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Accueil du site > Actualités > Société > Entre utilisation maladroite des statistiques et éducation aux complexités (...)

Entre utilisation maladroite des statistiques et éducation aux complexités du monde

L’utilisation maladroite des statistiques est dangereuse. Au delà de cristalliser les humeurs, d’intensifier les peurs, elle ne fait que noircir le tableau. Par les chiffres qu’elles engendrent et l’encadrement qu’elles en donnent, savoir lire les statistiques renseigne précieusement sur les tendances. Dans un monde complexe, globalisé et mondialisé tel que le nôtre, où toutes les activités sont en interconnexions comme pourraient l’être les différents organes d’un système biologique, il devient nécessaire pour ne pas dire incontournable de savoir lire et surtout de savoir interpréter chiffres et tendances. Une nouvelle éducation à « nos futurs »

Neige sur l’Ile-de-France et une bonne partie du pays. Confusion générale - et néanmoins normale - compte tenu des précipitations pourtant annoncées. Coup de gueule des pouvoirs publics envers Météo-France qui avait pourtant annoncé l’intensité de la perturbation. Informations cristallisées et mal relayées par les médias qui ne retiennent – comme à l’ordinaire - que le pugila. S’il est aisé parfois de faire parler les statistiques, on oublie trop souvent leurs grands principes. Un outil pourtant nécessaire qu’il faut savoir lire et utiliser dans le monde d’aujourd’hui et de demain.

Certaines lectures ou interprétations des informations, relayées par les médias, ne contribuent pas à l’appréciation objective des situations. Une situation dont nous avons tous souffert récemment si on se réfère aux très récentes chutes de neige qui ont couvert une bonne partie de la France et ont abondé sur la région Ile-de-France ce mercredi 8 décembre 2010.

Les faits ? En l’espace de quelques dizaines de minutes, pour la seule partie Ile-de-France, nous sommes passés d’une pluie quelque peu « verglaçante » à d’abondantes chutes de neige qui ont paralysé l’ensemble de la région. Celles-ci ont très rapidement recouvert l’ensemble de la contrée d’un manteau neigeux de plusieurs centimètres et d’épaisseur variable selon les lieux.

La suite ? Il y a trois suites de mon point de vue. La première et celle dont nous avons tous souffert - moi compris - relevait d’une désorganisation générale, assez complète, mais toutefois naturelle des transports, tant personnels (voitures et camions bloqués en travers des chaussées, déplacements impraticables, etc.) qu’en ce qui relevait des transports en commun (absence évidente de circulation des bus pour les même raisons, trains retardés ou annulés, etc.). Tout cela relevait d’une pure logique factuelle compte tenu des précipitations, de leur soudaineté et aussi de leur intensité. La seconde suite, assez naturelle aussi, relève bien entendu des désagréments multiples et variés que cela a pu procurer à tout un chacun mais on y relèvera les aides mutuelles, chaleureuses et valeureuses que les uns et les autres, collectivités comprises, ont pu et su apporter en des temps records, sur des bases assez souvent improvisées mais néanmoins opératoires. Nous ne pouvons que les en louer. Il existe une troisième suite, elle aussi intéressante dans son genre, et qui relève de la réaction des politiques qui ont cru bon d’incriminer Météo-France pour sa négligence en matière de prévision. C’est là qu’intervient la pertinence, discutable au demeurant, de cette attaque envers Météo-France dans une situation où il faut savoir lire et relativiser les informations notamment dans ce type de situation extrême.

En effet, il est aisé en pareil cas d’incriminer celles et ceux qui sont chargés de la veille, surtout quand cette veille relève de données statistiques, alors que ces mêmes données statistiques sont entachées de barres d’erreur comme toute information scientifique quantitative digne de ce nom doit l’être. Chacun devrait en avoir un tant soit peu conscience et les médias qui sont sensés savoir lire l’information devraient s’attacher à le rappeler. Il est d’ailleurs amusant de voir combien sont nombreux ceux qui en viennent à chipoter sur l’épaisseur de neige tombée et à ergoter au centimètre près sur la dimension du manteau neigeux dont la valeur n’a pas été annoncée très exactement. Intéressant aussi d’assister au fait qu’aucun média là encore ne relève le fait évident qu’il est impossible, inutile, voire surréaliste d’évaluer au centimètre près l’épaisseur de neige attendue et que, dans les faits, dix ou douze centimètres ne changeraient rien à une telle situation lorsque l’événement est si soudain et d’une si forte intensité. A contrario et puisqu’en l’espèce ce sont toujours les statistiques qui parlent ou tentent de le faire, on assiste régulièrement à un détournement général et collectif du caractère relatif des valeurs fournies lorsqu’elles sont traitées volontairement avec prudence dès lors qu’il s’agit de sondages, situations où personne n’omet cette fois le rôle des barres d’erreurs, voire y recours trop facilement pour mieux tenter de les faire parler avantageusement.

Nous sommes bien devant un fait statistique, devant des calculs et des simulations qui se doivent de pronostiquer et donc, indubitablement, entachés d’erreurs. Des erreurs qui sont systématiquement à prendre en compte pour qui se donne le temps d’écouter, de s’informer, d’analyser, notamment compte tenu des amplitudes annoncées et sur lesquelles en l’espèce nous demandons à Météo-France de se prononcer. D’ailleurs, n’y parle-t-on pas d’indice de confiance ? …

Alors comment revendiquer de pouvoir ou de devoir statuer sur dix ou douze centimètres lorsque la soudaineté de la perturbation prend de court ? Pourquoi prétexter le manque d’information quand, à deux centimètres près, rien n’y changerait ? Quel crédit apporter à l’objectivité lorsqu’on se garde d’une démarche objective, claire et explicative qui justement pour l’occasion éclairerait le citoyen sur le fait que fort justement une donnée scientifique - et d’ailleurs toute grandeur digne de ce nom, scientifique, expérimentale, estimative, à fortiori simulée - se doit d’être encadrée par ce qui s’appelle des barres d’erreur ? La posture opposée relèverait au contraire d’une excellente démarche éducative, voire pédagogique, tant de la part des détracteurs que de la part des médias.

Il en est ainsi régulièrement des statistiques de la route. Nous entendons fréquemment un accroissement de cent, mille - ou des réductions d’autant - des accidentés de la route. Ces évolutions ne sont en rien représentatives d’une variabilité franche ou d’une tendance mais relèvent plus généralement de fluctuations autour de valeurs moyennes comme l’outil statistique sait si bien le montrer. Surtout lorsque ces variations absolues - car c’est bien ainsi qu’il faut les nommer - ont une amplitude dont l’utilisation habile sert le plus souvent à impressionner les psychologies alors qu’une variation relative, mieux encore, une interprétation statistique des fluctuations, donneraient plus de sens aux chiffres et à leurs variations.

Nous le savons bien, les évolutions et les variations ne prennent sens, ne font sens, qu’en termes de valeurs moyennes et des valeurs relatives qui leur sont liées. Le sens que l’on peut donner à une valeur physique, chimique, statistique, ne prend toute sa signification que si celle-ci se trouve encadrée par des valeurs limites. Chose qui complexifie encore : une tendance - entendre courbe de tendance - ne passera pas pour autant par l’ensemble des barres d’erreur lorsque surgiront artefacts, erreurs systématiques, situations particulières, divergences occasionnelles, fluctuations chaotiques, autant de situations qui ne pourront être prises en compte et dont les incidences devront pourtant être estimées[1].

Dès lors il existe plusieurs considérations sur lesquelles s’attarder. D’une part, comment éduquer le citoyen à la lecture des chiffres dans un monde complexe (A. Giordan, 1998)[2] où les interactions entre les secteurs et les domaines (économiques, financiers, environnementaux, énergétiques, etc.) interdisent une analyse systémique pertinente ? Ne doit-on pas au contraire éduquer ce même citoyen au complexe, à sa variabilité, à la détermination d’optima, plus que de l’orienter vers des chiffres, valeurs et amplitudes absolus qui n’évoquent rien pour lui et qui pour l’essentiel servent à heurter sa psychologies alors même que tout changement de son quotidien le fragilise ? La démarche pédagogique de nos systèmes d’éducation, de nos administrations, des médias qui nous informent, ne devrait-elle pas tenir compte de la fluctuation et de la variabilité des chiffres et des données, de la pertinence des mesures, de la subjectivité des informations, de la fragilité des paramètres dans une lecture objective et donc statistique de ces derniers ? Quelle éducation vers des complexes interdépendants fournit-on aux citoyens, aux générations futures, lorsqu’aucune éducation n’est conçue pour éclairer les lectures, les analyses, les choix et leurs résultats ? Lorsqu’aucune analyse pertinente n’est offerte à la réflexion, pas même par celles et ceux qui véhiculent une information qui devrait pourtant faire sens ? Lorsqu’aucun recul n’est pris sur cette même information et que ne sont généralement comptabilisés que les trains en retard et jamais l’immense majorité de ceux qui arrivent à l’heure[3] ?

Au demeurant un vaste chantier en perspective. A moins qu’il ne soit pas intéressant qu’une approche multiparamétrique, qu’une éducation au complexe, à l’incertain, à l’optimum, fasse l’objet des nouveaux enjeux. Peut-être y découvririons-nous la complexité du monde ? Peut-être cela balaierait-il quelques certitudes rassurantes, désuètes, mais trop bien ancrées ? Peut-être cela soulignerait-il le ridicule de certaines gesticulations fébriles et impuissantes au regard d’une complexité clairement non contrôlée et non contrôlable ? En un mot peut-être que cela pousserait un trop grand nombre à se poser de vraies questions avec, cette fois, la certitude de ne pas obtenir de vraies réponses …

Dans un contexte où « l’enseignement et la médiation fonctionnent encore trop souvent sur des idées d’apprentissage largement dépassées » (A. Giordan, 1991) et alors que l’éducation avant tout « consiste à apprendre à prendre la mesure des enjeux pour une collectivité »[4], alors que personne « ne peut se prévaloir d’être expert dans un système complexe et interdépendant non régi par des équations simples et linéaires […] ne serait-il pas plus pertinent de reconsidérer l’espace public »[5] et peut-être même l’espace politique dans un jeu pertinent d’interactions ? Comme l’actuelle crise économique le montre, interdépendance et complexité vont de pair et s’inscrivent dans un cadre où toute anticipation relève du défi, ce qui plaide encore pour un travail de fond aux interfaces des champs disciplinaires comme autant de nouveaux lieux d’émergences[6]. Certes, la notion même de complexité serait à introduire à tous niveaux et viendrait, par l’analyse « des multiples éléments interagissant », en support des connaissances analytiques qui généralement « brisent le complexe en fragments disjoints »[7] . Dès lors et mieux encore, il faut que s’instaure définitivement, au cœur même de nos systèmes éducatifs, un « paradigme de la complexité qui disjoigne et associe, qui conçoive les niveaux d’émergence de la réalité sans les réduire aux unités élémentaires et aux lois générales »[8]

L’image de la science que donne l’enseignement est souvent celle d’un catalogue de résultats et d’affirmations à apprendre par cœur et qui paraissent s’imposer d’eux mêmes ». L’approche déterministe, déterminante et la manière déterminée de maintenir cette lecture du monde ne peuvent plus être entretenues. Mieux, elles doivent être aujourd’hui battues en brèche, décriées. « Concepts et théories se construisent au cours du temps et ne sont jamais vrais en soi. […] Toute solution renvoie à de nouvelles questions »[9]. Là encore un jeu de variations et de fluctuations dont nous pourrions nous inspirer.

Dans sa démarche et sa « démarche inachevée » (Popper), au travers de ses lents processus et par l’infinité des touches qui approximent la réalité, la science est un lent processus complexe dont il serait souhaitable de s’inspirer. Sur ce point de vue et cet aspect des choses, l’histoire des sciences est parlante et mérite de s’imposer elle aussi dans les programmes éducatifs. En l’espèce et pour l’affaire qui nous occupe, les conclusions s’imposent d’elles-mêmes.



[1] De ce point de vue il existe d’ailleurs des instruments performants qu’il convient de ne pas passer sous silence. Par exemple le test statistique ANOVA (ANalysis Of VAriance) où est comparée la variabilité des facteurs en jeu considérés comme significatifs, en fonction des facteurs qu’on ne maîtrise pas mais qui peuvent influencer le résultat. Ce type d’étude permet de mettre en évidence l’action effective des facteurs significatifs sur le résultat.

[2] F. Pellaud, L'utilisation des conceptions du public lors de la diffusion d'un concept complexe, celui de développement durable, dans le cadre d'un projet en muséologie, Thèse de doctorat, Université de Genève, 2000, http://www.unige.ch/cyberdocuments/theses2000/PellaudF/these.html

[3] une autre approche statistique bien étrange là encore …

[4] M. Juffé, L’éducation aux risques, un point de vue philosophique, Education aux risques – santé, sécurité, environnement -, 22ème journées internationales de Chamonix.

[5] G. Giardino, Vers des contextes didactiques et éducatifs nouveaux et interdisciplinaires : pour une connaissance et une éducation aux cultures dans une appropriation élargie des valeurs interculturelles, L'Autre Voie n°7, revue en ligne, http://www.deroutes.com, janvier 2011

[6] A. Giordan, C. Héber-Suffrin Savoirs émergents : quels Savoirs pour aujourd’hui ? Les Editions Ovadia, 2008

[7] E. Morin, La nature de la nature, Le Seuil, 1977

[8] E. Morin, Science avec conscience, Point Science, 1990

[9] A. Barberousse et al., Epistémologie & histoire des sciences, Vuibert-CNED, 2010


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4 réactions à cet article    


  • ddacoudre ddacoudre 21 décembre 2010 19:28

    bonjour gianni

    que dire si ce n’est applaudir., mais je crois qu’il ne faut pas prendre les français plus sot qu’ils ne sont.
    aucun n’ignore (sauf l’illettré) que des statistiques sont une mesure approximative fiable qui permet de lire le passé pour jalonner le futur, je dis bien jalonner.
    mais il y a plusieurs approche, on peut les prendre pour se rassurer ou pour conforter son point de vue, parfois nous trouvons les deux situations chez la même personne quand l’on aborde plusieurs sujets. rien d’anormal comme tu le dis quand les autres disposent d’une lecture comparative , au lieu d’une lecture factuelle.
    la difficulté est de plusieurs ordres.
    un, une fracture intellectuelle grandissante par rapport à la complexité du monde que les stats permettent de jalonner, et que beaucoup prennent pour des certitudes parce que cela sert leurs vues.
    la deuxiéme, c’est la diminution du seuil de tolérance dans tous les domaines, c’est tout juste si les citoyens ne demandent pas aux élites d’être des dieux qui lisent l’avenir. ceci a conduit au principe de précaution et à la tolérance zéro, il ne me parait alors pas anormal que tout en sachant l’imperfection des stats, ils souhaiteraient qu’elles entrent dans ces deux principes qu’ils transpirent.
    trois, nous nous fermons sur notre monde dans un microcosme local et il faudrait que les stats généralistes disent ce qui se passent à la porte de chacun.
    ce glissement est du à la disparition des projets à longs termes, 10, 20, 30,40,50,100 ans, pour du court terme l’année et du très court terme l’immédiateté (financières souvent). chacun attend donc un résultat immédiat en relation avec l’estimation qui est le fruit d’une évolution du long terme que l’estimation ne peut prendre sans agrandir sa source d’erreur.
    alors l’on estime une fourchette de variation de l’immédiat qui bien évidement n’est plus juste le lendemain, sauf que nous voulons lui faire raconter le long terme, et cela ne peut pas coller, et les citoyens s’en rendent compte sans trop savoir à qui l’incriminer et l’on trouvent des imbécilités telles que celle que tu mentionne de notre premier ministre.
    Ministre qui c’est cela aussi bien que toi et moi mais répond à un souci politique, celui de démontrer que son gouvernement protège les citoyens puisque c’est devenu son marché électoral.

    quatre, l’infantilisation de la société est devenu patent, et l’enfance, la santé, la sécurité, sont devenu des véhicules messagers qu’utilisent les publicitaires et le gouvernement, il est distillé au citoyen en permanence par des recommandations comme un père à ses enfants, et souvent des images ludiques servent à faire passer le message.
    même dans les département nous trouvons cela, les images des communicants racontent l’efficacité de tous par des images. comme si les citoyens étaient devenues des analphabètes. bien tôt nous aurons droit aux paraboles comme dans la bible dont l’on sait qu’elles étaient faites pour les peuples ignorants. d’ailleurs notre président les utilisent, c’est dire.
    cela ne signifie pas que les français soient sots, mais très certainement ignorant, comme tu le soulignes, mais surtout qu’ils n’écoutent plus un débat ou discourt qui dépasse les 30 secondes et l’on assiste à ces dualités permanentes.
    j’en terminerai par la responsabilité des acteurs politique et journaliste qui y on trouvé pour les uns la justification de leur utilité pour les autres une source de revenu dans un théâtre permanent.

    en 1999 était sortie une enquête d’opinion fort intéressante sur ce qu’attendaient les français de l’état.

    "Dans la vie de tous les jours les Français disent compter sur leur famille et amis pour 82%, sur eux-mêmes 68%, tandis que seulement 2% accordent leur confiance aux partis politiques (enquête CCA, 1999). 

    Dans le même temps les Français attendent de l’État qu’il agisse moins pour l’ensemble de la collectivité, mais qu’il prenne en compte la singularité de chaque citoyen.

    Pourtant ils attendent de l’Entreprise, considération, restauration de liens sociaux par la convivialité et qu’elle invente des solutions aux problèmes contemporains."

     si l’on suit attentivement la ligne politique du gouvernement, il a pris les français à la lettre (il a fait du fondamentalisme, juste pour la provoc).

    ceci a fonctionné jusqu’au dernière régionale ou l’enquête d’opinion du cevipof démontrait la méfiance des francais envers quasiment tout, sauf la justice et la police, et l’on peut comprendre pourquoi ce gouvernement y accorde tant d’intérêt.

    je pense que le sujet que tu évoques n’est qu’une parti d’un iceberg énorme, et pas seulement une incapacité à manipuler des stats.
    le lien de cevipof n’ouvre plus sur l’étude, je te copie le lien de l’article que j’avais écrit sur le sujet.
    http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=68577.
    cordialement.

    ps dans ma famille j’ai des giardino, amusant, si tu es curieux demande mon mail à agoravox je suis d’accord pour qu’il te le donne.


     


    • cmoy patou 21 décembre 2010 19:48

      Le paradoxe de la fourmi n’est-ce pas typiquement Français ?


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