?


          • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 20:02

            Vous êtes conscient qu’il y a une différence entre la richesse brute et la richesse nette, ce qui reste quand on a payé la maintenance des infrastructures. Par ailleurs, si vous regardez les statistiques pétrolières, vous verrez que nous avons un problème.

            Alors certes, il se peut que les puits se remplissent magiquement et que le CO2 disparaisse dans l’espace quand nous aurons pendu les exploiteurs à des lampadaires, mais, je ne sais pas pourquoi, j’ai quelques doutes.


          • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 16:05

            Actias, si vous regardez ce qui c’est passé il y a 1500 ans, vous verrez que nous ne sommes pas les premier à devoir gérer des vagaues d’imigrants, et vous conviendrez que nous parlons français et non françique et avons des églises catholiques et non des temples de Wotan ou des cathédrales ariennes (je parle de l’hérsie chrétienne populaire chez les germains, bien sûr)

            Le PS et l’UMP ont grosso modo la même politique. Seul le discours et la manière sont différente, ainsi que la volonté de mettre en avant ou non, ce qui est une politique objective de semi-fermeture des frontières. Le problème c’est que la volonté politique n’a pas d’importance à moyen terme. Dans un futur relativement proche, mettons quelques décennies, nous n’aurons plus les moyens matériels de bloquer les flux migratoires.

            Soit dit en passant, encourager une migration de peuplement venue d’Allemagne était un sport trés populaire en Europe de l’Est à l’époque baroque (d’où les Allemands de la Volga et les saxons transylvaniens), sans conséquences politiques majeure.

            Le discours du FN, mais aussi des autres groupes d’extrème- droite, outre qu’ils ne sont guère humanistes, divise la société sur des bases éthniques, ou plutôt pseudo-ethnique, à un moment où la capacité de l’Etat à garder le contrôle diminuera chaque année. En gros vous leur donner de trés bonnes raisons de se réfugier dans le communautarisme. C’est sans doute ce qu’on a fait en Grande Bretagne au Vème siècle. Il ne vous a pas échappé qu’on y parle une langue germanique et pendant un temps on y a dressé beaucoup de temples à Wotan.

            Le FN fabrique en grande partie le problème contre lequel il prétend lutter.

            Ah, et le mondialisme n’existe pas, quant à la mondialisation, sans kérozène, elle risque de marcher beaucoup moins bien


          • jaja jaja 31 janvier 2012 17:00

            "D’un côté, nous avons l’extrême-gauche et l’intelligentsia qui en gardé les réflexes idéologiques. Orpheline d’un prolétariat qu’elle a renvoyé à la « beaufitude » pour avoir failli à sa « mission historique », elle a reporté son affection sur les « sans » de toutes espèces, qu’elle transforme en une sorte de « ready-made des droits de l’homme »

            Le principal sur Avox c’est d’écrire et d’écrire encore même si c’est pour dire n’importe quoi....
            J’attends qu’on me démontre en quoi ce poncif venu de l’extrême droite sur le « lâchage » supposé du prolétariat par « l’extrême gauche » repose sur une quelconque base théorique...

            Ceci dit il n’y a qu’une seule classe ouvrière et quelques soient leurs origines ethniques les prolétaires Français ou immigrés ou d’origine immigrés ont le même intérêt à se débarrasser de l’exploitation capitaliste... et de leurs patrons communs...

            Comme on dit toujours à l’extrême gauche : « Travailleurs Français et Immigrés, même patron même combat ! »


            • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 19:33

              Vous savez que s’il ne correspond pas à la réalité du terrain, un slogan n’est qu’un slogan. La plupart des gens se méfient du « renversement de l’oppression capitaliste » parce qu’on a essayé et qu’il se trouve que les patrons sont plus accommodants que le politburo.

              Par ailleurs l’extrême-gauche ne s’intéresse pas aux classes populaires réelles mais au « prolétariat », un concept abstrait qui doit leur apporter la révolution. Les classes populaires ont des valeurs conservatrices même si elles sont socialement à gauche. Il faut relire Michéa, et bien-sûr Lasch plutôt que Trotsky.

              Les classes populaires, comme toutes les classes sont divisées... et dans un pays qui utilise une part disproportionnée des ressources de la planète et dont les classes populaires ont un niveau de vie largement supérieur à la moyenne , il est trés possible que leur intérêt objectif au niveau mondial coïncide plus avec celui de leur patron qu’avec celui de leurs « camarades » de l’autre côté de l’océan.

              Et dans un contexte de rareté des ressources, ils peuvent aussi leurs lignes de fracture interne. Que certaines de ces fractures ne soient pas dans l’intérêt de la société, c’est certain, mais elles existent, vulgate marxiste nonobstant.


            • epicure 4 février 2012 01:53

              C’est un beau slogan, qui avait de la valeur quand les immigrés la France, et les français représentait avant tout quelque chose de positif pour ces immigrés.

              Mais :
               années 60 = décolonisation, commencement des concentration de maghtébins et africains dans des banlieues dortoir
              années 70 crise pétrolière et fin des 30 glorieuses, et lancement du regroupement familial
              années 80 : politiques d’austérité et montée du FN
              années 90 : montée d’une culture de repli identitaire à cause de la pan,ne d’ascenseur social.
              années 2000 : l’ascenseur social reste bloqué,les crispations identitaires augmentent de chaque côté, émergence de mouvement identitaires clairement affirmés parmi les populations immigrées avec une culture hostile à la france

              Sans parler derrière des dégradations des conditions à l’école depuis la fin des années 80.

              Tout ça n’encourage pas la fraternité entre des populations immigrées et leur descendant, et le reste de la population française.
              Une partie y arrive, mais pour d’autre il se développe une culture communautariste, hostile vis à vis de la France et des français, et c’est ceux là bien sûr qu’on voit le plus, qui font le plus parler d’eux. Les autres ils se font moins remarquer, c’est ce qu’on appelle la majorité silencieuse, dont personne ne parle ( pas uniuqmenet pour les immigrés ).

              Il se crée un mouvement de scission ethnique du supposé prolétariat (notion à définir dans un cadre moderne), dont l’origine n’est même pas du côté de l’extrême droite européenne (blanche et souvent catholique), mais des population descendant des immigrés, qui distinguent eux ( musulmans ou noirs ) d’une part et les français d’autre part.
              Le pire c’est qu’une parti de l’extrême gauche travaille avec ces mouvements alors qu’ils ne font que diviser le prolétariat, et travaillent souvent pour des objectifs contraires à ce qui motive à l’origine extrêmement gauche et donc rendre plus fort les puissants

              Pour certains l’appartenance ethnique sera plus forte que l’appartenance sociale. Non ce n’est pas en tant que prolétaire/pauvre ( insérer tout terme de groupe dominé économiquement) qu’ils se sentiront opprimés , exploités, mais parce que arabes, noirs, musulmans, parce que leur employeurs sont les continuateurs du colonialisme, ou des racistes etc...

              L’extrême gauche devrait comprendre que les gens qui déploient ce discours victimaire ethnique, ne servent pas la cause du prolétariat, mais au contraire jouent contre l’unité du prolétariat, et donc contre les intérêts du prolétariat et pour ceux du capital.


            • 08 AOUT 31 janvier 2012 17:16

              Bonjour,

              Votre article m’a vivement intéressée, mais j’avoue ne pas comprendre pourquoi vouloir gérer les flux migratoires est de la « haine de l’autre », de la xénophobie ou du racisme.

              Je perçois peut-être trop le côté concret des événements mais avons-nous besoin d’immigrés supplémentaires ? Si c’était le cas, ce que je ne crois pas, nous donnons-nous les moyens de les accueillir et de les assimiler ?

              Mais comme nous n’avons pas besoin d’immigrés supplémentaires dans un pays dévasté par le chômage, la précarisation, la diminution constante du pouvoir d’achat des plus démunis et la pénurie de logements, il est en effet évident que l’arrivée de nouveaux immigrés ne peut que créer des tensions. Tensions qui sont aggravées par la pression des « élites » et des médias pour nous faire accepter, et avec le sourire, ces pauvres gens qui sont contraints de s’exiler pour venir dans notre pays nous concurrencer dans nos besoins vitaux.


              • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 19:43

                Pour ce qui est de la xénophobie et de la haine, je vous suggère de lire Riposte Laïque, ou votre voisin lepeniste lorsqu’ils parlent des musulmans déjà installés ici depuis trois générations.

                Par ailleurs, le PS ne souhaite absolument pas ouvrir les frontières (quant à l’UMP n’en parlons pas) Et puis ils faut des ressources pour contrôler un territoire, et au cas où vous l’auriez oublier, les nôtres s’épuisent.

                Il arrivera un moment où personne ne pourra bloquer les flux migratoires. Il vaut donc mieux intégrer les gens qui sont ici plutôt que de les braquer en les renvoyant sans cesse à leur altérité.


              • 08 AOUT 1er février 2012 13:08

                Bonjour,

                J’ai lu votre réponse à mon commentaire et je suis un peu déçue car je n’y ai pas trouvé la réponse à ma question : Pourquoi est-ce de la xénophobie de vouloir gérer les flux migratoires ?

                Quel est exactement le sens de votre message :
                - Que nous devons accepter tous les immigrés ?
                Ou
                - Que nous n’avons pas les moyens de les refuser ?

                Ce n’est pas la même chose...


              • Damien Perrotin Damien Perrotin 1er février 2012 13:53

                C’est simple gérer les flux migratoires n’est pas de la xénophobie, d’ailleurs c’est ce que tout le monde fait. En revanche, l’extrème-droite fait de la xénophobie, et appelle ça gérer les flux migratoire, de même que Riposte Laïque fait de l’intolérance et appelle ça de la laïcité.

                Et oui, à terme, nous n’aurons plus les moyens de les refuser, diatribes xénophobes ou pas


              • 08 AOUT 1er février 2012 17:22

                Merci pour cette précision.

                Je fais partie de ces personnes qui, sans être xénophobes ou racistes (enfin, je crois !), veulent que notre pays contrôle l’immigration, voire la stoppe.

                Si vous avez raison, c’est désolant et très inquiétant parce que nous sommes dans un piège :

                - D’une part, dites-vous, nous ne pouvons plus arrêter l’immigration.

                - Mais d’autre part, nous ne pouvons plus non plus en supporter le poids.

                Il devient pourtant urgent de trouver une solution car derrière le vocable « immigration », il y a des êtres humains contraints de s’exiler.

                Et derrière les invectives « racistes » ou « xénophobes », il y a aussi d’autres êtres humains, qui perdent le peu qu’ils avaient.


              • gordon71 gordon71 31 janvier 2012 17:42

                si nous parlons une langue romane aujourd’hui plutôt que le germain 


                c’est sans doute parceque Clovis le germain, en bon politique choisit de se convertir au catholicisme, pas seulement par attrait intellectuel, mais parceque cette religion adoptée par les romains a le vent en poupe et surtout se trouve organisée en clergé qui maille le territoire et encadre une grande partie de la population

                il n’y à chez le hiérarque aucune idée de tolérance ou de respect de la religion locale, il ne s’agit que d’une analyse des forces en présence, donc de realpolitik


                henri 4 fait la même analyse lorsqu’il se convertit : "paris vaut bien une messe


                nos politiques qui lorgnent le pouvoir font les mêmes calculs aujourdhui, et l’on sait que le fait religieux est encore de nos jours une composante forte de structuration sociale


                donc l’immigration est absolument stratégique dans ce cadre là

                si les musulmans qu’ils soient yougoslaves, tchetchènes, turcs ou maghrébins arrivent à une masse critique dans notre pays au point d’acquérir un poids notable dans la représentation nationale et dans les éxécutifs régionaux ou locaux, il est évident qu’on assitera à des changements notables dans nos modes de vie

                (alimentaion, pratiques religieuse, santé, etc...)

                il n’y à aucun racisme là dedans juste de l’arithmétique



                • Damien Perrotin Damien Perrotin 31 janvier 2012 19:57

                  Vous êtes au courant, bien sûr, que la langue maternelle de Charlemagne était le francique... pour que les francs se mêlent à l’aristocratie gallo-romaine il a d’abord fallu que celle-ci accepte les nouveaux-venus et marrie ses filles avec eux.

                  Cela n’a semble-t-il pas été le cas au nord, avec les conséquences que l’on sait.

                  Vous êtes, par ailleurs, au courant que les musulmans sont aussi divers que les chrétiens et que ce n’est pas parce que la France est majoritairement catholique que tout le monde se comporte comme les allumés de Saint Nicolas du Chardonnet ou que les françaises couvrent leurs cheveux quand elles entrent dans une église (si, c’est théoriquement obligatoire, relisez Saint-Paul).

                  Alors évidement, si vous les enfermez dans leur altérité...


                • lulupipistrelle 31 janvier 2012 23:30

                  La France est majoritairement de culture catholique, ou d’origine catholique... pour ce qui est de la religion, elle est vivante dans quelques poches de résistance, mais pas plus... arrêtez de rêver.
                  Oui vous êtes Breton, de Saint Nazaire, où le culte catholique est encore vivace, mais sortez de chez vous et vous verrez..
                  C’est même une des raisons de rejet des nouvelles religions qui essayent de se faire une place dans l’espace public : la majorité des ex-cathos était contente de s’être débarrassé de ce carcan, et voila que ça recommence...


                • Damien Perrotin Damien Perrotin 1er février 2012 14:00

                  Lulupipistrelle, je ne suis même pas baptisé et les églises sont aussi vides ici qu’ailleurs, ce dont je me réjouis.

                  Quand je dis catholique pour les français, je dis de culture catholique, bien sûr


                • gordon71 gordon71 31 janvier 2012 20:09

                  je n’enferme personne 


                  les cathos, dont je fais partie, sont tous différents n’empêche qu’on peut trouver un commun dénominateur qui les fait réagir d’une manière relativement uniforme sur certains sujets, 

                  sans caricaturer les musulmans on peut aussi trouver chez eux des tendances fortes et qui transcendent leur divergences, (pourquoi des menus hallal dans beaucoup de cantines, ), qu’on le veuille ou non ils représentent un groupe organisé et influent, sinon comment expliquez vous la présence de mosquées, sur tout le territoire dans des villes de moins de dix mille habitants 

                  encore une fois on peut reconnaître la présence de l’islam, calmement sans le diaboliser mais en constatant avec sang froid sa présence et son développement 

                  ma question est : est ce que j’ai le droit de me questionner sur cette émergence et ses conséquences en terme de changement culturels, sans passer pour un nazillon, 
                  sans être rejeté dans l’extrême et la caricature ?

                  • Iren-Nao 1er février 2012 05:51

                    Gordon

                    Vous avez bien le droit, je trouve, de vous questionner, et meme d’avoir des avis la dessus.
                    Car apres tout quand des visiteurs, pas trop invites, commencent a changer les meubles et la tapisserie, ca peut agacer les plus gentils, si en plus ils ont des exigences alimentaires et ne pretent pas leur gonzesses, on va droit au probleme.
                    Faudrait juste pas oublier qui va chez qui ?

                    C’est comme pour l’Europe, a t on demande aux Francais la permission ?

                    Iren-Nao


                  • Damien Perrotin Damien Perrotin 1er février 2012 14:06

                    Vous avez le droit de poser toutes les questions que vous voulez, à condition de reconnaître que les questions religieuse sont d’ordre privée et que la collectivité n’a pas à s’en mèler sauf pour préserver l’ordre public.

                    Il y a des mosquées dans les villes... fort bien, il y a aussi des églises, et si vous critiquez l’un et pas l’autre, vous n’êtes pas un laïc.

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