L'Europe n'est pas ou plus la tête de pont du féminisme. En Inde, des femmes combattent résolument contre l'obscurantisme, la bureaucratie et les inégalités.
Ce chant de guerre du gang de Sampat Pal donne la direction :
"Nous devons éradiquer l'exploitation et la corruption
Nous devons nous réunir, nous organiser"
« Moi, Sampat Pal, chef de gang en sari rose », roman autobiographique de Sampat Pal, éditions Pocket, 273 pages, novembre 2010
Unies... et à la force du bâton
Dans une des régions les plus pauvres de l'Inde, au pays des castes abolies officiellement mais toujours existantes, une femme a su organiser des milliers de femmes pour mener le combat contre l'injustice et pour s'opposer fermement à la violence faite aux femmes.
C'est un féminisme social et culturel qui s'impose peu à peu, à la force du poignet grâce à une énergie considérable...
L'héroïne ne manque pas d'ennemis, prêts à l'abattre .
Tous ces bureaucrates et parvenus veulent continuer en toute impunité à spolier, à humilier et à martyriser les plus faibles.
Le parlement vote des lois relativement avancées et égalitaires sans se préoccuper de l'application... Des fonctionnaires corrompus essayent de profiter du système.
A la tête de centaines de femmes, Sampat Pal n'hésite pas à intervenir physiquement quand il le faut contre ces petits chefs et les mâles qui maltraitent leurs épouses.
On est loin du féminisme petit bourgeois qui, au nom du relativisme culturel refuse de combattre pour l'égalité des droits.
Là bas toutes les forces obscures trouvent à qui parler.
L'enfance de Sampat Pal, ce fut tout d'abord une volonté sans faille qui l'a conduite à fréquenter quasi clandestinement l'école pendant deux ans afin d'accéder à un peu d'instruction.
Mariée à 9 ans alors qu'en Inde, le mariage des enfants est interdit, elle connaît quelques années après une existence difficile au sein de sa belle famille jusqu'au jour où, adolescente, elle apprend à se défendre.
Quand peu à peu, sa personnalité forte se construit et se consolide, Sampat commence, tout en s'occupant de ses cinq enfants à organiser des solidarités entre femmes.
Elle constitue une organisation, appelée le « gang » en sari rose de la couleur de l'uniforme choisie.
Elle n'est pas à la tête d'un bureau d'assistante sociale, elle le dit, le redit et l'explique : « nous sommes un groupe solidaire, dont les membres s'entraident. Quand nous secourons une personne, elle doit s'engager en retour, être prête à aider les autres le moment venu. C'est aussi une manière de responsabiliser les victimes. »
Les « machos » et les puissants craignent l'intervention du « Gulali Gang » et les magistrats lèvent les yeux au ciel quand ils reçoivent un coup de fil du gang les enjoignant de mettre fin à une injustice. Ils savent qu'en cas d'immobilisme de leur part, ce sont des centaines de femmes qui agissent avec vigueur et qui, ensuite n'hésitent pas à faire le siège de leur bureau.
La force collective des femmes est magnifiée.
Il ne s'agit pas de parvenir afin de faire carrière mais de défendre une cause et de se sentir en parfaite symbiose avec la population que l'on défend.
Ce livre écrit par une militante constitue un appel argumenté et vibrant à toutes les femmes qui, au-delà des « différences linguistiques, culturelles et économiques....connaissent les mêmes problèmes sur tous les continents. »
Jean-François Chalot

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merci de ce bel article. cela donne envie d’écrire une histoire, de monter un scenario. (...)
19/02 02:10 - Ariane WalterVoila une nouvelle bien réjouissante. Des articles comme celui-ci, on aimerait en lire (...)
18/02 21:29 - Catherine Segurane
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