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Accueil du site > Actualités > Société > Enquêter est-il un crime ?

Enquêter est-il un crime ?

Gravement mis en cause dans le journal Libération du 18 mars dernier par Madame Elisabeth Borrel, le journaliste Chris Laffaille répond. Il est accusé publiquement par la veuve du magistrat de faire partie du groupe de comploteurs au service de la cellule africaine de l’Élysée pour mettre en avant la version du suicide de son mari, le magistrat français Bernard Borrel retrouvé mort carbonisé dans un ravin au Nord de Djibouti.

"Je suis malheureusement le seul journaliste qui ai pris le temps de retourner toutes les pierres de cette tragique affaire. J’ai travaillé pendant plus d’un an, parcouru plus de 15.000 kms en France et à l’étranger pour rencontrer plus de 50 personnes liées à ce qu’on a appris à connaitre comme "l’affaire Borrel".

Il faut savoir que quelques jours plus tôt à la XVIIème Chambre Correctionelle de Paris, la version de Madame Borrel a été pour la première fois sérieusement contredite et mise en pièces par les débats du procès en diffamation intenté par Monsieur Alain Romani, lui-même accusé par deux exilés djiboutiens d’être l’homme de main corse qui aurait assassiné le juge Borrel. Monsieur Romani a prouvé aux quatre juges d’instruction mandatés qu’il ne se trouvait pas à Djibouti le jour de la mort de Bernard Borrel, et n’avait rien à voir dans cette affaire.

L’attaque est toujours la meilleure des défenses...

"J’ai passé une partie de ma carrière à rechercher des français disparus à l’étranger, tant les familles avaient besoin d’un appui indépendent, estimant que les autorités françaises cachaient quelque chose. J’ai enquêté au Chili, en Colombie, au Nicaragua et plus récement au Guatemala, le pays le plus violent au monde.
Comment peut-on dire cela de moi ". 

Il est des auteurs qui se font écraser par des critiques dans une émission célèbre du samedi soir. Je n’ai pas eu cet honneur. Moi, c’est par Mme Elisabeth Borrel que je suis pourchassé.

Mme Borrel est la veuve du magistrat français Bernard Borrel retrouvé mort dans des circonstances mystérieuses à Djibouti, en octobre 1995. Elle est persuadée que son mari a été assassiné. Il se trouve que mon enquête m’a conduit à penser le contraire. Sur la base d’un dossier solide, fruit d’un an de travail, j’estime qu’il s’est suicidé. Quel crime n’ai-je pas commis !

Voici quatorze ans que la justice française se débat dans cette dramatique affaire. De longues années au cours desquelles plusieurs magistrats instructeurs ont été nommés, puis déchargés. Tous ont empilé reconstitutions, commissions rogatoires, expertises, contre-expertises, et autopsies qui disent tout et son contraire.

L’affaire Borrel est devenue l’instruction la plus longue et la plus onéreuse qu’ait connu le système judiciaire français. À force d’accumuler les actes de justice, auxquels s’ajoute le paiement par le Ministère de la Justice des frais encourus par la partie civile, honoraires des avocats inclus, le coût de l’instruction de la mort de Bernard Borrel a pris des proportions insensées qui se chiffrent aujourd’hui à plusieurs millions d’euros.

Sa longévité judiciaire a été assurée par divers rebondissements et coups d’éclats médiatiques assurés par la partie civile dans le dossier d’instruction. Il faut savoir, en effet, qu’un magistrat constitué (comme l’est Mme Borrel) a le pouvoir de transmettre des éléments du dossier à qui bon lui semble, sans se soucier du secret de l’instruction.

Ceci a permis à Mme Borrel de multiplier les plaintes contre ceux qui osent contredire sa version des faits, selon laquelle son mari aurait été assassiné parce qu’il en « savait trop » sur des affaires délicates visant l’actuel président de la République de Djibouti (quelles « affaires » ? On l’ignore). Ce faisant, elle a pris l’habitude de balayer avec véhémence, par médias interposés, toute tentative d’intrusion journalistique lorsque celle-ci n’abonde pas dans son sens, celle d’un complot ourdi pour cause de « raison d’État ».

J’en fais aujourd’hui l’amère expérience, suite à la publication de mon enquête dans le numéro 2533 du 6 Juin 2007 de Paris-Match, suivie six mois plus tard par le livre Les Portes de l’Enfer : l’inavouable vérité sur l’affaire Borrel (Scali, janvier 2008). Selon Mme Borrel, je fais partie des affreux comploteurs à la solde de l’ancienne présidence de la République française et une « barbouze » médiatique liée à la cellule africaine de l’Élysée !

C’est énorme. Mais on a vu, avec le livre de Pierre Péan sur le Rwanda, que toute accusation contre un auteur, aussi fantasmatique soit-elle, est désormais devenue possible…

Mon crime réside en ceci : j’ai voulu comprendre l’incompréhensible. Au départ, je ne comprenais pas, tout simplement, comment un soi-disant « complot », impliquant un nombre aussi important de fonctionnaires travaillant dans quatre ministères français (et leurs représentants à Djibouti), aurait pu se mettre en place pour accréditer la version du suicide, et ce, dès les premières heures de la découverte du corps du juge Borrel. Une cinquantaine de hauts fonctionnaires, gendarmes, militaires, médecins et leurs épouses, se seraient tus au nom de la raison d’État ? Tous étaient complices et maintenaient une même version sans jamais se contredire ? Cela me paraissait improbable. Il fallait malgré tout que je les rencontre, car l’improbable n’est pas l’impossible.

Je me suis alors mis en quête de ces témoins, pour la plupart encore en exercice, quoique dispersés aux quatre coins de France, et parfois à l’étranger. Même si beaucoup d’entre eux refusaient de me rencontrer, je constatais bien vite qu’aucun n’avait bénéficié de promotion pour « services rendus à la nation », bien au contraire. J’ai alors demandé, par écrit, à l’Élysée de m’aider à ouvrir les portes qui restaient obstinément fermées.

Ma lettre, retrouvée très naturellement lors d’une perquisition effectuée au n°2 rue de l’Élysée, me vaut aujourd’hui les foudres médiatiques de Mme Borrel, qui me poursuit également en diffamation pour mon livre. Est-ce bien sérieux ? Le devoir d’un journaliste n’est-il pas d’aller puiser à toutes les sources, y compris celles qui ne plaisent pas à la partie civile ? C’est en tout cas ma conception du métier.

Chris Laffaille

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17 réactions à cet article    


  • norbert gabriel norbert gabriel 23 mars 2009 15:18

    un suicidé, mort avant d’être carbonisé, sans suie ni rien dans les poumons, c’est crédible ? ou alors l’autopsie a été "manipulée" pour accérditer la thèse du complot ???


    ça rappelle le mec qui s’était suicidé de deux balles dans la tête...


    • Chris Laffaille 23 mars 2009 16:54

      Pas de suies ds les poumons. C + compliqué que cela.

      Borrel a respiré des gazs toxiques et s’est axphyxié en respirant le feu de la combustion de l’essence qu’il avait lui même acheté -6litres- ce qui est considérable. Cela lui a crée un eudème pulmunaire puis abdominal.Tout le monde s’accordait à dire qu’il avait là tout les signes de l’axphyxie : eudème et cyanose des extrémités.
      Les médecins militaires à Djibouti ont décrit les brulures des muqueuses comme" noires". Puis plus tard par la directrice de l’institut Médico Légal de Paris, Dominique Leconte, a vu que l’arbre aérien était sombre mais on n’avait pas fait de prélèvements. Mais pour elle la suie de la combustion des cheveux, des cils, du t-shirt s’est naturellement échappé par l’arrière du corps de BB car il souffle à cet endroit un fort vent de mer qui vient de face de jour comme de nuit et tout au long de l’année.
      Puis les derniers légistes mandatés par Madame Borrel qui ont eu d’autres conclusions en faveur de l’assassinat balayent la question estimant que les suies avaient pu disparaitre avec le temps puisque l’’autopsie d’où est puisée cette information date de février 1996, donc cinq mois après le décès du magistrat.
      CL
       


    • norbert gabriel norbert gabriel 23 mars 2009 15:36

      post scriptum : je soutiens toujours le journalisme d’investigation, surtout quand il va à contre courant des idées reçues, mais la succession des faits dans l’affaire Borrel est pour le moins étrange.
      Si l’on souvient des précédents, comme la mort de Fontanet, on trouve des similitudes suspectes, entre les documents qui disparaissent, les annonces précipitées avant enquête... les versions officielles qui finiront par être démenties... ça fait beaucoup...


      • norbert gabriel norbert gabriel 23 mars 2009 16:08

        ""Tous étaient complices et maintenaient une même version sans jamais se contredire ? Cela me paraissait improbable. Il fallait malgré tout que je les rencontre, car l’improbable n’est pas l’impossible.""

        une même version univoque, parfois les enquêteurs trouvent celà curieux justement, trop univoque...
        Mais, c’est vrai, l’improbable n’est pas l’impossible. 


        • Rough 23 mars 2009 18:41

          @l’auteur...
          Pour un journaliste dont la notoriété n’est pas évidente de prime abord vous avez un sacré entregent...Ainsi comme cela tout de go vous écrivez à la cellule élyséenne en charge de l’Afrique et l’on vous y reçoit quasiment dans l’heure...
          Avec un tel savoir-faire je vous propose d’écrire un livre sur Ben Barka ou Mecili, ou bien Lumumba...nul doute que ceux qui ont répondu à vos interrogations sur Borel continuerons sur cette voie de lumière....


          • Chris Laffaille 23 mars 2009 19:22

            Je m’intéresse à l’affaire Ben Barka depuis toujours et ai ma petite idée là-dessus. Sauf que ça n’intêresse plus personne. En tout cas c’est ce que disent les rédactions et les éditeurs ! Voilà une affaire qui a été une vraie affaire d’état, sans conspirationisme à outrance, ce que je combats.


          • Chris Laffaille 23 mars 2009 19:31

            On peut être discret, sans pourtant être inexistant. Googlez moi...


          • Hieronymus Hieronymus 23 mars 2009 19:23

            @ l’auteur, vous ecrivez ceci :
            comment un soi-disant « complot », impliquant un nombre aussi important de fonctionnaires travaillant dans quatre ministères français (et leurs représentants à Djibouti), aurait pu se mettre en place pour accréditer la version du suicide, et ce, dès les premières heures de la découverte du corps du juge Borrel. Une cinquantaine de hauts fonctionnaires, gendarmes, militaires, médecins et leurs épouses, se seraient tus au nom de la raison d’État ?
            c’est parfaitement possible, c’est le propre de tous les complots, il y a generalement une tete pensante et juste qq inities tres tres peu et qui sont "surs", puis ensuite ils deleguent en fractionnant les taches et en s’assurant que chaque executant sache juste le minimum necessaire a l’accomplissement de sa tache, ainsi on evite au maximum le risque de fuite ou que si elles aient lieu elles ne soient pas trop graves, le delateur n’ayant que des infos tres partielles a reveler sa credibilite sera facilement mise en doute !
            et que voulez vous que ces honnetes fonctionnaires, s’ils avaient des doutes, aillent expliquer spontanement ? faute de preuve ils auraient mis gravement en jeu leur carriere, un peu de bon sens..
            ex : l’assassinat de JFK, + 40 ans apres, toujours l’omerta sur les vrais responsables, du travail de pro..
            et ne parlons meme pas du 9/11 qui a du impliquer des centaines de participants a des degres tres divers justement !
            bien a vous


            • Rough 23 mars 2009 22:35

              @l’auteur..
              Je dirais que l’on peut être inexistant sans être discret....Vos explications alambiquées puent la daube à plein nez pour qui connait un peu l’afrique....qu’un gugusse venu de nulle part obtienne un rendez-vous avec la cellule afrique de l’élysée pour évoquer une affaire dont tout un chacun sait qu’elle n’est ni limpide, ni de tout repos et qu’elle empoisonne les relations franco-djiboutiennes depuis 20 ans, c’est tout simplement invraisemblable....je ne porte aucun jugement sur les causes du décès de Borel, je n’y étais pas et je n’en sais rien...mais visiblement il y a un loup et tout le monde se repasse ce bâton merdeux depuis 20 ans sans arriver à l’enterrer....et l’attitude de l’élysée est pour le moins suspecte...je vous rappelle que nos brillants diplomates et conseillers se sont fait attrapper à expliquer à nos amis djiboutiens un peu dépassés par les usages européens comment tirer certaines des ficelles juridiques parmi les plus ténues pour obtenir communication du dossier d’instruction que des juges français refusaient de leur donner. Je vous accorde que si Mme Borrel n’avait pas été magistrat ce dossier aurait été enterré depuis belle lurette, elle a bénéficié d’une solidarité corporatiste tout à fait exemplaire et édifiante...mais cela n’empêche pas que sur le fond cette dame a le droit de remettre en cause la version officielle qui ressemble à une grossière mascarade...


              • ernst 24 mars 2009 04:02

                 L’auteur est-il naïf ou complice ?

                Il est à remarquer que les serviteurs de la République ayant une réputation de probité et des manies d’intervention dans les trafics obscurs ( Borrel, Erignac ) ont également des ennuis.

                Il est à noter également que l’on retrouve, comme une basse obstinée, les frôlements corses.

                Jusqu’à quand faudra-t-il faire semblant de ne pas comprendre ce que nous comprenons tous très bien ? L’auteur, à l’inverse de l’infâme Ottenheimer que personne à part moi n’a remise en question,, semble interloqué par cette suspicion générale. Comme quoi les mêmes recettes ne marchent pas à tout coup de manière identique...

                Nous avons un besoin urgent de journalistes d’investigation. Bons de préférence. ET qui n’aient pas peur de monter au créneau pour de véridiques informations. Pas de pipeau qui se contente d’autopsies fantaisistes, de suicides qui n’ont ni queue ni tête...d’assassins qui ont tous des alibis en béton.

                La véritable enquête, au cas où l’auteur ait à coeur d’en mener une, est : pourquoi a-t-on assassiné le Juge Borrel ? Sur quel trafic travaillait-il ? Qui arrosait qui pour se taire ou pour tuer ?

                Il n’est pas exclu qu’une seconde visite à la cellule Afrique de l’Elysée soit impérative. 

                Mais cette fois, je doute que l’auteur soit reçu de la même façon.

                A toutes fins utiles, je signale la vente de gilets pare-balle à l’angle de la rue Palestro et Grenéta.




                • CAMBRONNE CAMBRONNE 24 mars 2009 14:05

                  BONJOUR

                  Je me suis expliqué longuement sur le fil d’un article de Paul Villach à propos de cette affaire .

                  Il se fait que j’ ai été une des premières personnes à qui madame BORREL se soit confiée à son arrivée au tribunal d’instance de toulouse en 1996 .

                  Je la crois absolument . Elle a du lutter contre tous les rouages de l’etat et contrairement à ce que dit l’auteur contre sa hièrarchie directe et l’ensemble de la magistrature . En dehors de quelques amis , du syndicat de la magistrature et de la garde des sceaux de l’epoque madame Lebranchu qu’elle avait connue à lisieux lorsqu’elle était JAP elle a été démolie par tous dont le président du tribunal et le procureur de la république . Au début elle avait très peu d’amis et les autorités voulaient la faire passer pour folle en créant des incidents destabilisants . on a répandu les pires rumeurs sur son mari et père de ses enfants ; il aurait même été pédophile . Madame Guigou quand elle fut à son tour garde des sceaux a été odieuse .

                  Petit à petit la lumière s’est faite et la version du suicide abracadabranteque a fait pshittt . Il faut vraiment se pincer pour y croire si on a étudié le dossier et si on connait les lieux .

                  Si l’auteur croit en ce qu’il écrit tant pis pour lui ; Personnellement je suis en général plutôt réfractaire aux théories du complot . ici il n’y a pas complot mais collusion de personnes qui par lacheté , disons même servilité ont dit ce qu’on leur avait demandé de dire . au cris de pas d’histoire !

                  J’ai vu sur d’autres affaires suffisemment de rapports de gendarmes, de médecins et diplomates faux pour croire que cela n’a rien d’invraisemblable dans l’affaire Borrel . Dans l’affaire des paillotes tout le monde a menti une ou plusieurs fois . Gendarmes, préfêt etc . Est ce une plaisanterie ?

                  On ment beaucoup aussi dans l’affaire colonna .

                  Vive la république quand même .



                  • primo levi 28 mars 2009 19:54

                    Me Lafaille a-t-il rencontré Mme Borrel, ses avocats, le Procureur de la République de Paris, les témoins djiboutiens ou français qui accréditent la seule et unique thèse de l’assassinat du juge Borrel ?
                    Cela n’aurait-il pas été une enquête complète et réellement sérieuse ?
                    Selon les informations rendues publiques depuis longtemps, la justice a démontré de manière incontestable l’assassinat dès 2003. Pourquoi M.Lafaille tente-t-il en cultivant des rumeurs obsolètes et nauséabondes( j’ai lu son "livre") de faire perdurer une version du suicide qui n’a jamais été étayée(puisque c’était un assassinat) à l’époque où les juges écartés du dossier en 2000 faisaient tout pour lui donner du crédit ?
                    Il est clair que M Lafaille ne connait rien de ce dossier, il en a une lecture diplomatique et ses contacts révélés avec les conseillers Afrique de Chirac (révélation de lLibération) en sont une preuve.
                    S’il avait été soucieux du contradictoire, M.Lafaille supporterait sans crainte la contradiction. 
                    Au lieu de quoi il vient de se carboniser définitivement.

                    PS/ M.Romani a été débouté récemment par le Tribunal de Créteil dans un procès en diffamation contre un journaliste qui a enquêté sur l’affaire Borrel...moi qui croyais M.Lafaille quand il affirmait être le seul journaliste à avoir travaillé sur ce dossier.
                     


                    • hubert 29 mars 2009 15:23

                      @chris lafaille,
                      Se poser en victime dans une affaire criminelle, simplement pour avoir été cité comme ayant des relations avec la cellule africaine de l’Elysée sous Chirac (dans un petit encadré d’un article de libération), voilà qui peut paraitre légèrement disproportionné... Mais prétendre être le seul journaliste à avoir enquêté sur l’affaire Borrel, là, ça dépasse les bornes.
                       S’ il existe encore une affaire Borrel, vous ne pouvez ignorer que c’est dû à la remarquable ténacité d’Elizabeth Borrel, et au travail de longue haleine de journalistes, qui ne se sont pas contentés de colporter la version concoctée par M. De Bonnecorse et ses subordonnés, avec l’assistance de laurent le Mesle et de l’appareil de l’état français.
                      On attendrait de quelqu’un qui se dit enquêteur un minimum de rigueur, or votre compte-rendu de l’audience de la XVII éme chambre où Alain Romani tente de faire condamner en diffamation Mmme Borrel et Bernard Nicolas s’apparente à de la désinformation. Jamais M. Aloumekhani n’a accusé M. Romani d’être un des tueurs du juge Borrel, il se borne à décrire une scène qui s’est déroulée dans le jardin de la présidence djiboutienne, dont M. Romani étéit l’un des personnages. Quant à la preuve formelle que M. Romani était à la Réunion à cette heure là , elle n’est nullement apportée. (le fait qu’aucun vol régulier permettrait un tel déplacement ne prouve rien, il existe des avions privés...)
                      Enfin votre comparaison avec Pierre Péan est surréaliste. Ignorez-vous que la thése de l’auteur de "noires fureurs , blancs menteurs" est quasiment écroulée. Tous les prétendus témoins sur lesquels Péan -et le juge Bruguiére- ont bâti leur théorie de Kagamé faisant abattre l’avion d’Habyarimana , en déclenchant ainsi le génocide des Tutsi, se sont rétractés, et ont expliqué comment ils avaient été amenés à faire leurs fausses dépositions. Lafaille-Péan même combat ?


                      • Chris Laffaille 29 mars 2009 23:22

                         
                        Messieurs,

                        Je ne me pose pas en victime, mais quand mon intégrité journalistique est en cause, vous comprendrez que pour un journaliste indépendant avec 30 ans de carrière derrière lui, c’est un peu embarrassant.
                        Je me devais de réagir.

                        Aussi, je n’ai jamais prétendu être le seul journaliste à avoir travaillé sur ce dossier, loin de là. Dans une enquête comme celle-ci il y a beaucoup de travail en amont, comme la compilation de tout ce qui a été écrit, filmé et dit. J’ai donc pu connaître le travail de mes confrères sur le sujet depuis 1995.

                        J’ai simplement expliqué avoir été le seul à y avoir mis le temps nécessaire pour comprendre les évènements, rencontrer les personnages clés de l’affaire, d’analyser les comportements, les recouper et raconter. Mais surtout de savoir ce qui s’est passé à Djibouti avant, pendant et après la mort du magistrat en Octobre 1995. Dans les affaires criminelles, les premiers éléments de l’enquête de police, les premiers témoignages sont, par expérience, toujours importants, parfois essentiels. Et ceci n’a pas été facile dans un pays qui était à priori hostile à toute intrusion journalistique de français dans cette affaire. Cette situation s’est aussi reproduite en France où des fonctionnaires témoins indirects du drame et leurs subordonnés se voyaient accusés à outrance par des tiers d’être impliqués dans un vaste complot politico-militaire destiné à couvrir l’assassinat d’un magistrat dans le pays qu’ils servaient. Brandissant le respect du secret de l’instruction et le devoir de réserve, je me voyais refusé à toute demande d’entretien.
                        Tout cela a pris du temps.

                        Ceci dit, puisque vous me prêtez une "lecture diplomatique" à cette affaire, je me permets de vous rappeler que l’assassinat d’un magistrat par les dirigeants d’un État étranger est un acte extrêmement grave qui frôle l’acte de guerre. Et c’est dans ce sens que l’ont apprécié d’ailleurs les juges qui ont instruit cette affaire, en particulier les premiers dont vous faites référence. En France, les juges ne sont pas assassinés tous les jours, surtout quand il n’existe pas de mobile sérieux : les juges Michel et Renaud ont été abattus par ce qu’ils s’étaient attaqués aux mafias liées au trafic de drogue. On aurait pu toujours raconter qu’ils avaient été éliminés par les services secrets français car leurs enquêtes allaient remonter jusqu’à eux. Car c’est bien connu, les services secrets financent leurs coups tordus avec de l’argent noir provenant du trafic de drogue pour ne pas laisser de traces  !

                        Plus sérieusement, serait-ce simplement envisageable que le Président de la République Jacques Chirac au nom des intérêts supérieurs de l’État, les intérêts stratégiques, diplomatiques et militaires de la France à Djibouti ait choisi de "couvrir" un chef d’État étranger, sachant pertinemment que ce dernier était responsable de l’assassinat dans des conditions effroyables d’un magistrat français, laissant une veuve et deux enfants en bas âge ? Et qu’il ait lancé ses conseillers et ses diplomates dans un vaste complot les obligeant à cacher, mentir, épier, conspirer et comploter pour faire oublier cette affaire, d’enrayer les investigations de 4 juges d’instruction indépendants et de systématiquement faire obstruction à la justice et d’entraîner aussi des juges instructeurs et la brigade criminelle dans ces mensonges ?
                        Puis d’impliquer la hiérarchie de 4 Ministères à Paris, ainsi que leurs représentants à Djibouti et leurs épouses qui étaient pour beaucoup, des amis du couple Borrel.

                        Dois-je vous rappeler puisque vous avez une parfaite connaissance du dossier- contrairement à moi-, que la Juge Sophie Clément en charge aujourd’hui du dossier et qui a fait savoir en juin 2007 que l’instruction s’orientait aujourd’hui vers un assassinat et non un suicide, n’avait-elle pas aussi expliqué n’avoir jamais subi de pressions de qui se soit et encore moins de l’exécutif ? Le Président en total respect de la séparation des pouvoirs a laissé la justice travailler. Et ne s’est jamais exprimé à ce sujet comme sa fonction l’exige, ce qu’il lui a valu toutes les insinuations rocambolesques que l’on entend aujourd’hui.

                        Ne pensez-vous pas finalement qu’il aurait été plus facile de rapatrier nos ressortissants -comme cela a été le cas au Rwanda et en Côte d’Ivoire- et de rompre avec un pays responsable d’un acte gravissime que représente l’assassinat d’un magistrat détaché ? Un pays qui je vous le rappelle a un besoin vital de notre présence militaire, et de la coopération.
                        De toutes façons, vous apprécierez aujourd’hui qu’il s’agissait d’un très mauvais calcul de la part du président de la République puisque l’influence des États-Unis a largement dépassé celle de notre pays et que les contrats de grands travaux et chantiers de développement, services etc. ont été remportés par des pays autres que la France,
                        Et que notre présence économique est aujourd’hui quasiment nulle, si ce n’est la fréquentation par nos militaires des cafés, restaurants et bars à filles qui pullulent dans cette ville de garnison.

                        D’autre part, il est vrai que je n’ai jamais interviewé Madame Borrel ou ses avocats. C’est moins vrai pour le procureur de Paris, Jean Claude Marin. Normal, me direz-vous, il fait aussi partie du complot.

                        Par contre j’ai assisté à sa première conférence de presse lors de la présentation du film de Bernard Nicolas, ainsi qu’à des débats à travers la France lors de la sortie du livre.
                        À force de multiplier pendant 14 ans interviews, conférences de presse, films, je connaissais parfaitement la version de Madame Borrel ainsi que les éléments du dossier qu’elle communiquait pour appuyer ses accusations. Et pour tout dire, au départ je pensais que Bernard Borrel pouvait après tout avoir éliminé par les djiboutiens. Puis c’est en vérifiant certaines affirmations que je me suis aperçu qu’il y avait des choses qui ne collaient pas.
                        Puis il y a eu son livre, co-écrit avec le journaliste Bernard Nicolas que j’ai confronté à ma suggestion dans une émission en direct sur la chaîne 24h, le jour où Madame Borrel était reçue par Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Je n’ai jamais vécu une telle expérience où un confrère survolté s’en ai pris violemment à moi et à mes méthodes journalistiques parce que j’osais contredire sa version. Je savais trop bien que toute contradiction, ou question par exemple sur l’état psychologique du juge Borrel les semaines qui ont précédé son décès me valaient les foudres de Madame Borrel, comme je l’ai constaté personnellement au début de mon enquête lors d’un coup de fil anodin. J’ai vu aussi comment un journaliste de télévision a subi une pression insensée lors de la diffusion de son sujet sur 7 à 8 qui explorait les deux thèses comme on l’attend d’un journaliste digne de ce nom. Même chose pour un journaliste djiboutien qui avait osé demander lors d’une conférence de presse des renseignements sur les lettres et l’argent laissées par le magistrat quelques heures avant sa mort.

                        Aujourd’hui le dossier d’assassinat ne tient que par deux éléments : le témoignage de deux exilés djiboutiens, et les expertises médico-légales effectuées 7 ans après les faits par un collège d’experts franco-suisse encadré par le responsable de l’Institut de Criminologie de Lausanne.

                        Pour les premiers, j’ai retracé leur vie et leur carrière militaire, ainsi que la genèse de leur témoignage. En me renseignant sur le premier d’entre eux, je n’ai pas mis longtemps avant de vérifier qu’il était décidément un bien curieux personnage. Aussi, je trouvais étrange que ce déserteur de l’armée djiboutienne, écarté de la Garde Présidentielle pour un chapelet de forfaits commis à Djibouti, avait fait une demande d’asile en France à son arrivée à Roissy sans parler de Borrel, ce qui l’aurait certainement aidé à obtenir le statut de réfugié politique qui lui sera d’ailleurs refusé. Ce ne sera que 3 mois plus tard en Belgique qu’il parlera pour la première fois de ce qu’il avait vu et entendu au Palais Présidentiel, mais en donnant des versions différentes. Son témoignage sera le point de départ de l’affaire d’État.

                        En ce qui concerne les conclusions des experts, elles me paraissaient quelque peu hâtives et orientées car ceux-ci avaient ignoré des éléments importants et facilement décelables lors de leur transport de justice à Djibouti. Non pas qu’ils se trompaient mais avaient tout simplement ignoré un témoignage capital de la personne qui s’occupait des vacations funéraires à Djibouti. Et ne s’étaient même pas posé la question de savoir comment la dépouille du magistrat avait été remontée du ravin escarpé où il avait été retrouvé.

                        Je fus surpris d’apprendre que le responsable de ce collège d’experts était le même spécialiste engagé par le milliardaire égyptien Mohamed Al Fayed quelques jours après l’accident qui avait coûté la vie à son fils Dodi et à la princesse Diana. Le même qui affirmera que le sang du chauffeur prélevé par Dominique Leconte la directrice de l’Institut médico-légal de Paris, en présence d’un officier de la brigade Criminelle, avait été confondu avec celui d’une autre personne !
                        Encore et toujours le « conspirationisme »…

                         


                      • primo levi 30 mars 2009 10:11

                        Enquêter n’est pas un crime certes, et M.Lafaille a tout à fait le droit de le faire ; mais son devoir était de réaliser son enquête dans le souci du contradictoire, ce qui visiblement n’a pas été le cas en l’occurrence.

                        Quand il "glane" des informations sur le passé militaire d’un témoin djiboutien, aujourd’hui citoyen belge, pourquoi ne pas les avoir confrontées à celles qu’aurait pu lui fournir le militaire en question ?
                        Il se serait aperçu que ces informations provenaient d’un état totalitaire qui a tout fait pour décridibiliser ce témoin, tout en négociant discrètement avec lui afin qu’il se rétracte. Il aurait su pourquoi il a "déserté" , refusant à plusieurs reprises de donner l’ordre à ses hommes de tirer dans la foule lors de manifestations...Et en travaillant sérieusement, M.Lafaille aurait su que le Pdt de la République de Djibouti avait envoyé un émissaire à Bruxelles pour "négocier" une rétractation avec ce témoin...dans le cabinet même de l’avocat de ce dernier. Cet émissaire, le Procureur de Djibouti, a été condamné pour subornation de témoin à 18 mois de prison ferme par le TGI de Versailles, tout comme a été épinglé le chef des services secrets de Djibouti pour avoir suborné un autre témoin djiboutien réfugié aussi en Belgique. (procès en appel la semaine dernière au cours duquel les prévenus étaient courageusement...absents)
                        Si ces témoins djioutiens racontaient "n’importe quoi" comme le laisse entendre M.Lafaille, reprenant l’antienne djiboutienne, pourquoi tenter de les "raisonner" pour qu’ils reviennent sur leurs témoignages ?

                        Un vrai travail du journaliste qui affiche 30 ans de métier au compteur aurait permis à M.la faille de savoir que le témoin djiboutien en question n’a jamais fait de demande d’asile en France  ; il a atterri à Roissy avant de se précipiter en Belgique...il savait pertinemment ce que la France fait à Djibouti via ses réseaux corses ou franc-maçons, il savait aussi l’implication certains français dans l’assassinat du juge Borrel et ne voulait pas se jeter dans la gueule du loup.

                        Autre rectification : c’est un collège de quatre experts qui après exhumation du corps de B.Borrel a conclu à l’assassinat : crâne fracassé, fracture de défense à un bras, utilisation de deux carburants différents pour la carbonisation partielle du corps, carbonisation post-mortem précisons-le, déplacement du corps après la mort...que faut-il de plus à M. la faille pour qu’il soit convaincu comme le sont la juge, le Procureur et le Procureur Général de Paris ? 

                        Quand on se met au service d’un Etat, ou de deux états complices dans l’assassinat d’un juge et qu’on est démasqué, il ne faut pas venir se plaindre : naïf à l’insu de son plein gré durant son "enquête" unilatérale, ce "journaliste" l’est encore aujourd’hui quand il pense qu’on va le croire. La faille, elle est là !


                      • Chris Laffaille 30 mars 2009 12:34

                        Je ne me rabaisserai pas à réagir à vos piques perfides et à vos insinuations à l’humour douteux.
                        Mais je ne peux m’empêcher de me demander pour qui vous opérez : votre connaissance précise d’élèments de ce dossier m’interpelle. Puis votre insistance sur mon manque de "débat contradictoire" me fait penser à un homme de loi. Ne seriez-vous pas l’autoproclamé "consul honoraire" de Patagonie à Toulouse ?
                        Puis ce pseudo "Primo Levi" me laisse pantois, Vous devriez méditer à l’une de ses citations : « Il faut nous méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d’autres voix que celle de la raison.

                        Je ne perçois aucun débat contradictoire de votre part avec ce que vous avancez sur Mohamed Saleh A. Avez-vous essayé de connaître son passé en France par exemple lorqu’il fit un stage d’officiers à l’École d’Armement de Bourges ? Pourquoi est-il parti de Djibouti ? Avez-vous lu les synthèses de nos espions DGSE à Djibouti ? Oui j’imagine, mais comme d’habitude, vous vous gardez bien d’en parler et travaillez avec des oeillères pour faire triompher la version que vous défendez qui est devenu, semble-t-il une sorte de fond de commerce intellectuel.
                        Et toute remise en cause de son témoignage est mise en pièces comme vous le faites dans votre réponse, en insinuant que mes sources uniquement djiboutiennes sont forcément tronquées. J’ai pu reccueillir le témoignage d’un couple de français qui avaient eu affaire à lui lorqu’il portait l’uniforme de la Garde Présidentielle et qu’il avait "racketés" parce qu’ils avaient osé monter un magasin de location de vidéos sans sa participation. Même chose avec le directeur français d’une entreprise française de travaux publics.

                        Quand il affirme sous serment qu’il était le chef de la garde rapprochée du chef de Cabinet de l’époque, c’est un gros mensonge. Et sa prestation à la 17ème Chambre était pour le moins curieuse. Tout comme ses justifications que vous avancez -je ne connaissais pas cette parade bien qu’il l’avait utilisée dans le passé (94) pour justifier son retard à l’académie militaire de Bourges- : qu’il avait déserté pour avoir refusé de tirer sur des opposants, après avoir servi un "dictateur" pendant 15 ans.

                        Finalement, vous évitez de parler du témoignage de Marie-Paule Morraccini au Tribunal de Versailles la semaine dernière, ni de l’ordonnance du juge parisien Baudouin Thouvenot qui décrivait ce personnage comme "peu fiable" et son témoignage "douteux". Mais bien sûr, comme toujours, il s’agit de magistrats à la solde de l’État. Ça en fait beaucoup, ne croyez-vous pas ?
                        Vous n’avez jamais mis en question ce témoignage, bien que contredit par des sources françaises qui font évidement partie du complot ! Ou est le débat contradictoire dans tout ça.

                        J’espère que vous appuierez avec autant d’energie les demandes de tout le monde, moi inclus, pour que soient déclassifiés les rapports de la DGSE à Djibouti couvrant les années 94-95-96, comme l’a affirmé le président Sarkozy à Madame Borrel. Mais je crains que cela n’arrive jamais et pour cause : une tentative d’assassinat a été montée en 94 contre le chef de cabinet de la présidence qui n’était certainement pas l’ami de la France, comme vous le répétez aujourd’hui. Une cassette vidéo piégée ultra sophistiquée lui avait été envoyée par la Poste de Marseille. Elle n’a pas explosé et on a disposé de tous ses composants, désignant la France et les services français reconnus par leurs pairscomme les spécialistes des actions "homo" à la bombe piégée. Demandez à Ali Iftin s’il s’agit d’un de mes délires !
                        Bien à vous,
                        CL










                      • primo levi 30 mars 2009 16:29

                        Désolé pour l’humour cher monsieur, mais un homme de loi n’en a pas toujours...si j’ai bien compris la XVIIè Chambre vous attend...vous vérifierez.

                        Il n’y a aucune honte à être journaliste de terrain...quand on ne laboure pas toujours le même.
                        Il n’y aucune honte à être magistrat... quand on est au seul service de la justice et non prisonnier d’une pseudo raison d’état ; disons plutôt prisonnier d’intérêts particuliers.
                        Des échos nous sont parvenus de la "prestation" de Mme Moracchini à Versailles la semaine dernière.
                        Pour cette dame, l’affaire Borrel (la vie ?) semble s’être arrêtée en 2000 quand on lui a demandé de lâcher ce dossier qu’elle sous-traitait tout en maltraitant la partie civile. Le dessaisissement est un fait rare dans notre profession, et le fait que cette dame et son complice Roger Le Loire aient été écartés en 2000 démontre qu’ils ne travaillaient pas correctement, qu’ils tentaient laborieusement de faire exister une version du suicide du juge sans y parvenir, en bafouant les droits de la veuve de B.Borrel.
                        La reconstitution hallucinante de la mort présumée du juge Borrel à Djibouti, dont la télé a montré des extraits, résume assez bien cette instruction jusqu’en 2000. C’était ridicule et ça ne prouvait rien, sinon que se suicider à cet endroit en pleine nuit était inimaginable. Les expertises le démontreront de manière imparable plus tard, n’en déplaise à M.Lafaille et ses amis d’ici ou d’ailleurs.
                        Il est envisagé d’utiliser le dossier Borrel estampillé Moracchini à l’Ecole Nationale de la Magistrature pour apprendre aux futurs magistrats ce qu’il ne faut pas faire. La pédagogie à l’envers !

                        Mme Moracchini est donc venue à Versailles la semaine dernière raconter pendant plus d’1h comment alors qu’elle était "convaincue de l’assassinat", elle a eu une "révélation" quasi mystique en se rendant sur place à Djibouti. "C’est un endroit où on se suicide" a-t-elle osé dire, laissant pantois le tribunal. En voilà une preuve !
                        Car d’arguments pour étayer l’éventuel suicide, elle n’a pas ; une intuition, c’est tout.
                        Un récit au cours duquel elle passe très vite sur son audition de Mohamed Aloumekhani, la cible principale de M.Lafaille et de Djibouti : devant des policiers belges, elle va oser dire à ce témoin "qu’il va se mettre à dos les mafias corses et libanaises et qu’il est encore temps de revenir sur son témoignage" . (témoignage qui gênait beaucoup français et djiboutiens à propos d’un conversation tenue le 19 Octobre 1995 au sujet de la "mort du juge fouineur")...vous avez dit menace voilée ?
                        Il est clair que Mme Moracchini n’a pas encore digéré cette éviction de ce dossier, et le désaveu subi.
                        Or, depuis qu’elle et son associé Le Loire ont été écartés, l’instruction a avancé et dès 2003, l’assassinat démontré.
                        En reprenant des arguments obsolètes et faux, Mme Moracchini a perdu le peu de crédibilité qu’il lui restait.

                        En reprenant sans vérifier des infos erronées( voyez avec l’avocat de M.Aloumekhani) venant de Djibouti à propos de pseudos agressions ou de "rébellion" à Bourges(les notes de la DGSE étant directement inspirées de Djibouti), M.Lafaille devrait reconnaître qu’il s’est fait rouler (mais sans doute le sait-il déjà) ; en outre, la fréquentation de M. de Bonnecorse n’était pas une bonne idée, car "M.Afrique" de Chirac a maladroitement laissé des traces, qui jettent le discrédit sur tout le "travail" de M.Lafaille.
                        M.De Bonnecorse a roulé pour Djibouti dans cette affaire (plainte en cours à Paris contre lui) et il a embarqué M.Lafaille dans son "véhicule" dangereux. Il est trop tard pour pleurer sur votre sort, M.Lafaille !

                        Là où M.Lafaille a raison, c’est quand il narre la tentative d’attentat de 1994 contre le futur Pdt de Djibouti le célèbre IOG, qui très habilement utilisera ce "ratage" pour faire chanter nos dirigeants et devenir le champion de la France, qui pourtant le détestait...comme lui déteste la France !

                        Par ce prisme, on comprend mieux pourquoi Français et Djiboutiens au plus haut niveau des Etats ont tout fait pour étouffer l’affaire Borrel : ils sont complices de cet assassinat !
                        Et si les notes de la DGSE de 1994,1995 et 1996 ne sont pas déclassifiées, comme le souhaitent les djiboutiens, M.Lafaille et accessoirement Mme Borrel, c’est sans doute parce que cette complicité y apparaît.

                        On ne va pas épiloguer plus longtemps sur cette vaine tentative d’intoxication à laquelle s’est prêté Chris Lafaille ; ne le jugeons pas parce qu’il a eu ponctuellement besoin d’argent et qu’il s’est mis "au service" en oubliant qu’il était journaliste, mais sur ses articles et un livre à la fois peu convaincant et indigne.






                         

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Chris Laffaille


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